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Présentation

  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
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Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

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Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 22:12

Pourquoi parler de décroissance ? Quelle hérésie ! Tout va bien, non ? Le PIB du pays n’a jamais été aussi élevé, le chômage est à son plus bas niveau depuis des années, les compagnies font des profits record, la croissance économique promet d’apporter sécurité et bien être à la majorité. Sans croissance, impossible de maintenir longtemps notre niveau de vie. Une décroissance de quelques mois, et c’est la récession, quelle catastrophe ! Aux yeux des économistes, la décroissance soutenable mettrait en péril les assises de notre civilisation.

 

Par contre, de plus en plus de signaux nous indiquent que tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Voici quelques faits en vrac brandis par les tenants de la décroissance soutenable : Le changement climatique : L’extinction massive des espèces : La destruction accélérée des écosystèmes : Les catastrophes humanitaires.

 

Mais les partisans de la croissance affirment sans sourciller que tous ces problèmes seront résolus par la technologie. En effet, comme l’a si bien dit George W. Bush en 2002 devant les responsables américains de la météorologie : « Parce qu’elle est la clef du progrès environnemental, parce qu’elle fournit les ressources permettant d’investir dans les technologies propres, la croissance est la solution, non le problème. ».

 

Ce qu’ils ne nous disent pas, par contre, c’est que tout progrès technique, toute amélioration de productivité, au lieu de diminuer la consommation de matières premières et d’énergie, conduirait au contraire à produire beaucoup plus, donc à consommer davantage. Ce phénomène se nomme l’effet rebond. Par exemple, on nous avait juré que l’informatique nous permettrait d’économiser le papier. Il s’est passé exactement le contraire, la consommation de papier a quadruplé depuis l’arrivée des ordinateurs. Idem pour l’automobile qui a fait des progrès considérables en termes de pollution mais qui se démocratise aussi de plus en plus. Idem pour les vols en avion "low cost".

 

Il n’est pas question ici de jeter la pierre à qui que ce soit, mais ce dont il faut bien se rendre compte c’est que notre mode de vie n’est pas généralisable. Au niveau équivalent carbone émis par exemple, nous émettons actuellement deux fois plus que ce que la Terre est en mesure de supporter. Cet excédent, soit nous le puisons sur les plus faibles soit sur les générations futures. Les plus faibles subissent et nos enfants subiront les conséquences de nos actes.(1)

 

Comme si ce n’était pas suffisant, un autre problème pointe le bout de son nez, ou plutôt de son « pic », qui nous obligera à passer d’un monde de croissance illimité à un de décroissance que nous espérons soutenable. Ce problème est l’épuisement des ressources pétrolières. http://www.oleocene.org/

 

Ceux qui croient toujours à la croissance nous assurent que les énergies alternatives vont pouvoir remplacer sans problème les hydrocarbures. Mais quand on regarde de plus près la réalité, on peut en douter.

 

Aujourd’hui, 80% de l’énergie consommée dans le monde est produite par les hydrocarbures. Par exemple, les Américains consomment près de 30 000 Terawattsheure (TW.h) en énergie chaque année. Pour produire seulement 5 400 TW.h d’ici 2030 en énergie éolienne, il faudrait que nos voisins du sud construisent un demi million d’éoliennes, soit 20 000 éoliennes chaque année à partir de maintenant, ce qui représente cinq fois la production mondiale actuelle. Pour l’instant, l’énergie éolienne ne représente que 1% de toute l’énergie générée par les Américains.

 

L’énergie solaire représente 0,001% de l’énergie produite dans le monde. Dans son ouvrage The end of oil, Paul Roberts écrit : « Si vous ajoutez toutes les cellules photovoltaïques solaires en activité à travers le monde vous obtenez une puissance de 2 000 Mégawatts rivalisant difficilement avec la production de deux centrales à charbon. […] Alimenter l’économie mondiale à l’énergie solaire exigerait de recouvrir de panneaux 220 000 kilomètres carrées. À l’heure actuelle, tous les panneaux solaires installés à travers le monde ne représentent qu’une superficie de 17 kilomètres carrés. ». On est loin du compte !

 

L’hydrogène n’est qu’un vecteur, pas une source d’énergie. Ses procédés de fabrication utilisent toujours plus d’énergie qu’il ne peut lui-même en fournir. À l’heure actuelle, l’hydrogène ne représente que 1% de l’énergie mondiale. Son utilisation à grande échelle pour le transport routier, en considérant sa production, son transport et son entreposage serait inefficace, polluante et dispendieuse. En effet, des recherches démontrent que même avec les meilleures technologies disponibles, l’efficacité globale de l’hydrogène serait équivalente à celles des machines à vapeur du siècle dernier. http://terresacree.org/hydrogene5.htm

 

Et le nucléaire ? Pour remplacer l’électricité produite par les centrales au pétrole et au gaz naturel, les Etats-Unis devront construire 50 nouvelles centrales nucléaires. Pour remplacer entièrement l’énergie utilisée en transport, il faudrait augmenter de 500% le nombre de centrales nucléaires, soit 515 centrales de plus aux Etats-Unis et 2 210 dans le monde. C’est sans compter les ressources limitées en uranium, les risques d’accidents et les déchets radioactifs. Il faut aussi savoir qu’une centrale nucléaire prend 10 ans à construire. http://www.sortirdunucleaire.org/

 

Face aux problèmes environnementaux et énergétiques, nous avons des choix difficiles à faire. Déjà, de nombreux philosophes, scientifiques et citoyens de tous horizons croient que la décroissance soutenable est le chemin que devrait prendre notre monde d’abondance. La simplicité volontaire est, à mon humble avis, un mode de vie concret permettant d’engager notre société vers la décroissance.

