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  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
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Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

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Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 00:02

misere-pauvrete

« Quand la misère chasse la pauvreté » de Majid RAHNEMA est un livre qui remet les pendules à l’heure. C’est un livre didactique et rigoureux bourré d’exemples et de citations. Un livre qui respire l’expérience et la profondeur. En voici quelques passages :

 

Toutes les sociétés vernaculaires(*) développent en leur sein des mécanismes destinés, d'une part, à contenir l'envie et la convoitise, de l'autre, à maintenir une tension positive entre ce qui est individuellement possible de vouloir et d'avoir et ce qui est collectivement possible et raisonnable de produire. Cette tension leur a permis de développer leurs capacités productives dans des limites raisonnables, sans qu'il y ait rupture entre les besoins et les ressources. Elle a favorisé la mise en place de tout un faisceau d'équilibres de traditions, de coutumes et de croyances destinés à maintenir la cohésion sociale, par exemple en faisant en sorte qu'imperceptiblement soit contenue toute impulsion de convoitise ou qu'elle ne nuise jamais aux liens de solidarité communautaire. (p. 247)

 

Observée de l’extérieur, la niche vernaculaire présente toutes les apparences d’un monde simple, voire primitif. Elle cache pourtant, dans tous les cas, un véritable microcosme aux facettes aussi diverses que complexes. Détenteur de la sagesse, du savoir et du savoir-faire de génération d’ancêtres, ce microcosme est semblable à la cellule qui recèle tous les secrets "génétiques" lui permettant de maintenir et de régénérer en permanence ses mécanismes de défense immunitaire. Et chaque fois que la pauvreté conviviale de ses membres menace de glisser vers l’indigence et la misère, c’est la niche tout entière qui est menacée. (p. 241)

 

La société vernaculaire constitue donc un espace vivant dont toutes les composantes sont "liées" les unes aux autres – liées et reliées à un ordre cosmique créé, mais sans que la liberté de toutes les créatures en soit diminuée, cette liberté s’insérant toutefois dans le cadre de la nécessité. De ce fait, quelle que soir l’instance institutionnelle à travers laquelle les différentes communautés partagent et fortifient leur sens du sacré, un ethos commun prévaut, qui invite les uns et les autres à ne jamais défier ce qui semble relever des lois de cette nécessité. (p. 243)

 

Persuadés que la pauvreté des autres était entièrement subie, les pays du Nord n'ont pas imaginé une seule seconde qu'elle pouvait avoir une dimension semi-volontaire et qu'elle consistait, en un mode culturellement défini de gestion de ses privations. Manque de discernement, investissement intéressé des classes dirigeantes ... tout a contribué à fragiliser les fondements de la pauvreté conviviale et les institutions sur lesquelles elle s'était de tout temps appuyée pour éloigner la misère et l'indigence. Par la suite, une autre erreur de perception fit perdre de vue une autre réalité: les formes de misère dont souffraient les populations cibles étaient, pour l’essentiel dues aux politiques d'économicisation(**) et de modernisation dont elles faisaient l'objet. (p. 248)

 

La pauvreté conviviale, qui, pendant des millénaires, avait produit et soutenu constamment l’éthique de subsistance dans tous les villages de la planète a ainsi été attaquée de toutes parts par les processus d'économicisation de la vie sociale, sous prétexte qu'elle entravait la prospérité du nouveau Village planétaire. Cette érosion s'est produite là où le tissu des solidarités humaines a commencé de s'effilocher, là où les projets de développement ont réussi à faire miroiter aux populations cibles un avenir affranchi des misères traditionnelles, là enfin où les populations locales ont commencé à intérioriser des rêves fabriqués par la nouvelle société de consommation. Les idées de profit et de réussite purement individuels ont gagné du terrain, minant encore davantage les fondations sur lesquelles reposait la convivialité, et l'on a assisté à la destruction progressive des remparts que cette pauvreté avait mis longtemps à édifier. Pendant que des communautés entières ont été emportées dans la misère, quelques-uns de leurs membres - la minorité des "nouveaux riches" qui, misant sur une réussite personnelle, avait choisi de s'intégrer au nouvel ordre économique - se sont alliés aux forces mêmes qui détruisaient leurs propres racines. (p. 250)

 

 

(*) Dans l'expression "société vernaculaire", l’auteur clarifie l'utilisation du terme société. Ce mot n'est pas employé, ici, dans son sens sociologique qui oppose société et communauté, mais plutôt dans le sens que lui donne le latin: socius, "compagnon", c'est-à-dire "rapport entre des personnes qui ont quelque chose en commun". Le mot société désignait, en effet, jusqu'au XVIIe siècle "le sentiment d'amitié et d'alliance éprouvé pour autrui et le lien qui en résulte(1)". Par société vernaculaire, l'on entendra ainsi une formation humaine dont les membres sont liés par une solidarité vécue et concrète. Pour André Gorz, le lien qui unit ses membres est identique à celui qui existe au sein d'une communauté, c'est-à-dire un lien qui n'est ni juridique ni : (...) un lien institué, formalisé, institutionnellement garanti, ni non plus un lien contractuel, mais un lien vécu, existentiel, qui perd sa qualité communautaire à partir du moment où il est institutionnalisé, codifié; car à partir de ce moment il acquiert une existence objective autonomisée qui, pour se perpétuer, n'a plus besoin de l'engagement affectif, de l'adhésion vécue de tous les membres (2). Dans le contexte vernaculaire, société et communauté traduisent indifféremment le concept arabe de l'umma, et l'une et l'autre représentent ces sociétés anciennes qui, selon sir Henry Summer Maine, dans son traité Ancient Law (1861), relevaient du statut (status), par opposition à celles qui suivirent, fondées sur le contrat (contractus) (3). (p.61)

 

(**) L’adjectif économiciste a été introduit par Polanyi(4). Ce mot, traduit de l’anglais economistic, exprime la prépondérance dans le domaine de l’économie des objectifs du profits et de la production de marchandises sans égard aux considérations d’ordre social - plus précisément, le "désenchâssement" (disembedding) du plan économique par rapport au plan social qui a accompagné la fin de l' oikonomia (le mot d'origine indoeuropéenne oikonomos est composé de oikos, "maison", et nomos "règle, usage, loi") ou la production des biens pour les besoins de la maisonnée -, alors que l'adjectif économique n'a toujours indiqué que 1’utilisation par la société de l'économie en tant qu'art ou science de bien gérer la production et la consommation des biens.

L'auteur de The Livelihood of Man précise à ce sujet que le mot économique a pris deux sens totalement différents dont la confusion est la source de bien des méprises et malentendus.

Le premier - qu'il appelle son sens "substantif" - s'applique à la dépendance de l'être humain par rapport à la nature et à ses prochains pour assurer sa subsistance et satisfaire à ses besoins matériels, étant bien entendu que ces derniers ne constituent qu'une partie de ce dont il a besoin.

Le second sens - qualifié par Polanyi de "formel" - associe l'économie à la recherche de solutions au problème de la "rareté", en d’autre termes, au postulat que les ressources nécessaires à la satisfaction des besoins sont, par définition, "rares", et que la tâche de l'économie serait d'affecter ces ressources insuffisantes à la subsistance (livelihood) humaine. (p. 60)

 

En page 263 de son livre, Majid Rahnema précise cependant que dans les sociétés vernaculaires, la rareté est perçue comme l’une des facettes de la plénitude cosmique, comme une dimension de la nécessité et un ressort nécessaire à l’abondance. Créatrice de culture et de convivialité, elle contribue à l’édification de tout un système de défense immunitaire(5). De même que les raretés du désert ont été à l’origine de remarquables inventions propres à la culture des nomades, celles du Grand Nord, par exemple, ont produit les civilisations étonnantes des Inuits ou des Amérindiens. Les raretés naturelles ont donc, historiquement, beaucoup contribué à ce que les sociétés de subsistance, apprenant à tirer le meilleur parti de leurs maigres richesses, deviennent des modèles d’autosuffisance.

 

(1) Définition du Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, 1992, p. 1958.

(2) André Gorz, Misères du présent, richesse du possible, Paris, Galilée, 1997, p. 185.

(3) André Gorz, Misères du présent, op. cit., p. 186-187

(4) Karl Polanyi, The Livelihood of Man, W. Pearson éd., New York, Academic Press, 1977, p. 6 sq.

(5) Majid Rahnema, "De l’Homo oeconomicus au développement et à l’aide : histoire d’un autre sida", in Gilbert Rist, Le Nord perdu. Repères pour l’après-développement, Lausanne, Editions d’En bas, 1992, p. 122-123.

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 00:14

http://img.src.ca/2010/06/29/480x270/AFP_100629rdc_congo_mine_8.jpgEn ces temps de fausses bonnes déclarations, une petite relecture de Samir AMIN peut aider.

 

Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ont été adoptés dans une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies (intitulée « Déclaration du Millénaire») en date de septembre 2000, par acclamations. Cette innovation procédurale, dite de « consensus », tranche avec la tradition de l'ONU qui exigeait une préparation sérieuse des textes de ce genre, longuement discutés en commissions. Elle témoigne donc simplement d’un changement des rapports de force internationaux, permettant l’hégémonisme des Etats-Unis et de leurs alliés européens et japonais sur une ONU domestiquée. Ces Objectifs du Millénaire avaient d’ailleurs été rédigés par Ted Gordon, consultant connu de la CIA…

 

L'examen critique des OMD et des moyens qu'exigerait leur mise en oeuvre conduit à la conclusion que les OMD constituent une litanie de voeux pieux accompagnés de conditions qui annihilent largement la possibilité qu'ils deviennent réalité. Pire, à l'analyse des faits et des logiques sous-jacentes, ils apparaissent comme de la poudre aux yeux jetée pour faire accepter les impératifs du libéralisme au service des intérêts du capital mondialisé dominant. Les objectifs prioritaires réels sont:

1. la privatisation à outrance, destinée à ouvrir des champs nouveaux à l'expansion du capital;

2. la généralisation de l'appropriation privative du sol agraire;

3. l'ouverture du commerce et des mouvements de capitaux dans un cadre de dérégulation maximale;

4. l'interdiction de principe faite aux États de s'immiscer dans la vie économique.

 

En contrepoint, la restauration d'une marge d'autonomie des États, la reconnaissance de la légitimité de leur intervention (définition même de la démocratie), dans une perspective multipolaire, sont les conditions nécessaires incontournables pour que les objectifs sociaux proclamés par les OMD puissent être atteints.

