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Présentation

  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
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Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

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Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Archives

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 22:25
Voici la dernière interview donnée par le cinéaste Andreï Tarkovski, le 28 avril 1986, malade au lit, dans son appartement parisien. Il n’a été publié que dans Nouvelles Clés. Ses principaux films : Andreï Roublev, Solaris, Le miroir, Stalker, Sacrifice.


Nouvelles Clés : On sent que le genre humain vous a déçu. Quand on voit vos films, on a presque honte d’y appartenir. Y a-t-il encore une lueur au fond du puits ?

 

Andreï Tarkovski : Discuter d’optimisme et de pessimisme est idiot. Ce sont des notions vides de sens. Les gens qui se couvrent d’optimisme le font pour des raisons politiques ou idéologiques. Ils ne veulent pas dire ce qu’ils pensent. Comme dit un proverbe russe, un pessimiste est un optimiste bien informé. La position de l’optimiste est idéologiquement maligne, elle est théâtrale, et elle est dénuée de toute sincérité. Par contre, l’espoir est le propre de l’homme. C’est l’avantage de l’être humain. Il naît avec l’espoir. Il ne perd pas l’espoir face à la réalité parce qu’il est irrationnel. Il se renforce chez l’homme contre toute logique. Tertulien disait et il avait raison : "je crois parce que c’est absurde de croire." L’espoir a plutôt tendance à se renforcer même face au plus sordide de notre société actuelle. Tout simplement parce que l’horreur, tout comme le beau, provoque des sentiments qui, chez un croyant renforcent l’espoir.

[…]


N. C. : Pourquoi n’aimez-vous pas votre film Solaris ? Serait-ce parce qu’il est le seul à ne pas être douloureux ?

A. T. : Je pense que la notion de conscience qui s’y matérialise est assez bien exprimée. Le problème, c’est qu’il y a trop de gadgets pseudo-scientifiques dans le film. Les stations orbitales, les appareils, tout cela m’agace profondément. Les trucs modernes et technologiques sont pour moi des symboles de l’erreur de l’homme. L’homme moderne est trop préoccupé par son développement matériel, par le côté pragmatique de la réalité. Il est comme un animal prédateur qui ne sait que prendre. L’intérêt de l’homme pour le monde transcendant a disparu. L’homme se développe actuellement comme un ver de terre : un tuyau qui avale de la terre et qui laisse derrière lui des petits tas. Si un jour la terre disparaît parce qu’il aura tout mangé, il ne faudra pas s’en étonner. A quoi cela sert-il d’aller dans le cosmos si c’est pour nous éloigner du problème primordial : l’harmonie de l’esprit et de la matière ?


N. C. : Comment vous situez-vous par rapport à ce qu’on appelle la "modernité" ?

A. T. : Comme un homme... qui a un pied sur le pont d’un premier bateau, l’autre sur le pont d’un second bateau... L’un des bateaux va tout droit, et l’autre dévie vers la droite. Petit à petit, je me rends compte que je tombe à l’eau. L’Humanité est actuellement dans cette position. Je pressens un avenir très sombre, si l’homme ne se rend pas compte qu’il est en train de se tromper. Mais je sais que tôt ou tard il prendra conscience. Il ne peut pas mourir comme un hémophile qui se serait vidé de son sang pendant son sommeil parce qu’il se serait égratigné avant de s’endormir. L’art doit être là pour rappeler à l’homme qu’il est un être spirituel, qu’il fait partie d’un esprit infiniment grand, auquel en fin de compte il retourne. S’il s’intéresse à ces questions, s’il se les pose, il est déjà spirituellement sauvé. La réponse n’a aucune importance. Je sais qu’à partir de ce moment-là, il ne pourra plus vivre comme avant.

[…]


N. C. : Qu’y a-t-il au-delà de la mort ? Avez-vous déjà eu l’impression de faire un voyage dans cet au-delà ? Quelles ont été vos visions ?

A. T. : Je ne crois qu’une une seule chose ; l’âme humaine est immortelle et indestructible. Dans l’au-delà, il peut y avoir n’importe quoi, cela n’a aucune espèce d’importance. Ce qu’on appelle la mort, n’est pas la mort. C’est une nouvelle naissance. Une chenille se transforme en cocon. Je pense qu’il existe une vie après la mort, et c’est cela qui se révèle angoissant. Cela serait tellement plus simple de se concevoir comme un fil de téléphone qu’on débranche. On pourrait alors vivre comme on veut. Dieu n’aurait plus aucune espèce d’importance.


N. C. : Dans votre livre Le Temps Scellé, vous dites : "L’occident crie sans cesse : Regardez ! Ceci est moi ! Regardez comme je souffre ! Comme j’aime ! Moi ! Je ! Mien... !" Comment avez-vous résolu le problème de l’ego en tant qu’artiste célèbre ?

A. T. : Je n’ai pas encore résolu ce problème. Mais, j’ai toujours senti sur moi l’influence et le charme de la culture orientale. L’homme oriental est appelé à se donner en cadeau à tout ce qui existe. Alors qu’en Occident, l’important est de se montrer, de s’affirmer. Cela me paraît pathétique, naïf et animal, moins spirituel et moins humain. En cela je deviens de plus en plus oriental.


N. C. : Pourquoi avez-vous renoncé à tourner la vie d’Hoffmann ?

A. T. : Je n’ai pas renoncé à ce film. Je l’ai remis à plus tard. Tourner Sacrifice était plus essentiel. La vie d’Hoffmann était destinée à être un film romantique. Or, le romantisme est un phénomène typiquement occidental. C’est une maladie. Quand l’homme vieillit, il voit sa jeunesse comme les romantiques voient le monde. L’époque romantique était spirituellement riche, mais les romantiques n’ont pas su utiliser leur énergie comme il le fallait. Le romantique embellit les choses, il fait ce que je fais lorsque je ne me suffis pas à moi-même : je m’invente moi-même, je ne crée plus le monde, je l’invente.


N. C. : Pourquoi au commencement y avait-il le verbe, comme le rappelle la phrase finale de Sacrifice ?

A. T. : Nous sommes très fautifs envers le verbe. Le verbe n’a de force magique que lorsqu’il est vrai. Aujourd’hui le verbe est utilisé pour cacher les pensées. En Afrique, on a découvert une tribu qui ne connaît pas le mensonge. L’homme blanc a essayé de leur expliquer et ils n’ont pas compris. Essaye de comprendre la mystique de ces âmes-là, et tu sauras pourquoi au début il y avait le verbe. L’état du verbe démontre l’état spirituel du monde. Actuellement l’écart entre le verbe et ce qu’il signifie ne fait que s’amplifier. C’est très étrange. C’est une énigme !


N. C. : Vivons-nous la fin du monde ou la fin d’un monde ?

A. T. : Une guerre nucléaire maintenant ? Cela ne sera même pas une victoire du diable. Cela sera comme... comme un enfant qui joue avec des allumettes et qui met le feu à la maison. On ne pourra même pas l’accuser de pyromanie. Spirituellement, l’homme n’est pas prêt à vivre ses bombes. Il n’est pas encore mûr. L’homme doit encore apprendre de l’histoire. Et s’il y a bien une chose qu’on a appris d’elle, c’est qu’elle ne nous a jamais rien appris. C’est une conclusion extrêmement pessimiste. L’homme répète sans cesse ses erreurs. C’est horrible. Encore une énigme ! Je crois qu’il nous faut fournir un travail spirituel très important pour que l’histoire passe enfin à un niveau élevé... Le plus important est la liberté de l’information que l’homme doit recevoir sans contrôle. C’est le seul outil très positif. La vérité non contrôlée est le début de la liberté.

-  Un remake de son film Solaris a été réalisé en 2003 par Steven Soderbergh, avec George Clooney, Natascha McElhone, Jeremy Davies...

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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 23:51

Nous ne pourrions pas nourrir toute la planète sans OGM. Vous les Africains, les Amérindiens, les Asiatiques, vous ne savez pas vous nourrir tout seul, vous ne savez pas comment vous y prendre. Nous, l'homme blanc occidental, allons vous apporter nos prouesses technologiques avec, à la clé, de la nourriture en abondance! Ce mythe des OGM est un des mutiples exemples de paternalisme qui a la peau dure. Un mythe entretenu par les bonimenteurs et manipulateurs de Vie: le monde surpuissant des biotechnologies.

Déjà mentionné a plusieurs reprises, un
rapport de la FAO a enfin admis que l'agriculture biologique (locale et traditionnelle) permettrait non seulement de résoudre les problèmes de faim dans le monde mais de considérablement réduire l'émission de gaz à effet de serre. Car, faut-il le rappeler, l'élevage et l'agriculture intensive contribuent pour 25% à l'effet de serre mondial. Voir aussi l'excellent article de Dominique Guillet.

 


Et si, en dehors de toute considération commerciale nous analysions le point de vue purement scientifique, biologique, évolutif? Quel est, ou pourrait-être, le véritable impact des OGM sur la vie: l'homme et la nature?


« J’ai l’impression que la science a franchi une barrière qui aurait dû rester inviolée. »
– Dr Erwin Chargaff, biochimiste et père de la biologie moléculaire.

