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  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
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Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

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Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Archives

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 11:23

Quelques extraits d'un article de Martine Bulard sur le blog du monde diplomatique: Freddie Mac, Fannie Mae, la Chine et les contribuables américains


On savait que les fonds souverains Chinois étaient allés prêter main forte à plusieurs établissements financiers américains, dont la banque d’affaire Morgan Stanley (5 milliards de dollars) ou Blackstone (3 milliards
lire « Des “fonds souverains” au chevet des multinationales », par Ibrahim Warde, Le Monde diplomatique, mai 2008)... « Faut-il accepter que les communistes ou les terroristes deviennent propriétaires des banques ? », s’interroge Jim Cramer, analyste vedette de la chaîne financière câblée CNBC. Et le tonitruant commentateur de répondre : « N’importe qui ferait l’affaire, car nous sommes désespérés ». Voir aussi sur ce site: La brute au secours du truand


Ce que l’on sait moins, c’est que le gouvernement de M.George W. Bush lui a enlevé une belle épine financière du pied en nationalisant les deux géants du refinancement des crédits hypothécaires, Fannie Mae et Freddie Mac. En effet, parmi les débiteurs de ces agences, figurait la Chine, à hauteur de 395,9 milliards de dollars
pas une bagatelle. Or, le renflouement des deux sœurs lui garantit ses fonds : les contribuables américains paieront. Pékin a donc dû pousser un « ouf » de soulagement.


Soyons juste, Pékin n’est pas le seul bénéficiaire de la manne publique américaine : on trouve également le Japon, engagé à hauteur de 228,2 millions de dollars ; la Russie, pour 75,3 milliards; la Corée du Sud, pour 63 milliards ; Taïwan, pour 54,9 milliards (lire «
Stocks Soar on Takeover Plan for Freddie and Fannie », The New York Times, 9 septembre 2008).


On peut également noter, dans le sillage du quotidien Les Echos, que certains financiers se remplissent les coffres-forts au passage : « John Paulson, qui n’a aucun lien de parenté avec le secrétaire au Trésor américain, a empoché personnellement 3,7 milliards de dollars en pariant sur l’éclatement de la bulle immobilière. Les encours des fonds de cet ancien banquier de Bear Stearns sont ainsi passés de 7 à 28 milliards de dollars cette année. De même, Greenlight Capital a longtemps parié sur la chute du cours de Lehman Brothers. Les investisseurs institutionnels plus classiques comme Pimco adoptent parfois des stratégies similaires. Son gérant vedette, Bill Gross, a dégagé 1,7 milliard de dollars de plus-values en misant sur le sauvetage de Freddie Mac et de Fannie Mae par Washington. » (« 
Neuf questions sur une crise complexe qui n’en finit pas », Les Echos, 16 septembre). Les familles pauvres, elles, vont se retrouver à la rue…

 

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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 11:09

Par Christian LAMBERT (ce n'est pas moi), samedi 13 septembre 2008 sur le groupe de discussion "Europe & Euro".

Bien qu’ayant beaucoup lu dans ma vie, et je l’espère un peu appris, la lecture des deux ouvrages de Junon MONETA a, comme il le sait, constitué pour moi un vrai choc, car je n’avais rien lu de tel jusqu’ici. [Est-il bien nécessaire d'ajouter que j'ai moi même (Ploutopia) été particulièrement touché et influencé par ces deux chefs d'oeuvres, puisqu'ils sont à l'origine de ce site.]

 


 


















J’en étais auparavant déjà largement convaincu mais - après avoir lu ces deux remarquables ouvrages (cf. alter-europa.com)

et à la lumière aussi de la crise financière en cours – j’en suis maintenant plus certain que jamais: il nous faut impérativement et de toute urgence changer le logiciel de fonctionnement du monde, sans quoi l’Histoire de notre espèce telle qu’elle s’écrit sous nos yeux ne sera bientôt que la chronique d’un désastre annoncé.

Scientifiques, philosophes, intellectuels, artistes, responsables associatifs, simples citoyens, engagés ou pas dans des causes grandes ou petites, ils sont en effet de plus en plus nombreux aujourd’hui, dans tous les milieux et à tous les échelons de l’échelle sociale, en France et ailleurs, qui s’inquiètent, pour eux mais surtout pour les générations futures, des conséquences tragiques et des perspectives toujours plus sombres que génère, à un rythme s’accélérant sans cesse depuis une vingtaine d’années, ce « néolibéralisme », toujours plus sauvage et toujours plus prédateur, qui préside aux destinées du monde.


Il est grand temps que cela finisse et que soient enfin mises en œuvre des réponses adaptées aux crises planétaires grandissantes et gravissimes auxquelles nous sommes déjà et allons être confrontés de manière croissante en ce début de 21ème siècle, à l’évidence celui de tous les dangers pour notre survie.


Mais quel modèle de développement, quels principes, quels projets, quels acteurs, quels moyens, quelles institutions ? Ce ne sont là que quelques unes des questions basiques que je me pose naïvement, avec beaucoup d’autres, désorientés comme moi par l’évolution régressive du monde et profondément choqués par le retour de la pauvreté, sinon de la misère, sous des latitudes dont on la croyait pourtant bannie après des décennies de progrès social.

Conscient bien sûr de l’extrême complexité des choses, complexité encore accrue par la mondialisation, le vulgum pécus que je suis se demande donc comment s’y prendre, et surtout par où commencer ? C’est là tous le sens de ma question : faut-il sauver les banques ?

Cette question n’intéresse pas seulement les gens du milieu - je veux dire celui des banques – puisque la revue « philosophie magazine » la pose elle même dans son numéro de mai 2008, en se demandant  « Et si, en sauvant les banques de la faillite, les institutions publiques encourageaient en réalité les comportements à risque, à l’origine de la crise ? ».  Tout en indiquant que tel est l’enjeu moral du débat opposant partisans et adversaires de l’interventionnisme en économie, la revue ne tranche pas sur le sujet. Elle rappelle toutefois qu’ « en accordant aux puissants  (en l’espèce via des subventions publiques et/ou des renationalisations au profit des banques directement à l’origine de la crise dite des "subprimes") ce qu’ils refusent aux petits (les victimes du système jetées à la rue), les pouvoirs publics s’immiscent dans le marché dont ils vantent l’autorégulation». Et d’ajouter : « Un deux poids deux mesures difficile à défendre et qui consiste, selon la formule, à privatiser les gains et à nationaliser les pertes ».

Tout est dit !

Tout ? Enfin pas tout à fait, et c’est la raison pour laquelle je souhaite en savoir plus sur cette question majeure, en interrogeant Junon MONETA. Sa connaissance hors du commun des choses de la monnaie depuis les Grecs, et même avant eux, et sa maîtrise à l’identique des méthodes et des pratiques (maffieuses ?) de la haute finance internationale (c’est à dire de ceux qui en fin de compte sont nos vrais gouvernants) ne peut qu’ajouter de la matière à notre réflexion et de l’écho à nos révoltes.

C’est pourquoi je la lui pose : FAUT-IL SAUVER LES BANQUES ?

Bientôt, réponse à la question sur le groupe de discussion "Europe & Euro" d'Alter-Europa:
pour une autre Europe et (bien sûr) pour un autre euro. Réponse qui sera probablement retranscrite ci-dessous ou en commentaire...


Voir aussi sur ce site:

La brute au secours du truand

Petit lexique financier pour novice

Petite fable immorale

Spéculation et crises: ça suffit!

