Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
  • Contact

Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

Rechercher

Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 11:57

Les événements actuels dans l'ouest du Congo méritent une attention toute particulière, d'un part à cause du drame humanitaire qui s'y déroule depuis des années, d'autre part à cause de l'hypocrisie occidentale.

 

Quelques extraits d'articles...



Chaque jour, dans l’est du Congo, sept à dix avions, chargés chacun de deux tonnes de cassitérite, vont de Mubi a Goma, d’où le minerai est passé illégalement par-delà la frontière rwandaise. Le trafic d’or, de diamant, de cuivre et de cobalt ne connait pas non plus de ralentissement. Telles sont les conclusions du dernier rapport du groupe d’experts des Nations-Unies. L’état congolais ne touche presque rien des profits générés par cette contrebande. Mais il semble que très peu de choses aient été entreprises pour combattre le pillage prolongé des ressources minières congolaises. Les mineurs – il y en a plusieurs dizaines de milliers – en restent les principales victimes.

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-03-04%2008:47:27&log=invites

 

En ces temps de difficultés croissantes au gavage de la boulimique bête occidentale, de telles richesses font l'objet de sérieuses convoitises. Éducation catholique et règles de bienséance obligent, ce même occident ne peut s'empêcher la promotion de vertus éthiques et humanistes. Fort bien! Mais comme cela est bien peu compatible avec l'alimentation et l'histoire occidentale, cela engendre inévitablement un subtil jeu de double langage. D'autant plus subtil et nauséabond que son histoire est tachée de pratiques aussi barbares que celles qu'il dénonce avec autant de véhémence que d'hypocrisie.

 

Depuis la guerre d’agression menée par le Rwanda et l’Ouganda (1998 – 2003), ces pays continuent d’entretenir des milices sur le territoire congolais. Nkunda, général pro-Rwanda, est l’un des chefs de milices les plus connus. La semaine dernière, l’armée congolaise a apporté des preuves de la participation des soldats rwandais aux combats. Des preuves qui ont directement été niées par l’Occident. Nos médias présentaient cette violence comme une «culture de la violence» qu’auraient développée les Congolais. Tout le débat portait dès lors sur la question de savoir pourquoi l’Europe n’intervient pas pour arrêter ces Congolais «assassins et violeurs».

Lors de son intervention à la commission parlementaire ce mercredi 22 octobre, Dirk Vandermaelen (sp.a) a admis sans détours que le conflit avait effectivement des causes plus profondes. «Nous savons tous que les États-Unis et la Chine mènent une bataille géostratégique. Nous savons tous que les matières premières sont le point faible de la Chine. Nous savons tous que la Chine cherche à s’approvisionner en Afrique. Je crains pour ce qui est de l’est du Congo qu’on assiste à un clash entre la Chine et les États-Unis, un clash réglé par personnes interposées, à savoir le Congo de Kabila et le Rwanda de Kagame», a-t-il déclaré.

Ce qui est surprenant c’est que pour le reste Vandermaelen s’est principalement exprimé sur ses soupçons quant à des livraisons d’armes chinoises au profit de l’armée congolaise. Il a même exigé que l’on intensifie la pression sur le gouvernement Kabila et que l’on impose un embargo sur les armes à destination de Kinshasa. Cependant, Vandermaelen n’a pas soufflé mot de l’agression du Rwanda ou du rôle joué par les États-Unis dans la région.

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-10-30%2015:48:37&log=invites

 

L’ONU et les États-Unis mettent en effet beaucoup de bonne volonté à ne pas voir ce qu’ils ont devant les yeux. La très officielle «Voice of America» a encore informé le monde aujourd’hui que les Américains considéraient qu’on ne leur avait donné «aucune preuve (1) de l’implication du Rwanda» dans les troubles de l’Est. VoA précisait que Peter Clottey, à Washington, tenait ces informations de leur correspondant à Kinshasa, Jack Kahora. (C’est fort bien d’utiliser des Africains comme correspondants en Afrique, mais pourquoi aller les chercher précisément, dans la Région des Grands Lacs?)

Il ne faudrait quand même pas demander à la Communauté Internationale d’aller trop loin dans l’invraisemblance. On peut ne pas voir une puce. Il est plus difficile de prétendre, sans rire, qu’on ne voit pas un éléphant. Entretemps, la MONUC a reconnu l’existence d’au moins un éléphant : des tirs de chars et de canons rwandais, depuis le Rwanda, sur les troupes congolaises défendant Goma.

 

(1) Pourquoi, au lieu d’ergoter sur la signification des accessoires militaires trouvés à Rumangabo, ne demandent-ils pas aux Rwandais de pouvoir visiter leurs mines de cotant, de cassitérite ou de wolfram, puisque le Rwanda exporte ces minerais, alors qu’il ne les produit pas!

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-11-05%2005:43:10&log=invites

 

Tony Blair, l'ancien 1er ministre britannique est le conseiller spécial du dictateur rwandais Paul Kagamé qui se permet encore de narguer les congolais lorsqu'aujourd'hui encore, il essaie piteusement de tromper l'opinion et de convaincre les naïfs qu'il n'a rien à voir avec l'agression rwandaise en RDCongo! Raison pour laquelle le matraquage de la fausse "nationalité congolaise" du criminel rwandais Nkunda (Kundabatware) s'est fait en vue de faire passer ce conflit comme congolo-congolais pour occulter l'implication de Paul Kagamé!

http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=2&newsid=150620&Actualiteit=selected

 

Après les cinq millions de morts, les Congolais sont victimes d’un autre massacre. Des sources concordantes nous apprenons que les troupes du CNDP de Laurent Nkunda, sont entrain de massacrer la population civile à Kiwanja, dans la province du Nord-Kivu. C’est le PARECO-FAP qui l’a annoncé hier jeudi à la Rtg@, en disant que plusieurs jeunes ont même été brûlés vifs. La nouvelle a été confirmée par des sources indépendantes. Un confrère de Bbc qui s’est rendu sur le terrain a rapporté les faits. La Monuc atteste le massacre même si on ne se met pas encore sur le nombre des victimes. Et d’après M. Sendugu Museveni, président du groupe Maï-Maï, les témoins de ce carnage qui ont réussi à s’échapper parlent d’une boucherie humaine.

http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=1&newsid=150666&Actualiteit=selected

 

Repost0
4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 09:42

Bretton Woods II, le nouveau leitmotiv du G8 et "associés" qu'il n'est décidément plus possible d'ignorer. Nombres d'articles foisonnent sur le Net et ailleurs pour vanter les mérites de la mobilisation Européenne et Transatlantique face à la crise financière. Les articles ne manquent pas d'envolées lyriques et d'éloges sur la solidarité occidentale ou la force de mobilisation des gouvernements concernés. Climat, emploi ou biodiversité sont certainement moins sexy que la crise financière aux yeux d'Eurocrates élevés à la grosse louche de l'orthodoxie néolibérale.

 

Les démonstrations d’activisme sont évidentes mais elles sont bien plus une démonstration de recours obligatoire que de solidarité ! Les États Européens se mobilisent parce qu’ils n’ont pas le choix ! C’est pourtant eux qui ont fermé les yeux et qui ont laissé filer la haute finance à un ballet de fantaisies aussi cyniques que dangereuses.

 

Reprenons ici un passage d'un article (1a) paru dans le Monde: "N’est-ce pas là un parfait exemple de ce que la théorie économique appelle le "risque moral" ? Ce dernier se définit comme "le risque que quelqu’un agisse de manière immorale parce qu’il se sait protégé par les assurances, les lois ou d’autres institutions contre les préjudices que son comportement pourrait sinon engendrer". Autrement dit, si je suis assuré contre les incendies, je prendrai moins de précautions contre le feu (ou, à l’extrême, je mettrai même le feu aux bâtiments que j’ai assurés mais qui génèrent des pertes). La même chose vaut pour les grandes banques : ne sont-elles pas protégées contre les grosses pertes tout en étant capables de conserver leurs profits ?"

 

- Sinon, comment expliquer le revirement du discours du président Sarkozy ?

 


- Sinon, comment expliquer que l'État, représentant la société, est obligé d’emprunter et de rembourser avec intérêt à des banques représentant des intérêts privés ?
DOGME 4 & DOGME 5

 

- Sinon, comment expliquer de telles dérives au nom d’un libéralisme prétendument "autorégulé" ? Cfr. DOGME 1 & DOGME 6.

 

Tant de vies, de travail et de ressources naturelles sacrifiées sur l’autel de la cupidité et de l’individualisme humain est inadmissible et mériterait une traduction en justice de nos "haut" responsables politiques qui n’ont de haut que l’arrogance, l’hypocrisie et l’obscurantisme dont se fardent la grande majorité de leurs discours.

 

A quand une véritable réforme Économique, Monétaire, Judiciaire et Électorale ? Intégration de la valeur d’usage dans nos indicateurs de richesses. Suppression des paradis fiscaux. Suppression des produits dérivés de la Haute Finance. Législation stricte et répressive en matière de lutte à la fraude fiscale et monétaire. Instauration d’un système électoral juste pour une véritable démocratie et non une démocratie de façade complice de la ploutocratie (Agrocarburants, Plan Colombie, Tibet, Tchad, Nigeria, Irak, Base militaire US en Tchécoslovaquie, OGM, privatisation de l’eau, etc.). Les sites www.michelcollon.info, www.congoforum.be et www.liberterre.fr sont assez bien fourni en faits d’hypocrisie occidentale.

 

Bretton Woods II ne changera rien à la donne sans totale remise en question tant au niveau individuel qu’au niveau institutionnel avec une refonte totale de notre conception de la richesse, de notre système de rémunération, de notre système électoral et de notre système judiciaire.

 

Trois exemples pour illustrer cette nécessité de réguler et de sérieusement légiférer en la matière.

 

(1) Selon le Sunday Herald, la Royal Bank of Scotland, un des "joyaux" de l’économie écossaise, détient une participation importante dans au moins 128 entreprises situées dans des paradis fiscaux, d’après son bilan annuel (62 aux îles Caïman, 29 à Jersey, 11 à Guernesey, 7 dans les îles Vierge et 4 aux  Bahamas, entre autres). Certaines sont réputées en sommeil mais d’autres sont bien actives. Et l'article du Sunday Herald de conclure: "Il semble tout à fait déplacé que des banques financées par le contribuable s’arrangent pour ne pas payer d’impôts et aident leurs clients à faire de même. Il est temps que nos banques retrouvent leur honnêteté. La condition pour que nous continuions à payer pour sauver des institutions financières, c’est qu’elles acceptent de payer leurs impôts comme tout le monde."

 

(2) Selon Test Achat, Fortis compte 410 filiales ou sociétés-filles dans les paradis fiscaux aux îles Caïman, Bahamas, Barhein, Costa-Rica, Panama, Hong Kong, Singapour, Luxembourg, Suisse, Jersey, Guernsey… Soit un nombre près de 10 fois supérieur aux autres grandes banques de leur échantillon. Dexia 49, KBC groep 33 et ING 16.

 

(3) Des innocents perdent leurs emplois, leurs maisons, leurs pensions ou leurs investissements. Pendant ce temps, à chaque faillite bancaire, des directeurs bien payés ont peu d'idée de la valeur des avoirs de leur société, de leurs dettes, des coûts, des bénéfices et de la réelle santé financière. Tout cela est accompagné d'un grand silence, celui des bureaux d'audits, chargés de superviser les bilans des sociétés… Ils ont récolté de grosses sommes pour ce travail et dispensé des bulletins de santé financière complètement "clean". Ainsi Dexia a été auditionné par Price Waterhouse Coopers et Mazars et Guérard qui lui ont décerné en 2007 un parfait bulletin de santé (page 221). Les auditeurs ont reçu 1, 5 millions d'euros pour leur travail, dont 1,4 millions pour un travail de conseil. Fortis avait reçu un bulletin identique de parfaite santé des cabinets KPMG et Price Waterhouse Coopers. Ces sociétés avaient reçu 37 millions d'euros pour ce travail (page 126), dont 11 millions d'euros pour conseil.

 

 

Au service de qui est l’Europe ? Du peuple ? Ou de la Haute Finance ? La république soviétique socialiste n’a-t-elle pas cédé la place à une république Européenne capitaliste ? De la botte du parti à la botte de la haute finance, où est la différence ?

