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Présentation

  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
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Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

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Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Archives

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 15:39

Afin de bien comprendre le marasme dans lequel est embourbé OBAMA, il est important de bien se documenter sur quelques lois et personnages clés du monde financier et fédéral. Un petit tour sur Wikipédia devrait éclairer nos lanternes. Après quoi nous exposerons les points de vue de James ROBERTSON et Noam CHOMSKY sur la situation d’OBAMA. Nous clôturerons enfin par une petite recette de sortie de crise en 7 points et un parallélisme avec ROOSEVELT et la crise de 1929.

A) Tout d’abord les lois importantes du monde financier


1) Commençons par le fameux Glass-Steagall Act

En 1933, suite à la crise de 1929 et sous la pression de ROOSEVELT, les Etats-Unis instaurent le Glass-Steagall Act, aussi connu sous le nom "Banking Act". Acte qui consistait à séparer banque de dépôt et banque d'investissement. Battu en brèche depuis le milieu des années 1970 et largement contourné par l'ensemble de la profession bancaire, il a finalement été abrogé le 12 novembre 1999 par le Financial Services Modernization Act, dit Gramm-Leach-Bliley Act.

La Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) a été créé par le Glass-Steagall Act de 1933. Son rôle consistait essentiellement à assurer les dépôts des particuliers dans les banques et institutions d'épargne et à limiter l'effet de faillite d'une institution financière sur l'économie et le système financier.

 

2) Poursuivons par le Financial Services Modernization Act (FSMA)

Le Gramm-Leach-Bliley Act Financial Services Modernization Act de 1999 est une loi américaine votée par le Congrès, dominé par une majorité républicaine, et promulguée par l'administration Clinton le 12 novembre 1999. Elle met en place des services de banques universelles, c'est-à-dire qui assurent aussi bien les services d'une banque de dépôt que d'une banque d'investissement et qu'une compagnie d'assurance. La loi a par exemple permis la fusion de Citibank avec la compagnie d'assurances Travelers Group, afin de former le conglomérat Citigroup, l'un des plus importants groupes de services financiers au monde.

 

3) Terminons par le Commodity Futures Modernization Act (CFMA)

Le Commodity Futures Modernization Act  (CFMA) de 2000 a abrogé le Shad-Johnson jurisdictional accord qui, depuis 1982 interdisait les "single stock futures" et les "narrow based indices". Le CFMA a par ailleurs interdit toute réglementation des "credit default swaps"  offerts par les banques comme " futures contracts". Cet acte a fait jurisprudence pour la banqueroute d’Enron en 2001 et pour la crise de liquidité de septembre 2008 qui a mené à la faillite de Lehman Brothers…

B) Ensuite, les personnes clés du monde financier & gouvernemental


1) Robert RUBIN

De 1995 à 1999, Robert RUBIN est secrétaire d’Etat au Trésor sous l’administration CLINTON. Avant cela, il a passé 26 ans chez Goldman Sach. Une petite lecture de l’histoire de Goldman Sach, l'une des banques d'investissement parmi les plus anciennes et prestigieuses de la planète, est assez édifiante. Une histoire digne de Fortis dans laquelle on a vite fait d’assimiler Maurice LIPPENS à Robert RUBIN, sauf que Maurice n’est pas devenu secrétaire au Trésor Belge. Après avoir tenu ce poste gouvernemental jusqu’en juillet 1999, Robert est devenu Directeur et conseillé principal de Citigroup. Tiens donc ? Juillet 1999, c’est justement 3 mois avant l’application de la FSMA qui a permis la fusion constitutive de Citigroup. Malheureusement pour Robert, comme pour Maurice d’ailleurs, les choses ont tourné au vinaigre et il a dû donner sa démission en janvier 2009. Robert a fait une grosse boulette, il fallait qu’il parte… mais il a tout de même récolté plus de 126 millions de dollars (selon Wikipédia) pour ces bons et loyaux services durant 8 ans chez Citigroup. Un petit tour sur l’histoire de Citigroup est aussi assez intéressant.

 

2) Larry SUMMERS

Du 2 juillet 1999 au 22 janvier 2001 Larry SUMMERS succède à Robert RUBIN au poste de secrétaire d’Etat au trésor. Larry est aussi promu directeur du National Economic Council chargé de conseiller le gouvernement OBAMA sur toutes les affaires économiques y compris concernant les plans de sauvetage bancaire. Larry a également exercé le prestigieux poste de Chief Economist (le titre complet est Senior Vice President, Development Economics, and Chief Economist) à la banque mondiale jusqu’en 1993. Il est aussi l’homme de la très controversée affirmation vis-à-vis de l’expédition de déchets toxiques en Afrique: "I think the economic logic behind dumping a load of toxic waste in the lowest wage country is impeccable and we should face up to that . . . I've always thought that under-populated countries in Africa are vastly underpolluted." Larry est également un grand admirateur de Milton Friedman, figure de proue du libéralisme débridé, fondateur du NAIRU et anti-keynésien. Larry SUMMERS en a d’ailleurs fait l’éloge sous ces termes: "while Friedman made real contributions to monetary policy, his real contribution was in convincing people of the importance of allowing free markets to operate."

Mais Larry SUMMERS est surtout l’homme qui a soutenu le CFMA, cette fameuse loi qui abrogeait le Shad-Johnson jurisdictional accord et qui stipulait que ce que l’on appelle communément les dérivés négociés hors bourse, comme les swaps sur défaillance en cause dans le désastre des assurances de AIG (que Warren Buffett a déjà qualifiés d’armes de destruction financière massive), ne soient pas réglementés par le gouvernement.

 

Larry fait aussi l’objet de récentes polémiques sur ses émoluments provenant d’organismes financiers ayant fait l’objet d’aides gouvernementales.

Interrogations autour des rémunérations passées de Larry Summers, en provenance d'organismes financiers

Larry Summers a effectué quarante discours payés dont un pour la banque d'affaires Goldman Sachs pour lequel il s'est vu verser 135 000 dollars.

 

Larry Summers à reçu des millions de dollars comme directeur d’un Hedge Fund

Summers a reçu 5,2 millions de dollars (3,85 millions d'euros) du groupe D.E. Shaw. Il est apparu contre rémunération devant des institutions comme JP Morgan, Citigroup, Goldman Sachs et Lehman Brothers. Au total, Summers aurait touché 2,7 millions de dollars (2 millions d'euros) pour une quarantaine de conférences devant diverses organisations et sociétés, parmi lesquelles des banques et institutions financières.

 

3) Henry PAULSON

Du 3 juillet 2006 au 20 janvier 2009 Henry PAULSON est secrétaire d’Etat au Trésor sous l’administration BUSH. Henry PAULSON est membre du conseil des gouverneurs du FMI. Il est entré chez Goldman Sachs en 1974 où il a fini par être nommé président et directeur en 1999 suite à l’IPO de Goldman Sach pour son propre compte dans le but d’offrir des parts boursières au public. Mais la part détenue par le public ne s’éleva pour finir qu’à 12% de la banque. Vu sous cet angle, le plan PAULSON de sauvetage des banques pour 700 milliards de dollars est certainement plus compréhensible. D’autant que Goldman Sach fait partie des « Big Five » du monde bancaire et financier faisant la pluie et le beau temps au États-Unis. En 2008, à propos de la crise financière globale, le Time magazine titrait: « s’il fallait associer un visage à la débâcle financière actuelle, celui de Paulson ferait certainement partie du choix » (ndlr : traduction approximative et adaptée de la page Henry PAULSON sur le wiki anglais).

 

4) Timothy GEITHNER

9 ème président de la “Federal Reserve Bank of New-York” (qui n’a de fédéral que le nom) du 17 novembre 2003 au 26 janvier 2009, assistant de Larry SUMMERS sous l’administration CLINTON, Timothy GEITHNER est l’actuel secrétaire d’État au Trésor.

Il est maintenant temps de lire Le « terrible secret » de Tim Geithner

Extrait : « M. Geithner ne souhaite pas que le public comprenne son petit secret, soit que l’abrogation de la loi Glass-Steagall et l’adoption du CFMA en 2000 ont permis la création d’une petite poignée de banques qui allaient pratiquement monopoliser des pans importants des activités hors bilan mondiales ou l’émission des dérivés hors bourse. »

 

Confirmation des dires de l’article sur lexinter.net : L’offre de dérivés est concentrée sur un nombre très limité de teneurs de marché. Aux Etats Unis 80 % de l'activité est concentrée entre JP Morgan Chase, Citigroup et Bank of America.

 

Maintenant que nous avons fait le tour, ajoutons également, toujours d’après wikipédia, que Goldman Sachs a été le second plus important donneur au financement de la campagne électorale d’OBAMA.

C) Comment OBAMA pourrait-il s’en sortir sans se faire bouffer tout cru ?

Comme le dit si bien James ROBERTSON dans sa dernière newsletter, le problème d’OBAMA, comme pour le premier ministre Gordon BROWN, c’est qu’il est isolé de la réalité par des conseillés issus d’écoles de formation d’experts financiers conventionnels (3 des 4 secrétaires au Trésor cités ci-dessus sortent d’Harvard - ndlr) qui ne se sont jamais posé la question de savoir s’il est normal de dépendre de banques commerciales privées pour l’approvisionnement monétaire public.

 

Comme l’a également très bien exprimé Noam CHOMSKY dans un entretien oral repris sous le titre « Et après cela ? Les élections, l'économie et le monde » : « … La première question que le gouvernement va devoir affronter, c'est que faire à propos de la crise financière. Les choix d'Obama pour gérer plus ou moins cette affaire ont été Robert Rubin et Larry Summers, anciens secrétaires au Trésor sous Clinton. Ils font partie des gens substantiellement responsables de la crise. Un économiste éminent, l'un des rares économistes à avoir eu raison d'un bout à l'autre en prédisant ce qui est arrivé, Dean Baker, a fait remarquer que les avoir choisis équivalait à choisir Osama Bin Laden pour gérer la guerre contre le terrorisme. »

 

« …Le but de la publicité est de créer des consommateurs non informés qui feront des choix irrationnels. Ceux d'entre vous qui ont souffert en raison du cours de l'économie savent que les marchés sont censés s'appuyer sur des consommateurs informés opérant des choix rationnels. Mais l'industrie dépense des centaines de millions de dollars par an pour saper les marchés et pour faire en sorte, vous le savez, d'avoir des consommateurs non informés qui feront des choix irrationnels. »

 

« …Et quand ils passent à la vente d'un candidat, ils font la même chose. Ils veulent des consommateurs non informés, vous savez, des électeurs non informés qui feront des choix irrationnels reposant sur le succès d'une illusion, sur la calomnie, sur l'efficacité du langage corporel ou sur tout ce qui est censé avoir de l'importance. Ainsi, vous savez la démocratie à peu près de la même façon que vous savez les marchés. Telle est la nature d'une élection quand elle est dirigée par le monde des affaires.(…) Vous pouvez ainsi en déduire que "la marque Obama" sera tout ce qu'ils auront décidé, et non ce que la population a décidé »

 

Toute cette histoire me fait étrangement penser au pays des « portes tournantes » entre la Food and Drug Administration (FDA) et Monsanto, dénoncé par Marie-Monique ROBIN dans son enquête « le monde selon Monsanto». A propos de Monsanto, il est intéressant de noter que l’actuel ministre de l’agriculture, Tom VISLACK est un ardent défenseur des biotechnologies et notamment de Monsanto. Peut-être est-ce dû au fait que Michael TAYLOR, ancien avocat de Monsanto, faisait partie de l'équipe de transition de Barack OBAMA ? Mais je me fais certainement un film à moi tout seul. Source : Organic Consumer.