Subprime: l'étincelle d'un gigantesque brasier financier

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 23:25

Qu'ont en commun Galilée, Einstein, Harvey, Pascal, Darwin et Freud? La science, certes, et le génie, mais aussi le sort peu enviable d'avoir été honnis par une large partie de la société dans laquelle ils ont vécu. Les idées fortes qui marquent l'humanité ont presque toujours été perçues au premier abord comme des assauts contre la raison et l'ordre social. Portant leurs regards au-delà de l’étroit horizon qui les entourait, ces hommes de génie ont permis à l’humanité d’entrevoir de nouvelles avenues de pensée pour se sortir des ornières du passé.


Résumé du livre de Claude Boucher "
Une brève histoire des idées de Galilée à Einstein
".


Il manque cependant une personne à cette brochette d'hommes d'exception. Un homme dont personne n'a parlé. Un homme qui n'a pas eu droit au chapitre à cause de ses idées trop dérangeantes. Un dissident de l'occident dont les travaux et théories son dignes d'une révolution copernicienne mais dont les fondements en sont fortement opposés au même titre que les théories d'Einstein sur la relativité. Alors que Galilée et Copernic furent vertement critiqués par la sainte église et une large majorité, cet homme, Nicholas Georgescu-Roegen à simplement été ignoré. Une mort médiatique… Alors que son nom devrait bel et bien figurer à côté des génies cité par Claude Boucher.


La suite du texte en Italique est extraite du lien http://www.jutier.net/contenu/decroig1.htm et a été écrite par Jacques Grinevald (docteur ès philosophie et lic. en sciences politiques).


Parmi les grands économistes (récompensés ou candidats au prix Nobel), très rares sont ceux qui proposèrent une réforme radicale de ladite science économique. Cette corporation compte de brillants esprits peu orthodoxes, mais guère de dissidents du modèle de l'Occident ! Depuis ses débuts, l'économie politique ne manqua jamais de critiques, mais, contrairement à d'autres sciences, elle n'a jamais changé de paradigme fondamental. Ce constat se retrouve au coeur de la critique développée par Georgescu-Roegen dès l'introduction de son premier grand ouvrage Analytical Economics: Issues and Problems (1966), traduit en France sous le titre La Science économique: ses problèmes et ses difficultés (Dunod, 1970).


Nicholas Georgescu-Roegen (né en Roumanie en 1906, docteur en statistique de l'Université de Paris en 1930, émigré aux USA en 1948, où il fit une brillante carrière de professeur d'économie) approfondit sa critique des fondements de l'analyse économique occidentale et reformula, dans une perspective thermodynamique et biologique évolutionniste, la description du processus économique et de ses relations avec l'environnement dans un ouvrage encyclopédique très savant, The Entropy Law and the Economic Process (La loi de l'entropie et le processus économique), publié en 1971 (Harvard University Press). Il s'agit d'une livre capitale et pour la science occidentale en général et pour la science économique en particulier.


Georgescu-Roegen a lui-même résumé sa thèse essentielle dans le texte d'une conférence de 1970 intitulée "La loi de l'entropie et le problème économique " (publié sous le titre "Economics and Entropy " dans The Ecologist, juillet 1972). Herman Daly a beaucoup fait pour assurer à ce message subversif une certaine diffusion dans le monde anglophone. En langue française, ce texte n'a pas eu la même fortune. On peut toutefois le trouver, avec deux autres textes, dans un petit livre intitulé
Demain la décroissance: entropie, écologie, économie. Dans ce livre, Georgescu-Roegen expose avec une concision et une clarté remarquable l'erreur fondamentale de la pensée économique occidentale: la science économique a été construite dans le cadre du paradigme mécaniste (Newton-Laplace), autrement dit sur le modèle de la science classique, au moment même où les bouleversantes découvertes de l'évolution biologique (Darwin) et de la révolution thermodynamique (Carnot) avec sa fameuse loi de l'entropie (Clausius, 1865), introduisent un autre paradigme, celui du devenir de la nature, du temps irréversible, de l'évolution cosmique. Le XIXème siècle ne l'a pas compris. Ce faisant, nous vivons encore, en économie, au XIXème siècle !

 

C'est fondamentalement le dogme mécaniste de la société industrielle occidentale qui est l'erreur fatale dont les conséquences technologiques et économiques sont à la source de la crise qui attend l'humanité lancée dans l'impasse écologique et sociale de la croissance illimitée. Ce qu'il nous faut entreprendre, au niveau intellectuel, n'est donc pas une simple réforme qui substituerait, par exemple, une comptabilité énergétique à la comptabilité monétaire en vigueur, mais une refonte radicale de notre vision du processus économique. Ceci afin d'intégrer le métabolisme global de l'humanité - avec ses extensions techniques - dans l'environnement biosphérique limité de la planète Terre, "nature" issue de plusieurs milliards d'années de coévolution de la Vie et de la Terre, en un mot de la Biosphère, dont l'espèce humaine est momentanément l'héritière. En raison même de notre puissance, nous nous retrouvons coresponsable de son évolution, c'est-à-dire du destin de la Terre.


Petite précision importante. On entend souvent la fameuse maxime: "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". Maxime reprise par Lavoisier (chimie) mais qui a été énoncée en 450 avant J.-C. par Anaxagore de Clazomènes, professeur de Périclès et Euripide. Maxime énoncée dans le cadre de la philosophie et non de la chimie. Pour Anaxagore,  la matière et l'être ne font qu'un, ne font que Noûs (Nους, ou Nouç), interprété plus tard par Platon par l'intelligence suprême, l'esprit, l'âme, la pensée de Dieu. Un exemple parmi tant d'autres d'appropriation ou de dénaturation d'une pensée noble et unifiante au nom de la toute grande science.

 

Mais là n'est pas la question pour le moment. Ce qu'il faut bien comprendre c'est qu'effectivement tout se transforme mais qu'il y a malgré tout "perte d'énergie" ou plus précisément perte d'énergie utilisable. C'est ce que Georgescu-Roegen à démontré il y à près de 40 ans par les lois de la thermodynamique. Très grossièrement, voici ce qu'il faut en retenir: "dans tout système clos d'un point de vue thermodynamique, matière et énergie se dégradent naturellement sous d'autres formes toujours plus difficiles à valoriser pour l'homme car dans un état qualitatif moindre". La Terre est considérée comme un système clos par la thermodynamique car elle n'échange que de l'énergie et pas de matière avec son environnement. Il y a bien les pluies de météorites (150.000 tonnes par an) mais cela reste proportionnellement négligeable, tout autant, d'ailleurs, que les particules matérielles qui pourraient échapper à la force d'attraction terrestre.

 

Ainsi donc, quoi que nous fassions, tout, absolument TOUT "se dégrade", perd de l'énergie UTILISABLE. Vu sous cet angle, qu'est donc le développement durable si ce n'est une image, une vision matérielle-humaniste à l'eau de rose ou le rêve intemporel du mouvement perpétuel…

 

Pour terminer, voici 2 magnifiques textes issus du livre Demain la décroissance: entropie, écologie, économie


1) La dégradation entropique et la destinée prométhéenne de la technologie humaine

2) La loi de l'entropie et le problème économique

Et voici pour vous donner envie de le lire, le dernier paragraphe du texte

"La dégradation entropique et la destinée prométhéenne de la technologie humaine":

Peut-être le destin de l'homme est-il d'avoir une vie brève mais fiévreuse, excitante et extravagante, plutôt qu'une existence longue, végétative et monotone» (NGR 1979b, ch. II). Aujourd'hui, un nouveau courant scientifique rend l'horizon plus sombre, voire sinistre. C'est le biologisme qui soutient que nos comportements de base sont entièrement déterminés par notre constitution génétique. Des gènes ataviques, très résistants, font de l'homme un animal fondamentalement agressif et égoïste. Ainsi, même si Homo sapiens sapiens peut comprendre ce qu'il doit faire pour son salut écologique, sa nature l'empêche de suivre le conseil de la sagesse. Certes, il y a une crise de l'énergie, mais à ce qu'il paraît la vraie crise est la crise de la sagesse humaine.

