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Présentation

  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
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Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

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Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Archives

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 22:24

 

Un Texte de Junon MONETA www.alter-europa.com

A.    Rappel des faits.

Pratiquement partout dans le monde, les « responsables » politiques, les gouverneurs des banques centrales et les institutions internationales ont volé au secours de la Haute Finance, à savoir les banques commerciales (IFM en Europe), les banques d’affaires, les assureurs, les réassureurs et les fonds communs de placement. Ils ont recapitalisé (capitaux directs et/ou quasi-directs) ces entreprises privées de la Haute Finance avec des fonds publics pour environ 2.000 MD$ dans le monde après avoir encouragé l’empilement de risques démesurés au sein du système monétaire et financier pendant plus de trente ans.

Un seul homme s’est comporté de manière exemplaire dans ces milieux : Dominique STRAUSS-KHAN, directeur du Fonds Monétaire International. Il a toujours dit la vérité, il a toujours  défendu le point de vue des peuples oubliés, il a mis en avant le risque d’une grande dépression et d’un protectionnisme guerrier. Pour éviter le pire, il a voulu « changer les choses » en matière de gouvernance et de surveillance des pratiques financières sans obtenir les moyens d’action nécessaires. 

A contrario, tous les responsables européens (politiques, monétaires et financiers) ont nié ces problèmes jusqu’à la fin septembre 2008 mais, devant l’évidence d’une faillite pure et simple du système bancaire, les Etats de l’Euroland n’ont cessé d’apporter leur contribution réelle ou déguisée au capital des banques pour +250 MD$ (200MD€). Cela ne suffisait pas : ils ont dû garantir toutes les transactions interbancaires pour +2.000 MD$ (1.500 MD€). Depuis lors, ces monstres de la Haute Finance acceptent à nouveau de se faire confiance entre eux, et tout le monde est « rassuré ».

La confiance ? Seulement entre eux... Certes, les marchés de crédits interbancaires fonctionnent à nouveau mais la Haute Finance traîne des pieds pour acheter de nouveaux Bons d’Etat, donc pour prêter de l’argent aux Gouvernements qui les ont sauvés de la faillite… Bien entendu, les entreprises, autres que celles qu’ils contrôlent parfaitement, sont écartées du « marché des crédits et des prêts » et doivent s’adresser à leurs filiales, les Sociétés de Crédit, à des taux bien plus élevés que le taux directeur qui fait l’objet de tant de commentaires inutiles. Les dépôts de bilan, les licenciements sauvages et la misère sociale deviennent la règle, justement à cause de ces grands prédateurs qui tuent nos emplois et nos vies avec la complicité des Etats.

Mieux, les gouvernements eurolandais ont dû garantir tous les dépôts des résidents et des non-résidents pour que ceux-ci ne retirent pas leur argent du système bancaire et des systèmes d’assurance. Coût réel de l’opération si la méfiance s’emballait, uniquement à ce niveau-là? Vingt-mille milliards d’euros à fin 2007 (±25.000 MD$) et plus de vingt-trois mille milliards d’euros à fin 2008 (±29.000MD$).

Le système néolibéral est cliniquement mort depuis la fin du mois d’août 2006, début de la crise des crédits « subprime », mais les Ministres des Finances en Europe et les Secrétaires au Trésor aux Etats-Unis s’acharnent pour sauver les plus grands escrocs du système!

Toutes les interventions des pompiers incendiaires, encensés de façon outrancière par des médias aux ordres, ont produit l’effet contraire de ce qu’ils recherchaient : la méfiance vis-à-vis des banques et des assureurs a augmenté (chute vertigineuse de leur valeur boursière et hausse de l’or). En corollaire, toute l’Economie Réelle est infestée par les métastases de ce cancer monétaire, financier et finalement politique au point que les fonds publics sont partout nécessaires : dans l’automobile, dans la construction, dans les transports... En fait, le cancer est partout ! Pour la seule Zone Euro, les entreprises cotées ont perdu plus de 2.500 milliards d’euros entre la fin janvier 2007 et la fin décembre 2008, une situation qui traduit très partiellement le blocage total de l’Economie Réelle. En effet, seuls les grands groupes économiques et financiers établis en Zone Euro sont répertoriés dans ces statistiques officielles.

Malgré les résultats insolents des groupes pétroliers (de l’ordre de 150 MD$), l’impact global sera - pour la seule Zone Euro - une perte globale de 10.000 MD€ (13.000 MD$), une année complète de PIB, alors que pour l’ensemble du monde, les pertes seront probablement de 50.000 MD$. 

L’EURO PROTECTEUR? La bonne gestion de l’euro par J.C TRICHET et par tous les Hauts Fonctionnaires des banques centrales nationales? Bien au contraire, c’est un véritable désastre auquel nous assistons, et c’est toujours l’impunité totale qui protège ces « irresponsables »…

B.    Les escrocs du système doivent survivre ! En réalité, ils ne survivront pas !

Beaucoup de commentateurs n’ont toujours pas fait la différence entre les concepts de « capitalisme », de « libéralisme » et de « néolibéralisme ». Et donc, ils font tous les amalgames inimaginables entre les causes et les effets de cette Grande Crise que nous sommes en train de vivre.

D’un côté, les partis d’extrême-gauche se disent « anticapitalistes » et annoncent toujours « le Grand Soir ». D’un autre côté, Alain MINC, le bonimenteur de service, nous dit que : « Tel le Phoenix qui renaît toujours de ses cendres, le capitalisme survivra ». Enfin, les économistes médiatisés parlent du néolibéralisme comme d’un « futur capitalisme à visage humain » réglementé à l’échelle mondiale, alors que ce système est cliniquement mort depuis août 2006.

En réalité, le néolibéralisme est un très vieux système puisqu’il était déjà en vigueur en Grèce Antique (voir notre premier livre sur le site d’ALTER-EUROPA). Malgré les réflexions des plus grands philosophes de l’Occident (Socrate, Platon et Aristote) et malgré le courage d’Aristophane (auteur de pièces satiriques très populaires),  ce système a conduit la Grèce à sa disparition totale il y a vingt-trois siècles.

Il faut donc comprendre en quoi ce « système des nouvelles libertés » réunit les conditions nécessaires et suffisantes pour faire disparaître notre propre civilisation occidentale en très peu de temps, en Europe et aux Etats-Unis… Et donc, Alain MINC a raison, le capitalisme renaîtra de ses cendres… sur d’autres continents… puisque nous sommes incapables de lutter contre le pire poison de toutes les civilisations : « la cigüe de Socrate ».  

En effet, toutes les grandes civilisations (qui nous ont laissé des traces écrites) sont mortes de la même façon : la Grèce Antique « démocratique », l’Empire des grandes conquêtes romaines, et finalement toute l’Europe du Sud (Italie du Nord, Espagne et Portugal) qui a préféré les trésors du Levant, de l’Inde, de l’Amérique, de l’Asie… L’Europe du Nord a elle-même évité la sanction suprême grâce à l’Amérique de Roosevelt et à son programme post-mortem, le plan MARSHALL.

Tous ces grands foyers de civilisation ont tous connu les mêmes formes de prédation, toujours les mêmes, qui ont conduit les peuples à la MISERE, un concept développé par Aristophane pour le distinguer de la PAUVRETE. C’est finalement ARISTOTE qui a « débusqué » le concept ultime pour expliquer et pour combattre ce désastre (voir le livre I).

Pour isoler ce « nouveau système » de tous les autres « systèmes de gouvernance », il faut d’abord identifier les prédateurs, toujours les mêmes : les financiers, les grands propriétaires fonciers et immobiliers, les commerçants internationaux (multinationales peu scrupuleuses) et les grands distributeurs (Grandes et Moyennes Surfaces).

Leurs pratiques sont toujours les mêmes, elles aussi : l’affaiblissement des Etats avec la complicité des Hauts Fonctionnaires, les éternels « jamais élus, jamais responsables, jamais coupables ». Et donc, même si les passe-droits, la fausse monnaie et le pillage du Bien Public ont toujours été les moyens privilégiés pour imposer une oppression et une répression des peuples, le « système des nouvelles libertés » utilise d’autres armes bien plus destructrices. En effet, pour bien affaiblir les Etats, le néolibéralisme a privatisé la monnaie, il l’a rendue abondante, il l’a concentrée dans les mains de quelques élus (des hauts fonctionnaires devenus de puissants financiers) mais il a surtout obtenu l’ouverture inconditionnelle des frontières pour exploiter tout le potentiel des paradis fiscaux, des paradis sociaux et même des paradis judiciaires.

En créant une « pénurie de travail » sur le sol national, et donc en puisant de la main d’œuvre bon marché dans un « vaste réservoir mondial d’esclaves », contrôlé par les pires dictatures de la planète, les multinationales, inféodées à la Haute Finance, importent des produits et des services à « prix cassés » pour les revendre avec les plus grands bénéfices, et donc pour concurrencer et pour détruire les entreprises les plus « loyales ».

La recette a d’abord été appliquée timidement par le biais des sous-traitances mettant à genoux les PME-PMI nationales et régionales, puis avec les « délocalisations » dans le cadre de ce merveilleux projet de « mondialisation heureuse ». Toutes ces recettes ont fait la richesse des groupes de la grande distribution et celle des groupes d’équipement des ménages. Peu à peu, les GMS ont imposé leurs « fausses marques » à tous les secteurs : l’alimentaire, l’électroménager et tous les biens durables (équipement de la maison) avec des produits fabriqués en Europe Centrale, en Europe de l’Est, en Turquie et surtout en Chine.

Même TOTAL et les Majors du Pétrole (plus de 150 milliards de dollars de profits nets en 2008) préféraient embaucher des Portugais et des Polonais sous-payés au Royaume-Uni (avant une révolte des Anglais), et ils n’hésitent toujours pas à réquisitionner les armées des pires dictatures pour « protéger » leurs investissements dans les pays à risques.

Une autre recette pour affaiblir les Etats consiste à refuser l’harmonisation des règles sociales, des règles fiscales, des contraintes de réciprocité et d’équilibre dans les échanges extérieurs. L’Union Européenne a « institutionnalisé » et justifié cette absence de règles dans son projet de Constitution, dont le traité de Lisbonne en est la version la plus récente. L’Union Européenne veut donc une mondialisation du commerce (OMC) et de la Défense (OTAN), une liberté toujours plus grande des flux financiers entre « les gens de bonne compagnie » vers les paradis fiscaux, une concurrence sociale entre les populations et bien sûr un accès monopolisé à plus de financements privés (BCE)… Les marchés intérieurs deviennent des zones de racket organisé pour voler à toutes les populations leur droit de subsistance et leur droit à l’existence.

Les prédateurs ont gagné beaucoup d’argent avec ce système mais ils ne survivront pas, tout simplement parce que, par égoïsme et par cupidité, ils ont « oublié » la règle de base d’une Economie de Marché florissante. Le  « marché » est en effet un vaste « circuit de revenus et de dépenses » (KEYNES) qui ne peut résister très longtemps aux fuites extérieures et à l’appauvrissement continuel des acheteurs proches et plus lointains. La désertification économique? C’est loin d’être un concept vide de sens : ARISTOPHANE en avait parlé il y a vingt-quatre siècles, et c’est exactement de cette façon que le « néolibéralisme sauvage» a creusé la tombe des « ploutocrates » grecs, romains et méditerranéens : par la mort économique de leurs clients les plus proches et les plus lointains…

En fait, nos « ploutocrates modernes » sont déjà cliniquement morts mais nos gouvernements pratiquent un acharnement thérapeutique de plus en plus démesuré pour les sauver. Mieux, avec les armes qui les ont portés aux nues (marché des capitaux), ils sont en train de s’autodétruire à la vitesse « V ».

C.    Une « sortie de crise » ? Oui, une seule !

D’abord, l’objectif : nous devons « sortir de cette grande crise » et donc remettre nos populations sur le chemin de la création collective de richesses, immatérielles bien plus que matérielles.

Ensuite, les moyens : nous devons impérativement changer l’Europe et changer l’Euro pour y parvenir dans les plus brefs délais. La première condition est donc de changer le système politique, le système monétaire et le système financier en écartant tous les mandarins qui nous gouvernent.

Pour réaliser cet objectif de sortie de crise, il faut changer les élites du système. Mieux, il faut surtout changer la mentalité de nos dirigeants, les choisir en fonction de leurs capacités à exercer des fonctions d’animation, et non plus des fonctions d’oppression et de répression au service des plus grands corrupteurs. Or, avec ou sans leur consentement, il nous est possible de fixer les règles du jeu qui les maintiendront sur le rail de l’honnêteté, de l’efficacité et de l’efficience. Il suffira donc de décliner ces valeurs philosophiques partout au sein de notre Société : dans tous nos systèmes, dans toutes nos administrations, dans toutes nos organisations.

ARISTOTE a décortiqué ces valeurs, sans pouvoir les décliner au sein de la société grecque (livre I) car il fut menacé d’un procès et d’une mort semblables à ce que vécut SOCRATE. Rien n’est un hasard : ARISTOTE avait mis le doigt sur le vrai mal et sur le vrai remède. Malheureusement, il dût fuir Athènes dans la plus grande précipitation et c’est la Grèce tout entière qui sombra corps et biens dans la foulée. Un sort funeste que nous devons éviter pour notre propre Civilisation en agissant rapidement !

Merci de réagir, et surtout de faire réagir le plus grand nombre d’entre nous,

ALTER-EUROPA

Pour une Autre Europe…

Et (bien sûr) pour un Autre Euro…

JUNON MONETA
Site: www.alter-europa.com
Groupe de discussion: Europe & Euro

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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 23:10

Plus loin que le côté éthique et vert d’une banque comme la banque Triodos par exemple, il faudrait revoir tout notre système bancaire et monétaire de fond en comble. Il faudrait totalement réformer le mode de fonctionnement des banques et de la monnaie. Sans réforme, il y aura toujours pénurie monétaire, inégalités croissantes et crises à répétition. Il est  d’ailleurs fort probable que sans changement, la prochaine débâcle financière concernera les énergies vertes, les matières premières et les denrées alimentaires, et ensuite, l’eau, l’air, la terre, la lumière ?