 

Ce que la décroissance propose ce n’est pas de faire la même chose en moins. La décroissance, c’est inventer le futur, avec les enseignements du passé et les techniques actuelles non corrompues par l’appât du gain. C’est donc inventer un mode de vie radicalement nouveau. C’est absolument unique dans l’histoire humaine, l’urgence environnementale va nous pousser au partage et au bon usage. Depuis plus d’un siècle, la gauche savait que la solidarité et le bon usage étaient essentiels mais elle pensait que la technique allait en venir à bout. (1)

 

Le culte de la croissance, même s’il était possible est en réalité absolument incompatible avec la part d’humain (humanité, sagesse) aujourd’hui plus ou moins enfouie en chacun de nous. Il nous faut réapprendre les limites. Sans limites c’est chaque fois les générations futures ou les plus faibles qui en pâtissent. Chaque fois que l’on s’en prend au plus faible ou la part faible d’entre nous (plus le droit d’être malade, de vieillir), c’est l’humanité toute entière qui passe à la trappe. L’homme n’est grand que dans le respect de ses faiblesses. (1)


Par Dominique D’Anjou dans le bulletin Automne 2007 sur la simplicité volontaire et la décroissance

 

Références
(1) Ajouté au texte original, Extrait du l’entretien de Paul Aries à l’occasion de la sortie du journal le Sarkophage
http://www.oulala.net/Portail/article.php3 ?id_article=3045

* Bernard, Michel et al. Objectif décroissance. Montréal, Éditions Écosociété, 2003, 262 p.

* Brodhag, Christian et al. Dictionnaire du développement durable. Saint-Denis-la-Plaine, Association Française de Normalisation (AFNOR), 2004, 283 p.

* Georgescu-Roegen, Nicholas. La décroissance Entropie – Écologie – Économie. Paris : Éditions Sang de la terre, 1995, 254 p.

* Heinberg, Richard. The Party’s Over. Oil, War, and the Fate of Industrial Societies. Gabriola Island, BC, Canada. New Society Publishers, 2003, 275 p.

* Heinberg, Richard, Powerdown - Options and Actions for a Post-Carbon World. Gabriola Island, BC, Canada. New Society Publishers, 2004, 275 p.

Laurent, Éric. La face cachée du pétrole. Paris, éditions Plon, 2006, 412 p.

* Le Devoir. Le réchauffement de l’Arctique est inévitable. Montréal, édition du mercredi 15 février 2006.

* Roberts, Paul. The end of oil. Boston, Houghton Mifflin, 2004, 389 p.

Voir en ligne : Décroissance

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15 janvier 2007 1 15 /01 /janvier /2007 23:10

Notre objectif doit être de stopper la moyenne globale de température d’une augmentation de plus de 2 degrés par rapport au niveau préindustriel, ou encore 1,4 degrés par rapport au niveau actuel.

 

Pourquoi 2 degrés ? Parce que c’est le seuil critique communément admis par les scientifiques climatiques[1] . Notons cependant que même avec un accroissement de température de 1 degré, c’est déjà suffisant pour observer la disparition d'une bonne partie de la barrière de corail, la décalcification des coquilles de certains mollusques dans les océans, un rétrécissement significatif des glaciers, une diminution du rendement des cultures, un accroissement des sécheresses, précipitations et tempêtes dans des régions à climat extrême, une influence sur la pollinisation et la reproduction des espèces (terrestres ET aquatiques), une recrudescence des maladies endémiques, etc. Mais c'est aux alentours de 2 degrés, à cause de "phénomènes de rétroaction positive[2] ", que les effets du changement climatique auront un impact sans précédent pour la majeure partie de la vie sur terre (à moins de remonter à l'ère des dinosaures).

 

Des chercheurs de l’Institut de Potsdam sur l’Impact Climatique[3] ainsi que bien d'autres sources [4] ont estimé que pour garder les températures globales en dessous de 2 degrés il faut garder la concentration de gaz à effets de serre (GES) [5] en dessous de 440ppm (parties par million [6] ), soit 0,044%. Alors que la concentration actuelle en dioxyde de carbone (CO2) est de 380ppm, elle monte à 440 ppm à l’ajout des autres GES. Nous aurions donc déjà atteint le seuil limite ? Pourquoi n’observons nous donc pas encore une telle hausse de température ? Parce que le maximum des températures n'est atteint que bien après que le maximum de concentration en gaz le soit [7] . De plus, le temps de rémanence du CO2 dans l’atmosphère est approximativement de 200 ans.

 

Le dernier rapport du groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC [8] ) parle d'une fourchette d'augmentation de 2 à 4,5 degrés pour une concentration de 550ppm, soit 0,055% de CO2 dans l'atmosphère.

 

0,055% c'est bien peu et ça ne dit pas grand-chose. Alors pour fixer les idées, retenez bien 2 chiffres: 8 et 2 tonnes. Pour le premier, c'est la quantité moyenne de CO2 émise par habitant par an en Europe [9] . Pour le second, c'est actuellement le niveau maximal d'émission par habitant par an que la terre peut supporter pour stabiliser l'effet de serre [10]. Il nous faudrait donc réduire nos émissions par 4, soit de 75% au minimum. Au minimum car c'est sans tenir compte de l'accroissement de la population (8 milliards en 2020), l'occidentalisation des pays émergeants et de la baisse d'absorption de carbone par les océans (absorption moindre à température élevée) et les forêts (perte quantitative ET qualitative) [11]

 

Par contraste, les pays signataires du protocole de Kyoto se sont engagés à réduire leurs émissions de 5,2 % pour 2012. L'Union européenne s'est engagée, quant à elle, a réduire ses émissions de 8% d'ici 2012 et de 20% d'ici 2020. La Grande-Bretagne s’est engagée à réduire ses émissions de 60% pour 2050. C’est l’objectif le plus audacieux actuellement.

 

Il faut cependant savoir que ces objectifs ne tiennent pas compte des émissions de GES du trafic aérien ou maritime. Une des raisons invoquées réside dans la difficulté d'allocation de ces émissions. La véritable raison réside plus dans le caractère aigrefin de ces secteurs, il est vrai à caractère international mais qui ont toujours su se jouer des directives et législations nationales ou régionales. Pourtant, à trop ignorer le secteur, nous pourrions le voir grandir et grossir jusqu'à phagocyter tous les autres en terme de quota d'émission de GES (croissance de 90% dans 20 ans [12] et contribution à 67% des GES en 2030[13]). On peut alors se demander si se déplacer a plus d’importance que se chauffer, s’éclairer ou s’abriter ?[14]. Il en va de même pour les biocarburants qui prennent de plus en plus d'ampleur au détriment des cultures vivrières, de la biodiversité, des populations locales et de forêts séculaires. Ici encore, se déplacer aurait plus d'importance que se nourrir?[15] Tout cela pour une mobilité toute relative quand on connaît les problèmes associés au trafic aérien ou routier : embouteillages, nuisances sonores, tourisme de masse, expropriations, pollutions, etc.