 

D) Recette de sortie de crise en 7 points

La recette de sortie de crise est simple :

1) Remise en application de la loi Glass-Steagall (séparer banque d’investissement et banque de dépôt)

2) Annulation du Commodity Futures Modernization Act de 2000 (création de produits financiers douteux, voir "toxiques" : ABS, CDO, Hedge Funds, SIV et consorts)

3) Interdiction de la pratique des titrisations qui fini par la formation d'une usine à gaz sans fondements (actifs "toxiques" - Cfr. point 3 de l’article Petit lexique financier pour novice)

4) Taxation de toutes transactions financières à destination de paradis fiscaux

5) Traçabilité complète et transparente des produits financiers

6) Mise sous tutelle, démantèlement public et épuration des banques insolvables

7) Traduction en justice des grands gestionnaires maffieux (RUBIN, SUMMERS, PAULSON & GEITHNER) suite à leurs pratiques frauduleuses (Cfr. Entretien de William K. Black sur le Bill Moyers Journal)

 

Pour le point 6, il faut savoir que « Le gouvernement fédéral dispose depuis longtemps de lois pour faire face aux banques insolvables. La Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) met la banque sous séquestre et ses actifs et ses passifs sont triés par un audit indépendant. On évince les gestionnaires irresponsables, les actionnaires accusent des pertes et une fois épurée, la banque est finalement divisée en en plus petites unités. Lorsqu’elle est assainie, on la vend au public. Le pouvoir des cinq méga banques de faire chanter le pays en entier serait alors moins grand. » (Cfr. Le « terrible secret » de Timothy Geithner). Mais comme les responsables de la crise sont ceux qui sont aux commandes, le rôle de la FDIC s'est substantiellement modifié. En novembre 2008, la FDIC a par exemple décidé d'assurer une partie des dettes des institutions financières américaines.

 

Dans la « grande cuisine du monde États-Unis », le chef cuisinier semble être de bonne foi mais il est assisté et il a été promu chef par des fournisseurs véreux.

Si nous ne voulons pas crever de faim, il serait temps de changer de fournisseur et de recette…

L’argent comme la nourriture restent essentiels. Qu’est-ce qui nous empêche d’en produire nous même pour survivre ? Contrôlez l’argent et la nourriture et vous contrôlerez le monde… Nous devons nous réapproprier l’argent et la nourriture…

 

J’attends avec impatience une future enquête du genre « le monde selon Goldman Sach et Citigroup » ou encore « Voici comment Goldman Sach, Citigroup, JP Morgan Chase et Bank of America, les grands détenteurs des cordons de la bourse mondiale, étranglent le monde » ou encore « Monsanto - Goldman Sach, même combat ? » et pourquoi pas « RUBIN, SUMMERS, PAULSON & GEITHNER, les 4 mousquetaires de la Haute Finance Américaine ».

 

OBAMA aura-t-il assez de clairvoyance et de courage pour prendre le taureau par les cornes comme ROOSEVELT l'a fait en réponse à la crise de 1929 ?

Cfr. article L’acharnement thérapeutique peut-il nous conduire vers une Grande Dépression ? Junon MONETA sur Europe & Euro

 

 

Lire aussi :

* L'effondrement des États-Unis entraîné par la « fraude. » Geithner dissimule l'insolvabilité bancaire par Stephen C. Webster sur Mondialisation.ca

 

* Money for Nothing par Marc BRAUND sur The Guardian

Banks should be repositories for our wealth – and not be free to create money at will. We should take monetary reform seriously

 

* Entretien de William K. Black sur le Bill Moyers Journal :

William K. Black suspects that it was more than greed and incompetence that brought down the U.S. financial sector and plunged the economy in recession — it was fraud. And he would know. When it comes to financial shenanigans, William K. Black, the former senior regulator who cracked down on banks during the savings and loan crisis of the 1980s, has seen pretty much everything.

Voir aussi le documentaire d’Alex Jones « The Obama Deception ».

 

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 12:03

Voici 7 vidéos pour les vacances

*
Les enjeux de l'or vert (santé)

* Quand le FMI fabrique la misère (pratiques du FMI, un peu démodé mais édifiant quand même)

* Le Codex Alimentarius lutte contre la faim (alimentation)

* ZEITGEIST (politique impérialiste + argent + religions)

* HEARTHLINGS (traitement des animaux, âmes sensibles, s'abstenir!)

* L'argent d’Isaac ISITAN (traité factuel de la politique monétaire)

* L'argent dette de Paul GRIGNON (fonctionnement du système monétaire et explication, par ce système, de l’obligation structurelle de croissance)

 

Ces 7 films sont une sélection personnelle qui n’engagent que moi.

 

L’argent dette a par exemple été fort critiqué sur le site Rue 89 sous un article titré « L’argent dette », vidéo star du net, a une sale petite odeur de Pascal Riché. Dommage que l’antisémitisme refasse surface à chaque critique de l’ordre établi :-(

Ne prenez jamais mes articles pour argent comptant ! Faites vous votre propre opinion. Pour cet article de Pascal Riché, il me semble bon, par exemple, de lire quelques commentaires à l’article. Ci-dessous, j’en ai sélectionné un, celui de Thucydide, qui a le mérite d’offrir un autre point de vue. C’est par le croisement d’informations que vous pourrez vous « forger » une bonne opinion. N’hésitez d’ailleurs jamais à commenter certains articles ou points soulevés sur ce blog. Je ne détiens pas la vérité, je cherche à comprendre, tout comme vous…

 

Critique et critiquable, ce blog se veut différent pour apporter un autre son de cloche et susciter la réflexion.

 

Pour l’argent dette, comme pour le 11 septembre (WTC), ce qui est clair, c’est que ce n’est pas clair. Pour moi, la vidéo « Money as Debt » reste très didactique pour monsieur tout le monde. Si vous souhaitez quelque chose de plus scientifique, je suggère, par exemple, Helmut CREUTZ : Le syndrome de la monnaie avec ces 2 documents : Auto-multiplication cancéreuse des actifs financiers et MONETARY GROWTH et ces vidéos.

 

D’autres films & vidéos disponibles sur

NOUS LES DIEUX

 

Et sur

L’INVENTIN (hyperlien en orange en haut à droite de ce blog)

 

+++

 

Commentaire de Thucydide à l’article de Pascal Riché, « L’argent dette », vidéo star du net, a une sale petite odeur

 

Thucydide : Bêcheur de fond en Bourbonnais | 19H21 | 14/10/2008 |  

@Pascal Riché

Ce qui gêne le plus dans l'affaire, c'est le principe même de la rédaction de votre article.
En effet, du début à la fin, on ne trouve que la volonté affirmée d'avant tout discréditer la vidéo et son auteur.

Déjà, la théorie du complot
Chaque fois qu'une thèse dérange, elle est taxée de conspirationnisme aigu.
Il y a là une sale petite odeur de cerbères soviétiques, lorsqu'ils taxaient systématiquement de déviationnisme toute tentative de réflexion critique sur leur paradis obligatoire.

Ensuite des amalgames abusifs et des déductions outrancières sans aucun rapport avec la réalité du film mis à l'index.

Le film laisse entendre que les banquiers se transmettent de père en fils le secret trouble de la fabrication de l'argent
Qu'allez-vous chercher là : la banque est un métier et les banquiers se transmettent un savoir-faire utile, dont chaque génération a eu à cœur d'améliorer l'efficacité et le rendement. Le film ne condamne ni ne dénonce rien, il montre l'évolution qui aura mené de la thésaurisation à l'usure.

Le film dénoncerait un complot judéo-maçonnique
Permettez-moi de ne pas prendre au sérieux votre développement ; parce qu'apparaît en fond la pyramide tronquée « symbole maçonnique » ? Mais elle marque chaque dollar depuis le début ; au nom de quoi aller chercher midi à quatorze heures et ne pas y voir tout simplement une allusion au dollar, qui est lui-même le symbole premier de l'économie moderne !
Pour ce qui est du non-dit balourd qui invite l'antisémitisme dans un débat où il n'a rien à faire, c'est un bien gros fil que les banquiers lombards, inventeurs du capitalisme moderne auraient apprécié avec humour.

Des citations ambiguës à la fin du film
D'accord, la mention « mort assassiné » n'a pas grand’ chose à voir avec le sujet, elle n'est là que pour dramatiser le propos, et on voit mal en quoi Abraham Lincoln aurait un lien avec la décision prise par Woodrow Wilson en 1913 (sa citation apparaît en début de film, et vous ne la relevez pas : était-ce une imbécillité ?)

Cerise sur le gâteau, l'auteur a déjà fait par ailleurs des trucs plutôt fantaisistes et pas crédibles.
Et alors ? Cela suffit-il à démontrer que ce film là, précisément, n'est que dangereuse et suspecte foutaise ?
Seriez-vous du genre à vouer aux gémonies Voyage au bout de la nuit ou Mort à crédit parce que Céline les a signés ?

Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut.
Vous le savez sans doute parfaitement.
Donc ne jetez pas, s'il vous plaît, trop vite l'opprobre sur la « conspirationnite » des gens
Nous vivons une époque où une bonne crise de « conspirationnite » peut devenir elle-même conspiration mortelle venue d'en haut.
- Par exemple, lorsqu'il s'est agi d'infliger 50 jours de bombardements intensifs à la Serbie (avec emploi d'uranium appauvri) sous prétexte de soi-disant génocides que Régis Debray a eu le courage de dénoncer.
- Ou bien ces ahurissants scenarii dignes d'un mauvais film de Science Fiction qui ont permis le lancement de deux guerres particulièrement ruineuses et meurtrières en Afghanistan et en Irak.

Par contre, concernant les gouvernements complices de leurs maîtres les banquiers, vous avez raison, c'est une thèse absolument stupide.
Chacun sait en effet que c'est tout le contraire et que le gouvernement français a obligé ce pauvre Michel Pébereau à racheter l'assureur belge Fortis, uniquement pour avoir un prétexte à investir 3 milliards d'euros dans la banque belge Dexia et ce, sans raison valable.
C'est sans doute pour cela que le pauvre homme s'est retrouvé séquestré dans le bureau de Christine Lagarde lors des négociations sur le sauvetage de Dexia : pour l'empêcher d'ameuter l'opinion, sans doute.

Non, vraiment, la forme de votre article est déplaisante ce qui m'interdit de le trouver convaincant.
Dommage.

 

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 12:57

Quelques extraits d'un chat du soir.be avec Christian ARNSPERGER. Pour agrémenter l'article, voici un clip bien rythmé de sensibilisation au changement climatique…

 

 

 

 

Question: Correction des prix via une fiscalité qui prend en compte les coûts environnementaux et sociaux.

Christian ARNSPERGER: oui, évidemment, mais c'est tout de même ne rien vouloir changer au fond de nous et demander seulement (comme des rats de labo) qu'on nous envoie des électrochocs plus vifs afin de nous "forcer" à changer de comportement. Je ne dis pas que c'est sans intérêt, et sûrement à court terme ça vaut la peine. Mais je crois que si l'humain occidental veut mieux déployer les potentiels profonds qui sommeillent en lui, il lui faut plus que du béhaviorisme! C'est pour ça que j'en appelle à une autocritique radicale (moi-même y compris) pour que nous réalisions à quel point nous sommes empêtrés dans le système et à quel point il nous "arrange"...