 


Notes

(1a) Lutte des classes à Wall Street, par Slavoj Zizek, LeMonde 9/10/2008 http://mobile.lemonde.fr/opinions/article/2008/10/09/lutte-des-classes-a-wall-street-par-slavoj-zizek_1104997_3232.html

 

(1) http://www.sundayherald.com/news/heraldnews/display.var.2463296.0.wish_you_were_here.php

 

(2) http://www.test-achats.be/consommation-ethique/ethique-des-banques-l-argent-n-a-pas-d-odeur-s506983.htm

 

(3) Kairos Europe (Wallonie-Bruxelles), courrier 22 d'octobre 2008, page 7.

Repost0
26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 09:50

"La décroissance, je n'y crois pas". Combien de fois n'ai-je pas entendu cette phrase. Ou encore: "Et quid de la sécurité sociale? De nos pensions? De nos emplois? Sans croissance c'est la récession assurée, la misère à nos portes dès le lendemain. Non franchement la décroissance c'est n'importe quoi!".

 

Si vous pensez cela, je vous invite à parcourir les trois présentations ci-dessous. (Si vous souhaitez imprimer, une fois le document téléchargé, il y a la possibilité d'imprimer 4 à 6 "slides" par page via le menu Print -> Print what -> Handouts.)

 

La Décroissance, l'Argent et Moi

 

Critiques de la décroissance

 

La décroissance, une utopie?

 

Cliquez sur l'image pour visionner cette coute vidéo de 3 minutes


"Pour résoudre un problème, il faut élever le niveau de conscience de ce problème"

[Albert EINSTEIN]

Pour aller plus loin, voir site http://www.decroissance.info/ avec une Bibliographie exhaustive sur la décroissance et le site http://www.decroissance.org/.

 

Voir aussi article de ce blog DECROISSANCE: Hommage à Nicholas Georgescu-Roegen


"Ainsi, la société occidentale persiste-t-elle à penser qu'elle incarne l'avenir de toutes les sociétés. Sa mission civilisatrice s'est transformée en une mission d'aide. Et les sauvages d'hier étant les sous-développés d'aujourd'hui, ceux qui, hier, les civilisaient, aujourd'hui, les développent."
[François PARTANT
]


BIBLIOGRAPHIE 

§Objectif décroissance – Collectif – Ed. Parangon
§La décroissance: Entropie • Écologie • Économie – Nicholas GEORGESCU-ROEGEN – Ed. Sang de la Terre
§Simplicité Volontaire et décroissance – Bulletin du Reseau québécois pour la simplicité volontaire (RQSV) – Automne 2007, volume 8, N°3
§La crise économique: un problème d’économie ou d’épistémologie? Daniel FAVRE et Philippe FOUCOU - Publié dans le symposium aout 1995, de l'Institut de la Méthode, CH-2501 Bienne, 3-13.
§Le sens du bonheur - Jiddu KRISHNAMUTRI – Ed. Stock


§
§
§Vivre autrement Écovillages, communautés et cohabitats - Diana LEAFE CHRISTIAN – Ed. Ecosociété


 

 

Utopies réalisables - Yona FRIEDMAN - contribuer à l’élaboration d’une alternative sociétale – Ed. L’Eclat
Aussi sur le wiki sociétal: Utopie réalisable1 - Utopie réalisable2 - Utopie réalisable3
Repost0
20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 09:52

Didier REYNDERS a été réélu à la tête de son parti. Réponse du p'tit Didier à la question: Libéralisme et régulation ne sont-ils pas contradictoires?

"Le libéralisme est une philosophie politique alors que le capitalisme est un outil. Il faut le contrôler. Les libéraux l'ont toujours dit. Cette économie de marché à permis de créer le plus de richesse. C'est grâce à elle que la Belgique a pu consacrer plus d'argent en coopération au développement, que la sécurité sociale existe. Si un autre système pouvait en faire autant, ça se saurait. Il en va de même avec la démocratie. Ce n'est pas parce qu'une majorité absolue a fait n'importe quoi à Charleroi qu'on va supprimer les élections quand même!"


Cette réponse me semble en parfait accord avec un passage à propos du capitalisme et du marché sur le
 débat des propositions de Frédéric LORDON (voir article précédent) sur le blog de Paul JORION. Passage que j'ai souhaité relever dans ce blog car très instructif. Parmi les 4 personnes de l'échange, il y a bien sûr Paul JORION mais aussi Jean-Jégu dont le site est Argent et Société.


Après avoir lu cet échange, vous constaterez que le p'tit Didier n'a pas tout a fait tort, comme souvent d'ailleurs et souvent avec un aplomb incroyable! C'est ce qui fait sa force. Aussi filou que doué, il faut s'en méfier comme les eaux calmes du Loch Ness. Didier c'est aussi l'homme aux multiples cadeaux fiscaux aux plus gros capitalistes Belges et étrangers qu'il dit "contrôler". Didier, c'est aussi le principal instigateur des intérêts notionnels!


A lire:

* La galaxie Frère, Dexia-Winthertur, Axa, Fortis, ING… Les copains d'abord

* Didier RENDERS, l'homme qui parle à l'oreille des riches

* FORTIS 3 : « L’histoire du P’TIT DIDIER »

* Question d’un grand syndicaliste belge: qu’est-ce que les Intérêts Notionnels ?

* Belgique, pays de grosses légumes

* Budget : Les intérêts notionnels menacent les finances publiques
* Intérêts notionnels: 25 grandes sociétés empochent le magot


Mais revenons à ce fameux échange sur le blog de Paul JORION:


Jean-Paul dit :

29 septembre 2008 à 14:36

@Paul Jorion

On lit de plus en plus d’analyses et de diagnostics très pertinents sur la crise actuelle, mais je trouve curieux que les esprits critiques et brillants qui les conduisent n’aillent pas toujours au bout de leur raisonnement : comme disent les économistes,- à juste titre pour une fois -, le marché est de loin « la moins pire des solutions », au moins pour tous ceux qui considèrent qu’un minimum de transparence et d’égalité de traitement entre les acteurs de la vie économique est une chose souhaitable ; La spéculation est finalement son pire ennemi car, pour établir les prix, elle substitue une sorte de joyeux « n’importe quoi » ésotérique, souvent fondé sur la rumeur et l’approximation, à la saine confrontation « démocratique » aussi transparente que possible entre l’offre et la demande. Si l’on veut éviter les dérives spéculatives, il faut simplement commencer par interdire toute forme de rémunération, - qu’elle soit personnelle ou « corporate » -, dont le volume soit lié directement aux volumes des écarts de cours, qu’il s’agisse de gains ou de pertes, et, au contraire, rémunérer au maximum quand le « cours » reste stable.


Cette refondation des mécanismes qui régissent les marchés en général et le marché financier en particulier, est d’autant plus urgente que le développement durable étant in fine une machine sédentaire extrêmement couteuse destinée à réduire les aléas, - qui, schématiquement substitue aux outils rustiques et peu couteux de cueillette, une infrastructure de production -, il est sans doute pour le moins illusoire d’espérer que le système actuel peut le promouvoir sérieusement car, vivant de spéculation sur la rareté et l’extrême mobilité, il sait très bien que ce modèle de développement a pour objectif ultime de tuer sa poule aux œufs d’or.
 

Jean Jégu dit :
29 septembre 2008 à 17:34

@ Jean-Paul

“Comme disent les économistes,- à juste titre pour une fois -, le marché est de loin « la moins pire des solutions », au moins pour tous ceux qui considèrent qu’un minimum de transparence et d’égalité de traitement entre les acteurs de la vie économique est une chose souhaitable”


A mon avis il ne faut pas confondre “marché” et “capitalisme”.Le marché existe depuis bien plus longtemps que le capitalisme. On peut, me semble-t-il, être farouche partisan des marchés (des biens et services réels) et aussi vigoureusement anticapitaliste. Certes il faut être reconnaissant à celui qui vous prête un outil et se faire obligation de lui rendre en aussi bon état que quand il vous l’a prêté, fusse-t-en lui en procurant un neuf. Mais on peut trouver anormal qu’il exige en retour 30 % du résultat de votre travail. D’autant qu’il est parfois légitime de s’interroger aussi sur la manière dont il s’est procuré le dit outil et pourquoi vous n’arrivez pas à en faire autant.


Revoir le commentaire de Paul Jorion sur les propos du Président Sarkosy (rue89, jeudi 25 septembre à 18:30) :
“La crise actuelle n’est peut–être pas la crise ultime du système économique fondé sur le marché, mais c’est très certainement une crise du *capitalisme* : le « capitaliste », c’est celui qui apporte le capital, c’est–à–dire l’investisseur. La spéculation est en train de tuer l’économie et également le système des marchés, mais elle est malheureusement au cœur-même du capitalisme : la spéculation, c’est la méthode-même du capitaliste.”



Jean-Paul dit :

29 septembre 2008 à 19:22

@ Jean Jegu

Tout a fait d’accord. Le capitalisme est une forme de totalitarisme comme une autre, qui n’a pas beaucoup de sympathie pour le marché, et fait même le plus souvent son possible pour l’éliminer au profit de monopoles ou d’oligopoles bien tenus. Les néolibéraux ont réussi à faire admettre l’amalgame entre les notions d’économie de marche et de capitalisme, au point que l’on ne peut plus critiquer le monopole des grandes sociétés sans être accusé aussitôt d’antilibéralisme primaire, ce qui est un comble.


Je crains que les tenants du capitalisme pur et dur ne profitent des difficiles mais nécessaires mutations actuelles et la peur panique qu’elles inspirent au plus grand nombre pour tenter de mettre en place un capitalisme régulé construit sur le modèle bien connu : « les bénéfices sont privés, mais les déficits qui les financent sont publics ». L’exemple du « bail out » américain n’a rien de rassurant de ce point de vue. Il me semble qu’il y a au moins deux préalables essentiels pour ramener le calme sur des marchés dignes de ce nom:


Mettre fin a leur régulation spéculative, que je mentionnais dans ma remarque précédente,


Limiter la monnaie à son rôle transactionnel ; la monnaie n’aurait jamais du devenir un outil de création de valeur en soi. Il est totalement anormal qu’un grand groupe industriel gagne plus d’argent en gérant au mieux sa trésorerie qu’en faisant bien son travail d’industriel, et assez scandaleux que les virtuoses de la « Finance » qui obtiennent ces brillants résultats fassent l’objet d’un traitement comparable a celui des vedettes du monde du spectacle. Quoique….. Après tout, il n’est peut-être pas illogique que les vendeurs de rêves tarifés au prix fort soient tous traités sur un pied d’égalité.
 

Pierre-Yves D. dit :
29 septembre 2008 à 23:26

@ Paul Jorion, Jean Jegu,

Vous ne trouvez pas tout de même que la distinction entre marché et capitalisme est toute théorique si l’on examine le marché et le capitalisme réellement existants ?


S’agissant du marché, comme dirait Weber, il s’agit plus d’un idéal type que d’une réalité. Dire qu’il faut réintroduire un peu de transparence ne change les choses que de façon superficielle. Il y a longtemps que le marché n’a plus aucune transparence, tout au moins si l’on s’en tient à la conception libérale du marché.


Le marché, du point de vue du libéralisme économique, dans son sens le plus basique, et duquel a dérivé la conception économique classique synthétisée par Adam Smith, c’est un lieu d’échange unique, primitivement le marché local, lieu physique, où différents acheteurs et vendeurs s’échangent des produits et services et en déterminent le prix en toute transparence, les différents agents connaissant tous les autres. Évidemment l’image qui revient c’est celle du commissaire priseur. Par extension Le Marché a désigné l’ensemble des marchés, plus ou moins coordonnés, et supposés s’autoréguler, et c’est une grande partie de la réflexion économique de Smith.


Le problème c’est que cette vision des choses est une vue de l’esprit, car si du temps d’Adam Smith les différents acteurs économiques pouvaient avoir une connaissance relativement exacte de l’état du marché, les marchés demeurant relativement locaux, producteurs, travailleurs et consommateurs occupant des espaces géographes relativement homogènes, avec l’essor du capitalisme et la Révolution industrielle qui lui était associé, la transparence et l’égalité ont vite disparu. Les économies nationales étaient mises en concurrences, et le colonialisme n’était pas le moindre facteur des distorsions. Cette distorsion apportée à l’idée primitive de marché fut d’ailleurs justifiée et en germe dans le propos même de Smith lorsque celui-ci introduisait l’idée de la division du travail. En effet, la division du travail au sein des entreprises fait des travailleurs une simple force de travail. Et, détail crucial, une force de travail disponible sur le marché, le marché du travail.


Plus tard Ricardo introduira la division internationale du travail. Il s’agira alors d’optimiser l’allocation des facteurs de production en fonction des spécificités et opportunités qu’offrent les différentes économies.