 

Par Samir AMIN pour le CETRI, alternatives sud, volume XIII, 2006/1 : Objectifs du millénaire pour le développement.

 

Et tant que nous sommes dans les bonnes farces, en voici 2 autres aussi bonnes et croustillantes que la fameuse (fumeuse) élection d’Obama prix Nobel de la paix :

1. Yves LETERME correspondant Belge à l’ONU pour les Objectifs du millénaire pour le Développement. C’est dire si le « gouvernement » Belge se préoccupe fort de ces objectifs du millénaire ! Son objectif premier est nombriliste, une grande constante de nos jours. Et pour être encore plus ridicule que jamais, elle envoie son schtroumf favori à l’ONU.

 

2. Le Rwanda à été choisi comme exemple pour les OMD ?!

Oui, en effet, en terme purement comptable et économique, le Rwanda est un exemple : trottoirs clean, exempt de haillons, sillonnés de costars cravates, grandes vitrines commerciales, buildings à tous les coins de rues, villas somptueuses en périphérie, etc.

Sûr, le Kigali d’il y a 10 ans est méconnaissable. Méconnaissable pas seulement pour la capitale moderne et bien achalandée qu’elle est devenue mais aussi parce que les gens ne parlent plus français mais anglais (contraints et forcés). Méconnaissable aussi par l’absence de mendiants, de déchets, de bidonvilles, d'artisants, de petites échopes le long des routes. Méconnaissable enfin par le constant climat de délation et de peur qui y règne. « Le problème au Rwanda, c’est la peur » un article qui brosse une image un peu plus objective de « l’exemple Rwandais ». Article dans lequel on pourra également lire qu'une très grande partie des richesses du Rwanda sont issues de l'exploitation minière illégale dans l'Est de la RDC.

Lire aussi: CONGO, NORD-KIVU, GOMA: Chine vs USA?

 

 

J'entends la tempête. On me parle de progrès, de "réalisations", de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes.
Évidement
 


Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, des cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées.

On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer.

Moi, je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont en train de creuser à la main le port d'Abidjan. Je parle de millions d'hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse.

Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme.

On m'en donne plein la vue de tonnage de coton ou de cacao exporté, d'hectares d'oliviers ou de vignes plantés.

Moi, je parle d'économies naturelles, d'économies harmonieuses et viables, d'économies à la mesure de l'homme indigène désorganisées, de cultures vivrières détruites, de sous-alimentation installée, de développement agricole orienté selon le seul bénéfice des métropoles, de rafles de produits, de rafles de matières premières.

 

Discours d'Aimé CÉSAIRE sur la mondialisation, euh non, la colonisation...

 

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 11:43

 

Un être humain est constitué à 70% d´eau. Il lui faut refaire le plein sans cesse sinon c´est la mort au bout de 3 jours. C´est pourquoi l´eau, nourriture de base indispensable, a toujours été un bien public, géré publiquement. Jusqu´à aujourd´hui l´approvisionnement en eau dans le monde entier, est à 80% encore public. L´eau potable et l´assainissement sont toujours un monopole local. Nulle part au monde ne circulent dans les mêmes tuyaux, des eaux distinctes, de fournisseurs concurrents. Un marché est impensable. Qui privatise malgré tout ce service vital, remplace un monopole public par un monopole privé.


Pourtant c´est exactement ce qui se passe actuellement, partout dans le monde, au nom de la concurrence et du marché, lorsque des multinationales de l´eau comme Veolia et Suez, frappent à la porte de communes à court d´argent. Veolia, multinationale  née en 2003, à la suite du plus important crash financier de l´histoire en  France, celui de Vivendi Universal, - Veolia donc est présente dans au moins 69 pays sur les cinq continents et en cela le Nr.1 incontesté de la gestion privée de l´eau. En Allemagne, la multinationale française a réussi, par des participations dans les services des eaux de plus de 450 communes, à prendre la première place dans l´approvisionnement  en eau potable et le traitement des eaux usées. Les multinationales françaises annoncent tous les jours de nouvelles conquêtes. Ils promettent l´efficacité, des financements avantageux et le développement durable. Cependant, chez eux, en France, on leur fait de moins en moins confiance….


Le « modèle français »

 

C´est précisément là où Veolia et Suez fournissent l´eau de 8 citoyens sur 10, que de nombreuses communes veulent se débarrasser des deux entreprises, l´opacité, la mauvaise qualité de l´eau, une augmentation continue des prix et l´abus de leur situation de monopole, voilà les reproches qu´on leur fait. Les communes ont du mal à contrôler si les prix facturés correspondent bien au travail effectué. Est-ce que les milliards de redevances payés pour la réparation des tuyaux ont bien été utilisés à cet effet ?  L´argent de l´eau des communes françaises n´a-t-il pas financé l´expansion mondiale de Suez et de Veolia ?

À Paris, au cœur de leur  pouvoir, les géants de l´eau ont déjà une plaie dangereuse. La capitale et plus de cent communes françaises ont décidé de reprendre le contrôle de ce service vital. À la fin de cette année Veolia et Suez devront faire leurs valises à Paris. La gestion de l´eau redeviendra communale.


Un film « citoyen »

 

Le film « Water Makes Money » veut informer sur cette évolution actuelle. Il veut montrer les leçons que Paris et d´autres communes françaises ont tiré de la domination de Veolia & Co et comment elles réussissent à reprendre l´eau en régie publique. Des exemples européens et américains complètent le film qui deviendra ainsi un cas d´école pour le monde entier. «Water Makes Money » donnera du courage: l´eau aux mains des citoyens/citoyennes c´est possible !!

« Water makes money » sera un film « citoyen » financé par ceux qui veulent le voir, le montrer, qui ont besoin de cette aide pour mieux comprendre.


La constante progression de la privatisation de l´eau, indispensable à notre vie, n´est pas inévitable. Il est important de transmettre l´information, par exemple par l´image qui bouge et parle.

 

 

Les derniers films de Leslie Franke et Herdolor Lorenz « Eau : service public à vendre » et « Bahn unterm Hammer » (film sur les intentions de privatisation de la DB allemande) ont montré des milliers de fois, l´efficacité qu´un tel film peut avoir pour la prise de conscience.

Contribuez à ce que ce film fasse école.


A consulter :

LES EAUX GLACEES DU CALCUL EGOÏSTE, un site bien documenté centré sur le sujet.

 

L’Eau, bien commun public, Alternatives à la « pétrolisation » de l’eau

Disponibilité en eau dans le monde

Pour un contrat mondial de l’eau

 

« Au fil de l’eau, pourrait-on dire, l’humanité s’est établie sur terre. Du moins une grande part. Il lui reste à retrouver et à écouter cette partie d’elle-même, écrasée sous le poids du mépris que génère la loi du plus fort et celle du marché. » L’eau, un bien commun ?

 

« En repensant aux eaux qui ont coulé dans les villes, nous pouvons mesurer combien elles sont importantes pour les rêves. C’est seulement là où les rêves se sont reflétés dans les eaux des communaux que les cités ont pu se tisser de leur propre matière. Seules les eaux animées de nymphes et de remémorations ont le pouvoir de fondre ensemble la face archétypale et la face historique des rêves. H20 est d’une autre sorte. H20 est un liquide qui a été dépouillé à la fois de son message cosmique et de son genius loci. Elle est opaque aux rêves. L’eau de la ville a dévoyé les communaux du rêve. ». Ivan Illich, mai 1984. H2O et les eaux de l’oubli

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 13:31

http://emmapom.com/blog/wp-content/uploads/2011/06/optimum-Lietaer.jpgLes réponses pour changer la donne doivent aller dans le sens opposé à la tendance actuelle : concentration, uniformisation et spécialisation. Féru d’efficacité et de rentabilité, « homo-economicus » concentre, fusionne, agrège. C’est ainsi que collusion, oligopoles et accords tacites prennent bien plus le pas sur la prétendue « concurrence libre et non faussée »

 

 

Diversification et relocalisation se feront au détriment d'une certaine rentabilité unilatérale. Elles se feront au détriment de la sacro-sainte croissance mais seront salutaires. Elles s’inscrivent dans le vaste et difficile programme d’émancipation de l’homme, dans le respect et l'écoute de soi, de l'autre, des autres, de la terre et du cosmos. Graines de consciences, elles sont à la base du 5ème « pouvoir ». Un pouvoir exercé par tous et pour tous. Indicible et transcendantal, Internet est aujourd’hui son média, une certaine conscience universelle est sa voie. Cela tout en nuance, humblement et par tâtonnement puisque bien et mal sont abstrait et que l'un n'existerait pas sans l'autre.


 Résilience vs Efficacité

Comme le démontre Bernard LIETAER s’inspirant des travaux de Robert ULANOWICZ sur l’étude des écosystèmes et leur résilience(1), un système est d’autant plus stable et durable qu’il respecte un parfait équilibre entre diversité et efficacité. Une affirmation basée sur l’étude des écosystèmes mais qui est généralisable à tout type de système : énergétique, biologique, mécanique, économique ou monétaire. Depuis plus de 30 ans dans les systèmes monétaires, Bernard LIETAER recommande donc la mise en place d’un panel de monnaies complémentaires(2) pour éviter le risque de concentration et pour une efficacité maximale. Bernard dit des monnaies conventionnelles qu’elles sont beaucoup trop Yang (masculines) et qu’il faudrait des monnaies plus Ying (féminines) pour contrecarrer cette indéfectible tendance machiste d’efficacité et de domination du monde. Efficacité toute relative selon le point de vue : Nord-Sud, Occident-Orient, Masculin-Féminin, Tradition-Modernité. Bernard LIETAER et Patrick VIVERET sont à l’origine du SOL, une expérimentation de monnaie complémentaire financée entre autre par l’Union Européenne.  Présent déjà dans 8 régions françaises, le projet SOL a débuté en 2005. Avec la crise, il fait de plus en plus d’émules… Qu’attendent les médias et eurocrates pour en parler avec autant de verve et passion que le port du voile, la pratique du foot ou les excentricités du monde people ?

 

Alternatives Economiques: Face à la crise, des monnaies régionales - Bernard LIETAER

 

Politique vs Economique

Si le politique ne se réapproprie pas la monnaie, il restera toujours la chose de l’économique ou, plus précisément, des marchés et des grands détenteurs de capitaux. Car il ne faut pas confondre économie et capitalisme ! L’économie de (ou avec) marché n’est pas indissociable du capitalisme. C’est ce que la pensée néolibérale dominante essaye de nous bourrer dans le crâne. « Ceux qui veulent confondre économie de marché et capitalisme sont ceux qui trouvent évident (le plus souvent sans même y avoir réfléchi) que la terre, la monnaie et le travail sont des marchandises qui peuvent donner lieu à des transactions marchandes » nous dit Christian ARNSPERGER sur son blog(3). Le troc, le don et le contre don ou les échanges en coquillages, plumes ou cigarettes n’impliquent pas forcément accumulation du capital.