 

Question: Couleur politique & croissance = emploi

Christian ARNSPERGER: Je suis du "bord politique" que vous imaginez: plutôt écolo (en pensée plus qu'en actes comme bien nombreux d'entre nous), de gauche en tout cas et hyper-intéressé par des idées politiques qui feraient autre chose que ronronner toujours sur les mêmes thèmes: profits nécessaires car croissance nécessaire car l'emploi en dépend, etc. etc. NE VOUS LAISSEZ PAS DIRE QUE LA CROISSANCE CREERA DE L'EMPLOI. On vous ment: si la productivité s'accroit à cause des normes de compétitivité mondiales, eh bien toute la croissance de la production sera absorbée par ces gains de productivité, et aucun travailleur supplémentaire ne sera embauché. Le lien entre croissance et emploi est bien plus ténu et complexe que ce que nos décideurs en campagne électorale veulent bien nous faire croire!

 

Question: Au bout du compte, qu'est-ce qu'on emporte "là haut"?

Christian ARNSPERGER: Au bout du compte, qu'est-ce qu'on emporte "là haut"? En effet, la fragilité, la vieillesse et la mort seront notre lot à tous. Comment, alors, accepter de dépendre d'un système économique qui fonctionne sur le DENI de la mort? Lisez si possible mon bouquin "Critique de l'existence capitaliste", où je dis que toute la formidable dynamique du capitalisme repose sur l'angoisse du "jamais assez", sur la peur et sur le refus de se montrer solidaires. Un capitalisme égalitaire est impensable. La croissance a besoin d'inégalité (c'est ce que les économistes appellent les "incitants"), et notre fameuse finance basée sur l'intérêt à rembourser et sur la dette, a besoin de croissance! C'est un cercle vicieux. On fait comme si le monde allait toujours durer, comme si chacun allait être immortel, comme si un système de santé hyper coûteux et privatisé allait permettre de nous soigner de tous nos maux...

Personnellement, je ne suis pas du tout convaincu par une telle apologie du système.

 

Question: Rôle du politique

Christian ARNSPERGER: Dans le bouquin que je viens de terminer ("Ethique de l'existence post-capitaliste" - à paraître!), je dis clairement que ce n'est PAS des hautes sphères qu'il faut attendre une mobilisation.

Normal, elles sont dépendantes du système et ce serait injuste de trop le leur reprocher, après tout. Non, on a les dirigeants qu'on mérite: c'est à la MOUVANCE CITOYENNE dans son ensemble, avec l'aide modeste et juste de certains "intellectuels", de créer une vague, une lame de fond tellement puissante que les politiques ne pourront que s'y rendre attentifs! Or, créer cette vague, c'est d'abord devoir NOUS AUTOCRITIQUER nous-mêmes. Les consommateurs, les investisseurs, les constructeurs, les demandeurs de crédits -- c'est NOUS.

Soit on veut un accès plus égal pour tous à ces choses, et alors on reste dans le système et on essaie de forcer les gens à payer des impôts, des cotisations, etc. malgré leur mauvaise humeur; soit on pense qu'un autre système plus solidaire et plus égalitaire est possible sans contrainte, et alors on milite au plan citoyen pour que les mentalités changent à fond.

 

Question: Économie sociale

Christian ARNSPERGER: Pour l'économie sociale, je crois que si elle a si peu d'audience encore, c'est parce que les acteurs et promoteurs de cette économie sociale sont trop peu "radicaux"!

Quand on a besoin des subsides de la Région ou du fédéral ou que sais-je pour faire vivre son entreprise ou son association, on a souvent peur de dire des choses qu'on pense mais qui froisseraient les bailleurs de fonds. C'est pour ça que je pense que l'économie sociale doit s'élargir et faire place à de vraies COMMUNAUTES de vie alternatives, subsidiées si possible, mais profondément indépendantes et prêtes à se passer des fonds publics si nécessaire.

Je connais d'admirables jeunes gens, dont certains étudiants, qui réfléchissent aujourd'hui là-dessus et sont prêts à s'engager dans des projets de vie risqués, p. ex. dans des écovillages ou dans des groupes alternatifs.

Ce sont EUX les VRAIS "ENTREPRENEURS" de demain. Je le pense sincèrement: demain, il nous faudra être des "entrepreneurs d'existence" et pas seulement des faiseurs de fric qui arrivent à s'endetter auprès de Fortis pour vendre des bagnoles...

 

Question: M. Arnsperger, j'ai l'impression que vos propositions ne concernent actuellement qu'une avant-garde ou - osons ce mot devenu péjoratif - une élite. Tout le monde ne place pas des valeurs spirituelles au-dessus du confort matériel. C'est beaucoup trop astreignant pour une majorité d'entre nous qui, soit se sentent parfaitement bien dans le système actuel, soit se contentent de le dénoncer verbalement sans rien entreprendre de concret. Ceci étant, une minorité active peut ouvrir la voie vers autre chose - mais à très long terme j'en ai peur.

 

Christian ARNSPERGER: Est-ce que je suis élitiste? Oui, d'une certaine façon. Mais l'élite, franchement et sans aucune démagogie, c'est nous tous.

Ce n'est pas une question de capacités ou de "QI", mais de compréhension toute simple des absurdités de ce monde et de ce système. Des gens sans "éducation" comprennent parfois mieux les choses, et sont plus spontanément SPIRITUELS, C'EST-A-DIRE REALISTES.

Je crois qu'être élitiste, en ce sens, est une nécessité absolue. Il faut arrêter de céder au discours libéral "aplatissant" qui nous dit que tout ce que la masse ne veut pas est condamnable, voire dangereux.

C'est une démagogie de droite qui me semble tout aussi absurde que l'ancienne ou actuelle démagogie de gauche.

 


Quelques sites intéressants échangés au cours de ce chat:
www.ecopower.be

www.entreprendreautrement.be

www.transitiontowns.org

 


Article intéressant de Michel CORNU sur le site contrepoint philosophique à propos du livre de Christian ARENSPERGER, Critique de l'existence capitaliste. Pour une éthique existentielle de l'économie

 

Références Bibliographiques :

Christian Arnsperger, Critique de l'existence capitaliste: Pour une éthique existentielle de l'économie, Editions du Cerf, 2005.

Christian Arnsperger, "Le 'social' dans l'économie sociale: Pour une nouvelle radicalisation", Revue Nouvelle, n°1-2, janvier-février 2007.

Christian Arnsperger, "The Social entrepreneurship movement: New hopes or old illusions?", conférence présentée à Buenos Aires, septembre 2008.

Christian Arnsperger, Ethique de l'existence post-capitaliste: Pour un militantisme existentiel, à paraître aux Editions du Cerf en 2009.

 

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 21:10

Un article d'Helmut Creutz

 

« Les spéculateurs peuvent être aussi inoffensifs que des bulles d’air dans un courant régulier d’entreprise. Mais la situation devient sérieuse lorsque l’entreprise n’est plus qu’une bulle d’air dans le tourbillon spéculatif » John Maynard Keynes

 

On spécule sur les dessous de la crise financière et économique tout comme on spécule à la Bourse. Comme causes de cette crise financière on nomme aussi bien les crédits immobiliers douteux que les régulations inexistantes des Etats, la fausse politique monétaire des banques centrales que l’avidité des gens. Mais on ne parle presque jamais de la vraie cause qui a déclenché cette crise, à savoir le surdéveloppement permanent des actifs financiers ! Ceux-ci ne sont pas seulement à l’origine des excès actuels et des nouvelles quotidiennes désastreuses mais aussi à l’origine des aberrations sociales et écologiques de nos économies.


Ce surdéveloppement des actifs financiers se voit clairement (fig. 1 ci-contre) quand on compare le développement des actifs financiers en Allemagne avec le développement du PIB.  Tandis que, de 1950 à 2005, le PIB a été multiplié par huit, les actifs financiers ont été multipliés par 45 (déduction faite de l’inflation) ! Autrement dit, si les actifs financiers représentaient seulement 60 % du PIB dans les années 50, ils ont dépassé entretemps 320 % : ils représentent 3,2 fois le PIB annuel !

 

Il faut cependant reconduire ces actifs financiers proliférant via des crédits dans le circuit monétaire de l’économie pour assurer l’offre. Cela veut dire que, parallèlement aux actifs financiers, non seulement les endettements ont augmenté mais aussi les flux des intérêts qui doivent toujours être engendrés par l’économie. Mais comme les économies peuvent suivre le rythme de ce surdéveloppement de plus en plus difficilement elles sont en définitive, arithmétiquement parlant, vouées à l’échec.

 

Déjà dans son rapport mensuel d’octobre 1993 la Deutsche Bundesbank a mis en évidence ce mécanisme de multiplication comme « auto- alimentation constitutive du capital monétaire ». Ce rapport démontrait en outre que les revenus d’intérêts des ménages représentaient déjà à cette époque 80 % des épargnes nouvelles ! C’est-à-dire que les actifs financiers existants se reproduisent en quelque sorte d’eux-mêmes.

 

L’économiste Bert Rürup a qualifié cette singulière auto-alimentation de «huitième merveille du monde», apparemment sans se rendre compte de l’effet dévastateur de cette «merveille». Car cette redistribution permanente des revenus du travail à la propriété détruit les structures sociales dans les sociétés, et ainsi la paix dans le monde, et par suite d’une croissance économique forcée, l’environnement.

 

Même les politiques de gauche ou les Verts ne semblent pas voir que tous ces revenus d’intérêts ne tombent pas du ciel mais doivent être supportés par la totalité des citoyens. Car tous les intérêts payés par les emprunteurs entrent comme coûts du capital dans les prix, tout comme les coûts du personnel et des matériaux ! Cela veut dire qu’au moins un tiers des dépenses de tous les ménages va entretemps, via les intérêts, directement et indirectement dans le «pot de redistribution» tandis que la somme des revenus d’intérêts dépend des actifs financiers très différents. Ceux-ci sont pour au moins 60 % entre les mains d’une minorité de seulement 10 % des ménages ! Et cette minorité de ménages gagne ce que tous les autres ménages perdent par ces transferts d’intérêts ! Avec ce mécanisme de redistribution on comprend l’augmentation continuelle des ménages de millionnaires et milliardaires partout dans le monde mais aussi la progression de la pauvreté qu’on constate maintenant, malgré la croissance, même dans les pays riches !

 

Dans quelle mesure les divergences se sont développées à long terme dans notre société est visible sur la figure 1 ci-dessus. On y voit les taux de croissance annuels des actifs financiers, du PIB et des salaires et traitements nets dans les cinq décennies de 1950 à 2000. Tandis que les taux de croissance du PIB s’élevaient en moyenne dans les années 50 à 9 milliards d’euros et dans les années 90 à 58 milliards, les actifs financiers ont progressé de 13 à 335 milliards d’euros ! Autrement dit, le taux de croissance du PIB a été multiplié en 50 ans par six, celui des actifs financiers par 26 !

 

La comparaison avec les taux de croissance des salaires et traitements nets est encore plus frappante: Augmentant dans les trois premières décennies après la guerre parallèlement au PIB de 3 à 14 milliards d’euros, ils redescendent à 10 milliards dans la 5ème décennie. Ils ont donc été multipliés en 50 ans seulement par 3 et les augmentations annuelles de 10 Md€ dans les années 90 ne suffisaient même pas à couvrir les charges d’intérêts pour les 335 Md€ de patrimoines financiers qui s’étaient entre-temps constitués.

 

Si on prend en considération la totalité des produits d’intérêts des banques qui se chiffraient autour de 370 Md€ en 2000, la seule somme des intérêts, répartie sur les 38 millions de ménages, constitue une charge moyenne de 9.700 Euro (= 31 % des dépenses)! Ainsi le facteur des charges d’intérêts était trois fois plus élevé que celui de la TVA qui représentait en 2000 en moyenne 2.820 Euro. A juste titre, l’auteur Gero Jenner qualifie dans son livre « Das Pyramidenspiel » ces charges d’intérêts d’ « impôts pour les riches » qui - déduction faite de l’inflation - profitent seulement à une minorité.