 

Pour en revenir aux émissions de CO2, voici, à titre de comparaison, un tableau des émissions par habitant et par an pour l’année 2004 pour 5 pays (source : Energy Information Administration9 )

 

Pays

Emission de CO2 en tonnes par personne et par an

Luxembourg

26,62

Etats-Unis

20,18

Angleterre

9,62

Bengladesh

0,27

Ethiopie

0,06

 

Si on admet qu'il y a un lien entre l'émission anthropique de GES et le réchauffement climatique (le doute devient indécent[16]) et si on raisonne de manière équitable, les désagréments associés à ces effets devraient être 444 fois plus important pour un Luxembourgeois que pour un Ethiopien. Evidement, il n’en est rien et c’est une des deux raisons de notre apathie à traiter le problème. La seconde est bien sûr la puissance des grands lobbies économiques.

 

Bon nombre de pays du tiers monde souffrent déjà cruellement du changement climatique. En 1998, 65% du Bengladesh s’est retrouvé temporairement sous eau avec une agriculture et une infrastructure ruinée [17] . En 2004, la moitié de Bhola, la plus grande île du pays, occupée par 1,6 millions d’habitant, a été inondée. Lors de l’été 2006, des bras de l’Amazone, un des plus grands fleuves du monde, dans une des zones les plus humides de la planète, étaient à sec[18]. En 2005, 2006, toute la corne de l'Afrique est affectée par de sérieuses sécheresses [19] . Fin 2006, des inondations sans précédent y font ravage[20] . Depuis 2006, un déficit hydrologique important touche l'ensemble des barrages du bassin de la Volta en Afrique de l'ouest. Début 2007, de terribles inondations en Indonésie ont des conséquences désastreuses[21] . Peut-être est-ce un concours de circonstance mais cela fait tout de même beaucoup en peu de temps sur toute la planète.

Les pays du nord, en général plus riches, sont doublement avantagés. D'une part, ils sont un peu moins touchés par les manifestations météorologiques extrêmes grâce à leur situation en région tempérée. D'autre part, ils ont les moyens techniques et financiers pour aider leurs citoyens en cas d'inondation, tornades ou canicules. Dans un premier temps en tout cas, les nantis de cette planète pourront, une fois encore, tirer leur épingle du jeu.

 

Une solution ? Comme Nicolas Hulot avec le pacte écologique, George Monbiot en propose une à son gouvernement: http://www.monbiot.com/archives/2006/10/31/heres-the-plan/.

 

Elle vous apparaitra comme utopique ou irréaliste. Mais le texte cite aussi l’exemple des préparatifs des Etats-Unis pour la seconde guerre mondiale : les fabricants de voiture ont produit des avions et des missiles en 1 an et des véhicules amphibies en 90 jours. C’était il y a 65 ans. Preuve que si nous voulons, nous pouvons.

 

Croire que les progrès technologiques vont nous sortir de l’impasse est une erreur colossale. C’est en effet non seulement nier la finitude des matières premières de notre planète mais aussi nier le comportement humain qui consiste à en vouloir toujours plus à moindre frais (postulat de Khazzoom-Brokes au niveau macroéconomique[22] ou effet rebond au niveau microéconomique [23] ). Entre 1980 et 2002, la consommation d'énergie des 30 pays les plus riches à augmenté de 23%[24] . Les progrès technologiques du secteur automobile en sont un très bon exemple.

 

Croire enfin que nos gouvernements et le politique pourront y changer quelque chose est effectivement une issue dans la mesure où il y a une réelle volonté de changement individuelle et collective. Cette volonté de changement ne s’exprimera pleinement que si nous sommes correctement informés, éduqués et animés d’un idéal humaniste. L’idée proposée par Mauro Benaïti [25] est de remplacer la croissance matérielle par une croissance relationnelle, sociale et spirituelle. "Moins de biens, plus de liens" est également le crédo de Serge Latouche exposé dans son dernier livre[26] . Que cherchons-nous en effet à travers nos achats et divertissements si ce n’est de la reconnaissance et un échappatoire à notre monde de moins en moins humain ? Pourquoi ne pas le rendre plus convivial en mettant un peu plus l’accent sur les contacts, les relations, le dialogue, le respect et l’amour ? Il nous faut inverser la tendance pour cultiver le bien-être et non le bien-avoir[27] .

 


[1] http://www.defra.gov.uk/environment/climatechange/internat/pdf/avoid-dangercc.pdf

http://www.wbgu.de/wbgu_sn2003_engl.pdf

[2] Rétroaction positive ou phénomène d’emballement (science & vie, février 2006)

1) Les glaciers
La fonte des glaces entraîne la disparition de la meilleure surface réfléchissante (glace) par la pire (eau).

2) Le permafrost
Sol gelé en permanence. Sa fonte libère du CO2 en raison de la reprise de l’activité biologique. Or, il pourrait perdre 15 à 30% de sa surface d’ici à 2050.

3) Les tourbières
Sols spongieux gorgés de matières organiques. Lorsqu’ils s’assèchent, la matière organique qui était protégée par l’eau est exposée à l’air, et devient la proie des bactéries qui la dégradent en émettant beaucoup de dioxyde de carbone.

4) Les clathrates
Cristaux instables du fond des mers. Ils risquent, sous l’effet du réchauffement de se désagréger et de libérer de grandes quantités de méthane, un puissant gaz à effet de serre.

5) Les océans
Un quart de nos émission de CO2 se dissout dans l’océan. En se réchauffant, l’eau perd en partie sa capacité à dissoudre le CO2, qui reste alors dans l’atmosphère.

6) La végétation
Aujourd’hui, la végétation est aussi un grand capteur de CO2 mais demain, chaleur, sécheresse et déforestation pourraient inverser la tendance.