90% des banques fonctionnent selon une centralisation absolue du pouvoir, une opacité totale du mode de fonctionnement et une création monétaire fondée sur le crédit ou la dette. Sans dette il n’y aurait pas d’argent, donc pas d’échange, donc pas d’économie. 90% de l’argent en circulation dans le monde est de l’argent dette. Voir article Emprunter pour manger…

Les banques ont aujourd’hui plein pouvoir. Elles ont pignon sur rue et ne communiquent que ce qu’elles veulent bien nous communiquer. Les États membres n'ont aucun droit de regard sur leurs activités et comptabilités (article 104 du traité de Maastricht, article 108 du traité de Lisbonne(1)). Le résultat est sous nos yeux aujourd’hui: une économie mondiale en crise, du blanchiment d’argent, des activités hors bilan, des bulles spéculatives, des crédits 30 à 40 fois supérieur aux actifs, des montages financiers pourris, des mensonges et combines en tout genre. Bien sûr cette indépendance et ce laxisme bancaire se fait avec l’assentiment des gouvernements qui répondent bien plus au chant du gros billet des multinationales qu’aux sincères et impérieuses sollicitations de PME et petits travailleurs que nous sommes.


Les banques ne peuvent plus fonctionner comme elles le font ! S’il y a bien une réforme à mener rapidement c'est bien celle là ! Mais  un réforme bien plus draconienne que celle dont on nous rabat les oreilles quotidiennement.


Notre système monétaire et son réseau bancaire n'est plus adapté à la réalité du moment - si tant est qu'il l'était seulement un jour! C'est un système archaïque hérité d'un mode de fonctionnement féodal: basé sur la subordination à une autorité centralisée de plus en plus tentaculaire. C'est un système qui a profité des progrès des dernières décennies en matière de technologie de l'information et qui a su tirer parti des lenteurs et du laisser-aller volontaire du monde politique. Il est aujourd'hui possible de transférer des milliards d'un point du globe à un autre en quelques clicks de souris. Cette libre circulation du capital est non seulement possible mais parfaitement légale et approuvée par nos gouvernements au travers de textes de loi qu’il est question de constitutionaliser (article 56 du traité de Lisbonne(1)).


L'Europe comme les États-Unis, la Chine et tous les Etats du monde sont victimes des progrès des technologies de l'information et d'un accord tacite mondial et dogmatique qui fait de l'individualisme et de l'appât du gain une vertu plutôt qu'un vice.


L'argent est la sève ou le sang de la société: c'est grâce à l'argent que l'échange et le partage est possible. L'argent joue un rôle clé dans la société humaine. Est-il normal que sa gestion soit si opaque, si inégalitaire et si conditionnelle?  Pourquoi les pauvres se voient imposer un taux d'intérêt parfois bien supérieur à 50% alors que les riches n'ont bien souvent qu'un taux minimal voire nul? Pourquoi les pays du tiers monde doivent-ils rembourser une dette à un taux supérieur à celui pratiqué entre Etats riches ? Pourquoi, en cas de crises, est-ce toujours l’emploi qui écoppe et peu le profit ? Crises bien souvent provoquées par les profiteurs, qui font du profit sur le dos des travailleurs. Quant au niveau fiscal il faut bien admettre que nous ne  sommes pas tous taxés de la même manière, voir par exemple Les holdings d'Albert Frère paye moins d'impôt que sa concièrge.


Comment ne pas faire le rapprochement avec le creusement des inégalités malgré tous les progrès positifs et les richesses actuelles ?


Pour le bien être de tous et celui de la planète, il n'est plus tenable et acceptable de continuer avec ce système monétaire (et ce système fiscal).
Nous devons nous réapproprier le cours de nos vies. Nous devons nous réapproprier le pouvoir de création monétaire. Il s’agit de notre monnaie à tous, du plus grand au plus petit. Notre monnaie à tous et pas seulement celle d’un Rockefeller, Mittal ou Soros.


Nous devons prendre à notre avantage les progrès de la communication et de l’information. Grace aux réseaux informatiques, il est parfaitement possible d’imaginer une monnaie plus démocratique et plus transparente que les grandes monnaies internationales officielles actuelles, tels les euros, dollars ou yens.


Pensez-vous que cela soit possible ? Si oui, vive la démocratie. Si non, bas les masques, adieu démocratie et bonjour ploutocratie.


Joseph HUBER et James ROBERTSON, eux, y croient dur comme fer et font tout ce qui est en leur pouvoir pour que cette réforme monétaire nationale et mondiale se concrétise. Ils ont besoin de nous tous pour que cette information passe et soit relayée au plus haut niveau. Nous devons mettre le paquet avant la prochaine réunion du G20 début avril(2). Les pays BRIC y sont forcément plus enthousiastes que les Etats-Unis avec leurs dollars et l’Europe avec ses euros cherchant à supplanter le billet vert. Qui ne le voudrait pas ? Pensez donc, en 2002, il a été estimé que la suprématie mondiale du dollar sur le monde rapportait 400 milliards de dollars par an aux Etats-Unis. Une sorte de taxe mondiale du monde aux Etats-Unis. L’Etat US est également le seul à pouvoir s’offrir le luxe d’emprunter à l’étranger avec sa propre monnaie puis d’avoir la possibilité de dévaluer ses obligations de remboursement. Lors du dernier Forum Economique Mondial à Davos le 28 janvier 2009, Poutine à clairement souligné que dans les circonstances actuelles, le dollar ne pouvait rester la seule devise de réserve et qu’il serait « opportun d’encourager un processus objectif pour l’émergence de plusieurs monnaies régionales fortes dans le futur ». Poutine en a profité pour citer le rouble comme autre monnaie potentielle de réserve.


Alors, voici succinctement ce que proposent Joseph HUBER et James ROBERTSON dans leur document
CREATING NEW MONEY: A monetary reform for the information age disponible sur le site de la New Economic Foundation (NEF) et dans leur campagne pour le G20

 

1. L’objectif est de parvenir à placer à l’Agenda du prochain sommet du G20 du 2 avril 2009 des propositions de réformes monétaires au niveau national et international.


2. Même si les gouvernements du G20 n’abordaient pas ces questions en avril, tout ce qui pourra être fait ne sera pas perdu et contribuera à accentuer le support croissant et existant d'une nécessaire réforme monétaire. Balayées de l’Agenda, cette importante réforme pourrait alors se déployer sur internet et d’autres canaux en une puissante campagne internationale de longue haleine.


3. La réforme à proposer aux gouvernements du G20 est la suivante.

1) La réforme monétaire nationale consistera en une nationalisation des monnaies nationales,

(a) en transférant aux banques centrales nationalisées la responsabilité de créer une monnaie libérée de tout principe d’endettement et en quantité suffisante pour l’approvisionnement monétaire public; et

(b) en interdisant tous les autres acteurs financiers, y compris les banques commerciales, de créer de la monnaie bancaire à partir de rien - tout comme forger ses propres pièces, fabriquer de faux billets ou la contrefaçon, sont interdit par la loi.


2) La réforme monétaire internationale introduira une monnaie internationale libérée des dettes,

(a) créée par une nouvelle autorité monétaire internationale,

(b) pour opérer des échanges internationaux de l’économie globale d’une manière plus efficace, plus stable et surtout, sur une base plus juste.

(c) coexistant avec les monnaies nationales et l’euro.

(d) mais ne s’appuyant plus jamais sur aucunes d’entre elles comme monnaies internationales.


Ces deux reformes créeront une monnaie libérée de toute dette, et pas une monnaie dette comme elle est créé aujourd’hui.


La réforme nationale opèrera un transfert de la fonction de création monétaire de l’intérêt d’un secteur particulier (banques) à une autorité monétaire nationale (la banque centrale) servant les intérêts publics.


La réforme internationale réalisera un transfert d’un intérêt national particulier (les Etats-Unis créant les dollars) à une véritable monnaie internationale délivrée par une autorité monétaire internationale au service de l’intérêt général. Ces réformes ne sont pas seulement à envisager pour le long terme. Toutes les actions prises pour traiter la crise actuelle seraient plus efficaces si elles étaient définies sur base de ces réformes.

 

Impossible ? Utopique ? Irréaliste ?

 

Dans tous les cas, la crise actuelle est une preuve de plus que les banquiers centraux ne sont pas mieux placés que l'État pour gérer la monnaie nécessaire à l'économie. Certes l'histoire nous montre que l'État à parfois usé et abusé du pouvoir régalien de frapper monnaie. C'est ce que les banques et les ploutocrates n'ont de cesse de nous rappeler. Il est cependant piquant de noter leur amnésie ou leur aveuglement total devant certains faits historiques contraires(4).

 

Puisqu'il existe autant de faits en faveur ou en défaveur d'une gestion Étatique ou Bancaire de l'argent, la proposition consiste à tendre progressivement vers le principe de la séparation des pouvoirs. Le système monétaire deviendrait la quatrième branche de pouvoir au même titre que l'exécutif, le législatif et le judiciaire. En Belgique, le parti politique Vivant est sur la même longueur d'onde(5). En France, il y a le parti politique de Jean-Marc Governatori, « La France en action »(6) ainsi que le mouvement du Sociétalisme soutenu par André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder(7).

 

Autant cette proposition de réforme monétaire est nécessaire et ses actions sont légitimes et nécessaires, autant elle nécessite une grande mobilisation et un consensus d'un très grand nombre. Afin de pallier à l'argument de baisse de compétitivité inhérent à notre système économique, Joseph HUBER et James ROBERTSON ont déjà évoqué l'application du principe de la politique simultanée proposée par John BUNZL(8).

 

Notes

(1) Un NON venant de l'IRLANDE un VENDREDI 13, quel symbole!

(2) James ROBERTSON: appel à mobilisation et sensibilisation pour une nécessaire réforme monétaire. Sensibilisation à mener jusque début avril, réunion du G20. http://www.jamesrobertson.com/g20monetaryreform.htm

(3) Document "CREATING NEW MONEY: A monetary reform for the information age". Document téléchargeable sur le site de la New Economic Foundation (www.neweconomics.org)  http://www.neweconomics.org/gen/uploads/CreatingNewMoney.pdf

(4) Sur le site de Jean-Pierre POULAIN il est notamment fait mention du livre "L'argent" de John Kenneth GALBRAITH aux éditions Gallimard (collection "folio histoire") où l'on apprend (p86) que dans les années 1720, parmi les colonies américaines: la Pennsylvanie, New York, le New Jersey, le Delaware et le Maryland ont émit des billets et que ces expériences ont toutes été concluantes!

Et encore, (p88): "Par une espèce d'accord tacite entre bien-pensants, les débordements de Rhode Island, du Massachussetts et de la Caroline du Sud en vinrent à symboliser et résumer l'expérience monétaire des colonies. L'expérience absolument différente des colonies du centre était purement et simplement passée sous silence."

(5) Joseph MEYER, fraction Vivant de la communauté Germanophone: www.vivant-ostbelgien.org ; www.systememonetaire.be ; www.regiogeld.be et www.socialcurrency.be

(6) Jean-Marc GOVERNATORI, « La France en action » : www.lafranceenaction.com

(7) www.public-debt.org & www.societal.org

(8) Le concept clé de la politique simultanée réside dans le fait de bien dissocier d'une part, l'acceptation ou l'adhésion au programme d'un monde plus solidaire et d'autre part, la mise en œuvre différée et concrète de ce programme. C'est en effet grâce à cette distinction que la politique simultanée aura toutes les chances d'aboutir puisque les gens, représentants de parti politique ou associations ne s'engagent, au départ, à rien lorsqu'ils adhèrent au programme. Ce n'est qu'à partir du moment où un nombre suffisant est atteint, qu'il y a décision unanime de mettre en œuvre le processus. Une sorte d'interrupteur géant pour faire face à la logique de compétition. Les chances d'y parvenir sont assez importantes quand on observe le faible taux de participation aux élections dans certains états. Aux États-Unis par exemple, le taux de participation n'atteint même pas les 50%. Tous les mécontents, petits partis, groupes d'oppositions seront tentés d'adhérer à ce programme. Pour un candidat ou un parti politique, cet énorme vivier de population représente un poids non négligeable qu'il ne pourra pas ignorer pour son élection. Il tâchera donc de se conformer à la politique simultanée, sous peine de perdre ce pool potentiel d'électeurs. Évidemment la politique simultanée ne peut fonctionner que dans un contexte de respect et de fonctionnement d'une véritable démocratie. C'est une condition essentielle à l'application de la politique simultanée. Plus d'informations sur www.simpol.org.

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 01:23

Pourquoi vouloir faire de Fortis un GRAND groupe? Pourquoi ne pas ravaler son orgueil et revenir au métier de base d’une banque ? Une banque centrée sur le client et le service et pas sur le profit. Une banque qui se contente de marges raisonnables et qui privilégie les communautés locales. Une banque un peu à l'image de la CGER avant privatisation et rachat par Fortis.


Dans un entretien(1) Rik VAN BEVER, ex-dirigeant du puissant syndicat CGSP de la CGER, affirme qu' « en trois ans, Fortis a récupéré en profits deux fois le prix d’achat de la CGER (3 milliards d’euros). »


Rik VAN BEVER précise également:

* Les banques privées exigent des rendements de 10 ou 15 %, la CGER se contentait de 2 ou 3 %.


* Elle ne proposait pas des produits toxiques, mais de bons produits comme les carnets d’épargne, les comptes universels (comptes à vue), les bons d’épargne, les prêts hypothécaires…


* A l’origine, la CGER n’avait pas d’agences. L’épargne populaire, par exemple, était collectée par le biais des bureaux de poste.