La figure 2 qui représente le développement de différentes grandeurs de revenus de 1991 à 2007, montre, elle aussi, clairement la différence des revenus du travail et du patrimoine. Car, tandis que le PIB dans ces 16 ans augmentait de 58 %, les salaires et traitements n’augmentaient que de 38 % (bruts) et de 30 % (nets) Les revenus de l’activité entrepreneuriale et du patrimoine — lesquels sont constitués en plus des salaires des entrepreneurs avant tout des revenus d’intérêts ou des rendements de capital immatériel — augmentaient par contre de 86% et les intérêts payés par les banques même de 110! Et ces revenus d’intérêts étaient encore nettement limités dans la phase des taux d’intérêt historiquement bas à partir de 1995. Sans ces baisses des taux d’intérêt, les revenus d’intérêts auraient augmenté parallèlement aux actifs financiers de 157% comme le montrent les barres supplémentaires ! Si les derniers groupes s’étaient contentés de la croissance du PIB de 58%, cette croissance aurait été possible aussi pour les salaires.

 

Revenons à l’actualité: Comme au début de notre période économique les encaisses étaient encore basses, il fallait souvent attendre longtemps l’octroi d’un crédit, souvent accordé en tranches, jusque dans les années 60.

Aujourd’hui la situation s’est renversée: Comme on n’arrive plus à placer les actifs financiers (en constante augmentation) sur les marchés financiers «normaux», les banques sont, depuis la fin des années 80, constamment obligées de recourir, pour les dépôts de leurs clients, à des placements spéculatifs et de plus en plus risqués, donc à utiliser les méthodes qui ont crée des problèmes sur les marchés financiers que nous connaissons actuellement. Et ces spéculations — la conséquence du surdéveloppement des actifs financiers — sont à l’origine des catastrophes actuelles sur les marchés financiers et leurs répercussions sur l’économie réelle En fait ce déroulement correspond assez exactement à celui décrit par Marriner S. Eccles, chef de la FED sous Roosevelt, dans les années 30 :

« Jusqu’en 1929-1930, une gigantesque pompe aspirante avait détourné une part croissante de la richesse produite au profit de quelques-uns... et ainsi enlevé le pouvoir d’achat des mains de la majorité... Mais la production de masse de la société industrielle moderne repose sur la consommation de masse, et celle-ci suppose la répartition de la richesse... pour pourvoir les gens d’un pouvoir d’achat correspondant à la quantité des biens et services produits par l’économie. »

 

Cette «répartition des richesses » juste et nécessaire est seulement possible si les taux d’intérêt et de rendement descendent vers zéro parallèlement à la saturation de l’économie. Pour arriver à cette baisse des taux d’intérêt en fonction du marché il faut une garantie de circulation de la monnaie par une taxe de détention de l’argent comme elle était proposée par Silvio Gesell au début du siècle dernier et en 1936 aussi par John Maynard Keynes dans son oeuvre principale « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie »

 

« ... ce moyen constitue sans doute la façon la plus raisonnable d’éliminer graduellement la plupart des caractères choquants du capitalisme. Un instant de réflexion montrera en effet les énormes changements sociaux qu’entraînerait la disparition progressive d’un taux de rendement propre à la richesse capitalisée. Un homme serait encore libre d’économiser le revenu de son travail afin de le dépenser à une date ultérieure. Mais sa richesse capitalisée ne s ‘accroîtrait pas. »

 

Sans corriger cette faute du système monétaire nous arrivons de plus en plus à un dilemme : ou bien, sans croissance économique, nous aurons un effondrement social, ou bien, avec une croissance économique, un effondrement environnemental

 

Les destructions partielles des masses d’actifs financiers, vagabondant autour du globe et avides de multiplication, si discutables et lourdes de conséquences soient-elles, sont encore plus supportables que la dernière possibilité de leur destruction inflationniste par des dettes d’Etats, des dépenses d’armement et de guerres! Pour éviter cette radicale alternative il faudrait, enfin, penser à stopper le surdéveloppement des actifs financiers, cette auto-multiplication cancéreuse, inhérente à notre système monétaire ! »

 

La situation précaire dans nos sociétés n’est pas du tout, comme on l’entend souvent, la conséquence d’exigences excessives des citoyens envers l’Etat Social mais d’exigences toujours plus grandes du capital au Produit National ! Il ne s’agit pas d’abolir l’économie de marché mais de la libérer du capitalisme !

 

Traduction de l’article de Helmut Creutz paru dans la revue HUMANE WIRTSCHAFT 01/2009: 



Le texte original en version pdf est disponible ici


Sinon, je conseille vivement d'aller faire un tour sur le site d'Helmut CREUTZ


LE SYNDROME DE LA MONNAIE: www.lesyndromedelamonnaie.fr

Très instructif et très didactique

Je conseille également la lecture du document MONETARY GROWTH

Si, après cela, certains doutent encore du côté pervers de notre système monétaire, je ne comprends plus.

 

Bien sûr que l'argent est nécessaire et utile! Mais certainement pas selon son mode de fonctionnement actuel: globalisé, centralisé & frappé d'intérêts! Un mode de fonctionnement devenu contreproductif, destructeur et mortifère.

 

Page 1 :

Magnifique institution que l’argent ! Mais

bien que nous le connaissions depuis des

millénaires et que nous l’utilisions

quotidiennement, il n’existe rien de

comparable dont nous sachions si peu de

choses.


Page 92 :

« Faites travailler votre argent. »

Personne n’a encore jamais vu l’argent

travailler. Le travail est une activité propre à

l’être humain. L’argent ne travaille pas. Il

est tout aussi stupide d’affirmer que l’argent

peut croître et se multiplier. Plantez un billet

de banque dans un pot de fleur, vous

pourrez toujours attendre avant de voir

pousser de l’argent.


Page 94 :

Il est faux de croire, comme le pensent

aujourd'hui beaucoup de citoyens, qu’on ne

paye des intérêts que lorsqu’on emprunte

de l’argent pour financer l’achat d’une

voiture ou la construction d’une maison.

Les intérêts sont dissimulés dans les prix et

donc à payer tous les jours, également par

ceux qui ne sont pas endettés.




Page 105 :

Imaginez-vous que quelqu’un retire régulièrement, chaque mois, quelques centaines de dollars ou d’euros de votre porte-monnaie. Vous iriez certainement porter plainte. Vous en feriez vraisemblablement de même si, à chaque fois que vous achetez quelque chose, quelqu’un encaissait une certaine fraction du prix d’achat, à la façon des mafiosi. Eh bien, ce qui vous paraît inimaginable est précisément ce qui se pratique chez nous. Chaque jour, à chaque achat, et de plus en plus.


Page 446 :

Notre argent est une invention fantastique

mais tel qu’il est aujourd’hui il finit par

détruire notre monde.

 

 

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 10:26

La date du 18 mars 2009, sera retenue par l’histoire, tout comme celle du 29 mai 1453 le fut pour la chute de Constantinople ou celle du 9 novembre 1989 pour la chute du mur de Berlin, comme celle qui signa la fin du capitalisme.

La Federal Reserve Bank, la banque centrale américaine, a annoncé son intention de racheter des Bons du Trésor (dette à long terme des États–Unis) en quantités considérables (pour un volant de 300 milliards de dollars), son budget atteignant désormais le chiffre impressionnant de 1,15 mille milliards de dollars. Pareil au serpent ouroboros dévorant sa propre queue, les États–Unis avaleront donc désormais leur propre dette, un processus désigné par l’euphémisme sympathique de « quantitative easing ». Pareille à celui qui tenterait de voler en se soulevant par les pieds, la nation américaine met fin au mythe qui voudrait que l’argent représente de la richesse : dorénavant la devise américaine représentera uniquement le prix du papier et de l’encre nécessaire pour imprimer de nouveaux billets. Elle se coupe aussi, incidemment, de la communauté internationale, mais baste !

Le dollar cessa de valoir de l’or quand, en 1971, le président Nixon mit fin à la parité du dollar avec ce métal. En 2009, le président Obama, en permettant à la Fed d’imprimer autant de dollars qu’elle le jugera bon, a mis fin à la parité du dollar avec quoi que ce soit, faisant de l’arrogance de la nation américaine la seule mesure restante de la valeur de sa devise. « Your Mamma still loves you ! » : le gosse, tout faraud, présente son premier spectacle et sa mère qui n’a pas voulu que son amour-propre courre le moindre risque a acheté tous les tickets !

Si la Chine attendait un signal pour se débarrasser de ses dollars, le voici ! Un article très intéressant dans l’Asia Times d’aujourd’hui, signé par Joseph Stroupe, explique comment la Chine, tentant de se délester en douce de ses dollars, les transfère discrètement à des fonds qui achètent des ressources minières et pétrolières. Stroupe, faisant reposer ses analyses sur des chiffres rassemblés par Rachel Ziemba, une collaboratrice de Nouriel Roubini, calcule que la Chine pourrait atteindre son objectif de réduction massive de son exposition au cours du dollar en un an environ. Nul doute que l’on ne dormira pas beaucoup cette nuit à Pékin et à Shanghai, tout occupé que l’on sera à acheter fébrilement des mines et des puits pétroliers aux quatre coins du monde !

Ah oui, j’oubliais : la bourse de New York, considérant qu’il s’agissait d’une bonne nouvelle, a clôturé en hausse.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Source: Paul JORION

 

Quelques commentaires:

  1. J. Halpern dit :
    19 mars 2009 à 06:39

“Fin du capitalisme” ? Ce ne sera ni la première ni probablement la dernière fois que les États-Unis joueront l’inflation contre la finance. Ces deux derniers siècles cela leur a bien réussi, et même si le dollar devait s’effondrer cela aurait pour principal effet d’instaurer un “super-protectionnisme” où l’industrie américaine trouverait la voie de sa résurrection. Je comprends bien votre crainte d’une crise financière internationale précipitée par le retrait des Chinois et le fanatisme monétariste de la “vieille Europe” décidément vouée au suicide. Mais en attendant le refinancement forcené de l’économie américaine peut - peut-être - relancer la machine et l’inflation résorber in fine mécaniquement les dettes. Ce scénario ne résout aucun des problèmes de fond (finance cancéreuse et blocage des salaires) mais pourrait permet de les repousser une fois de plus aux États-Unis. En revanche je crains le pire en Europe si elle persiste dans sa politique du chien crevé au fil de l’eau…

  1. Dominique Larchey-Wendling dit :
    19 mars 2009 à 08:36

Mais c’était évident depuis longtemps qu’ils allaient lancer la planche à billet. Par contre, ça a plutôt tendance à confirmer que la monnaie est bien crée ex-nihilo par le mécanisme de l’endettement. Où plutôt, la “fortune” (composée en partie de “reconnaissances de dettes”) crée par les intérêts cumulés est un jour ou l’autre transformée en “argent” …

Déflation ou hyper-inflation … les USA ont choisi de laisser couler le dollar.

  1. bernard dit :
    19 mars 2009 à 11:44

Traiter de FIN du capitalisme une telle opération qui serait simplement “figer dans le marbre” la propriété des richesses extérieures vraies (terres, moyens de production, …) acquises par les différents cartels capitalistes mondiaux, et sans changer aucune des règles du jeu, simplement au détriment des détenteurs des créances pourries (mistigri) dont ils n’ont pu se débarrasser, et qui n’est pour moi qu’une étape (logique et nécessaire) pour repartir de plus belle, est un pur CONTRESENS si on reste sur le terrain de la logique, une TROMPERIE si on se refuse à considérer les responsables comme des gens complètement stupides.