[3]   Bill Hare and Malte Meinshausen, How Much Warming Are We Committed To and HOW Much Can Be Avoided?, PIK report 93, Potsdam Institute for Climate Impact Research, Potsdam, 2004, figure 7, page 24: http://www.pik-potsdam.de/research/publications/pikreports/.files/pr93.pdf/view?searchterm=pr93

[4] http://www.google.be/search?hl=fr&q=%22ppm%22+%22critical+threshold%22+%22climate%22&btnG=Rechercher&meta=

[5] GES: Gaz à effet de serre: http://www.manicore.com/documentation/serre/gaz.html

[6] Ppm: Parties par millions: http://fr.wikipedia.org/wiki/PPM

[7]  http://www.manicore.com/documentation/serre/augmentation.html

[8]  GIEC: groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat:
http://www.manicore.com/documentation/serre/GIEC.html

[9]  Energy Information Administration, International Energy Annual 2003, 2005, Table H.1cco2 (World Per Capita Carbon Dioxide Emissions from the Consumption and Flaring of Fosil Fuels, 1980-2003): http://www.eia.doe.gov/pub/international/iealf/tableh1cco2.xls

[10] 3 à 4 milliards de tonnes = capacité actuelle d'absorption de carbone de la planète sur un an (science & vie, février 2006). En moyenne, c'est donc 3,5 milliards à diviser par la population mondiale qui se chiffre actuellement à 6,5 milliards d'habitants. Cela nous donnes un résulta de 0,54 tonne de carbone par habitant par an. En appliquant à ce chiffre le coefficient de conversion carbone vers CO2 (=3,6667 ou 44/12) on obtient 1,98 tonne de CO2 par habitant par an.

[11] http://www.manicore.com/documentation/serre/puits.html

[12] Selon un scenario "Business As Usual". Eurocontrol Long term forecast of flights (2004-2025)

[13] Tyndall (2006) Growth scenarions for EU & UK aviation : contradictions with climate policy, Tyndall Centre for Climate Change Research, 66p.

[14] http://www.monbiot.com/archives/2006/12/19/preparing-for-take-off/

[15] http://www.monbiot.com/archives/2004/11/23/feeding-cars-not-people/

http://www.monbiot.com/archives/2005/12/06/worse-than-fossil-fuel/

[16] http://www.manicore.com/documentation/serre/anthropique.html

http://www.manicore.com/documentation/serre/seule_action.html

http://www.manicore.com/documentation/serre/commence.html

[17] http://www.monde-diplomatique.fr/1998/12/SAUSSIER/11401

[18] http://www.amisdelaterre.org/spip.php?article3062

[19] http://www.unicef.org/french/media/media_30941.html

[20]  http://www.infosdelaplanete.org/article.php?ID=1380

[21]  http://www.lemonde.fr/web/portfolio/0,12-0@2-3216,31-727013@51-722970,0.html

[22]   Saunders,H.D., 1992, "The Khazzoom-Brookes postulate and neoclassical growth.", The Energy Journal, Vol.13, No.4, pp.131-148 (cité dans George Monbiot, Heat - How to stop the planet burning, pp.61, London, Penguin Books, 2006)

[23]   L’effet rebond : à chaque fois qu’on a réussi à économiser telle ou telle matière première pour produire un bien ou un service, l’effet de ce gain d’éco-efficience (capacité à augmenter la production de biens tout en diminuant la consommation de matières premières et d’énergie) a été plus que compensé par un accroissement encore plus important des quantités produites. http://decroissance.free.fr/Schneider_l_Ecologiste.pdf

[24] Roger Levett, "Quality of LifeEco-Efficiency", Energy and Environment, Vol.15 (2004), pp.1015-26.

[25] Mauro Benaïti, professeur d'économie à l'université de Bologne: http://www.sosplanete.net/roegen1.htm

[26]  Serge Latouche, "Survivre au développement", Paris, Mille et une nuits, 2004

[27]  Marie Martin-Pécheux: http://www.citerre.org/

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10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 22:18


Qui souhaite des fraises ou des raisins en hiver ? Peut-être pas vous, mais si l’argument temporel n’a pas forcément prise sur certains d’entre nous, l’argument spatial peut l’avoir beaucoup plus en citant par exemple la consommation d’ananas, de bananes, de kiwis ou de fleurs exotiques à offrir. Outre cette incohérence spatiale et temporelle, il y a aussi le fameux duo quantité, qualité. La quantité est l’argument de poids de l’industrie agroalimentaire lorsque nous osons mettre en doute sa légitimité. Produire bio ? Vous n’y pensez pas, vous n’aurez pas les mêmes rendements ! Meilleurs rendements, certainement, mais à quel prix, pourquoi et pour qui ? (1).

Quant à la qualité, nous sommes les principaux responsables. Nous préférons une belle pomme bien colorée et bien calibrée toute droite sortie d’un Walt Disney, plutôt qu’une pomme blafarde légèrement piquée. Aujourd’hui, dans notre société du beau et du parfait, promue par la publicité, l’aspect qualitatif extérieur revêt la plus grande importance. Des spots halogènes éclairent nos fruits et légumes pour en faire ressortir leur aspect éclatant et bien portant. Mais sommes-nous en mesure de les qualifier de “Phénix des hôtes des terres agricoles” à la manière du renard de la Fontaine qui flatte le corbeau après avoir comparé son plumage à son ramage ? Autrement dit, les qualités externe de nos fruits et légumes équivalent-elles leurs qualités gustatives ou sanitaires ? En ce qui me concerne, et je ne pense pas être le seul à le penser, “rien ne vaut une bonne tomate du jardin ou de papy”. Cette affirmation vaut pour le goût mais aussi pour les qualités nutritives et non toxiques des aliments bio. Une récente étude à révélé une concentration moyenne de 41 substances chimiques dans le sang de nos députés. http://www.surlering.com/pdf.php/id/4194

Par ailleurs, concernant l’argument quantitatif, la FAO a également publié un rapport précisant que l’agriculture bio pouvait subvenir aux besoins de la population mondiale. http://www.fao.org/organicag/default-f.htm

C’est non seulement une bonne nouvelle pour le climat mais c’est aussi une excellente nouvelle pour notre santé et pour la santé planétaire car, faut-il le dire, l’agriculture et l’élevage industriel sont les responsables numéro un des grands problèmes écologiques actuels (25% des gaz à effets de serre + pollution eau, terre et air). http://terresacree.org/devore.htm

Evidemment il y a une pression démographique à laquelle il faut répondre mais ce ne sera certainement pas avec la tendance actuelle qui promeut l’exode rural, la surconsommation et l’industrie.