 

Voir aussi Hommage à Nicholas Georgescu-Roegen de Jacques GRINEVALD


Bibliographie

* Analytical Economics : Issues and Problems (Harvard University Press, 1966)
* La Science économique : ses problèmes et ses difficultés, par N. Georgescu-Roegen,… Traduit par Mme F. Rostand,… Préface de P. Samuelson,… Préface de H. Guitton,… – Paris, Dunod, 1970. 23 cm, XV-300 p. (Collection du centre d’économétrie de la faculté de droit et des sciences économiques de Paris, association Cournot, dirigée par Henri Guitton.)
* The Entropy Law and the Economic Process (Harvard University Press, 1971)
* Energy and Economic Myths : Institutional and Analytical Economic Essays (Pergamon, 1976)
* Demain la décroissance. Entropie, écologie, économie. Traduction, présentation et annotation Jacques Grinevald et Ivo Rens. – Lausanne, Pierre-Marcel Favre, 1979. 21 cm, 157 p. [2e édition revue et augmentée. La Décroissance. Entropie, écologie, économie. Traduit et présenté par Jacques Grinevald et Ivo Rens. Paris, Sang de la Terre, 1995.
* « L’économiste Georgescu-Roegen : intégrer l’économie dans la problématique énergétique et écologique », par Jacques Grinevald, Uni-information, no 36, juin-juillet 1974, p. 28-29.
* « Georgescu-Roegen : Bioéconomie et Biosphère », par Jacques Grinevald, Silence, Lyon, avril 1993, no 164, p. 4-14.
* « Hommage à Georgescu-Roegen », par Jacques Grinevald, SEBES, Genève, 1995, p. 149-151.

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 14:35

Par Carlos Noriega, Pagina 12

Les aborigènes ont rompu l’alliance conservatrice à Lima et ont obtenu l’abrogation des lois qui facilitaient la privatisation de leurs terres ancestrales au profit d’exploitations minières.

La révolte des communautés natives de l’Amazonie péruvienne contre le gouvernement d’Alan Garcia s’est terminée par la victoire des indigènes. Ce fut un triomphe inespéré qui casse la tradition historique de la prééminence du pouvoir central sur les groupes indigènes. Après deux semaines de protestations et une prise de routes, entreprises hydroélectriques, stations pétrolières et de puits de gaz, 65 ethnies natives de la forêt péruvienne qui regroupent 350 mille personnes, sont parvenus à faire céder le pouvoir. Vendredi, le Congrès a abrogé à une ample majorité de 66 voix contre 29 deux lois qui facilitaient la vente des terres communales des indigènes et dont la promulgation a provoqué le soulèvement indigène dans la forêt amazonienne.

Les natifs ont dénoncé qu’avec ces lois le gouvernement essaie de promouvoir la vente de leurs terres aux compagnies pétrolières transnationales et d’exploitation du bois. Le gouvernement avait promulgué ces lois comme partie du Traité de Libre Echange (TLC) avec les Etats-Unis et a tout essayé pour leur défense. Il a parié sur la répression pour abattre la révolte indigène, a déclaré l’état d’urgence et a appelé les Forces Armées, mais les indigènes se sont fermement maintenus sur le pied de guerre avec leurs lances, arcs et flèches. Dans le Congrès, le parti de gouvernement s’est retrouvé seul. Il a perdu le soutien de ses alliés de la droite et du fujimorisme, qui ont voté en faveur de la dérogation des deux lois. Cela constitue le plus grand échec politique de Garcia des deux années de sa gestion et il survient au moment où sa popularité atteint seulement 20 pour cent.

La marche arrière du Congrès a déclenché la colère de Garcia et de son gouvernement, mais a décomprimé une crise sociale qui menaçait de s’aggraver et d’avoir une fin violente. Tandis qu’à Lima, les fonctionnaires du gouvernement n’arrivaient toujours pas à digérer leur échec et répondaient en déchargeant leur frustration en attaquant furieusement les opposants des lois abrogées, dans les villages et zones de la forêt amazonienne des fêtes massives ont éclaté. La nouvelle de la décision du Congrès a fait éclater l’euphorie parmi les indigènes, qui s’étaient rassemblé sur les places des principaux lieux habités pour attendre le vote. À peine connue la nouvelle, avec leurs visages peints, ils ont commencé à danser et à agiter leurs lances et flèches en signe de victoire. "C’est une grande nouvelle pour nous. C’est une nouvelle aube. Pour la première fois dans l’histoire, nous faisons grève et obtenons une victoire", a signalé Wrays Perez, apu (leader) de l’ethni aguaruna qui a célébré la victoire avec des milliers d’indigènes sur la place centrale de Bagua, l’un des épicentres de la protestation. A Lima, Alberto Pizango, président de l’Association Interethnique de Développement de la Forêt Péruvienne (Aidesep), qui a pris la tête de la protestation indigène, vétu avec le vêtement typique de sa communauté native était présent au Congrès pour suivre le débat et le vote auprès d’une délégation de dirigeants natifs. "C’est une décision historique. A gagné la raison et non des lois qui attentaient contre les peuples indigènes et la société nationale", a dit Pizango, tandis qu’il se retirait souriant et victorieux du Parlement.

A l’autre bord de cette guerre pour les terres indigènes, le président Garcia a qualifié la décision du Congrès de "recul historique". Avant le vote du Congrès, Garcia avait essayé de faire pression sur les parlementaires en exigeant la ratification des lois de la discorde et en accusant les congressistes qui avaient déjà annoncé leur vote pour la dérogation de "céder au chantage par peur". Mais ses pressions n’ont pas pu changer le cours des choses au Congrès. Vendredi a été une mauvaise journée pour le président péruvien. Tandis que le Congrès débattait la dérogation des lois pour lesquelles il avait décidé de tout jouer et que son échec était déjà annoncé, Garcia a été reçu par des sifflets et des pierres à Chiclayo, ville de la côte nord du Pérou, où il s’était rendu pour inaugurer des infrastructures routières. Garcia a du abandonner Chiclayo sans pouvoir inaugurer les oeuvres. La protestation de Chiclayo n’a rien eu à voir avec les terres des indigènes, mais avec la revendication d’augmentation de salaires des employés publics du secteur de la santé et représente l’étendue du mécontentement social contre le gouvernement.

Mais le président péruvien n’a pas été le seul qui a essayé de changer l’histoire d’un vote qui depuis deux jours était déjà annoncé défavorable pour le gouvernement. La Confédération d’Institutions Patronales Privées (Confiep), le pricipal syndicat des entrepreneurs, a émis avant le vote du Parlement un communiqué en exigeant du Congrès la ratification des lois controversées sous l’argument que leur dérogation "enfoncera le pays dans l’anarchie". Mais au final, le pouvoir politique et le pouvoir économique ont perdu en face des indigènes qui ont défendu leurs terres avec leurs lances, arcs et flèches. Un fait qui n’avait jamais été vu auparavant dans l’histoire du Pérou.

Article tiré du site Altermonde-sans-frontières

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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 23:54

Un billet de Michel Walter pour Terre sacrée

On n’y pense pas, mais sans l’acier galvanisé nous ne pourrions ériger de gratte-ciels, ni d’ailleurs fabriquer de voitures, voire la grande majorité des machines qui envahissent le quotidien de plus en plus d’humains.

L’acier galvanisé est fait d’une âme de fer mélée à un peu de carbone et plongée dans un bain de zinc en fusion. Le zinc assure une protection durable contre la corrosion. Ainsi 76 ans après son érection, l’Empire State Building tient-il toujours debout. Sans le discret zinc, le fer constituant son armature aurait rouillé depuis longtemps et les 102 étages du plus haut building américain seraient actuellement réduits à un amas de gravats.