C’est une simple étape de CONSOLIDATION

 

 

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 10:38

Ancien chef d’une grosse entreprise du bâtiment, Pierre Lantermoz (président du tribunal de commerce de Saint-Etienne) est en prise directe avec le quotidien des entreprises. Au fil des audiences, il constate une augmentation alarmante des dépôts de bilan, qui touchent désormais les grosses entreprises de la région.

FRANCE-SOIR. Le nombre de liquidations a-t-il augmenté depuis le début de l’année ?




PIERRE LANTERMOZ.
Au 6 mars, nous avons eu 143 procédures de redressement ou de liquidation judiciaire concernant 1.098 salariés, contre 62 en février 2008 concernant 159 salariés. Le nombre de procédures a déjà doublé et le nombre d’employés concernés a été multiplié par sept ! Des chiffres qui donnent une orientation pour l’année à venir. Pour faire face à l’augmentation du nombre de dossiers, nous allons passer de un à trois juges en matière de prévention.


Vous traitez donc davantage de grosses entreprises ?

Oui, la bascule s’est faite pendant le dernier trimestre 2008. Les grosses entreprises de 40 à 100 salariés tombent les unes après les autres. Il y a des ruptures de charge de travail allant de 50 à 80 %… C’est affolant. Nous avons eu le cas d’une entreprise d’éléments de machines textiles de 46 salariés. En novembre, elle n’avait plus de travail que pour 16 d’entre eux et pour 6 en février. Elle a été contrainte de licencier. Avant, nous avions principalement de jeunes et petites entreprises.


Quels sont les secteurs les plus touchés ?

A Saint-Etienne et dans son agglomération, les restaurants, les petits commerces, l’immobilier sont touchés. Les plus pénalisés étant les transporteurs, gros et petits, les sous-traitants du bâtiment et surtout de l’automobile, et la mécanique en général. En fait, cette crise n’est pas sectorielle, elle touche tout le monde et nous n’avons aucune visibilité.


La situation va-t-elle encore se dégrader ?

C’est sûr. Je ne pense pas qu’un redressement soit possible dans les mois qui viennent. Le retour de la confiance et la relance de la croissance arriveront plus tard.


Le plan de soutien aux entreprises lancé par le gouvernement peut-il être efficace ?

Le plan de soutien est une bonne chose, mais cette crise est un gouffre sans fond, personne ne sait où ça va s’arrêter. Cette année, plus de 10 % des entreprises déposeront le bilan. C’est un véritable effondrement de l’économie.


Comment vivez-vous ces audiences en tant que juge, en tant qu’ancien chef d’entreprise ?

Je suis sincèrement malheureux face au désarroi des entrepreneurs. Après une défaillance, souvent on voit ce que l’on appelle les « 3D » : dépôt de bilan, divorce et dépression. L’entrepreneur n’a droit à rien, contrairement aux salariés, et se retrouve démuni. Au tribunal, nous prenons le temps de les écouter, parfois ils s’accrochent à nous comme à un frère. Humainement, c’est très dur. Nous sommes inquiets et craignons des suicides pour certains d’entre eux, très fragilisés par la situation.

 

Source: France-Soir

 

Placez maintenant cet article en vis-à-vis avec ceux-ci:

 

GBL: GBL augmente son dividende malgré des dépréciations de 1,5 milliard

 

Belgacom: Belgacom majore son dividende de 5%

 

France télécom: Les objectifs de 2008 sont atteints, dividendes de 1,40 euros par actions & France Télécom va supprimer 17.000 postes d'ici à 2008

 

Solvay: Solvay se prépare à résister en 2009

 

AIG: AIG offre des bonus… aux responsables de sa chute


Lire aussi: Les entreprises françaises s'endettent pour compenser la hausse des dividendes
Le poids des dividendes s'est accru de 38% en 10 ans, incitant les entreprises à financer leurs investissements par l'emprunt plutôt que par l'épargne.

Licenciements massifs, faillite, misère, crise, restructurations, privations nécessaires… et, moins fort, en bas de page, une hausse des dividendes pour les actionnaires?! Heureusement, c'est tellement visible, actuel et mondialisé qu'on en parle… Voyez la Suisse qui rouspète suite aux pressions de levée de secret bancaire car elle risquerait de perdre des milliards d'euros. Milliards à mettre en parallèle avec, par exemple, les malheureux millions fournis par les pouvoirs publics wallons pour soutenir les PME dans leur demande de crédits pour investissements à long terme. Voir Caisse d'investissement wallonne pour relancer le crédit.

 

Il n'y aurait pas un problème?

 

Toujours convaincu que les altermondialistes sont des doux-dingues? Toujours convaincu que

- les révoltes en Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion sont sans fondement?

- les soulèvements populaires en Equateur, Vénézuela, Bolivie, Paraguay envers l'impérialisme économique (Brésilien & Étasunien) ne sont que beaucoup de bruit pour rien?

- les manifestations et crises de la faim dans une majorité de pays africains juste une mauvaise passe?

- le terrorisme et les mouvements radicaux (FARC de Colombie, Hamas de Palestine, MEND du Nigeria, Zapatistes du Mexique, Islamistes d'Asie du Sud-est, etc.) sont à combattre par la force?

- les grèves suite aux coupes rases d'un secteur privé toujours plus gourmand et répondant à la seule logique d'optimisation par les coûts sont un mal nécessaire?

- les crises sanitaires et agricoles un peu partout dans le monde sont le prix du progrès?

 

C'est ça la mondialisation! Nous sommes tous de la même famille. Syndicats, islamistes, paysans, communistes, autochtones, altermondialistes, faucheurs d'OGM, nous faisons tous partie de la même famille. Déambuler dans les rayonnages du culte marchand professant sa liturgie libérale et publicitaire c'est démolir le monde. C'est affecter la vie de vos enfants, de nos enfants, des enfants du monde et de l'humanité.

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 12:41

L’assureur américain AIG va verser cette année 450 millions de dollars de primes aux responsables de ses activités financières, ceux-là même qui furent à l’origine de ses pertes historiques de 99,3 milliards de dollars l’an dernier, affirme le Wall Street Journal, amplifiant les informations de plusieurs autres médias.


Ces bonus sont destinés aux cadres de la filiale londonienne AIG Financial Products, qui ont provoqué la chute, puis la nationalisation de l’ancien numéro un mondial de l’assurance, en ayant souscrit des contrats protégeant les investisseurs contre le risque de non-remboursement d’investissements à risque.


Une partie de ces primes devait être versée dès ce dimanche.

Le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a écrit au président d’AIG Edward Liddy, nommé par le gouvernement en septembre après la quasi-faillite du groupe, pour se plaindre de cette situation, ajoute le journal.


M. Liddy, tout en reconnaissant que le versement de ces primes était «de mauvais goût et difficile à recommander», a souligné qu’il lui fallait aller de l’avant pour des raisons légales.


L’intervention ministérielle a toutefois permis de réduire le montant des primes qui seront versées cette année.


Certains des bonus versés ne dépassent pas 1.000 dollars mais sept responsables d’AIG Financial Product devraient recevoir plus de 3 millions de dollars de primes, selon le New York Times.


Au total, en comptant les primes versées aux cadres des autres activités du groupe (en général, elles, rentables) au titre de 2008 et 2009, AIG devrait débourser cette année 1,2 milliard de dollars de rémunérations variables.


Les pouvoirs publics ont dû mobiliser plus de 170 milliards de dollars pour éviter une faillite du groupe, qui aurait pu avoir des répercussions en cascade sur l’ensemble de la finance mondiale.

 

(AFP)

Source: lesoir.be 


16.03.09 - 20:01 Le président américain Barack Obama a dit lundi vouloir employer tous les moyens légaux pour empêcher le géant de l'assurance AIG, sauvé de la faillite par l'Etat, de verser des centaines de millions de dollars de primes à des responsables.

 


Barack Obama a déclaré que la compagnie d'assurance était en état de "détresse financière à cause de comportements inconsidérés et de l'appât du gain". "Dans ces conditions, il est difficile de comprendre comment des traders de produits dérivés chez AIG ont pu mériter de quelconques primes, a fortiori 165 millions" en rémunérations supplémentaires, a-t-il dit.

 

"Au cours des six derniers mois, AIG a reçu du Trésor des sommes importantes. J'ai demandé au secrétaire (au Trésor Tim) Geithner de se servir de ce moyen de pression et d'employer tous les moyens légaux pour bloquer ces primes et veiller au bon usage de l'argent du contribuable américain", a-t-il dit.

 

La révélation au cours du week-end qu'AIG se disposait à verser de telles primes fait scandale aux Etats-Unis. Depuis 2008, AIG a fait l'objet de quatre plans de sauvetage successifs, entraînant la mobilisation de plus de 170 milliards de dollars de fonds publics. Le groupe a enregistré des pertes inouïes de 99,3 milliards au titre de l'année écoulée.

 

Les autorités américaines avaient défendu leur choix de sauver le groupe par le fait que sa faillite pourrait avoir des conséquences en cascade sur le reste de la finance mondiale. Le groupe avait en effet souscrit des milliers de milliards de dollars de contrats assurant le bon remboursement d'emprunts à risques. Quand le secteur immobilier s'est enfoncé dans la crise et que ces emprunts ont perdu leur valeur, ceux qui avaient souscrit un contrat auprès d'AIG se sont retournés vers lui, confrontant l'assureur à une dette insurmontable.

 

(Belga)

Source : rtbf.be

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:34

Quelques extraits du deuxième bulletin Sortir de l'Économie

 

Extrait p 4.

On connaissait déjà le contenu des dialogues entre les derniers des musiciens sur le pont du Titanic économique, sur le mode du «Comment allez-vous, madame Economie ? Très bien, le prix de la conscience est déjà fortement à la hausse» : la marchandisation des pollutions par l’écocapitalisme cherchant à s’acheter une bonne conscience en compensant les émissions polluantes des pays du Nord par des transferts technologiques en vue des futures «non-émissions» des pays du Sud, se porte en effet à merveille. On voit aussi apparaître l’idée d'«un marché de crédits biodiversité», comme il existe un marché de crédits carbone pour lutter contre le réchauffement. L’idée serait de payer des «projets de compensation» pour des dommages infligés à un environnement par la construction d’infrastructures (autoroutes, étalement urbain, etc.), selon «une grille fixant le prix d’un hectare de prairie, de forêt ou de zone humide». Cette «grille» fixant la valeur de chaque habitat-type existe déjà aux Etats-Unis, où par exemple la destruction d’un hectare d’habitat à crevettes d’eau douce vous coûtera 290.000 euros. L’ingénierie et la marchandisation environnementale tournent donc à plein régime.

