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  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
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4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
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Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 23:49

André TOLMERE : « Manifeste pour la vraie démocratie », voilà un ouvrage qui mériterait vraiment de sortir de l’ombre au même titre que le « Manuel d’anti-économie » ou la « Conscience, le Verbe et le Monde » de Didier LACAPELLE ou encore les deux fameux livres de Junon MONETA « Le néolibéralisme ? Un très vieux système… Pourquoi faut-il le combattre ?... » et « La gestion désatreuse de l’Euro ». Des ouvrages peu connus qui font réfléchir et qui s’intéressent à la cause des causes. Des ouvrages qui mériteraient grandement d’être édités et plébiscités.


Celui d’André TOLMERE est bien documenté, facile à lire et bien structuré. Son style est acide mais il a le mérite de souligner un fait essentiel des origines de ce que nous appelons "démocratie". Un fait qui a toujours été escamoté. Un fait digne d’une révolution copernicienne en matière d’organisation sociale. Un fait tout simple qui, si vous vous interrogez réellement et profondément (en faisant fi de vos enseignements et doctrines) sur sa pertinence, ses tenants et aboutissants, ne pourra que vous éblouir tant par sa candeur que par sa force.

 

Ci-dessous, le chapitre qui expose les origines de la démocratie, les critiques, puis ce fameux fait occulté depuis 2.500 ans !

 

http://www.fsj.ualberta.ca/SCSOC311/Athene.jpg

Les origines de la démocratie

 

“ La source désapprouve presque toujours l’itinéraire du fleuve”.

Jean Cocteau

 

Le cinquième siècle avant Jésus-Christ a marqué l’apogée de la civilisation grecque. La splendeur d’Athènes se manifeste encore à nos yeux par des monuments célèbres. Sa puissance à cette époque coïncide avec l’instauration de la démocratie.

Mais qu’est-ce que la démocratie ?

 

Démocratie vient du grec démos, peuple, et kratos, pouvoir. C’est un système de gouvernement où le peuple exerce son pouvoir, sa souveraineté.

 

Mais démocratie signifie également gouvernement des dèmes. Un dème est l’équivalent d’une commune. Sous la domination d’Athènes, l’Attique est divisé en 190 dèmes. À 18 ans, les citoyens sont inscrits dans le dème. Tous les citoyens sont admis à l’ecclésia, organe essentiel de la politique et assemblée du peuple qui comprend surtout des cultivateurs, des commerçants et des artisans. Un bureau est formé de 50 membres. Chaque citoyen a un droit de discussion, d’initiative et d’amendement. L’ecclésia vote d’ordinaire à main levée des décrets et des lois qui ont été préalablement étudiés par la boulè : c’est une sorte d’assemblée nationale et de conseil d’État, permanente, formée de 500 membres chargés de l’administration générale et du pouvoir exécutif.

 

Les 190 dèmes sont divisés en 10 tribus. Chaque tribu compte environ 20 dèmes et envoie 50 représentants à la boulè.

 

Pour la justice également, le peuple est souverain. Tous les citoyens peuvent être magistrats à l’héliée, tribunal par excellence. Chaque tribu désigne 600 citoyens, donc 6000 en tout, répartis en 10 dicastères. Il faut un ou plusieurs dicastères pour juger les procès, suivant leur importance. Ce nombre élevé est considéré comme une garantie contre la corruption.

 

Cette description est très sommaire et reprend intentionnellement un exemple courant. Il y manque l’essentiel, volontairement escamoté, comme par l’immense majorité des commentateurs de la démocratie athénienne, plus prompts à la dénonciation qu’à l’honnêteté.

 

Que nous disent-ils ?

 

Oui, la démocratie grecque était la “vraie démocratie”, c’est-à-dire la démocratie directe : le peuple participait directement aux décisions politiques de l’ecclésia.