* La CGER accordait aussi plein de subsides aux universités, aux hôpitaux, au Fonds de la recherche contre le cancer… Idem pour le personnel, il y avait un service social, avec des médecins et des dentistes qui vous soignaient au sein même de l’entreprise. Et si vous alliez à l’hôpital, la facture était remboursée à 90 %.


Alors, pourquoi avoir privatisé cette banque???


C'est pour des raisons idéologiques que l'Europe dans un accès de puissance et de grandeur a poussé à ce genre de pratique, sous prétexte que la sécurité sociale et les finances n'y survivraient pas: « Philippe MAYSTADT(ministre des Finances PSC) disait que l’État avait besoin de l’argent de cette vente pour réduire la dette de l’État afin de respecter les normes de Maastricht pour pouvoir participer à l’euro. Freddy WILLOCKX (ministre SP) (…) a dit : on a besoin de ça pour sauver la sécu… »(1)


Le succès et la déconfiture fulgurante de Fortis et d'autres grandes banques tiennent essentiellement de l'idéologie de la mondialisation et de la croissance. Que la grenouille se fasse plus grosse que le bœuf. Et le bœuf plus gros que l’éléphant. Et l’éléphant plus gros que la baleine. Et la baleine… Jusqu'où ira-t-on?


Pourquoi ne pas, pour une fois, laisser les ambitions, les envies de grandeur et l’égoïsme au placard ?


Profitons de cette débâcle pour faire du nettoyage.


1) Virons, en même temps, REYNDERS, le management Fortis et les actifs toxiques.

2) Faisons de Fortis une BANQUE PUBLIQUE POPULAIRE.

3) Supprimons toutes les filiales douteuses et concentrons nous sur l'essentiel: le citoyen et l'économie locale.


Qu'y a-t-il de si compliqué à revenir à une CGER proche du citoyen? Puisque c'est bien le contribuable qui rattrape la sauce, pourquoi n'aurait-il pas son mot à dire lui aussi? Une assemblée des actionnaires, des patrons perfides et un gouvernement avide de pouvoir et d’ambitions, c’est bien beau tout ça, mais le citoyen qui paye ses impôts, comme dit si bien REYNDERS, lui n’est pas invité ?


La société civile, du petit ouvrier, à l’employé en passant par le petit commerçant n'ont que faire des spéculations mondiales. Ils n'ont que faire du brouhaha financier mondial. Tout ce que veulent les petites gens que nous sommes c'est assez d'argent pour nourrir, chauffer et abriter nos familles. Assez d’argent pour nous déplacer, nous soigner, scolariser nos enfants et partir en vacances de temps en temps. Ni plus, ni moins. Est-ce tant demander?


Des actifs toxiques? Tant pis pour tous ceux qui y ont cru. Tant pis pour les avares. Pour les naïfs, il faudrait tout de même traduire en justice les responsables. Il est temps de prendre un balai et de faire le ménage.


Créons une banque populaire proche du citoyen un peu à l'image de la Kiwi banque en Nouvelle Zélande dont Marco VAN HEES parle dans un article titré
Créons une banque publique, sur le modèle de la kiwibank


Nous pourrions aussi nous inspirer du modèle Triodos ou Credal qui ne financent que des projets éthiques, solidaires et/ou écologiques et qui ne font pas appel au marché interbancaire. Rien ne nous empêche de mettre notre épargne en commun pour financer des projets locaux auxquels nous croyons et que nous souhaiterions voire se développer. Ce genre d'initiative existe déjà à Ottignies sous le nom des ECUS BALADEURS.


Pour la Belgique, signalons deux sites:
www.rfa.be (Réseau financement alternatif) et www.financite.be qui compilent une information abondante et pratique sur les placements éthique et solidaires.


Nous pourrions aussi nous inspirer des banques coopératives comme
la NEF et le crédit coopératif en France. Alternative Bank Schweiz en Suisse. Banca Etica en Italie. Fiare en Espagne.


Bien sûr, les banques populaires, caisse d'épargnes et crédit mutualistes existent depuis longtemps. Rien de nouveau sous le soleil. Ces banques restent des banques qui fonctionnent dans et avec le système. Des banques avec obligation de résultats, de rentabilité et taux d'intérêts. Ce n'est donc jamais que du capitalisme aménagé qui ne change rien à l’idée de base. C'est néanmoins un premier pas dans la bonne direction: favoriser l'éthique, le solidaire, l'environnement et le local avant tout.


Il faudrait cependant aller beaucoup plus loin en revoyant tous les fondements de notre économie et de notre système bancaire et monétaire. Ce sera l'objet du prochain article.

 

Notes

(1) « Les banques privées ont démontré l’utilité d’une banque publique »

 

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 10:57

« C’est tout ce que l'Etat peut faire. Il ne faut pas oublier que l'Etat ce sont des gens qui travaillent et qui payent leur impôts (les contribuables). C'est un transfert de richesses des contribuables vers les actionnaires ». Tels sont les propos actuels du ministre belge des finances Didier REYNDERS concernant l'implication financière de l'Etat belge dans Fortis Banque.

 

Venant de l’homme aux multiples cadeaux fiscaux aux actionnaires, c’est assez surprenant. Qu’à cela ne tienne, avec son sang froid habituel, l’homme passe et la société trépasse.

 

Plus d’informations sur le site de Marco VAN HEES : http://frerealbert.be


Licencié en science politiques (ULB), Marco VAN HEES est à la fois journaliste et fonctionnaire au ministère des Finances (il sait de quoi il parle). Il est l’auteur de « C’est pas nous, c’est eux. Les fondements idéologiques de l’anti-tiers-mondisme »(1990) et « La fortune des Boël. Un énorme patrimoine, une immense dette sociale »(2006) et « Didier Reynders, l'homme qui parle à l'oreille des riches » (2008)
 

 

Voir aussi section Belgique sur ce blog :

- Capitalisme vs Marché

- Belgique, pays de grosses légumes

- Accords PPP en Belgique

Et aussi

- FORTIS (1/2) un "modèle" de la Bancassurance Européenne

- FORTIS (2/2): des vérités qui dérangent...

 

Fortis, voici pourquoi REYNDERS doit démissionner.

(…) D’autant que REYNDERS a placé ses anciens chefs de cabinet aux postes clés du contrôle des banques. Jean-Paul SERVAIS comme président de la CBFA, un organisme qui a des pouvoirs d’investigation et de sanctions (amendes administratives et astreintes). Peter PRAET comme directeur à la Banque nationale (responsable de la stabilité financière) et directeur à la même CBFA (responsable de la politique prudentielle). Sans parler de Bruno COLMANT, président de la Bourse de Bruxelles et, à ce titre, chargé d’empêcher les manipulations comme celles de Fortis vis-à-vis de ses actionnaires.

(…) Dès le premier week-end, REYNDERS veut céder Fortis à ING ou BNP-Paribas (étrangement, elles seules et la Société Générale sont en lice). Pourquoi? Ici encore, pour des raisons idéologiques et relationnelles.

Idéologiques? Le ministre proclame le dogme que l’Etat n’a vocation à diriger une banque - même si le libéral Frère ORBAN a créé une CGER qui a vécu 130 ans. (Voir article « Les banques privées ont démontré l’utilité d’une banque publique »)

Relationnelles? ING, c’est le groupe dirigé par son ami Michel TILMANT. Reynders a d’ailleurs naguère présidé la banque SEFB (Record bank) absorbée par ING. Quant à Baudouin PROT, directeur-général de BNP-Paribas, c’est un proche d’un capitaliste qu’il vénère: Albert FRERE. Vous savez, celui qui l’avait invité à sa villa de Marrakech lorsque le ministre et son épouse étaient en voyage au Maroc. Frère est un allié historique de Paribas, groupe qu’il a aidé à échapper aux nationalisations françaises des années 80 et qui détient toujours 43% du holding Erbe, dont le Carolo possède 53%.


Les holdings d’Albert Frère payent moins d’impôts que sa concierge.

Il suffit d’examiner les comptes. Nous ne connaissons pas personnellement la concierge d’Albert Frère, mais imaginons qu’elle touche entre 1 200 et 1 500 euros net par mois. Sur une année, elle paye entre 3 000 et 7 000 euros d’impôts.

La CNP est un peu plus riche. Elle est l’un des deux principaux holdings contrôlés par Frère, une société dont le job est de détenir des actions d’autres sociétés. Les comptes 2005 affichent un bénéfice de 1,48 milliard d’euros. Et un impôt de... 2 880,87 euros. Vous n’êtes pas sûr d’avoir bien lu ? Ah, ce sont les euros qui vous perturbent ? Traduisons : 116 214 francs d’impôts pour un bénéfice de 60 milliards de francs. Un taux de taxation vertigineux : 0,0002%.

 

Vous êtes malades? Pas de problème, cliquez ci-dessous pour une petite prescription fiscale...

· Faut-il une nouvelle réforme fiscale ? (Impôt des personnes)
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Fraude fiscale: l'incroyable affaire QFIE (Fraude fiscale)
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L’Europe des 25... paradis fiscaux (Fraude fiscale)
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Le montage fiscal de Fortis (Impôt des sociétés)
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Taxer les grosses fortunes: réponses à des objections courantes (Impôt sur la fortune)
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La Belgique: ses frites, sa bière, ses refuges pour grosses fortunes (Impôt sur la fortune)
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Intérêts notionnels : circulaire, y’a rien à voir (Impôt des sociétés)
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Coût officiel des intérêts notionnels : 2,3 milliards € (Impôt des sociétés)
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FAQ sur les intérêts notionnels (Impôt des sociétés)
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Wanted : ils n'ont pas rentré leur déclaration à l'impôt sur la fortune (Impôt sur la fortune)
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Combien rapporterait un impôt sur la fortune ? (Impôt sur la fortune)
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180% de taxes sur la bouteille d'eau (Impôt des personnes)
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Payez-vous plus d'impôts que votre patron ? (Impôt des personnes)
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Centres de coordination : une fraude légale de 2 milliards € (Impôt des sociétés)
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Bénéfices et impôts des centres de coordination (Impôt des sociétés)
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Non, les intérêts notionnels ne favorisent pas les investissements (Impôt des sociétés)
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Didier Reynders - L'homme qui parle à l'oreille des riches (Livres)

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 16:32
 Un texte de Daniel Quinn, auteur de “Ishmaël” et de “Professeur cherchant élève désirant sauver le monde”

 

Les gens me demandent souvent si j’ai quelque espoir pour notre survie. Ce qu’ils veulent vraiment savoir, bien sûr, c’est si je peux leur donner, à eux, quelques raisons d’espérer.


J’ai de l’espoir, parce que je suis certain que quelque chose d’extraordinaire va se produire à votre époque – dans la vie de ceux d’entre vous qui ont une trentaine ou une quarantaine d’années de moins que moi. Je parle de quelque chose de beaucoup plus extraordinaire que ce qui s’est produit dans MON époque, qui inclut la naissance de la télévision, l’éclatement de l’atome, le voyage dans l’espace et la communication globale, instantanée via internet. Je parle de quelque chose de VRAIMENT extraordinaire.

Au cours de votre époque, les individus de notre culture vont imaginer comment vivre de façon soutenable sur cette planète – ou ils ne le feront pas. De toutes les façons, ce sera certainement extraordinaire. S'ils imaginent comment vivre d’une façon soutenable ici, alors l’humanité pourra voir quelque chose qu’elle ne peut pas voir actuellement : un futur qui se déploie en un futur non limité. Si ils ne l’imaginent pas, alors j’ai peur que l’espèce humaine prenne sa place parmi les espèces en voie de disparition, celles que nous poussons à l’extinction, ici, chaque jour – il y en a 200 – chaque jour.

Vous n’avez pas besoin d’être polytechnicien pour comprendre la situation. Les professionnels qui prévoient la croissance démographique sont d’accord pour dire que la population humaine va croître jusqu’à dix milliards à la fin de ce siècle. Ce ne sont pas les pessimistes qui l’affirment. C’est une estimation très prudente, récemment reprise par les Nations Unies. Malheureusement, la plupart des gens qui font ces prévisions ont l’air de penser que c’est supportable et sans problème.

Voici pourquoi ça ne l’est pas.

C’est évident que cela coûte beaucoup d’argent et d’énergie de produire toute la nourriture dont nous avons besoin pour maintenir notre population à six milliards. Mais il y a un coût additionnel, caché, qui doit être compté en “ formes de vie ”. De façon globale, pour maintenir la biomasse que nous représentons à six milliards d’individus, nous devons dévorer 200 espèces par jour – en plus de toute la nourriture que nous produisons d’une façon ordinaire. Nous avons besoin de ces 200 espèces pour maintenir cette biomasse, la biomasse qui est en nous. Et quand nous avons avalé ces 200 espèces, elles sont parties. Éteintes. Disparues à jamais.

En d’autres termes, maintenir une population à six milliards d’individus coûte au monde 200 espèces par jour. Si c’était quelque chose qui pourrait s’arrêter la semaine prochaine ou le mois prochain, ça pourrait aller. Mais malheureusement ce n’est pas le cas. C’est quelque chose qui va se produire chaque jour, jour après jour après jour – et c’est ce qui le rend non soutenable, par définition. Cette forme de destruction cataclysmique ne peut pas être soutenable.

L’extraordinaire qui va se produire dans les deux ou trois prochaines décennies ce n’est pas que la race humaine va s’éteindre. L’extraordinaire qui va se produire dans les deux ou trois prochaines décennies c’est qu’une grande seconde renaissance va se produire. Une grande et stupéfiante renaissance.

Rien moins que ce qui va nous sauver.

La première Renaissance, celle dont on vous parle dans les livres d’histoire, a été comprise comme la renaissance de la conscience et de la sensibilité classique. Cela pouvait difficilement être compris à l’époque comme ce que cela fut en réalité : le début d’une ère historique entièrement nouvelle.