 

Mais la marchandisation des pollutions n’est pas seulement à l’oeuvre dans les cénacles du G8, elle est aussi à l’oeuvre dans les rangs de la militance écologiste et des économistes en chef de l'altermondialisme. Car finalement le boycott des «grandes surfaces» et de certaines «marques» pour mieux privilégier quelques formes de «commerce éthique» pour lequel on encouragera la consommation, n’est qu’un «nouveau» mode d’action qui cache une croyance naïve en la possibilité d’un capitalisme à visage humain, quand il ne fait pas de la consommation une forme d’action politique : «Acheter, c’est voter!», ce qui est le summum finalement de l’esprit marchand voulant faire jouer la concurrence, «si vous n’aimez pas les pollutions, vous achèterez» et autre «j’achète, donc je pense». Non seulement l’«alternative» repose simplement sur l’idée de faire toujours jouer la concurrence, mais on marchandise aussi les mutilations incommensurables à la vie infligées par les nuisances écologiques ainsi que la simple décence de conditions de travail, par un autre calcul des prix de toujours la même mise en équivalence universelle. Et de plus en plus d’argent s’éloigne alors des sentiers battus pour s’en aller irriguer les circuits économiques «alternatifs» d’une supposée économie à visage humain. La consomm’action n’est que l’avant-garde de la mutation éco-capitaliste. Mais partout le fluide du fric s’insinue par les moindres fissures qui s’entrouvrent à la longue dans le Rideau de fer de nos vies.

 

(…)

Extrait p 8.

L’écologie des alternatifs est finalement l’avant-garde de l’écologie machinique de demain qui taxe, qui réglemente, qui sur-organise, qui fait décroître, partout la lutte contre les nuisances écologiques passent par leur mise en valeur, et comme toujours, «l’extension accélérée du marché oblige à y inclure, donc à tarifer ce qui lui échappe encore. Car dans la mesure où certains biens essentiels dont nul ne se préoccupe restent gratuits, ils sont exploités sans mesure. Pas besoin de se gêner puisqu’ils ne coûtent rien. C’est ainsi que la clarté des rivières, le silence des villes, l’azur de la Méditerranée, menacés de disparition, manqueront un beau jour à l’industrie elle-même. Il devient donc urgent d’en faire le décompte et d’en fixer la valeur, et la seule qui soit reconnue de tous [par nos écologistes machiniques comme alternatifs] est celle qui s’exprime en francs. Il va falloir déterminer les coûts, les indemnités à payer aux particuliers, à l’Etat et aux industriels eux-mêmes. C’est d’autant plus urgent que ce qui était donné par la nature doit être désormais fabriqué à grands frais. Demain les produits les plus chers seront l’air, l’eau, la mer ou les plages épurées, recomposées à force de raffinements scientifiques et chimiques. La fabrication des éléments ou paysages qu’on avait autrefois pour rien sera sans doute l’industrie la plus puissante, donc celle qui procure les plus gros profits ».

  


Note sur les noix de lavage et leur « commerce équitable » (p 5.)
« On a vu arriver sur les marchés européens, depuis quelques années, un nouveau “ produit miracle ” : les noix de lavage venues des Indes qu’on utilise aussi bien en lessive qu’en savon ou shampoing… De quoi s’agit-il ? De noix produites par des « arbres à savon » (Sapindus Mukorossi), actuellement sauvages, dans certains états des Indes (l’Imachal Pradesh par exemple). Azimuts-Artisans du Népal, entreprise bien connue du commerce équitable, nous précise qu’un “ collecteur ” achète les noix aux paysans, après cueillette manuelle, pour les revendre à un grossiste qui va permettre de fournir la demande locale (en incorporant ces noix à des lessives chimiques). Que les habitants de ces états disposent ainsi d’un produit de lavage accessible, relativement écologique, fort bien. Qu’on développe cette activité économique pour fournir un marché européen (qui ne demande pas tant !) pose certains problèmes éthiques, économiques et sociaux autant qu’écologiques. En effet, les conséquences économiques, sociales humanitaires locales, à très court terme sont parfaitement prévisibles :
- développement pour l’exportation d’une ressource vivrière sauvage
- mise en culture, sans nécessité locale ni régionale
- tendance à la monoculture d’exportation (type quinoa, café, thé, sucre…) et déséquilibre régional
- déperdition des ressources similaires dans les pays importateurs (le saponaire en Europe, par exemple)
- effet pervers d’une “ mode ”, d’une “ tendance ” : d’autant plus que ces noix de lavage ont un résultat sensiblement éloigné de nos lessives européennes produites localement et sans danger pour l’environnement… Quand les bobo en auront assez des noix de lavage que restera-t-il aux Indiens de l’Himalaya… ?

L’importation en Europe de ces noix de lavage (avec l’aberration écologique que constitue son transport) relève très exactement de la fausse “ bonne ” idée qu’on peut assimiler à du néo-colonialisme ».

Patrice de Bonneval,
Faites vos cosmétiques et vos shampoings, éditions de l’Encyclopédie d’utovie, 2006, p. 40-41.

 

Extrait p. 6 à propos du "minimum vital".

Le capitalisme n’est pas né de lui-même, mais du travail. C’est le salaire qui a déterminé le profit. Le salaire porte en lui un renoncement tel au droit de consommation, que je trouve absolument utopique vouloir l’utiliser à l’agencement de l’égalité économique. Le salaire qui a fondé l’asservissement de l’homme ne saurait, en toute honnêteté, participer à sa libération.
[Gaston BRITEL], La foire aux ânes ou de l’abolition du salariat, éditions Le Coquelicot, 2007, p. 40-41 et p. 27.

 

Extrait p. 20

(…) se rapportant donc à une mesure d’équivalence générale et universelle, c’est-à-dire à l’argent, ce qui est reconnu n’est en rien ce travail à chaque fois particulier, il n’est qu’un travail quelconque, universel et général, c’est le « travail social nécessaire » d’un individu abstrait de toutes individualités, particularités et situations (grand, fort, peu costaud, timide, malheureux, mal réveillé, etc.) à effectuer cette dépense de force vivante : c’est un « travail mort » ou abstrait qui est seulement reconnu car général puisque sans rapport avec le vécu (voir ci-dessous « Aliénation idéologique ou aliénation réelle ? »). La valeur des marchandises échangées devant s’équivaloir pour permettre l’acte achat/vente, les travaux contenus dans chacune de ces marchandises doivent aussi être équivalents.

 

Encart p. 19


Aliénation idéologique ou réelle ?
« Le travail abstrait n’est pas une généralisation mentale, mais une réalité sociale, une abstraction qui devient réalité. Nous avons vu que, si toutes les marchandises doivent être échangeables entre elles, le travail contenu dans les marchandises doivent également être immédiatement échangeable. Il peut l’être seulement s’il est égal dans toutes les marchandises, s’il s’agit toujours du même travail. Le travail contenu dans une marchandise doit être égal au travail contenu dans toutes les autres marchandises. Dans la mesure où ils se représentent dans la valeur, tous les travaux valent seulement comme ‘‘ dépenses de la force humaine de travail ’’. Leur contenu concret est effacé, ils se valent tous. Ce n’est pas une opération purement mentale : en effet, leur valeur se représente dans une forme matérielle, la valeur d’échange, qui dans les conditions plus évoluées prend la forme d’une quantité déterminée d’argent. L’argent représente quelque chose d’abstrait – la valeur -, et il le représente en tant qu’abstrait. Une somme d’argent peut représenter n’importe quelle valeur d’usage, n’importe quel travail concret. Là où la circulation des biens est médiatisée par l’argent, l’abstraction est devenue bien réelle. On peut ainsi parler d’une ‘‘ abstraction réelle ’’. L’abstraction de toute qualité sensible, de toutes les valeurs d’usage, n’est pas un résumé mental, comme lorsqu’on fait abstraction des genres différents d’animaux pour parler de ‘‘ l’animal ’’ qui pourtant n’existe pas en tant que tel ».
A. Jappe, Les Aventures de la marchandise, p. 44-45.

On sait pourtant que la compréhension nominaliste du fétichisme, conçu comme simple superstructure de «dispositifs» idéologiques, linguistiques, imaginaires, épistémologiques, etc. – et que par exemple J.-C. Michéa va rechercher jusque dans l’ «anthropologie pessimiste» de la philosophie politique du XVIIe siècle -, reste la perspective de l’ensemble des critiques actuelles de l’économie, de la «reconnaissance» d’Axel Honneth (La réification. Petit traité de théorie critique, Gallimard, 2007), en passant par Baudrillard et sa «syntaxe poétique» ou la «décolonisation de l’imaginaire» de S. Latouche, sans parler de ceux qui imaginent qu’il suffirait d’une simple critique de l’économisme pour l’équilibrer avec des paramètres écologiques, politiques ou sociaux, ou d’un rebond de la conscience et de la morale pour que la « baudruche économique » se dégonfle. Ce n'est pas parce qu’on change notre représentation du monde, que le monde change pour autant : ce n’est pas la conscience, l’imaginaire, etc., qui sont colonisés par une vision utilitariste des rapports humains ; c’est bien parce que l’échangisme marchand et son travail abstrait ont partout concrètement colonisé la possibilité même de la vie, que le monde n’est plus celui des représentations renversées, mais celui de la réalité renversée.

 

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin

 

Avant de clore et afin de répondre à tout commentaire, il me semble utile d'ajouter ce petit extrait de la page 3 du deuxième bulletin Sortir de l'Economie

 

Mais quelle que soit la difficulté à respirer librement dans l’étouffoir de la cocotte minute planétaire qui ne cesse de monter en pression à chaque flambée du pétrole et des matières premières, nous n’avons pas besoin d’attendre d’être sortis de ce monde-là pour commencer à le critiquer sur ces bases, et au-delà des polémiques, ouvrir des débats politiques sur la nature des «compromis alternatifs» proposés et que nous devons passer - on est bien d’accord - avec lui. La rencontre chaotique de ce que nous pensons et ce que nous faisons est à ce prix là, et ce n’est avec le sentiment d’aucun plaisir que nous pouvons critiquer ici des amis, là des personnes respectables et des alternatives dans lesquelles nous avons été ou sommes encore, impliqués. Il s’agit donc en restant constructif et pour ouvrir d’autres champs de lutte possibles, de mettre à jour les insuffisances, les limites mais aussi les possibilités, d’une critique passée et d’un autre faisceau de critiques qui a su ces dernières années se donner une certaine publicité – dans tous les sens du terme.

 

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 13:04

Le dernier rapport du Global Europe Anticipation Bulletin n'y va pas avec le dos de la cuillère. Ci-dessous, quelques extraits du bulletin 32…

Depuis Février 2006, LEAP/E2020 avait estimé que la crise systémique globale se déroulerait selon 4 grandes phases structurantes, à savoir les phases de déclenchement, d'accélération, d'impact et de décantation. Ce processus a bien décrit les évènements jusqu'à aujourd'hui. Mais notre équipe estime dorénavant que l'incapacité des dirigeants mondiaux à prendre la mesure de la crise, caractérisée notamment par leur acharnement depuis plus d'un an à en traiter les conséquences au lieu de s'attaquer radicalement à ses causes, va faire entrer la crise systémique globale dans une cinquième phase à partir du 4° trimestre 2009 : la phase dite de dislocation géopolitique mondiale. Selon LEAP/E2020, cette nouvelle phase de la crise sera ainsi façonnée par deux phénomènes majeurs organisant les évènements en deux séquences parallèles, à savoir :

A. Deux phénomènes majeurs :

1. La disparition du socle financier (Dollars + Dettes) sur l'ensemble de la planète

L'insolvabilité globale qui caractérise désormais le système financier mondial peut être représentée par une image très simple : le socle financier sur lequel reposaient depuis des décennies les banques, assurances et autres établissements financiers mondiaux, est en train de s'effondrer, à l'image d'une ville qui serait construite sur une immense anfractuosité et qui découvrirait soudain que ce qu'elle croyait être un sol solide, destiné à porter durablement les fondations des immeubles de la cité, n'est en fait qu'une mince croûte de terre sous laquelle se trouve un mélange de vide, de gaz toxique et de remblais instables. L'équivalent financier de ce mélange est bien entendu la combinaison hautement volatile de Dollars US, d'actifs libellés en Dollars et de dettes produites en particulier par les Etats- Unis, le Royaume-Uni et nombre d'économies occidentales et en développement.