 

Oui mais, nous font-ils remarquer, ce peuple qui exerçait sa souveraineté n’était qu’une petite minorité de la population. Les esclaves étaient exclus et il y avait 6 fois plus d’esclaves que de citoyens. De même pour les métèques qui sont considérés comme des étrangers même si la plupart sont des Grecs, 4 fois plus nombreux que les citoyens. Et les femmes, cela va de soi... De plus, beaucoup de citoyens ne participaient pas aux débats de l’ecclésia. Au final, quelques milliers d’hommes se trouvaient réunis à l’ecclésia pour décider des affaires de la cité. Mais décidaient-ils vraiment ? Dans ce genre de réunions publiques, il y a toujours des individus ou des groupes qui manipulent les autres. Cela n’a guère changé aujourd’hui. Il est communément admis qu’une foule est bien plus facilement manipulable qu’une petite assemblée.

 

Oui mais, cette démocratie antique ne se souciait guère des droits de l’homme puisqu’elle pratiquait l’esclavage et l’ostracisme qui permettait de bannir pour 10 ans un citoyen simplement suspecté d’être trop ambitieux ou trop puissant.

 

Oui mais, la démocratie directe des Anciens n’est plus applicable aux grands États modernes. On peut rassembler quelques milliers d’Athéniens sur une place publique. Mais comment voulez-vous rassembler plusieurs dizaines de millions de Français ?

 

 On nous induit à croire  que l’Athènes du siècle de Périclès n’était qu’un gros village. C’était une cité-État qui administrait une population qui a pu dépasser  200.000 âmes.

 

Oui mais, si la décision appartient au peuple, ce peuple est-il compétent  pour se prononcer sur les moindres détails? Il n’est pas possible de faire l’économie d’une élite dirigeante, selon la plupart des auteurs. C’est logique : ils appartiennent eux-mêmes à cette élite. Ce sont des professeurs d’université, des juristes plus ou moins distingués, des politiciens, quelquefois des journalistes. Bref, une intelligentsia bien pensante et conformiste.

 

Comment se fait-il que ces commentateurs de la démocratie originelle oublient systématiquement de nous parler d’un principe fondamental qui signe le fonctionnement des institutions démocratiques de la Grèce antique ?

 

Passer sous silence ce principe remarquable et incontournable relève, soit de la malhonnêteté intellectuelle soit de l’imbécillité crasse. Certains “intellectuels” ne sont que des crétins diplômés. Ce n’est pas parce que les mots “intellectuel” et “intelligence” ont la même racine que le premier doit obligatoirement impliquer la possession du second !

 

Ce principe, qui pousse vers la perfection les idées d’égalité et de justice, révèle le génie grec. L’escamoter est une trahison de l’histoire de la démocratie dans ses racines. C’est aussi la révélation de la peur qu’inspire ce principe aux élites privilégiées qui confisquent le pouvoir du peuple à leur profit. Car le grand problème de la démocratie est celui de la représentation.

 

Même si les Grecs du cinquième siècle pratiquaient la démocratie directe avec l’ecclésia, ils avaient parfaitement compris que le peuple doit déléguer ses pouvoirs, ou au moins une partie de ses pouvoirs. Il doit désigner des représentants qui agissent pour lui, en son nom. Réduire la démocratie grecque à l’idée de la démocratie directe est une pure escroquerie intellectuelle.

 

Les Grecs ont tout autant inventé la démocratie indirecte et le principe de la représentation.

 

 L’ennui, pour les pourfendeurs de la démocratie directe, c’est que les représentants n’étaient pas désigné par l’élection ; c’est la vraie raison pour laquelle ils rejettent la démocratie directe : cela permet, en jetant le bébé avec l’eau du bain, de ne pas aborder la solution antique utilisée pour désigner les représentants !

