Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
  • Contact

Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

Rechercher

Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 11:28

G8_Foot_Top_Management.png

Heureusement qu’il y en a au moins un qui semble pensif !

C’est quoi l’idée ? « Voyez, nous aussi on regarde le foot, on est comme vous ». Si c’est le cas, que faites-vous encore là ? Et qu’attendons-nous pour instaurer le tirage au sort à la place du droit de vote ? Une bande de marionnette rien de plus ! Compétentes ou incompétentes peu importe ! Juste des marionnettes. D’ailleurs, il semblerait même que plus elles sont compétentes plus elles sont malléables et manipulables à l’envi ! Des bonnes petites pâtes à modeler facile à travailler. Des unités de production, elles sortent à la chaine, comme nos bagnoles, sentant bon le cuir et le plastique neuf, prête à servir, à foncer, à dépasser.  Fiables à 100% ! Du bon matos mon général !

 

ENA, Oxford, Cambridge, Harvard ou Barefoot College! Laquelle de ces écoles est-elle la plus proche  d’un enseignement digne de ce nom, visant avant tout l’autonomie plutôt que le larbinisme, précepte de base de l’économie ! En économie, le moindre exercice du sens critique est banni: « Parce que c’est comme ça, un point c’est tout ! »

 

 

Né au Rajasthan, en Inde, le Collège des "Va-nu-pieds" redonne confiance aux ruraux en leur réapprenant leurs savoir-faire trop souvent dénigré. Le concept commence à se répandre un peu partout dans le monde. Son fondateur, Bunker Roy, nous explique :

 

« Les va-nu-pieds professionnels » sont des ruraux, des femmes et des hommes comme tout le monde travaillant au Collège des va-nu-pieds. Même si la plupart d'entre eux ont peu ou pas de qualifications, ils travaillent et s’engagent à améliorer la qualité de vie des défavorisés, des exclus et exploités. Bénévoles, ils ne sont tenus par aucun contrat écrit. Ils peuvent partir quand ils le souhaitent. Certains y sont depuis plus de 20 ans. Le salaire maximum est de 150$ par mois. Les différences salariales n’excèdent jamais le double des moins bien payés. Le salaire est un salaire de subsistance et non de marché. Les conditions de vies sont rudimentaires. Tout le monde s’assied, mange et travaille a même le sol.

 

Axées sur la confiance, la tolérance, la patience, la compassion, l’égalité et la générosité, les relations de travail possèdent une dimension spirituelle. Toutes les discussions sont ouvertes et toutes les décisions sont prises collectivement  et de commun accord. Tous les membres du collège sont considérés comme égaux sans distinction de sexe, de caste, d'appartenance ethnique, d'âge ou de scolarité.

 

Pour être admis au Collège des va-nu-pieds, il faut être sans emploi, ne pas savoir lire ou écrire ou à peine. Hommes, femmes, enfants, vieillards y sont admis et formés par des va-nu-pieds médecins, sages-femmes, dentistes, infirmiers, électriciens (énergie solaire), foreurs et pompeurs d'eau, architectes, artisans, designers, maçons, charpentiers, menuisier, programmeurs informatiques et comptables. Des milliers sont passés par le collège et sont maintenant responsables de tout un village.

 

Le Collège encourage l’apprentissage par la pratique, aucun certificat ou diplôme n’est délivré. La communauté elle-même assure la certification. L’emploi généré par le Collège des va-nu-pieds est parvenu à inverser l’exode urbain. Si l’on peut améliorer la qualité de vie dans sa communauté en offrant un service essentiel, à quoi bon migrer dans des bidonvilles aux lendemains incertains ? L’objectif premier du Collège est de redonner confiance et espoir aux communautés rurales. Remettre en avant leurs qualités et savoir-faire pour vire de manière plus autonome et digne. Des gens très ordinaires radiés par la société font des choses extraordinaires qui défient l’entendement. 

 

N’est-ce pas un merveilleux exemple de participation, implication et responsabilisation ? Il ne s’agit pas d’un chef, d’un patron ou d’un professeur mais d'une communauté, miroir de nous-mêmes !

Repost0
21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 13:44

tirage-au-sort-300x199Démocratie ? Vous avez dit démocratie ?

Pouvons-nous rester de marbre devant les  récentes élections françaises où les électeurs n’avaient plus le choix qu’entre deux candidats dont 75% des français ne voulaient pas ? Quid du jeu des chaises musicales entre Poutine et Medvedev ? Peut-on croire à la démocratie quand on sait les sommes colossales nécessaires aux campagnes électorales ? Que dire de Berlusconi, Milosevic, Blair, Sharon, Aznar, et tant d’autres, avec pour chef de file George W. Bush Junior qui, tel un saint, main sur la bible, affirme haut et fort, qu’il faut combattre l’axe du mal pour la démocratie !

 

Démocraties ? Pouvoir du peuple ? Démocratie avec un  gouvernement Bush « full pertrol » entretenant des liens étroit avec les plus dangereux dictateurs de la planète ? Démocratie avec un gouvernement Obama « full Wall Street » détruisant toute velléité nationale d’autonomie des peuples ? Démocratie avec des Chirac ou Sarkozy experts en détournement de fonds publics ? Démocratie avec des Blair ou Cameron brillants soldats de l’ultralibéralisme Thatchérien ? Démocratie avec un Berlusconi propriétaire de la quasi-totalité des médias de son pays ? Démocratie avec des Reynders ou Lagarde manipulant à merveille la langue de bois à l’image de Jacques Attali, expert ès économie de Mitterrand, qui ose déclarer en ricanant : « un économiste, c’est celui qui est toujours capable d’expliquer le lendemain pourquoi la veille il disait le contraire de ce qui s’est produit aujourd’hui » !

 

Égalité & Pouvoir

Le pouvoir est antinomique à l’égalité des peuples et donc à la démocratie. Cependant, il est indissociable de la nature humaine et de la possibilité d’organisation d’un grand groupe d’individus. Nous ne pouvons donc nous en passer ou faire comme s’il n’existait pas… Le pouvoir est source de jalousie, d’inégalités et de grincements de dents. Le pouvoir confère à celui qui le possède un ascendant sur les autres, frères ou sœurs, maris ou femmes, chômeurs ou travailleurs, croyants ou non. Celui qui le possède en perd son esprit critique, sa lucidité et est toujours tenté d’en user et d’en abuser. Le pouvoir possède une gigantesque capacité de corruption/perturbation du bon sens et de la clairvoyance commune. Il se faufile de manière perverse et insidieuse pour faire de nous des experts de la manipulation. Ceci vaut évidement pour toute forme de pouvoir, certaines, bien plus perverses que d’autres. Le pouvoir d’un gourou peu scrupuleux ou d’un évangéliste intégriste sera souvent bien plus préjudiciable à la société que celui donné par la possession d’une arme à feu.

 

Il existe des hommes politiques vertueux. Des hommes qui décident de faire de la politique par idéal et pour le peuple. Mais ces hommes sont rares. Jaurès ? De Gaule ? Lincoln ? Kennedy ? Sankara ? Lumuba ? Bolivar ? Des hommes de poigne et de caractère qui en général se font assassiner. Sinon, la plupart font bien plus de la politique par orgueil et ambition (grandes valeurs de notre société) que par altruisme et idéal. Et pour le peu qui débutent par idéal, leurs vertus cèdent rapidement la place au rutilant bal des vampires auquel s’adonnent tous leurs semblables. Les valeurs tombent, les vices grimpent. Rien de monstrueux, rien de bien méchant, c’est humain ! Le pouvoir nous monte à la tête, qu’on le veuille ou non. Attiré par la force, la richesse ou l’estime des autres, on pense être investi d’une cause qui nous dépasse. La foule y croit et nous acclame et c’est là que tout commence… Napoléon, Staline, Hitler, Pol Pot...