Il faut en réalité prendre le contrepied de cette tendance en promouvant le local, le frugal et l’ancestral. Mais avant d’en arriver à ce stade, à moins d’un coup de baquette magique, il faudra passer par une crise économique et financière majeure qui mettra à genoux ou qui apportera raison et sagesse aux grands Goliath industriels contemporains liés au monde agricole : l’industrie pétrochimique, l’industrie agroalimentaire, l’industrie biotechnologique et enfin le maître incontesté, la finance.

Concrètement, que peut-on faire à notre niveau ? Achetez local chez des petits producteurs. Et contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n’est pas plus cher que les produits de marque d’une grande surface. Evidement si vous achetez du bio des grandes surfaces c’est mal parti. Les grandes surfaces ne voient en effet dans le bio qu’un argument commercial de plus et non une façon respectueuse de produire ou une façon saine de consommer. Sachez reconnaitre le vrai bio du faux. Un vrai bio est exempt de produits chimique et n’a pas fait des kilomètres pour être transformé et acheminé. Le commerce équitable est certes plus équitable que le commerce classique mais il n’en reste pas moins un substitut de mondialisation pour nous donner bonne conscience. Le commerce équitable privilégie la grande distribution et quelque part, empêche l’émergence d’initiatives saines, plus proches de chez nous. De plus, s’il est équitable, il n’est pas forcément écologique ou équitable pour les autres producteurs du même continent qui tentent, eux aussi, de tirer leur épingle du jeu. http://www.societal.org/docs/58.htm

 (1) L’industrie agroalimentaire est très largement dépendante de deux ressources rares en passes de devenir encore plus rares : l’eau et le pétrole. Pour le pétrole d’accord me direz-vous puisque cette industrie travaille en étroite collaboration avec l’industrie pétrochimique via les épandages (avions ou tracteurs mu au pétrole) d’engrais et de pesticides (produit dans des usines chimiques dépendant du pétrole). Mais pour l’eau ce n’est pas le cas puisque pour produire bio il faut aussi de l’eau. He bien détrompez-vous ! L’industrie agroalimentaire travaille aussi en étroite collaboration avec l’industrie biotechnologique ventant les mérites de ces trouvailles génétiques. Nos variétés sont plus productives et plus résistantes disent-ils. Elles sont en effet plus productives, parfois 5 à 10 fois plus (blé ou riz à plusieurs rang), mais elles sont aussi beaucoup plus gourmandes en eau, parfois 5 à 10 fois plus aussi ! C’est ainsi que des variétés mexicaines ou américaines de maïs ou de blé particulièrement résistantes à la sécheresse se sont vue voler la vedette par ces nouveaux clones gourmands. Et pour la reproduction, la résistance aux maladies ou à la sécheresse, le tableau n’est pas plus réjouissant, il est même assez souvent noir !

Ok, l’argument OGM vaut pour les Etats-Unis, l’Amérique Latine, certains pays d’Afrique(2) ou d’Asie(3) mais pas encore chez nous en Europe ! Quoique, ces chimères génétiques ont déjà largement pointé le bout de leur nez en France, en Italie ou en Espagne pour ne citer qu’eux. Cependant, même sans OGM, cultiver la terre de façon industrielle et intensive sera toujours plus toxique et nocif pour nous et l’environnement qu’une culture biologique. Cette dernière est effectivement moins productive mais elle est plus saine, plus respectueuse de l’environnement et du sol, plus résistante et moins gourmande. Avec les pratiques mécaniques et chimiques de l’agriculture industrielle, les sols se tassent, s’érodent et s’appauvrissent en eau et en éléments nutritifs. Une terre fertile et saine peut compter 150 à 400 vers de terre par mètre carrés. Par comparaison, une terre maltraité par l’agriculture industrielle toxique n’en contiendrait plus que un à trois, soit 130 fois moins, alors qu’ils sont la clé de la fertilité des sols !

Alors que l’agriculture industrielle est fondée sur la productivité et le rendement, l’agriculture biologique est fondée sur le respect et l’humilité. C’est bien beau, dites-vous, mais on ne va pas très loin avec cela. A ces mots, je dirais au contraire qu’on va très loin, beaucoup plus loin qu’avec ce que nous connaissons aujourd’hui qui n’a qu’une vision de gains à court terme et qui ne respecte ni la Vie, ni la Terre, ni l’Eau, ni rien du tout si ce n’est notre portefeuille et une vision égocentrique et tronquée du monde.

(2) http://www.penserpouragir.org/spip.php ?article159

(3) http://www.infosdelaplanete.org/1155/le-piege-meurtrier-du-coton-ogm-indien.html

Voir en ligne : Liberterre

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19 décembre 2006 2 19 /12 /décembre /2006 12:46
Depuis le 1er janvier 2004, chaque boite d'œuf doit mentionner en toutes lettres le type d'élevage (souvent écrit en très petits caractères). Chaque œuf, même vendu sans emballage, doit comporter en plus un chiffre spécifiant le mode d'élevage. Généralement, ce chiffre est placé avant les deux lettres du pays producteur (FR pour France, BE pour Belgique, NL pour Pays-Bas, …).

 

Ne vous laissez pas abuser par une mise en scène champêtre sur un marché ou sur un emballage, ou bien par une mention comme "œufs de nos régions", "œufs de basse-cour"…

 

 

Sur la boite

Caractère imprimé sur l'œuf précédent les deux lettres du pays producteur

Conditions d'élevage

Œufs de poules élevées en plein air (agriculture biologique)

0

Au moins 2,5 m2 de terrain extérieur par poule et alimentation biologique

Œufs de poules élevées en plein air

1

Au moins 2,5 m2 de terrain extérieur par poule

Œufs de poules élevées au sol

2

Elevage intensif (à l'intérieur), mais sans cage et avec au maximum 9 poules par m2.