Or on vient d’apprendre que les mines de zinc seront totalement épuisées en 2025, en même temps que les mines d’or. Et cela partout dans le monde.


Alors, dans 17 ans seulement, fini les villes tout en hauteur, et dans la foulée fini les voitures, fini les machines, fini les robots ?

Dès 2012, on aura juste eu le temps de construire Al Buri à Dubaï qui culminera à 855 mètres d’altitude et quelques derniers autres monstres qui deviendront la fierté des mégalopoles internationales. Et puis pschitt ! Plus de ressources métalliques. On redescendra brusquement au ras des pâquerettes, s'il en reste!

Est-ce possible ? Le début de la fin programmée de notre civilisation telle que nous la connaissons, 25 ans avant la fin annoncée du pétrole ! En voilà une nouvelle. Qu'on ne chante pas sur tous les toits pour que nous continuions à consommer sans réfléchir jusqu'à la dernière miette pour le profit des nantis.

Etes-vous certains, chers amis, que nous disposons vraiment d’une génération pour apprendre à vivre autrement, à nous adapter à cette situation de pénurie progressive de pratiquement tout? Ne faut-il pas commencer des aujourd’hui par exemple à moins gaspiller et à tout recycler? Avant qu’on ait tout épuisé pour les siècles des siècles…

Ainsi soit-il?


Michel WALTER pour Terre sacrée, le 22 août 2008

Source :
http://terresacree.org/aciergalvanise.htm

 

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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 01:02

Le monde va mal, la planète se réchauffe, la famine et les guerres guettent… mais quelle est donc cette force occulte qui nous pousse au gouffre? Il y a certainement un peu de chacun de nous mais il y a aussi l'argent et ses banques. Que font les banques de notre argent?

 

* Elles l'investissent dans la fabrication d’armes à l’uranium appauvri?

* Elles violent les droits de l’Homme? (Birmanie)

* Elles ne respectent pas l'environnement? (agrobusiness)

* Elles ne respectent pas le dialogue avec les syndicats?

 

C'est à ces questions que le Réseau Financement Alternatif (RFA) apporte des réponses, des éclaircissements, des solutions, des moyens de pression.

 

Pour le RFA, l'argent doit être orienté vers l'économie solidaire (ou sans but lucratif) éthique ou environnementale. Il ne doit pas entrer dans la logique de l'accumulation pour l'accumulation propre au système capitaliste.

 

Secrets bancaires, un site a visiter si vous souhaitez avoir une petite idée de ce que font Citibank, ING, Fortis, Dexia, KBC, Axa et Deutsche Bank avec notre argent. La palme des investissements nuisibles est remportée par Deutsche Bank.

Dans tous les cas, aucune n'est vraiment clean... CHANGEZ DONC DE BANQUE! ou poussez les à changer!



 

A ce propos, je vous invite à répondre à un mini questionnaire (moins d'une minute) avant le 1er septembre 2008 sur www.jechoisis.be lancé par FINANcité. Ce questionnaire servira au RFA comme moyen de pression sur les banques.

 

Le citoyen à bien plus de pouvoir qu'il ne le pense. Il est autant responsable que les pouvoirs publics. Aller au supermarché et acheter des produits confectionnés dans des conditions violant les droits fondamentaux des travailleurs ou de la Terre est aussi grave que de voter à l'aveuglette. Et il en va de même dans le placement de son argent [1].

 

Exerçant ses choix au supermarché, le consommateur politique venge l’État: de même que le capital transnational sape le pouvoir des États, le consommateur politique sape le pouvoir du capital transnational en décidant de ne pas acheter tel produit, mais plutôt tel autre. Ces contre-pouvoirs s’expriment à travers les organisations non gouvernementales, les mouvements de défense de la société civile globale et l’opinion publique mondiale, qui forment des réseaux transnationaux d’acteurs. Ceux-ci s’adressent aux États et de la sorte suscitent des coalitions d’États pour des objectifs tels que le respect des droits de l’homme [1 & 2].

 

D'autres sites qui méritent le détour:

* Bank Track avec son rapport "Mind the gap"

* Netwerk Vlaanderen

* FINANcité

* Alternatives Economiques

 

Voir aussi sur ce blog Une action étique et solidaire facile à réaliser

 

Triodos est une banque Ethique et Solidaire qui existe en Belgique mais aussi en Allemagne, au Pays-Bas et en Grande Bretagne. En France il y a la Nef, en Italie Banca Etica et en Espagne Fiare.

 

Outre cet aspect Ethique et Solidaire (Réseau Financement Alternatif) il faudrait que les banques retournent sous Contrôle Public (Faux Monnayeurs) et que le principe des Intérêts Composés soit remis en cause (Libérons la Monnaie)

 

L'argent ne peut pas faire de petits tout seul et il doit rester sous contrôle de la société. La nature humaine actuelle et la finitude de notre planète nous y oblige. L'objectif de profit de l'économie de marché, reflet hypocrite de notre individualisme, ne doit pas se faire au détriment des droits sociaux et de l'environnement.

 

Comme l'avais déjà souligné Carl Polanyi en 1944, l'économie, ce n'est pas seulement le marché (l'offre et la demande de biens et services), c'est aussi la redistribution (présence d'une autorité centrale) et la réciprocité (lien écologique et social)[1]. L'Etat et la société ont un rôle vital dans l'économie. Laisser la société aux banques et à un marché soi-disant autorégulateur c'est perdre sa Vie en pensant la gagner.

 

[1] Une économie porteuse de progrès: rêve ou réalité?

[2] La citoyenneté financière

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 13:12
Si je vous parle de LBO, CDO, "Level 3 asset" ou de titrisation, vous n'y comprendrez rien et moi non plus. Pas évident de s'y retrouver dans tout ce jargon et ces artifices financiers. C'est en définitive le mot "subprime" qui a mit le feu aux poudres…


Quand on creuse un peu, on se rend compte a quel point la finance est un monde vaste, complexe et impitoyable. C'est d'ailleurs le sujet principal de bon nombre de sites Internet et de publications. Loin de moi l'idée de leur faire concurrence. Dans cet article, j'ai juste voulu faire un état des lieux général de cette fameuse crise des "subprimes" dont on parle tant.


L'article étant particulièrement long, j'en ai fait un document que vous pouvez télécharger ici et éventuellement imprimer recto-verso. N'hésitez pas à réagir en cliquant sur le lien ajouter un commentaire en bas de cet article.


Si le sujet vous intéresse, je ne puis que vous conseiller 3 excellents blogs qui m'ont beaucoup aidé dans ma recherche.

 

* Carnets de nuit

* Tropical Bear

* La fin du capitalisme


Accrochez vous car ce qui se passe depuis un peu plus d'un an dans le monde de la finance ressemble à s'y méprendre aux grandes catastrophes climatiques du monde réel. Des ouragans, aux grandes sécheresses et grandes inondations, nous n'avons encore rien vu. Le "meilleur" reste à venir. La seule différence c'est que la crise financière concerne le sous-système humain qui a gangréné tout le reste, alors que la crise climatique concerne le méga-système dont nous faisons tous partie, que nous avons ignoré et que la Nature se chargera de nous rappeler à sa manière. Notez également que l'homme n'a pu croire s'affranchir de ce méga-système que par sa connaissance, son orgueil et sa très forte dépendance au pétrole. Ajoutez donc à ces deux crises (financière et climatique), la crise du pétrole, le fragile équilibre des écosystèmes et vous obtenez… un puissant cocktail Molotov aux subtils mélanges d'arrogance, d'avidité et d'hypocrisie.