 

Alors… Les hommes se réunissent et essayent de comprendre. Tant de haine, de mort et de souffrance… Pourquoi ? Le fond de leurs âmes leur dictent tout bas que c’est mal et qu’ils feraient bien de ne plus recommencer. Alors, dans un élan de lucidité, ils s’asseyent et rédigent des textes et des lois pour que ça n’arrive plus. « Plus jamais ça » disent-ils. Ils créent donc une sorte de garde-fou contre la bêtise humaine. Seules les lois et les règles sont en mesures de contrer nos dérives sociales.

 

« Sans la protection du droit, la loi du plus fort, la "loi de la jungle", domine tous les peuples de la terre.  Partout où le droit recule, les plus faibles (qui sont aussi les plus nombreux) sont exposés aux brutalités des puissants. » [Etienne CHOUARD]

 

Ce fût donc les grands principes fondateurs du siècle des lumières avec la déclaration universelle des droits de l’homme ou les grandes proclamations post holocauste. Malheureusement, rien à faire, les dérives refont surface ! Pourquoi ? Pourquoi diable sommes-nous si incapables de cadrer notre côté sombre ? N’y aurait-il pas un truc tout bête qui nous échappe ?

 

Rousseau disait : « l’homme est bon par nature, c’est la société qui le corrompt ». Certains s’empressent alors de rétorquer : « Mais Monsieur Rousseau, ce sont les hommes qui composent la société ! » Soit ! Mais il existe néanmoins des règles bien établies qui régissent cette société. Ces règles, ce sont les lois et la constitution d’un pays. C’est ce qu’on appelle « l’État de Droit » ou « Le Contrat Social ». Donc, si l’homme dérape encore, c’est soit que le contrat social n’est pas respecté, soit qu’il est mal pensé. Il y a un peu de l’un et beaucoup de l’autre.

 

Le siècle des lumières résulte d’une révolution bourgeoise en réponse à l’absolutisme d’une société élitiste ayant pour fondement les liens du sang ou du mariage. Alimentée par une conception judéo-chrétienne cette injustice fût contrebalancée par le mérite, la sueur de nos fronts, ou plutôt, à la sueur du front des aristocrates, des riches. Souillée et trop longtemps dédaignée, l’aristocratie a alors érigé en valeur suprême les libertés individuelles. L’idée n’était pas mauvaise mais elle taillait une part trop belle à l’individu, ce qui forcément induit des inégalités. Inégalités exacerbées par le capitalisme qui trouve dans le libéralisme le parfait ferment à l’assouvissement du Moi sans les Autres ! Or, qu’on le veuille ou non, l’homme fait société. Voilà pourquoi le contrat social est mal pensé. Il est tellement mal pensé que nous devons constamment y remédier. Nous déployons des énergies colossales pour tenter de le cadrer au mieux. Un contrat social bancal dès le début car pensé par des aristocrates. Le libéralisme n’était pas libérateur pour le peuple mais pour l’aristocratie. C’est par elle et pour elle que le libéralisme a été pensé. Faire croire qu’ils instauraient un pouvoir « pour le peuple » en se réappropriant le terme démocratie est la plus belle supercherie de l’histoire.

 

« Tous les hommes naissent libre et égaux en dignité et en droit ». Egalité et liberté sont indissociables. Faites passer l’un avant l’autre et vous versez soit dans l’ultralibéralisme qui prétend que les libertés individuelles priment sur tout le reste soit dans le communisme qui prétend que nous sommes tous égaux. L’égalité s’entend ici au niveau politique ! Nous sommes tous potentiellement différents mais égaux devant la loi et le pouvoir ! Communisme et libéralisme sont indissociables. Nous devons penser un système qui garantisse le fragile équilibre entre égalité et liberté : ni trop de l’un, ni trop de l’autre.

 

A l’aube de ce XXIème siècle plein d’espoir mais aussi plein de doutes et de craintes dont la principale étant les profondes dérives et le déficit démocratique de plus en plus criant, il est temps pour nous de relire l’histoire et la psychologie pour tenter mieux.

 

Contrairement à ce que bon nombre d’ouvrages et livres d’histoire prétendent, la Grèce antique, il y a 2.500 ans, a connu une vraie démocratie et ce durant plus d’un siècle ! Ce n’est donc pas une utopie.

 

Donc pour faire simple et résumé voici les quelques ingrédients indispensables à l’avènement et la pérennité d’une démocratie digne de ce nom :

 

1. Principe d’égalité (Tocqueville)

Sélection des candidats du pouvoir par tirage au sort. Un citoyen en vaut un autre. Remplacement du simple fait de poser un bulletin dans une urne par la possibilité de faire directement partie du pouvoir. « Un citoyen égal un pouvoir » et plus « Un citoyen égal un vote » !

 

=> finie la course au pouvoir, à l’argent et à celui qui crie le plus fort

=> finies les candidatures tronquées d’une élite « intellectuelle » pistonnée

=> finis les arrivistes, prétentieux et ambitieux

=> finie la non implication des citoyens

=> finis le centralisme et l’irresponsabilité

=> finie la violence institutionnelle

=> finis la corruption et le règne de l’argent

=> finie la schizophrénie des citoyens (Besoin de l’État mais oppression de celui-ci. Membre de la masse mais aspirant à plus.)

 

Impliqué, le citoyen se sentira pleinement responsable de ses actes et choix pour la cité. C’est très certainement la clé de voûte d’une bonne démocratie : la nécessité de l’égalité impliquant la responsabilité individuelle et commune. Ceux qui n’auraient pas la fibre du bien commun mais la satisfaction immédiate de leurs désirs personnels y réfléchiront à deux fois en pensant: « Ce que j’impose aux autres aujourd’hui risque de me toucher demain ou les autres risquent de me l’imposer demain ».

 

Dinnombrables penseurs (Platon, Aristote, Montesquieu, Rousseau, Tocqueville, Kant, Marx, Castoriadis, Rancière, etc.) démontrent et reconnaissent que lélection est fondamentalement aristocratique et que seul le tirage au sort est démocratique. Etienne CHOUARD.

 

2. Principe de séparation des pouvoirs (Rousseau)

Écriture et changement des règles du pouvoir par un groupe de personnes différent de celui qui exerce le pouvoir. Nous pensons que c’est déjà le cas aujourd’hui mais les interactions et délits d’initiés sont légions. Les garde-fous sont outrepassés pour la bonne et simple raison que c’est toujours le même gratin qui accède aux mêmes postes et de manière récurrente. C’est donc bien plus le principe « des portes tournantes » que celui de la séparation des pouvoirs qui prévaut actuellement. Par ailleurs, le parlement, censé représenter le peuple, voit ses pouvoirs constamment bafoués, piétinés ou portés aux calandes grecques. Idéalement, le parlement rédige les lois et le gouvernement vise à leur application sans en trahir l’esprit ! Or dans la plupart de nos « démocraties » actuelles, les gouvernements se permettent aussi bien d’écrire que de faire appliquer les lois. Ils sont à la fois juges et partie ! Pour terminer, séparation des pouvoir ne signifie en aucun cas autonomie des pouvoirs. Ils doivent se contrôler l’un l’autre sans arrêt à la manière du fonctionnement du corps humain par boucles successives et itératives de rétroactions positives et négatives. L’erreur est humaine. Elle fait même partie du processus vital. Ce qui est mortifère c’est la persévérance dans l’erreur.

 

Lire la suite ici (autres principes, critiques, comment procéder, 5 pages format pdf)

Over-blog limite maintenant le nombre de caractères à 130.000.

 

Bibliographie, issue du formidable site d’Etienne CHOUARD

 

Philippe BRETON, « L'incompétence démocratique : La crise de la parole aux sources du malaise (dans la) politique »

 

Mogens Herman HANSEN, « La démocratie athénienne à l’époque de Démosthène »

 

Bernard MANIN,  « Principes du gouvernement représentatif »

  

Yves SINTOMER, « Le pouvoir au peuple »

 

Repost0
10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 23:49

André TOLMERE : « Manifeste pour la vraie démocratie », voilà un ouvrage qui mériterait vraiment de sortir de l’ombre au même titre que le « Manuel d’anti-économie » ou la « Conscience, le Verbe et le Monde » de Didier LACAPELLE ou encore les deux fameux livres de Junon MONETA « Le néolibéralisme ? Un très vieux système… Pourquoi faut-il le combattre ?... » et « La gestion désatreuse de l’Euro ». Des ouvrages peu connus qui font réfléchir et qui s’intéressent à la cause des causes. Des ouvrages qui mériteraient grandement d’être édités et plébiscités.