Des idées médiévales fondamentales ont été abandonnées à la Renaissance, mais elles n’ont pas été remplacées par des idées qui auraient eu du sens auprès des penseurs traditionnels. Au contraire, elles ont été remplacées par des idées entièrement nouvelles – des idées qui n’auraient eu AUCUN sens pour les penseurs du Moyen-Age. C’étaient des idées qui avaient un sens pour nous. En fait, ces idées ont toujours du sens pour nous.

La Renaissance (et en fait aussi le monde moderne) s’est produite parce que durant les 14e, 15e et 16e siècles, les idées complexes et interdépendantes du Moyen-Age ont rencontré un défi. La pièce majeure de la complexité de la situation avait trait aux moyens pour accroître les connaissances. Pendant le Moyen-Age, on croyait que la raison et l’autorité étaient les moyens principaux d’acquisition de connaissances. Par exemple, cela paraissait tout à fait raisonnable de supposer que la Terre était un objet stationnaire autour duquel le reste de l’univers tournait.

C’était raisonnable – et cela avait été affirmé par une autorité reconnue, le grand astronome du 2e siècle, Ptolémée. De même, il semblait tout à fait raisonnable de supposer que les objets lourds tombaient sur la terre plus vite que les objets légers – et cela avait été affirmé par une autre autorité reconnue, le génial mathématicien Aristote.

Mais pendant la Renaissance, la raison et l’autorité ont été renversées en tant que voies du savoir et remplacées par… l’observation et l’expérimentation. Sans ce changement, la science que nous connaissons aujourd’hui n’aurait jamais vu le jour et la révolution industrielle n’aurait pas eu lieu.

Au Moyen-Age, on était certain que notre relation avec Dieu était une affaire collective et que seule l’Eglise Catholique Romaine avait le pouvoir de la négocier. Pendant la Renaissance, cette façon de voir a été concurrencée par une toute nouvelle vision des choses, dans laquelle notre relation avec Dieu était une histoire individuelle que chacun de nous pouvait négocier avec Dieu, indépendamment. Dans cette nouvelle façon de voir sont nées le culte et la sanctification de l’individu que nous considérons comme normales de nos jours. Nous nous considérons tous comme valables individuellement et potentiellement fantastiquement puissants – d’une façon qui aurait estomaqué les gens du Moyen-Age.

Pendant le Moyen-Age, on croyait que l’univers avait été créé comme un objet fini, seulement quelques milliers d’années plus tôt. Il était fixe, fini et aussi bien connu qu’il était nécessaire. A la Renaissance, au contraire, on a commencé à percevoir l’univers d’une tout autre façon : dynamique, infini, et largement inconnu. C’est ce changement dans les pensées qui a amené non seulement la grande période des explorations mais aussi la grande ère des investigations scientifiques qui a suivi et qui se poursuit aujourd’hui.

Tout cela paraît évident de nos jours. Objectivement, le Moyen-Age ne pouvait pas durer éternellement. Evidemment, les choses devaient changer. Mais cela n’était pas du tout évident pour les gens du Moyen-Age. Pour eux, les façons médiévales de penser et de vivre dureraient toujours.

Nous pensons exactement la même chose.

Comme les gens du Moyen-Age, nous sommes absolument certains que les gens vont continuer à penser de la façon dont ils pensent pour toujours, et que les gens vont toujours continuer à vivre de la même façon.

Au Moyen-Age les gens pensaient de cette façon parce que cela leur paraissait impossible que l’on puisse penser d’une autre façon. De quelle autre façon les gens peuvent-ils penser à part de la façon dont ils pensent ? Pour eux, l’histoire de la pensée est arrivée à son terme avec eux. Bien sûr, cela nous fait sourire – mais, en fait, nous pensons exactement la même chose. Nous aussi nous croyons que l’histoire de la pensée s’est achevée avec nous.

Et bien, nous ferions mieux d’espérer que nous nous trompons sur ce point, parce que si l’histoire de la pensée s’est achevée avec nous, nous sommes condamnés.

S’il reste des gens dans 200 ans, ils ne vivront pas de la façon qui est la nôtre aujourd’hui. Je peux le prédire avec confiance parce que si les gens continuent à vivre de notre façon, il n’y aura plus aucun humain ici dans 200 ans.

Mais que pouvons nous réellement changer à notre façon de penser ? Cela nous paraît évident que tout ce que nous pensons est exactement ce que nous devons penser.

Les gens du Moyen-Age pensaient exactement la même chose.

Même si plusieurs idées fondamentales du Moyen-Age ont disparu pendant la Renaissance, toutes les idées fondamentales n’ont pas disparu. L’une de celles qui sont restées – et elle reste encore aujourd’hui – est l’idée que les humains sont fondamentalement et irrévocablement défectueux. Nous regardons le monde autour de nous et nous trouvons que les tortues ne sont pas défectueuses, que les coqs ne sont pas défectueux, que les jonquilles ne sont pas défectueuses, que les moustiques ne sont pas défectueux, que les saumons ne sont pas défectueux – en fait, aucune des innombrables espèces dans le monde n’est défectueuse, à part nous. Cela n’a pas de sens, mais cette idée a brillamment passé les tests médiévaux de connaissance. Elle est raisonnable – et elle est certainement affirmée par l’autorité. C’est raisonnable parce que cela nous fournit une excuse dont nous avons terriblement besoin. Nous sommes en train de détruire le monde – de le dévorer vivant – mais ce n’est pas de notre faute. C’est la faute à la nature humaine. Nous sommes simplement mal faits, alors à quoi d’autre pouvons-nous nous attendre ?

Une autre idée fondamentale qui a survécu au Moyen-Age est celle selon laquelle nous vivons de la façon dont nous sommes censés vivre. Et bien, mon Dieu, c’est tellement évident que nous n’avons même pas besoin de le dire. Nous vivons de la façon dont les humains sont censés vivre depuis le commencement des temps. Le fait que nous ayons commencé à vivre de cette façon seulement très récemment n’a rien à voir. En fait, cela nous a pris trois millions d’années pour y parvenir. Cela ne change rien au fait qu’il s’agit de la façon dont nous sommes censés vivre depuis le commencement des temps. Et le fait que cette manière de vivre rend le monde inhabitable pour notre propre espèce, cela non plus n’a rien à voir. Même si nous détruisons le monde et nous-mêmes avec, notre façon de vivre est toujours celle que nous sommes censés vivre depuis le commencement des temps.

En fait, ces deux survivances médiévales sont relativement bénignes. Stupides mais inoffensives. Une autre idée survivante est par contre absolument ni bénigne ni inoffensive. Loin d’être bénigne ou inoffensive, c’est l’idée la plus dangereuse de l’existence. Et non seulement c’est l’idée la plus dangereuse de l’existence, c’est aussi la chose la plus dangereuse de l’existence – plus dangereuse que tous nos armements nucléaires, plus dangereuse que la guerre biologique, plus dangereuse que tous les polluants que nous envoyons dans l’air, dans l’eau et sur la terre.

Apparemment, elle a l’air plutôt inoffensive. Vous pouvez l’entendre et dire : “ Ah bon, c’est tout ? ” Elle est plutôt simple aussi. La voici : “ Les humains appartiennent à un ordre de l’existant qui est séparé du reste du monde vivant ”. Il y a nous et puis il y a la nature. Il y a les humains et puis il y a l’environnement des humains.

Je suis sûr que c’est difficile de croire que quelque chose qui semble si innocent à entendre puisse être quelque peu dangereux et encore plus difficile de croire que cela puisse être aussi dangereux que je l’ai affirmé.

Comme je l’ai dit, il est aujourd’hui prouvé que de très nombreuses espèces disparaissent -200 chaque jour - du fait de notre impact sur le monde. Les gens accueillent cette effroyable information très calmement. Ils ne hurlent pas. Ils ne tombent pas en syncope. Ils ne voient pas de quoi s’exciter là-dessus parce qu’ils croient fermement que les humains appartiennent à un ordre de l’existant qui est séparé du reste du monde vivant. Ils y croient aussi fermement au XXIe siècle qu’ils y croyaient au Xe siècle.

Et bien, 200 espèces disparaissent chaque jour. Ce n’est pas un problème, parce que ces espèces sont quelque part, ailleurs. Ces 200 espèces ne sont pas ici. Elles ne sont pas nous. Elles n’ont rien à voir avec nous, parce que les humains appartiennent à un ordre de l’existant qui est séparé du reste du monde vivant.

Ces 200 espèces sont quelque part dans l’environnement. Bien sûr, c’est dommage pour l’environnement si elles disparaissent, mais cela n’a rien à voir avec nous. L’environnement est ailleurs, souffrant, pendant que nous, nous sommes ici, sains et saufs. Bien sûr, nous devrions essayer de prendre soin de l’environnement, et c’est désolant, ces 200 extinctions – mais cela n’a rien à voir avec nous.

Mesdames et Messieurs, si les gens continuent à penser de cette façon, l’humanité va s’éteindre. Voilà à quel point cette idée est dangereuse. Voilà pourquoi.

Ces 200 espèces… pourquoi au fond disparaissent-elles ? Est-ce seulement parce qu’elles se retrouvent sans air ou sans eau ou sans espace ou sans je ne sais quoi ? Non, ces 200 espèces disparaissent parce qu’elles possèdent quelque chose dont nous avons besoin. Nous avons besoin de leur biomasse. Nous avons besoin de la matière vivante dont elles sont faites. Nous avons besoin de leur biomasse afin de maintenir notre biomasse. Voilà comment ça fonctionne. Allez au Brésil, procurez-vous un grosse part de forêt humide et coupez ou brûlez tout ce qui s’y trouve. Maintenant amenez un troupeau de vaches pour paître à cet endroit. Ou plantez des patates ou des ananas ou des haricots rouges. Toute la biomasse qui existait précédemment sous la forme d’oiseaux, d’insectes et de mammifères qui vivaient dans cette partie de forêt humide est maintenant transformée en vaches, patates, ananas ou haricots rouges – c’est-à-dire en nourriture pour nous.

Nous avons besoin de faire disparaître ces 200 espèces chaque jour pour maintenir la biomasse de six milliards d’individus. Ce n’est pas un accident. Ce n’est pas un peu de négligence de notre part. De façon à maintenir notre population de six milliards (et surtout le niveau de vie de 15 % d’entre eux, NDLT), nous avons besoin de la biomasse de 200 espèces chaque jour. Nous sommes littéralement en train de transformer ces 200 espèces en chair humaine.

Mais beaucoup trop de gens - la plupart je crains – ont tendance à penser “ Et bien, quoi ? Les humains appartiennent à un ordre de l’existant qui est séparé du reste du monde vivant. A partir du moment où nous sommes séparés, nous nous en fichons de savoir combien d’espèces nous détruisons – et puisque de toutes façons, nous leur sommes supérieurs, en fait, nous faisons évoluer le monde en les éliminant ! ”

Nous sommes comme des gens qui habitent en haut d’un grand immeuble de briques. Tous les jours, nous avons besoin de 200 briques pour maintenir nos murs, alors nous descendons l’escalier nous retirons 200 briques des murs d’en dessous et nous les montons en haut pour notre propre usage. Tous les jours… Tous les jours nous descendons et prenons 200 briques des murs qui tiennent l’immeuble dans lequel nous vivons. Soixante-dix mille briques chaque année, année après année après année.

J’espère que c’est évident que ce n’est pas là une attitude soutenable pour maintenir un immeuble de briques. Un jour, tôt ou tard, il va s’effondrer, et alors l’appartement du haut dégringolera avec tout le reste.

Faire disparaître 200 espèces chaque jour est de même une façon non soutenable de maintenir la communauté du vivant. Même si nous sommes dans un certain sens en haut de cette communauté, un jour, tôt ou tard, elle va s’écrouler et quand cela arrivera, le fait d’être en haut ne nous aidera pas. Nous dégringolerons avec tout le reste.

Ce serait différent, bien sûr, si ces 200 extinctions par jour n’étaient que quelque chose de temporaire. Ce n’est pas le cas. Et la raison pour laquelle ça ne l’est pas est que, aussi malins que nous soyons, nous ne pouvons pas augmenter la quantité de biomasse existant sur cette planète. Nous ne pouvons pas augmenter la quantité de terre et d’eau qui supportent la vie, et nous ne pouvons pas augmenter la quantité de lumière du soleil qui tombe sur cette terre et cette eau. Nous pouvons diminuer la quantité de biomasse existant sur la planète (par exemple en rendant la terre stérile ou en empoisonnant l’eau), mais nous ne pouvons pas l’accroître.

Tout ce que nous pouvons faire c’est de transférer cette biomasse d’un groupe d’espèces à un autre – et c’est ce que nous faisons. Nous transférons systématiquement la biomasse des espèces qui nous importent peu à celle des espèces qui nous importent : vaches, poulets, maïs, haricots, tomates, etc. Nous sommes en train de détruire systématiquement la biodiversité du monde vivant pour nous entretenir, autrement dit, nous sommes en train de détruire systématiquement l’infrastructure qui nous maintient en vie.

Les prévisions les plus sérieuses annoncent que notre population va atteindre 10 milliards d’individus avant la fin de ce siècle – et les gens accueillent cette information à vous faire dresser les cheveux sur la tête, très calmement. Personne ne hurle. Personne ne s’évanouit. Les gens sont aussi peu troublés par cette population qui s’accroît comme des champignons que par ces 200 extinctions d’espèces quotidiennes. Il n’y a pas de quoi s’énerver parce qu’ils croient fermement que les humains appartiennent à un ordre de l’existant qui est séparé du reste du monde vivant. Ils ne voient pas que la vitesse des extinctions va s’accroître en lien avec l’accroissement de notre population – et probablement de façon exponentielle. Cela parce que lorsque nous faisons disparaître une espèce, nous ne gagnons pas 100 % de sa biomasse. Une grande partie de cette biomasse est simplement perdue, contribuant à la désertification de la planète. Au milieu du siècle, si notre population a effectivement atteint 10 milliards, alors le nombre d’extinctions sera de mille ou dix mille par jour (le nombre est pour l’instant incalculable).