Lisez aussi cet excellent article: De la crise des subprimes à la crise globale

 

 

CONSTAT


BANQUES

2007/09:  Northern Rock donne des sueurs froides à l'Angleterre

2007/11:  HSBC, une banque britannique également touchée par la crise des subprimes

2008/03:  Bear Sterns déclaré en faillite mais sauvé par la Fed qui a allongé 30 Mds $ par l'intermédiaire de la banque commerciale JP Morgan.

2008/05:  En Belgique, Fortis, Dexia et KBC sont logés à la même enseigne. La chute de leur bénéfice au premier trimestre traduit sans équivoque l'effet néfaste de la crise du subprime.

2008/06:  Deutsche bank admet avoir fait des faux pas dans le créneau du subprime. Elle devra réévaluer la valeur d'engagements pour 29 milliards d'euros.

2008/06:  UBS & Crédit suisse, les deux plus grandes banques suisses, ont annoncé lundi des revers dans leurs résultats trimestriels, UBS redoutant d'avoir perdu jusqu'à 800 millions de francs suisses sur la période.

2008/07: Indymac, l'un des plus gros prêteurs hypothécaires américains, a été mise, vendredi 11 juillet, sous tutelle des autorités fédérales. Elle devient le plus important établissement bancaire à faire faillite aux Etats-Unis depuis vingt-quatre ans.

2008/07:  3 nouvelles banques s'effondrent en bourse (blog Tropical Bear)

- Washington Mutual (WAMU) a chuté de 34,7% hier (14/07/2008, cours divisé par 14 en moins d'un an). Cette banque gère 320 milliards de $ d'actifs, mais ne capitalise plus que 3,4 milliards de $ en bourse.

- National City Corp a chuté de 26% hier (14/07/2008, cours divisé par 10 en moins d'un an). Elle gère 155 milliards de $ d'actifs, et capitalise seulement 2,43 milliards de $.

- Lehman Brothers a chuté hier de « seulement » 7,6% (cours divisé par 6 en un an). Elle gère 639 milliards d'actifs, pour une capitalisation de seulement 9,26 milliards de $.

Action concerté des banques pour financer la finance (blog Carnets de nuit)

Cette action concertée des banques donne la juste mesure de l'ampleur de la crise!

Plusieurs banques centrales (la Fed, la BCE, la Banque nationale Suisse, la Banque du Canada et la Banque d'Angleterre) ont enfin agi de manière concertée pour injecter des liquidités sur les marchés. La Réserve Fédérale Américaine a même créé une nouvelle procédure qui va lui permettre de prêter près d'un tiers des bons du Trésor US (200 sur 713 milliards de dollars) sur des garanties par définition peu fiables. (…) D'ici à ce que les bons du trésor américain ne valent plus rien (...) Le besoin de liquidités est abyssal, non pour financer directement l'activité économique, mais pour financer la finance et compenser ou camoufler ses errements des dernières années. (…)


Fond d'investissement

2008/02:  KKR Financial Holdings, filiale de KKR, a reporté pour la deuxième fois en cinq mois le remboursement de milliards de dollars de papier commercial et entamé une nouvelle série de négociations avec ses créanciers. Cette mesure permet d'organiser des "discussions en vue d'un rééchelonnement".

2008/03:  Carlyle Capital Corporation, le fonds d'investissement américain a annoncé jeudi sa probable faillite après avoir fait défaut sur près de 17 milliards de dollars de dette, nouveau signe inquiétant de l'aggravation de la crise financière.

2008/03:  Blackstone, le fonds d’investissement new-yorkais a perdu 170 millions de dollars au 4ème trimestre 2007, la crise ayant fortement ralenti les LBO de grande ampleur.

2008/08:  Mais dans toute cette déconfiture, les rapaces sont toujours bien présent KKR et Blackstone, les nouveaux King du capitalisme s'en lèchent les doigts…



Organisme de crédit

2008/01: Countrywide Financial (CFC) racheté par Bank of America (BAC) pour environ 4 milliards de dollars US. Une transaction qui s'apparente au sauvetage d'une société frappée de plein fouet par la crise du crédit immobilier aux États-Unis.

 

2008/07: Freddie Mac & Fanny Mae, deux grandes agences de refinancement, se trouvent en grandes difficultés financières. "Une faillite de Freddie Mac et Fannie Mae n'est pas même envisageable, tant leur effondrement aurait un impact cataclysmique sur l'ensemble de l'économie américaine. Les deux entreprises détiennent ou garantissent 5200 milliards de dollars de crédits immobiliers, soit plus de 40% des prêts au logement du pays."

 


REHausseur de crédit

2008/01:  les rehausseurs de crédit (MBIA, Scor, FSA, Ambac…), dont la solidité financière est reconnue par les agences de notation, sont désormais dans le rouge et risquent pour certains la faillite.


Capitalisations boursières

En un an, la hiérarchie au sein des grandes capitalisations a été renversée

Citigroup, AIG, General Motors: tous les 3, géant dans leurs secteurs - bancaire, assurance, automobile - ont vu leur valeur divisée par 3 en un an. Citigroup qui faisait partie il y un an du top10 des plus grandes capitalisations mondiales est aujourd'hui relégué à la cinquantième place. En contre partie, la banque chinoise ICBC a pris sa place dans le classement du top10. AIG, premier assureur au monde a littéralement dévissé du tiers de sa valeur. Quant à General Motors, le spectre de la faillite se fait de plus en plus insistant. Voir aussi General Motors n'en finit plus de se restructurer.


Indices boursiers

A New York, le Dow Jones, le plus vieil indice des bourses de New York, à perdu 20% de sa valeur en 1 an (1).

A Paris, le CAC 40, déterminé à partir du cours de 40 actions dont les échanges sont les plus abondants sur la bourse de Paris, est passé de 6000 points à 4200 points. On peut parler d'une crise boursière, puisque le CAC 40 a cédé plus de 30 % depuis début janvier 2008.

A Londres, l'indice FTSE 100, à perdu 15% de sa valeur en 1 an (1).

A Bruxelles, le Bel 20, en un an, l'indice belge des 20 plus grosses cotations boursières a chuté de 32,7%.

A Genève, le Suiss Market Index, a perdu 23% de sa valeur en 1 an (1).

(1) Voir sur Boursorama, graphique historique des indices boursiers sur un an .


En un mot comme en 100, les bourses Européennes commencent à saigner.


Par contre, le Japon semble à l'abri de cette crise du "subprime". Suite à la sérieuse claque du Japon en 1990, les banques et investisseurs sont devenus un peu plus prudents et n'ont pas ou peu souscrit aux crédits poubelles. Quant à la Chine, elle n'est pas à l'abri et elle reste largement dépendante de l'économie américaine.

 

POURQUOI?


La question qui se pose alors est "pourquoi une telle crise?". Les banques peuvent toujours saisir les biens pour lesquelles elles ont accordé un crédit non? He bien non! Le système est devenu à ce point abscons, opaque et complexe que les banques sont incapables de présenter le titre de propriété des dits biens.


Pour bien comprendre cette fameuse crise des "subprime" et ce qui nous attend, je vous invite à lire l'excellent article de F. William Engdahl: La crise des subprimes n'est que la première vague annonciatrice d'un grand tsunami financier.


Nous sommes passés d'un système "d'initiation de crédit pour porter le risque" à un système "d'initiation de crédit pour vendre le risque". La Crise Financière: cause, effets et réformes nécessaires


Lorsque ces banques et fonds d’investissements, tous privés, approchent de la faillite pour avoir trop spéculé, pour avoir à ce point acquis des actifs risqués sous formes de créances titrisées qu’elles ne savent même plus de quoi sont composés leurs portefeuilles d’actions, leur sauvetage est réalisé grâce à l’intervention massive des pouvoirs publics. On retrouve la privatisation des bénéfices et la socialisation des pertes (bascules).

http://www.humanite.fr/Crise-financiere-Privatisation-des-benefices-socialisation-des-pertes


ESTIMATION DES Dégâts

 


Dominique Strauss-Kahn - nouveau directeur général du Fonds Monétaire International - a tiré la sonnette d’alarme sur la crise financière, avec son évaluation d’un coût de 1.000 milliards de dollars de dépréciation d’actifs (1000 Md$, c'est le PIB des Etats-Unis divisé par 14).