Celui d’André TOLMERE est bien documenté, facile à lire et bien structuré. Son style est acide mais il a le mérite de souligner un fait essentiel des origines de ce que nous appelons "démocratie". Un fait qui a toujours été escamoté. Un fait digne d’une révolution copernicienne en matière d’organisation sociale. Un fait tout simple qui, si vous vous interrogez réellement et profondément (en faisant fi de vos enseignements et doctrines) sur sa pertinence, ses tenants et aboutissants, ne pourra que vous éblouir tant par sa candeur que par sa force.

 

Ci-dessous, le chapitre qui expose les origines de la démocratie, les critiques, puis ce fameux fait occulté depuis 2.500 ans !

 

http://www.fsj.ualberta.ca/SCSOC311/Athene.jpg

Les origines de la démocratie

 

“ La source désapprouve presque toujours l’itinéraire du fleuve”.

Jean Cocteau

 

Le cinquième siècle avant Jésus-Christ a marqué l’apogée de la civilisation grecque. La splendeur d’Athènes se manifeste encore à nos yeux par des monuments célèbres. Sa puissance à cette époque coïncide avec l’instauration de la démocratie.

Mais qu’est-ce que la démocratie ?

 

Démocratie vient du grec démos, peuple, et kratos, pouvoir. C’est un système de gouvernement où le peuple exerce son pouvoir, sa souveraineté.

 

Mais démocratie signifie également gouvernement des dèmes. Un dème est l’équivalent d’une commune. Sous la domination d’Athènes, l’Attique est divisé en 190 dèmes. À 18 ans, les citoyens sont inscrits dans le dème. Tous les citoyens sont admis à l’ecclésia, organe essentiel de la politique et assemblée du peuple qui comprend surtout des cultivateurs, des commerçants et des artisans. Un bureau est formé de 50 membres. Chaque citoyen a un droit de discussion, d’initiative et d’amendement. L’ecclésia vote d’ordinaire à main levée des décrets et des lois qui ont été préalablement étudiés par la boulè : c’est une sorte d’assemblée nationale et de conseil d’État, permanente, formée de 500 membres chargés de l’administration générale et du pouvoir exécutif.

 

Les 190 dèmes sont divisés en 10 tribus. Chaque tribu compte environ 20 dèmes et envoie 50 représentants à la boulè.

 

Pour la justice également, le peuple est souverain. Tous les citoyens peuvent être magistrats à l’héliée, tribunal par excellence. Chaque tribu désigne 600 citoyens, donc 6000 en tout, répartis en 10 dicastères. Il faut un ou plusieurs dicastères pour juger les procès, suivant leur importance. Ce nombre élevé est considéré comme une garantie contre la corruption.

 

Cette description est très sommaire et reprend intentionnellement un exemple courant. Il y manque l’essentiel, volontairement escamoté, comme par l’immense majorité des commentateurs de la démocratie athénienne, plus prompts à la dénonciation qu’à l’honnêteté.

 

Que nous disent-ils ?

 

Oui, la démocratie grecque était la “vraie démocratie”, c’est-à-dire la démocratie directe : le peuple participait directement aux décisions politiques de l’ecclésia.

 

Oui mais, nous font-ils remarquer, ce peuple qui exerçait sa souveraineté n’était qu’une petite minorité de la population. Les esclaves étaient exclus et il y avait 6 fois plus d’esclaves que de citoyens. De même pour les métèques qui sont considérés comme des étrangers même si la plupart sont des Grecs, 4 fois plus nombreux que les citoyens. Et les femmes, cela va de soi... De plus, beaucoup de citoyens ne participaient pas aux débats de l’ecclésia. Au final, quelques milliers d’hommes se trouvaient réunis à l’ecclésia pour décider des affaires de la cité. Mais décidaient-ils vraiment ? Dans ce genre de réunions publiques, il y a toujours des individus ou des groupes qui manipulent les autres. Cela n’a guère changé aujourd’hui. Il est communément admis qu’une foule est bien plus facilement manipulable qu’une petite assemblée.

 

Oui mais, cette démocratie antique ne se souciait guère des droits de l’homme puisqu’elle pratiquait l’esclavage et l’ostracisme qui permettait de bannir pour 10 ans un citoyen simplement suspecté d’être trop ambitieux ou trop puissant.

 

Oui mais, la démocratie directe des Anciens n’est plus applicable aux grands États modernes. On peut rassembler quelques milliers d’Athéniens sur une place publique. Mais comment voulez-vous rassembler plusieurs dizaines de millions de Français ?

 

 On nous induit à croire  que l’Athènes du siècle de Périclès n’était qu’un gros village. C’était une cité-État qui administrait une population qui a pu dépasser  200.000 âmes.

 

Oui mais, si la décision appartient au peuple, ce peuple est-il compétent  pour se prononcer sur les moindres détails? Il n’est pas possible de faire l’économie d’une élite dirigeante, selon la plupart des auteurs. C’est logique : ils appartiennent eux-mêmes à cette élite. Ce sont des professeurs d’université, des juristes plus ou moins distingués, des politiciens, quelquefois des journalistes. Bref, une intelligentsia bien pensante et conformiste.

 

Comment se fait-il que ces commentateurs de la démocratie originelle oublient systématiquement de nous parler d’un principe fondamental qui signe le fonctionnement des institutions démocratiques de la Grèce antique ?

 

Passer sous silence ce principe remarquable et incontournable relève, soit de la malhonnêteté intellectuelle soit de l’imbécillité crasse. Certains “intellectuels” ne sont que des crétins diplômés. Ce n’est pas parce que les mots “intellectuel” et “intelligence” ont la même racine que le premier doit obligatoirement impliquer la possession du second !

 

Ce principe, qui pousse vers la perfection les idées d’égalité et de justice, révèle le génie grec. L’escamoter est une trahison de l’histoire de la démocratie dans ses racines. C’est aussi la révélation de la peur qu’inspire ce principe aux élites privilégiées qui confisquent le pouvoir du peuple à leur profit. Car le grand problème de la démocratie est celui de la représentation.

 

Même si les Grecs du cinquième siècle pratiquaient la démocratie directe avec l’ecclésia, ils avaient parfaitement compris que le peuple doit déléguer ses pouvoirs, ou au moins une partie de ses pouvoirs. Il doit désigner des représentants qui agissent pour lui, en son nom. Réduire la démocratie grecque à l’idée de la démocratie directe est une pure escroquerie intellectuelle.

 

Les Grecs ont tout autant inventé la démocratie indirecte et le principe de la représentation.

 

 L’ennui, pour les pourfendeurs de la démocratie directe, c’est que les représentants n’étaient pas désigné par l’élection ; c’est la vraie raison pour laquelle ils rejettent la démocratie directe : cela permet, en jetant le bébé avec l’eau du bain, de ne pas aborder la solution antique utilisée pour désigner les représentants !

 

Jean-Jacques Rousseau, en son temps, déplorait le recours à la représentation. S’inclinant devant l’incontournable obstacle, il préconisait le mandat impératif. Les représentants élus étaient obligés d’appliquer à la lettre le mandat reçu de leurs électeurs. Les démocrates du dix-huitième siècle, admirateurs de l’Antiquité, n’étaient pas des partisans de la démocratie grecque. Le pouvoir démesuré qu’elle accordait au peuple les effrayait. Il y a une aversion totale et une méfiance absolue des révolutionnaires américains et français pour le modèle démocratique athénien. Car ces messieurs les révolutionnaires étaient issus des élites bourgeoises, et ils entendaient bien faire prévaloir leurs ambitions et les étendre.