Briser les barrières biologiques

On ne peut pas croiser un poisson et une fraise, qu'importe l'effort que l'on y consacre – ou du moins jusqu'alors. Aujourd'hui, les généticiens sont capables d'extraire un gène qui produit l'antigel naturel du flet arctique et de l'introduire dans un fraisier de sorte que son fruit résiste au gel. Mais ce tour de force ne peut s'accomplir qu'en utilisant des gènes spécialement conçus pour faciliter le processus.


Une fois que tous ces gènes sont insérés, leur destination finale et leurs effets potentiels restent inconnus. L'unique partie précise de cette technique est l'identification et l'extraction de l'ADN portant le caractère recherché dans l'organisme donneur.


Ce que l'on sélectionne finalement pour des tests approfondis et une mise sur le marché, ce sont les "heureux accidents" qui semblent fonctionner
.


Nous sommes devant un processus et non devant un produit

La controverse publique sur les OGM porte essentiellement sur les produits, sur la manière dont ils sont commercialisés et sur ce qui est planté, sur le lieu où cela est planté. Mais il se trouve aujourd'hui que le processus utilisé pour obtenir lesdits produits, et les constructions génétiques originales utilisées au cours de ce processus, pourraient constituer une menace encore plus importante pour la santé des hommes et de l'environnement que les produits eux-mêmes.


Il existe des rapports sur des réactions allergiques aux aliments transgéniques : d’après un rapport paru dans
Nature Biotechnology, par exemple, le très communément utilisé virus de la mosaïque du chou-fleur contiendrait un "point névralgique de re-combinaison" qui le rend instable et sujet à causer des mutations, le cancer, et de nouvelles pathologies. La British Medical Association et la U.S. Consumer’s Union ont toutes deux prévenu contre les nouvelles allergies et/ou les effets néfastes des aliments transgéniques sur le système immunitaire. Et les responsables de la santé publique en Europe sont inquiets de ce que les gènes marqueurs de la résistance antibactérienne des OGM pourraient rendre les antibiotiques inefficaces. Seule une dizaine d’enquêtes ont été menées sur la santé humaine et les OGM et la moitié d’entre elles donnent des raisons de s’inquiéter ; parmi celles-ci des organes mal formés, des tumeurs, et la mort prématurée observée chez les rats.


L'on signale de plus en plus de cas d'un phénomène auparavant considéré comme rare : "le transfert horizontal de gènes" qui se produit lorsque les gènes ne se déplacent pas que "verticalement" à travers les processus normaux de la digestion et de la reproduction, mais latéralement, entre les organes du même corps ou entre des organismes – un peu à la manière de Casper le fantôme passant à travers un mur. La généticienne Mae-Wan Ho, qui décrit ce phénomène depuis des années, déclare qu'il se produit parce que la nouvelle technologie "transgresse toutes les lois de l'évolution ; elle court-circuite complètement l'évolution. Elle contourne la reproduction, crée de nouveaux gènes et des combinaisons de gènes qui n'ont jamais existées et ignore les barrières habituelles entre les espèces".


Un nouveau
rapport, basé sur des recherches revues par des scientifiques et des documents de l'USDA a révélé que l'intégrité d'une plante subit d'importants dommages génétiques lorsqu'elle est modifiée, notamment le réaménagement des gènes sur le site de l'insertion et des milliers de mutations et de modifications incontrôlées à travers la plante transgénique.


Contamination stratégique

Aujourd'hui, parce que les gènes résistants aux herbicides pénètrent dans toutes sortes de plantes, les planteurs doivent affronter de "super mauvaises herbes" qui ne peuvent être combattues avec des produits chimiques habituels.


Ce qui fait des OGM une menace pour l'environnement c'est que, contrairement à la contamination chimique, les OGM sont des organismes vivants capables de se reproduire et de se re-combiner, et une fois libérés, ils ne peuvent être rappelés.


A titre d'exemple de ce qui peut arriver, une étude a montré que lorsque 60 poissons transgéniques sont libérés au milieu d'une population de dizaines de milliers de poissons sauvages, tous les poissons sauvages sont décimés en seulement 40 générations. Et que se passera-t-il, avec des plantations d'arbres transgéniques capables de répandre du pollen d'OGM jusqu'à 40 miles à la ronde et sur plusieurs décennies ? En l'absence de restrictions physiques ou réglementaires, les OGM constituent une menace très réelle pour l'intégrité biologique de la planète.


L'industrie appelle la contamination une "présence fortuite", comme si c'était une conséquence bénigne mais en tout cas inévitable de la vie moderne, comme la radiation naturelle causée par les tests nucléaires. Elle s'oppose aux tests indépendants et tire ainsi profit de l'absence de données pour fournir de fausses assurances quant à la sûreté de ses produits. Le Wall Street Journal a indiqué en 2003 que "les producteurs de cultures génétiquement modifiées ont évité de répondre aux questions et présenté des informations erronées" sur la sûreté de leurs produits au gouvernement fédéral. Ils ont dépensé des centaines de millions de dollars en campagnes de relations publiques massives utilisant des techniques sophistiquées de "gestion de la perception", toutes destinées à donner de fausses assurances au public et aux agences gouvernementales sur l'utilité et la sûreté de leurs produits.


Lorsque des plantations ou des usines sont contaminées par des OGM, l'industrie n'est pas tenue de supporter les frais de nettoyage, comme ce serait le cas avec la contamination chimique. Au lieu de cela, les rappels massifs d'aliments et de cultures transgéniques sont subventionnés par le contribuable. Non seulement l'industrie ne paie pas les pertes des agriculteurs, mais en plus elle intente souvent des procès aux agriculteurs pour contrefaçon de brevet et en tire des avantages financiers.


Don Westfall, consultant en biotechnologie auprès de Promar International, l'exprime ainsi: "L'industrie espère qu'avec le temps, le marché sera suffisamment inondé qu'il n'y aura plus rien d'autre à faire que d'abandonner la bataille."


La nature de la transgression

Une transgression, en langage juridique, c'est "un acte illégal qui cause un préjudice à la personne ou aux biens". Elle évoque une intrusion, de façon furtive, par l'usage de la force ou de la violence. Elle implique aussi le droit de permettre ou de refuser une intrusion. Une transgression se produit lorsque ce droit a été violé. La technologie du génie génétique transgresse les biens communs. Cela, du fait de la manière dont les produits transgéniques sont conçus et de la manière dont "la vision moléculaire" est mise en oeuvre. Cette vision exigeait que la science fût compromise au point de négliger les conditions de la barrière complexe qui constitue la base même de la vie. Elle devait avoir la prétention démesurée de briser les barrières entre les espèces et de se placer directement sur le chemin de l'évolution, coupant les organismes de leur lignage héréditaire. En outre, elle exige d'user de la furtivité et de la violence pour envahir la paroi cellulaire, ainsi que d'implanter des êtres vivants transgéniques à l'intérieur d'un participant involontaire avec des organismes spécialement conçus pour vaincre toute résistance à sa brutale intrusion.


Cette transgression se poursuit par l'appropriation forcée d'organismes nouvellement créés sous la forme d'un brevet. Le brevetage d'un être vivant était largement considéré comme immoral, et jusqu'à ce que la Cour suprême des Etats-Unis approuve le brevetage de la vie en 1980, il était illégal. Avec cette décision, les intérêts privés ont obtenu le droit de posséder toute forme vivante non humaine sur la terre. Nous sommes clairement, comme le déclarait récemment le Président Bush, "la société de la possession". Aujourd'hui, lorsque les OGM pénètrent le monde sans frontières du libre échange et s'infiltrent dans chaque partie du réseau vital, ils portent avec eux la marque de leur propriétaire et privatisent en fait chaque organisme qu'ils pénètrent. Cela est d'autant plus inacceptable que cette technologie coûteuse n'est absolument pas nécessaire. L'essentiel de ce que vend la biotechnologie agricole, notamment les plantes résistantes aux insectes et les stratégies de lutte contre les mauvaises herbes, est déjà disponible par d'autres moyens. La sélection traditionnelle des plantes peut produire toutes ces avancées et même plus – y compris une productivité accrue, la résistance à la sécheresse et au sel, et même des enrichissements nutritionnels. Tout l'objet de l'utilisation commerciale de la technologie du génie génétique, ce sont les brevets et le fait qu'ils facilitent le contrôle de la société. La raison pour laquelle les OGM ont été introduits dans les cultures, c'est qu'ils permettent aux sociétés agrobiochimiques la maîtrise de réserves de semences, de contrôle des moyens et des méthodes de production alimentaire, et de tirer profit de chaque maillon de la chaîne alimentaire.


Le génie génétique est une manifestation – peut-être la manifestation suprême – du terme "dominance à large spectre".
Dans le cas d'espèce, la dominance s'exerce à des niveaux multiples, d'abord par un contrôle biologique sur l'organisme lui-même, puis par un contrôle économique sur le marché, enfin par le biais d'un contrôle "perceptif" de l'opinion publique. Les OGM sont déguisés de manière à ressembler à leurs homologues naturels, puis sont lâchés dans la nature et dans la chaîne alimentaire humaine à travers une matrice de contrôle qui identifie et désactive toute barrière politique, légale, pédagogique ou économique qui pourrait contrarier les desseins de leurs propriétaires.