 

La monnaie, vecteur d’échange, ne peut en aucun cas être au service de ses plus grands détenteurs au détriment du bien commun. L’intérêt monétaire n’est-il pas une forme d’impôt obligatoire du créancier (privé) sur le débiteur ? Selon une étude réalisée en Allemagne, l’ensemble des prix hors taxe des biens et services échangés sur le marché sont en moyenne majoré de 30 à 40% d’intérêts à rembourser aux créanciers, aux détenteurs de capitaux(4). Si la monnaie était publique, les Etats n’auraient pas à s’endetter auprès des banques. Les Etats n’auraient pas à se financer par l’impôt aux contribuables (public) pour rembourser des intérêts aux capitalistes (privé)(5). La monnaie doit être publique et démocratique (gérée par tous et pour tous) par essence.

 

Main visible ou invisible ?

Quant à savoir s’il faut confier la monnaie à des banquiers mandatés par une caste avide de profits ou des politiques avides de pouvoir, AJ HOLBECQ et P DERUDDER répondent en page 38 de leur livre Les 10 plus gros mensonges sur l’économie : « Il semble bien que dans ce cas, ce soit bonnet blanc et blanc bonnet. Mais il n’en demeure pas moins que l’argent, doit être considéré comme le sang du corps de l’humanité dont la gouvernance ne doit relever que de la tête et non de l’un de ses organes. Le destin des peuples devrait être conditionné par ses choix politiques, au sens noble du terme, et non dicté par le commerce ou la finance. La question ne devrait même pas se poser ! Pourtant, c’est bien ce dernier cas de figure qui préside actuellement, de sorte que la marge de manœuvre de nos gouvernements est restreinte à ce que leur autorisent ceux qui tiennent les cordons de la bourse. »(6)

 

L’insidieuse crainte ploutocrate du risque de défaillance du politique pourrait trouver réponse dans la proposition de réforme monétaire de James ROBERTSON consistant à faire du pouvoir monétaire la quatrième branche de séparation des pouvoirs - fondement de l’Etat de droit - aux côtés de l’exécutif, du législatif et du judiciaire(7).

 

Par le Haut ou par le Bas ?

Pour « dé-concentrer » ou démocratiser la monnaie il existe deux voies possibles : par le haut, la voie institutionnelle et politique ; ou par le bas, la voie citoyenne et engagée. Comme le précise Bernard LIETAER, rien n’empêche d’emprunter les deux voies en même temps. Le cas du SOL comme voie de sortie par le haut est un bon exemple mais celui de la Grèce prouve que l’Europe reste prisonnière de ses dogmes et de son traité de ploutocratie(8). L’explosion de Système d’Echanges Locaux (SEL), sorte de troc moderne multilatéral grâce à un système comptable, un peu partout en Europe est un bon exemple de voie de sortie par le bas. Un autre exemple qui fera probablement partie de notre quotidien d’ici peu est l’arrivée des monnaies libres ou open money promues par Jean-François NOUBEL et Michael LINTON(9). Grace à Internet, tout un chacun pourrait être en mesure de créer sa propre monnaie pour réaliser tel ou tel échange selon telle ou telle modalité, convention, conception.

 

"Le Futur de l'Argent" - Conférence à Mexico - Jean-François NOUBEL

 

Ce foisonnement d’initiatives monétaires, n’est-il pas un gage de démocratie ? Il n’y a pas si longtemps, nous prenions pour fou ceux qui disaient que bientôt tout le monde serait en mesure de publier quelque chose qui serait lu par des milliers de gens. Aujourd’hui, les blogs, sites personnels, réseaux d’échanges et de communication sont légions. Bien-sûr ils sont souvent inféodés au pouvoir de l’argent comme le démontrait l’article sur la concentration des médias traditionnels mais il n’en reste pas moins qu’Internet est aujourd’hui la seule source d’information qui permette un semblant de transparence démocratique.

 

Démocratiser la monnaie

Ainsi l’avènement des monnaies libres permettrait de s’affranchir de la chape monétaire ploutocrate (Euro, Yuan, Dollar, Rouble). Les monnaies libres type NOUBEL(10) et les monnaies régionales type LIETAER(11) sont en quelque sorte, un pari démocratique(12). Selon l’esprit et l’organisation des personnes qui supportent ces monnaies, certaines disparaitront, d’autres prendront de l’ampleur. Si l’esprit est le profit, on tendra vers un système type « capitaliste », si l’esprit est l’éthique, le durable, le souci des autres et du prochain, on tendra vers un système qui se voudra plus distributif et égalitaire. Le problème actuel c’est que le système et les règles en vigueur ne permettent aucune marge de manœuvre. Comme le dit Jean-François NOUBEL, « si vous faites jouer les 10 plus grands sage de la planète au Monopoly, il y aura toujours un gagnant et un perdant ».

 

L’option de sortie par le bas à la LIETAER – NOUBEL n’a rien de farfelu puisqu’en Suisse une monnaie business appelée WIR existe depuis 1934, en Allemagne le Chiemgauer existe depuis 2003 et bien d’autres monnaies régionales prennent cours. En Suède, la banque JAK existe depuis 1970, elle prête de l’argent en réclamant des intérêts nuls ou dérisoires. Constatons que deux de ces initiatives les plus souvent citées (WIR et JAK) sont nées dans deux pays qui ne font pas partie de la zone Euro. Au Royaume-Uni le parti travailliste projette la création d’une véritable banque postale à l’image de la KiwiBank en Nouvelle Zélande(13). En Belgique, certains proposent la création d’une FritiBank également à l’image de la KiwiBank. En Italie il y a le SCEC et la banca del tempo. Un peu partout en Europe et ailleurs il y a les SEL (Système d’Echange Local) ou LETS (Local Exchange and Trade System), etc. etc. Bref, de plus en plus de monnaies alternatives qui tentent de combler les défaillances du système officiel dominant : chômage, crise, inflation, spéculation, concentration.
 

Chiemgauer.jpgDe par le monde, il y aurait pas moins de 5000 expériences de monnaies alternatives / plurielles / locales / régionales / complémentaires / sociales : le Saber au Brésil, le Trueque en Argentine, l’Ithaca-Hours aux Etats-Unis, les LETS au Canada et les WAT, Fureai Kippu, Dandan, Yufu au Japon. Le Japon est le maître incontesté en la matière puisqu’il connait la crise depuis 1990. Voir aussi la carte mondiale des Systèmes d’Echange Locaux.

 

Pour illustrer l’importance et la force de ces initiatives, voici une brève explication du Fureai Kippu au Japon. « Au Japon les "Fureai Kippu" apportent un début de réponse à la crise du vieillissement démographique. Leur principe ? Un jeune fait des courses, prépare la cuisine et fait prendre son bain à une personne âgée à la motricité réduite. Pour ce service, ce jeune perçoit des "tickets de soin" ou Fureai Kippu, qu’il dépose sur un compte. S’il tombe malade, il peut utiliser ces tickets pour payer une aide à domicile. Il peut aussi faire un transfert électronique sur le compte de sa mère, à l’autre bout du pays, afin que celle-ci puisse s’offrir une aide à domicile. L’intérêt : les personnes âgées peuvent demeurer chez elles, plutôt que vivre dans des maisons de retraite déprimantes et qui plombent les finances publiques »(14)

 

Les 3 grandes caractéristiques des monnaies sociales(15)

Ces monnaies alternatives, se distinguent des monnaies officielles par 3 principales caractéristiques.

1) Elles sont ancrées dans le local de manière à privilégier les transactions locales et l’usage local de revenus tirés d’une production ou d’un service local. La monnaie est ainsi représentative d’un terroir, d’une communauté, d’une spécificité territoriale ou communautaire. Ainsi ancrée, elle est aussi un gage de transparence et d’investissement démocratique. Chaque membre de la communauté est potentiellement responsable de la monnaie et de son usage. Il en est responsable dans son fonctionnement interne et dans ses applications externes. Ces monnaies sont donc un formidable outil d’expérimentation démocratique par une forme d’obligation communautaire d’investissement et de responsabilité vis-à-vis de la société civile.

2) L’objectif premier est de dynamiser les échanges. Elles refusent l’accumulation fondement du capitalisme et de nos pulsions les plus profondes. Elles sont donc intrinsèquement conçues pour empêcher la thésaurisation, la concentration ou la conservation de richesses. L’argent n’est donc plus rémunéré quand on le stocke mais il perd de sa valeur. C’est la cas des monnaies fondantes remise au goût du jour par Silvio GESSEL(16) et que nous aborderons un peu plus bas.

3) Elles cherchent à transformer les pratiques et représentations de l’échange. C’est en cela que ces monnaies méritent bien plus le nom de monnaies sociales que tout autre nom. Ces monnaies sociales affectent en effet le statut des échangistes et la relation entre eux. Elles affectent aussi les règles marchandes. Pour le statut, le concept clé à retenir est celui de « prosommateur » ou l’individu, à la fois producteur et consommateur, est responsabilisé et peut valoriser une certaine vocation escamotée par le statut de salarié. La relation entre échangistes cherche à aller au-delà du vulgaire calcul propre à l’échange. La monnaie se veut ici promotrice de liens interpersonnels, de contacts. Concernant les règles marchandes il y a volonté de s’éloigner de la stricte logique marchande en tentant par exemple des modalités de fixation des prix dépourvues du principe d’économie d’échelle, des avantages comparatifs et d’agrégation (effet Pareto).