 

Pour Tocqueville, l’égalité est le moteur de la démocratie. Il pense que les hommes préfèrent toujours l’égalité à la liberté : “ Je pense que les peuples démocratiques ont un goût naturel pour la liberté,... Mais ils ont pour l’égalité une passion ardente, insatiable, éternelle, invincible ; ils veulent l’égalité dans la liberté et, s’ils ne peuvent l’obtenir, ils la veulent encore dans l’esclavage.”

 

D’accord pour l’égalité, mais chacun à sa place. C’est ainsi qu’en Amérique, la première constitution écrite de l’histoire, en 1787, donne le droit de vote aux seuls propriétaires. Les Blancs non propriétaires, les Noirs, les Indiens et  les femmes ne votent pas. Les esclaves, n’en parlons pas.

 

Pour justifier le suffrage censitaire, le député Boissy d’Anglas, dans son discours à la Convention du 23 juin 1795, déclarait : “ Nous devons être gouvernés par les meilleurs ; les meilleurs sont les plus instruits et les plus intéressés au maintien des lois. Or, à bien peu d’exception près, vous ne trouverez de pareils hommes que parmi ceux qui possèdent une propriété, sont attachés au pays qui la contient, aux lois qui la protègent, à la tranquillité qui la conserve, et qui doivent à cette propriété et à l’aisance qu’elle donne l’éducation qui les a rendus propres à discuter, avec sagacité et justesse, les avantages et les inconvénients des lois qui fixent le sort de la patrie.”

 

Grâce à ce beau discours, la Convention, qui avait mis fin à la Terreur, adopta une nouvelle constitution et le suffrage censitaire.

 

Cette peur du peuple prévaut toujours dans la classe dominante et dans les élites dirigeantes, ce qui ne les empêche pas de prétendre représenter ses intérêts et de brandir, en toutes circonstances, le sacro-saint “intérêt général” ou la “raison d’État” qui, curieusement, s’accorde toujours avec leurs petits intérêts particuliers. C’est le peuple qui va aux urnes, c’est toujours la même “élite” qui en sort.

 

Les Grecs ont inventé la démocratie parce qu’ayant expérimenté tous les régimes politiques possibles, ils accordèrent plus leur confiance au peuple pris dans sa globalité plutôt qu’à des minorités privilégiées d’aristocrates, de ploutocrates et de tyrans.

 

C’est pourquoi le fondement incontournable de la démocratie grecque consiste en l’établissement du principe d’égalité absolue des citoyens entre eux sur le plan politique. Le génie grec, tout pragmatique, est d’avoir inventé la méthode qui respecte résolument le principe d’égalité, se combine parfaitement avec lui, pour former un couple harmonieux et fécond. Cette méthode n’est pas l’élection ni le suffrage universel présentés aujourd’hui comme des principes obligatoires des démocraties modernes. Hélas ! “La minorité ne compte point quand la majorité s’appuie sur des arguments qu’elle croit solide” (Machiavel).

 

Cette méthode est le tirage au sort.
C’est le kléros des Grecs d’Athènes.

 

Certes, tous les citoyens d’Athènes ne participaient pas à l’ecclésia dans l’expression de la démocratie directe. Mais tous les citoyens d’Athènes participaient au tirage au sort dans les dèmes qui permettait de désigner leurs représentants à la boulè.

 

Tous les citoyens étaient également tirés au sort pour désigner les magistrats de l’héliée, très nombreux. Seuls étaient élus une petite poignée de magistrats très spécialisés : policiers de rue, trésoriers, contrôleurs du commerce, ainsi que les stratèges et chefs militaires.

 

Certes les métèques n’étaient pas  citoyens, mais ils pouvaient le devenir.

 

Certes, il y avait beaucoup d’esclaves, mais les Grecs traitaient leurs esclaves beaucoup mieux  que les Américains et les Européens ne traitaient les leurs. C’est ici l’occasion de rappeler la profonde différence de nature  entre l’esclavage pratiqué par les Européens et les Américains et celui pratiqué dans l’Antiquité et en Afrique même, avant l’arrivée des premiers explorateurs portugais.

 

Dans le premier cas, il s’agissait de la déportation en masse de 25 millions de Noirs vers les Amériques avec l’abominable commerce triangulaire. Beaucoup mouraient pendant la traversée de l’Atlantique. Aujourd’hui, cette déportation relèverait d’un crime contre l’humanité.

 

Dans le second cas, sans qu’il soit question de justifier l’esclavage, il était la conséquence des guerres : les prisonniers capturés faisaient partie du butin. Chez les Grecs, des dieux eux-mêmes avaient été des esclaves : Apollon, Arès, Poséidon, Héphaïstos. Les esclaves appartenaient souvent à l’État ou aux temples. Comment la société grecque antique aurait-elle pu tenir avec 6 fois plus d’esclaves que d’hommes libres ? Les révoltes étaient rares et limitées parce que les esclaves étaient bien traités et bien intégrés dans la société antique. Beaucoup s’enfuyaient sans grand danger pour eux (au point que leurs propriétaires prenaient une assurance pour couvrir ce risque !) Un grand nombre s’affranchissait. Ils occupaient toutes sortes de fonctions dans tous les domaines de la vie économique et sociale. Certains étaient médecins (Hippocrate), précepteurs, intendants, philosophes (Anaxagore, Gorgias), artistes (Polyclète), reconnus et honorés. On est très loin du racisme, de l’apartheid de l’Afrique du Sud et des ghettos noirs de l’Amérique moderne. Il faut rappeler que pendant très longtemps l’infériorité des Noirs n’était pas mise en doute. La “grandeur d’âme” de quelques-uns finit par faire admettre que “même si les Noirs appartenaient à une race manifestement inférieure”, cela ne justifiait pas l’esclavage. Il fallut attendre 1865 pour qu’il soit aboli aux États-Unis. Aujourd’hui, l’esclavage nous paraît scandaleux parce que l’idéologie a changé. Il n’en demeure pas moins que la discrimination raciale s’est maintenue aux États-Unis jusqu’aux années 1960-65 et que les Indiens sont toujours parqués dans des réserves... Le paradoxe, c’est que la plus grande démocratie du monde, qui se présentait comme un modèle, était raciste et ségrégationniste.

 

Certes, l’ostracisme permettait d’exiler un citoyen. Mais on oublie de dire que ce système est révélateur de la crainte légitime des démocrates athéniens de voir un chef politique accaparer le pouvoir à son profit et risquer de remettre en question leurs institutions démocratiques. Il était fait pour se prémunir des tentatives de prise du pouvoir par des aristocrates ou des démagogues. Chaque citoyen inscrivait sur un tesson d’argile (ostrakon) le nom d’un homme jugé dangereux. Lorsque 6000 suffrages s’étaient portés sur le même, il devait s’éloigner pour dix ans, sans déshonneur.

 

Car l’essence de la démocratie, c’est bien l’égalité politique des citoyens.

 

Et le moyen de la mettre en oeuvre, c’est le tirage au sort. L’accès de tous les citoyens au pouvoir (kratos) se fait par le sort (kléros) :

 

c’est la clérocratie.

 

L’élection des représentants, le suffrage universel, présentés comme des fondamentaux de la démocratie moderne, nous apparaissent comme la plus vaste, la plus effarante escroquerie politique de tous les temps.

 

Hors de là, point de salut ! On a réussi à persuader des millions, des milliards d’individus que la démocratie, c’est le suffrage universel. Non. La vraie démocratie, c’est le tirage au sort. Pourquoi a-t-on oublié que c’est le suffrage universel qui a amené au pouvoir un Adolf Hitler, dans un régime démocratique, la république de Weimar (Buchenwald n’est situé qu’à quelques kilomètres de Weimar) qui, à  lui tout seul, a provoqué le plus grand cataclysme du vingtième siècle ?