A la fin de mon enquête, j'arrive à la conclusion que le génie génétique est, du moins tel qu'il est utilisé dans l'agriculture, à dessein et par nature, envahissant et instable. Il a été imposé aux populations américaines d'une manière qui ne nous a laissé ni choix ni alternative, d'un point de vue biologique ou social. Par conséquent, la réalité est que l'héritage évolutionniste de nos vies, que ce soit en tant qu'êtres humains, abeilles, poissons ou arbres, a été bouleversé. Nous courrons le risque d'être coupés de nos lignées ancestrales et d'être détournés vers un tout autre monde, dont les dimensions physique et sociale sont encore loin d'être connues et restent encore à découvrir.



Extrait de l'article TRANSGRESSION disponible sur http://www.delaplanete.org/


Voir aussi:
OGM, une bénédiction pour la santé?
Non, les "BIO"-carburants, ne sont pas bio!

 

 

 

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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 23:41

ENFIN. Enfin, bébé joufflu occidental se réveille. Une sérieuse menace plane. Est-ce l'extinction des espèces 100 à 1000 fois supérieure à la moyenne? Est-ce le fait qu'un cinquième de la population mondiale meurt de faim? Est-ce la dangereuse pollution du stock d'eau douce de la planète? Est-ce la menace du réchauffement climatique?


Absolument pas, bébé joufflu s'inquiète surtout pour la hausse du prix du pétrole et l'effondrement de l'auto-multiplication magique de ses avoirs financiers. Eh oui, tout a une fin. Ce que nous nous acharnons à faire comprendre à nos enfants, la société ne l'a pas compris. Tôt ou tard, la source se tarit, le biberon est vide. C'est comme ça, il y a des limites. C'est une loi de la nature.



Fini les courses et sports auto-moto-bateau motorisés. Fini les déplacements en voiture dans tous les sens pour faire ses achats, aller au boulot, véhiculer ses enfants à l'école ou ailleurs. Fini les coups de klaxon, le vrombissement des moteurs, les bouchons, les gaz d'échappement… Fini les marées noires, les particules diesel, les guerres pour l'or noir…


Adieu kiwis, bananes et ananas. Adieu petits-pois "bio" d'Amérique Latine. Adieu agriculture intensive. Fini l'exportation de lait Européen en Mongolie productrice de lait. Fini aussi l'exportation de maïs Américain au Mexique ou de poulets Européens au Sénégal. Fini les bois exotiques des forêts tropicales pour nos meubles et terrasses. Fini nos chaussures, vêtements, jouets et ustensiles confectionnés par des petites mains des tropiques pouvant bosser jusqu'à 14 heures par jours dans des hangars sombres et mal ventilés. Fini l'exploitation de travailleurs Indiens ou Pakistanais travaillant 12 heures d'affilés souvent sous un soleil de plomb pour satisfaire la folie des grandeurs de Saoudiens qui n'ont toujours pas compris que sans pétrole il faudra venir à dos de dromadaires dans leurs grands lofts de 400m2 en plein désert. Fini aussi le rêve américain à Las Vegas en plein désert de Mojave où la consommation d'eau est 4 fois supérieure à la moyenne américaine.


Fini les vacances bien loin sur un coup de tête pour pas un balle… Fini les vols low-cost, la Costa del Sol ou Carcassonne en deux heures. Fini les croisières sur le Nil, les safaris au Kenya avec des Massais, un peuple guerrier drillé à poser comme Mickey à Disneyland. Fini les voyages exotiques avec des agences peu scrupuleuses du bien-être des populations locales et de l'environnement.


C'est sûr beaucoup de choses vont changer. C'est terrible, c'est affreux! Heureusement que les joueurs de foot ne fonctionnent pas au pétrole parce que nous serions proches de la fin du monde! Quoique la majorité de nos sportifs de haute compétition fonctionnent bien de plus en plus à une autre drogue tant la course à "la gagne" et au profit a envahi nos vies…


Mais avons-nous la moindre idée de ce qui se passe dans le reste du monde en dehors de nos petites considérations personnelles… Le pétrole représente 70% de notre dépendance énergétique, est-ce là des considérations personnelles??? Et alors? Personne n'a jamais dit qu'il était simple pour un drogué de se défaire de sa dépendance… Il faudra bien ça et quelques autres crises (alimentaire, eau, climat) pour nous mettre les yeux en face des trous. A force d'envolées lyrique, il serait peut-être temps de nous brûler les ailes non?


Dans les pays pauvres, 80% du budget des ménages est destiné à l'alimentation. Chez nous, nous n'y consacrons que 10 à 20%. Selon la banque mondiale, le prix des denrées alimentaires a augmenté de 85% ces trois dernières années. Faut-il faire un dessin de l'impact de cette hausse sur les pauvres?


La faute à qui? La faute au pétrole? Au climat? Aux pays émergents? Qu'est-ce qui a pris à ces Chinois et ces Indiens (près de la moitié de la population mondiale) de consommer comme nous? - Les américains, qui représentent 6% de la population mondiale, consomment 40% des ressources planétaires - Est-ce là une économie efficace? Un exemple pour l'humanité?


Jamais prêt à se remettre en question, l'occidental a beau jeu de rejeter la faute sur des causes secondaires. La cause première n'est autre que l'endoctrinement néolibéral ambiant et son acharnement à promouvoir une économie libre de marché fondée sur la concurrence. Toute proportion gardée, les trois facteurs précédemment cités (pétrole, climat, pays émergents) ne sont que mineurs par rapport à nos responsabilités en matière d'économie politique mondiale (
OMC, institutions Bretton Woods, Club de Paris) et pratiques financières.


La promotion d'une agriculture d'exportation shootée aux intrants du monde pétrochimique occidental au détriment d'une agriculture locale de subsistance ne peut engendrer que dépendance et risques systémiques. Il en va de même pour la promotion d'une finance, d'un marché, d'un commerce et de capitaux libres, puisque cette liberté est à sens unique: beaucoup d'argent pour la spéculation, peu pour l'investissement et l'emploi; ouverture des frontières au Sud, protections douanières, subsides et aides fiscales au Nord; démantèlement, délocalisation, pertes d'emplois au Nord, exploitations et privatisations au Sud.


Dans son essence, la libéralisation ne sert qu'une minorité de nantis attachés à ses privilèges. L'économie de marché libre est un leurre! "Un rêve de bureaucrate ou de fanatique, un calcul économique de puissant, le calcul du renard libre dans le poulailler libre, et n'a par là même aucun intérêt pour l'efficacité économique" (
anti-manuel d'économie, B. Maris). La libéralisation des marchés détricote le tissu social tout en faisant le lit de nos vices  (Cfr. DOGME 6).


Mais qu'à cela ne tienne, le capitalisme s'adapte. Il est très fort, il sait comment tirer parti de ses propres incohérences. Dès lors, à la crise du pétrole, il répond par une agriculture massive de "bio" carburants. Le grand capital se lance à fond dans l'agro-business! Il expédie les indigènes, massacre les orangs-outangs, supprimes les jachères, assèche les tourbières pour produire un substitut au pétrole, plus "vert", plus "propre" et surtout moins dépendant de l'OPEP. Pratiquement tout le monde sait maintenant que c'est la plus grande mascarade du XXIème siècle. Mais les grands lobbies du pétrole, de la chimie, des biotechnologies et de la grande distribution poussent derrière, il y a du BUSINESS à faire. Ils jouent de tous leurs atouts financiers, médiatiques et structurels pour faire craquer les résistances. Information, désinformation, pots de vins, organisations "humanitaires" et mafieuses parallèles, tout est bon pour toujours gonfler le mensonge et par la même occasion le chiffre de leurs comptes en banque offshore.


Le grand capital ne s'est-il jamais posé la question de l'utilité réelle de ce chiffre sur un compte? Sans confiance, elle est totalement et désespérément nulle. A force de presser le citron planétaire et social à l'excès, viendra bien un jour ou la confiance sociale sera rompue et/ou les réalités naturelles s'exprimeront pleinement. Cyclones, ouragans, sécheresses ou inondations commencent à jouer un rôle dans la prise de conscience mais rien de tel que la hausse du prix du principal Baxter d'une société malade de son incapacité à se donner des limites.


La seule grande et triste nouvelle de la fin du pétrole, c'est que c'est encore la planète et "le peuple" qui en pâtit en premier. En témoignent les déboisements massifs en Amérique latine ou en Océanie pour les agro-carburants, les manifestations sur la baisse du pouvoir d'achat, les manifestations des producteurs laitiers, des agriculteurs ou encore celle des pêcheurs artisanaux.


Seule consolation peut-être, c'est que "les gens du peuple", des plus revendicateurs aux plus réfléchis finiront par couper le cordon de dépendance et à se serrer encore plus les coudes. Déjà expérimenté en Amérique Latine, en Afrique ou en Asie, quand la situation devient trop insoutenable, il y a rupture avec le système et réorganisation structurelle plus ou moins juste selon le degré de sagesse ambiant: soit on domine par la force (mafia, gang), soit on coopère. Dans le meilleur des cas, les plus démunis s'organisent, ils créent leurs propres règles, leur propre monnaie, leurs propres dépendances et hiérarchies sur de nouvelles bases, plus humaines et plus solidaires.