 

http://www.chateau-saintmesmin.fr/attachments/Image/A_frappe_de_monnaie.jpg

 

Une monnaie non marchande

Pour que la monnaie reste socialement admise comme norme extérieure, elle ne pourra également jamais être considérée comme un bien marchand(17). Seul un système purement comptable de crédit mutuel dans lequel le solde global des comptes des adhérents est toujours nul permet d’éviter la marchandisation de l’argent. Dans le cas des SEL ou de tout système fondé sur une comptabilité pure, seul l’échange provoque un flux comptable d’un compte vers un autre (compte crédité quand on « donne », débité quand on « reçoit »). Il n’y a pas d’intérêts, crédit et débit vont de pair, ils sont gratuits et automatiques dès qu’il y a échange. La monnaie ne préexiste donc pas à l’échange mais lui est consubstantielle (inséparable) (15). Inflation et accumulation capitaliste de richesses (argent qui travaille à notre place) sont étrangères à ce type de fonctionnement. Ce système de comptabilité pure n’est-il pas un bon catalyseur d’égalité, de partage et de démocratie ? Avec les progrès des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) rien - hormis la force du pouvoir en place, la peur et l’endoctrinement monétaire - ne s’oppose à la mise en place d’un tel système comptable à échelle locale, régionale ou même nationale et internationale. Le seul argument réfractaire recevable serait celui des contraintes matérielles ou éthiques. Existe-t-il suffisamment de ressources et d’énergies pour étendre l’usage des TIC au monde entier ? Cette volonté ne serait-elle pas l’exemple paroxystique d’un orgueil totalitaire technoscientifique à la mode occidentale ? Enfin, rien ne garantit les possibles dérives dans le domaine technologique. Sans réel travail personnel d’autocritique et technique de contrôle communautaire, un petit malin pourra toujours trouver le moyen de s’allouer du crédit sans débit chez un tiers au nez et à la barbe de la communauté… C’est justement ici que se situe tout l’enjeu des monnaies sociales : trouver des techniques d’autocontrôle, de transparence et de gouvernance tournante de manière à permettre l’expression saine et harmonieuse du principe démocratique. Les monnaies (re)trouveraient alors leur titre de noblesse en (ré)intégrant la sphère démocratique(18).

 

Une monnaie fondante

Si la monnaie est matériellement émise, le remède actuellement connu pour contrecarrer l’inhérent effet Pareto est celui des monnaies fondantes. Partant du principe que l’argent doit circuler plutôt qu’être stocké, Silvio GESSEL inverse la vapeur en proposant la suppression de la rémunération de l’argent immobilisé et la mise en place d’une taxe à la circulation. Il s’agit en quelque sorte d’un intérêt négatif. Cet intérêt négatif prend la forme de timbres payant (taxe à la circulation) à apposer régulièrement au verso des billets pour éviter qu’ils ne perdent leur valeur. Comme une sorte de chaise musicale, tout le monde fait tourner le billet aussi vite que possible en espérant que la musique (le temps qui passe) ne s’arrête pas (fin du mois par exemple) au moment où l’on s’en sert. Sans quoi, la personne détentrice du billet se verra dans l’obligation de payer la taxe en y apposant un timbre dont la valeur peut osciller entre 2 et 5% de la valeur du billet.

 

Une fois un billet taxé un certain nombre de fois (12 fois après 1 an si taxation mensuelle) il est alors retiré de la circulation et d’autres billets sont alors émis au prorata des besoins économiques parfaitement quantifiable par une comptabilité régionale ou nationale.

 

L’argent stocké en bon père de famille en vue d’un investissement futur ne sera pas frappé d’un intérêt négatif mais ne sera pas rémunéré non plus comme c’est le cas aujourd’hui. La somme restera figée et pourra éventuellement perdre un peu de sa valeur suite à une inflation « naturelle » - pression démographique, raréfaction des ressources, offre peu réactive (de plus en plus rare de nos jours sauf dans le cas de l’immobilier par exemple) - et pas une inflation gonflée artificiellement par l’exigence de rentabilité sur capital. Il faut en effet rappeler que l’intérêt bancaire consomme chaque année près de 40% du PIB national. Cette ponction annelle contribue largement à l’inflation au seul bénéfice des capitalistes, des rentiers, des détenteurs de fonds.

Ceci dit, une érosion lente de ce à quoi nous attachons de la valeur n’est-elle pas dans l’ordre des choses ? Même les pyramides, les grandes œuvres d’art ou l’or se dégradent dans le temps, alors pourquoi pas la monnaie, vecteur de nos échanges et communément admise comme équivalent universel ? Cette non dégradation monétaire est tout à fait symptomatique d’un humain désemparé face à la mort, à la perte et à l’évanescent.

 

La pratique du taux d’intérêt négatif ou « demurrage » existait déjà au Moyen-âge et permettait la réalisation d’édifices nécessitant souvent plus d’une génération pour les construire. Ce genre de vision à long terme est totalement incompatible avec une monnaie à intérêt positif qui privilégie la thésaurisation et la fuite de capitaux au détriment de l’investissement local.

 

Sortir de l’économie

Ces détails techniques d’aboutissement d’une telle monnaie dépendent avant tout du degré de conscience de ceux qui l’utilisent. Une telle monnaie n’est qu’un pari, un succédané de confiance dans la vie et les autres… In fine, elle ne devrait même plus être nécessaire. Nous sortirions, enfin, de l’économie…

 

Nous sommes bien conscients que c’est l’homme qui est à l’origine du système aussi abouti qu’aliénant et destructeur que nous connaissons aujourd’hui. Le dire, ne signifie pas uniquement que la nature humaine est mauvaise mais qu’elle est aussi capable d’introspection et de dépassement. C’est, à mon sens, la caractéristique principale du genre humain… Monnaie et économie font partie de l’apprentissage.

 

Réapproprions nous la monnaie et tâchons de la gérer collectivement tout en restant parfaitement lucide et critique sur les causes profondes du bourbier actuel. C’est ce que Christian ARNSPERGER appelle, « le militantisme existentiel »(19) : l’observance d’une vigilance/réflexion/méditation de tout instant déjouant les tentaculaires appropriations capitalistes aussi bien individuelles que collectives. Ne passons pas simplement d’un capitalisme gris à un capitalisme vert ou « social ». Ce dernier n’est qu’un avatar plus destructeur que le premier puisque affublé de vertus « socio éco environnementaliste ». La logique interne ne change pas (profit individuel), seule l’application externe change (grand projet "verts": fermes verticales, éco-buildings, OGM, Nucléaire, nanotechnologies, etc.).

 

« Une pute d’apparat, une grue en drap d’argent,

dont la traîne est portée,

et l’âme traînée dans la fange »

THOREAU, La désobéissance civile, p.17

 


(4) Helmut CREUTZ cité par Margrit KENNEDY, If money rules the world

– who rules money ?, p2

(5) André Jacques HOLBECQ, Philippe DERUDDER, La Dette Publique, Appel à mobilisation citoyenne, www.public-debt.org 

(6) André Jacques HOLBECQ, Philippe DERUDDER, Les 10 plus gros mensonges sur l’économie, p38.

(9) Terra economica N°40 - 09/12/2004 - Par ici, la monnaie !, www.selidaire.org

(14) Terra economica N°40 - 09/12/2004 - Par ici, la monnaie !, www.selidaire.org

(17) AGLIETTA, ORLEAN, Qu’est-ce que la richesse ?

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 21:14

http://jeanzin.fr/public/images/2010/.desir_s.jpgLe blog de Jean ZIN. Un autre blog haut de gamme à lire et à découvrir… quand vous avez l’esprit clair et du temps !

Petit extrait du formidable article Le désir plus que la vie

 

Si la réalisation de la philosophie peut avoir un sens, ce ne peut être de nous promettre un monde idéal, celui dont parlent les religions (le Ciel sur la Terre), sans plus de désirs ni de folies. La philosophie n'est pas là pour raconter des sornettes mais, tout au contraire, pour nous dépouiller de nos préjugés et de nos illusions afin de nous ouvrir à l'histoire, au devenir, à l'inconnu. C'est bien en politique et en démocratie que le précepte "connais-toi toi-même" est si important. Il faudrait tout de même tenir compte de l'anthropologie la plus sommaire pour ne pas vouloir nous forger un homme nouveau trop unilatéral, que ce soit l'homo oeconomicus ou l'homo sovieticus ou l'homo numericus, le cyborg, etc. Il faudrait tenir compte un peu plus de la sociologie, de la psychologie, de la psychanalyse, de notre rationalité limitée, de notre diversité, de nos contradictions et de l'indécidable pour ne pas nous idéaliser dangereusement ni nous figer dans une identité factice mais prendre la mesure des difficultés à surmonter pour une démocratie qui ne soit pas du semblant.


Depuis son origine, la philosophie a partie liée avec la démocratie et la dénonciation de la démagogie qui est sa pathologie, le règne de la communication et du verbiage des sophistes. La philosophie et les sciences se sont constituées par le rejet du dogmatisme (étatique) comme du scepticisme (libéral), ce qui en fait des savoirs en progrès, savoir qui connaît sa propre ignorance sans vouloir s'en satisfaire. De même, politiquement, la voie est étroite, entre activisme et renoncement, enthousiasme imbécile et dépression mortifère. Si l'on ne veut pas servir à rien, il faut se situer dans le courant pour s'y opposer ou le dévier en fonction des forces en présence. Il ne s'agit certainement pas de réaliser nos désirs en politique (surtout pas le désir d'être président ou ministre!) mais de réduire les inégalités, combattre les injustices, conquérir de nouvelles libertés, continuer le combat de nos pères. Il s'agit de se situer dans une "tradition révolutionnaire", au nom de la raison et de l'amour de la vérité plus que de nos désirs les plus fous, afin de participer à l'histoire en train de se faire. Il n'y a qu'une seule voie pour cela, la voix publique, celle du récit collectif qui doit rendre compte des faits, des droits effectifs plus que des valeurs.


Il est crucial de bien comprendre quelle est notre marge de manoeuvre pour ne pas être réduits à l'impuissance par des ambitions délirantes un peu trop répandues comme de vouloir changer les gens (ce qui pour beaucoup est le seul objectif politique qui vaille). On attribue un peu facilement les malheurs du temps à la force des puissants, si ce n'est à leur méchanceté. On suppose des complots ou quelque force obscure. Le retournement qu'il faut opérer, c'est de considérer que notre faiblesse vient surtout de n'avoir rien d'autre à y opposer de consistant, du moins d'être incapables de nous entendre sur les solutions. Il ne sert à rien de vouloir mobiliser les désirs ou changer notre imaginaire. Notre désir ici n'a pas son mot à dire quand on doit construire un projet collectif. C'est le caractère irréaliste, inadapté ou catégoriel des revendications qui les déconsidère, pas la propagande ennemi. Notamment, en rester au quantitatif, c'est donner le pouvoir à la finance qui sur ce plan est imbattable. Ceux qui s'imaginent que la solution est évidente et connue de tous sont obligés de croire que ce sont les médias qui nous tiennent en leur pouvoir pour nous empêcher de voir la réalité mais c'est plus grave car la contestation elle-même est complétement en dehors de la réalité. En fait, malgré la foi des militants, ce qui ne se réalisera pas, c'est presque toujours ce qui n'est pas possible ou du moins pas durable mais qui souvent n'est pas si désirable que ça non plus, bien qu'ils en soient si persuadés. Il faut faire avec une réalité complexe et multiple. Ce sont nos finalités qu'il faut adapter précisément à la situation, à la richesse des possibles. On n'a que faire de fantaisies arbitraires ni de grands principes. La question politique est avant tout cognitive face à la rupture anthropologique de l'ère de l'information, de l'écologie et du développement humain. S'il y avait vraiment une alternative crédible et l'union des travailleurs, ces puissances souveraines qui nous semblent si invincibles ne tiendraient pas un instant, mais pour cela il faudrait au préalable en rabattre un peu sur nos prétentions trop idéales, pour obtenir beaucoup plus pratiquement !