Un marché défini en termes de libéralisme n’est pas incompatible avec le capitalisme pour la bonne raison que la transparence revendiquée y est fondamentalement impossible.
Il est en effet impossible aux différents agents économiques de connaître les motivations, les plans, des concurrents car l’analyse classique surdétermine le rôle de l’entreprise et fait ainsi l’impasse sur les ressorts humains, sociaux, pour expliquer le développement économique, et donc l’évolution des marchés. L’économie classique est calquée sur le modèle newtonien, linéaire, le chaos, la rupture est son impensé. Si les agents économiques sont capables d’anticiper rationnellement les mouvements de la production c’est que la concurrence a disparu, comme dans le capitalisme d’État soviétique, à l’économie planifiée.


Libéralisme et capitalisme n’ont pas évolué de façons autonomes. Le capitalisme n’a cessé de dicter sa loi au libéralisme. Et le libéralisme en retour a fourni l’idéologie du capitalisme, du moins en occident. Le principe même du libéralisme économique fondé sur l’idée de concurrence libre et non faussée est une contradiction dans les termes (Si seulement Didier et tous les libéraux pouvait intégrer cela). En effet, dès lors qu’il y a liberté économique, c’est à dire d’entreprendre, de commercer, de produire, les capitalistes vont n’avoir de cesse d’essayer d’éliminer leurs concurrents, de capter les marchés à leurs profits. D’où rapidement la formation de monopoles, oligopoles, ententes. Mais, alors, on objectera peut-être, c’est le rôle de l’État que de fournir aux entrepreneurs un cadre juridique, institutionnel permettant de garantir l’égalité, la concurrence. On retombe alors dans la contradiction puisque le libéralisme se prétend fondé sur la liberté d’entreprendre. Dès qu’il y a un cadre juridique, des arbitrages qui sont rendus, de la liberté il ne demeure plus que le nom. Dans une économie mondialisée la chose est encore plus évidente. Des réglementations trop strictes livrent l’économie nationale à la concurrence, distordant alors le marché au profit des investisseurs ou exportateurs extérieurs. Voir aussi sur ce blog "DOGME 6: libre expression de la concurrence".


Pour aborder la période contemporaine proprement dite, me semble très intéressantes les réflexions du philosophe Bernard Stiegler sur l’hyper capitalisme. Elles précisent la signification de ce que représente le marché dans le système capitaliste d’aujourd’hui. Si l’on considère que le marché est à l’interface entre producteurs et consommateurs, on peut dire que le marché où producteurs et consommateurs forment un milieu associé (Internet dans le domaine de la télécommunication en est un exemple emblématique) tend à s’amenuiser comme peau de chagrin. Le modèle fordiste - avec toutes ses tares - était à cet égard une certaine forme d’économie associée. Producteurs et consommateurs formaient un ensemble économique homogène. Or, depuis quelques décennies le marché tend à devenir l’interface d’une opération de dissociation entre production et consommation. Le temps nécessaire pour l’appropriation culturelle des objets mis en circulation tend à disparaître. Les objets sont conçus de telle façon que l’on puisse les utiliser de façon durable et surtout aliènent le consommateur en raison de leur possibilités limitées d’avoir un usage social et-ou créatif. Une autre caractéristique de l’hyper capitalisme est que l’on vend plus des services que des marchandises. Des compétences, même basiques, qui jusque là étaient du ressort de la culture personnelle deviennent des services marchands. L’usager perd alors son savoir-faire.


Le marché est en définitive le lieu - parfois virtuel - où s’exerce un contrôle, une manipulation des consommateurs, via la publicité, le marketing et les industries du spectacle et de la culture.
La grande affaire du capitalisme industriel n’est plus alors de produire des travailleurs qui consommeront mais de produire en aval les modes de vie le plus aptes à répondre aux besoins du capital. Le concept de société de marché prend alors ici tout son sens.


D’une certaine façon l’hyper capitalisme industriel — l’industrie financière mis à part — a résolu le problème des anticipations rationnelles puisqu’il a pris le contrôle des esprits, et même, ajoute Bernard Stiegler, au lieu d’exploiter la libido des consommateurs, il en vient désormais à exploiter les pulsions après avoir comme épuisé le filon de la libido. Ce qui devrait d’après le philosophe conduire à l’autodestruction du capitalisme. Cet auteur indiquait par ailleurs que le renoncement au développement anarchique et démesuré de la finance, le véritable principe directeur du capitalisme actuel, était la condition sine-qua-non pour entamer toute réforme du capitalisme, en attendant d’aller vers un autre modèle économique.


Autant dire que dans ces conditions, du marché, il ne reste que les apparences : les flux de capitaux, de marchandises et de services. Les êtres humains libres et égaux deviennent eux les jouets, les proies d’un capitalisme sans vergogne qui, de fait, opérationnellement, réduit toute dimension humaine, sociale, culturelle, politique, au simple calcul de l’intérêt. La tempête financière qui souffle actuellement sur le capitalisme ouvrira-t-elle quelques brèches par lesquelles un peu plus de démocratie s’introduira dans un système où les êtres humains sont devenus les esclaves d’une certaine vision du monde, d’un type d’économie qui a colonisé tous les secteurs de la vie?


Bref, à la distinction marché capitalisme, à mon sens peu opérante, ne faudrait-il pas subtituer la distinction démocratie capitalisme ?


Le capitalisme a absorbé a son profit l’idée de marché mais c’est à reculons que la démocratie y a fait son entrée et la plupart du temps elle en a surtout été l’ennemie, comme vous le dites Paul Jorion en assimilant capitalisme et totalitarisme.


La réalité la plus ordinaire est que la démocratie s’arrête aux portes du monde des entreprises. Nous sommes tellement habitués à l’idée que la démocratie c’est le système républicain et parlementaire que nous oublions cette évidence.

 

Repost0
12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 22:20

Dans ce billet 3 documents et 3 concepts pour tenter de comprendre la crise financière. Pour terminer, un débat sur l'interdiction des produits dérivés du monde financier et une proposition innovante de Frédéric LORDON pour pallier au dilemme de la politique monétaire sur le taux d'intérêt.

 

3 documents

1. Comment pousse la monnaie?

La figure ci-dessous (issue du Power Point Comment pousse la monnaie ?) donne une idée simplifiée du principe de multiplication du crédit. Pour une explication complète, lire La création monétaire pour les nuls.

 

 

 

2. Les_Subprimes_pour_les_nuls.pdf

Les banques n'assument plus le risque, elles le cherchent et le vendent.

Voir aussi article de ce blog Petit lexique financier pour novice

 

3. L'argent en tant que dette…

Money_as_Debt.pdf, texte du film "Money as Debt" de Paul Grigon.
Site officiel pour commander la vidéo www.moneyasdebt.net


La dette des gouvernements, corporations,... a pris des proportions astronomiques. D'où vient cet argent? Comment peut-il y avoir autant d'argent à prêter. La réponse est...qu'il n'y en a pas, l'argent est une dette. Sans dette il n'y aurait pas d'argent.


Ci-dessous, 2 extraits du texte "money as debt". Lire, page 4 et 5 si vous n'avez pas beaucoup de temps.


Les banques ne peuvent employer ce système monétaire qu'avec la coopération active du gouvernement.
Tout d'abord les gouvernements font passer des lois instituant l'usage de la monnaie fiduciaire nationale, deuxièmement ils autorisent que les crédits privés bancaires soient convertis en devises gouvernementales, troisièmement les tribunaux font respecter les dettes... Et finalement les gouvernements font passer des régulations pour protéger le fonctionnement du système monétaire et sa crédibilité auprès du public, sans rien faire pour l'informer de la provenance réelle de l'argent.

 

Dans la vie réelle, un prêt signifie que le prêteur doit avoir quelque chose à prêter. Si tu as besoin d'un marteau, le fait que je te prête une promesse de fournir un marteau que je n'ai pas ne sera pas d'une grande utilité. Mais dans le monde artificiel de l'argent, la promesse d'une banque de payer de l'argent qu'elle n'a pas est reconnue comme monnaie, et nous l'acceptons telle quelle.
 

3 CONCEPTS: effet de levier, titrisation & rehausseur de crédits

La multiplication du crédit tiens en deux grands concepts, l'effet de levier et la titrisation. Il y a bien aussi les "rehausseurs de crédits" mais ils sont plus des acteurs qui aident à l'amplification du phénomène. Dans l'effet de levier il y a l'effet de levier d'endettement avec le principe de la réserve fractionnaire du système bancaire et l'effet de levier de marché "organisé" et libre.

 

Pratiquement tous les points ci-dessous (texte en Italique) sont issus de l'excellent texte Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières

 

A. EFFET DE LEVIER

L'effet de levier est en général défini comme la capacité de prendre une position sans disposer préalablement en propre de la totalité des fonds.

 

A.1. Effet de levier d'endettement

Il s'agit du recours à de forts taux d’endettement comme démultiplicateur de la rentabilité brute. Les agents prennent alors des positions qui peuvent excéder considérablement leurs capitaux propres, situation extrêmement dangereuse lorsque les paris spéculatifs tournent mal.

 

Concernant les banques, la principale contrainte consiste en un respect d'un certain ratio d'endettement par rapport au montant réellement en caisse (monnaie centrale et monnaie fiduciaire). Ce ratio était le ratio de Cook et il était fixé à 8% pour toutes les banques et tous les crédits accordés. Depuis les accords de Bâle II, ce ratio est variable - bien souvent en dessous de 8% - c'est le ratio McDonough. Le calcul de ce ratio "McDonough" occupe une bonne partie des projets d'une banque. Sur wikipédia, vous pourrez lire à propos du ratio de McDonough qu'il est plus fin que le ratio Cooke auquel il succède car il prend en compte le risque plus ou moins élevé des différents prêts accordés. Ah bon??? A l'évidence, ce ratio, comme dirait Frédéric LORDON, a eu quelques absences?!

 

Il est inutile de souligner la gravité des conséquences lorsque les agents en question sont des banques, à plus forte raison des banques de dépôt… Bien loin des aimables bluettes de certains manuels d’économie financière qui nous laissent croire que la valeur usuelle des leviers tourne entre 2 et 5, on rappellera que la banque Bear Stearns était leviérisée à 35 et le Hedge Fund Carlyle Capital Group à 32… avant de faire faillite l’un et l’autre. Dans le cas de Bear Stearns, la régulation prudentielle et ses ratios de capital (Cooke ou McDonough) ont eu à l’évidence quelques absences. C’est pourquoi il faut reconstruire des ratios réglementaires limitant strictement les effets de levier d’endettement (on verra ci-dessous qu’il est aussi une autre sorte d’effet de levier – à combattre tout autant, et pour les mêmes raisons de fond). On dira que telle était bien en un sens l’intention du ratio de capital lui-même en définissant les engagements risqués comme multiple des capitaux propres. Force est cependant de constater qu’en cette matière, l’échec aura été à peu près complet.

 

Les transactions de produits dérivés se distribuent en deux grandes catégories : transactions sur des marchés dits organisés ou bien sur des marchés de gré-à-gré (ou encore OTC, pour Over The Counter).

 

A.2. Effet de levier sur marché "organisé"

Toutes les transactions sur les marchés organisés passent par l’intermédiaire d’une chambre de compensation qui est la contrepartie commune de tous les intervenants : la chambre de compensation est l’acheteur de tous les vendeurs et le vendeur de tous les acheteurs. La chambre de compensation impose à tous les intervenants des avances de fond qu’on appelle dépôt de marge. Ce dépôt de marge est une sorte de coussin de sécurité dont l’épaisseur est beaucoup moins grande que les positions elles-mêmes puisqu’il n’est destiné qu’à enregistrer les variations de prix et à solder les éventuelles moins-values.

 

La grande caractéristique des transactions sur dérivés (quel que soit le marché) est en effet la suivante : portant sur des promesses de vendre ou d’acheter, donc d’encaisser ou de payer, à une certaine échéance, elles ne nécessitent pas en principe de mise de fond immédiate au moment où elles sont conclues. Les opérateurs s’y engagent donc en quelque sorte à découvert, au sens où ils ne sont tenus à aucun apport de fonds propres (et même de fonds tout court !) au moment de la passation du contrat. (…) L'obligation de mise de fond préalable est tellement maigre qu'un apport de 1000 dollars permet de prendre une position de 375.000 dollars sur le marché des futures de l’indice S&P500.

 

Ce levier lié à l’organisation particulière des marchés dérivés vient donc se superposer au levier d’endettement proprement dit (voir proposition 3) – un opérateur pourrait en effet très bien avoir emprunté 900 des 1000 dollars requis pour le dépôt de marge et s’être engagé sur les 375.000 dollars de futures avec… juste 100 dollars en poche !