La mort du pétrole, c'est l'occasion d'une nouvelle naissance avec un accouchement dans la douleur. C'est l'occasion de tisser des liens avec ses voisins, de passer plus de temps dans son jardin en contact avec la nature, de s'organiser avec d'autres en collaborant, de repenser l'économie d'une manière plus juste, plus locale et moins égoïste, de faire passer l'être avant l'avoir…


Mais avant d'en arriver à une telle remise en question, le grand capital va poursuivre sa fuite en avant avec, par exemple, le recours aux sables bitumeux, au gaz, au charbon, au nucléaire et autres sources d'énergies court terme… Il va poursuivre sans relâche sa course effrénée au progrès dominateur jusqu'au jour où il ne sera plus possible de mentir à la réalité sociale et naturelle. Alors ce jour, l'humanité expérimentera un nouveau big-bang… Un big-bang qui sera soit celui de son autodestruction, soit celui de sa conscience.

 


Plus d'infos sur le pic pétrolier: voir oleocène et son wiki

Voir aussi sur ploutopia:
La décroissance, un choix pour l'humanité 
Hausse des prix et croissance


Livres

Le plein s’il vous plaît

La vie après le pétrole

La fin du pétrole


                           

 

 ("Cliquez" sur l'image pour avoir l'avis d'internautes au forum oléocène)

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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 01:04

 

Au milieu du XIXème siècle, l'Irlande sous domination britannique a testé en vraie grandeur les principes libéraux énoncé par Adam Smith, Jeremy Bentham et Thomas Malthus. Bilan: 1,5 million de morts et 2,5 millions d'émigrés.

 

Le vendredi 13 juin 2008, cette même Irlande rejette le projet de constitution Européen, qui n'est rien d'autre qu'une liturgie du libéralisme dans le droit sillon des Etats-Unis.

 

Pour bien comprendre ce qui s'est passé au milieu du XIXème siècle, je vous conseille la lecture d'un article d'Ibrahim Warde datant de juin 1996: Quand le libre-échange affamait l’Irlande. Voici ce que vous pourrez notamment y lire: "En août 1847, en pleine « année noire» («Black 47»), au cours de laquelle 18,5 % de la population irlandaise vont périr, Lord Clarendon, représentant du gouvernement en Irlande, résume le dilemme de ce dernier en s’adressant au premier ministre : «Nous serons critiqués quoi qu’il arrive : si nous les laissons vivre, les économistes nous critiqueront ; si nous les laissons mourir, les philanthropes nous critiqueront. Quel camp choisissez-vous ?» Pour sa part, Sir George Gray, ministre de l’intérieur, déclare : «Il se pourrait que le gouvernement soit blâmé parce qu’il laisse les gens mourir, mais nous serons critiqués beaucoup plus sévèrement si nous avançons des fonds publics.»".

 

"Dans l’histoire de la libéralisation des échanges commerciaux, la famine irlandaise est généralement réduite à une parenthèse, dans la mesure où elle fut le prétexte qui obligea les derniers récalcitrants à accepter l’abolition des droits de douane."

 

Aujourd'hui, c'est une famine mondiale qui se profile. Autre temps, mêmes dogmes, autre échelle!

 

"Nous sommes convaincus que les réformes contenues dans le traité de Lisbonne sont nécessaires pour rendre l'Europe plus démocratique et plus efficace et qu'elles lui permettront de répondre aux défis auxquels sont confrontés ses citoyens". Voilà le message des "représentants" des 18 Etats-Membres signataires...

 

Quelle hypocrisie! Le smog libéral est tel qu'ils ne savent plus ce démocratie signifie. Dans démocratie il y a dêmos pour le "peuple" et krátos pour le "pouvoir", "la souveraineté". Ca signifie donc, la "souveraineté du peuple".

 

Où est "la démocratie" alors que le traité soi-disant modifié à été ratifié en douce par 18 Etats-Membres le 13 décembre 2007 en fin d'année et préparatif de fête et sans grand bruit médiatique? Après signature des ploutocrates convaincu, le paquet fumant est prêt pour les hésitants. Après tant de travail et de signatures, un refus passera facilement pour anti-constructif et malvenu...

 

Et pourtant, que ce soit sur le fond comme sur la forme, ce traité constitutionnel Européen est désespérément complexe, honteux et hypocrite. C'est un traité pour la ploutocratie (TRAITE DES PLOUTOCRATES) et non pour la démocratie. 

 

Sur la forme

Le principal auteur de la Constitution : "Une dernière trouvaille consiste à vouloir conserver une partie des innovations du Traité constitutionnel, et à les camoufler en les faisant éclater en plusieurs textes. Les dispositions les plus innovantes feraient l'objet de simples amendements aux traités de Maastricht et de Nice. Les améliorations techniques seraient regroupées dans un Traité devenu incolore et indolore. L'ensemble de ces textes serait adressé aux Parlements, qui se prononceraient par des votes séparés. Ainsi l'opinion publique serait-elle conduite à adopter, sans le savoir, les dispositions que l'on n'ose pas lui présenter "en direct !" Valéry Giscard d'Estaing, Le Monde, 14 juin 2007

Le principal auteur de la Constitution "Ce texte est en fait, le retour d'une grande partie de la substance du Traité Constitutionnel" Valéry Giscard d'Estaing, The Daily Telegraph, 27 juin 2007

Le Parlement européen "se félicite (...) que le mandat préserve en grande partie la substance du traité constitutionnel" Article 8 de la résolution adoptée par le Parlement européen le 11 juillet 2007 – Rapport Leinen A6-0279/2007

La Commission européenne "C'est essentiellement la même proposition que l'ancienne Constitution" Margot Wallstrom, Commissaire européen, Svenska Dagbladet, 26 juin 2007

Plus d'informations dans le bulletin de janvier 2008 du site www.societal.org

 

Sur le fond

Ce serait vraiment trop long à énumérer mais vous pouvez consulter le traité sur le site www.traite-de-lisbonne.fr

Je ne vais citer ici que l'article 56 et 108 sur la libre circulation des capitaux et sur le pouvoir des banques, mais il y aurait des tonnes de choses à dire sur la libre circulation des travailleurs, les politiques relatives à l'asile et à l'immigration ("directive retour") ou celles relatives à l'agriculture (PAC) et la pêche…

 

L'article 56

1. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les Etats membres et entre les Etats membres et les pays tiers sont interdites.
2. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux paiements entre les Etats membres et entre les Etats membres et les pays tiers sont interdites.

 

L'article 108

Dans l’exercice des pouvoirs et dans l’accomplissement des missions et des devoirs qui leur ont été conférés par les traités et les statuts du SEBC et de la BCE, ni la BCE, ni une banque centrale nationale, ni un membre quelconque de leurs organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions, organes ou organismes de l’Union, des gouvernements des Etats membres ou de tout autre organisme. Les institutions, organes ou organismes de l’Union ainsi que les gouvernements des Etats membres s’engagent à respecter ce principe et à ne pas chercher à influencer les membres des organes de décision de la Banque centrale européenne ou des banques centrales nationales dans l’accomplissement de leurs missions.

 

En d'autre terme, l'article 56 est une ode à la libre circulation des capitaux spéculateurs et destructeurs. Aujourd’hui, seul 2 % des transactions financières mondiales concernent l’échange réel de biens et de services ; 98 % des transferts d’argent ont lieu à des fins spéculatives (Margrit Kennedy). Et l'article 108 donne pleins pouvoir aux banques. Le tout parfaitement cadenassé sans aucun moyen d'action ou de correction des Etats, du peuple, du politique. Comment ne pas frémir à la lecture de ces deux articles suite à la crise du "subprime" qui secoue encore l'économie mondiale?

 

Les tenants de l'autonomie bancaire augureront que la liberté d'émission par des Etats ou le politique pratiquée par le passé eut des résultats hyper-inflationnistes (Voir Monnaie et inflation: Question Réponses). Ah, voilà le spectre inflationniste qui vient nous hanter, comme un revenant. Mais l'inflation, Messieurs les monétaristes et les libéraux, ce n'est que l'addition de toutes les variables que les économistes ont oublié de mettre dans leurs modèles.

 

Vu le caractère vital d'une monnaie pour une société (DOGME4 et DOGME5) il est essentiel que sa gouvernance revienne au politique et non à une bande de banquiers avides. L'argent est le sang du corps de l'humanité et son contrôle ne devrait relever que de la tête (politique) et non de l'un de ses organes (banque)! Car en ce cas, même si la tête n'en fait qu'à sa tête, guidé par un idéal humaniste et démocratique, il sera toujours possible de changer pour une tête plus sage et plus représentative de nos vertus et non de nos vices.

 

Ce NON au traité de Lisbonne ne va rien changer dans les faits puisque la grande majorité des articles existent déjà dans les autres traités et qu'ils sont déjà indéboulonnables (l'article 108 du traité de Lisbonne par exemple n'est qu'une transcription de l'article 104 du traité de Maastricht: www.fauxmonnayeurs.org).

 

Cependant, d'une manière moins spectaculaire que les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, ce NON est une victoire hautement symbolique pour l'Europe et la démocratie!

 

Petit à petit, le citoyen Européen prend conscience que la construction Européenne n'est qu'un subtil miroir d'une Amérique pro-libérale, terriblement énergivore, polluante et profondément meurtrie par la perte de ses acquis sociaux.