L'analyse des potentialités effectives ne va pas de soi, c'est l'objet du débat politique mais qui exige de toutes façons un travail d'enquête et d'information sur les conditions concrètes des pratiques concernées. On ne peut se payer de mots, parler de valeurs, d'idées, d'absolus. C'est justement à cause de l'irrationalité du désir et de nos penchants pour l'utopie qu'il faudrait exclure du débat public tout ce qui vise une perfection qui n'a plus rien d'humaine. Aristote n'a pas été au bout de son opposition à Platon sur ce point mais c'est incontestablement l'idée d'un Bien suprême qui est contradictoire avec ce que nous sommes, avec la vie elle-même qui n'est pas sans la mort qui l'accompagne, avec l'histoire qui avance par son mauvais côté, avec l'information et l'évolution qui ne sont concevables hors d'un monde incertain. Le seul bien, c'est l'activité elle-même et donc le désir. Non seulement la vérité n'est pas donnée et doit être conquise sur l'erreur et les préjugés, non seulement elle ne peut éliminer toute illusion, mais elle reste toujours incertaine, provisoire, imparfaite, in-finie, à suivre. Il faudra bien l'admettre pour regarder la réalité en face et reprendre l'initiative. D'une certaine façon, les libéraux, eux, l'ont bien compris, sauf qu'ils ont tort de prétendre qu'on ne saurait rien, sous prétexte qu'on ne sait pas tout, et que, dès lors, on ne pourrait rien faire que s'occuper de ses petits intérêts, comme si l'amour n'existait pas et la simple solidarité humaine, comme si nous n'avions pas en charge notre destin commun, comme si le langage et le sens n'étaient pas communs tout comme les techniques, le système de production, l'espace public, etc.


On peut dire que l'amour, invoqué un peu lourdement par d'autres, manifeste ouvertement pourtant toutes nos contradictions, non pas l'amour rêvé et bienveillant mais l'amour réel ou plutôt leur opposition même. Vouloir que tout le monde s'aime, comme on le répète un peu béatement, c'est à l'évidence contradictoire. Qui donc serait prêt à se satisfaire d'un amour de principe ? Pire, c'est bien souvent l'amour la cause de l'égoïsme et de l'agressivité, quand il ne tourne pas à la haine. Plus généralement, les relations humaines sont inadéquates. Alors qu'on vise son désir, il n'y a pas moyen de ne pas être pris pour objet par l'autre, lui appartenir de quelque façon, subir sa pression. La domination est dans le langage qui nous poursuit de ses injonctions. Le malentendu est la règle. Cela n'empêche pas l'amour, sinon nous ne serions pas là, mais tout cela ne tient ordinairement que par convention. Comme disait Lacan, ce qui fait tenir les relations humaines, ce n'est pas d'y penser. On ne peut toujours s'en abstenir, hélas, question de sensibilité plus ou moins maladive...


Lire aussi:

Retour sur les religions

 

Relocalisation mode d’emploi

 

La nature et la vie

 

Dès lors qu'on vise son désir, il n'y a pas moyen de ne pas être pris pour objet par l'autre

Lire le texte Le désir comme désir de l'Autre également référencé dans les liens A lire de ce blog.

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 11:09

Un article du blog d’Agnès Maillard, à découvrir, à lire, à méditer. Rare sont les écrits d’une telle qualité sur la toile. Place donc à Agnès Maillard alias Le Monolecte :

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Ils sont tellement domestiqués que le jour où leur chaîne virtuelle se distend, ils n'arrivent même pas à faire un pas de côté, ils ne pensent même pas à explorer cette parcelle de liberté inattendue tombée du ciel, ils ne parviennent qu'à maudire leur sort, à chercher des lampistes sur lesquels défouler leur angoisse et ne rêvent que du sempiternel retour à la normale. Eux, ce sont les maîtres du monde, les élites du système, concentrés à jouer à saute-mouton d'un continent à l'autre, drapés de leur propre importance, convaincus que sans eux, le monde, leur monde en fait, s'écroulerait dans la minute. Eux, ce sont les naufragés du ciel, éparpillés dans tous les aéroports du monde, les sens paralysés par les derniers couinements de l'Iphone ou du Blackberry, coupé de sa base d'alimentation habituelle. Eux, c'est l'élite internationale et cosmopolite de ceux qui font le monde tel qu'il est et qui martèlent sans cesse qu'il n'est pas possible d'en changer. Parce que c'est le seul monde qu'ils connaissent, parce qu'ils n'ont aucune imagination, ni aucun sens du réel. Eux, c'est Daniel Mermet qui les décrit, goguenard, amusé, coincé à Tokyo dans un terminal aéroportuaire en train de se transformer en jungle de Calais par la grâce d'un lointain, très lointain volcan islandais.

En quelques heures, tout le système s'est grippé. En quelques heures, il a bien fallu s'adapter à un monde sans avions et brusquement, il est apparu que nombreux étaient ceux qui pouvaient s'en passer. Comme les ministres européens qui découvrent subitement les joies de la téléconférence avant de probablement se mettre à préférer le train. À l'heure où le réchauffement climatique est une préoccupation internationale, où l'on explique à longueur de temps aux citoyens que le choc pétrolier va engendrer le chaos, ceux qui nous gouvernent n'ont de cesse de se réunir, de se retrouver, de se croiser, de se renifler, empruntant sans cesse le moyen de transport le plus polluant du monde, contraints, disent-ils, par la nécessité de leur charge, par le fait qu'ils sont irremplaçables, partout, tout le temps. Jusqu'à ce que les faits, têtus, viennent les contredire.

Parce que vu du sol, un monde sans avions, c'est plutôt sympathique, vu de nos pieds de rampants assignés à résidence par des contingences économiques soi-disant indépassables, le souffle du volcan balaie bien des automatismes, bien des renoncements, et éclaire un horizon sans traces. Pour la grande majorité d'entre nous, la paralysie de l'espace aérien, c'est le chef de service qui va rester bloqué quelques jours de plus (le pauvre !) dans le cadre de ses vacances paradisiaques, c'est le patron en exil prolongé, ce sont les obsèques désertées d'un dirigeant contestable déjà victime du ciel, ce sont des clandestins qu'il n'est plus si urgent d'expulser. Pour la grande majorité d'entre nous, les cloportes dont le champ des pérégrinations est soigneusement délimité par le triangle étroit des trajets domicile-travail-courses, un monde sans avions c'est un monde dans lequel nous tournons nos regards vers le ciel et où nous plongeons avec délices nos yeux dans le bleu intense et silencieux, un bleu à s'en noyer les rétines, un bleu infini, le bleu au-dessus de la matrice habituellement tracée par leurs innombrables trajectoires indifférentes.

Le grain de sable dans la machine

En fait, comme chaque fois que la machine se grippe, comme chaque fois que la chape de plomb qui nous courbe l'échine se fendille, c'est une brusque profusion, une explosion de petite humanité radieuse qui pousse par les interstices du système comme l'herbe folle envahit les fissures de béton. Le grain de sable ou le nuage de cendre nous rappelle à chaque fois que l'édifice sous lequel s'est construit notre asservissement à un monde qui nous utilise, nous broie et nous jette après usage, que cet édifice est branlant et que ses fondations sont nos habitudes. Chaque fois que l'ordre totalitaire des choses est bousculé, presque immédiatement, ses vides béants sont comblés par la somme des pratiques, des valeurs et des comportements dont on nous dit pourtant qu'ils sont d'un autre temps, démodés, obsolètes.

Je me souviens avec délice du chaos des grandes grèves de 95, quand, subitement, il avait fallu faire autrement, quand, brusquement, ce n'était plus ma montre qui me dictait ma vie. De la nécessité de la patience. Du besoin de communiquer, de partager, de s'entraider. Je me souviens des conversations profondes et intimes démarrées sous un abribus abandonné de tous, entre Opéra et Le Louvre, des covoiturages sauvages et souriants, de cette galère commune qui a rempli les rues, les couloirs, les paliers, qui a rendu le sourire à beaucoup, qui nous a restitué un précieux temps de vie que nous concédons habituellement et à vil prix à des tâches sans intérêt et sans gloire.

Je me souviens d'une grande panne de courant dans mon enfance, où, subitement, toutes les boîtes à cons se sont tues, où tous les prophètes du monde qui tombe ont eu le sifflet coupé, où, d'un seul coup, les gens se sont retrouvés sans rien d'autre à faire que de se rencontrer. Quelques heures sans le sempiternel refrain de la peur et du chacun pour sa gueule et déjà, le voisin n'était plus l'ennemi, déjà, il y avait tant d'autres choses à faire que de rester le cul dans son fauteuil à regarder des inconnus vivre à notre place. C'était merveilleusement étrange, ce monde qui, à force de ne plus fonctionner, se mettait subitement à vivre. La rue n'était plus l'espace des trajectoires solitaires et pressées, le lieu des rencontres inquiétantes, des bruits agressifs, c'était redevenu l'artère qui nourrit, l'endroit où tout se passe, où les vieux tirent une chaise sur le trottoir, où la palabre s'installe, où chacun dégaine un saucisson, un bout de pain, quelques poèmes, des blagues salaces, des récits grandioses, des particules de bonheur hors du temps qui nous lamine habituellement.

Plus près de nous, il y a eu Klaus, le visiteur venu du large, son sillage catastrophique dans lequel ont immédiatement germé les graines de l'entraide et de la solidarité.