 

Chaque fois que survient une catastrophe, où que ce soit, les bonnes âmes et les politiciens compatissants demandent, exigent des mesures pour que : “plus jamais ça”. Les procès de Nuremberg ont jugé et condamné quelques individus. Il n’y a pas eu de procès pour juger la “démocratie” manifestement coupable d’avoir porté au pouvoir un malade mental. Peut être bien parce que tous ceux qui sont au pouvoir  dans nos soi-disant “démocraties” sont aussi, quelque part, des malades mentaux !

 

"Le sage fait de la politique, non parce qu'il veut faire triompher ses principes, mais parce que ses principes lui dictent de faire de la politique." [Confucius]

 

 

PS: La Grèce, berceau des civilisations occidentales aujourd’hui dos au mur! Une acculturation aux relents tristement idéologiques et manichéens!

Nous, peuple "d'en bas", devrions bien plus faire de politique et cesser de croire des Boissy d’Anglas qui nous disent que la politique est chose trop sérieuse pour être confiée à n’importe qui. C’est justement parce qu’elle est sérieuse qu’elle ne devrait souffrir d’aucune discrimination dès le départ. Du droit de tout gérer, il ne nous reste plus que le droit de cocher une ou plusieurs cases puis de la fermer.

 

Voir aussi

http://stochocratie.free.fr/

http://www.clerocratie.com

Et surtout

http://etienne.chouard.free.fr/ à qui je dois cette découverte ! Son site est d’une richesse et d’une ouverture impressionnante.

 

 

Repost0
8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 11:44

La récente élection de François Hollande comme président français représente-t-elle un espoir de changement ? L’élection d’Obama après Bush a-t-elle changé la donne ? Pauvres électeurs naïfs et démunis que nous sommes. Par paresse, confort et identification sociale, nous ne demandons qu’à croire, espérer et adopter les mêmes attitudes que la masse. La psychologie des masses était le meilleur allié d’Hitler. Les plus gros mensonges passent mieux devant une foule qu’en face à face.

 

 

Les hommes politiques n’ont que faire du bien être de leurs citoyens, la seule chose qui les préoccupe c’est de remporter un maximum de voix. Ils sont fourbes et narcissiques. Même vertueux au départ, ils finiront par hurler avec les loups. Parce que le pouvoir corrompt et fabrique de l’inégalité, quelle que soit sa nature. Les politiciens nous attrapent donc avec des mots, des phrases publicitaires, des rêves. Et nous qui ne demandons qu’à croire et à penser le moins possible du moment que notre petite sphère égotique semble satisfaite, nous gobons tout. C’est la faute à Ben Laden. C’est la faute à Kadhafi, aux chinois, à l’intégrisme, au terrorisme, au marché… Mais le discours semble tout de même évoluer : des notables en passant par les méchants barbus ou bridés, on parle plus souvent des marchés. 

 

 

 

 

En janvier 2012, Hollande débute un discours en disant qu’il va devoir affronter un puissant ennemi. Un ennemi qui n’a pas de visage, qui n’a pas été élu, qui ne présentera pas sa candidature mais qui gouverne : le monde de la finance ou de manière plus subtile, le marché! Mais qu’est-ce que cet hydre immonde sans tête qui semble faire si peur ? Le marché n’est rien d’autre que la confrontation de l’offre et de la demande. Mais cette confrontation n’est possible que par le biais de la monnaie. Et c’est là que le bât blesse car c’est toujours les grands détenteurs de capitaux qui sont en position de force par rapport aux autres. Ces grands détenteurs sont en effet en mesure de mettre en concurrence les différentes demandes pour faire jouer la concurrence et ne sélectionner que les plus bas prix. Ces gens ne voient le monde qu’à travers le prisme déformant de l’agent et de fait, tronquent la réalité sociale, économique et environnementale. Le marché tel que nous l’entendons souvent n’est donc rien d’autre que la petite classe très sélect des possédants de cette planète : les PDG et administrateurs des grandes multinationales, les invités du sommet de Davos, les ploutocrates.

 

« Reste à voir comment vont réagir les marchés ! », c’est ce qu’on entend après chaque élection. Mais alors, pourquoi vote-t-on, puisque ce sont toujours les marchés qui ont le dernier mot ? Sommes-nous en démocratie ? A quoi bon ? C’est très certainement cette question qui pousse les gens à voter extrême droite. Car l’extrême droite, en plus de sortir des énormités, a le mérite de souligner cette injustice. Et même quand elle remporte près de 20% des voix, elle ne possède aucun député. Le vote ne serait-il pas le petit susucre pour calmer la bête ? Certes il a été acquis à grand coup de luttes sociales mais n’est-il pas le meilleur alibi des puissants de ce monde ? « Vous vous plaignez ? Mais voyons, n’est-ce pas vous qui avez choisi cet homme politique ? ». Le vote n’est-il pas un excellent moyen pour flatter l’égo et le désir de liberté et d’égalité des peuples tout en l’asservissant ? La démocratie par le biais du scrutin universel ne serait-elle qu’un succédané sournois de la dictature ? Nos démocraties n'ont-elles pas accouché de Bush, Poutine, Berlusconi, du FMI, de l'OMC, de la Banque Mondiale?

 

La psychologie des foules fonctionne aussi très bien par l’instrumentalisation de la peur. Naomi Klein l’a très bien démontré dans son livre : « la stratégie du choc ». C’est normal et c’est coutumier de l’histoire. Les nantis ont toujours réussi à se maintenir au pouvoir en transformant l’histoire et en pactisant avec l’ennemi. Bush n’est-il pas parvenu à envahir l’Irak par la peur du terrorisme ? Ne nous fait-on pas accepter un maximum de réformes antisociales sous prétexte de lutter contre la crise ? Crise dont les responsables sont encore aux commandes !

 

 

 

Comment voulez-vous que notre brave Hollande lutte contre le marché alors qu’il n’est pas prêt à remettre en cause son principal privilège ? A savoir, l’émission monétaire, vecteur de tout échange et puissance suprême de notre économie marchande monétaire mondialisée.

 

Ainsi, plutôt tôt que tard, François Hollande va devoir choisir entre rompre avec ses promesses électorales et hurler avec le marché. Bien sûr, comme tout politicien qui se respecte, il le fera avec la traditionnelle langue de bois et la manipulation des foules...

 

Lire aussi

Les élections, un grand moment démocratique ?

Hollande, les retraites et l'essence : premiers ajustements en vue

 

Note :

Texte de l’article 123  du traité de Lisbonne « Il est interdit à la Banque Centrale Européenne (BCE) et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées “banques centrales nationales”, d’accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »


En clair: les États de la zone euro ne peuvent plus créer leur monnaie, même pour raisons justifiées. Ils sont asservis. Ils l’empruntent dès le premier euro à des fonds de pension, des gestionnaires d’assurance vie ou de placement de valeurs monétaire, monnaie toujours créée à l’origine par les banques commerciales privées, rendues de ce fait souveraines. Une dette publique artificielle (en France, elle n’existait pas avant janvier 1973) apparaît. Aujourd’hui de 1600 milliards d’euros, elle enfle sans fin par le cumul des intérêts qu’il faut chaque année emprunter; plus de 1340 milliards d’euros depuis 1980.  Les intérêts qui créent la plus grande partie de nos déficits publics diminuent nos capacités d’investissements. Les services publics sont progressivement asphyxiés et  notre patrimoine collectif vendu à vil prix.

Si nous ne mettons pas un terme à cette confiscation de démocratie économique, nous rejoindrons les pays pauvres d’ici peu.


Source : http://engagement2012.wordpress.com/

 

 

 

Repost0
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 15:12

Une petite image vaut parfois mieux qu’un long discours.

MaitreZoneEuro.jpgSource: What price the new democracy? Goldman Sachs conquers Europe

 

Goldman Sachs n'est pas une brebis galeuse mais bien l'incarnation du système.