 

2. La fragmentation accélérée des intérêts des principaux acteurs du système global et des grands ensembles mondiaux

Le protectionnisme est bien de retour puisque le processus de globalisation tel qu'on l'a connu ces deux dernières décennies est désormais arrêté. Les discours des dirigeants politiques mondiaux sont pathétiques dans la mesure où ils persistent à répéter leur volonté de s'opposer au retour du protectionnisme et à relancer le cycle de Doha de libéralisation du commerce ; tandis que, dans les faits, ils font tout le contraire comme le prouvent le « Buy American » d'Obama, la dévaluation compétitive de la Livre Sterling de Brown, les aides à l'industrie automobile française de Sarkozy, le plan de relance soigneusement ciblé « Allemagne » de Merkel ou la plan de stimulation de la demande interne chinoise de Hu Jintao. Les dirigeants mondiaux sont de plus en plus schizophrènes : leurs actes s'éloignent de plus en plus de leurs discours. 

B. Deux séquences parallèles :

1. La décomposition rapide de l'ensemble du système international actuel

a) La marginalisation des institutions internationales: ONU, OMC, OCDE, FMI, G7, G20

b) La chutes des nœuds stratégiques du système financier et monétaire mondial

Au niveau du système monétaire mondial, près de 70% des marchés des devises sont traités sur trois places financières, à savoir Londres, New-York et Tokyo. Toutes les trois appartiennent de facto à la zone Dollar et ont des dirigeants qui dépendent étroitement de Washington, ce qui assure que leurs interprétations des évènements et des mouvements du monde sont fondamentalement similaires. L'actuel naufrage de l'économie britannique et sa place financière met en péril le rôle prédominant de Londres. Parallèlement alors que huit des dix principales banques du marché international des devises étaient américaines ou britanniques en Mai 2008, il est remarquable que certaines aient déjà disparu du paysage, comme Lehman Brothers, ou soient en quasi-faillite (nationalisée) comme Royal Bank of Scotland ou Citi. Là encore on voit à quelle vitesse ce noeud stratégique du système financier mondial est en train de chuter sous nos yeux, contribuant à une décomposition accélérée de l'ensemble du système international de ces dernières décennies.

 

2. La dislocation stratégique de grands acteurs globaux.

En fait, selon LEAP/E2020, plus l'entité politique est importante en taille et en population, plus elle repose sur le socle « Dollar/Dettes » caractérisant le système actuel ; et plus elle est centralisée, plus elle s'avérera sensible aux formidables tensions générées par la crise systémique globale.

 

a) Les États-Unis

* De la Chine, L'Inde et la Russie, les États-Unis sont bien évidemment ceux qui reposent intégralement sur le socle « Dollar/Dettes ». C'est même ce qui a alimenté leur puissance et leur richesse ces dernières décennies.

* Les tensions socio-ethniques sont immenses avec dorénavant une forte composante hispanique liée aux narcotrafiquants qui gangrènent la frontière sud du pays. Les intérêts économiques des différentes régions divergent de plus en plus face à la crise : par exemple, les problèmes de la Californie en quasi-faillite ne sont pas du tout les mêmes que ceux des États dont l'industrie automobile s'effondre ; et ils sont encore différents de ceux de la Floride. Le Texas n'a pas les mêmes problèmes que New-York ; et ainsi de suite…

*Enfin, le quasi-monopole de Washington et de l'état fédéral dans la réponse à la crise impose l'utilisation de dispositifs très centralisés, standardisés et donc incapables de prendre en compte les situations très variables d'un État à l'autre. Ce simple fait porte déjà l'assurance d'une faible efficacité des mesures mises en place, comme on le constate d'ailleurs depuis plus d'un an.

b) L'Union Européenne

* L'UE est beaucoup moins dépendante du socle « Dollar/Dette » que les Etats-Unis par exemple. Seuls certains États membres comme le Royaume-Uni en particulier, et quelques autres identifiés dans les GEAB précédents, sont très sensibles à ce facteur. Mais le coeur de la zone Euro n'est que très peu affecté.

* L'UE, et surtout la zone Euro, est en effet très sensible au facteur de grande diversité de ses composantes. Si les États européens étaient aussi peu indépendants que les États fédérés américains, ce serait l'assurance d'une explosion généralisée de l'UE.

* Le fonctionnement de l'UE est extrêmement polycentrique, et non pas centralisé. Les États ont d'immense marge de manoeuvre. La BCE fournit un cadre monétaire cohérent. Les fonds structurels européens assurent une cohésion de long terme. Et ce système polycentrique sait, il l'a montré depuis plus de 50 ans, se montrer imaginatif quand la situation l'exige, notamment car il se sait fragile et une pure création de la volonté de ses peuples et de ses dirigeants.

 

Et l'Allemagne, poids lourd de la zone Euro et de l'UE, fera tout pour empêcher que l'Union européenne et la zone Euro cessent d’être les débouchés privilégiés de son industrie, au moment où ses marchés mondiaux s'effondrent ou risquent de se fermer.

 

Pour conclure, si on ajoute l'impact de la phase de dislocation sur la Russie et la Chine, il va être très intéressant de savoir si cette crise systémique globale va voir survivre le nouveau modèle d'intégration régionale de type UE, ou au contraire renforcer le modèle impérial de type Etats-Unis, Chine et Russie. Pour notre équipe, en fonction des facteurs identifiés précédemment, cette crise systémique globale pourrait bien être le dernier avatar des crises qui depuis cent ans se succèdent en faisant tomber les empires les uns après les autres. Simple question d'adaptation à l'environnement socio-économique du siècle à venir ! Sans oublier la crise climatique comme l'illustrent les cartes ci-dessous.


 

 

Production agricole par pays en 2007 (en USD) - Source MarketSkeptics, 01/2009



 

 

Pays affectés par des sécheresses (2007) - en marron foncé, sécheresse normale / en marron clair, sécheresse grave / en rouge, sécheresse historique - Source MarketSkeptics

 

C. Recommandations: comment se préparer à la phase de dislocation géopolitique?

 

Ainsi que nous venons de l'anticiper dans ce GEAB N°32, la phase 5 de la crise systémique globale affectera de manières diverse les différents pays et même, au sein d'une même entité politique, ses différentes régions. Cependant, il est possible d'élaborer un certain nombre de recommandations générales destinées à éviter de se retrouver piégé au beau milieu du processus de dislocation géopolitique mondial. Pour cela il est important d'évaluer 3 facteurs majeurs qui déterminent la gravité de la dislocation socio-économique et politique de votre pays ou région.

Selon LEAP/E2020, ces trois facteurs sont:

1. Le degré de dangerosité physique directe de la dislocation géopolitique dans votre pays/région

Si votre pays ou région est une zone où circulent massivement des armes à feu (parmi les grands pays, seuls les États-Unis sont dans ce cas), alors, le meilleur moyen de faire face à la dislocation stratégique est de quitter votre région ou votre pays si cela vous est possible, pour vous installer dans une région ou un pays moins dangereux physiquement.

2. Le degré de dépendance de votre région/localité vis-à-vis d'approvisionnements extérieurs

Si votre pays/région est particulièrement dépendant de l'extérieur pour son alimentation en énergie, nourriture, eau,… alors il est essentiel de faire des réserves ou bien de penser à partir s'installer dans une région moins dépendante.

3. La durée probable d'éventuelle dislocation des principaux services publics et/ou privés

Dans de nombreux pays ou régions, la dislocation des services publics sera passagère - de l'ordre de quelques jours à quelques semaines. En s'y préparant bien et en s'appuyant sur les liens de voisinage ou familiaux, cette période sera aisément surmontée. En revanche si vous estimez que dans votre pays ou région, la dislocation risque de se greffer sur un effondrement du pouvoir central, ou au moins du pouvoir régional, alors il est essentiel soit de se préparer à quitter provisoirement votre région, soit à organiser une alternative collective d'ampleur avec les membres de votre communauté.

 

Donc, de la violence, oui certainement, mais aussi une opportunité en or pour se recentrer sur l'essentiel, le local et la solidarité. C'est dans l'adversité que l'homme se montre sous son vrai jour: "impulsif et reptilien" vs "réfléchi et humain"…

 

Et le bulletin termine par:

Enfin, évitez plus que jamais l'ensemble des instruments financiers proposés par les banques. Outre le risque de les voir bloqués lors de la phase 5 de la crise, les baisses continues de taux d'intérêts par les banques centrales constituent une mise en coupe réglée des épargnants. Restez liquide au maximum pour pouvoir bouger immédiatement si nécessaire.

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 15:57
Vous avez tous certainement déjà aperçu, entendu ou vu cette fameuse campagne POUR ou CONTRE le nucléaire: NUCLEARFORUM. Electrabel & consort lachent 2 millions d'euros pour un débat "hyper objectif" sur le nucléaire. Du pain bénit pour les publicitaires qui doivent justement se serrer la ceinture en ces temps de crises.

 


 

Alors, en gros, voici le débat: vous êtes POUR le nucléaire parce que vous pensez au futur, vous êtes CONTRE le nucléaire parce que vous pensez au passé. Ou encore, vous êtes POUR parce que vous voulez de l'énergie 100% du temps, vous êtes CONTRE parce que vous voulez de l'énergie 100% verte.

 

Cette campagne est perverse! Comme si les détracteurs du nucléaire étaient des passéistes, baba cool qui ne veulent pas d'énergie. Dès le départ, le débat est biaisé, faussé, inégal, arbitraire, sournois, partial, injuste, incomplet, etc. "CONTRE, vous pensez au passé…" Et deux sous-marins nucléaires qui se télescopent c'est du passé? Et les incidents du Tricasin en France c'est du passé?

 

Il y a une chose dont il faut bien se rendre compte: le nucléaire est un business très juteux Réalisé sur le dos des consommateurs! La corne d'abondance devrait se tarir dans les années à venir (2015-2020). C'est la seule et unique raison pour laquelle on en reparle. Rien à voir avec l'approvisionnement bon marché pour tous. Notez également que cette fameuse libéralisation du marché de l'électricité se solde par un échec pour le consommateur.

 

Pour plus d'infos, consultez l'action Nature & Progrès Belgique sous le titre NON A L'INTOX NUCLEAIRE. Aidez-les à mettre sur pied une contre compagne par un petit versement sur le numéro de compte 068-2032717-12 de Nature & Progrès, avec la mention « Non à l’intox nucléaire ! ».  Sinon, consultez aussi ce site www.vraiforumnucleaire.be consacré à un véritable forum.

 

Re-visionnez aussi cette vidéo "Tous plumés par électrabel"

 

La seule raison valable pour laquelle on peut être POUR le nucléaire c'est la valorisation des déchets radioactifs existants. Mais uniquement pour les déchets existant. Il convient de bien préciser parce qu'à la moindre faille, la radioactivité libérale s'immisce. C'est aussi la raison pour laquelle les objecteurs de croissance parlent de décroissance plutôt que d'une "autre croissance". La puissance de colonisation de nos imaginaires par la force financière et l'exploitation de nos faiblesses humaines est telle qu'il est pratiquement impossible d'avoir des propos modérés. Le danger est bien sûr la perte de crédibilité aux yeux du grand public qui est bien plus à l'écoute des fastes et flash du monde moderne, mu par le seul profit, qu'a l'écoute de sa conscience.