 

Jean-Jacques Rousseau, en son temps, déplorait le recours à la représentation. S’inclinant devant l’incontournable obstacle, il préconisait le mandat impératif. Les représentants élus étaient obligés d’appliquer à la lettre le mandat reçu de leurs électeurs. Les démocrates du dix-huitième siècle, admirateurs de l’Antiquité, n’étaient pas des partisans de la démocratie grecque. Le pouvoir démesuré qu’elle accordait au peuple les effrayait. Il y a une aversion totale et une méfiance absolue des révolutionnaires américains et français pour le modèle démocratique athénien. Car ces messieurs les révolutionnaires étaient issus des élites bourgeoises, et ils entendaient bien faire prévaloir leurs ambitions et les étendre.

 

Pour Tocqueville, l’égalité est le moteur de la démocratie. Il pense que les hommes préfèrent toujours l’égalité à la liberté : “ Je pense que les peuples démocratiques ont un goût naturel pour la liberté,... Mais ils ont pour l’égalité une passion ardente, insatiable, éternelle, invincible ; ils veulent l’égalité dans la liberté et, s’ils ne peuvent l’obtenir, ils la veulent encore dans l’esclavage.”

 

D’accord pour l’égalité, mais chacun à sa place. C’est ainsi qu’en Amérique, la première constitution écrite de l’histoire, en 1787, donne le droit de vote aux seuls propriétaires. Les Blancs non propriétaires, les Noirs, les Indiens et  les femmes ne votent pas. Les esclaves, n’en parlons pas.

 

Pour justifier le suffrage censitaire, le député Boissy d’Anglas, dans son discours à la Convention du 23 juin 1795, déclarait : “ Nous devons être gouvernés par les meilleurs ; les meilleurs sont les plus instruits et les plus intéressés au maintien des lois. Or, à bien peu d’exception près, vous ne trouverez de pareils hommes que parmi ceux qui possèdent une propriété, sont attachés au pays qui la contient, aux lois qui la protègent, à la tranquillité qui la conserve, et qui doivent à cette propriété et à l’aisance qu’elle donne l’éducation qui les a rendus propres à discuter, avec sagacité et justesse, les avantages et les inconvénients des lois qui fixent le sort de la patrie.”

 

Grâce à ce beau discours, la Convention, qui avait mis fin à la Terreur, adopta une nouvelle constitution et le suffrage censitaire.

 

Cette peur du peuple prévaut toujours dans la classe dominante et dans les élites dirigeantes, ce qui ne les empêche pas de prétendre représenter ses intérêts et de brandir, en toutes circonstances, le sacro-saint “intérêt général” ou la “raison d’État” qui, curieusement, s’accorde toujours avec leurs petits intérêts particuliers. C’est le peuple qui va aux urnes, c’est toujours la même “élite” qui en sort.

 

Les Grecs ont inventé la démocratie parce qu’ayant expérimenté tous les régimes politiques possibles, ils accordèrent plus leur confiance au peuple pris dans sa globalité plutôt qu’à des minorités privilégiées d’aristocrates, de ploutocrates et de tyrans.

 

C’est pourquoi le fondement incontournable de la démocratie grecque consiste en l’établissement du principe d’égalité absolue des citoyens entre eux sur le plan politique. Le génie grec, tout pragmatique, est d’avoir inventé la méthode qui respecte résolument le principe d’égalité, se combine parfaitement avec lui, pour former un couple harmonieux et fécond. Cette méthode n’est pas l’élection ni le suffrage universel présentés aujourd’hui comme des principes obligatoires des démocraties modernes. Hélas ! “La minorité ne compte point quand la majorité s’appuie sur des arguments qu’elle croit solide” (Machiavel).

 

Cette méthode est le tirage au sort.
C’est le kléros des Grecs d’Athènes.

 

Certes, tous les citoyens d’Athènes ne participaient pas à l’ecclésia dans l’expression de la démocratie directe. Mais tous les citoyens d’Athènes participaient au tirage au sort dans les dèmes qui permettait de désigner leurs représentants à la boulè.