 

Pour conclure, j'aimerais reprendre un passage d'un texte d'Attac sur le traité constitutionnel.

Le document de la Convention institutionnalise la concurrence comme voie essentielle d’allocation des ressources. Pour marteler ce dogme, il rappelle à quatre reprises que la politique économique est conduite VERS UN TRAITÉ CONSTITUTIONNEL EUROPÉEN "conformément au respect du principe d’une économie de marché où la concurrence est libre". Toutes les autres politiques sont subordonnées à ce principe.

 

Un autre article sur Agoravox: Merci aux Irlandais qui ont dit non à l’« Europe des élites » ?

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 12:35

 

Jean Ziegler est l'ancien rapporteur de l'ONU sur le droit à l'alimentation. Il est aujourd'hui membre du Comité consultatif du conseil des droits de l'homme des Nations unies et auteur du livre L'Empire de la honte (édition Livre de poche).



Le sommet de la FAO à Rome sur la crise alimentaire mondiale s'est clôturé, jeudi 5 juin. Que faut-il retenir de ce congrès ?

Jean Ziegler : C'est un échec total, c'est extraordinairement décevant, et très inquiétant pour l'avenir des Nations Unies. Le sommet est assez unique dans l'histoire de cette organisation : plus de 50 chefs d'État et de gouvernement se sont réunis pour discuter de solutions concrètes à apporter à l'effroyable massacre quotidien de la faim, qui s'aggrave encore avec l'explosion des prix mondiaux des matières premières agricoles depuis cinq ou six mois. Mais le résultat de cette conférence est totalement scandaleux: l'intérêt privé s'est imposé, au lieu de l'intérêt collectif. Les décisions prises à Rome risquent d'aggraver la faim dans le monde, au lieu de la combattre.


Quels engagements des membres de la FAO auriez-vous souhaité ?

Je souhaitais trois décisions.

1) Tout d'abord, l'interdiction totale de brûler de la nourriture pour en faire des biocarburants.

2) Ensuite, retirer de la Bourse la fixation des prix des aliments de base, et instaurer un système où le pays producteur négocie directement avec le pays consommateur pour exclure le gain spéculatif.

3) Troisièmement, que les institutions de Bretton Woods, notamment le Fonds monétaire international, donnent la priorité absolue dans les pays les plus pauvres aux investissements dans l'agriculture vivrière, familiale et de subsistance.

La déclaration finale du sommet, difficilement adoptée jeudi soir, engage les pays membres de la FAO à réduire de moitié le nombre de personnes qui ont faim d'ici à 2015. Est-ce un objectif crédible?

Non, c'est de l'hypocrisie la plus totale. D'ailleurs, ce but est celui du millénaire. C'est en septembre 2000, au seuil du nouveau millénaire, que Kofi Annan, secrétaire général des Nations Unies à l'époque, avait réuni les pays membres des Nations Unies à New York et avait fixé neufs buts du millénaire pour éradiquer la misère, la faim, etc. Le premier, qui a été adopté, était déjà de réduire de moitié les affamés d'ici 2015. Mais entre 2000 et 2008, la faim n'a pas reculé, elle a massivement augmenté. Selon la FAO, il y avait l'année dernière 854 millions de personnes gravement et en permanence sous-alimentées. Sans compter les 6 millions d'enfants morts de faim. Et il y pourrait y avoir 100 millions de personnes de plus à tomber dans la sous-alimentation grave et permanente à partir de maintenant à cause de l'explosion des prix.


Qui sont, selon vous, les responsables de cet "échec" du sommet de Rome ?

Il y en a trois principaux.

1) D'une part, les Etats-Unis et leurs alliés canadiens et australiens qui ont saboté le sommet en faisant pratiquement la politique de la chaise vide.

2) D'autre part, les grandes sociétés multinationales. Dix sociétes multinationales contrôlent actuellement 80 % du commerce mondial des aliments de base mais elles ne sont pas la Croix rouge et ne sont pas en charge de l'intérêt collectif.

3) Troisième responsable, et je le dis avec beaucoup d'inquiétude, c'est le secrétaire général des Nations Unies, qui est chargé de faire des propositions. Or, il ne fait que d'une façon très insuffisante.

 

 


Propos recueillis par Laura Marzouk dans LEMONDE.FR | 06.06.08 |

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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 12:09

Les temps changent. Quand le FMI (Safeguarding Financial Stability), la banque mondiale ou la FAO (L’agriculture biologique face au défi de la sécurité alimentaire) publient ou recommandent des rapports sur la nécessité d'autosuffisance alimentaire, de régulation honnête des marchés ou de politiques protectionnistes, ça fait beaucoup de bien! C'est tout le contraire de ce qu'ils préconisent depuis des décennies et c'est heureux. Il est grand temps en effet que les grandes institutions de ce monde comprennent, comme Warren Buffet l'a déjà dit, que "la Haute Finance libéralisée est une arme de destruction massive". Venant de l'homme le plus "riche" de la planète, n'est-ce pas à prendre au sérieux?

Georges Soros (vidéo article précédent) et Warren Buffet  savent comment ils ont bâti leurs richesses…
Avec du flair, du bluff et de l'audace certes, mais aussi et surtout grâce à un système d'exploitation du nombre et de la Nature au profit de quelques-uns. Système rendu possible par escroquerie et bourrage de crâne mais aussi par une très nette tendance à l'individualisme de masse.

La faim et le désert frappent à la porte... Tôt ou tard, la réalité nous rappellera à l'ordre. A quand un gel des spéculations sur les denrées alimentaires? A quand un démantèlement des paradis fiscaux? A quand un moratoire sur les OGM et les agro-carburants? A quand une remise en question du dogme de la croissance? A quand une monnaie juste pour une répartition égalitaire des richesses, les vraies: le temps et le travail des gens?

 

Ci-dessous, un article d'Alain Faujas sur un rapport de la commission Croissance et développement.

***

 

La publication du rapport de la commission Croissance et développement, jeudi 22 mai, sonne la fin du tout-libéralisme en vogue depuis la fin du XXe siècle en matière de politiques de développement économique. Elle annonce un nouveau consensus pour une mondialisation moins sauvage.
 

 

La commission Croissance et le développement, financée par l'Australie, la Suède, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Fondation William et Flora Hewlett et le groupe Banque mondiale, est composée de 21 membres dont:

Dr Boediono, gouverneur de la banque centrale d'Indonésie ;

Kemal Dervis, administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ;

Alejandro Foxley, ministre des affaires étrangères du Chili ;

Goh Chok Tong, président de l'autorité monétaire de Singapour ;

Han Duck-Soo, ancien premier ministre de Corée ;

Danuta Hübner, commissaire européen à la politique régionale ;

Pedro-Pablo Kuczynski, ancien premier ministre du Pérou ;

Trevor Manuel, ministre des finances d'Afrique du Sud ;

Ngozi N. Okonjo-Iweala, directrice générale de la Banque mondiale ;

Robert Rubin, président de Citigroup ;

Robert SOLOW, Prix Nobel, MIT ;

Michael Spence, Prix Nobel, Stanford ;

Ernesto Zedillo, ancien président du Mexique ;

Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque de Chine.


Cette commission ne peut être suspectée d'altermondialisme : présidée par le Prix Nobel américain Michael Spence, un libéral orthodoxe, elle compte vingt et une sommités, dont un autre Prix Nobel américain, Robert Solow, d'anciens chefs de l'Etat ou premiers ministres, des ministres des finances, des représentants de l'ONU et de la Commission européenne, des gouverneurs de banques centrales, ainsi que le patron de la première banque privée du monde, Citigroup.

Créée en avril 2006 et épaulée par la Banque mondiale, la commission s'est penchée sur un phénomène qui ne s'était jamais produit avant le milieu du XXe siècle : depuis 1950, treize pays ont connu un fort taux de croissance de 7 % par an, pendant au moins vingt-cinq ans d'affilée.


Il s'agit du Botswana, du Brésil, de la Chine, de Hongkong, de l'Indonésie, du Japon, de la Corée du Sud, de la Malaisie, de Malte, d'Oman, de Singapour, de Taïwan et de la Thaïlande.

La commission Croissance et développement a étudié les recettes qui ont permis ces étonnantes success stories où voisinent la petite île de Malte et le géant chinois, un temple du libre-échange comme Singapour et une économie très dirigée telle la Malaisie.

Ils en tirent des conclusions qui vont à l'encontre du "Consensus de Washington", cette théorie adoptée par les institutions internationales et élaborée par l'économiste John Williamson à la fin des années 1980, et qui prônait la réduction des déficits, des impôts et des dépenses publiques, l'accélération des privatisations et des déréglementations.

Le rapport de la Commission est sans ambiguïté. "La principale de nos conclusions est que la croissance indispensable pour faire reculer la pauvreté et assurer un développement durable réclame un Etat fort",
commente Kemal Dervis, administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et ancien ministre des finances de Turquie.

Le rapport ne conteste pas la nécessité de la mondialisation et de l'ouverture économique et commerciale, seules capables de créer des richesses à long terme. Ni le repli sur le marché national, ni le protectionnisme ne sont efficaces à long terme. Mais "les orthodoxies ont leurs limites", prévient le rapport, qui ajoute : "S'il existait une seule doctrine de la croissance valable, nous l'aurions découverte."