 

Why I Am Leaving Goldman Sachs  (Lettre de justification de la démission de Greg SMITH, ancien directeur chez Goldman Sachs)

« Goldman Sachs n’est plus ce que c’était…Son unique préoccupation est de faire de l’argent sur le dos de ses clients (ou marionnettes comme les appellent cyniquement nos directeurs généraux) »

 

Goldman Sachs : la fin de l'omerta ?

 

En Europe, le pouvoir est à Goldman Sachs

 

PS : Karel Van Miert est décédé depuis 2009. Ca ne change rien à l’implication évidente de la finance aux plus hauts postes du vieux continent.

Repost0
19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 12:22

http://www.greenbooks.co.uk/content/28/2628"Nul n’est prophète en son pays" dit-on, trêve de LIETAER donc et place à James ROBERTSON qui vient de publier un nouveau livre.


The book looks at how our present money system frustrates the well-meaning efforts of active citizens, NGOs and governments to deal with our present ills and problems – including worldwide poverty, environmental destruction, social injustice, economic inefficiency and political unrest and violence.


It shows clearly how our money system operates and how it could be reformed so that it acts for the benefit of people and society rather than the opposite, and describes the obstacles that currently prevent that reform.

The world’s financial experts and leaders in politics, government and business, and most mainstream academic and media commentators, have demonstrated that they are not yet able or willing to diagnose and treat the profound and pervasive problems that are directly caused by the money system.


Therefore it is necessary for independent-minded citizens to take the initiative now – and urgently – to get the reform of the money system on to mainstream agendas worldwide.

 

A Feature of the Book to Note 

The primary aim of the book is to enable concerned people to consider how each of us can help to bring about a comprehensive modernisation of the world's money system.

But the book can also serve an important secondary purpose. Together with the entries in Appendix 2, the references in the footnotes to the main texts will provide material for courses on adapting the money system to a survivable future. We can usefully draw the attention of interested teachers in schools, universities, business schools, and other educational institutions to that opportunity.

 

James Robertson  

www.jamesrobertson.com

www.neweconomics.org (The New Economic Foundation)

 

Repost0
19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 10:38

http://www.humeurs.be/wp-content/uploads/2011/10/humeur_5251.jpgAprès avoir sauvé les banques de la faillite, les États ont vu leur dette publique exploser. Les pouvoirs publics sont maintenant sous la pression des marchés financiers et des autorités européennes (et, dans certains cas, du FMI) pour imposer des plans d’austérité afin de trouver les ressources financières nécessaires au remboursement de cette dette. Même si sa situation est moins dramatique que celle de la Grèce, la Belgique ne fait pas exception. Sa situation pourrait même encore se dégrader si la garantie d’État de 54,45 milliards d’euros octroyée en octobre 2011 à certains créanciers de Dexia était activée. C’est pourquoi trois associations (CADTM, Attac Bruxelles 2 et Attac Liège), représentées par les avocats Pierre Robert et Olivier Stein, ont introduit le 23 décembre dernier un recours devant le Conseil d’État afin d’annuler l’arrêté royal octroyant ces garanties [1].


Ce combat juridique s’inscrit plus largement dans une lutte politique pour l’annulation de la dette publique illégitime, notamment celle issue du sauvetage des banques. Les injections de capitaux publics pour sauver les banques (Dexia, Fortis, KBC) et l’assureur Ethias en 2008-2010 ont provoqué une augmentation brute de la dette publique belge de 21,08 milliards d’euros. Ce montant risque de s’alourdir à cause des garanties offertes par l’État aux institutions financières. La logique de la garantie est la suivante : si la banque ne peut plus rembourser ses créanciers, alors les pouvoirs publics (donc les contribuables) interviennent financièrement. Le cas Dexia en est la parfaite illustration.


Le 10 octobre 2011, le groupe Dexia tombe en faillite pour la deuxième fois en trois ans. Le groupe est démantelé et l’État belge acquiert 100% des actions de Dexia Banque Belgique (DBB) pour un montant de 4 milliards d’euros. Le recours des associations ne concerne pas DBB mais vise la garantie de l’État à certains emprunts du groupe Dexia (Dexia SA et Dexia Crédit local SA). Car l’intervention de la Belgique lors du deuxième sauvetage de Dexia ne s’est pas limitée à ces 4 milliards d’euros : le gouvernement en « affaires courantes » s’est entendu avec les autorités françaises et luxembourgeoises pour garantir conjointement les actifs (majoritairement toxiques) du groupe Dexia à hauteur de 90 milliards d’euros.


La clé de répartition de cette garantie est déséquilibrée puisque 60,5% des 90 milliards d’euros sont assumés par la Belgique, ce qui représente un montant de 54,45 milliards d’euros, soit 15% de son produit intérieur brut (PIB), contre un peu plus de 32 milliards à charge de la France, soit environ 2% de son PIB. Pourtant, les difficultés concernaient essentiellement la branche française du groupe, selon l’Inspection belge des Finances.


On peut dès lors douter des capacités de négociation de l’État belge dans ce dossier. Mais il y a plus grave car la mise en œuvre de l’arrêté royal du 18 octobre 2011 octroyant cette garantie d’État [2] aurait des conséquences désastreuses pour l’économie du pays mais également pour la démocratie.

Un montant exorbitant

Soulignons tout d’abord le montant exorbitant de cette garantie : 54,45 milliards d’euros, c’est 34 milliards de plus que le montant octroyé pour le triple sauvetage de Fortis, de Dexia, de KBC et d’Ethias en 2008. C’est 26 fois l’économie budgétaire prévue au budget 2012 en matière de soins de santé. Cela donne une idée de l’ampleur du risque que représentent ces garanties pour les finances publiques belges, d’autant plus qu’il faut y ajouter les intérêts et accessoires prévus par l’arrêté. Selon l’Inspection des Finances, le montant réel de la garantie pourrait être de l’ordre de 57 milliards d’euros. Or, cet engagement de l’État à rembourser un tel montant le met dans l’impossibilité d’accomplir pleinement ses missions de service public.

Notons aussi que le simple octroi des garanties entraîne une augmentation du coût du refinancement de la dette car les marchés exigent une rémunération plus élevée pour prendre en compte le risque représenté par l’activation possible des garanties. Ensuite, en cas d’activation, l’État devra recourir à des emprunts supplémentaires, ce qui augmentera automatiquement la dette publique. Cela amènera alors la Commission européenne à exiger de nouvelles mesures d’austérité contre la population.


Comme si cela ne suffisait pas, l’octroi de cette garantie n’est subordonné à aucune condition réelle. L’arrêté royal précise d’ailleurs que « la garantie est payable à première demande ». Cet arrêté renforce ce qu’il est convenu d’appeler l’aléa moral, à savoir la possibilité qu’un assuré augmente sa prise de risque par rapport à la situation où il supporterait entièrement les conséquences négatives d’un sinistre. Car en habilitant le ministre des Finances à garantir sans réelle condition les créances sur Dexia SA et Dexia Crédit Local SA, l’arrêté envoie un signal clair aux organismes financiers tentés dans le futur par une spéculation pouvant potentiellement leur rapporter de forts gains. Il leur indique que les pouvoirs publics interviendront toujours en dernier ressort. Cet arrêté permet dès lors de garantir des pratiques qui ont contribué très largement à provoquer la crise et qui, en étant maintenues, entraînent au minimum sa prolongation et, au pire, son approfondissement. Il incite les organismes financiers privés, se sachant protégés par l’État, à chercher à améliorer leur marge de profit sans changer leur comportement à haut risque. Dans ces conditions, d’autres sauvetages bancaires sont à prévoir.