Jacques Attali a déclaré le 18/01/2008 au JDD, information reprise le jour même par FRANCE2: «Nous sommes au bord d'une récession. Elle tire son origine de l'effondrement du marché du crédit hypothécaire américain. Elle a détruit, en quelques mois, des richesses égales à 10 % du PIB mondial, soit 4.000 milliards de dollars, c'est-à-dire 50 fois plus que les pertes générées dans les industries de pointe par l'explosion de la bulle internet», analysait dimanche Jacques Attali dans le JDD. Et l'ancien sherpa de Mitterrand d'ajouter : «on est passé, en une semaine, de l'euphorie à la panique : plus personne ne prête à personne. Plus aucune banque ne prête à une autre banque. Et si les banquiers continuent à paniquer, nous risquons une crise de 29. D'ailleurs, aux Etats-Unis et ailleurs, certains grands patrons de la finance me disent en privé : "Nous sommes en 1928"!

Tropical Bear, dans une estimation datant de novembre 2007, avance le chiffre 3300 milliards de dollars par an de pertes directes et indirectes sur les 3 prochaines années! Et l'auteur de rajouter "que ses hypothèses de base sont modérées (…) que les pertes globales correspondent à 20% du PIB US (…) qu'il y a largement de quoi déclencher une puissante récession aux USA, se répandant ensuite à l'ensemble de l'Europe et même des pays émergents."

Selon Junon MONETA, les estimations de chiffrages de la crise liée aux subprimes varient entre 1000 et 4000 milliards de dollars, la raison de cette large fourchette proviens du mélange des pertes en capital (1000 Md$) et des pertes des OPCVM (4000 Md$). Selon ses sources, Junon MONETA estime la perte globale (capital & OPCVM avant bascules: privatisation des bénéfices, socialisation des pertes) à 1600 milliards de dollars, uniquement pour les subprimes… avec 60% de pertes aux USA, 20% en zone Euro et 20% en Europe hors zone Euro.
«Ce sont donc nos retraites complémentaires et nos économies qui vont en prendre un coup car la Haute Finance a déjà fait ses bascules, on le sait, mais on ne sait pas encore combien!» Junon MONETA.

Alan Greenspan - ancien gouverneur de la Réserve fédérale américaine (Fed) -
«la finance mondiale sera plongée dans l'une des plus grave crises depuis la fin de la seconde guerre mondiale.»

Sympathique Alan! Aujourd'hui hors circuit avec une pension bien confortable, il a beau jeu d'écrire ses mémoires (Age of turbulence) en critiquant le fragile et dangereux échafaudage financier auquel il a lui-même largement contribué. Allan sait de quoi il parle!

"La bulle immobilière US qui a débuté vers 2002 a atteint son sommet lorsque Alan Greenspan a enclenché en 2005 et 2006 la plus agressive série de réductions de taux d'intérêt de toute l'histoire de la banque centrale des États-Unis, la Fédérale Réserve (la Fed). Tel que Greenspan l'a admit à l'époque, son intention était de remplacer la bulle Internet [Dot.com en anglais] par d'importants investissements immobiliers domiciliaires et par une bulle de prêts hypothécaires. Il prétendait que c'était le seul moyen d'éviter que l'économie US n'entre dans une profonde récession. Rétrospectivement, nous pouvons dire qu'une récession en 2002 aurait été beaucoup plus douce et moins dommageable que celle à laquelle nous sommes maintenant confrontés." La crise des subprimes n'est que la première vague annonciatrice d'un grand tsunami financier.

 

UNE GIGANTESQUE BULLE

 

En dix ans, les prix de l'immobilier ont doublé de part et d'autre de l'Atlantique! Les organismes de crédits profitent des petits-payeurs qui s'endettent  pour les rembourser et les intérêts s'accumulent : une bulle de liquidités s'est constituée qui ne repose sur… rien. Cette bulle de liquidités n'échange ni biens ni services et se compte aujourd'hui en milliers de milliards de dollars pour atteindre 6,7 fois le PIB mondial!

Pour lire ce rapport gratuit, cliquez sur le lien ci-dessous :
http://www.publications-agora.fr/pdf/krach.pdf

 

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 11:11

La vente de cigarette a lourdement chuté durant le premier semestre 2008. Si c'est une bonne nouvelle pour la santé des belges, c'en est une bien mauvaise pour les caisses de l'Etat, qui voient ainsi les recettes TVA et accises accuser une chute de plus de 35 millions d'euros…

Le tabac s'écrase partout

Les cigarettes se vendent moins

765 millions de cigarettes vendues en moins



Pour reprendre l'expression de Patrick VIVERET, c'est là également un exemple éclatant d'une comptabilité économique fondée sur le "mal-être". Ci-dessous, quelques passages clés du début du rapport de Patrick VIVERET, reconsidérer la richesse. Voir aussi sur ce blog:
Sortir du mode de l'avoir.


Imaginez. Imaginez qu'aucun accident de la route ne se produise pendant une année. Aucun dégât matériel ou corporel, aucun mort, aucun blessés sur les routes pendant une année... Eh bien, le PIB (le Produit Intérieur Brut - somme des "valeurs ajoutées"), notre seul et unique indicateur de richesse, chuterait dramatiquement. Nous perdrions une ou plusieurs places dans le classement des puissances économiques. Nombre d'économistes épiloguerait sur le retour d'une grave crise économique.[...]


Des accidents de la route à l'amiante, de la vache folle aux marées noires, des inondations aux crises de l'énergie, d'aucuns se prononceraient pour dire qu'il s'agit là de bien mauvaises nouvelles! En fait il n'en rien, toutes ces catastrophes et destructions sont toujours comptabilisées de manière positive.[...]


Par contre, toutes les activités bénévoles, qui ont permis d'éviter ou de limiter une partie  des effets de ces catastrophes, par exemple en allant nettoyer les plages polluées ou en aidant gratuitement des handicapés, n'ont, elles, permis aucune progression de richesse et ont même contribué à faire baisser le produit intérieur brut.[...]


Malgré de grandes déclarations de principe, notre société facilite beaucoup plus le "lucra-volat", la volonté lucrative, que le bénévolat, la volonté bonne;  et il arrive trop souvent que ce que l'on pourrait appeler le "male-volat" ou volonté mauvaise, sous ses formes diverses, bénéficie de l'argent des contribuables comme en témoignent entre autre, les pactes de corruption en vue de détourner les marchés publics.[...]


Rien n'indique mieux la transformation des moyens en fins, au cœur de l'économisme, que le fait de considérer le désir de gains monétaires, l'activité lucrative, comme un objectif se suffisant à lui-même. Et le symptôme majeur de la dérive vers des "sociétés de marché" se lit quand les outils de mesure de la monnaie, envahissent l'ensemble du champ sociétal jusqu'à faire de la totalité du temps de vie ce que les américains nomment le "life time value", un réservoir potentiel pour la marchandisation de toutes les activités humaines.[...]