Il estime que "plus l'économie croît, plus une administration publique active et pragmatique a un rôle crucial à jouer". Ce qui signifie "une planification à long terme", des fonctionnaires mieux payés pour obtenir "une administration compétente, crédible et motivée", des investissements publics dans les infrastructures, l'éducation et la santé, car "loin d'évincer l'investissement privé, ces dépenses l'attirent".

Le Consensus de Washington ignorait les conséquences sociales des politiques qu'il préconisait. A rebours, la commission Croissance et développement investit ce domaine, car elle est convaincue que l'insécurité économique fragilise le soutien des populations aux réformes nécessaires à la réussite de la mondialisation. Elle demande donc que les destructions d'emplois ne soient pas empêchées, mais qu'elles soient accompagnées par des programmes sociaux aidant les personnes à s'adapter à la nouvelle donne.

Dans le même esprit, elle conseille aux gouvernements de contenir les écarts de revenus que la croissance provoque toujours dans un premier temps et qui pourraient déclencher des troubles.

Loin des certitudes des néoconservateurs américains, qui refusent de dissocier développement et démocratie à l'occidentale, la commission se soucie peu du régime politique qui gère la croissance. Que le pouvoir appartienne à un parti unique, à plusieurs partis ou à des technocrates, l'important est que le cap de la croissance soit maintenu, selon la méthode de l'ancien secrétaire du Parti communiste chinois, Deng Xiaoping, qui conseillait de "traverser la rivière en tâtant les pierres".

Cet appel à une sorte de principe de précaution économique tranche avec la suffisance qui conduisait les équipes de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à imposer brutalement aux pays en développement l'orthodoxie budgétaire, fiscale et monétaire imaginée à Washington.

Enfin, l'environnement n'était pas au menu des travaux de la commission. Le réchauffement climatique s'est progressivement imposé, au point que Michael Spence appelle désormais les pays industrialisés à "stopper leurs subventions à l'énergie et aux biocarburants".

Le rapport invite les pays en développement à se soucier de leurs émissions de gaz à effet de serre et de la pollution de leurs eaux, sans attendre d'être plus riches, faute de quoi cette insouciance leur "coûtera extrêmement cher".

Alain Faujas

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 02:23

Chaque année, les personnalités les plus influentes de la planète se donnent rendez-vous au "World Economic Forum" organisé à Davos, une commune du canton des grisons en Suisse. Ci-dessous, une vidéo de 10 minutes du forum de 1997... Ca date mais c'est instructif. 

 

 

 

 


Créé en 1971 par Klaus Schwab, un spécialiste en stratégie industrielle, le Forum de Davos est une organisation sans légitimité qui n’a aucun pouvoir officiel...


Davos est devenu un haut lieu de rencontre de "grandes" personnalités politiques (George Bush, Angela Merkel ou Gordon Brown) et économiques (Bill Gates, Richard Branson, Daniel Vasella - PDG du groupe Novarits). En 2005 Davos a accueilli le monde des médias et people avec notamment Sharon Stone ou Brad Pitt. 2006 voit l’entrée des sportifs eux aussi membre du "gratin", "ceux d'en haut", discutant business et du sort du peuple, "ceux d'en bas".


Des photos et plus de détails sur Davos 2006


Participer au forum quand on n’est pas invité n’est pas chose aisée. Les quelques 2.000 leaders présents doivent débourser plusieurs dizaines de milliers d’euros afin de partager leurs points de vue pendant 4 jours. Cette somme reste toutefois mineure par rapport à la richesse des contacts que certains peuvent obtenir. Toutefois, il ne suffit pas de débourser son prix d’entrée pour pénétrer dans ce lieu saint. Un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros est une étape quasi obligatoire.
 



La relation entre le comportement de l'homme et sa destinée a été détruite. Et cette rupture est à l'origine de son sens de l'instabilité dans le monde moderne. Parce qu'il a été conditionné dans la croyance que rien ne dépendait de lui et que son expérience personnelle n'aura aucune influence sur le futur. L'homme est arrivé à la conclusion tragique qu'il n'a aucun rôle à jouer face à son destin. Je suis convaincu que toute tentative de restaurer l'harmonie dans ce monde ne peut que reposer sur la renaissance de la responsabilité personnelle.

[Andreï Tarkovsky]


Tous ces gens à Davos ont entendu ces propos. Il y a donc bien quelques petites cloches de conscience et de misère qui tintent au loin.

Malheureusement, pour la majorité ce n'est qu'un nouveau paramètre, une nouvelle contingence à gérer. Un nouveau grain de sable dans les engrenages d'une mécanique qu'ils jugent parfaite pour la gestion du quotidien et du destin de l'humanité.


Notons que ce forum date de 1997! Ca fait plus de 10 ans. Quand on sait les graves problèmes actuels, on ne peut qu'espérer un changement dans leurs propos. A moins d'être fou, ils devraient tout de même se rendre compte du danger, même pour eux... Font-ils le lien entre cette croyance aveugle au marché et les dégâts sociaux et environnementaux qu'elle entraine?

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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 23:24

Parmi les nombreux artifices financiers, voici quelques éclaircissements sur trois d'entres-eux: subprime, crédit tiroirs et titrisation.


1) Subprime = Mortgage = Crédit immobilier à haut risque
Cette crise du "
subprime" est tellement symptomatique de la finance libéralisée qu'elle mérite qu'on s'y attarde.


Mort-gage: terme anglais issu du français signifiant gage jusqu'à la mort. "Mort" du crédit ou "mort" du gage de l'emprunteur. En cas de défaut de payement, il y a saisie du bien par la Loi pour le prêteur.


Crédit a risque: crédit offert à un emprunteur qui n'offre pas les garanties suffisantes pour bénéficier du taux d'intérêt le plus avantageux.


Les crédits immobiliers classiques (client solvable) ne rapportant pas assez par rapport aux futures hausses possibles, la Haute Finance a imaginé les crédits à risque (client insolvable). Ainsi, même si l'emprunteur vient à être insolvable, il est toujours possible de revendre l'objet du crédit avec une plus-value. Il y a donc spéculation sur un marché haussier et sur le malheur des gens.


Malheureusement pour la Haute Finance, à force de spéculer et à cause de la hausse des taux d'emprunt, l'immobilier a fini pas se casser la figure. Résultat: des millions de foyers à la rue et l'économie mondiale menacée.


Entre 2000 et aujourd'hui, le taux directeur de la FED (banque centrale Américaine) est passé de 1% à plus de 5%. Pourquoi les taux étaient si bas au départ? Pour relancer l'économie après la bulle spéculative Internet. Pourquoi avoir remonté les taux? Parce que répondant à la seule théorie quantitative de la monnaie, c'est tout ce qu'une banque centrale (et donc tout le système bancaire autonome) sait faire pour freiner l'inflation par les prix.


Plus d'infos sur:
http://www.bayard-macroeconomie.com/essaisurl_inflation.htm


Jouer et spéculer sur le risque est devenu une excellente niche à profits dans un monde fini aux règles humaines restrictives, inégalitaires et satrapiques.


2) Crédits tiroirs ou crédits structurés

Le risque est aussi minimisé par toute une série de "crédit tiroirs" s'emboîtant les uns dans les autres comme des poupées russes. Par une chaîne d'opérations qui implique une multitude d'acteurs financiers et juridiques, les acheteurs du risque de crédit sont éloignés au maximum des emprunteurs dont ils n'ont aucune connaissance. Par cette pratique, il y a donc minimisation du risque par collectivisation indirecte de celui-ci. Évidemment puisqu'il y a tout de même une comptabilité globale et que les compensations se traduisent toujours par des pertes ou des déficits ailleurs, seules les premières poupées bénéficieront du mensonge. Les autres (banques centrales, États, citoyens) supporteront finalement ces pertes. Parce qu'en réalité les seules plus-values boursières concrètes ne se font que par exploitation de l'environnement (qui ne se fait pas payer) et de la force de travail. Ce qu'on appelle plus-value boursière est toujours l'anticipation de l'augmentation de la plus-value réelle dans le secteur productif (Marx).


3) Titrisation = Faire comme si…

La titrisation c'est "faire comme si".


"Faire comme si" les factures étaient payées, pour recevoir du crédit (soumis à intérêt ou commission) pour investir. En jargon financier voici ce que cela donne: "Dans la pratique, l'entreprise vend ses factures à une société spécialement créée à cet effet, dénommée 'special purpose vehicle' (SPV).  Le SPV finance cet achat en faisant appel aux investisseurs institutionnels par le biais d'une émission de titres sous la forme soit d'obligations (à long terme), soit de papier commercial (à court terme)."


"Faire comme si" les crédits et tous les artifices financiers valent quelque chose. Le but c'est de s'en mettre plein les fouilles. Plus le mensonge est gros mieux ça passe. Agences et banques d'investissement ont des intérêts conjoints. Elles entrent dans une démarche itérative de mensonge de manière à maximiser le profit net d'une titrisation.

 

La titrisation consiste en trois phases:

1- Pooling: réunir l'ensemble des crédits possibles et imaginable du marché: crédit corrects et crédit poubelle dans le même sac.

2- Offloading: céder ce beau paquet à des structures type "SPV" qui sont équivalentes à des banques de marché non régulées et non supervisées.