S’il reste des humains sur terre dans 200 ans, ils sauront que l’humanité n’appartient pas à un ordre de l’existant séparé du reste du monde vivant. Ils le sauront d’une façon aussi certaine que nous savons que la Terre tourne autour du soleil. Je peux le prédire avec confiance, parce que si les gens continuaient à penser que nous appartenons à un ordre de l’existant séparé, alors il n’y aurait plus d’humains sur terre dans 200 ans.

Ce que beaucoup souhaitent que je fasse (et ce que moi-même j’aimerais pouvoir faire) c’est de décrire comment les gens vivront sur terre dans 200 ans – s’il y en a toujours. Tout ce que je peux vous dire c’est comment ils ne vivront pas : ils ne vivrons pas comme nous vivons. Pourquoi ne puis-je vous dire de quelle façon ils vivront ? la réponse : parce que personne ne peut vous le dire.

Vous pouvez le comprendre en replaçant cette question au Moyen-Age. Vous pouviez très bien avoir été capable de convaincre Roger Bacon que les gens vivraient différemment 300 ans plus tard mais qui aurait pu prédire l’âge des découvertes, la rébellion contre l’oppression féodale, la révolution industrielle, l’émergence du pouvoir de la bourgeoisie capitaliste, etc. ? S’attendre à de telles choses aurait été absurde.

On pourrait dire que si le Moyen-Age avait été capable de prédire la Renaissance, alors il aurait été la Renaissance.

L’évolution de la société est chaotique, de façon inhérente – ce qui est une autre façon de dire qu’elle est non prédictible, de façon inhérente. Cela est vrai, même dans des périodes relativement stables. Considérez le fait que tous les bureaux d’études du monde ont été surpris par l’effondrement de l’Union Soviétique qui, les jours précédents, était aussi stable que la Grande Bretagne ou les Etats-Unis.

Et si l’évolution de la société est chaotique, même dans les périodes stables, alors elle le deviendra encore plus dans les temps à venir, quand les gens vont soit commencer à voir les choses différemment, soit commencer à disparaître.

Bien sûr, je comprends pourquoi les gens veulent avoir une description de la vie soutenable du futur. Ils pensent que cela leur permettrait d’adopter ce mode de vie soutenable, maintenant, aujourd’hui. Mais les changements de société ne se font pas de cette façon, les changements technologiques non plus. Cela aurait été inutile de montrer à Charles Babbage un circuit imprimé ou de montrer à Thomas Edison un transistor. Ils n’auraient rien pu faire de ces choses à leur époque – et ils ne pourraient rien faire aujourd’hui de la description d’une vie dans cent ans. Le futur n’est pas quelque chose qui peut se planifier cent ans à l’avance – ou même dix ans à l’avance. Le Reich de mille ans d’Adolph Hitler n’a même pas duré mille semaines. Il n’y a jamais eu de plan pour le futur et il n’y en aura jamais.

Néanmoins, je peux vous dire avec une totale confiance que quelque chose d’extraordinaire va arriver dans les deux ou trois prochaines décades. Les gens de notre culture vont découvrir comment vivre de façon soutenable – ou ils ne le feront pas. Dans les deux cas de figure, cela va certainement être extraordinaire.

Le fait que je ne puisse pas vous donner plus d’indications pour le futur ne signifie pas que vous soyez semblables à de petits morceaux de liège perdus, livrés à la marée de l’histoire. Chacun de vous est à peu près dans la situation dans laquelle se trouvait Galilée quand on lui a intimé l’ordre de la fermer à propos de la terre qui tourne autour du soleil. Pour les messieurs de l’inquisition catholique romaine, le mouvement de la terre autour du soleil était un mensonge inique qu’ils devaient supprimer – et pouvaient supprimer. Mais quand il a quitté son procès, on a entendu Galilée murmurer “ de toutes façons, elle tourne ! ”

Etonnamment, il est resté peu de doutes sur le sujet. Le futur de l’humanité ne dépendait pas du fait de détruire l’image médiévale du système solaire. Mais le futur de l’humanité aujourd’hui dépend de la destruction de l’image mentale médiévale de la relation de l’humanité avec le monde vivant sur cette planète.

Galilée ne savait pas que des gens connaîtraient un jour les voyages dans l’espace, mais il savait qu’ils reconnaîtraient un jour que la terre tourne autour du soleil. Nous ne savons pas comment les gens vivront sur terre dans 200 ans, mais nous savons que si des humains sont encore vivants sur terre dans 200 ans, ils reconnaîtront que nous faisons partie de la communauté des vivants – et que nous en sommes parfaitement dépendants – tout comme les lézards, les papillons, les requins, les lombrics, les blaireaux et les bananiers.

Les gens ne veulent pas plus de la même chose. Pourtant, assez curieusement, quand ils me demandent ce qui sauvera le monde, ils veulent entendre plus de la même chose – quelque chose de familier, quelque chose de reconnaissable. Ils veulent entendre parler d’insurrection ou d’anarchie ou de lois plus sévères. Mais rien de tout cela ne nous sauvera – je le regrette. Ce que nous devons avoir (et rien de moins) c’est un monde entier plein de gens avec des mentalités changées. Des scientifiques avec des mentalités changées, des industriels avec des mentalités changées, des instituteurs avec des mentalités changées, des politiciens avec des mentalités changées – même si ils seront les derniers bien sûr. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas les attendre ni attendre d’eux qu’ils nous guident vers une nouvelle ère. Leurs mentalités ne changeront pas avant que celles de leurs concitoyens ne changent. Gorbatchev n’a pas créé le changement des mentalités ; les mentalités changées ont créé Gorbatchev.

Changer les mentalités des gens est quelque chose que nous pouvons tous accomplir, où que nous soyons, qui que nous soyons, quel que soit le type de travail que nous faisons. Changer les mentalités peut ne pas avoir l’air d’un défi très dramatique ou très excitant, mais c’est de ce défi que dépend le futur de l’humanité.

C’est de ce défi que dépend votre futur.


Texte tiré du site TERRE SACREE

Source initiale: "Le temps du monde fini commence" (Paul Valéry)

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 12:16

Suite a une critique d'une certaine mobilisation Communiste en France et de la politique Cubaine, je me prête ici à une contre critique qui, je l'espère, nous aidera à nous faire un point de vue plus objectif du Communisme et de Cuba.

 

1) Le Communisme

Le communisme, à la base, tout comme le capitalisme, à la base, ne sont pas mauvais. Ce sont les excès que nous en avons fait qui en font de mauvais systèmes. Le communisme s'est écroulé en laissant beaucoup de misère. Le capitalisme s'écroulera en laissant bien plus de misère et d'inégalités. Lire à ce sujet: Combler le retard d'effondrement par Dmitry Orlov.

 

Le capitalisme titille notre fibre égoïste alors que le communisme joue sur notre fibre altruiste. L'un et l'autre sont complémentaires. Reste à mettre cela en musique avec pour seuls freins les acquis d'une élite surpuissante et pour seul moteur notre bon sens, notre mobilisation et le déploiement de crises sans précédent. Crises prévisibles mais trop longtemps occultées et ignorées à cause d'un égoïsme exacerbé catalyseur de mensonge, d'aveuglement et de désinformation ou sous information.

 

Que ce mix complémentaire d'altruisme et d'égoïsme s'appelle socialisme ou non a bien peu d'importance. Ce qui est sûr, ça n'est certainement pas le socialisme de Mao, Poutine ou Sarkosy. Le socialisme, c'est comme le développement durable, tout le monde l'arrange à sa sauce. Ce qui est également sûr c'est que l'idée communiste de mise en commun de la Terre, du logement, des outils de production et de l'argent (banques = public et non privé), relèvent du bon sens et devraient assurément en faire partie.

 

Pour les idées du communisme, le vrai, et pas le capitalisme d'État qui se faisait appeler communisme, lire par exemple Le Communisme n’a pas encore commencé

 

Pour répondre à l'aveuglement capitaliste, toutes les énergies sont bonnes à prendre, des communistes en passant par les mouvements de résistance paysans aux peuples autochtones. Et le communisme de la première à la troisième internationale a encore de beaux restes un peu partout dans le monde. Avec les agriculteurs et les mouvements étudiants, ils sont peut-être les seuls mouvements capables de mobilisation forte envers le capitalisme mondialisé et son endoctrinement.

 

2) Cuba

- A Cuba, le taux d’alphabétisation est proche de 100%. Le système politique cubain permet à tout le monde d'aller à l'école gratuitement, du primaire jusqu'à l'université ! Peu de pays dans le monde offrent de tels avantages !

- A Cuba, le taux de chômage est inférieur à 2% et la lutte contre le chômage reste une grande priorité pour le pays contrairement à chez nous, voir par exemple le fameux NAIRU.

- Cuba possède également une excellente infrastructure de transports en communs qui permet de se déplacer partout à très bas prix.

- A Cuba, plus de 90% de la population a accès à une eau potable de qualité.

- Cuba possède des hôpitaux et des médecins d'une renommée internationale. Le système de santé Cubain est totalement gratuit. Il est d'ailleurs considéré comme l'un des meilleurs au monde !

- A Cuba, le taux de mortalité infantile est proche de zéro.


Cfr.
http://www.in-terre-actif.com/fiches_pays/cuba.htm#

 

Cuba est aussi le SEUL pays au monde à se retrouver non pas dans le "carré magique" de Gartner mais dans le carré du développement durable définissant un indice de développement humain (IDH) élevé (supérieur à 0,8) pour une empreinte écologique inférieure au seuil critique de 1,8 ha/personne. Cfr. Dia 8 d'un diaporama explicatif sur l'empreinte écologique issu d'Attac Chablais.



 

CUBA n'est-il pas un exemple par excellence de DEVELOPPEMENT DURABLE???

 

Pour se faire une meilleure idée de Cuba, pourquoi ne pas commencer par lire un des livres mentionné sur cette page de Cuba Linda? Avec par exemple le nouveau livre de Salim Lamrani: Double Morale. Cuba l’Union européenne et les droits de l’homme.

Pourquoi ne pas lire ce court article de Salim Lamrani: Abandon ou progrès du socialisme ? Changements à Cuba?

 

Pour terminer, quelques mots de Fidel Castro:

 

« Une importante espèce biologique court le risque de disparaître à cause de la liquidation rapide et progressive de ses conditions naturelles de vie : l’homme [...].Il est nécessaire de signaler que les sociétés de consommation sont les responsables fondamentales de la destruction atroce de l’environnement [...]. Avec seulement 20% de la population mondiale, elles consomment les deux tiers des métaux, les trois-quarts de l’énergie que l’on produit dans le monde. Elles ont pollué les mers et les fleuves, elles ont pollué l’air, elles ont affaibli et perforé la couche d’ozone, elles ont saturé l’atmosphère de gaz qui altèrent les conditions climatiques avec des effets catastrophiques dont nous commençons à souffrir. Les forêts disparaissent, les déserts s’étendent, des milliards de tonnes de terre fertile finissent chaque année dans la mer. De nombreuses espèces disparaissent [...]. Si l’on veut sauver l’humanité de cette autodestruction, il faut mieux distribuer les richesses et les technologies de la planète. Moins de luxe et moins de gaspillage dans quelques pays pour qu’il y ait moins de pauvreté et moins de faim sur une grande partie de la Terre [...]. Appliquons un ordre économique international juste [...] Payons la dette écologique et non la dette externe [...]. Demain il sera trop tard pour faire ce que nous aurions dû faire il y a longtemps ».

 

Fidel Castro Ruz, « Discurso pronunciado por el Comandante en Jefe en la Conferencia de Naciones Unidas sobre Medio Ambiente y Desarrollo, en Río de Janeiro, Brasil, el 12 de junio de 1992 », Granma, 3 février 2007.

 

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 00:13

Comme d’habitude, Jean Ziegler ne déçoit pas. « La haine de l’occident », un livre qui fait certainement réfléchir. Et si cette haine était plus menaçante et affligeante que le réchauffement climatique, la crise économique ou la crise alimentaire ? En réalité, tout se tient, tout est lié, l’un ne va pas sans l’autre. Le pillage et la surconsommation aveugle de l’occident hier font sa haine et son autodestruction aujourd’hui. Mais plus loin que ce simple constat, il est question avant tout de prétention, d’arrogance et d’hypocrisie si typiques à des humains non accompli prêt à tout pour aboutir à leur fins plus aliénantes que libératrices. Moins détaillé que « les nouveaux maîtres du monde » mais plus direct et patent, ce dernier livre, parfaitement structuré, place sur le devant de la scène un constat aussi fatal qu’occulté. Une analyse aussi tranchante que réelle.

 

Ci-dessous un extrait du préambule que j’ai trouvé particulièrement explicite.

 

La haine de l’Occident, cette passion irréductible, habite aujourd’hui une grande majorité des peuples du Sud. Elle agit comme une force mobilisatrice puissante.


[…]

Sur le plan international, depuis 2007, le Conseil des droits de l’homme joue un rôle crucial. Après  l’Assemblée générale et le conseil de sécurité, il est la troisième instance la plus importante de l’ONU. Contrairement à ce qui se passe au Conseil de sécurité, il n’existe pas de droit de veto au Conseil des droits de l’homme. Les grandes puissances y sont soumises à la loi de la majorité, elle-même gouvernée par une alliance entre les Etats membres de l’OCI (Organisation de la conférence islamique) et les Etats du NAM (Non-Aligned Movement, Mouvement des non-alignés). De plus en plus - et c’est notamment le cas dans l’affaire du Darfour (Et d’Israël ?) -, le conseil des droits de l’homme acquiert le statut d’un anti-Conseil de sécurité.