Il est donc plus que temps de nous atteler à ce chantier considérable du changement de représentation de la richesse et de la fonction que joue la monnaie dans nos sociétés. C'est pour l'économie sociale et solidaire un enjeu décisif et pour le mouvement associatif une occasion à saisir. Ils s'inscrivent en effet dans une histoire où le choix de la coopération, de la mutualisation, de l'association se veut prioritaire. C'est pour eux un piège mortel que de laisser s'imposer des critères qui ignorent les enjeux écologiques et humains et valorisent des activités destructrices dès lors qu'elles sont financièrement rentables. Il leur faut, au contraire reprendre l'initiative et être aux premiers rangs de l'émergence d'une société et d'une économie plurielle face aux risques civilisationnels, écologiques et sociaux que véhicule "la société de marché". C'est à dire une société ou l'économie marchande en vient à subordonner, voire à absorber les autres fonctions majeures du lien sociétal que sont le lien politique, affectif et symbolique. [Karl POLANYI dans "la grande Transformation"].


Comment sortir des logiques guerrières, la dernière publication de Patrick VIVERET vaut également le détour (Edition Rue d’ULM - 5 € – 56 p. – ISBN 978-2-7288-0403-0). Ci-dessous, deux paragraphes que j'ai trouvés particulièrement éloquent.



« Il y a suffisamment de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de tous, mais il n’y en a pas assez s’il s’agit de satisfaire le désir de possession ». Cette fameuse phrase prononcée par Gandhi peu de temps avant sa mort est formidablement actuelle. Le désir est illimité, à la différence du besoin, autorégulé par la satisfaction. Comme le démontrent les 225 personnes dont le revenu cumulé équivaut à celui de 2,5 milliards d’êtres humains, chiffre officiel des Nations unies.


Les échecs de l’autorégulation du libéralisme et de la planification du socialisme ont confirmé que d’un point de vue anthropologique nous ne sommes pas seulement des êtres de besoin, mais aussi de désir et d’angoisse. L’énergie du désir est sans commune mesure avec celle du besoin et, seule, nous permet, au sens propre et au sens figuré, de déplacer des montagnes. Si on place ce désir dans l’ordre de l’avoir, cela va engendrer une situation de rareté artificielle considérable entretenue par le fait que le désir de richesse ou de pouvoir des uns ne peut se réaliser qu’au détriment de celui des autres.

 

Mieux? Il y a par exemple:


IDH: Indicateur de Développement Humain

IPH: Indicateur de Pauvreté Humaine

BNB: Bonheur National Brut

L'empreinte écologique

 

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 11:51

Cette semaine, du 21 au 26 juillet 2008, se tiendra la réunion informelle du cycle de Doha dirigée par le grand maître et chef matérialiste actuel Pascal Lamy, directeur général de l'OMC. Sur les 135 membres, seuls 35 ministres du commerce ont été invités à cette informelle et exclusive phase de négociation avec sa farandole de textes tous aussi injustes qu'inégalitaires comme base de discussion.


Dans OMC, Organisation Mondiale du Commerce, tout est dit: les pays occidentaux Organisent le Monde selon leurs critères et conception du Commerce. Ici encore, le smog néolibéral est tel que les grands dirigeants des pays "développés" semblent avoir oublié ce que Mondial signifie. Pour les pays développés, le monde c'est nous! Le monde est commerce et marché. "Ouvrez vos frontières bonnes gens, ouvrez vous à la bonne parole, à notre vision juste et noble du monde. En agissant de la sorte vous sauverez vos familles et votre pays de la misère et de la faim. Faites donc ce que nous préconisons et vous connaitrez joie, bonheur et abondance comme nous."
 
 


Abondance matérielle certainement! Mais a quel au prix!

* Au prix de vies, de sueur et de sang partout dans le monde.

* Au prix d'une funeste vampirisation matérielle et immatérielle mondiale.

* Au prix d'une sérieuse pénurie éthique, culturelle et spirituelle!


La majorité des propositions des 3 principaux sujets de discussion du cycle de Doha - agriculture, NAMA et service - sont conçus pour protéger et promouvoir les intérêts des pays riches et des corporations transnationales.


Les négociations de l’OMC se sont converties en une lutte des pays développés pour ouvrir les marchés des pays en développement en faveur de leurs grandes entreprises. Les subventions agricoles du Nord, dont les principaux bénéficiaires sont les firmes agro-alimentaires des Etats-Unis et de l’Europe, non seulement vont se perpétuer, mais vont en augmentant, comme on peut le voir avec la Loi Agricole américaine “Farm Bill 2008” [1]. Les pays en développement abaisseront les droits de douane des produits agricoles tandis que les subventions réelles [2] des Etats-Unis et de l’Union Européenne à leurs produits agricoles ne diminueront pas.


En ce qui concerne le volet des produits industriels des négociations de l’OMC, le but recherché est d’assurer que les pays en développement réalisent des coupes de leurs droits de douane de 40% à 60%, tandis que les pays développés diminueront en moyenne leurs droits de douane de 25% à 33%. [Cfr lettre d'Evo Morales]


Doha EST LE PROBLEME, PAS LA SOLUTION. Libéraliser plus avant et forcer l'ouverture des marchés rendront les pays pauvres encore plus pauvres et vulnérables... Ils seront non seulement vulnérables à la crise des prix alimentaires mais aussi à la crise financière. Si les textes actuels sont acceptés et que le cycle est conclu, le sort des pays en de développement en sera fortement aggravé.


Nous, représentants d'organisations paysannes, femmes, migrants, travailleurs, pauvres urbains et ruraux, pêcheurs, gens ordinaires, mouvements sociaux et organisation sociales civiles de l'Est et du Sud Est de l'Asie en appelons au rejet du cycle de Doha.


A la spécification géographique "Est et Sud Est de l'Asie" du magnifique texte Doha is the problem, NOT the solution on peut aisément substituer "tous les pauvres et déshérité du monde".
 


A l'aube du XXIème siècle et son chapelet de crises aussi multiples que mondiales, il est GRAND temps d'y voir clair et de mettre un terme à la racine du mal: l'hypocrite tragicomédie de la "mondialisation heureuse" et l'expression soi-disant naturelle de son "libre commerce".




[1] Le “Farm Bill 2008” a été approuvé le 22 mai 2008 par le Congrès des Etats-unis. Il autorise à réaliser des dépenses qui incluent des subventions à l’agriculture jusqu’à 307 milliards de dollars en 5 ans. De cela, approximativement 208 milliards de dollars pourront être dépensés en programmes alimentaires.


[2] Le texte actuel concernant l’agriculture propose de baisser les subventions des Etats-Unis dans une fourchette variant entre 13 et 16.4 milliards de dollars par an. Pourtant, les subventions réelles qu’appliquent actuellement les Etats-Unis, sont approximativement de 7 milliards par an. Proposition qui permettrait donc un doublement des aides!? Pour sa part l’Union Européenne propose dans le cadre des négociations de l’OMC la réforme de sa Politique Agricole Commune (PAC) qu’elle a réalisée en 2003, sans proposer de plus grandes ouvertures.


Source:
Doha is the problem, NOT the solution (Asie)
lettre d'Evo Morales (Amérique du Sud)


Voir aussi:

Mondialisation et Démocratie

Occidentalisation du monde

Autochtones et développement

 

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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 13:20

Oups, le premier ministre Belge (Yves Leterme) vient de donner sa démission. De toute manière, Guy Verhofstadt, Yves Leterme, Didier Reynders ou un autre, peu importe, ça ne changera absolument rien à la tendance Belge et mondiale: l'application rigoureuse et inébranlable d'une politique néolibérale formatée comme un beau complet veston cravate d'un consultant du FMI… Alors, levée de rideau sur la "noble Belgique".