À chaque fois, pourtant, ils nous prédisent qu'il n'y a point de salut hors de leurs prisons mentales dans lesquelles nous croupissons par la force de l'habitude, la peur de l'inconnu ou juste un immense manque d'imagination. À chaque fois, pourtant, la multitude des petites gens, des gens de rien, des gens de peu, prouve qu'au contraire, la vie est belle dans les failles du système, qu'il n'y a pas d'effondrement brusque de la civilisation quand leur étreinte se fait moins forte, que sous la contrainte des événements, nous savons, collectivement, inventer du vivre-ensemble, du vivre-bien, du vivre-mieux. Et même si, à chaque fois, ils finissent par nous convaincre de rentrer dans le rang, petit à petit, les fissures s'agrandissent, les failles se creusent, l'édifice se fragilise et à travers les interstices, nous pouvons déjà deviner que non seulement un autre monde est possible, mais qu'il est déjà là !

 

Source : Article du 20/04/2010 titré Interstices

Lire entre autre :

 

Rage against the machine

Les affabulsificateurs

Universal soldiers

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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 09:39

 

« La servitude moderne est une servitude volontaire (Etienne de La Boetie), consentie par la foule des esclaves qui rampent à la surface de la Terre. Ils achètent eux-mêmes toutes les marchandises qui les asservissent toujours un peu plus. Ils courent eux-mêmes derrière un travail toujours plus aliénant, que l’on consent généreusement à leur donner, s’ils sont suffisamment sages. Ils choisissent eux-mêmes les maîtres qu’ils devront servir. Pour que cette tragédie mêlée d’absurdité ait pu se mettre en place, il a fallu tout d’abord ôter aux membres de cette classe toute conscience de son exploitation et de son aliénation. Voila bien l’étrange modernité de notre époque. Contrairement aux esclaves de l’Antiquité, aux serfs du Moyen-âge ou aux ouvriers des premières révolutions industrielles, nous sommes aujourd’hui devant une classe totalement asservie mais qui ne le sait pas ou plutôt qui ne veut pas le savoir. Ils ignorent par conséquent la révolte qui devrait être la seule réaction légitime des exploités. Ils acceptent sans discuter la vie pitoyable que l’on a construite pour eux. Le renoncement et la résignation sont la source de leur malheur. »

 

 

 

 

Le constat de l’aliénation de l’homme brossé dans ce film, de la servitude moderne, rejoint assez bien celui de Christian ARNSPERGER dans son livre « Ethique de l'existence capitaliste ». Au niveau des solutions et conclusions, il en est par contre fort loin. La conclusion du film résume bien la pierre d’achoppement intemporelle d'une majorité de mouvements réactionnaires anti-capitalistes, qu’ils soient marxistes, alter-mondialistes ou syndicalistes. A croire que le capitalisme coule dans nos veines !? Comme le souligne Christian, « nous ne sommes pas seulement des êtres de raison intégrés dans un système capitaliste, nous sommes aussi des consciences capitalistes baignant dans une culture capitaliste ». Le film ne surprend donc pas par son dénouement révolutionnaire insuffisamment radical et abouti.


« Avant de vouloir créer autre chose, il faut parfaitement avoir compris et assimilé le fondement de toutes les sociétés : ambition, avidité et soif de posséder. Un esprit qui aura compris cela n’opérera pas simplement une mutinerie dans une prison mais opérera une réelle révolution dans son cœur et son esprit qui ouvrira alors la voie d’une civilisation radicalement différente. » Jiddu KRISHNAMURTI, Le sens du bonheur, p. 191.


« La fixation capitaliste trouve ses racines dans le fait que tout en étant des corps et des psychés capitalistes, dans une culture et un système économique et politique capitalistes, et avec une conscience capitaliste de nous même (course au rendement, à l’innovation, la compétitivité, l’excellence, etc.), nous sommes aussi des complices de la logique du système capitaliste parce que nous attendons d’elle des réponse à nos inquiétudes existentielles et à certaines de nos peurs les plus profondes. » Christian ARNSPERGER, Etique de l’existence post-capitaliste, p. 56.


Cette réponse à nos angoisses existentielles, le capitalisme l’a apporté avec beaucoup de finesse. Il s'est en effet attaqué à notre for intérieur, à nos peurs et angoisses existentielles: souffrance, finitude, échec, dépendance... Plus fourbe et plus rusé, il ne s'y est pas pris par le haut comme le communisme mais par le bas. Il a titillé la corde sensible de notre ego exacerbé par la peur de manquer et de mourir. Il a rongé nos fondations pour faire aujourd'hui partie de la maison. A tel point que nous pensons tous que l'assouvissement de notre bonheur égoïste finira bien par retomber positivement sur les autres. Le capitalisme n'est rien d'autre que la somme de ces deux maximes: « moi d'abord, les autres après », « après moi le déluge ». Même s'il nous a sorti de l'ornière de la théocratie et du féodalisme, il n'en reste pas moins un système de domination. Domination d'autant plus sournoise et perverse qu'elle nous fait croire qu'il n'en est rien.


Par son culte de la croissance, de la propriété et de l’appropriation de biens il nous a construit une gangue de protection. Son accumulation de biens nous rassure. Son apologie des libertés individuelles nous apaise. Ses louanges de l’esprit d’initiative et de compétition nous confortent dans notre ego et notre soif de posséder. Le capitalisme est devenu notre grande religion séculière à tous.

 

En modifiant notre niveau de conscience, le capitalisme constitue un funeste et sournois substitut à l'épanouissement de l'homme.


Pour en sortir, nous devons employer d’autres outils que ceux que le capitalisme cherche promouvoir. Nous devons quitter la sphère mécaniste et matérielle pour entrer dans une véritable "réflexion-méditation" post-capitaliste à la fois personnelle et collective.


Nous ne pouvons nous permettre le luxe du militantisme soixante-huitard qui a tout misé sur l'individuel et le subjectif, ni celui du militantisme marxiste critiquant les institutions et le système sans autocritique. Le temps du changement est à l'équilibre, au Tao des cultures, des savoirs et des systèmes.


La confrontation directe n'est plus de mise tant ce qu'elle cherche à combattre puise ses sources au plus profond de nous. Les circonvolutions et mécanismes du système sont tels qu'il nous faut l'accepter de manière consciente et critique! Nous devons entamer ce que Christian ARNSPERGER appelle un « militantisme existentiel ». Un militantisme constant et profond qui s'attaque aux dysfonctionnements collectifs et systémiques tout en procédant à une réelle introspection personnelle. La satisfaction personnelle et libératrice est essentielle pour ne pas sombrer, une fois de plus, dans un mutisme démobilisant qui ne ferait qu'avaliser la logique systémique et aliénante en place.


www.delaservitudemoderne.org

 

 

 

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 09:08

http://www.sahn76.fr/IMG/jpg/apiculture_abeille01.jpgLes apiculteurs, les amis de la terre et tous les amoureux de la Nature ont le regret de vous faire part de la disparition de 30% à 40% des colonies d’abeilles au cours de cet hiver en Région Wallonne. Les bourdons et les abeilles solitaires ont été touchés de la même manière. Il n’y a jamais eu autant de pertes. Les abeilles survivantes remercient tous les maniaques du jardin nickel sans un pissenlit ni une cardamine à butiner au printemps, les fadas du pulvérisateur qui arrosent leurs allées empierrées et les pieds des haies pour que cela fasse propre, les jardiniers sans goût qui ne plantent que des fleurs horticoles sans nectar. Les particuliers ont multiplié par 4 l’usage des pesticides au cours des 10 dernières années. Ne croyez surtout pas que la commission européenne qui gère les dossiers n’autorise sur le marché que des produits sans danger. Elle est noyautée par les puissants lobbies des firmes phytopharmaceutiques et il n’y a dans ces beaux fauteuils dorés aucun spécialiste capable de rédiger un dossier d’évaluation qui tienne la route pour mesurer le risque qu’encourent les abeilles. Abeilles et pollinisateurs assurent 80% de la diversité de nos aliments et 30% du contenu de nos assiettes !  

Didier BRICK par courriel.

 

http://farm2.static.flickr.com/1401/540376543_a4e09f341f.jpgLes abeilles disparaissent et les scientifiques cherchent les causes… Mais faut-il vraiment chercher ? Dans le numéro de juin 2010 de "Science et Vie", des chercheurs auraient mis en évidence l’effet combiné d’un champignon parasite (Nosema) et d’un pesticide responsable du fameux phénomène d’effondrement. Savent-ils que l'usage des pesticides et autres
produits phyto-sanitaires ont pour premier effet de diminuer
l'immunité du vivant
?

 

Des publications scientifiques tentent de chiffrer les pertes économiques de la disparition des pollinisateurs. Une étude chiffre la perte à 9,5% en valeur économique de la production mondiale pour l’alimentation humaine. L’étude précise qu’elle n’a tenu compte que du chaînon alimentaire final, pas des chaînes trophiques! Des prix et du vogelpik, tels sont les outils de notre puissante Science face à la complexité du vivant.

 

Syngenta, numéro un mondial de l’agrochimie, joue les héros de la biodiversité : « Syngenta fournira les mélanges de semences, aidera les agriculteurs à user de manière innovante des pesticides et prodiguera des conseils agronomiques. » Plus la menace est grande plus la dictature s’impose. La croissance économique des géants de ce domaine témoigne de cette tendance totalitaire aveugle. Comme si les paysans latinos, africains ou asiatiques avaient oublié comment cultiver. Incas, Egyptiens ou Han cultivaient bien avant nous. Notre agriculture n’est pas généralisable. Notre agriculture est pétrolière et mortifère. Seuls 35 millions d’agriculteurs se servent de tracteurs dans le monde alors que pratiquement 2 milliards se servent de leurs mains.

 

http://ericphoto.canalblog.com/albums/insectes/m-cigale_des_montagnes_021.jpgUne autre étude réduit l’impact de la perte des pollinisateurs en reportant les chiffres en volume de production alimentaire mondiale. Comme si nous allions tous manger du soja, de l'huile de palme et du blé à longueur de journée. L'achat d'un équivalent Jonagold en pharmacie ne relèvera bientôt plus de la science fiction. «Bonjour, du Prozac, des vitamines C et un lot de 50  Jona-Capsules svp... » Nous expliquerons à nos petits enfants le plaisir perdu de croquer dans une pomme fraîchement cueillie au détour d’une promenade. A la description des formes et des couleurs métalliques de certains insectes, leurs visages s’illumineront comme un jardin de fleurs baigné par la douce lumière du matin. L’imaginaire se laissera emporter par la valse des butineuses inondées des rayons orangés si typiques des fins de journées estivales.