 

Le nucléaire n'émet pratiquement pas de CO2. C'est FAUX. Construction, fonctionnement et démantèlement des centrales ainsi qu'extraction, raffinage, enrichissement, acheminement et enfouissement des matériaux nucléaires émettent du CO2. L'uranium n'est pas acheminé aux centrales en vélo. Les centrales ne sont pas construites en paille avec isolation au chanvre. Le plutonium n'est pas enrichi à la traction animale ou à l'éolien.

 

Le secteur nucléaire est le plus contrôlé au monde! Whaow! Et ça a empêché les problèmes récents en France ou au Japon? Et cela empêche les risques d'appropriation, de déversement ou d'abandon en cas de guerre ou de déstructuration politique? Dans le climat géopolitique actuel, je ne miserai franchement pas trop là dessus.

 

La fusion nucléaire reste très prometteuse. Oui certainement et la conquête de mars et vénus aussi. C'est aussi l'exportation de la bêtise et de la mégalomanie humaine. La fusion, ce n'est rien de moins que le contrôle des explosions solaires sur la Terre. N'est-ce pas vouloir la quadrature du cercle? Et même si cela était possible, pensez vous vraiment que nous serions plus heureux et qu'il y aurait moins d'inégalités et de problèmes sur Terre? N'oublions jamais que le nucléaire est une énergie qui nécessite de gros financement, une forte concentration et centralisation d'acteurs économiquement puissants. Concentration et centralisation qui va à l'encontre de la démocratie et de la transparence. Le nucléaire comme le politique sont instables. Le nucléaire est radioactif des milliards d'années. Le politique est actif pour un mandat qui peut pousser à une dizaine d'années tout au plus. Heureusement qu'il y a encore des historiens et des sociologues pour nous rappeler que nous ne sommes pas seuls et que nous avons déjà merdé plus d'une fois.

 

+++

 

Pourquoi n'investissons nous pas dans de véritables projets d'optimisation, d'isolation et de réduction de notre consommation énergétique? Il ne faut pas se leurrer, nous ne pourrons pas continuer à consommer comme nous le faisons, que ce soit au niveau énergétique, alimentaire ou matières premières. Idéalement, des grosses institutions aux citoyens en passant par les entreprises, nous devrions tous réduire notre consommation énergétique par quatre, d'où le fameux facteur 4 et le site belge www.ef4.be.

 

En même temps que cet objectif prioritaire de réduction de consommation il existe des alternatives énergétiques propres et prometteuses. Je ne citerai ici que celles auxquelles je crois dans l'état actuel des informations dont je dispose. Alternatives qui sont certainement plus simples, plus rapides et moins dangereuses à mettre en œuvre que le nucléaire. Je ne dis pas moins couteuses car ce n'est probablement pas vrai. Mais le financement est un faux problème. Pourquoi l'humanité butte-t-elle toujours sur ce problème de financement? Pourquoi ne pourrions-nous pas mettre toutes nos énergies et notre savoir faire en œuvre pour réduire notre impact sur la planète? Pourquoi l'argent doit-il nous bloquer? N'est-ce pas un non sens par excellence? L'argent est une convention humaine, rien à voir avec le climat, l'alimentation ou les catastrophes naturelles… Nous ne sommes que des microbes dans un bac à microbes. Des microbes incapables de sortir du bac pour une simple question de lunettes aliénantes nommées "argent-égoïste". A trop regarder son nombril on en perd le sens des perspectives…

 

+++

 

DONC en dehors de cette question d'argent qui n'en est pas une, pourquoi ne parle-t-on pas plus des véritables alternatives?

 



Toutes les alternatives citoyennes locales sont à privilégier en premier afin d'éviter ce phénomène de concentration déjà souligné pour le nucléaire. Autant d'alternatives citoyennes diversifiées sont un gage d'autonomie, de stabilité et de durabilité.

 

Exemples:

·    => roue à aube et petite hydraulique s'il existe un cours d'eau au fond du jardin ou dans la région. Une petite centrale hydraulique peut alimenter 1000 à 1200 foyers tout en permettant l’économie de 1 million de m3 de gaz, de 1000 tonnes de pétrole ou de 1500 tonnes de charbon, à production comparable. La petite hydraulique a l’avantage de la production locale qui n’engendre pas de pertes en ligne due à la longueur de la distribution. (http://www.energiesfaciles.com/)

·    => éolienne citoyenne rudimentaire (moulin Américain ou moulin Hollandais) ou sophistiquée financée par coopératives (asbl vent d'houyet et éoliennes citoyennes émission zéro)

·    => biogaz à base de matières organiques ou à base d'excréments humains ou animaux comme il en existe en chine.

·    => Pompes à chaleur, géothermie horizontale (photo ci-dessus), puits canadiens, maison passive, etc.

Quant au photovoltaïque, je vous invite a lire l’article « Des fonds publics pour le photovoltaïque ».

 

Les 5 alternatives ci-dessous sont des alternatives de grande échelle et de concentration qui mériteraient toute l'attention et le financement actuellement focalisé sur le nucléaire.

 

1) Solaire concentré

Les centrales à concentration solaire utilisent des miroirs (paraboliques ou plans) qui font converger l’énergie solaire de la même manière qu'une loupe.  Le solaire à concentration thermodynamique est une technologie complètement différente du photovoltaïque. Des miroirs concentrent l’énergie solaire vers un tube contenant un fluide qui chauffe. La chaleur obtenue permet de former de la vapeur d’eau qui entraine une turbine couplée à un alternateur et de l´électricité est ainsi produite. L´énergie électrique peut être transmise sur de longues distances : avec la technologie HVDC (Hight Voltage Direct Current) la perte n’est que 3% pour 1000km.  Et 90% de la population mondiale vit à mois de 2700km des déserts chauds de la planète. De l´eau douce peut être produite par cogénération, parallèlement à la production électrique.


2) Géothermie profonde

Pour faire court, cela consiste à forer deux puits parallèles de cinq kilomètres de profondeur dans la roche granitique. En effet, lorsqu'on s'enfonce dans les entrailles de la Terre, on se rapproche du magma en fusion et la température monte de 3O degrés centigrades tous les kilomètres.  A 5 kilomètres la roche est donc à 165 °c environ, de quoi réchauffer l'eau qu'on injecte dans un puits et la faire ressortir dans l'autre sous forme de vapeur brûlante. Facile ensuite d'alimenter une turbine et de produire de l'électricité. Une énergie renouvelable,  inépuisable et non polluante qui pourrait remplacer à terme toutes les énergies fossiles (le pétrole et le gaz qui vont manquer d'ici 2050 et le charbon dont les réserves sont estimées à 300 ans) et freiner l'augmentation de la température de notre planète.

 

L'expérience a déjà été tentée avec succès dans plusieurs pays, par exemple en Allemagne dans ce qu'il est convenu d'appeler "le trou de Bâle" (ne riez pas!) et même en Alsace à Soultz-sous-Forêts.

 

3) Agrocarburants à base d'algues

Précisons encore une fois "agrocarburant à base d'algues" et pas nécrocarburants à la sauce Bio souvent appelés biofuels ou biocarburants, nouvel oxymore du marketing.


Capter l'énergie solaire est particulièrement complexe. Les sources d'énergies peuvent êtres classées en deux catégories: STOCK et FLUX. Pétrole, charbon et gaz font partie de la première catégorie aisément exploitable. Par contre, le solaire et toutes les énergies dérivées (éolien, marémotrice) font partie de flux extrêmement difficile à capturer et à valoriser sans trop de pertes. Le meilleur convertisseur d'énergie solaire est naturel, il s'appelle "photosynthèse" et permet d'avoir un rendement de 90 à 95% contre 30 à 40% pour nos hautes technologies solaires.

 

La technologie en question a été développée par la société Algenol. Celle-ci utilise des algues, de l’eau de mer, du soleil et du CO2 (qui peut provenir d'une usine située à proximité), quatre éléments que l’on retrouve en quantité industrielle presque partout. Elle en extrait de l’éthanol, de l’oxygène, de l’eau douce et des fertilisants pour l’agriculture. On peut produire de l’éthanol à partir d’une algue (ou d’une plante) en la compressant, afin d’en extraire une huile et d’en faire un agrocarburant. La technologie retenue par Algenol force les cellules de l’algue à produire elles-mêmes de l’éthanol sous forme de gaz, que l’on capte et que l’on liquéfie par la suite.

 

4) Centrale de biogaz voir aussi SMART INNOVATION

Le biogaz correspond aux effluents gazeux issus de la fermentation de matières organiques. Cette fermentation – aussi appelée aussi méthanisation – se produit naturellement (dans les marais par exemple) ou spontanément (dans les décharges contenant des déchets organiques). On peut également la provoquer artificiellement dans des digesteurs (pour traiter des boues d’épuration, des déchets organiques industriels ou agricoles, etc…).

Le biogaz est un mélange gazeux composé de méthane (50 à 70%), de CO2, d’eau et de sulfure d’hydrogène. On y retrouve aussi parfois d’autres composés issus de contaminations (et notamment dans les biogaz provenant de décharge).

Le biogaz constitue ainsi la forme renouvelable d’une énergie fossile très courante : le gaz naturel d’origine fossile (composé entre autre de méthane, butane et propane). Le méthane contenu dans le biogaz est un gaz à effet de serre très puissant. C’est pourquoi sa revalorisation est préférable. C’est une ressource énergétique intéressante qui permet de produire de l’électricité ainsi que de la vapeur via sa combustion. En brûlant, le méthane rejette du CO2, 21 fois moins puissant que le méthane.

Ainsi, récupérer le méthane permet à la fois une action dépolluante (il vaut mieux rejeter du CO2 que du méthane pur) et génératrice d’énergie.

 

5) Parc éolien & éolien offshore

Un des arguments massue anti-éolien est la nécessité de réguler le flux qui n'est jamais constant. Cette régulation est encore trop souvent réalisée à partir de centrales thermiques qui émettent énormément de CO2. Cependant de grands progrès ont été réalisés dans la mise en réseau des éoliennes et dans la connexion au réseau électrique principal en cas de surproduction, un peu à la manière de nos compteurs électrique tournant à l'envers en cas de surproduction. Il existe également des instruments permettant de réguler sa consommation en fonction de la production et donc de la régularité ou de l'intermittence des vents. Quoi qu'en disent toutes les organisations ou groupements citoyens qui sont contre, n'est-il pas triste de bouder une énergie aussi facile d'accès sous prétexte qu'elle n'est pas constante? Même s'il y a des pertes, même si ce n'est pas optimum, c'est déjà ça de gagné. Concernant le paysage, c'est une question de gout et de priorité. Concernant l'impact sur l'avifaune et le biotope, c'est un fait mais existe-t-il une seule source d'énergie qui n'ait pas d'impact? Pour le transport sur de longues distances, il existe aussi la technologie HVDC (Hight Voltage Direct Current) comme pour le solaire concentré.

 


CONCLUSION:

Il est grand temps de cesser d'écouter les cris de détresse des vampires du nucléaire mourant et de se concentrer sur ce qui vaut vraiment la peine:

1)     Réduire notre consommation d'un facteur 4 en isolant et en optimisant

2)     Diversifier les types d'approvisionnements

3)     Promouvoir le local

4)     Améliorer les performances et techniques des 5 points cités ci-dessus et tenter de les appliquer rapidement pour le plus grand nombre et pas seulement pour l'industrie.

5)     Poursuivre la recherche et le développement en matière d'énergies renouvelables avec pour seul objectif le bien de l'homme et de la nature et pas le profit!

 

 

D'autres articles sur ce blog à propos du nucléaire:

- Le mythe du NUCLEAIRE

- NUCLEAIRE: Israël vs Iran?

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