3- Tranching: ouverture du paquet pour un "tranchage" selon un principe de subordination qui transforme radicalement les profils de risques.

 

La structure est si complexe qu'elle requiert de nombreux acteurs, tous prélevant leurs commissions: les emballeurs, les arrangeurs de structures, les trancheurs, les rehausseurs (monolines), les cabinets de conseil juridique et fiscal. Bref, un magnifique artifice juridico-financier.

 
Par manque de capitaux à cause d'un système bancaire restrictif et inégalitaire, l'homo "sapiens" contemporain s'est véritablement surpassé dans l'ingéniosité la plus sournoise et la plus destructrice.


Nous sommes passés d'un système "d'initiation de crédit pour porter le risque" à un système "d'initiation de crédit pour vendre le risque".


Nous avons créé un monstre, un hydre incontrôlable gouverné par l'égo et la cupidité. Seule une importante prise de conscience ou une terrible crise peut en venir à bout.


Le capitalisme bête et méchant ne survit que grâce à l'allocation de crédit à partir de rien (du vent contre une maison, une voiture, une caméra) et à la spéculation sur tout ce qui bouge: le risque, le rendement futur, la pollution, les pertes, les nouvelles législations, etc.

 

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La Crise Financière: cause, effets et réformes nécessaires

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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 02:06

"La domination qu'exercent les moines du Tibet est absolue. C'est l'exemple type de la dictature cléricale". Heinrich Harrer, "Sept ans d'aventure au Tibet".


"Jamais n'a existé un pouvoir théocratique aussi puissant et aussi riche dans le monde. C'était incomparable avec ce qui se passait chez nous au Moyen-Âge où les monastères devaient se faire une petite place à l'ombre des châteaux forts." Elisabeth Martens, 20 ans au Tibet.


"Les violences qui ont eu lieu à Lhassa le 14 mars 2008 ont été perpétrées par des groupes de manifestants tibétains. Les agressions visaient les Chinois (les Han) et les Hui, majoritairement des Musulmans. Des personnes ont été incendiées vives, d'autres ont été battues à mort, déchiquetées au couteau ou lapidées." Témoignages concordants des étrangers présents sur place.


"Le Tibet devient stratégiquement et idéologiquement important. Puisque l'indépendance du Tibet peut servir la lutte contre le communisme, il est de notre intérêt de le reconnaître comme indépendant (…) Toutefois, ce n'est pas le Tibet qui nous intéresse, c'est l'attitude que nous devons adopter vis-à-vis de la Chine" rapport de l'Office des Affaires Etrangères des Etats-Unis en avril 49.


Quelques faits

La rébellion armée, qui démarre du monastère de Litang, s'étend par vagues jusqu'à Lhassa, où a eu lieu la plus importante, celle qui a été écrasée par l'Armée rouge en 1959. Suite à cet événement, il était de grande importance pour les Etats-Unis d'amener l'opinion publique à croire qu'il s'agissait d'un génocide, c'est pourquoi le chiffre de 1,2 million de morts a été avancé par les autorités du Bouddhisme tibétain en exil. Plusieurs études démographiques ont démontré par la suite que ce chiffre a été inventé de toute pièce.


En outre, le Tibet n'a jamais été reconnu comme "pays indépendant". Au 13ème siècle, le Tibet est annexé à la Chine par les Mongols, et au 18ème les Mandchous ont divisé leur empire chinois en 18 provinces, dont la province tibétaine. Fin du 19ème, l'empire britannique envahit le Tibet et y installe ses comptoirs de commerce.

Cela se passe sous le règne du 13ème Dalaï Lama, qui voit dans l'occupation anglaise du Tibet une opportunité pour revendiquer l'indépendance. Il se base pour cela sur ce qu'il a appelé le "Grand Tibet" : un territoire qui équivaut à cinq fois la France, quasi le tiers de la Chine, et qui correspond plus ou moins (parce qu'il n'y avait pas de cartes à l'époque) à ce qu'était le Tibet à la fin de la dynastie des Tubo, au 9ème siècle. C'est comme si maintenant on revendiquait l'empire de Charlemagne!


Et la "répression chinoise" alors?

La pratique religieuse est loin d'être réprimée. Il faudrait être vraiment de mauvaise foi pour prétendre le contraire! Ou bien, il faut n'avoir jamais été au Tibet. Dans l'enseignement, le bilinguisme est obligatoire et pratiqué dans toutes les écoles que nous avons visitées (primaires, secondaires et supérieures) ; des instituts de tibétologie ont été ouvert à l'intention des jeunes tibétains (ou autres) qui désirent approfondir l'étude de la culture tibétaine : y sont donnés des cours de langue, de médecine, de théologie, de musique et danse, de pratiques artisanales, etc.


Que dit le droit international? "Chaque pays a le droit d'utiliser la force contre des mouvements d'indépendance qui vise à la division du dit pays". Imaginez le foin que cela ferait en France si le mouvement séparatiste corse se mettait à incendier des passants français en plein Ajjacio!


Ce qui est interdit et sévèrement puni est toute tentative de "séparatisme", ou de division de la Chine. Cela peut être des actes qui paraissent anodins chez nous, comme porter le drapeau tibétain en rue (drapeau qui a été inventé en 59, lors de l'exil, et qui a donc une couleur politique), ou distribuer des tracts en rue, ou distribuer la photo du Dalaï Lama (qui est une effigie politique), ou organiser des manifestations, etc. Pour ce genre d'actions, il y a très rapidement (trop rapidement sans doute?) arrestation, et parfois emprisonnement. La Chine est drastique à ce sujet parce qu'elle sait que le soutien à ce mouvement pour l'indépendance du Tibet est énorme, que ce soutien vient de l'Occident et vise la division de la Chine. Le contentieux ne concerne pas tant les six millions de Tibétains de Chine face à la Chine, mais c'est un contentieux qui oppose la Chine à l'Occident et qui s'exprime par le malaise économique que connaît actuellement le Tibet.


Qu'on dise chez nous que la Chine est "répressive", d'accord dans une certaine mesure, mais expliquez-moi comment il se fait alors que proportionnellement elle compte cinq fois moins de prisonniers qu'aux Etats-Unis? Qu'on dise chez nous que la Chine est "totalitaire" : d'accord pour dire qu'elle reste communiste, mais est-ce automatiquement synonyme de "totalitaire"? D'ailleurs, ce qui nous gêne, ce n'est pas tant qu'elle soit communiste, mais c'est qu'elle protège son "territoire économique" : ni les Etats-Unis ni l'Union Européenne ne peuvent y faire ce qu'ils veulent à leur propre guise, et cela ne plaît pas du tout aux multinationales. Les investissements étrangers en Chine ne dépassent pas 3% : ce n'est pas un beau cadeau pour nos multinationales!


Pourquoi un tel sentiment pro-Tibétain en occident, notamment dans les médias?

L'opinion publique suit les médias et les médias obéissent aux intérêts économiques. Ne vit-on pas dans une dictature économique chez nous? La censure est aussi réelle ici qu'ailleurs, mais mieux camouflée. En Occident, on n'est pas enfermé en prison pour ses opinions, mais bien dans sa tête, puis dans la maladie qui en résulte. Je me demande parfois ce qui vaut mieux. Donc votre question réelle devient : "comment expliquer le sentiment pro-tibétain véhiculé par notre système économique"? Ni les Etats-Unis, ni l'Europe n'apprécient les avancées fulgurantes de la Chine sur la scène internationale. Tous les coups sont bons pour la contrecarrer : "Il faut foutre le bordel pendant les JO à Pékin!" crie Cohn-Bendit dans son discours en séance plénière à propos du comportement que l'Union Européenne doit adopter face à la Chine. Ceci, pas même une semaine après les événements qui ont enflammé le cœur de Lhassa! C'est assez monstrueux, mais cela démontre par "a+b" que le "grand monde de la diplomatie et du trust financier" n'a cure du Tibet, ce qui lui importe c'est "foutre le bordel en Chine".


Comment faire avaler cette pilule au grand public occidental, en ne perdant surtout pas l'approbation des intellectuels? Pour cela, on fait appel à Sa Sainteté qui par son sourire de neiges éternelles ferait fondre un chat devant une souris. Le Bouddhisme tibétain ne s'est-il pas habillé de ses plus beaux atours pour séduire un Occident "en vide de valeurs spirituelles"? Entré chez nous en surfant sur la vague du "retour aux sources" des années 70, il ne lui fut pas difficile de se faire passer pour le dharma, présenté à nous comme un "athéisme spirituel", une philosophie de vie, un mode d'être, une thérapie intérieure, etc., bref, tout sauf une religion.


Or, si on y regarde d'un peu plus près, le Bouddhisme du Bouddha est déjà une religion puisqu'il propose une transcendance : un au-delà des souffrances résultant de nos limites physiques et temporelles. Est-ce qu'un au-delà, ou une transcendance, n'implique pas une foi? Le Bouddhisme tibétain est encore plus une religion, puisqu'il a réintroduit des dogmes, dont le plus fameux : la réincarnation, justement celui contre lequel s'est insurgé le Bouddha en personne! La réincarnation a été remise à l'honneur par le Bouddhisme tibétain au 14ème siècle, pour pouvoir officialiser la succession de l'héritage spirituel, temporel et, surtout, matériel d'un Rinpoché (ou responsable de monastère) vers le suivant, par le système des tulkous (qui compte avec la croyance en la réincarnation). Etre responsable d'un monastère au Tibet à l'époque féodale, c'était être grand propriétaire foncier : les terres, et les biens sur ces terres, y compris les serfs, appartenaient au monastère. Cela explique pourquoi il y eut tant d'assassinats dans les rangs du haut clergé tibétain et de guerres entre les différentes écoles du Bouddhisme tibétain.