On ne s’étonnera donc pas que Bear Stearns avec 8 milliards de dollars de capitaux propres se soit retrouvé engagée, tous produits dérivés confondus, à hauteur de… 13.400 milliards de dollars ! (…) 13.400 milliards de dollars de risque de contrepartie que faisait peser Bear Stearns sur la communauté financière internationale, puisque en cas de faillite, il y aurait eu pour 13.400 milliards de dollars de transactions non réglées…

 

A.3. Effet de levier sur marché de gré à gré (ou OTC pour Over The Counter)

Comme si ce n'était pas assez, nous voici en No Mans Land…

Par opposition aux marchés organisés, les produits dérivés s’échangent également sur des marchés dits de gré-à-gré (ou OTC, Over the Counter) qui, comme leur nom l’indique, consistent en la simple mise en relation bilatérale des contractants sans intermédiation d’une place (chambre de compensation). Pour le coup, sur l’OTC il n’y a aucun organisme médiateur qui vienne exiger une mise de fonds préalable, fût-elle aussi minime que les dépôts de marge. Il n’y a donc rien qui vienne limiter les positions que peuvent prendre les opérateurs à découvert de fonds propres. Le levier théorique y est par conséquent… infini !

Ces marchés et leurs produits – on pense en particulier aux Credit Default Swaps (CDS) qui sont libres de tout financement préalable (et pour cette raison dits unfunded). Ces marchés et leurs produits sont donc au principe d’une accumulation invraisemblable de risques sans contrepartie.

 

B. TITRISATION

La titrisation permet aux banques de se défaire de leurs crédits aussitôt qu’accordés, et de les vendre sous la forme de créances négociables sur des marchés ad hoc. On se demande rétrospectivement comment il est possible de s’étonner que cet instrument de défausse systématique du risque de crédit ait conduit à un effondrement de la sélectivité des prêts – jusqu’à faire surgir la catégorie des prêts subprimes.

 

L’instrument de la titrisation est particulièrement dangereux car il a la propriété de soustraire le comportement bancaire d’émission de crédits, donc de risques, à toute régulation prudentielle. En effet les banques sont normalement limitées dans leur politique de crédit par les règles prudentielles qui les contraignent à réserver du capital propre à hauteur de 8% du total de leurs encours risqués. Mais les crédits titrisés sortent immédiatement du bilan des banques puisqu’ils sont formellement cédés à des entités juridiques distinctes, les Special Purpose Vehicles (SPV) – dont les fameux CDO (Collateralized Debt Obligations) ont été l’un des représentants les plus en vue lors de la crise du crédit. Par conséquent, des risques-crédit sont émis, et même en quantité gigantesque, mais en échappant à toute provision prudentielle de capitaux propres puisque la banque s’en débarrasse dans l’instant – du point de vue de la supervision, tout se passe comme si ces crédits n’avaient simplement pas été accordés…

 

C. REHAUSSEUR DE CREDIT

Ils s’appellent "monoliners", "monoline" ou "réhausseurs de credit", ce sont les bonimenteurs de service. Ce sont eux qui ont permis aux banques de "transformer le plomb en or". Voir article Les monoliners, un autre maillon faible du système…. Le rehausseur de crédit attribue des notes aux différents crédits qu'il reçoit en prenant bien soin de ne pas communiquer l'origine et la nature des crédits reçus. S'ils étaient intègres et honnêtes nous n'en serions pas là…

 

DÉBAT SUR L'INTERDICTION DES PRODUITS DÉRIVÉS

Avant d'entamer le débat, qu'entend-on exactement par "produits dérivés"? Je reprends ici la définition fournie par Junon MONETA dans son livre II (la gestion désastreuse de l'Euro) ainsi que sa comparaison au concept mathématique de "dérivée première et seconde" que j'ai trouvé très parlant.

 

Les "produits dérivés" sont appelés comme tels parce qu'ils fonctionnent comme des "outils d'assemblage" de produits financiers existants, désignés par le terme de "sous-jacents": monnaies, marchés monétaires, actions, obligations, bons d'Etat, cotation des matières premières, créances… Or, les techniques d'assemblage sont finalement assez simples et peu nombreuses: avances de placements en devises, contrats de change à terme, swaps de devises ou de taux, arbitrage de cours, des prix et des taux, et répartition des risques entre plusieurs intervenants (les Fonds Communs de Créances, opérant un peu comme les Sociétés de Réassurances).

 

Dans le concept "d'économie monétaire dérivée" le terme "dérivée" signifie bien "dérive" sur le plan philosophique et moral. Par ailleurs, il est assimilable au concept mathématique de "dérivée première", et même de "dérivée seconde". En effet, la quantité de liquidités (sous la "haute surveillance" des banques centrales) a non seulement augmenté la vitesse de circulation des règlements (dérivée première) mais elle a aussi augmenté leur accélération (quand la vitesse est déjà importante) sont toutes les deux des causes majeures d'accidents graves. Dans ce cas, elles provoquent même des accidents mortels à l'échelle des régions et des nations.

Cette fois, les risques sont partout, et les liquidités tueuses n'arrêtent pas de tuer (livre I). Les Américains inventent les "marchés de risques": on ne vend plus des biens et des services réels, mais des risques. Et ces risques sont de plus en plus importants puisque les liquidités sont de plus en plus importantes et de plus en plus concentrées.

 

Interdire les produits dérivés?

Concernant ces dérives financières avec leurs multiples produits dérivés, Frédéric LORDON, dans son article Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières, propose l'interdiction pure et simple de ceux-ci.

 

Argument de Paul JORION suite à un débat sur l'article de Frédéric LORDON

Paul JORION avance qu'une interdiction aussi brutale n'est pas possible d'une part à cause du caractère mondial de la Finance et d'autre part à cause de certains effets "bénéfiques" des produits dérivés.

 

Pour le caractère mondial, il y a lieu de se poser la question de savoir si l'Europe peut être autosuffisante financièrement? Pour Frédéric LORDON, l'Europe ou plutôt "la Zone Européenne Financière (ZEF) n'a aucun besoin d'être inondée de capitaux extérieurs, elle en recèle suffisamment elle-même, ni encore moins que des institutions financières privées aillent chercher l'aventure au dehors, sauf à importer les aberrations de marchés qui resteront le propre des Zones Non Régulées (ZNR)". Cfr. principe 4 et proposition 9 de Frédéric LORDON. Par ailleurs, LORDON nous rappelle que les produits dérivés et la titrisation, deux des plus toxiques "innovations" financières, n'existaient pas avant les années 80. Jusqu'au début des années 90, les banques… ont fait leur métier de banquier: elles ont accordé des crédits, puis les ont conservés sur leurs livres jusqu’à l’échéance ; et il faudrait une certaine audace pour affirmer qu’elles s’en sont mal portées. Nous nous proposons de leur faire faire ce minime saut en arrière et de renoncer à nous convaincre que rien ne serait plus possible si on les privait de l’outil de la titrisation… (Cfr. Proposition 2).

 

Pour les effets bénéfiques de certains produits dérivés, Paul JORION cite le cas de ventes à terme qui permettent aux céréaliers de se prémunir contre la fluctuation des prix. Il dit encore qu'interdire les produits dérivés serait malvenu puisqu’ils favorisent des stratégies de couverture qui réduisent les risques accompagnant les variations de prix. Notons cependant que les fluctuations de prix du marché sont aussi liées aux pratiques de ventes à terme et de produits dérivés, un peu comme les taux d'intérêts bancaires sont aussi responsable de l'inflation. Tout cela pour le plus grand bien du Capital au détriment du Travail. Paul JORION précise donc qu'il est préférable de "faire dans la nuance" tout en ajoutant par la suite que cela peut vouloir dire "mettre des emplâtres sur des jambes de bois" et de proposer le résultat d'une longue et très intéressantes discussion lancée sur son blog: "une refonte totale du système avec l'écriture d'une constitution économique et un projet de réforme de la monnaie (beaucoup d'intervenants de qualité)" comme le propose d'ailleurs LORDON.

 

Toujours à propos de ces fameux effets bénéfiques des produits dérivés, voici la contre argumentation d'un certain Bernard, que je trouve tout à fait pertinente:

 

(…) le concept même de "marché à terme" est pour moi dangereux dans son essence, car il introduit une distorsion, au moins monétaire, dans l’espace-temps, en introduisant un effet de cliquet (de garantie) pour le céréalier par exemple qui en est une bonne illustration.

Cet effet de garantie a deux types d’inconvénients:

 

Dans le monde réel:

- il est généralement biaisé car issu d’un rapport de forces global qui contredit l’"atomisation" des producteurs condition nécessaire à la théorie de la libre concurrence.

- il déconnecte le céréalier de la réalité

- il est dissymétrique par rapport aux consommateurs qui le subissent et n’ont pas d’assurance donnée par le marché pour ceux qui doivent acheter du pain pour subsister.

 

Dans le monde financier:

- il génère la spéculation en même temps qu’il protège contre elle puisqu’il permet de dégager un profit sur toutes les positions qui ont pu être dégagées dans des conditions avantageuses.

Et cette monnaie a la possibilité de se matérialiser dans des actifs qui ne sont pas tous virtuels! Et ceci est tout simplement la “particularité bizarre” qui a l’air de vous surprendre. Et attention au contresens, l’effet est plutôt de faire crever de faim s’ils tournent bien !!!

 

Pour terminer, la proposition 8 de l'article Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières de Frédéric LORDON a retenu toute mon attention car elle fait mention d'une politique monÉtaire dÉdoublÉe. Voir aussi article Comment protéger l'économie réelle.

 

Si la spéculation se nourrit de flux de liquidités, dont le crédit représente une bonne part, il est clair que la politique monétaire lâche est une signalée contribution aux bulles financières. A contrario, il suffirait de relever les taux d’intérêt pour priver les marchés d’une part significative de leur carburant… mais au risque, évidemment d’étouffer l’économie réelle en même temps que l’économie spéculative ! On ne sortira pas de ce dilemme qui tient à l’existence d’un seul instrument – le taux d’intérêt – pour une multiplicité d’objectifs contradictoires – l’activité productive d’un côté, la stabilité financière de l’autre – sans… démultiplier les instruments. C’est précisément à cette fin qu’a déjà été avancée la proposition d’une politique monétaire dédoublée, munie d’un taux d’intérêt pour refinancer les banques à hauteur de leurs concours à l’économie réelle, et d’un autre taux d’intérêt pour les refinancer à hauteur de leurs concours à la sphère financière. Ainsi devient possible d’élever le taux d’intérêt « spéculatif » à des niveaux meurtriers, tout en maintenant le taux d’intérêt « productif » à des niveaux maximisant la croissance et l’emploi.

 

Ce dédoublement du taux d'intérêt me fait penser à un projet de monnaie complémentaire qui existe depuis plus de 20ans mais qui ne perce pas faute d'engagement politique et citoyen. Ce projet de monnaie complémentaire, c'est LE ROBIN! Si le double taux d'intérêt de Frédéric LORDON sert à départager l'économie réelle de l'économie spéculative. Le Robin de Jean-Marc FLAMANT servirait à départager, sans prétention ni suffisance, le coté égoïste et le côté altruiste de l'homme. Le Robin est une nouvelle monnaie complémentaire à l'euro. Une monnaie sans intérêts au profit de l'humanisme et de l'écologie. Parce qu'il ne semble pas possible ni souhaitable de changer de système du jour au lendemain et parce que l'Europe se targue de vertus humanistes et écologiques, pourquoi n'adopterait-elle pas une monnaie complémentaire au service de ces vertus? Le principe du Robin c'est de dédoubler notre monnaie d'une réelle face humaniste plutôt qu'une seule et même face égoïste de thésaurisation et de capitalisation… Lire Le robin : PROJET DE SOCIÉTÉ À DOUBLE VALEUR DE RÉFÉRENCE pour creuser la question…

 

J'ose espérer qu'après avoir sauvé le système financier, nos gouvernements prendront les mesures, sanctions et réformes nécessaire de ce fameux système financier ET de son acolyte, le système bancaire et monétaire. Et tant qu'à faire, rêvons un peu, que nos gouvernements se penchent sérieusement (comme au Japon) sur l'adoption d'une monnaie complémentaire qui ferait beaucoup de bien "social et écologique" à l'économie réelle.

 

Des réformes économiques et financières s'inspirant largement des propositions du mouvement ATTAC dont Dominique PLIHON, Jean-Marie HARRIBEY et Frédéric LORDON sont les principaux porteurs en France...