 

Tous les citoyens étaient également tirés au sort pour désigner les magistrats de l’héliée, très nombreux. Seuls étaient élus une petite poignée de magistrats très spécialisés : policiers de rue, trésoriers, contrôleurs du commerce, ainsi que les stratèges et chefs militaires.

 

Certes les métèques n’étaient pas  citoyens, mais ils pouvaient le devenir.

 

Certes, il y avait beaucoup d’esclaves, mais les Grecs traitaient leurs esclaves beaucoup mieux  que les Américains et les Européens ne traitaient les leurs. C’est ici l’occasion de rappeler la profonde différence de nature  entre l’esclavage pratiqué par les Européens et les Américains et celui pratiqué dans l’Antiquité et en Afrique même, avant l’arrivée des premiers explorateurs portugais.

 

Dans le premier cas, il s’agissait de la déportation en masse de 25 millions de Noirs vers les Amériques avec l’abominable commerce triangulaire. Beaucoup mouraient pendant la traversée de l’Atlantique. Aujourd’hui, cette déportation relèverait d’un crime contre l’humanité.

 

Dans le second cas, sans qu’il soit question de justifier l’esclavage, il était la conséquence des guerres : les prisonniers capturés faisaient partie du butin. Chez les Grecs, des dieux eux-mêmes avaient été des esclaves : Apollon, Arès, Poséidon, Héphaïstos. Les esclaves appartenaient souvent à l’État ou aux temples. Comment la société grecque antique aurait-elle pu tenir avec 6 fois plus d’esclaves que d’hommes libres ? Les révoltes étaient rares et limitées parce que les esclaves étaient bien traités et bien intégrés dans la société antique. Beaucoup s’enfuyaient sans grand danger pour eux (au point que leurs propriétaires prenaient une assurance pour couvrir ce risque !) Un grand nombre s’affranchissait. Ils occupaient toutes sortes de fonctions dans tous les domaines de la vie économique et sociale. Certains étaient médecins (Hippocrate), précepteurs, intendants, philosophes (Anaxagore, Gorgias), artistes (Polyclète), reconnus et honorés. On est très loin du racisme, de l’apartheid de l’Afrique du Sud et des ghettos noirs de l’Amérique moderne. Il faut rappeler que pendant très longtemps l’infériorité des Noirs n’était pas mise en doute. La “grandeur d’âme” de quelques-uns finit par faire admettre que “même si les Noirs appartenaient à une race manifestement inférieure”, cela ne justifiait pas l’esclavage. Il fallut attendre 1865 pour qu’il soit aboli aux États-Unis. Aujourd’hui, l’esclavage nous paraît scandaleux parce que l’idéologie a changé. Il n’en demeure pas moins que la discrimination raciale s’est maintenue aux États-Unis jusqu’aux années 1960-65 et que les Indiens sont toujours parqués dans des réserves... Le paradoxe, c’est que la plus grande démocratie du monde, qui se présentait comme un modèle, était raciste et ségrégationniste.

 

Certes, l’ostracisme permettait d’exiler un citoyen. Mais on oublie de dire que ce système est révélateur de la crainte légitime des démocrates athéniens de voir un chef politique accaparer le pouvoir à son profit et risquer de remettre en question leurs institutions démocratiques. Il était fait pour se prémunir des tentatives de prise du pouvoir par des aristocrates ou des démagogues. Chaque citoyen inscrivait sur un tesson d’argile (ostrakon) le nom d’un homme jugé dangereux. Lorsque 6000 suffrages s’étaient portés sur le même, il devait s’éloigner pour dix ans, sans déshonneur.

 

Car l’essence de la démocratie, c’est bien l’égalité politique des citoyens.

 

Et le moyen de la mettre en oeuvre, c’est le tirage au sort. L’accès de tous les citoyens au pouvoir (kratos) se fait par le sort (kléros) :

 

c’est la clérocratie.