 

Il y a désormais 72.000 millionnaires en dollars en Belgique. Indépendamment de l'effet dollars, cela fait une progression de 5% en un an. [Le soir, 25 juin 2008]


Les centres CPAS (sécurité sociale) accueillent de plus en plus souvent des chômeurs, des pensionnés et même des salariés qui ne s'en sortent plus et demandent une intervention du CPAS pour payer un loyer, une facture d'hôpital, une livraison de mazout, un facture d'eau. (...) Des gens se mettent au lit à 20 ou 21 heures pour économiser du chauffage et de l'électricité. (...) Des familles remplissent le réservoir de leur voiture par 10 ou 15 litres et se mordent les doigts d'habiter une maison éloignée du centre du village. [
Le Soir, 5-6 juillet 2008]


Les avoirs financiers déclarés des Belges en 2006 représentent 250% du PIB [1], soit le total le plus important d'Europe par tête d'habitant!


Nous devrions êtres les habitants les plus aisés d'Europe. Et pourtant, 15% des Belges (un sur sept) vit en-dessous du seuil de pauvreté (850 euros/mois).

Pourquoi? A cause de l'inégalité dans la répartition des revenus et dans la politique fiscale Belge. Une politique qui SURTAXE le travail (services) et les produits de consommation (TVA) et qui SOUSTAXE le capital, l'énergie et les technologies.
Le système fiscal Belge contribue à la concentration des richesses. Il n'est ni égalitaire ni distributif.

=> 10% des ménages Belges possèdent 50% des actifs financiers.
=> 1% des plus fortunés (65.000) en détient 25%.


Page 18 du document PENSER AUTREMENT
JOSEPH MEYER
www.vivant-ostbelgien.org

 

Des milliers d'exilés français et hollandais fortunés viennent chercher en Belgique divers privilèges fiscaux:

* secret bancaire (La Belgique est la seule avec l'Autriche et le Luxembourg à défendre le secret bancaire au sein de l'Europe de 15)
* exemption fiscale sur les gains boursiers
* pas d'impôt sur la fortune
* pas de taxation sur les actifs financiers (Un quart du patrimoine financier belge serait à l’étranger)
* pas de taxation équitable (incluant les revenus financiers). La réforme de l'impôt des personnes physiques (IPP) a notamment conduit à supprimer les taux d'imposition des tranches de revenu les plus élevés. Les taux de 55% et de 52,5% ont été supprimés, pour plafonner les prélèvements à 50%.


Pourquoi payer l'impôt, si tous (notamment les revenus financiers) n'y contribuent pas à la juste hauteur de leurs moyens? La réaction des contribuables allemands face au scandale du Liechtenstein, ce n'est pas autre chose.


Lorsque les libéraux soutiennent la déduction fiscale des frais de garde d'enfants, cela paraît une bonne chose. Mais en réalité, ils empêchent les pouvoirs publics de développer eux même ou de subsidier des places d'accueil pour les enfants (puisqu'en accordant des réductions d'impôts, ils réduisent les moyens publics). Ils encouragent dans le même temps les parents à s'adresser à des services privés non subsidiés en faisant prendre en charge par la collectivité (y compris les familles qui sont exclues de ces services par manque de moyens financiers) une part importante des coûts qu'ils auront à supporter! [Revue Contrastes pp. 3] Voir aussi accords PPP en Belgique


L'impôt n'est pas méchant ou destructeur, contrairement à ce que les libéraux essayent de faire passer comme message. L'impôt est nécessaire! Il est le prix de la civilisation et le fruit de nos solidarités. Il permet de redistribuer la richesse au sein de nos sociétés, de réduire la pauvreté par le financement des allocations sociales et d’investir dans un développement durable via, par exemple, de véritables services publics. Sans impôt et cotisations, nous ne pourrions jamais soutenir la Sécurité sociale, assurer l’accès à la santé, à l’enseignement, au logement, à la culture, à la recherche, aux transports et aux infrastructures nécessaires à l’ensemble des citoyens. [FSB - La Belgique, paradis fiscal pour la finance]


Malheureusement l'impôt n'est pas JUSTE! Il continue à taxer le travail tout en faisant preuve de grandes largesses pour le capital.


1% de la population belge détient, à elle seule, pratiquement les 2/3 du PIB belge.
A côté de cela, un belge sur 7 vit en dessous du seuil de pauvreté. Qu'à cela ne tienne, en Belgique, on a toujours taxé le travail et la consommation (TVA). Pourquoi changer? Dans la conjoncture actuelle, cette inégalité relève d'une prouesse digne du maintient d'un château de carte en pleine tempête. Gloire au puissant mur de notre ministre des finances (Didier Reynders) qui, contre vent et marrée parvient à refouler et amadouer la grogne sociale, chaque jour un peu plus tenace. Chapeau aussi pour ce coup de génie des intérêts notionnels [2] suite à l'interdiction Européenne des centres de coordination (sorte de banque d'entreprises aux privilèges fiscaux pharaoniques [3]).


Avec une telle politique fiscale - promotion flagrante du capital au détriment du travail - la maxime ad hoc n'est pas "Trop d'impôt tue l'impôt" mais bien "Trop d'impôt tue l'emploi".

 


[1] PIB Belgique en 2006 ~ 300 milliards euros
http://www.interex.fr/fr/fiches-pays/belgique/indicateurs-economiques

Avoirs financiers déclarés des Belges ~ 750 milliards d'euros
http://users.skynet.be/gresea/DH_fiscalitebelge_aout06.html


[2] Dans la comptabilité d'une entreprise, il y a les fonds propres. En gros, cela comprend le capital (l'argent injecté par les actionnaires) et tous les bénéfices accumulés par la société depuis qu'elle existe, à l'exclusion de ce qui a été reversé aux actionnaires. Pour l'exercice 2007, le gouvernement a fixé à 3,422% le pourcentage des intérêts notionnels. Une société qui a des fons propres pour 100 millions d'euros pourra donc déduire 3,422 millions de sa base imposable. Admettons qu'elle réalise un bénéfice de 5 millions d'euros, elle ne sera imposée que sur 1,578 millions. Et encore moins si elle peut revendiquer d'autres déductions fiscales. Si cette même société réalise un bénéfice inférieur à 3,422 millions, par exemple 2 millions d'euros, elle ne payera pas un cent d'impôt. Mieux, elle pourra déduire 1,422 millions (la différence entre 3,422 et 2 millions) du bénéfice de l'année suivante. Ou des 6 années qui suivent. Comme les grandes entreprises sont les mieux fournies en fond propres, elles sont les principales bénéficiaires de la mesure. [Extrait du livre "Didier Reynders, l'homme qui parle à l'oreille des riches", Marco Van Hees, pp 53]


[3] Selon les informations du Top 100.000 de Trends-Tendances (le ministère des finances refuse de fournir la liste des centres de coordination) on recense 207 centres de coordination. L'impôt total de ces 207 centres s'élève à 73 millions d'euros contre 5,36 milliards d'euros de bénéfices. Cela représente un taux d'imposition moyen de… 1,36%. Certains centres de coordination ne payent même que 0,01 ou 0,03%.
Si les 207 centres de coordination avaient été taxés au taux normal de l'impôt des sociétés, qui était en 2002 de 40,17%, ils auraient payé au fisc 2,15 milliards d'euros. Par rapport aux 73 millions effectivement payés, cela fait une fraude légale de 2,08 milliards d'euros. [Extrait du livre "Didier Reynders, l'homme qui parle à l'oreille des riches", Marco Van Hees, pp 46]


SOURCES

Débat fiscalité
Forum Social de Belgique
GRESEA asbl
RJF: Action contre la spéculation financière et la justice fiscale
FAN: Financieel Actie Netwerk
Vive l'impôt juste


Cliquez ici pour en apprendre d'avantage sur les accointances de Didier Reynders avec le gratin Belge. Alors? Toujours envie d'avoir Didier comme premier??? Notez qu'avec lui, la Flandre aura du fil à retordre en voulant s'approprier la manne Bruxelloise (BHV), quitte à scinder la Belgique en régions riches et régions pauvres.
 

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