L’abrogation de l’article 56 (renuméroté 63) du Traité européen consolidé est un préalable à toute reréglementation financière sur une base européenne. Tel est l’objectif défendu par le mouvement « Stop Finance » (
www.stop-finance.org). Voir également l'excellent article de Jean-Marie HARRIBEY Deux petits articles de traité et puis plus rien?

 

Dominique PLIHON (président du conseil scientifique d'Attac) donnera une conférence Jeudi 23 Octobre 2008 en compagnie d'Eric TOUSSAINT (président du CADTM). Conférence organisée par Attac Liège, qui se donnera à l'Art.23 à 19h30, Place Emile Dupont, 1 à 4000 Liège.

Repost0
4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 23:52



Un petit extrait du site
les mots ont un sens: Franklin Roosevelt disait que "le premier des droits de l'homme est celui de pouvoir manger à sa faim", aujourd'hui, notre élite économique lui rétorque que "le premier des droits de l'homme d'affaire est de pouvoir affamer à sa guise".  Mais rassurez-vous, les pauvres... vous ne faites pas ça pour rien. Un jour, quelque part, un actionnaire bien en chair aura une petite pensée pour vous, du haut de son yacht flambant neuf. A moins qu'il ne soit trop occupé à spéculer à la hausse sur les denrées alimentaires.

A quand l'emprunt pour pouvoir respirer, bouger, danser, vivre???

La croissance (matérielle) n'est possible que grâce à UN GROS MENSONGE appelé crédit ou dette. La croissance n'est possible que grâce à l'exploitation de la crédulité et des faiblesses humaines via la publicité, le marketing et le démarchage commercial.

 

Exploiter les Autres et la Terre a toujours été possible mais aujourd'hui, mondialisation oblige, les limites matérielles et morales se font de plus en plus pesantes. Acheter à crédit, selon les règles en vigueur et selon l'actuelle conception de l'économie et de la richesse, c'est jouer dans l'espace et le temps pour obtenir tout de suite ce qu'il n'est matériellement et raisonablement pas possible d'obtenir autrement. Acheter à crédit, tel qu'on nous le propose tout le temps, c'est mentir. C'est mentir sur l'avenir, mentir sur l'état de la planète, mentir sur notre autonomie et celle des autres. C'est ignorer les limites par pur égoïsme. Un ego conditionné par l'espace et le temps et pilier de notre système économique. Raison pour laquelle les véritables portes de sorties consistent en deux mots clés: LOCAL et PRESENT.

Dramatique est la baisse du pouvoir d'achat. Mais d'autant plus dramatique est le peu de lucidité de ceux qui s'en plaignent. Ceux qui manifestent un jour et qui ont contracté un emprunt chez leur concessionnaire auto la veille. Ceux qui crient le plus tant ils sont accros aux fastes éphémères d'un régime de dépendance et d'acquis matériels individuels. Il y aurait pourtant lieu de bien comprendre les tenants et aboutissant du système capitaliste concurrentiel dans le quel nous baignons tous et que beaucoup encensent encore trop souvent. Un système de pressurisation sociale et environnemental pour le plus grand bien du capital. Un système à "basse pression salariale" - comme le dit si bien Frédéric Lordon - et à "haute pression d'endettement" ou pourrait-on dire à "haute pression d'arraisonnement et d'égoïsme".


Ci-dessous, quelques extraits du texte
Changement d'époque, par Frédéric LORDON.

 

Pouvoir d'achat

Le contresens de la concurrence dans la grande distribution comme stratégie de redressement du pouvoir d’achat est exemplaire de l’impasse systématique qui fait attraper le problème par le côté des prix et jamais par celui du salaire : lorsque le salarié revendique, on répond au consommateur… Mais la baisse des prix qu’on sert à ce dernier est cela même qui met sous pression le salaire nominal du premier, puisque l’ajustement concurrentiel des prix procède par celui des coûts… salariaux !

Merveille de la concurrence et preuve s’il en fallait de la remarquable cohérence interne du capitalisme déréglementé, les salariés jetés à la rue par un plan de délocalisation, décidé au nom de la compétitivité des prix, n’ont pas d’autre ressource que d’aller faire leurs courses au hard discount qui est l’extrémité la plus féroce de la chaîne concurrentielle, et activent précisément tous les mécanismes dont ils viennent d’être les victimes. Les salariés, à leur corps défendant, donnent ainsi « raison » à l’enchaînement même qui les maltraite, et contribuent, faute de toute autre possibilité, à le reconduire. On peut donc être tout à fait certain que les efforts déployés pour sauver le pouvoir d’achat par la concurrence n’auront d’autre effet que de précipiter le salariat un peu plus profond dans la difficulté matérielle, et ceci jusqu’au point où « s’imposeront » comme seules solutions restantes celles qui ont déjà été si bien pratiquées aux Etats-Unis : l’allongement de la durée du travail – mais nous y sommes déjà – et le relais massif des revenus défaillants par le crédit à la consommation – juste deux petites décennies de retard.

 

ENDETTEMENT

(…) L'endettement c'est la drogue dure d'un régime de croissance à basse pression salariale (…)

 

Le crédit:

Mais les journées n’ayant que 24 heures et les limites en cette matière étant vite atteintes, la véritable parade au défaut de consommation intrinsèque au régime de déréglementation générale s’impose comme une évidence : l’endettement ! Si le pouvoir d’achat des ménages stagne ou régresse, mais que le capital réclame malgré tout des débouchés intérieurs, quoi de plus logique que d’étendre par le crédit la capacité de dépense des salariés au-delà de leur revenu ? On ne s’étonnera pas qu’aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, qui ont quelques longueurs « d’avance » dans cette pente, le taux d’endettement des ménages par rapport à leur revenu disponible soit respectivement de 120% et 140%... Le président Sarkozy se flatte qu’il n’en soit pas ainsi en France. Mais tout ce qu’il fait y mène, ou plutôt y mène encore plus vite, car ce taux, de 68% en 2006, explose littéralement depuis dix ans, date d’installation dans un régime de « mondialisation franche », qui trouve ici un de ses symptômes les plus caractéristiques.

 

La titrisation:

La titrisation est une technique qui permet aux banques de se défaire de leurs crédit aussitôt qu'accordés, et de les vendre sous la forme d'instruments négociables à des agents généralement non-bancaires et sur des marchés ad hoc. La titrisation à permis aux banques de se libérer de leurs contraintes d’émission, elle a permis de propulser dans l’économie des volumes de crédits supplémentaires astronomiques, autorisant ainsi de nombreux ménages, à qui leurs revenus sous pression l’interdisaient formellement, de financer les trois gros postes de l’existence étasunienne, à savoir la maison, la voiture et les études universitaires des enfants. On dira que ce sont là des investissements qui n’ont aucun caractère distinctif et qu’on les retrouverait, à l’identique, acquittés par les ménages européens. À ceci près, d’une part que, dans bon nombre de pays européens les études universitaires sont sinon gratuites, du moins peu coûteuses, et qu’aux Etats-Unis le poste « université » est parfois plus proche en volume de la maison que de l’auto. Et d’autre part que la titrisation combinée à l’agressivité du marketing bancaire a entraîné dans la dette immobilière des catégories de ménages qu’on n’aurait jamais laissé y entrer ailleurs – les subprimes bien sûr.

 

Enfin, pour que le tableau soit complet, encore faut-il y ajouter que, loin de s’être cantonné au financement de ces biens durables, sortes d’équivalent de l’investissement pour les ménages, le crédit bancaire étasunien s’est en fait avéré le complément indispensable du financement des dépenses courantes auxquelles le seul salaire ne suffit plus à pourvoir. C’est pourquoi dans les grandes masses de crédits titrisées, à côté de l’immobilier, des crédits autos et des prêts étudiants, on trouve les cartes de crédit. Drogue dure d’un régime de croissance à basse pression salariale, la dette des ménages est poussée jusqu’à ses dernières limites. Ainsi le procédé du Home Equity Loan ré-extrait de la capacité d’endettement au fur et à mesure que le ménage rembourse sa dette immobilière et à concurrence de la « part » de sa maison dont il est effectivement devenu propriétaire à tel moment de son calendrier de paiement. Il n’est donc pas besoin qu’un emprunt soit intégralement soldé pour pouvoir en recontracter un autre. Au fur et à mesure qu’un ménage se libère d’une dette ancienne, il est déclaré apte à en porter immédiatement une nouvelle.

 

Mais encore:

Mais il faudrait faire la liste complète de ces procédés, et pas seulement financiers, par lesquels les institutions financières s’efforcent d’étirer au maximum la capacité d’endettement des ménages et surtout de la saturer en permanence, pour ne pas même parler des intérêts quasi-usuraires (les cartes de crédits peuvent porter des intérêts allant couramment jusqu’à 20 voire 30%), des frais divers exorbitants qui aident les prêteurs à tondre un peu plus leurs clients, et surtout de ces formes de démarchage séparées de l’escroquerie pure et simple par des nuances de plus en plus ténues, comme celle qui fait matraquer des personnes déjà quasi-faillies avec de nouvelles offres : « We think you deserve more credit » (« Nous pensons que vous méritez plus de crédit ») annonce joyeusement cette enveloppe reçue par une femme qui lâche déjà 28.000$ d’intérêts au titre de ses divers prêts sur son revenu annuel avant impôt de 48.000$ et vient de perdre son emploi ; « you are prequalified » poursuit l’enveloppe porteuse de bonnes nouvelles, quelle chance ! – quelle tragique ironie [3]… L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), l’une des agences de supervision des banques, a fini par s’émouvoir de pareils excès et surtout de ce que l’approche du crédit par les banques a sensiblement changé en quelques années : « le point important pour les prêteurs n’est plus tant que les crédits à la consommation soient remboursés mais que les prêts deviennent (pour les banques) des actifs perpétuellement rémunérateurs » – le mot important étant ici bien sûr « perpétuellement » – s’inquiète non sans raison Julie Williams, chief counsel de l’OCC [4].

 

Petites crises et grande crise du capitalisme étasunien

1) le cours du capitalisme est scandé en périodes au cours desquelles l’accumulation du capital s’opère selon une certaine « logique » d’ensemble – on parle de régime d’accumulation ;

2) cette logique, toujours imparfaite, engendre continûment des déséquilibres mais rattrapés dans le cadre du régime d’accumulation et par le jeu même de ses mécanismes – on parle de petites crises ;

3) mais ceci seulement jusqu’au point où un cumul de tensions, non pas venues du dehors mais engendrées du fait même de la logique d’accumulation en place, ne peut plus être accommodé « de l’intérieur », ouvrant une grande crise qui signale l’arrivée aux limites du régime en place et n’admet pour résolution que la reconstruction tâtonnante d’une nouvelle séquence historique d’accumulation du capital. Or, à bien des égards, la série des crises financières, et son « couronnement » par la crise du crédit font penser à la dichotomie régulationniste « petites crises » / « grande crise ». Devenus comme la marque de fabrique du capitalisme déréglementé, les accidents financiers à répétition ont été les manifestations successives des déséquilibres de valorisation constamment recréés du fait de l’instabilité intrinsèque des marchés de capitaux libéralisés, donnant incidemment du fonds à l’idée que, parmi les multiples déréglementations, celle de la finance occupe une place distinctive, puisque le régime d’accumulation en vigueur aura donné à ses « petites crises » des expressions presque exclusivement financières.

 

Conclusion

N’est-ce pas l’enseignement principal de cette n-ième, mais singulière, secousse de la finance en tant qu’elle signale les limites du régime d’accumulation où elle se trouve incluse ? Si l’alternative est bien celle que s’apprêtent à rencontrer les Etats-Unis, à savoir le binôme « concurrence dépressionnaire du pouvoir d’achat et relais par le crédit titrisé » ou bien « finance un peu re-régulée et croissance molle », la conclusion s’impose avec évidence : fermer le privilège de profitabilité de la finance se justifie en soi, mais si la question véritablement posée déborde le seul cadre de la finance, alors la réponse se doit d’avoir la même extension. En d’autres termes, s’il n’y a pas crise de la « finance seule » mais crise – avérée ou à venir – du régime de croissance, c’est l’ensemble des formes institutionnelles du « capitalisme déréglementé à dominante financière » qui appelle une profonde transformation – et notamment d’engager celle de la concurrence immédiatement après celle de la finance.

Repost0
29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 20:15

A. Avant-Propos.

Dans ce deuxième article sur FORTIS, nous allons essayer de comprendre les raisons véritables d’une telle dépréciation de son action en bourse [1] (-84,5% en dix-sept mois) alors que la crise des « subprimes » n’avait affecté ses comptes 2007 que de -2,5MD€.