[…]


Cette haine n’est en aucun cas pathologique
, elle inspire au contraire un discours structuré et rationnel. Et elle paralyse les Nations Unis. Bloquant la négociation internationale, elle laisse sans solutions des conflits et de graves problèmes qui, pourtant, engagent, à l’occasion, la survie même de l’espèce.

 
L’Occident, de son côté, reste sourd, aveugle et muet face à ces manifestations identitaires, fondées sur un profond désir d’émancipation et de justice émanant des peuples du Sud. Il ne comprend rien à cette haine.


C’est que la mémoire de l’Occident est dominatrice, imperméable au doute. Celle des peuples du Sud, une mémoire blessée. Et l’Occident ignore et la profondeur et la gravité de ces blessures.

 
Ecoutons Régis Debray: «Ne comprendra rien au XXIème siècle, celui qui ne saisit qu’aujourd’hui vivent côte à côte, dans le genre humain, deux espèces dont l’une ne voit pas l’autre: les humiliants et les humiliés. [...] La difficulté vient de ce que les humiliants ne se voient pas en train d’humilier. Ils aiment à croiser le fer, rarement le regard des humiliés(1) ».


Encore Debray: «Ils ont enlevé le casque. En dessous leur tête reste coloniale. »

 
Dans leur article, « Histoire, mémoire et mondialisation », Bertrand Legendre et Gaídz Minassian constatent, de leur côté: « Le Sud ne quémande plus de l’aide au Nord. Il exige des réparations sinon un acte de contrition [...]. Le continent [africain] tout entier crie justice [...]. Les Européens minimisent les ravages de l’esclavage. Ils préfèrent exalter son abolition [...], tel François Mitterrand fleurissant la tombe de Victor Schoelcher au Panthéon, le jour de son investiture en 1981 [...]. Les descendants d’esclaves leur demandent réparation, en disant subir, aujourd’hui encore, les conséquences de ces déportations(2).»

 
Ces revendications de justice, ces demandes de repentance se multiplient sur les trois continents.


Legendre et Minassian « Les contestations mémorielles, par leur diversité et leur ampleur, coïncident trop dans le temps pour être le fruit du hasard.»


Mon livre voudrait déterrer les racines de cette haine. Il voudrait aussi explorer les voies de son dépassement.

 
Comment comprendre la soudaine irruption, dans la société planétaire contemporaine, de la haine de l’Occident? Je vois deux explications.

 
La première réside dans la brusque résurgence de la mémoire blessée du Sud. Les souvenirs, pendant longtemps enfouis, des humiliations endurées durant les trois siècles de la traite et de l’occupation coloniale remontent àla lumière de la conscience. La mémoire blessée est une force historique puissante.


Je consacre la première partie de mon livre à son exploration.

 
La deuxième explication tient à une contradiction insupportable entre démographie et pouvoir: depuis plus de cinq cents ans, les Occidentaux dominent la planète. Or les Blancs n’ont jamais représenté plus de 23,8% de la population mondiale — à peine 13% aujourd’hui.

 
Du coup, aux yeux de la plupart des femmes et des hommes vivant dans l’hémisphère Sud, l’actuel ordre économique du monde imposé par les oligarchies du capital financier occidental est le produit des systèmes d’oppression antérieurs, notamment de la traite et de l’exploitation coloniale. Cet ordre du monde génère d’indicibles souffrances, de nouvelles humiliations pour un grand nombre d’hommes, de femmes et d’enfants du Sud. Il nourrit, lui aussi, la haine de l’Occident.

 
La deuxième partie du livre examine les fondements de cet ordre cannibale et ses effets sur la conscience.

 
Depuis des siècles, l’Occident tente de confisquer à son seul profit le mot « humanité ». Dans son magistral ouvrage L’Universalisme européen. De la colonisation au droit d’ingérence, Immanuel Wallerstein reconstitue les étapes historiques de la constitution de cette « humanité ethnocentrique(3) ».

 
L’Occident est un potentat qui s’ignore, dit-il. Son passe-temps favori consiste à donner des leçons de morale au monde entier. Sa mémoire est de pierre. Elle se confond avec ses intérêts économiques.


Son arrogance l’aveugle. Depuis longtemps, l’Occident ne se rend plus compte du rejet qu’il suscite.

C’est qu’en matière de désarmement, de droits de l’homme, de non-prolifération nucléaire, de justice sociale planétaire, il pratique en permanence le double langage.


Et le Sud répond par une méfiance viscérale. Il regarde comme un schizophrène cet Occident dont la pratique dément constamment les valeurs qu’il proclame.


La stratégie du double langage paralyse la négociation internationale. Elle rend impossible la défense collective du Sud et de l’Ouest contre les dangers mortels qui, pourtant, les menacent tous les deux.

 
Fondée sur plusieurs exemples récents, la troisième partie de cet ouvrage analyse ces dangers et les ressorts de la conduite schizophrénique de l’Occident.

 
La quatrième partie explore le destin symptomatique du Nigeria. Le pays le plus peuplé d’Afrique, et l'un des plus riches du monde, est en effet mis aujourd’hui en coupe réglée par les seigneurs occidentaux de la guerre économique mondiale.


Premier producteur de pétrole en Afrique et huitième plus important du monde, le Nigeria est gouverné depuis 1965 par des juntes militaires successives. Le pays n’a jamais joui d’une souveraineté réelle. Il est à présent la proie impuissante de Shell, BP, Total, Exxon, Texaco et autres prédateurs. Et 70 % de sa population survit dans une misère abyssale. C’est sur cette réalité-là, bien sûr, que prospère la haine de l’Occident.

 
En Bolivie, depuis janvier 2006, Evo Morales Aïma, un paysan aymara, est installé au palais Quemado. C'est le premier président indien d’un pays d’Amérique du Sud depuis la dévastation espagnole du XVème siècle.


Morales a provoqué une rupture tellurique avec l’ordre du monde, infligeant à l’Occident une défaite cruelle. C’est ainsi que la résurrection identitaire des peuples aymara, quechua, moxo, guarani mobilise des forces de combat, de résistance et de création inouïes. Nous analyserons, dans la cinquième partie, le rayonnement continental de la renaissance bolivienne. Il s’agira aussi d’en prendre une mesure exacte: la valorisation permanente de la politique et de la culture indigénistes, effet de la haine de l’Occident, est-elle compatible avec les principes universels du droit?


Prise en étau entre, d’un côté, le double langage de l’Occident, et, de l’autre, la haine des peuples du Sud, la communauté internationale ne parvient pas à s’imposer aujourd’hui. Les Nations unies sont en ruine. Et l’absence de dialogue met la planète en danger de mort.

 
La Conférence mondiale pour le désarmement est ainsi totalement paralysée depuis quarante-deux ans. La prolifération d’armes nucléaires toujours plus meurtrières progresse.

 
En septembre 2000, 192 chefs d’Etat et de gouvernement se sont réunis à New York. Ils ont fixé les «buts du Millénaire» (Millenium goals), visant à éliminer graduellement la sous-alimentation et la faim, les épidémies et la misère extrême de 2,2 milliards d'êtres humains. Mais, jusqu’à ce jour, aucun progrès dans cette voie n’a été réalisé.

Au début de ce millénaire, sur une planète qui regorge de richesses, un enfant de moins de dix ans meurt toutes les cinq secondes. De maladie ou de faim.


La guerre économique fait rage.

 
L’humiliation, l’exclusion, l’angoisse du lendemain sont le lot de centaines de millions d’êtres humains. Surtout dans l’hémisphère Sud. Pour eux, la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Charte des Nations unies ne sont que des paroles creuses.

 
Comment responsabiliser l'Occident et le contraindre à respecter ses propres valeurs? Comment désarmer la haine du Sud? Dans quelles conditions concrètes le dialogue peut-il être amorcé?

 
Comment construire une société planétaire réconciliée, juste, respectueuse des identités, des mémoires et du droit à la vie de chacun?

 
Mon livre voudrait mobiliser des forces pour contribuer à la résolution de ces questions et tenter de mettre un terme à la tragédie.

 

Notes:

(1) Régis Debray, Aveuglantes Lumières, Paris, Gallimard, 2006, p. 136.

(2) Le Monde, 27 décembre 2007

(3) Immanuel Wallerstein, European Universalism: The Rhetoric of Power, New York, The New Press, 2006, trad. fr. Patrick Hutchinson, Paris, Demopolis, 2008.

 

 

J'habite une blessure sacrée

J'habite des ancêtres imaginaires

J'habite un vouloir obscur

J'habite un long silence

J'habite une soif irrémédiable

J'habite un voyage de mille ans

J'habite une guerre de trois cents ans

[…]

Aimé Césaire,

« Calendrier lagunaire », Moi, Lamnaire

 

Aimé Césaire, voir aussi sur ce blog : Colonisation = Chosification

 

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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 11:28

Comment nourrir son peuple quand on a trop d'habitants et trop peu de terres cultivables? Il suffit d'aller les chercher où elles sont. C'est ainsi que la Chine, la Corée du Sud ou les États du Golfe se sont lancés dans une véritable course à la terre. Ce ne sont pas seulement des récoltes qu'ils achètent mais des régions entières, dans des pays qui ont déjà du mal à alimenter leur propre population. Doan Bui raconte les premiers épisodes de ce qui sera une des grandes batailles du XXIe siècle : celle de la nourriture.

 

Le Soudan, «j'achète !», «Et moi, le Kazakhstan !» Imaginez un Monopoly où l'on n'achèterait plus des rues, mais des pays entiers. Evidemment, comme au Monopoly, les gagnants seraient ceux qui amasseraient le plus de terres, bref, les plus riches à la banque. Les perdants? Eh bien, ce serait les fauchés, obligés de céder leur bout de terrain pour renflouer les caisses. Ce Monopoly serait un peu particulier. Il s'agirait non pas de construire des immeubles, mais d'installer des tracteurs et des machines agricoles pour produire du blé, du riz, du maïs. Bref, de la nourriture. Ce serait un jeu où les nantis, au lieu de piquer l'hôtel de la rue de la Paix au voisin ruiné, lui faucheraient ses récoltes futures. Amusant, non? Sauf qu'il ne s'agit pas d'un jeu.

 

Depuis quelques mois, une gigantesque partie de Monopoly planétaire est en train de se jouer. Et les participants jouent vite. Et gros. D'un côté, des pays riches ou émergents comme la Chine, la Corée du Sud ou les pays du Golfe, qui tous s'inquiètent pour leur sécurité alimentaire. De l'autre, une cohorte de pays pauvres comme le Soudan, l'Ethiopie, l'Ouganda, l'Indonésie, Madagascar... Des pays aux caisses désespérément vides, mais à qui il reste une richesse : leurs terres, si vastes, si prometteuses. A vendre ou à louer.

 

La terre ! Pour elle, les pays se sont déchirés en guerres meurtrières. Pour elle, les conquistadors ont bravé les mers inconnues, décimé les populations locales afin d'y planter leur drapeau. «La ruée vers les terres n'est pas un fait nouveau. Mais c'est peut-être la première fois dans l'histoire que le phénomène est complètement mondialisé. Et que le rythme est si rapide», s'inquiète Paul Mathieu, expert de la gestion des terres à la FAO (Food Agriculture Organization). Les cris d'alarme de la FAO ont été éclipsés par le krach financier. Et pourtant la crise alimentaire risque d'empirer. Conséquence directe des émeutes de la faim du printemps, les pays importateurs nets de nourriture ont fait de la sécurité de leurs approvisionnements alimentaires leur objectif politique numéro un. Début novembre, la Corée du Sud vient de frapper un grand coup en raflant la moitié - vous avez bien lu : la moitié ! - des terres arables de Madagascar. Mais ce n'est qu'un début. On parle de millions d'hectares en Indonésie ou en Afrique. «On n'arrive même pas à avoir des chiffres exacts tellement cela change vite», se plaint Paul Mathieu. Même l'Ethiopie, où plane à nouveau le spectre des grandes famines, veut entrer dans la danse. Pas comme acheteur, mais comme vendeur. Le Premier ministre éthiopien a déclaré qu'il était «plus que désireux» de signer des accords avec les pays du Golfe. De quoi donner des sueurs froides à Jacques Diouf, le patron de la FAO, qui s'inquiète du «risque d'un néocolonialisme agraire».

 

 

Parmi les néocolons, voici les pays du Golfe. Ils ont du pétrole, des dollars. Mais pas d'eau : il y fait si chaud et si sec qu'il faut rafraîchir les quelques bêtes du cheptel avec des ventilateurs et des machines à va peur pour éviter qu elles ne meurent... Comment nourrir la population? En allongeant des pétrodollars. Les pays du Golfe importent de 69% à 90% de leur nourriture. C'était tenable. Jusqu'au printemps dernier, où les prix des denrées a explosé. «Là, ils ont eu très peur. Il était tout simplement impossible de trouver du riz, quel que soit le prix. Ils n'ont plus confiance dans les marchés mondiaux, les prix sont devenus trop volatils. Alors ils veulent sécuriser leur approvisionnement en s'achetant des terres», dit Jean-Denis Crola, de l'ONG Oxfam. Sans compter que dans des pays comme les Emirats arabes unis 80% de la population est constituée de travailleurs migrants asiatiques pauvres : le riz était ainsi devenu un sujet politique sensible. Résultat? Cet été, le Koweït, le Qatar, l'Arabie Saoudite, les Emirats arabes ont envoyé diplomates et ministres dans des world tours express - six pays d'Asie du Sud-Est en dix jours - à la recherche de terres disponibles. «Nous avons des projets en Indonésie, au Soudan ou au Sénégal. C'est un accord gagnant-gagnant. Eux ont les terres, nous l'argent», explique Khalil Zainy, un businessman saoudien.