En toute opacité

Sur le plan démocratique, l’arrêté royal constitue aussi un véritable danger car il confère au ministre des Finances, jusqu’en 2021, le pouvoir de conclure en toute opacité et en dehors de tout contrôle parlementaire des conventions de garanties avec certains créanciers de Dexia SA et Dexia Crédit local SA (que le ministre désigne lui- même) qui peuvent produire leurs effets jusqu’en 2031. Le Parlement est donc tenu à l’écart des décisions essentielles de manière permanente, consciente et organisée pendant presque 20 ans. Les élus n’ont pas leur mot à dire comme en octobre 2011 lorsque l’octroi de cette garantie a été décidé uniquement par l’exécutif. Le Parlement belge n’a ni délibéré ni légiféré sur l’octroi de ces garanties tandis qu’en France, une loi a été votée par le Parlement après un large débat qui a donné lieu à deux rapports. On assiste donc en Belgique à un véritable coup d’État juridique. La violation de la Constitution belge est manifeste. C’est d’ailleurs un des arguments invoqués dans le recours [3].


Les associations requérantes sont pleinement conscientes de la menace que représentait la faillite de Dexia avec ses répercussions sur tout le système financier, et par conséquent de la nécessité pour l’État d’agir rapidement. Mais les garanties octroyées ne règlent pas le problème, elles l’aggravent. C’est pourquoi il est indispensable d’annuler l’arrêté royal du 18 octobre 2011 et de garantir le droit des citoyens à l’information afin de comprendre les raisons de cette débâcle et de proposer des alternatives à ces garanties.


Ce recours vise donc également à lancer un réel débat démocratique sur ces alternatives et sur la question de la légitimité de la dette. D’où vient la dette publique belge ? A-t-elle servi les intérêts de la population ? Que se passerait-il si la Belgique refusait de rembourser ? Autant de questions auxquelles il est urgent de répondre car, au nom du remboursement de la dette, la vague d’austérité en cours en Belgique va toucher les conditions de vie de millions de citoyens. Il s’agit d’avancer vers la mise en place d’un audit citoyen, à l’instar de la démarche initiée en France [4], pour faire annuler les parties illégitimes de la dette, en commençant par celles issues des sauvetages bancaires mais sans oublier celles qui depuis les années 1980 ont servi à combler le déficit budgétaire majoritairement imputable à une baisse de la fiscalité sur les catégories les plus favorisées et les grandes entreprises. Sans cela, les marges de manœuvre libérées par des politiques progressistes seront englouties par le remboursement d’une dette autant colossale qu’illégitime.

 

Notes:

[1] Ce recours est publié au Moniteur belge sous le numéro G/A 203.004/XV-1811. Il est soutenu par de nombreuses personnalités et associations en Belgique. Voir www.cadtm.org.

[2] http://www.etaamb.be/fr/arrete-royal-du-18-octobre-2011_n2011003357.html

[3] Synthèse des arguments juridiques: http://www.cadtm.org/Resume-du-recours-Dexia-intente.

[4] En France s’est créé un Collectif pour un audit citoyen de la dette publique qui dispose après 6 mois d’existence d’une centaine de collectifs locaux.

 

Source: http://politique.eu.org/spip.php?article2223#nh3

 

Repost0
16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 15:21

 BeloMonte_Raoni.jpgBeaucoup ont déjà très certainement eu l’occasion de lire l’appel a signature contre le barrage de BELO MONTE, 3ème plus grand barrage du monde après celui des Trois-Gorges, en Chine. Ce barrage inondera 400.000 hectares (13% de la superficie de la Belgique) et 40.000 Indiens seront déplacés.


Oui, c'est triste! Mais malheureusement, on n'arrête pas le Progrès! Tiens, rien qu'en relayant cette info sur le Net pour signer la pétition on oblige les opérateurs de la toile à se fournir en énergie et donc à construire des barrages ! Oui, surfer sur Internet a un coût: quelques chiffres communiqués par Google. Rien qu’en cliquant sur ce lien pour signer cette fameuse pétition, « j’apporte ma pierre au barrage ». Le lien est ténu mais il existe. Personnellement, j’apporte même un bloc puisque la rédaction de cet article a demandé quelques recherches de plus sur la toile.


Comme d'hab, on est tous responsables. Chaque click de souri, chaque recherche sur le Web, chaque mail coûte de l'énergie et de la matière : des réseaux de fibres optiques, des satellites, des antennes relais, des ordinateurs avec leurs farandoles de composants spécifiques, des serveurs, des salles de serveurs sous climatisation ou chauffage (parce que c'est sensibles ces petites choses) à grand renfort de pétrole, des câbles, des réseaux électriques, etc.

On gueule quand un pétrolier s'échoue mais on roule en voiture.

On crie quand une banque fait faillite mais on place son argent pour qu'il nous rapporte un max.

On pleure quand on se fait virer mais on cherche toujours les plus bas prix.

Qu'on le veuille ou non, nous faisons partie d'une culture occidentalefondée sur l'avoir et donc terriblement énergivore. Hier le GSM, aujourd’hui l’iPad. C’est plus simple, plus rapide, plus pratique et tellement plus Fun ! Je peux téléphoner quand je suis dans des bouchons ! Je peux visiter une ville avec mon iPad sans guide touristique !

 

Concernant Internet, il reste cette contradiction notoire : c’est un extraordinaire outil d’expression démocratique, en témoigne l’acharnement de grands groupes financiers ou gouvernements pour tenter d’étouffer ou exagérer certaines infos y circulant. Mais d’un autre côté, c’est aussi un gigantesque gouffre énergétique ! Même dans ces fameuses monnaies complémentaires via Internet comme celles promues par Jean-François Noubel, on ne peut ignorer l’impact environnemental et social de ce développement du Web. Quid des peuples et parfois d’enfants pour l’exploitation de cuivre, coltan, silicium et autre matériaux nécessaires au bon fonctionnement de notre réseau de connaissance ? Quid de l’impact environnemental de l’exploitation, du raffinage, du stockage, du transport et de l'assemblage de tous ces matériaux ? Vert ou pas, éthique ou pas, ils ont un impact sur la Terre. Alors ? Que faire ? Cliquer ou ne pas cliquer ? L’amour et l’amitié en sont même parfois réduits à quelques clics… Alors ? On ne fait rien parce que cela consomme trop d’énergie ? Est-ce mieux ? Ca le serait si nous ne faisions rien pour tout le reste : plus de trajet motorisé, plus de sport d’hiver, plus d’achat intempestif, plus de vacances aux 4 coins du monde, plus… Bref, c’est loin d’être simple ! Car nous ne sommes que des hommes capables de raison et d’introspection mais tout aussi rapidement rattrapés par nos conditionnements, notre culture, notre éducation.


Notre mode de vie n'est pas exportable mais il continue sa route, inexorablement!

 

 

Repost0
26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 16:15

Faim FinanceC'est à se demander si les émeutes de la faim qu'ont connues les pays du Sud il y a quatre ans ne sont qu'un mauvais rêve ?! Un nouveau rapport des Amis de la Terre démontre en effet que le secteur financier continue de jouer avec la faim dans le monde.


Spéculateurs affameurs
Le rapport épingle l’implication de 29 banques, compagnies d'assurance et fonds de pension européens (dont BNP Paribas France, AXA, le Crédit Agricole et la Société Générale) dans la spéculation alimentaire et le financement direct ou indirect de l'accaparement des terres. Les Amis de la Terre appellent les institutions européennes à réagir. Si la Commission européenne s'est engagée à améliorer la transparence des marchés des matières premières, elle doit au plus tôt réglementer strictement le rôle de la finance dans le secteur agricole estime l'ONG.

 
La faim, ça paie !
En Belgique, Dexia et KBC sont pointées du doigt. La première est active dans la spéculation alimentaire via le Dexia Fund Commodity, à 41% constitué de produits dérivés agricoles, explique Antonio Gambini (chargé de recherche pour le CNCD) qui a collaboré au rapport pour l'analyse en Belgique. KBC est, quant à elle, impliquée dans le financement d'entreprises qui achètent des terres en Europe centrale et orientale.
A. Gambini explique cette dérive spéculative par la dérégulation des marchés boursiers agricoles aux États-Unis, et par l'ouverture du marché à l'ensemble des investisseurs et non plus aux seuls opérateurs spécialisés. Parier sur les denrées alimentaires peut rapporter gros. L'avantage de la production agricole est que la demande n'est pas très élastique : si les prix augmentent, ce n'est pas pour cela qu'on va arrêter de manger ! conclut le chercheur.