Mieux, cette provision « subprimes » représente un « manque à gagner » bien plus qu’une perte puisque, grâce à l’Etat belge, FORTIS a pu annoncer un bénéfice net de 4MD€. Sans les cadeaux fiscaux en 2007, et sans une reprise de provisions antérieures « bidon », FORTIS aurait dû enregistrer un bénéfice net d’environ 1,5 milliard d’euros…

Il est donc intéressant de comprendre les raisons d’une telle incohérence apparente : pourquoi un banquier & assureur si diversifié - qui a engrangé pratiquement autant de bénéfices en 2007 (3,994MD€) qu’en 2006 (4,352MD€) et en 2005 (3,941MD€) - subit-il une dépréciation de son cours de bourse ?

F      « Le marché » soupçonne-t-il cette banque de lui avoir caché des pertes et des actifs douteux? Dans ce cas, nous avons toutes les bases d’un nouveau scandale.

F      FORTIS représente-t-il la fin d’un modèle ? Un tsunami pourrait-il « emporter » ce type de banquier – assureur européen ?  

B. Les bases d’un nouveau scandale.

Premiers responsables : la classe politique belge.

D'un côté, une Haute Finance belge majoritairement Flamande avec KREDIT BANK - CBC, FORTIS, ING... et AXA BELGIUM en quasi-monopole sur le marché belge des assurances après avoir racheté tous ses concurrents wallons, flamands et suisses. C’est ce que l’UNION EUROPEENNE appelle « la concurrence libre et non faussée » : pratiquement toute la Belgique appartient à ces quatre groupes de la bancassurance.

En face, la Région Wallonne, gouvernée par les apparatchiks socialistes, regarde passer les trains de liquidités wallonnes (les économies libres et forcées des Wallons) vers les Flandres, la Hollande, New-York, Chicago (le plus grand marché de la spéculation sur les matières premières, produits de base alimentaires et métaux de base) et Londres (autre grand marché de la spéculation sur les métaux rares et précieux).

Mieux, avec les économie des Wallons, DEXIA propose aux collectivités régionales et locales (sans le sou) de leur racheter les écoles, les hôpitaux et les équipements sociaux & sportifs pour leur faire signer des baux emphytéotiques de longue durée prévoyant des loyers à prix d’or pendant trente ans ou plus.

Ensemble, les responsables politiques wallons et flamands n’ont pas cessé de faire des cadeaux fiscaux démesurés à ces groupes financiers sans scrupules… Or, non satisfaits de leurs richesses existantes, ils sont tous partis à la conquête des pays de l’Est, de la Roumanie, de la Turquie, de la Chine et même de l’Amérique Latine…

En 2007, FORTIS a notamment racheté une grande banque polonaise, la DOMINET, et elle affichait encore (dans son rapport 2007, publié en avril 2008) une volonté de conquêtes encore plus grandes, malgré la confirmation des difficultés manifestes au niveau de sa gestion des liquidités. La Pologne ? Pour faire quoi ? Pour racheter les terres fertiles et les plus belles (et rares) entreprises polonaises… La conquête du monde ? Pour organiser le convoi de nouveaux trains de liquidités, pour organiser de nouveaux réservoirs de main d’œuvre bon marché et servile, pour posséder plus et toujours plus… Ces gens de la Haute Finance sont des malades psychiatriques : ils veulent plus, toujours plus, par cupidité, mais ils ne savent même plus ce qu’ils veulent…

Cette stratégie de la Haute Finance Belge mettra tous les Belges sur la paille: les Flamands, les Bruxellois, les Wallons (déjà mal en point) et finalement toutes les Régions européennes. FORTIS est le premier avertissement, et c’est un très gros risque pour l’avenir de la Belgique.

Deuxièmes responsables : les cabinets d’audit.

Pour l’audit et la révision des comptes (le commissariat aux comptes), on retrouve les mêmes poids lourds dans toute l’Union Européenne : KPMG et PRICEWATERHOUSE.

Pour la petite histoire, il faut se souvenir du scandale d’ENRON dont les comptes étaient révisés par le Cabinet ARTHUR ANDERSEN. L’histoire s’est très mal terminée : des erreurs de révision, des certifications douteuses, des destructions de preuves et la dissolution mondiale de ce cabinet… dont les équipes ont été récupérées essentiellement par nos deux compères. Enfin, il faut savoir qu’une entreprise (banque comprise) peut révoquer ses contrôleurs quand elle le veut : le système n’est pas sain car les rapports gênants conduiraient les contrôleurs au chômage.

Or, sans pouvoir suivre le dossier avec autant de moyens et de façon aussi régulière que ces cabinets d’audit, nous avions constaté que FORTIS avait déprécié ses actifs de -2,5MD€ (presque 4MD$) dans ses comptes 2007.  Ce signal d’alerte n’a pas été pris au sérieux par tous ces contrôleurs alors que, dans le contexte tumultueux des « subprimes », la Haute Finance (européenne et américaine) en était venue à « ignorer » le contenu réel des « produits dérivés » qu’elle détenait en portefeuille.

Mieux, pour fuir la chute des marchés immobiliers aux Etats-Unis mais aussi en Espagne, en Irlande et en France, les financiers de tous bords avaient quand même pris des positions spéculatives très élevées sur tous les marchés à terme des énergies, matières premières, produits agricoles, métaux précieux, métaux ferreux et non ferreux, spéculation contre le dollar… Durant cette année 2007, rien n’avait échappé à leur cupidité, et FORTIS avait été très active sur tous ces marchés, y compris sur « le marché des droits à polluer ». En fait, le signal des provisions « subprimes », constituées par FORTIS à fin 2007, ne représentait qu’une goutte d’eau par rapport à l’océan des risques pris par cette banque. Il y avait même un indicateur TRES CLAIR qui n’a pas échappé aux requins ennemis… mais qui a échappé aux réviseurs et aux partenaires sociaux !

Il suffisait de regarder ce que les financiers appellent « les bas de bilan » : à l’actif, le poste « Trésorerie & équivalents de trésorerie» (26,36 MD€), les « Actifs détenus à des fins de transaction » (74,80MD€) et les « Créances sur les banques » (119,94MD€) représentaient un quart du bilan du banquier - assureur (220,20 MD€ sur un total bilan de 871,18MD€).

Or, pour financer ces opérations de trésorerie, FORTIS affichait des passifs à très court terme plutôt dangereux : des « Passifs détenus à des fins de transaction » (89,59 MD€) et des « Dettes envers les banques » (193,43MD€), soit un total de 282,02MD€ ou près d’un tiers de son bilan.

Un « trou » de 60MD€ dans les bas de bilan! Il est clair que le commun des mortels connaît mieux les règles de prudence que le staff et les contrôleurs flamands de FORTIS : quand le temps est à l’orage, il ne faut surtout pas compter sur le parapluie de son voisin (endettement) et il est préférable de se mettre à l’abri, chez soi, plutôt que de se réfugier précipitamment sous le seul arbre disponible (marché monétaire) dans un environnement aussi dangereux.

En bref, dans un contexte de méfiance généralisée et de guerre des liquidités, cette situation n’était pas saine, et il fallait examiner de très près la « qualité » des actifs à très court terme de FORTIS parmi lesquels il devait y avoir des achats & ventes à découvert ainsi que des call & put warrants très risqués.

Troisièmes responsables : la BNB et la BCE.

Par ailleurs, la BANQUE NATIONALE DE BELGIQUE et la BANQUE CENTRALE EUROPENNE avaient tous les moyens et toute l’autorité nécessaire pour « auditer » (elles aussi) la qualité des actifs et des passifs à très court terme de toutes les grandes banques commerciales. Elles n’ont rien fait !

Quatrièmes responsables : les syndicats.

Tout le monde attendait les comptes du premier semestre 2008, et ceux-ci ont révélé les faiblesses et les risques qui se trouvaient déjà dans la crèche de Noël et dans les cadeaux empoisonnés du Nouvel An 2007.

Or, les syndicats sont régulièrement informés des évolutions économiques et financières dans le cadre de diverses réunions de Conseils d’Entreprise [2], au niveau local, national et européen. Ils n’ont rien vu, eux non plus. Et pourtant, ils reçoivent et ils peuvent recevoir des sommes importantes pour faire analyser les comptes par des spécialistes, et même pour contrôler les contrôleurs.

C’est ce qu’ils font quand il y a des situations de blocage sur les conditions de travail et de rémunération… mais ils préfèrent utiliser leurs officines ou les copains - coquins pour faire ces analyses… Et, bien sûr, les analyses comptables ne suffisent pas car il faut une bonne connaissance des « marchés » et des « Lois du Marché » pour détecter les pratiques douteuses.

Les syndicats de FORTIS ont regardé passer les trains, eux aussi, car ils ont validé à deux reprises (fin 2006 et fin 2007) l’immense escroquerie fiscale des « intérêts notionnels » (Cfr. Notes 2 et 3 de l'article Belgique, pays de grosses légumes)… au nom des intérêts mal compris des salariés de leur groupe. Puis, ils ont négligé l’analyse de comptes de FORTIS BANQUE Belgique à fin 2007. Et le 24/09/2008, ils viennent encore de rater le wagon en restant passifs devant les comptes semestriels.

Or, que disaient ces comptes ? Ils disaient que les profits - avant opérations de désinvestissement - étaient excellents : 1,6 MD€ pour le 1° semestre 2008 (SI-2008) contre 0,8MD€ pour le 1° semestre 2007 (SI-2007). Par contre, ils annonçaient de nouvelles provisions (pertes non réalisées mais très probables) à hauteur de -4,77MD€, écriture qui n’a donné lieu à aucune demande d’explications particulières de la part des syndicats. Une partie de ces provisions trouverait réponse dans le poste GOODWILL à hauteur de -4,63MD€ : FORTIS admet donc avoir surpayé ses acquisitions récentes (ABN-AMRO, DOMINET et autres) en provisionnant près de 5MD€ sans avoir totalement bouclé leur financement… Bigre !

Par contre, une autre écriture méritait des demandes d’explications très sérieuses de la part des syndicats : FORTIS fait apparaître un risque opérationnel de 15.868 millions d’euros ou 15,87 MD€ sur ses activités bancaires (contre un risque nul à fin 2007)…  tout en réduisant considérablement le chiffrage total de ses « risques sur crédits » (-33MD€) et de ses « risques sur marché » (-10MD€). Mystère !

Cinquièmes responsables : les Administrations Fiscales.

Tout cela est « un peu léger » car, derrière tous ces chiffrages, l’application des fameux « intérêts notionnels » (Cfr. Notes 2 et 3 de l'article Belgique, pays de grosses légumes) mériterait un audit des bases de calcul utilisées par FORTIS. En effet, c’est le montant du capital social – en valeur marché – qui semble avoir été utilisé pour les déductions fiscales et 2006 et 2007, et celui-ci a fondu comme neige au soleil… Comme ces règles fiscales sont « curieuses », nous sommes curieux de voir ce que va en dire « le fisc » belge? FORTIS va-t-il enfin payer des arriérés d’impôts à l’Etat belge au moment où sa trésorerie vacille ? Ou bien, va-t-il se séparer d’une partie de ses bons actifs à hauteur de 10 à 15 MD€ pour payer une partie de ses dettes aux citoyens belges ? Les syndicats vont-ils continuer à encourager les fraudes fiscales légalisées ? L’Etat belge va-t-il cesser enfin d’obéir aux ordres de ces lobbyings suicidaires ? Une histoire belge à suivre…

Dans la série : « Les Impôts ? Ce n’est pas pour nous, mais pour les autres ! », il est indispensable de reprendre toutes les provisions techniques d’assurance que personne n’a auditées depuis plus de trente ans dans aucun pays de l’Union Européenne. Or, pour information, ces réserves techniques d’assurances (vie et non - vie) représentaient un montant total de 5 .333,4 MD€ à fin 2007 au sein de la seule Zone Euro : des réserves qui ont échappé à toute forme de taxation et d’imposition. Et là, ce n’est plus tout à fait une histoire belge !     