Bref, le Bouddhisme, grâce à son caractère très plastique s'est adapté aux différents environnements où il a élu domicile, que ce soit au Tibet, ou au 20ème chez nous... où Sa Sainteté le Dalaï Lama se plait à nous servir quelques louches de démocratie, avec une cuillère à soupe de Droits de l'homme, et autant de liberté d'expression, à mélanger consciencieusement à une bonne pincée de tolérance et de compassion bouddhistes, et on obtient une pâte bien lisse prête à enfourner dans les hauts fourneaux médiatiques pour en faire une succulente tarte à la crème! Que le Bouddhisme s'adapte, c'est un signe de bonne santé! Ce qui est beaucoup plus malsain, c'est un Dalaï Lama qui fait passer le Bouddhisme tibétain pour une non-religion (une philosophie) de tolérance et de compassion dénuée d'implications politiques. Là, il y a vraiment de quoi s'esclaffer (bien que ce ne soit pas une bonne blague)!


Extrait d'un entretien avec Elisabeth Martens auteur du livre "Histoire du Bouddhisme tibétain, la Compassion des Puissants", L’Harmattan 2007.


Voir aussi

* Le mythe du Tibet

* Bio branchés, BT-light ou dalaïstes convaincus : de quelle gauche s'agit-il?

* Dalaï Lama et Waffen SS

* Mon collègue revient de Chine et…

* Je ne suis pas d'accord avec le boycott des J.O. et la propagande anti-chinoise

* 5 questions à propos du soulèvement du Tibet

* Quelles issues pour la crise Chine-Tibet?

* La CIA sponsor du Dalaï Lama

* La "démocratie", la parure trompeuse du Dalaï-Lama

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 12:00

En Bolivie, le processus de changements pour les majorités court le risque d'être brutalement restreint. L'arrivée au pouvoir d'un président indigène (Evo Morales), élu avec un soutien sans précédent dans ce pays, et ses programmes de bénéfice populaire et de récupération des ressources naturelles, ont dû affronter dès les premiers moments les conspirations oligarchiques et l'ingérence impériale.

 

Récemment, l'escalade conspirative a atteint ses niveaux maximaux. Les actions subversives et anticonstitutionnelles avec lesquelles les groupes oligarchiques prétendent diviser la nation bolivienne, reflètent la mentalité raciste et élitiste de ces secteurs et constituent un très dangereux précédent, non seulement pour l'intégrité de ce pays, mais aussi pour celle d'autres pays de notre région.

 

 

Interview avec Evo Morales

- Où en est la refondation promise pour la Bolivie ?

Evo Morales : Elle progresse avec des hauts et des bas, avec l’opposition des milieux conservateurs, qui ne veulent pas perdre leurs privilèges. Ils n’acceptent pas que la nationalisation des hydrocarbures ait été blindée et soit garantie par de nombreux mécanismes légaux et constitutionnels ; ils n’acceptent pas que le pouvoir ait été transmis au peuple et ne soit plus le privilège de quelques familles, d’une oligarchie. Je veux dire le pouvoir économique et le pouvoir politique.


- Savez-vous s’il existe des groupes paramilitaires dans le pays ?

E.M : Je le sais, et je prévois une chose : nous avons une photographie de l’ambassadeur des États-Unis avec un paramilitaire colombien, prise récemment ici en Bolivie. Heureusement, le paramilitaire a été arrêté et se trouve en ce moment en prison. Nous avons des informations sur la présence, dans notre pays, de forces paramilitaires armées et organisées, formées par des éléments de droite et des délinquants. Lorsque la droite ne peut plus mobiliser comme elle le faisait auparavant, elle passe à l’extrême : le paramilitarisme.

- Il y a eu récemment des attentats contre un consulat vénézuélien en Bolivie, contre les maisons de certains médecins cubains, et aussi l’occupation de l’aéroport. D’où émanent ces actions, politiquement ?

E.M : Il existe une droite interne et une droite externe. L’interne vient des groupes oligarchiques, l’externe de l’ambassade des États-Unis. Avant d’être affecté en Bolivie, l’ambassadeur, Philip Goldberg, a été chef de la Mission des États-Unis au Kosovo, après avoir été le bras droit de l’ambassadeur en Bosnie, Richard Holbrooke, d’où est partie l’implosion de la Yougoslavie. [Pendant dix ans, Philip Goldberg a servi en Yougoslavie où il a contribué à provoquer les séparatismes et les guerres civiles servant les intérêts des Etats-Unis. Son expérience ressert. Et rappelons que la CIA déverse des dizaines de millions de dollars en Bolivie à travers ses ONG-paravents : NED, USAID, Freedom House...]

- Quelles sont vos relations avec le Brésil ? L’entreprise des pétroles du Brésil, Petrobras, se comporte-t-elle comme faisant partie d’un gouvernement ami ou comme une entreprise classique qui ne connaît pas d’amis ?

E.M : Il est difficile de s’entendre avec les entreprises, elles ont un seul intérêt, multiplier leur capital. Le président du Brésil essaie de résoudre les problèmes que nous avons avec ladite entreprise, et j’ai beaucoup de respect pour Lula, avec qui nous sommes en train de préparer une réunion en Bolivie, avant la fin de l’année. Je continue de considérer le camarade Lula comme un grand frère et le Brésil comme un grand pays. Nous sommes ici pour résoudre les problèmes, limiter les conditionnements et garantir les investissements.

- On a beaucoup critiqué votre chavisme, bien que critiquer Chávez soit un sport très pratiqué. Y a-t-il des divergences entre le président du Venezuela et vous ?

E.M : Nous sommes différents, mais tous les deux à la recherche de l’égalité, de la justice et de la réduction des inégalités entre les familles et les continents. Notre grande similitude est que nous avons des démocraties de libération et non soumises à l’Empire, nous sommes orientés vers la Vie et l’Humanité, non seulement en Amérique latine mais pour tous les êtres humains de la planète Terre. Nous faisons cependant partie d’un mouvement indigène, nous recherchons l’harmonie avec la Mère Terre. Le socialisme et le marxisme visent uniquement à résoudre le problème de l’être humain, non celui de la Terre. En revanche, nous devons parler de l’environnement, de comment sauver une planète malade.

- Et les agrocombustibles ?

E.M : Je ne partage pas cette idée. Il n’est pas possible que la Terre et ses produits servent les automobiles au lieu de la vie humaine.

- La coca est un sujet sur lequel on attaque souvent la Bolivie. Vous avez parlé d’industrialisation de la coca, où en est cette affaire ?

E.M : Je le dis en toute clarté : la libre culture de la coca n’est pas possible, mais il n’est pas possible non plus d’atteindre le niveau zéro de la coca. Parler de libre culture signifie produire un excédent pour le marché illégal, parler de zéro coca serait méconnaître sa qualité : parler de zéro coca revient à parler de zéro mouvement indigène. Mais la lutte contre les narcotrafiquants que mènent les États-Unis est un prétexte qui cache une lutte à caractère géopolitique. Avec la lutte contre le narcotrafic, les États -Unis créent des bases militaires. Ce que l’on prévoit pour la nouvelle Constitution, c’est que la Bolivie n’accepte pas de bases militaires sur son sol, des États -Unis ou d’autres pays. Si nous parlons de lutte réelle et effective contre le narcotrafic, alors il faudra s’occuper non seulement de l’offre mais aussi de la demande. Et la demande vient de vous, de l’Occident. Et ensuite, il faudra s’occuper également du secret bancaire. Il n’est pas possible que des États et des nations protègent le narcotrafic au moyen du secret bancaire.

- Que pensez-vous d’Ahmadinejad, avec lequel vous venez de signer un accord nucléaire ? A-t-il droit à un programme atomique ?

E.M : Les accords et les relations commerciales et diplomatiques de la Bolivie ne seront jamais orientés vers des politiques qui se proposent de supprimer des vies, nous sommes en faveur d’une culture de la vie, et jamais nous ne poursuivrons de programmes qui la menacent. Certains pays critiquent les programmes nucléaires, mais qui peut le faire ? Uniquement ceux qui ne disposent pas de telles armes. De quel droit certains pays dotés de grands arsenaux nucléaires mettent-ils en question les armes des autres ? Ou tous ou aucun. Pour nous, mieux vaut aucun. Dans les guerres, ce sont les pauvres qui perdent et les riches qui gagnent, la guerre ne sert qu’à quelques groupes pour continuer à accumuler du capital.

Extrait d'une interview avec Evo Morales: Il y a un risque de coup d'État

 

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Des centaines de personnalités internationales dénoncent les plans de déstabilisation

Un sénateur bolivien explique la situation à ses amis étrangers

Contre la réforme agraire

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3) Le retour du puritanisme au travail

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