 

Source: http://www.financite.be/static/newsletters/financite_184.html

Repost0
21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 12:31

Jusqu’où pouvons-nous aller dans l’application de textes de loi ? La loi est écrite par des hommes sur du papier avec de l’encre. La vie en société oblige le respect de ces lois. La société met d’ailleurs en place une série de mécanismes coercitifs dans le cas du non-respect de ces lois : amandes, police, justice, prison. En général la loi ou les textes de loi constituent ce que l’on appelle le contrat social, c’est ce qui régit la règle de base de la vie en société : « ma liberté s’arrête là où commence celle des autres ». La question qui se pose est de savoir s’il est possible d’instituer des textes plus puissants que ceux qui les ont rédigés. Des textes qui prennent le pouvoir sur les hommes et leurs gouvernements, un peu comme ces fictions dans lesquelles des machines prennent le pouvoir sur les hommes.

 

Délire ?

 

Un coup d’œil sur le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) ou encore le European Stability Mechanism (ESM) qui doit remplacer le Fond Européen de Stabilité Financière (FESF) pour juillet 2012 laisse tout de même songeur ?

 

 

 

Résumons :

 

“ESM has unconditional rights to ask money from national governments for unlimited amounts, starting with 700 billion euros”

 

“ESM Members hereby irrevocably and unconditionally undertake to pay on demand any capital call made on them by the Managing Director pursuant to this paragraph, such demand to be paid within seven days of receipt.”

 

“The property, funding and assets of the ESM shall, wherever located and by whomsoever held, be immune from search, requisition, confiscation, expropriation or any other form of seizure, taking or foreclosure by executive, judicial, administrative or legislative action.”

 

En gros, l’union économique et financière Européenne accoucherait d’une instance plus puissante que les hommes et les gouvernements qui la constituent ?! Aucun recours possible. Aucune action en justice. Aucune issue ?

 

Pourquoi ? Qui souhaite un texte pareil ? A qui profite le crime?

 

Van Rompuy, Bilderberg & Démocratie?

 

Goldman Sachs au pouvoir ou le dérèglement du monde

 

Quand la démesure atteint des sommets

 

« FAIT NEANT » : le peuple ou les rentiers ?

 

De Socrate à nos jours, la ploutocratie toujours…

 

Traité de Lisbonne - Démocratie bafouée

 

Comme le dit si bien Didier LACAPELLE dans la conclusion de son chapitre sur la démocratie de son ouvrage « La Conscience, le Verbe et le Monde » :


« Aldous Huxley disait que toutes les dictatures étaient tombées parce qu’elles n’avaient pas distribué assez de pain et assez de jeux. Aucune n’avait à ses yeux su amener les individus à aimer leur propre servitude, comme dans son roman « Le meilleur des mondes ». Ce que la dictature n’a pas su faire, la démocratie y est parvenue. »


Repost0

Liens

A lire

1) Manuel d’anti-économie

2) Transition écologique & économique

3) Le retour du puritanisme au travail

4) Le désir comme désir de l’Autre

5) La Décroissance, l’Argent et Moi

6) Argent, Richesse, Valeur

 

Vie Pratique, Autonomie

AUTARCIES

ECOCLASH (voir Liens)

TERRA MATER

HABITER-AUTREMENT

ECO-BIO.INFO

EAU-tarcie (H20)

RAFFA : le grand ménage

 

Transition > POST-CAPITALISME

Villes en transition

Transition Monétaire

Transition Politique (Politique Simultanée)

Transition Culture

Eco-villages

Créatifs Culturels

Simplicité Volontaire

Demarche.org

Decroissance.org

REVOLUTION LENTE

 

Belgique

RESPIRE asbl

GRAPPE asbl

TETRA asbl

FINANCITE

Se changer soi

Amis de la Terre

Objecteurs de croissance

Nature et Progrès

Nature & Progrès Bruxelles

Ligue des optimistes

CETRI

CADTM

Confluence

Habitat Groupé

Classes de Terre

Ca passe par ma Commune

Groupe de Travail sur la Monnaie

Frère Albert

Maisondd.be (dd humain)

 

France

Plus Conscient 

Pièces et Main d’Œuvre

Dialogue en Humanité

Blog monde diplomatique

On peut le faire

Réseau éco-villages

Sentinelles de la république

 

Blog France

Jean ZIN

Pierre RABHI

Frédéric LORDON

Emceebeulogue

Fortune

 

Favoris

THEOGNOSIS (n'existe plus)

Sortir de l'Economie

INVENTIN

DONDE VAMOS

ECOPHILOPAT

NOS LIBERTES

INVENTERRE

MIIRASLIMAKE

MONOLECTE


Economie

Economistes Atterrés

ECONOSPHERES

Bioéconomie.net

SOCIETAL.org

the New Economic Foundation

 

Management

Mortel Management

 

Politique - Société

Politique Simultanée

Mouvement CiTerrien (MCT)

Alliance21 (monde responsable, pluriel et solidaire)

 

Alliance for a New Humanity


Monnaie (concept)

monnaie.wikispaces.com

www.bioeconomie.net

SystemeMonetaire.be

CreationMonetaire.info

MonnaieFondante.canalblog.com

GTMonnaie.be

Alter-Europa.com

Club-Robin.org

Sel-Terre.info

 

Monnaie (alternative)

Monnaies Locales Complémentaires

ALOE (alliance pour une économie plurielle et solidaire)

money.socioeco.org/fr/ (devenu ALOE)

www.appropriate-economics.org/

www.complementarycurrency.org/

www.digitalmoneyforum.com/

www.reinventingmoney.com/

grit-transversales.org/

Thetransitioner.org

Open Money

www.regiogeld.de (regio Allemagne)

transversel.apinc.org (SEL France)

brusel.be (SEL Bruxelles)

 

 

Climat

Manicore (Jancovici)

 

Pic Pétrole

Oleocene

 

Santé

Pharmacritique

Info Michel Dogna

Votre Sante

 

Planète

Terre Sacrée

LiberTerre.fr

Terre & Humanisme

 

Agriculture – Nature

Semences Paysannes

Kokopelli

Cheminfaisant2005.net

BRF - Bois Raméal Fragmenté

Permaculture

Masanobu Fukuoka

Plantes sauvages

 

Conscience

Alliance21

Fondation Diagonale

Trilogies

LeTransmuteur.net

Nous-les-dieux

Sens de la Vie

Zone7.net

Pas ça !

 

Manipulations

Le pouvoir mondial

SYTI.net

Prise de conscience.org

Les mots ont un sens

 

Info

MichelCollon.info

Mondialisation.ca

Grain (Agriculture)

ContreInfo

News Of Tomorrow

Monde Diplomatique

Decroissance.info

Futur Quantique

Le Grand Soir

 

TLAXCALA

Global Research

AlterInfo

RISAL (Am. Latine)

Congo Forum (Afrique)

Medium4You (Belgique)

Agoravox (France)

Marianne2.fr (France)

Rue89 (France)

 

Livres

Ecophilopat

Syti

Inventin (pdf)

Nous-les-Dieux (pdf)

Ecosociété

 

Editions

La plume de feu (Aude)

Yves MICHEL

Souffle d’Or

Charles Léopold Mayer

Aden

Syllepse

du Cerf

Ecosociété

La découverte

Le Relié

Sang de la Terre

Alter-Europa.com

Penser Librement.com

 

Autres liens

Contre la pensée unique

Freemen

Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que :
• le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
• s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».



Au delà, comme le nom “Freemen” l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut sur son blog. L’ensemble de ces contenus doit petit à petit former une nouvelle “chaîne”, un nouveau “journal”, chacun parlant de politique, mais aussi, d’art, de ciné, de tout.

153 blogs freemen