 

Le Cambodge n'avait jamais été autant courtisé. Le Koweït est déjà en train? d'y construire une ambassade, il veut mettre en place des vols directs Phnom Penh-Kuwait City, et signer un accord d'amitié... entre les équipes de foot nationales. Le Qatar a aussi tenté une opération de séduction auprès de Hun Sen, le Premier ministre. Qui gagnera le gros lot? Le Cambodge a annoncé qu'il devrait avoir signé d'ici à mi- 2009 et que les accords concerneraient 2,5 millions d'hectares (l'équivalent de la Bretagne). Notons que le pays continue de recevoir une aide d'urgence du Programme alimentaire mondial, ce qui permet de douter de sa capacité à nourrir à la fois sa population et celle du Golfe...

 

Evidemment, en Asie du Sud-Est, les pays du Golfe auront affaire à un sacré concurrent : la Chine, l'un des plus gros joueurs dans cette partie mondiale. «Who will feed China?» (qui nourrira la Chine?), demandait déjà en 1993 l'écologiste Lester Brown dans son livre choc. La question est plus que jamais d'actualité. Aujourd'hui, l'Empire du Milieu doit nourrir 1,4 milliard de bouches, soit près du quart de la population mondiale, avec seulement... 7% des terres arables. Avec l'industrialisation et l'urbanisation, le pays a vu sa superficie de terres arables se réduire de 8 millions d'hectares en moins de dix ans. Et certaines régions se désertifient à toute vitesse. Bref, qui nourrira la Chine? Les autres pays évidement ! Le gouvernement a établi une stratégie d'outsourcing agricole. Et a déjà fait main basse sur une partie de l'Afrique.

 

Pour y faire pousser du riz, du sésame ou du blé. Ou encore de l'huile de palme destinée à la production de biocarburants.

 

Ah, les biocarburants ! Le nouvel or vert ! De Greenpeace à Oxfam, en passant par les Amis de la Terre, toutes les ONG dénoncent les expropriations de millions de petits paysans en Colombie, en Indonésie, en Tanzanie, au Congo... Entraînant souvent la réduction des cultures vivrières. Nourrir les hommes ou les voitures? Les voitures sont souvent plus rentables. Palmier à huile, canne à sucre, jatropha... Il faut de l'espace, des terres, alors les entreprises énergétiques font feu de tout bois. Au sens littéral du terme. «Les forêts coûtent moins cher que les terrains cultivés. C'est donc toujours plus intéressant de déforester. 1 hectare de forêt rapporte de 4 000 à 5 000 dollars s'il est converti en palmiers à huile, soit 10 à 15 fois plus que s'il était juste exploité pour le bois», dit Alain Karsenty, au Cirad. Une équation implacable qui explique pourquoi la jungle d'Amazonie ou celle de Bornéo partent en fumée, remplacées par des plantations de soja ou de palmiers à huile.

 

«Investissez dans des fermes ! Dans la terre !» C'est le conseil que répète inlassablement Jim Rogers, le gourou des matières premières, millionnaire globe-trotteur qui, avec George Soros, a fondé le fonds Quantum. Il a été aussitôt pris au mot. George Soros est par exemple très impliqué dans les agrocarburants et possède des terres en Argentine. Mais depuis quelques mois, avec le krach, c'est la ruée. La Deustche Bank et Goldman Sachs ont ainsi massivement investi dans des fermes et des usines de viande en Chine. Morgan Stanley a racheté 40 000 hectares en Ukraine. Une broutille par rapport aux 300 000 hectares raflés par Renaissance Capital, un hedge fund russe. «Les prix du foncier agricole sont de toute façon si bas que c'est une bonne affaire à long terme, dit Paul Mathieu. Le problème, c'est que si ces accords sont juste régis par la loi du marché, les négociations seront inégales. Les pays pauvres, ceux qui sont moins informés des prix, se feront avoir et braderont leurs biens.»

 

La grande arnaque? Dans certains pays, une prise de conscience politique est en train d'émerger. «La terre est un sujet très sensible. C'est l'identité des peuples mêmes qui est en jeu. Au Mozambique, on commence à réfléchir à une réforme du foncier qui reconnaîtrait les droits des communautés locales. Il y a même eu un moratoire sur la cession de terres pour des projets d'agrocarburants», explique Mchael Taylor, de l'International Land coalition. Certes, l'afflux de capitaux étrangers n'est pas en soi une mauvaise chose. Ce pourrait être une bénédiction.

 

A condition que l'agriculture locale en profite, que soient mis en place des systèmes de microcrédit. Sauf que le développement rural, cela prend du temps. «La tentation est d'aller vers un modèle de pillage des ressources, un peu comme la Chine en Afrique, avec une main-d'oeuvre importée et aucun bénéfice local. Mais là, attention au retour de bâton...», dit Alain Karsenty. Instabilité politique, émeutes, soulèvements... La terre a toujours provoqué les passions. Le grand Monopoly pourrait bien virer au jeu de massacre.

 

Doan Bui
Le Nouvel Observateur

 

Voir aussi

Tableau des cas d’accaparement des terres

 

Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière

 

On vend des pays

Razzias sur terres cultivables

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 01:32

1) Préambule: comprendre pour agir

Palestine---Territoire-perdu-depuis-1946.jpg

Depuis bien avant la seconde guerre mondiale (1940-1945) des juifs reviennent en Palestine (dates?) et ceci grâce à l'achat de terrains aux autochtones ou aux gros propriétaires terriens étrangers.


En 1947, avant le plan de partage de l'ONU, ces surfaces représentent 7 % de la superficie de la Palestine.


L'ONU adopte la résolution 181 selon laquelle un territoire est accordé aux juifs et un plan de partage est conçu, attribuant 55 % du territoire aux futurs états d'Israël.


Le partage tient compte des possessions antérieures en essayant de les remembrer, ce qui démembre les territoires palestiniens. L'entièreté de la "pointe" (désert du Néguev) est attribuée aux israéliens.


Le principe selon lequel on attribue "une terre sans peuple à un peuple sans terre" est complètement faux, dès la création de leur état, les israéliens procèdent l'extermination de villages palestiniens, la déportation de 800.000 Palestiniens et la destruction de 470 de leurs villages.


Lors des deux guerres de 1948 et en 1967, Israël annexe des territoires palestiniens, contrairement aux résolutions de l'ONU, et dispose actuellement, sans compter les colonies (illégales), 78 % du territoire de la "Palestine historique". Ce territoire est délimité par la fameuse "ligne verte". La proportion revendiquée aujourd'hui par la Palestine est de 22%. Elle est prête à accepter le gain illégitime d'Israël de 23 % (78-55) réalisé entre 1947 et 1967.
 

Sur la dernière carte, on voit l'effet de l'empiètement continuel des colonies et du mur d'enfermement des populations palestiniennes qui n'ont plus accès à leurs terres ni à leurs puits. Bientôt, les seuls espaces disponibles pour les palestiniens seront de véritable enclos, les privant des ressources de survie élémentaires.


En Israël, la communauté ethnique est mentionnée sur les cartes d'identité. Les palestiniens de nationalité israélienne n'ont pas les mêmes droit que les juifs israéliens. A titre d'exemple, les Arabes représentent près de 20% de la population d'Israël, aucune université arabe n'existe en Israël.
 


Pour en savoir plus, consultez cet excellent DIAPORAMA puis tentez de répondre à ce questionnaire sur le conflit israélo-palestinien (pas plus de 5 minutes et très instructif).

2) Démocratie mensonge, le cas palestinien

Comment rester confiant en notre modèle de société présenté comme exemplaire, quand il gaspille en un peu plus d'un siècle au profit de quelques privilégiés, ses réserves millénaires ? Comment rester serein quand tout indique que le rythme imposé à la planète nous précipite vers l'abîme ? Comment concilier les contradictions de plus en plus évidentes entre une minorité de nantis qui osent (presque) tout se permettre, et une majorité de démunis qui s'enfoncent jour après jour dans une pauvreté endémique dont on sait qu'elle n'est ni le fruit du hasard, ni inéluctable, mais qu'elle résulte au contraire d'une scandaleuse et injuste redistribution des richesses ? 


Il semble que nous soyons de plus en plus nombreux à nous interroger, confrontés à l'information quotidienne qui nous ressasse la dégradation évidente de notre environnement tant politique que social, économique, professionnel, écologique, culturel, moral… et confirmant par ailleurs, pour ceux qui en doutaient encore, que tout paraît bien être lié.


Alors que la « globalisation » — comme seule loi du marché — est prônée par les plus nantis comme LA solution à tous nos problèmes, le désarroi et le questionnement qui en résulte semblent gagner de plus en plus d'individus. Des citoyens, fragilisés, se sentent dépassés, écrasés par le projet de société qui leur est imposé.


Malgré leurs beaux discours, éloquemment adaptés aux circonstances, les classes dirigeantes ne s'embarrassent plus guère de principes ni de déontologie. Seul ce qui sert leurs intérêts prévaut. L'idéal qui au départ animait parfois les plus dévoués a tôt fait de céder sa place aux calculs égoïstes et aux plans de carrière. Ces élites — ou qui se croient telles — ne sont plus au service de la collectivité, mais strictement au leur et à celui de leurs partenaires financiers. Leur ambition n'est jamais satisfaite. Qu'ils s'autoproclament de gauche ou de droite, les problèmes du citoyen ne les intéressent qu'occasionnellement, à quelques semaines des élections. Tout occupés par leur ascension personnelle, ils n'ont d'yeux, d'oreilles et d'agenda que pour ceux qui pourraient y contribuer, ceux qui ont le pouvoir de l'argent et de l'influence. Et tout est bon pour y parvenir… La Palestine l'illustre fort bien. Depuis toujours, tous les principes « démocratiques » y sont bafoués par l'occupant israélien. Cela n'empêche pas les autorités de nos États occidentaux, pourtant chantres des Droits de l'homme, de continuer de commercer avec Israël dont le lobbying politique parfaitement organisé démontre la force de ses réseaux d'influence patiemment tissés.


En-dehors de déclarations et de discours élimés jusqu'à la trame, aucun de nos politiciens suffisants n'a manifesté assez de courage ni d'éthique que pour oser prendre des mesures qui auraient signifié à l'occupant israélien qu'il avait, depuis longtemps, dépassé toute limite.
Quoi de surprenant pour le citoyen qui observe les mœurs de ces princes ? Dans le meilleur des cas, l'engagement de nos valeureux « démocrates » se résume depuis longue date à quelques déclarations consternantes, allant de « la vive préoccupation » des uns à la « demande de retenue » des autres… Point barre.


L'asymétrie évidente et incontestable qui prévaut dans l'affrontement israélo-palestinien – l'une des plus puissantes armées au monde dotée d'une force aérienne supérieure à celle de l'Angleterre et d'un feu nucléaire peut-être aussi important, face à des gamins et leurs cailloux – révèle immédiatement que l'argument de la traque au « terrorisme » n'est qu'un grossier mensonge servant d'excuse pour dissimuler d'autres mobiles, beaucoup plus sordides et probablement plus rentables. Mais, profitant du manque de courage d'une diplomatie internationale de plus en plus aliénée au grand capital et muselée par les Etats-Unis, le gouvernement israélien – et d'autres avec lui – entretient les amalgames médiatiques et poursuit l'écrasement de la population de tout un pays, jusqu'à son éradication même, s'il le pouvait.


Il faut aller en territoire palestinien pour voir dans quelles conditions la population est asphyxiée, laminée par l'oppression militaire qui s'y déploie avec un zèle plus qu'équivoque, au service d'une infâme idéologie coloniale… Il faut prendre le temps de rencontrer les acteurs israéliens du Camp de la Paix, dont par exemple l'AIC (Alternative Information Center) qui travaille à la réconciliation entre Arabes et Israéliens ; ou Ta'ayush (Ensemble) oeuvrant sur base commune judéo-arabe ; ou ICADH (comité israélien contre les démolitions de maisons) ; ou les Refuzniks (soldats qui refusent de prester leur service militaire dans les Territoires occupés) lorsqu'ils viennent témoigner… et écouter la description des atrocités commises par l'armée à l'encontre des civils palestiniens, pour ne plus avoir de doutes quant aux motivations qui animent les responsables de l'état major israélien.


Il faut être très clair quant aux conditions qui existent dans les villes et les villages palestiniens : on n'y vit plus, on tente d'y survivre, vaille que vaille, on s'y exténue, on y est affamé et on y est écrasé, massacré même ! Par une balle dans le dos, en fuyant une soldatesque névrosée, ivre de son impunité. Par une bombe, pendant son sommeil. Par l'interdiction de passer un check point pour gagner d'urgence un hôpital voisin. Par un bulldozer, sous sa maison. Ou par un missile, sur une plage…


La deuxième Intifada (mot arabe signifiant réveil de soi, réaction, soulèvement) se poursuit tant bien que mal. Réponse de la population palestinienne à son écrasement par l'envahisseur israélien, celui-ci redoublant souvent d'ingéniosité dans la morbidité de techniques dont certains de ses artisans sont devenus « experts ». Au point que l'armée américaine embourbée dans son infâme guerre en Irak, a fait appel aux conseillers israéliens, « spécialistes » en guérilla urbaine.


Ces mêmes « spécialistes » qui ont mis au point une technique imparable d'invasion des maisons particulières, passant de l'une à l'autre par les murs mitoyens qu'ils dynamitent. Plus besoin de risquer la vie des troupes en passant par les ruelles. Ceux-là surgissent dans votre salon par la béance d'une explosion et, après avoir tout démoli, passent à la maison suivante, par le même procédé. La Palestine fournit à ces brutes un laboratoire de premier ordre, particulièrement en ce qui concerne la Bande de Gaza. Toutes les techniques de négation de l'individu y sont testées, tant au niveau physique qu'au niveau psychologique, passant de l'usage d'armements interdits par les Conventions internationales – comme les munitions à l'uranium appauvri ou au phosphore – pourtant dénoncé par plusieurs rapports officiels, au détournement des taxes diverses revenant aux Palestiniens. Sans parler des privations de nourriture, d'eau, d'électricité, de mobilité, ainsi que le recours aux tortures en tous genres qui y sont devenues d'une banalité confondante. Ni de l'utilisation d'enfants comme boucliers humains. Ni des emprisonnements arbitraires de mineurs. Ni de l'odieux Mur de séparation, qui a fini par convaincre l'envahisseur américain qu'il était LA solution dans son embourbement à Bagdad…


« Barbare », vous avez dit « barbare » ?