 

Il existe plus de 1.500 variétés de pommes dans le monde. Nous n’en commercialisons que 8. Ces 8 variétés nécessitent plus de 40 traitements par an, souvent hautement toxiques. Il est pourtant possible de produire des pommes non commerciales avec seulement 15 à 20 traitement doux par an.

 

Le syndrome d’effondrement ne concerne pas seulement les abeilles, il s’applique à pratiquement tout le règne végétal (graminées, bulbes, ligneux, fruitiers) et animal (vers, insectes, rongeurs, poissons, batraciens, oiseaux).

 

Dans le dernier rapport de l’UICN, près d’un tiers des amphibiens, plus d’un oiseau sur huit et près d’un quart des mammifères sont menacés d’extinction. Pour certaines catégories de plantes, comme les conifères et les cycadacées, la situation est encore plus préoccupante, avec 28% et 52% d’espèces menacées respectivement. Toujours selon le même rapport, 21% de tous les mammifères connus, 30% de tous les amphibiens connus, 12% de tous les oiseaux, 28% des reptiles, 37% des poissons d’eau douce, 70% des plantes, 35% des invertébrés répertoriés à ce jour sont menacés.

Dans tous ces cas, la principale menace est la destruction des habitats en raison de l’agriculture, des aménagements ou encore de l’exploitation forestière.

 

Faut-il donc vraiment chercher ?

 

Que les abeilles, toutes les plantes, animaux et peuples premiers de cette planète reposent en paix.

 

« Errare humanum est, perseverare diabolicum »

 

Plus d’informations :

* Apiculture. Sauver les abeilles (Regards 2009)

* Les colonies d'abeilles déclinent en Europe depuis près de 50 ans ! (Notre-Planète.info 2010)

* Requiem pour nos Abeilles (Liberterre.fr)

* Les abeilles, témoins du bon état de notre environnement, disparaissent massivement (Notre-Planète.info 2007)

* La mort des abeilles met la planète en danger  (Les Echos.fr 2007)

* Références sur terresacree.org

* RUCHE et APICULTURE (France)

* CARI.be (Belgique)

* APIMONDIA (Fédération Internationale des apiculteurs)

* APICULTURE.COM (Monde)

 

Dossier Amis de la Terre: Insectes, monstres ou bienfaiteurs ?

 

 

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 11:42

 

http://cdekeyser.com/data/image/billet_balance_1.jpg

 

Tous les hommes naissent libre et égaux en dignité et en droit…

 

Et pourtant, l'Europe institutionnelle contredit cette déclaration tous les jours…

 

 

Que se passe-t-il quand un Etat de la zone euro lance un emprunt sur les marchés internationaux ?


 

 

Prenons un exemple concret : un Etat de la zone euro lance un emprunt à 10 ans.

 

Mercredi 23 juin 2010 :

* Si l’Allemagne avait lancé un emprunt à 10 ans, elle aurait dû verser un taux d’intérêt de 2,65 %.

2,65 % d’intérêt pour un emprunt, ce n’est vraiment pas cher.

Comparons les 2,65 % de l’Allemagne avec les taux d’intérêt des Etats d’Europe du sud et avec l’Irlande :

* Si l’Espagne avait lancé un emprunt à 10 ans, elle aurait dû verser un taux d’intérêt de 4,54 %.

* Si l’Irlande avait lancé un emprunt à 10 ans, elle aurait dû verser un taux d’intérêt de 5,46 %

* Si le Portugal avait lancé un emprunt à 10 ans, il aurait dû verser un taux d’intérêt de 5,72 %.

* Si la Grèce avait lancé un emprunt à 10 ans, elle aurait dû verser un taux d’intérêt de 10,37 %.

Conclusion : aujourd’hui, dans les faits, il y a deux zones euros.

Conclusion numéro 2 : aujourd’hui, les deux zones euros s’éloignent l’une de l’autre de plus en plus vite.

Commentaire posté par BA suite au dernier article de Frédéric LORDON.

Cela confirme ce qui est repris dans Argent et Intérêts

 

« le taux d'intérêt appliqué varie selon les agents économiques: de 0 à 4% pour les banques et les États (0% droits de tirage spéciaux), de 2 à 20 % pour les États et les grandes entreprises et de 4 à 250% pour les petites entreprises, les pauvres et les particuliers.

 

Cette différenciation de taux d'intérêt réalise un transfert permanent de "richesses" de la base (travail) au sommet (capital) selon l'actuelle hiérarchisation pyramidale de la société fondée sur le principe de l'argent roi (individualisme & compétition). »

 

Cette faille se creuse de jour en jour, le taux d’intérêt des pays du sud et des pauvres augmente régulièrement. Et aujourd’hui la Grèce aurait opté pour la mise en vente de certaines de ses îles. Au Etats-Unis suite au désastre au large des côtes du Mexique certains préconisent la privatisation des eaux océaniques ! Par force ou par dogmatisme, la privatisation capitaliste s’insinue partout. Cette logique peut aller très loin. Il faudra bientôt payer pour respirer. En vacance sur une île grecque au service irréprochable, un splendide complet costard-cravate thermorégulé vous apostrophera, l’air hautain et la mine pitbull, et demandera: « Sorry Sir, did you pay to breath in this zone ??? »

 

Contrairement à la vidéo ci-dessous, le but n’est pas d’incriminer les banques ou les riches mais le système, la culture, les croyances. Tant que l’imaginaire collectif rêvera d’argent qui doit faire des petits tout seul, nous n’y arriverons pas.

 

Les banques créent en effet l'argent nécessaire aux emprunts (argent-dette créé sur base de demande de création ou d'obtention de biens et services monnayables) mais elles ne créent pas l'argent nécessaire au remboursement des intérêts de ces mêmes emprunts. D’un point de vue global, puisque l’argent des intérêts n’existe pas dans la masse monétaire existante, d’autres agents économiques sont bien obligés de contracter d'autres emprunts pour venir combler le manque de liquidités nécessaire au remboursement d’intérêts. A cause de l'absence d'argent nécessaire aux remboursements des intérêts, les emprunts appellent les emprunts et la dette de tous les agents, sauf les plus riches, ne fait qu'augmenter. Le montant d’argent dû aux banques excédera toujours le montant d’argent disponible en circulation. C’est une des raisons pour laquelle l’économie subit toujours une certaine inflation. Si nous parvenions à correctement corréler l’approvisionnement monétaire à l’approvisionnement en biens et services à l’économie, il n’y aurait pas d’inflation en dehors de problèmes conjoncturels et de lenteur d’adaptation de la demande. Cfr. Argent et Intérêts
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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 01:23

maree noire satellite louisiane

Source: http://paulrademacher.com/oilspill/#

 

* Dimanche 20 juin 2010, 22h, 60 jours que du pétrole se répand au fond du golfe du Mexique. Son étendue équivaudrait actuellement à la superficie de la Belgique.

 

* Mercredi 15 juin 2010, BP accepte d’allonger 20 milliards de dollars (16,3 milliards d’euros) pour indemniser les victimes du golfe du Mexique. En 2006, le chiffre d’affaire de BP est estimé à 300 milliards de dollars.

 

* Lundi 7 juin 2010, la chancelière Angela Merkel a annoncé des coupes dans les prestations sociales, de nouvelles taxes et des suppressions de postes dans la fonction publique afin d’économiser jusqu’à 80 milliards d’euros d’ici à 2014.

Oiseau_petrole_louisiane.jpg 

80 milliards à aller chercher du côté de l’indémodable et servile force de travail, 16 milliards pour l’indemniser. Et l’océan? Les coraux ? Les poissons ? Les oiseaux ? Les crevettes ? Les tortues ? Les dauphins ? Les planctons ? Les crabes ? Les otaries ?... Ce ne sont pas des liasses de billet vert qui vont nourrir les pauvres gens du bayou déjà terrassés par Katrina. Ce ne sont pas non plus des liasses de billets verts qui vont réensemencer les océans. Pas plus qu’elles ne vont booster les supers bactéries dévoreuses de pétrole ou nettoyer les côtes ou assainir les eaux.

 

Oiseau petrole louisiane2C’est plutôt exactement le contraire puisque BP persiste à utiliser un produit hautement toxique (alors qu’il en existerait une douzaines d’autres moins toxiques) pour faire couler le pétrole (au fond ça se voit moins). Il est vrai que ce sont d’autres géants financiers (Goldman Sachs, Blackstone Group, Apollo Management) qui sont propriétaires de Nalco, le fabriquant du produit (le Corexit) utilisé par BP. Au royaume des requins, il n’y a pas de petits profits.

 

Pour ceux qui resteraient un peu trop focalisés sur l’état des marchés, la politique Belge ou les prouesses footballistiques de nos équipes favorites, il est utile de préciser que cet « anodin événement » au large des côtes du Mexique est une grande première :

1. C’est la première fois que du pétrole se déverse directement au fond de l’eau. Il ne s’agit donc pas véritablement d’une marée noire mais d’une « sous-marée » noire.main_petrole.jpg

2. C’est la première fois que cela se produit de manière continue. La fuite a débuté le 21 avril 2010 par l’explosion de la plateforme pétrolière « Deep Water Horizon » (DWH) au large des côtes du Mexique et risque de se poursuivre encore pour longtemps. BP dit pouvoir stopper la fuite pour la fin de l’été.

3. C’est la première fois qu’autant de pétrole se répand dans les eaux de notre planète. Planète qui n’aura bientôt plus de bleu que le nom.

 

Peut-on se faire une idée du rythme et du volume de pétrole déjà présent dans les eaux ? Difficile puisque BP semble plus soucieux de « colmater » les fuites d’informations, que les fuites de pétrole. BP aurait acheté à Google plusieurs mots-clés tels que « oil spill » (marée noire), « volunteer » (volontaire), « claims » (revendication). BP paye également les gardes côtes pour surveiller et empêcher les investigations et prises de vues. Secret défense !

maree_noire_cote.jpg 

D’après les fuites d’informations que BP veut bien nous laisser, voici quelques chiffres :

 

A. Fin mai 2010, selon un panel d’expert mandaté par le gouvernement américain, il s’est écoulé 2 à 3 millions de litre par jour depuis le 21 avril.

B. D'après les chiffres communiqués mardi 14 juin 2010 par une commission scientifique gouvernementale, la fuite atteint entre 5,56 et 9,54 millions de litres par jour. Info relayée par certains médias mais pas moyen de tomber sur la source initiale.