Œufs de poules élevées en cages

3

Elevage en cage avec 18 poules par m2

 

 

Votre de choix de consommateur et celui de votre entourage peut contribuer de façon déterminante à orienter les producteurs vers un élevage "en plain air"

 

Une action du PMAF (Protection Mondiale des Animaux de Ferme) www.pmaf.org

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9 avril 2006 7 09 /04 /avril /2006 11:21

Discours d'Aimé CÉSAIRE sur le colonialisme.

 

A mon tour de poser une équation : colonisation = chosification.

J'entends la tempête. On me parle de progrès, de "réalisations", de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes.
Évidement


Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, des cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées.

On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer.

Moi, je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont en train de creuser à la main le port d'Abidjan. Je parle de millions d'hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse.

Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme.

On m'en donne plein la vue de tonnage de coton ou de cacao exporté, d'hectares d'oliviers ou de vignes plantés.

Moi, je parle d'économies naturelles, d'économies harmonieuses et viables, d'économies à la mesure de l'homme indigène désorganisées, de cultures vivrières détruites, de sous-alimentation installée, de développement agricole orienté selon le seul bénéfice des métropoles, de rafles de produits, de rafles de matières premières.

 

[Aimé CÉSAIRE] 

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14 mars 2006 2 14 /03 /mars /2006 23:10
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14 mars 2006 2 14 /03 /mars /2006 23:08
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14 mars 2006 2 14 /03 /mars /2006 22:52
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15 février 2006 3 15 /02 /février /2006 02:07

Le capitalisme, armé de sa seule loi du marché, est capable, nous dis-on, de réaliser cette précieuse alchimie de transformation de l'or en plomb, de l'égoïsme en altruisme. Mais il butte sur une contradiction majeure! Celle-ci: en voulant mettre l'égoïsme de chacun au service de tous, il en vient à légitimer celui-ci. Mieux encore, il fait de l'égoïsme une "vertu" économique et, au bout du compte, une vertu tout court. (...) Ainsi la démocratie de marché place-t-elle exactement en son centre cela même qui menace sa survie. (...) Telle est bien l'ambiguïté sur laquelle achoppe aujourd'hui une modernité qui, après la déconfiture des autres modèles, tend à faire du marché non point une composante de l'organisation sociale, mais la seule. (...) A-t-on jamais connu, dans l'Histoire, une civilisation dont le "vice" (selon les propres termes de Mandeville) serait le fondement principal ? Telle est la question. Dans une démocratie intégrale, le "vice" de la cupidité devra être tout à la fois célébré pour son efficacité productive et combattu pour sa dangerosité sociale. Programme schizophrénique. [pp. 59 à 61 de La Refondation du monde par Jean-Claude? Guillebaud – 1999 – Seuil]

Malgré la volonté politique souvent affichée, les problèmes majeurs de l'humanité (changements climatiques, famines, pénuries d'eau, démographie galopante, blocages sur les questions de santé et les médicaments génériques pour les pays du sud, etc) ne se règleront pas avec le libéralisme économique actuellement pratiqué: les règles du jeu font intervenir un égoïsme incompatible avec l'altruisme nécessaire pour y parvenir. Seul un changement de paradigme quant à la fonction économique elle même permettrait d'en sortir; il faut non seulement redéfinir les objectifs du marché et ses règles, mais aller jusqu'à repenser complètement le but même de l'économie. Il faut faire comprendre aux populations et aux dirigeants que le but de l'économie ne doit pas être de fabriquer de l'argent, mais de fournir à l'humanité les moyens de sa survie à long terme. Le marché concurrentiel et l'égoïsme à court terme, en autant qu'ils ont été utiles et même nécessaires pour "amorcer la pompe" industrielle et scientifique, ne sont évidemment pas des outils adaptés pour y parvenir.
[Brieuclé sur le forum du sociétalisme:

http://forum.societal.org/viewtopic.php?t=431]

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15 janvier 2006 7 15 /01 /janvier /2006 01:38

Autrefois, on produisait des biens utiles aux consommateurs : économie de pénurie inflationniste. Aujourd’hui, on crée de faux besoins pour vendre des produits inutiles ou excédentaires : économie d’abondance déflationniste. On produit à tout va, quitte à subventionner.

Lorsque Denis Papin découvrit les propriétés dynamiques de la vapeur d’eau, l’humanité se trouva engagée dans une aventure dont les conséquences bio-sociales ne tarderaient pas à s’affirmer : la productivité de son travail s’en trouva multipliée, faiblement d’abord, puis à une cadence accélérée. Il devait s’ensuivre ce qui s’est produit : à un régime de pénurie se substitua un régime d’abondance.
Nous sommes restés si bien adaptés au régime économique et social de la pénurie, qu’impuissants aujourd’hui encore à nous accommoder de l’abondance, nous recréons artificiellement la pénurie lorsqu’elle menace de nous faire défaut. Ce régime biologique de la pénurie est la chose la plus « naturelle » qui soit au monde. C’est le régime de la « loi d’airain », qui élimine les faibles. Malthus et Darwin ont observé et décrit ses déterminismes : « La nature produisant plus de bouches que d’aliments », affirme Malthus, « la faim est, et restera, le régulateur naturel de la démographie. La faim sera, pour jamais, le mal souverain des humains ».
« Pardon ! rétorque Darwin, c’est au contraire leur bien. La loi d’airain assure la survie des plus forts. C’est ainsi, par sélection naturelle, que l'Evolution progresse... ».
Rien n’a jamais été plus simple que le régime de la pénurie : nul n’y peut consommer qu’au détriment des autres.
Quand règne cette loi, quiconque fait un repas, réduit d’autant la part de quelqu’un. Le rôle des économistes et des chefs d’entreprises est clair : il s’agit d’obtenir le plus de production au moindre coût. Certes, il y faut du doigté : « Prenez garde, disait Ricardo aux patrons, les morts ne produisent rien. Donnez à vos ouvriers juste assez pour que votre main-d'œuvre reste bon marché... ».
Sans doute vous, lecteurs, n’appréciez-vous pas les vues de Ricardo, car depuis cent cinquante ans, certaines choses ont affiné notre sensibilité. Mais, à l’époque où il donnait ces conseils aux patrons, ils étaient les moins mauvais possibles. Qu’on se représente la sorte de nécessité qui pèse sur les collectivités soumises à la loi d’airain. Pour n’avoir pas à tuer, à mettre à mort les excédents de population, il fallait bien en charger la nature, et cela veut dire encourager la misère sous toutes ses formes. Pour que vivent quelques-uns, il fallait que des milliers crèvent de faim, de froid, de privations.
Les mentalités ayant évolué, l'avènement de la mécanisation a permis néanmoins aux ouvriers et employés d'acquérir le pouvoir d'achat leur permettant, pour ceux qui avaient du travail, de sortir leurs familles de la misère.