Extraits de LA DEMOCRATIE MENSONGE – Daniel Vanhove – Coll. Oser Dire – Ed. Marco Pietteur.

En cette fin d'année, disponible à editionsaden@skynet.be et à Bruxelles, à la Librairie Internationale, Tropismes, Libris, UOPC…



Plus d'infos sur www.alternativenews.org ; www.michelcollon.info ; www.info-palestine.net ; www.paixactive.org ; www.france-palestine.org ; www.association-belgo-palestinienne.be ; www.lapaixmaintenant.org ; www.icahd.org



Voir plus particulièrement:

Cibles : une école, un hôpital, une clinique, une usine de yaourt, trois bureaux de changes... par Salma AHMED, professeur de français, Gaza.

Gaza : hallucination par Alain RIOUX, association hope www.hope-espoir-hoop.com, Belgique.

Le véritable but du carnage à Gaza par Ilan PAPPE, chaire du département histoire de l’université d’Exeter, Israël.

 

A voir aussi: BON ANNIVERSAIRE!

 

 

Manifestation Nationale

 

Dimanche 11 janvier à 14h

Bruxelles - Gare du Midi

 

Stop aux massacres à Gaza ! Le silence tue !

Stop à l’embargo contre les Palestiniens

Stop à la violence contre tous les civils

Stop à l’impunité 

Suspension des accords UE-Israël

 

 

Premières organisations signataires : 11.11.11, Aardewerk, ACW-Wereld solidariteit,  Alliance for Freedom and Dignity, Artistes contre le Mur, Association Belgo-Palestinienne, Association Culturelle Joseph Jacquemotte,  Belagir asbl,  Broederlijk Delen, CADTM,  CNAPD, CNCD–11.11.11, COCAB, CODIP, Collectif Présence Musulmane Belgique, Comité Surveillance Otan, Comité Verviers Palestine, Communauté Palestinienne de Belgique, ECOLO, Fraternité asbl,  Federatie van Marokkaanse Verenigingen, FGTB-ABVV, FOS – Socialistische Solidariteit, Friends of the Earth Vlaanderen & Brussel, Gents Actieplatform Palestina, Génération Palestine, Groen!, Groupe Palestine–Santé, Initiatief Cuba Socialista,  Intal, Institutions et Associations musulmanes de Belgique, Jeunes FGTB, KP,LCR, La clef asbl, LeCoTo, LEF, Ligue Islamique Interculturelle de Bruxelles, LSP-PSL, MIR–IRG, Mosquées de Belgique, Mouvement Chrétien pour la Paix (MCP), Mouvement Citoyen Palestine, Mouvement ouvrier Chrétien (MOC), Nouvelles Perspectives asbl,  Oxfam Solidariteit-Solidarité, Oxfam Wereldwinkels, Oxfam Magasins du Monde, Parti Socialiste, Pax Christi Vlaanderen, PC Wallonie-Bruxelles, Présence et Action Culturelles, PJPO Ittre, PJPO Brabant Wallon, PVDA-PTB, SAP, Service civil international, Solidarité mondiale, Solidarité Socialiste, t Uilekot, Une Autre Gauche, Union liégeoise pour le défense de la paix, Vlaams Palestina Komitee , Vrede vzw,  Werkplaats voor Theologie en Maatschappij,  Vrouwen in ’t Zwart,  …

 

Contact presse :

Association Belgo-Palestinienne (FR) 02/223.07.56 abp.eccp@skynet.be

Vrede vzw (NL) 09/233.46.88 vrede@vrede.be

 

________________________

Association Belgo-Palestinienne

9, quai du Commerce

1000 Bruxelles

tel: 02 223 07 56

fax: 02 250 12 63

abp.eccp@skynet.be

www.association-belgo-palestinienne.be

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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 00:32

L'approvisionnement en eau douce de qualité n'est pas trivial. Notre planète est couverte à 71% d'eau salée. Cette surface contient 97,2% du volume d'eau total. Les 2,8% d'eau douce restant se répartissent en 2,2% pour les glaciers, 0,6% pour les nappes phréatiques et SEULEMENT 0,01% pour les eaux douces de surfaces: cours d'eau, lacs et rivières. Ce sont ces 0,01% qui refroidissent nos centrales, alimentent nos usines, abreuvent nos industries, maisons et gosiers… Dans 99,9% des cas, cette eau ressort toujours plus sale et plus polluée qu'a son entrée. Alors, en bon humain technocrate qui ne pense qu'à court terme, nous cherchons des solutions...


 

Pour y voir clair, voici une bonne partie d'un article paru dans le dossier écologie du Courrier International n°927 du 1er au 20 août 2008 (1). Enfin, je trouve le temps d'en parler!

DES USINES DE DESSALEMENT QUI POUSSENT COMME DES CHAMPIGNONS
Avec la diminution des précipitations qu’entraîne le réchauffement climatique, de nombreux pays se tournent vers le dessalement d’eau de mer pour s’approvisionner en eau douce. La logique est en apparence simple : plus de 70 % de notre planète étant constitués d’océans, il suffit de retirer le sel de cette eau et de regarder avec délectation nos réservoirs se remplir. Les usines de dessalement poussent d’ailleurs comme des champignons un peu partout dans le monde (surtout dans les pays riches). Severn Trent, l’une des dix entreprises privées de gestion de l’eau au Royaume-Uni, assure actuellement la construction d’une de ces installations pour la résidence Maravia Country Club Estates à La Paz, dans le sud de la Basse-Californie, au Mexique. La ville d’El Paso, au Texas, a inauguré en août 2007 la plus grande usine de dessalement à l’intérieur des terres qui existe au monde ; elle alimente essentiellement la base militaire de Fort Bliss, en cours d’agrandissement. En Australie, pays gravement touché par la sécheresse, c’est un joint-venture israélien qui bâtit une centrale, tandis qu’à Bahreïn, Etat riche en pétrodollars et connaissant le même boom immobilier que d’autres pays du Moyen-Orient, on examine diverses offres en vue de la construction d’une gigantesque centrale capable de satisfaire ses besoins croissants en eau. L’Inde a quant à elle commandé une étude de faisabilité à General Electric. Bref, les exemples ne manquent pas. “Plusieurs entreprises privées proposent une bonne vingtaine d’usines de dessalement de l’eau de mer pour la seule côte californienne”, ajoute Wenonah Hauter, présidente de l’association de consommateurs Food and Water Watch. “La plupart de ces projets se trouvent à proximité de grands espaces où le manque d’eau a toujours limité le développement.” En d’autres termes, partout dans le monde on s’apprête à construire de gigantesques usines de dessalement dans les années à venir. Mais ce n’est pas parce que tout le monde a soif. En fait, c’est surtout l’argent qui va couler à flots. Reste à savoir si les progrès et la solution à la crise de l'eau viendront avec.


“Même avec les projets actuels, qui visent à tripler la production mondiale, avec notamment des usines de dessalement à énergie nucléaire, cette technologie est incapable de satisfaire la demande en eau douce dans le monde,
assure Maude Barlow (auteur de Blue Covenant: The Global Water Crisis and the Coming Battle for the Right to Water [Alliance bleue : la crise mondiale de l’eau et la future bataille pour le droit à l’eau, paru chez New Press en mars 2008], fondatrice du Blue Planet Project et directrice nationale du groupe de pression Council of Canadians). D’une part parce que le dessalement est une technologie très coûteuse, ce qui explique qu’on trouve ces usines surtout en Arabie Saoudite, Israël, Australie, Etats-Unis mais peu en Afrique et Amérique Latine (légèrement changé par rapport au texte original (1)). Et, d’autre part, parce que l’humanité détruit son patrimoine d’eau douce trop rapidement pour que, la technologie puisse compenser. Les gouvernements et les entreprises se jettent sur le dessalement comme si c’était la panacée. C’est compréhensible de la part du secteur privé : l’or bleu peut générer des bénéfices considérables. En revanche, le fait que les gouvernements ne prennent aucun recul pour examiner de façon plus attentive cette prétendue solution miracle pose un énorme problème.”

 

LES OCÉANS SONT PEU À PEU RONGÉS PAR L’ACIDE

Cet aveuglement est compréhensible, car en prenant un peu de distance, ces gouvernements tomberaient immanquablement sur des questions qu’ils n’ont pas envie de se poser. Des études récentes montrent ainsi que le réchauffement climatique provoque non seulement l’assèchement des terres émergées et la fonte des barrières de glace, mais aussi une augmentation exponentielle de l’acidité des océans (2, 3 & 4). Ce qui pourrait nous conduire tout droit au cauchemar annoncé par Stephen Hawking: "la Terre pourrait finir comme Venus, avec une température de 250°C et des pluies d'acide sulfurique."


Le journaliste Les Blumenthal expliquait récemment dans les publications du groupe de presse américain McClatchy Newspapers que les océans présentent d’ores et déjà un taux d’acidité de 30% supérieur à celui enregistré au début de la révolution industrielle, et ils absorbent chaque jour 22 tonnes de dioxyde de carbone. D’ici à la fin de ce siècle, ils pourraient être 150% plus acides.


L’acidification des océans est provoquée par l’absorption dans la mer du CO2 produit par les activités humaines, à raison de 22 millions de tonnes par jour. Il en résulte une formation d’acide carbonique ayant pour effet de diminuer la quantité de minéraux nécessaires au développement d’un certain nombre d’organismes marins (3 & 4).


La vaste campagne mondiale de dessalement, déjà montrée du doigt à cause de ses lacunes technologiques et de ses rejets colossaux, tient-elle compte de cette augmentation spectaculaire de l’acidité des océans ? Eh bien non, pas vraiment. Je ne pense pas que les partisans du dessalement prennent en compte l’acidification qu’entraîneront des rejets croissants de saumure dans les mers, confirme Maude Barlow. Pour chaque unité d’eau douce ainsi produite, c’est une unité équivalente de saumure toxique qu’on rejette dans les océans. Actuellement, les usines de dessalement produisent 19 millions de mètres cubes de déchets chaque jour. On estime que leur production aura triplé d’ici à 2015, et les rejets de saumure et l’acidification des océans seront multipliés d’autant.


Et il ne s’agit là que des conséquences du dessalement, sans parler des processus naturels que la crise climatique a fait apparaître dans notre univers toujours plus aride. Avec le réchauffement de la planète, les océans absorbent en effet des quantités croissantes de dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre. Ils se réchauffent et rejettent ces gaz dans l’atmosphère, créant une réaction en chaîne destructrice. A force de dessaler la moindre goutte d’eau accessible, nous pourrions bien, à terme, ne plus trouver que de l’acide à la place des océans. Comme le déclarait à Les Blumenthal l’océanographe Richard Feely, de la National Oceanic and Atmospheric Administration, à Seattle, tout converge vers des conséquences dramatiques. Certaines hypothèses annoncent même un bouleversement de l’ensemble de l’écosystème.


Le dessalement n’est absolument pas une solution raisonnable à la crise mondiale de l’eau, assène Maude Barlow. Ces usines sont des monstres polluants, extrêmement gourmands en énergie et produisant une saumure toxique qui tue la vie aquatique à des kilomètres à la ronde. Wenonah Hauter, de Food and Water Watch, ne dit pas autre chose : Loin de résoudre le problème de la pénurie d’eau, le dessalement est une technologie onéreuse qui risque d’avoir de nombreux effets secondaires. Nous serions mieux avisés de chercher à prévenir le mal en cessant de polluer, de détourner et de gaspiller l’eau. Espérons seulement que nous en prendrons conscience avant d’avoir entièrement changé les océans en acide.


Concernant l'acidification des océans, les conclusions de Pierre Kaldy dans Le Figaro vert (2) ne disent pas autre chose non plus: "Depuis deux siècles, les océans ont patiemment absorbé le tiers des émissions de gaz carbonique dues à l'homme, mais cette capacité semble avoir atteint ses limites."


Et voilà homo "economicus-technocratis" bien conscient du problème, qui veut sauver sa peau, mais qui est incapable de changer de mode de pensée. Incapable de changer de paradigme. Pas si simple pour un homme moulé à l'unique égo-économico-techno-science qui éduque à l'emploi d'œillères et à l'ignorance ou la destruction de tout ce qui pense ou agit différemment.


La déssalinisation comme la production d'agrocarburant sont typiques d'une pensée bloquée en mode "technocrate condescendant" qui fait, trop souvent, pire que bien. Voir à ce sujet Dogme économique & Condescendance technocratique ou Compenser nos émissions de CO2 en plantant des arbres.


La déssalinisation comme la production d'agrocarburants sont des technologies excessivement énergivores, excessivement polluantes, qui ne font qu'aggraver le cas planétaire qui devient de plus en plus critique, aussi bien au niveau social qu'écologique: voir La décroissance, l'argent et Moi.


Références

(1) Le dessalement n'est pas la solution miracle

(2) Les océans intoxiqués par le gaz carbonique (à lire)

(3) Les chercheurs s'inquiètent de l'acidification rapide des océans

(4) L'acidification des océans menace dangereusement les coraux

 

Pour suivre cette problématique d'acidification des océans de plus près, voici un blog qui y est entièrement consacré: http://oceanacidification.wordpress.com/

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A lire

1) Manuel d’anti-économie

2) Transition écologique & économique

3) Le retour du puritanisme au travail

4) Le désir comme désir de l’Autre

5) La Décroissance, l’Argent et Moi

6) Argent, Richesse, Valeur

 

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