 

L’élection des représentants, le suffrage universel, présentés comme des fondamentaux de la démocratie moderne, nous apparaissent comme la plus vaste, la plus effarante escroquerie politique de tous les temps.

 

Hors de là, point de salut ! On a réussi à persuader des millions, des milliards d’individus que la démocratie, c’est le suffrage universel. Non. La vraie démocratie, c’est le tirage au sort. Pourquoi a-t-on oublié que c’est le suffrage universel qui a amené au pouvoir un Adolf Hitler, dans un régime démocratique, la république de Weimar (Buchenwald n’est situé qu’à quelques kilomètres de Weimar) qui, à  lui tout seul, a provoqué le plus grand cataclysme du vingtième siècle ?

 

Chaque fois que survient une catastrophe, où que ce soit, les bonnes âmes et les politiciens compatissants demandent, exigent des mesures pour que : “plus jamais ça”. Les procès de Nuremberg ont jugé et condamné quelques individus. Il n’y a pas eu de procès pour juger la “démocratie” manifestement coupable d’avoir porté au pouvoir un malade mental. Peut être bien parce que tous ceux qui sont au pouvoir  dans nos soi-disant “démocraties” sont aussi, quelque part, des malades mentaux !

 

"Le sage fait de la politique, non parce qu'il veut faire triompher ses principes, mais parce que ses principes lui dictent de faire de la politique." [Confucius]

 

 

PS: La Grèce, berceau des civilisations occidentales aujourd’hui dos au mur! Une acculturation aux relents tristement idéologiques et manichéens!

Nous, peuple "d'en bas", devrions bien plus faire de politique et cesser de croire des Boissy d’Anglas qui nous disent que la politique est chose trop sérieuse pour être confiée à n’importe qui. C’est justement parce qu’elle est sérieuse qu’elle ne devrait souffrir d’aucune discrimination dès le départ. Du droit de tout gérer, il ne nous reste plus que le droit de cocher une ou plusieurs cases puis de la fermer.

 

Voir aussi

http://stochocratie.free.fr/

http://www.clerocratie.com

Et surtout

http://etienne.chouard.free.fr/ à qui je dois cette découverte ! Son site est d’une richesse et d’une ouverture impressionnante.

 

 

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Dates d'épuisement des richesses exploitables de notre planète au rythme actuel de consommation (1)

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2050 : fin du pétrole
2064 : fin du platine
2072 : fin du gaz naturel
2087 : fin du fer
2120 : fin du cobalt
2139 : fin de l'aluminium
2158 : fin du charbon

Notre planète n'est pas infinie. On le sait. Ses ressources sont limitées et ne peuvent satisfaire ad vitam eternam les exigences voraces de milliards d'êtres humains.

Nous devons anticiper la pénurie proche des matières premières en vivant tout simplement autrement. Sinon des guerres terribles risquent d'éclater dans un futur proche à la surface de tout le globe pour l'accaparement des gisements restants, atomisant les villes et faisant un carnage parmi les populations. Cela en moins d'une petite génération!

Si nous voulons éviter le pire, retroussons nos manches! Une nouvelle civilisation reste à inventer, ici et maintenant, plus propre, plus économe, plus respectueuse et dont l'objectif premier soit réellement le bonheur de tous et non le profit égocentrique de quelques uns au détriment de tous les autres.

Voir échéancier des ressources exploitables sur le site Terre sacrée.
(1) D'après Science et Vie hors série N° 243, construire un monde durable, de Juin 2008. http://www.mondedurable.science-et-vie.com 

Freemen

Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que :
• le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
• s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».



Au delà, comme le nom “Freemen” l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut sur son blog. L’ensemble de ces contenus doit petit à petit former une nouvelle “chaîne”, un nouveau “journal”, chacun parlant de politique, mais aussi, d’art, de ciné, de tout.

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