C. FORTIS : la fin d’un « modèle » ?

FORTIS s’est vu au-dessus de toutes les lois en cueillant les étoiles à pleines brassées grâce aux spéculations, exactement ce que faisaient toutes les banques d’affaires de New-York. Ce groupe a tout simplement « oublié » qu’il vaut mieux enrichir une multitude de petits clients plutôt que de créer un désert… en enrichissant quelques nouveaux riches sans patrie. Aucune de ces banques n’a résisté : BEAR STEARNS, LEHMAN BROTHERS, MERRILL LYNCH… Même GOLDMAN SACHS et MORGAN STANLEY ont changé de statut pour « coller » au métier de base des banquiers. Les assureurs, eux aussi, sont condamnés à revenir à leur métier de base en enrichissant leurs clients plutôt qu’en spéculant et en détruisant leurs droits essentiels. AIG, ALLIANZ et AXA ont tiré sur toutes les ficelles pour acquérir une puissance phénoménale en moins de quarante ans. A quoi cela leur sert-il ? A préparer leur prochaine disparition, tout simplement !     

D. Conclusion.

FORTIS, prochaine et dernière victime d’un tsunami financier ? Pas sûr mais le rouleau compresseur se dirige bien vers nos côtes Zéro-Landaises avec l’apparence d’une vague sans danger !  

Merci de réagir, et surtout de faire réagir le plus grand nombre d’entre nous,              

ALTER-EUROPA

Pour une Autre Europe…

Et (bien sûr) pour un Autre Euro…

JUNON MONETA
Le texte au format PDF est disponible ICI


1.      De 35,56€ le 11/04/2007 à 5,20€ le 25/09/2008 = -84,5% en 17 mois.

2.      En France, ce sont les Comités d’Etablissement, Comité d’Entreprise et Comité Central d’Entreprise.

Repost0
29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 20:03

linkA. Avant-Propos.

FORTIS est un dossier intéressant à plusieurs niveaux.

Premièrement, c’est un groupe transnational qui exerce (avec succès) les quatre métiers principaux des « nouveaux » banquiers européens : banque de détail (retail banking), gestion de patrimoine (asset management), banque d’affaires (merchant & private banking) et assurance (insurance).

Deuxièmement, FORTIS a perdu ±50% de sa valeur (capitalisation boursière) entre le 31/12/2007 et le 31/08/2008 et ±70% depuis le 1/1/2007. Il est donc intéressant de se poser la question : quel est l’impact véritable des « subprimes » pour l’avenir de ce « bancassureur » qui se présente volontiers comme un « modèle » de très haute performance ?

Troisièmement, FORTIS est un groupe nombriliste qui se moque éperdument de la richesse nationale créée dans les régions où il a puisé et où il puise encore ses ressources. Autrement dit, FORTIS est pour nos Régions, pour nos emplois et pour notre avenir, « LE » modèle par excellence de l’autodestruction de notre Société et même de notre Civilisation.  

Nous allons donc consacrer quelques articles à ce « modèle » de la bancassurance en espérant que les syndicats, les clients et les actionnaires de FORTIS réagiront.

En effet, nous sommes persuadés que les révolutions n’ont aucun avenir. C’est donc grâce à une prise de conscience collective, à l’intérieur et à l’extérieur des organisations concernées, que nous pourrons modifier les comportements les plus destructeurs et combattre les vanités les plus imbéciles.

En clair, nous DEVONS unir nos forces : « Pour une Autre Europe… Et (bien sur) pour un Autre Euro… ».

Si nous ne réagissons pas tous ensemble, c’est un désert que nous offrirons à nos enfants (livre I).            

B. Histoire brève d’un « grand succès ».

FORTIS tire sa puissance d’une privatisation en 1987 de la Caisse Générale d’Epargne et de Retraite (CGER), le pilier des grandes victoires sociales belges entre 1850 et 1921. Merci à la Wallonie et à la Région de Bruxelles qui ont créé cette base financière que les Flandres ont « pompée » dès la fin de la seconde guerre mondiale. Les pompages financiers des régions francophones par la nouvelle CGER finiront au Luxembourg grâce au rachat d’une banque luxembourgeoise minuscule, l’U.C.L, devenue FORTIS BANK LUXEMBOURG : « bank », avec un « k » puisque tout le staff est désormais flamand.

Puis, les succès s’accumulent : en 1995, la CGER achète la SOCIETE NATIONALE DE CREDIT A L’INDUSTRIE qui a joué un rôle capital dans l’histoire du miracle économique et industriel belge. Dans la foulée, toujours en 1995, CGER et SNCI disparaissent au profit de FORTIS qui a trouvé l’argent nécessaire dans la manne des défiscalisations luxembourgeoises et dans celle des subventions de l’Etat belge pour la reconstruction du tissu industriel, de la flotte flamande à partir des années 1950, puis pour le développement de ANVERS. Une « bonne gestion flamande » dans une optique déjà extrémiste (flamingante)…

En 1993, FORTIS rachète la moitié des activités de CGER Assurances et met la main sur le pactole des retraites et assurances belges. En 1997, il met un terme définitif à la CGER et à son slogan très social : « Pauvre homme en sa maison est roi » en prenant le contrôle absolu (74,9%) de cette GRANDE INSTITUTION BELGE.

FORTIS (mot latin signifiant « fort » et « courageux ») devient de plus en plus « fortiche » car le nouveau groupe construit sa maison dans les paradis fiscaux (où il est roi), avec la fierté de la grande conquête flamande : en 1998, il achète la GENERALE DE BANQUE et ses filiales néerlandaises (GENERALE BANK NL, VSB, MEESPIERSON). Ainsi donc, la grande Générale de Belgique - qui a pillé l’Afrique et appauvri la Wallonie - s’est torpillée elle-même à cause de la suffisance de ses dirigeants.    

En 2007, les « petites » Flandres partent à la conquête des grands Bataves : FORTIS reprend l’essentiel des activités bancaires de ABN – AMRO, un pilier de la Haute Finance néerlandaise, avec ses filiales en Indonésie et en Asie du Sud-Est (essentiellement). En prenant le tiers des actifs de ABN – AMRO aux côtés de la RBS (Royal Bank of Scotland) et de la SANTANDER, FORTIS gère maintenant dix millions de clients, avec 2.500 agences bancaires et 85.000 collaborateurs. Du même coup, le groupe conforte sa position de grande banque patrimoniale, gérant 500MD€ d’actifs, et se met à l’affût de toutes les opportunités affairistes en animant 145 Business Centers en Europe.

Cinq cents milliards d’euros ? C’est le chiffre officiel, c’est énorme, mais le total des actifs est bien supérieur : 871 MD€ à fin 2007. Pour faire quoi ? Pour prêter ±350 MD€ à ses clients et pour spéculer avec le reste (500 MD€) sur tous les marchés internationaux. Or, FORTIS trouve cet argent auprès de sa clientèle privée (500 MD€), en s’endettant auprès des autres banques (200 MD€), en constituant des réserves techniques d’assurance et autres provisions colossales (100 MD€), et donc en payant très peu d’impôts… Pour 2007, FORTIS vient même d’obtenir des avantages fiscaux « sympathiques » par le biais des fameux « intérêts notionnels ». Grâce à l’Etat belge, il peut annoncer un bénéfice de 4MD€, au lieu de 3MD€ : merci à la Belgique pour ce joli cadeau de UN MILLIARD D’EUROS.

C. Conclusion.

Pour réaliser les performances à deux chiffres sur ces marchés, FORTIS a ouvert de nouveaux Business Centers en Turquie, en Chine et en Asie, au Brésil et partout dans le monde ; puis, il a racheté une grande banque polonaise, la DOMINET (2007) ; puis il a ouvert son capital aux Chinois dans l’espoir de conquérir la Chine… Quels merveilleux projets pour nos populations et pour la gestion de nos économies, libres et forcées !

En bref, FORTIS, c’est une cupidité, une volonté de puissance et un esprit de domination sans bornes! Ses dirigeants « oublient » toutes les règles de prudence et de création de richesses sur du long terme, et ils se comportent de la même façon que les dirigeants de la GENERALE DE BANQUE : sûrs d’eux-mêmes, sûrs de leur puissance, « sûrs de leurs certitudes », sûrs de leurs « grandes valeurs flamandes ». C’est ce que nous allons constater au fil de nos articles.

Merci de réagir, et surtout de faire réagir le plus grand nombre d’entre nous,              

ALTER-EUROPA

Pour une Autre Europe…

Et (bien sûr) pour un Autre Euro…

JUNON MONETA
Le texte au format PDF est téléchargeable ICI

Repost0
25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 22:34

Réponse de Junon MONETA à la question "FAUT-IL SAUVER LES BANQUES?"


Seul le dernier développement et la conclusion font partie de ce billet.
Le texte complet (aspect répétitif des crises) au format pdf est téléchargeable ici. L'original se trouve sur le groupe de discussion "Europe & Euro". N.B.: quelques ajouts de ma part en petits caractères.

Il est temps de sortir d'une production cyclique de crises propre à un système fondé sur la logique d'accumulation et de rémunération du capital.


Depuis deux décennies, le cours de la finance mondiale n’est qu’une longue suite de crises : 1987, krach boursier ; 1990, crise immobilière aux Etats-Unis, en Europe et au Japon ; 1994, krach obligataire américain ; 1997 et 1998, crise financière internationale ; 2000-2002, krach internet ; 2007-2008 enfin, crise immobilière et peut-être crise financière globale. Cfr.
Spéculation et crises, ça suffit!


OUI, il faut sauver les banques ! Mais il faut surtout sauver notre CIVILISATION.
 


Et donc, il faut SANCTIONNER les grands prédateurs et mettre un terme aux pratiques de Haute Corruption.


La seule sanction qui fasse mal, c’est celle qui fait mal au portefeuille ! La nationalisation de toutes ces banques et de tous ces assureurs en faillite ou au bord de la faillite serait la vraie sanction pour les actionnaires cupides… qui perdraient tout leur capital.


Elle devrait aussi conduire les dirigeants et les principaux responsables en Justice… pour des réparations sévères qui les priveraient de leur patrimoine personnel.


Au lieu de cela, on apprend que les patrons de ces groupes en faillite sont partis avec des millions de dollars d’indemnités, non taxables et non imposables : Charles PRINCE, patron de CITIGROUP, a empoché (officiellement) 40 millions de dollars et Stan O’NEAL, patron de MERRILL LYNCH, est parti avec une indemnité de 145 millions de dollars.
   

Pour les autres (la majorité) voici ce que l'on peut lire dans l'article Qui va payer la crise à Wall Street? rédigé par Fred GOLDSTEIN le 17 septembre

Un ménage américain sur 416 a reçu un avis de saisie en août. Pour la seule Californie, il y a eu 101.714 dossiers, soit 40 pour cent de plus que le mois précédent et 75 pour cent de plus qu’en août de l’an dernier.


les emprunteurs afro-américains ont perdu entre 71 et 92 milliards de dollars en raison de prêts contractés ces huit dernières années. Les chiffres pour la population latino-américaine, qui sont un peu plus élevés que ceux de la population afro-américaine, indiquent des pertes gravitant entre 75 et 98 milliards de dollars.

… Plus de 84.000 travailleurs ont perdu leur emploi en août, ce qui porte le total de l’année à 605.000. Plus de 2 millions de personnes se sont ajoutées aux sans-emploi ces douze derniers mois, portant le total officiel à 9,4 millions de sans-emploi. Le chômage à long terme est lui aussi à la hausse.

Le chômage des travailleurs noirs à atteint 10,6 pour cent et est dû surtout aux pertes d’emplois parmi les femmes noires. Le chômage parmi les mères célibataires et les jeunes est lui aussi à la hausse. Et ces chiffres du gouvernement n’incluent pas les millions de travailleurs découragés qui ont renoncé à chercher un emploi.

En pleine crise du crédit, on a annoncé que la production industrielle, la base de l’emploi et du revenu, avait connu en août la pire chute depuis trois ans. Il y a eu une baisse de 1,1 pour cent dans la production des usines, des mines et des services. La production automobile a chuté de 12 pour cent, un record pour la décennie écoulée.

Une chose est certaine, au vu de la crise actuelle: Ni la classe capitaliste, qui détient tout la richesse productive, ni le gouvernement capitaliste, qui supervise le système, n’ont le contrôle de la situation économique ou financière.


Il faut aussi sanctionner tous les patrons des BANQUES CENTRALES et tous les Hauts Fonctionnaires des Finances qui ont encouragé ces pratiques mafieuses. Car, en termes plus clairs pour le commun des mortels, la BCE ainsi que toutes les banques centrales de l’Union Européenne (et des autres pays) se comportent comme des faussaires : elles créent de la fausse monnaie qu’elles accordent à une bande de mafieux…
 

 

Ceux-ci en profitent pour acheter les plus beaux patrimoines (corporels et incorporels) et pour s’attribuer les plus beaux revenus en échappant à toutes les règles sociales, fiscales et judiciaires… avec la complicité des Hauts Fonctionnaires, des ministres et des premiers ministres.  