Deux périodes
Nous pouvons résumer deux périodes de l'évolution de l'environnement économique :
Une longue période de pénurie jusqu'en 1960 : la demande est supérieure à l'offre manifestée. On encourage la production qui génère le pouvoir d'achat. Il s’agit de produire plus et il faut « produire PUIS vendre ». La capacité de production est optimisée, les stocks et les délais sont importants. Les prix ont une tendance à la hausse.
Après une période de transition, c’est, depuis 1980 le début de l'ère d'abondance dans tous les pays industrialisés. L’offre est supérieure à la demande manifestée ou potentielle. Le marketing et la publicité sont dominant pour susciter une demande non manifestée, la production est instable, le process de fabrication est prioritaire. Il faut « vendre PUIS produire ». Les prix ont une tendance à la baisse, mais la conséquence est une diminution du pouvoir d'achat.
Depuis quelques décennies la production mécanisée a explosé. D’une société de pénurie, nous sommes passés à une société d’abondance : celle où les biens de consommation existent en quantités suffisantes pour satisfaire aux besoins de tous. Mais il ne suffit pas que les biens abondent ou surabondent. Il faut, en plus, que les consommateurs les achètent, qu’ils disposent d’un pouvoir d’achat (1).
> Sous un régime de pénurie, le pouvoir d’achat dépend de la production et il est suscité par elle.
> Sous un régime d’abondance, la production dépend du pouvoir d’achat et elle est suscitée par lui. Le pouvoir d’achat conditionne la prospérité.

La pénurie : une vieille croyance
L'idée de la pénurie nous a été transmise par nos parents et elle est en nous. La classe gouvernante (au sens large) maintient subtilement cette idée. Il y a « esclavage symbolique » dans la pauvreté (rapport du Programme des Nations unies pour le développement - PNUD : « 25 % des Américains sont en-dessous du seuil de la pauvreté... »). Où est t-elle cette pauvreté… dans le manque de « biens » ?
De nos jours, la production dépend si bien du pouvoir d’achat qu’on doit la freiner et même la détruire lorsqu’il fait défaut (destruction de produits agricoles, mises en jachères...).
Toute la pensée actuelle, que ce soit celle des économistes, du politique ou celle du « commun des mortels », reste bloquée aux idées et aux outils intellectuels de la période de pénurie. Et nous n'adapterons nos outils économiques que lorsque nous-mêmes rentrerons dans « la conviction de l'abondance » (2).

La course insensée à la productivité
Aujourd'hui
, c’est le pouvoir d’achat qui détermine la production. Il faut avoir vendu pour investir afin de produire encore, ou bien, il faut réunir des capitaux provenant eux-mêmes de ventes, ou bien encore, il faut freiner ou détruire la production quand le pouvoir d’achat manque. La productivité, imposée par une concurrence sauvage, rogne à la fois le pouvoir d’achat des salariés, par baisse des salaires et celui des patrons, par baisse des marges. Le goulet d'étranglement est maintenant la capacité d’achat des clients. La baisse du pouvoir d’achat global entraîne la baisse de la production qui entraîne le chômage, qui aggrave la mévente, etc.
C’est ainsi que s’expliquent l’existence et la croissance du chômage dans nos sociétés très industrialisées :
Le libre échange et l’ultra-libéralisme est la dernière « évolution » qui se soit produite. Elle est, dans ses conséquences, de même nature que la révolution industrielle qui s’est produite avec l’arrivée de la machine. Mais aujourd’hui, ce n’est plus seulement cette dernière qui concurrence l’homme et le remplace, c’est aussi la main d’œuvre du tiers monde exploitée par le plus pur esclavagisme ancestral et qui condamne à l’exclusion notre main d’œuvre occidentale.

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

Pour deux raisons essentielles qui s’ajoutent et se combinent, l’une en ce qui concerne les entreprises et l’autre en ce qui concerne l'Etat :
1- Au niveau des entreprises : la survie par une productivité effrénée. Nous sommes en période d’abondance, donc de « marché acheteur » et, pour survivre, les entreprises sont obligées de se faire une concurrence sauvage, sans merci, en baissant continuellement leurs prix. Sur quoi peuvent-elles jouer ? Exclusivement sur une recherche incessante de productivité qui, dans ce cas, nous venons de le voir, est mortelle pour tous, producteurs comme consommateurs, car elle oblige à diminuer les salaires, donc le pouvoir d’achat. L’autorégulation du marché ne pouvant plus fonctionner, on pense immédiatement à la mise en place de compensations et c’est là qu’intervient la seconde raison, au niveau de l’Etat.
2- Au niveau de l’Etat : le dogme du libre-échange. Alors que des compensations auraient dû être mises en place, on assiste à une poussée sans précédent d’un ultra-libéralisme imposant l’ouverture des frontières et la suppression de toute protection sur une majorité de produits finis, particulièrement ceux qui nécessitent beaucoup de main d’œuvre, ou sur les matières premières importées dont le « marché » est pipé par les ententes, les pays producteurs n’ayant d’autre solution que de vendre à des prix ridicules pour survivre. Sur le plan intérieur, des nations, on privatise et on « dérégule ». Sur le plan du commerce international on fait du libre échange un « dogme universel » alors qu’il s’agit d’une politique meurtrière aussi bien pour nous dans la destruction de pans entiers de notre industrie, que pour les pays qui sont obligés pour payer leurs dettes d’appauvrir leurs populations.