C. 19 mai 2010, après visualisation d’une vidéo de la fuite finalement rendue publique par BP, un professeur en ingénierie à estimé la fuite à 15 millions de litres par jour.

 

Entre 2 ; 7,5 et 15 millions, la fourchette est large.Jacinthe_louisiane.jpg

- Reportée aux nombres de jours depuis la catastrophe (60 jours), cela donne respectivement 120 ; 450 et 900 millions de litres dans l’océan depuis le 21 avril 2010.


- Reportée en tonnes de brut (0,85 de masse volumique), cela donne respectivement 102.000 ; 383.000 et 765.000 tonnes de brut.


- Reportée en nombre d’EXXON VALDEZ (40.000 tonnes de brut) cela donne respectivement 2,5 ; 9,6 et 19 EXXON VALDEZ (répertorié comme la plus importante marée noire de l’histoire).

 

- Reportée aux nombre de jours de fuite jusqu’au colmatage annoncé de la brèche (disons le 21 août pour simplifier), il suffit de multiplier par 2 (60 jours => 120jours) les différents chiffres, soit   5 ; 19 et 38 équivalent EXXON VALDEZ dans le fond du golfe du mexique.


gal_gulfspill_21.jpg 

Pour que les chiffres ne soient pas trop confus, on peut retenir que l’estimation haute correspond à l’équivalent d’un EXXON VALDEZ tous les 3 jours et l’estimation moyenne, un EXXON VALDEZ tous 6 jours! Soit 250 camions semi-remorques (26 tonnes) par jour, 10 camions par heure, 1 toutes les 6 minutes, ou encore 73kg/seconde, le poid moyen d'un homme pétrole chaque seconde, un clone bitumeux toutes les secondes (voilà enfin révélé le vrai visage de la pression démographique). Ou encore, 1 mètre cube en 12 secondes, 1 tonne en 14 secondes, 4 tonnes par minute (de bonnes grosses minutes mégalo-pachydermiques). "Time is Money & Petrol"... Rappelons que l’équivalent EXXON VALDEZ s’échappe en continu à 1.500 mètres de profondeur, pas en surface d’un seul coup !

 

poisson_petrole.jpgComme souligné dans l’article Deepwater Horizon – Le geyser de pétrole se poursuit : « Des chercheurs de l’Institut national de la science et la technologie sous-marine disent avoir détecté plusieurs nappes de pétrole tentaculaire se déployant sous la surface à des profondeurs de 1.200 mètres.(…) des scientifiques ont découvert qu’il existait de vastes colonnes de pétrole à la dérive sous la surface, dont une mesurant plus de 16km de long, 4km de large et 100 mètres d’épaisseur.(…) ces corridors sous-marins de pétrole s’étendant sur des kilomètres pourraient empoisonner et suffoquer le vie marine à travers la chaîne alimentaire, entrainant des dommages pour les décennies à venir. »

 

Pour relativiser, il faut savoir par exemple que les dégazages et délestages sauvages (en toute impunité) dans la seule méditerranée ont été estimés à 1,5 millions de tonnes de brut en surface par an. Reporté aux 4 mois potentiel (du 21 avril au 21 août) de la fuite « Deep Water Horizon » cela donne 375.000 tonnes de brut. Une valeur fort proche de l'estimation moyenne de DWH pour 60 jours. 2 mois de fuite de DWH correspondent donc à 1 an de dégazage illégal en méditerranée.

gal_gulfspill_10.jpg 

Pour terminer, un petit entretien réalisé par Armelle Vincent (journaliste de la côte ouest des Etats-Unis) avec Rick Steiner (spécialiste des catastrophes maritimes). L’entretien est tiré de l’article Marée noire : « Le Tchernobyl de l'industrie pétrolière » du site alternatif Rue 89.


Armelle Vincent : quelle est l'ampleur réelle de cette marée noire ?

Rick Steiner : c'est une catastrophe sans précédent, un événement historique, beaucoup plus grave que ce que ne laissent entendre le gouvernement et BP. C'est la première explosion d'une plate-forme pétrolière en mer et la première fois aussi qu'une fuite de pétrole brut se produit à 1.500 mètres de profondeur.

Les conséquences de cette tragédie sont totalement différentes de celles provoquées par l'accident d'un pétrolier, car dans ce cas, le pétrole reste à la surface, où vous pouvez le suivre.

L'impact le plus important de cette marée noire se fera sentir au fond du golfe, dans ce que nous appelons l'écosystème pélagique. Nous semblons uniquement concernés par les marées noires qui envahissent les plages et le rivage, alors qu'au large, il y a des centaines d'espèces d'oiseaux, de dauphins, de baleines, de poissons, etc en danger.Dauphin_Louisiane.jpg

Justement, quels sont ces dangers ?

On a observé un banc de 70 ou 80 dauphins se déplaçant en rangs serrés au large de l'Ile du Gosier. C'est un signe de stress et d'effroi. On les a aussi entendus tousser. Ils ont dû ingérer ou aspirer du pétrole. On a également vu une grande quantité de plancton mort.

Sur Breton Island, il y a des milliers d'oiseaux. Ils sont en pleine saison de nidification. La moitié des oisillons sont déjà sortis de leurs coquilles. Ils vont être contaminés. En Alaska, 30 espèces ont été compromises. Les harengs du Pacifique ont été complètement décimés. 21 ans plus tard, les pêcheurs et la faune aquatique continuent de payer les conséquences d'Exxon Valdez.

gal_bp_wildlife_7.jpgA votre avis, les mesures prises par BP sont-elles efficaces ?

Malheureusement non. Il n'y a absolument aucun moyen de collecter le pétrole une fois qu'il est dans l'eau. Dans toute l'histoire des marées noires, on n'y est jamais parvenu. Les centaines de kilomètres de barrages flottants déployés ne peuvent être efficaces que si le brut flotte à la surface, et encore… Or, dans le cas présent, il est surtout dans le fond.

BP a annoncé qu'elle avait récupéré sept millions de litres d'une mixture eau/pétrole. Je parie que 90% de cette mixture était de l'eau. L'ironie est que les bateaux qui installent les barrages injectent plus de pétrole dans l'eau qu'ils n'en collectent. C'est absurde. Pendant ce temps, 800 000 litres de brut jaillissent chaque jour de la fuite pour se répandre dans le golfe.

Quel est l'impact écologique du dispersant utilisé par BP ?

La méthode a été utilisée en Alaska, sans succès. BP a injecté environ 1,6 million de litres (1 800 m3) de dispersant. C'est inquiétant. Le brut est toxique. Le dispersant est toxique et la combinaison des deux est encore plus toxique.vague_petrole.jpg

Le dispersant est un produit chimique composé d'un ingrédient actif appelé Corexist, que les biologistes marins ont rebaptisé « Hidesit » (le cache), et d'un autre appelé 2-Butoxyethanol. Sur l'étiquette de ce produit, on est avisé de consulter immédiatement un médecin en cas de contact avec la peau. Tirez-en vos propres conclusions.

Les compagnies pétrolières utilisent les dispersants parce qu'ils permettent de « couler » le pétrole loin des regards. Toute la faune aquatique va être exposée à leur toxicité. De plus, pour que le pétrole se disperse, il faut des vents de 10 à 25 nœuds. Moins de vent, c'est inefficace ; plus de vent, le dispersant devient inutile.

Quel est donc votre pronostic ?

Il est difficile de faire des prédictions. Tout dépendra des vents, de la température de l'air et de l'eau, du type de brut et de la densité de bactéries. Plus l'eau est chaude, plus il y a de bactéries. Elles contribuent à nettoyer les hydrocarbures toxiques de la marée noire.

Cette catastrophe est le Tchernobyl de l'industrie pétrolière. J'espère qu'elle nous apprendra au moins une leçon : il faut arrêter l'exploitation pétrolière en mer. Nous en connaissons maintenant les risques. Il faut à tous prix éviter le forage dans l'océan Arctique. Il serait absolument impossible de contrôler une explosion et une fuite de brut dans la banquise.

BP_louisiane-copie-1.jpg

Si les quelques images sélectionnées ici ne vous ont pas suffit, il y en a une centaine d'autres sous ce lien : http://www.nydailynews.com/news/national/galleries/louisiana_oil_spill/louisiana_oil_spill.html

 

 

Ah oui, juste encore une petite chose :

« Que celui qui n’a jamais utilisé de plastique, consommé du non local, non saisonnier ou industriel, pris l'avion, le bateau, ou fait un plein d’essence, jette la première pierre »

 

Lire aussi :

Deepwater Horizon – Le geyser de pétrole se poursuit

La mort du pétrole, c'est l'occasion d'une nouvelle naissance

 

Puisqu’il vaut mieux en rire :

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2) Transition écologique & économique

3) Le retour du puritanisme au travail

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Contre la pensée unique

Epuisement des ressources

Dates d'épuisement des richesses exploitables de notre planète au rythme actuel de consommation (1)

2021 : fin de l'argent
2025 : fin de l'or et du zinc
2028 : fin de l'étain
2030 : fin du plomb
2039 : fin du cuivre
2040 : fin de l'uranium
2048 : fin du nickel
2050 : fin du pétrole
2064 : fin du platine
2072 : fin du gaz naturel
2087 : fin du fer
2120 : fin du cobalt
2139 : fin de l'aluminium
2158 : fin du charbon

Notre planète n'est pas infinie. On le sait. Ses ressources sont limitées et ne peuvent satisfaire ad vitam eternam les exigences voraces de milliards d'êtres humains.

Nous devons anticiper la pénurie proche des matières premières en vivant tout simplement autrement. Sinon des guerres terribles risquent d'éclater dans un futur proche à la surface de tout le globe pour l'accaparement des gisements restants, atomisant les villes et faisant un carnage parmi les populations. Cela en moins d'une petite génération!

Si nous voulons éviter le pire, retroussons nos manches! Une nouvelle civilisation reste à inventer, ici et maintenant, plus propre, plus économe, plus respectueuse et dont l'objectif premier soit réellement le bonheur de tous et non le profit égocentrique de quelques uns au détriment de tous les autres.

Voir échéancier des ressources exploitables sur le site Terre sacrée.
(1) D'après Science et Vie hors série N° 243, construire un monde durable, de Juin 2008. http://www.mondedurable.science-et-vie.com 

Freemen

Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que :
• le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
• s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».



Au delà, comme le nom “Freemen” l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut sur son blog. L’ensemble de ces contenus doit petit à petit former une nouvelle “chaîne”, un nouveau “journal”, chacun parlant de politique, mais aussi, d’art, de ciné, de tout.

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