Ces groupes mafieux sont maintenant propriétaires des plus belles entreprises, des biens les plus rares et les plus précieux, des biens et des services collectifs les plus indispensables, ceux-là même qui ont été construits avec l’argent et avec le travail de nos parents (et avec le nôtre) depuis plusieurs générations…


Quand il ne reste plus rien d’autre qu’un désert, quand les citoyens se rendent compte que leur argent ne vaut plus rien parce que les caisses sont vides et parce que les richesses collectives ont disparu, la Haute Finance et tous ces groupes mafieux sont déjà partis vivre ailleurs, dans d’autres Eldorados…


Voilà le processus de disparition des très grandes civilisations : la Grèce et Rome l’ont expérimenté, avant nous et à leurs dépens. C’est cela que nous expliquons dans notre livre I : « Le néolibéralisme ? Un très vieux système… Pourquoi (faut-il) le combattre ? ».


CONCLUSION

Fausse monnaie, haute corruption, injustices permanentes et IMPUNITE TOTALE, voilà les quatre venins de notre Société et de toute Civilisation.


Deux responsabilités notoires et deux réformes indispensables : le système de gestion de la monnaie (par les Banques Centrales dans notre système actuel) et le système de la Justice !


Il nous faut un Traité Constitutionnel en trois pages pour : rappeler et définir les droits essentiels des citoyens (Besoin de Subsistance et Besoin d’Existence) ; interdire l’exercice du Pouvoir par des non - élus à quelque niveau que ce soit ; limiter les mandats (durée et nombre) ; préciser l’exercice des contre-pouvoirs ; résorber et interdire l’endettement structurel des Etats.    


Cela signifie : aucun passe-droits d’aucune nature ; des associations financées par les Pouvoirs Publics (financements au nombre d’adhérents) pour acter en Justice contre tous les abus des dirigeants ; suppression des prescriptions et des classements des plaintes sans suite pour vices de forme (généralement introduits sciemment) ; introduction dans le Code Pénal de définitions précises de ce qu’est un salaire, un profit, une rente, un dividende, un super-profit, un enrichissement sans cause, une direction participative, une direction abusive, un abus de pouvoir…   


Vaste programme pour « sauver notre Civilisation »…


Merci de réagir, et surtout de faire réagir le plus grand nombre d’entre nous,              

ALTER-EUROPA

Pour une Autre Europe…

Et (bien sûr) pour un Autre Euro…

JUNON MONETA

Repost0
22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 00:45

Pour les banques c'est déjà décidé. 700 milliards de dollars ont été avancés par l'administration Bush pour sauver les banques. "Un plan massif car le problème est massif" à annoncé GW Bush ce samedi 20 septembre. La Terre qui se réchauffe, par contre, ce n'est pas un problème massif...


Pour les manchots, en revanche, c'est une autre paire de manche. Le WWF tente de mettre en œuvre un plan de sauvetage dénommé "Antartica 2018" pour préserver la dernière réserve inviolée… pour sauver ce qu'il reste à sauver… Alors le WWF fait un appel aux dons aux petits particuliers que nous sommes, en précisant bien que ce dont est fiscalement déductible à partir de 30 euros. Fiscalement déductible, ce sera déjà ça en moins qui servira à  renflouer des banques irresponsables!
 

Quand J. Stiglitz, prix Nobel d'économie, parle de socialisation des pertes, ce n'est pas autre chose: c'est la mutuelle, la caisse d'épargne, les fonds de pensions de tous les citoyens qui volent aux secours des banques! Citoyens qui sont obligés d'emprunter aux banques avec intérêts pour vivre, se déplacer, s'abriter... Tout le monde rembourse, même les plus pauvres, même ceux qui se retrouvent à la rue suite à la crise. Tout le monde? Non pas tous, les riches, les patrons de grands groupes ou de grandes multinationales ont des déductions fiscales exorbitantes. Certains ne payent que 1% à 2% d'impôts contre 50% pour le particulier (Cfr.

Belgique, pays de grosses légumes).


Les caisses de l'Etat sont vides? Il semblerait que ce ne soit pas pour tout le monde. Après "plus blanc que blanc" dénoncé par Coluche, il y a "plus vide que vide"… A quand la fin du dogme de la "main invisible" (le marché) qui, finalement, vient toujours pleurer chez papa et maman (l'État)???


700 milliards, c'est 3000 fois le budget annuel du WWF.
 

700 milliards, c'est pratiquement 2 fois le PIB de la Belgique.

700 milliards, c'est 5% du coût total des ambitieux et hypocrites Objectifs du Millénaire pour le Développement à atteindre pour 2015: réduire de moitié la pauvreté dans le monde, réduire de 2/3 le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, assurer un environnement durable, etc. Bien sûr l'autre moitié de pauvres et le tiers restant des enfants, ça ne fait pas partie du programme.


700 milliards, c'est plus qu'un pourcent du PIB mondial évalué dans le rapport Stern pour réduire les émissions de gaz à effets de serre.


Question de priorité…

Banques ou manchots? Il faut choisir… En col blanc, du vol légalisé d'un côté, la chronique d'une mort annoncée de l'autre. Manchots, nous n'en sommes pas loin tant notre autonomie et notre esprit critique sont atteints par les chimères du monde moderne. Aisance, boulimie de crédit et hyperconsommation nous aveuglent et nous asservissent pour le meilleur (à très court terme) et surtout, pour le pire (à moyen terme).

Les banques qui étouffent le monde avec leurs intérêts et leurs magouilles financières sont graciées et rengraissées.


Pourquoi?


Parce qu'elles sont totalement acquises aux grands lobbies économiques et financiers. Et parce qu'elles tiennent les cordons de la bourse. Privilège que nous leur avons cédé progressivement un peu partout dans le monde et pour la première fois en 1694 avec la naissance de la banque d'Angleterre


Pour la petite histoire: "Saisissant l’occasion d’un besoin d’argent de leur souverain, un groupe de banquiers anglais, en échange d'une avance, obtint de Guillaume III qu'il leur cède le droit régalien de battre monnaie (les autres droits régaliens étant le droit de lever une armée, de rendre la justice, de faire la guerre ou de signer un traité de paix). C'était un privilège ahurissant puisqu'il s'agit de la création de la monnaie nationale ! Mais c'est ainsi qu'est née la Banque d’Angleterre en 1694". [Attac 78 Nord: Incursion dans un domaine trop réservé - pp 6.]

 

Et pour terminer deux citations qui en disent long  (du texte Money As Debt)


"Celui qui contrôle le volume de la monnaie dans notre pays est maître absolu de toute l'industrie et tout le commerce... et quand vous réalisez que le système entier est très facilement contrôlé, d'une manière ou d'une autre, par une très petite élite de puissants, vous n'aurez pas besoin qu'on vous explique comment les périodes d'inflation et de déflation apparaissent."

-- James A. Garfield [1831-1881], président des Etats-Unis, assassiné


"Le gouvernement devrait créer, émettre, et faire circuler toutes les devises et tous les crédits nécessaires pour satisfaire les dépenses du gouvernement et le pouvoir d'achat des consommateurs. En adoptant ces principes, les contribuables économiseraient d'immenses sommes d'argent en intérêts. Le privilège de créer et d'émettre de la monnaie n'est pas seulement la prérogative suprême du gouvernement, mais c'est aussi sa plus grande opportunité."

-- Abraham Lincoln [1809-1865], président des Etats-Unis, assassiné


Pour aller plus loin, une petite visite sur le site GTMONNAIE.be s'impose.

 

Le NON au traité de Lisbonne c'est notamment à cause du plein pouvoir donné aux banques sans auncun droit de regard des Etats-Membres.

Repost0

Liens

A lire

1) Manuel d’anti-économie

2) Transition écologique & économique

3) Le retour du puritanisme au travail

4) Le désir comme désir de l’Autre

5) La Décroissance, l’Argent et Moi

6) Argent, Richesse, Valeur

 

Vie Pratique, Autonomie

AUTARCIES

ECOCLASH (voir Liens)

TERRA MATER

HABITER-AUTREMENT

ECO-BIO.INFO

EAU-tarcie (H20)

RAFFA : le grand ménage

 

Transition > POST-CAPITALISME

Villes en transition

Transition Monétaire

Transition Politique (Politique Simultanée)

Transition Culture

Eco-villages

Créatifs Culturels

Simplicité Volontaire

Demarche.org

Decroissance.org

REVOLUTION LENTE

 

Belgique

RESPIRE asbl

GRAPPE asbl

TETRA asbl

FINANCITE

Se changer soi

Amis de la Terre

Objecteurs de croissance

Nature et Progrès

Nature & Progrès Bruxelles

Ligue des optimistes

CETRI

CADTM

Confluence

Habitat Groupé

Classes de Terre

Ca passe par ma Commune

Groupe de Travail sur la Monnaie

Frère Albert

Maisondd.be (dd humain)

 

France

Plus Conscient 

Pièces et Main d’Œuvre

Dialogue en Humanité

Blog monde diplomatique

On peut le faire

Réseau éco-villages

Sentinelles de la république

 

Blog France

Jean ZIN

Pierre RABHI

Frédéric LORDON

Emceebeulogue

Fortune

 

Favoris

THEOGNOSIS (n'existe plus)

Sortir de l'Economie

INVENTIN

DONDE VAMOS

ECOPHILOPAT

NOS LIBERTES

INVENTERRE

MIIRASLIMAKE

MONOLECTE


Economie

Economistes Atterrés

ECONOSPHERES

Bioéconomie.net

SOCIETAL.org

the New Economic Foundation

 

Management

Mortel Management

 

Politique - Société

Politique Simultanée

Mouvement CiTerrien (MCT)

Alliance21 (monde responsable, pluriel et solidaire)

 

Alliance for a New Humanity


Monnaie (concept)

monnaie.wikispaces.com

www.bioeconomie.net

SystemeMonetaire.be

CreationMonetaire.info

MonnaieFondante.canalblog.com

GTMonnaie.be

Alter-Europa.com

Club-Robin.org

Sel-Terre.info

 

Monnaie (alternative)

Monnaies Locales Complémentaires

ALOE (alliance pour une économie plurielle et solidaire)

money.socioeco.org/fr/ (devenu ALOE)

www.appropriate-economics.org/

www.complementarycurrency.org/

www.digitalmoneyforum.com/

www.reinventingmoney.com/

grit-transversales.org/

Thetransitioner.org

Open Money

www.regiogeld.de (regio Allemagne)

transversel.apinc.org (SEL France)

brusel.be (SEL Bruxelles)

 

 

Climat

Manicore (Jancovici)

 

Pic Pétrole

Oleocene

 

Santé

Pharmacritique

Info Michel Dogna

Votre Sante

 

Planète

Terre Sacrée

LiberTerre.fr

Terre & Humanisme

 

Agriculture – Nature

Semences Paysannes

Kokopelli

Cheminfaisant2005.net

BRF - Bois Raméal Fragmenté

Permaculture

Masanobu Fukuoka

Plantes sauvages

 

Conscience

Alliance21

Fondation Diagonale

Trilogies

LeTransmuteur.net

Nous-les-dieux

Sens de la Vie

Zone7.net

Pas ça !

 

Manipulations

Le pouvoir mondial

SYTI.net

Prise de conscience.org

Les mots ont un sens

 

Info

MichelCollon.info

Mondialisation.ca

Grain (Agriculture)

ContreInfo

News Of Tomorrow

Monde Diplomatique

Decroissance.info

Futur Quantique

Le Grand Soir

 

TLAXCALA

Global Research

AlterInfo

RISAL (Am. Latine)

Congo Forum (Afrique)

Medium4You (Belgique)

Agoravox (France)

Marianne2.fr (France)

Rue89 (France)

 

Livres

Ecophilopat

Syti

Inventin (pdf)

Nous-les-Dieux (pdf)

Ecosociété

 

Editions

La plume de feu (Aude)

Yves MICHEL

Souffle d’Or

Charles Léopold Mayer

Aden

Syllepse

du Cerf

Ecosociété

La découverte

Le Relié

Sang de la Terre

Alter-Europa.com

Penser Librement.com

 

Autres liens

Contre la pensée unique

Freemen

Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que :
• le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
• s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».



Au delà, comme le nom “Freemen” l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut sur son blog. L’ensemble de ces contenus doit petit à petit former une nouvelle “chaîne”, un nouveau “journal”, chacun parlant de politique, mais aussi, d’art, de ciné, de tout.

153 blogs freemen