Protectionniste dedans, libéral dehors.
Ce que nous appelons « libre échange » et « libéralisme » ne le sont que dans les mots: il s'agirait plutôt d'une politique, soutenue par les pays occidentaux via l'Organisation Mondiale du Commerce, prônant « le protectionnisme pour nous, le libre-échange pour vous » . Par exemple : alors que la moyenne des droits de douanes fixés par les pays industrialisés pour les articles manufacturiers en provenance du Sud est quatre fois plus élevée que pour les mêmes articles émanant du Nord et alors que les pays industrialisés protègent et subventionnent leur agriculture, les pays du Sud se voient refuser de telles mesures. Au point que la principale demande (rejetée) des pays du Sud lors de la dernière réunion de l'OMC à Cancun en septembre portait sur la suppression des subventions sur les produits agricoles des pays occidentaux.
Rappelons également que les crédits alloués depuis 30 ans aux pays pauvres (environ 2500 milliards de dollars) l'ont été en grande partie en monnaie créée « ex nihilo » par le système bancaire, mais que les intérêts de la dette ainsi créée se doivent d'être remboursés en matières premières ou par la vente de leur production en « biens réels », comme le coton par exemple, alors que le transfert en productions vivrières locales permettraient à leurs populations de simplement vivre.
Comme l'écrivait Marc Dufumier : "Si vous me permettez quelques chiffres : en Haïti, un producteur dans la plaine de l’Artibonite produit du riz en repiquant à la main. Il repique 0,5 hectares par actif. Il ne peut pas en repiquer plus à la main. Les rendements, s’il ne met pas d’engrais, sont d’une tonne à l’hectare. Cela veut dire que un Haïtien produit 500 kilos de riz par actif et par an. Aux Etats-Unis?, juste à côté, en Floride, un agriculteur maîtrise 100 hectares ; il peut avoir 5 tonnes à l’hectare, ce qui fait 500 tonnes de riz par actif et par an. Le rapport est de 1 à 1 000 !
Et pour que le paysan haïtien puisse vendre son riz et vivre un petit peu, il est obligé d’accepter le même prix que le riz en provenance des Etats-Unis? : il est obligé d’accepter une rémunération donc 1 000 fois moindre que celle de son concurrent ! Et on peut faire la même analyse concernant le paysan thaïlandais, ou le paysan andin qui a bien du mal à vendre son blé à Lima
Il ne reste aucune alternative à ces petits paysans qui ne peuvent pas être compétitifs! Prôner le libre-échange, c’est dire à des pays du Tiers-Monde? comme le font les apôtres du libre échange: acceptez l’importation de nos produits, librement, et spécialisez-vous selon les « avantages comparatifs ». Et quand leur seul avantage comparatif c’est d’aller vendre leur force de travail chez nous on leur dit « pas de çà » , et quand les paysans péruviens migrent vers la forêt amazonienne pour planter la coca dans l’écosystème amazonien qui présente de très réels avantages comparatifs ou de ceux du nord de la Thaïlande qui produiront de l’opium : on dit « pas de çà non plus »."

Adam Smith n’avait jamais voulu cela
Toutes ces mesures vont bien au-delà de ce que préconisaient les pères du libéralisme économique, et Adam Smith en particulier, qui, moins dogmatiques et moins doctrinaires que nos technocrates d’aujourd’hui, recommandaient des protections douanières vis-à-vis des pays dont les règles du jeu n’étaient pas les mêmes que les nôtres.
La force de l’ultra-libéralisme a été d’être propagé et même imposé par les nations dominantes les plus puissantes pour justifier et moraliser leur suprématie.
Ce credo libre-échangiste repose d’ailleurs sur une base scientifique quasiment nulle. Il s’appuie sur :
- une contre-vérité : le règne d’une concurrence pure et parfaite,
- une erreur technique majeure : la monnaie n’est pas un simple voile, élément neutre de la théorie de l’équilibre général (loi de l’offre et de la demande),
- une situation historique périmée : la théorie de Ricardo sur les « avantages comparatifs » supposait la non-circulation du capital entre les pays
- nombre de postulats infirmés par la réalité (« le libre échange permet de créer des emplois ! »).

Vers un libéralisme totalitaire
Dans ce système imposé, alors que tous les biens nécessaires peuvent être produits, plus de 30 millions de pauvres en Europe n’y ont pas accès. La cause principale en est la règle de création monétaire qui gère nos économies et, comme l’a si bien démontré l’économiste allemande Margrit Kennedy (3), le poids des intérêts cumulés qui amputent en moyenne le pouvoir d’achat de 40 %… Mais ceci est une autre histoire qui nécessiterait un autre développement.
Cette « évolution » ultra-libérale n’est pas inéluctable. Dans un concept d'abondance, l'activité de l'homme doit être tournée vers le développement de l'être et non la production, et il faudra bien, d’abord dans nos sociétés puis dans le reste du monde au fur et à mesure de la mécanisation, dissocier le pouvoir d'achat du travail.

Pénurie et Abondance     [André-Jacques Holbecq]

Notes:
1 - Dans nos sociétés, depuis le début de la période 1980, ce ne sont plus les capacités de production (en « biens réels ») qui font défaut - en effet, car on trouve tout dans les magasins, en abondance - mais les moyens de paiement qui eux sont « symboliques ». Il n'en était pas de même avant 1960 pour ceux qui s'en souviennent.
2. Le débat n'est pas ici sur les « risques liés à l'abondance ». Les problèmes des conséquences écologiques induits par une surabondance (et donc une sur-consommation) sont en eux même certainement les plus graves auxquels notre civilisation va avoir à faire face lorsque quelques milliards d'habitants supplémentaires accèderont à la société de "sur-consommation".
3. Libérer l'argent de l'inflation, Ed Vivez Soleil, 1996.

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1) Manuel d’anti-économie

2) Transition écologique & économique

3) Le retour du puritanisme au travail

4) Le désir comme désir de l’Autre

5) La Décroissance, l’Argent et Moi

6) Argent, Richesse, Valeur

 

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Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que :
• le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
• s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».



Au delà, comme le nom “Freemen” l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut sur son blog. L’ensemble de ces contenus doit petit à petit former une nouvelle “chaîne”, un nouveau “journal”, chacun parlant de politique, mais aussi, d’art, de ciné, de tout.

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