Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
  • Contact

Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

Rechercher

Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 23:27

L’agence de notation Standard and Poor’s a abaissé sa note souveraine pour l’Espagne, estimant que la crise actuelle a mis en lumière les faiblesses structurelles du pays, deuxième de la zone euro à subir ce sort après la Grèce.

 

 

L’Agence de notation Fitch menace la France, le Royaume-Uni et l’Espagne sur la gestion de leurs finances publiques, les appelants « à prendre des mesures de réduction des déficits plus crédibles », au risque de voir leurs notes (AAA) remises en cause.

 

L’agence de notation Moody’s menace la France

engagement-financiers-bruts-et-deficits-des-administrations

Source:

Certains Pays sont insolvables (blog-Crottaz)

 

Pourquoi ces agences de notations anglo-saxonnes menacent certains états alors que ces Etats ne sont pas plus dans le rouge que les deux plus grands chantres anglo-saxons du néolibéralisme? Pourquoi la Grèce et pas le Royaume-Uni par exemple ? C'est ça la force des marchés et de la bourse, du bluff, toujours du bluff. Si vous voulez en apprendre d’avantage sur la manière de spéculer sur la dette d’un Etat, il y a une bonne explication ici.

 

Ce qui est certain, c’est que le beau modèle capitaliste néolibéral a du plomb dans l’aile. Ceux qui devraient montrer allégeance et gratitude se montrent encore plus agressifs et déloyaux. Le Capital mange la main qui l’a nourri. Oubliez la démocratie ou l’Etat de droit, le marché fait la loi.

 

Alors ? Démocratie ? ou Ploutocratie ?

 

Et encore, trop facile est cette focalisation sur les méchants riches de la planète qui détruisent tout, comme ce nouveau site THE VILE PLUTOCRAT (l’infâme ploutocrate) qui vient de sortir aux Etats-Unis, ou comme le bouquin d’Hervé KEMPF titré « Comment les riches détruisent la planète ». Si seulement ce n’était QUE la faute des riches, des chinois ou du pétrole… Ce serait trop beau.

 

Riche ou pas, il s’agit de l’homme.

Riche ou pas, il s’agit d’un système institutionnalisé par ce même homme. Un système dans lequel l’argent et ses intérêts jouent un rôle clé.

 

Alors ? A qui la faute ? Les riches ? Ou vous et moi ?

 

Lire aussi Le pouvoir exorbitant des agences de notations

Repost0
17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 10:40

Pas moyen de louper le dernier bouquin de Jacques ATTALI « La crise, et après ? ». Il fait partie des best-sellers et se retrouve bien en évidence dans toutes les librairies. Curieux, en me baladant à la Fnac, je l’ai quand même feuilleté. Seule la conclusion du livre a retenu toute mon attention :

 

« Profitons de cette crise pour prendre conscience de 4 vérités simples mais trop souvent oubliées et qui tiendront lieu de principales conclusions à tout ce qui précède.

 

1. Chacun, laissé libre de le faire, va au bout de ce qui peut servir ses intérêts même au détriment de ceux de ces propres descendants

2. L’humanité ne peut survivre que si chacun se rend compte qu’il a intérêt au mieux-être des autres.

3. Le travail, sous toutes ses formes, surtout a visée altruiste, est la seule justification de l’appropriation de richesses.

4. Le temps est la seule denrée vraiment rare ; et celui qui contribue, par son travail, à en augmenter la disponibilité et à lui conférer sa plénitude doit être particulièrement bien rémunéré.

 

Si cette crise peut avoir aidé chacun à mieux s’imprégner de ces évidences qui vont bien au-delà du monde de la finance, le mal aura été, une fois de plus, source de bien ; la transgression aura été à l’origine de la maitrise. Il de viendra même possible d’espérer un monde d’abondance dont les marchés seront plus qu’une des composantes efficaces et non plus les maîtres absolus.

 

Un monde où les seules crises seront celles de la vie privée avec ses chagrins et ses joies, ses rassurantes routines et ses glorieuses surprises. »

 

Pour moi, seule la conclusion du livre vaut le détour, le reste n’est qu’une fade et rapide description séquentielle des multiples événements financiers qui ont secoué notre petit monde depuis 2007. Le livre se termine par une vision technocrate d’une monnaie gérée et assistée par GSM…

 

Si vous souhaitez en apprendre d’avantage sur les arcanes de la finance, je suggère plutôt :

Paul JORION, L'implosion. La finance contre l'économie: ce que révèle et annonce « la crise des subprimes » (mai 2008) que je préfère au livre La crise : Des subprimes au séisme financier planétaire (octobre 2008). Le premier est plus ancien mais plus explicatif que descriptif. Notamment sur la formation des prix et la différence entre prix naturel et prix spéculatif déjà décrit par Adam SMITH.

Ou

Frédéric LORDON, Jusqu’à quand ?

Ou

Jean-Luc Gréau, La trahison des économistes. A lire absolument à en croire tous les commentaires élogieux sur amazon.fr.


L'ouvrage est bien documenté, les analyses sont menées avec rigueur et juste ce qu'il faut de polémique.
 
Peut et doit être lu par tout honnête homme non spécialiste qui cherche à s'y retrouver dans le maelström actuel, et surtout, qui cherche à échapper aux analyses des"économistes" de cour qui, bien que s'étant trompés sur tout, ont quand même et encore toujours raison.
 
L'ouvrage se termine par quelques réflexions sur "comment en sortir" qui relèvent du simple bon sens, une fois que les fantasmes de l'économie financière et de la propagande se sont volatilisés.


 

Et pour ATTALI, je conseille de lire l’échange sur amazon.fr entre Latour07 et P-henri Thoreux à la suite du commentaire de Latour07 pour le livre « La crise, et après ? ». Commentaire repris ci-dessous.

 

Qui peut un seul instant donner quelque crédit à cet apôtre du libéralisme qui dans 300 DECISIONS POUR CHANGER LA FRANCE préconisait la duplication de l'industrie financière britannique en France, faisait l'apologie des retraites par capitalisation, vouait l'Etat et toute puissance publique aux gémonies car responsables du trouble dans l'autorégulation (mythique et fausse) des marchés ?

Pas moi.

Pourtant cet imposteur sait tromper son monde.

Le voici qui part en croisade contre les menaces devenues faits de la crise financière mondiale.

Le réveil serait dur mais pas pour le schizophrène qui dans le même instant avoue ce qu'il désavoue et inversement.

Grand maître dans l'art de jeter de la poudre aux yeux, Attali se lance dans une prétendue exégèse des causes de la crise ; heureusement que personne ne l'attendait sur ce terrain bien analysé par des économistes sérieux comme Jean-Luc Gréau dans l'excellent La trahison des économistes.

Qui ne sait en effet que les Etats-Unis sont responsables de la crise actuelle par l'implosion de la bulle financière créée par un endettement massif des ménages, des entreprises, de l'Etat ?

Qui ignore le fait que la mondialisation en privilégiant des taux de rendement élevés, anormaux du capital, a abouti aux délocalisations et à la baisse continue des salaires ?

Que le pouvoir d'achat des Américains a été maintenu uniquement grâce à la dette non remboursable aujourd'hui ? Etc.

L'imposteur Attali le découvre. Il nous prend pour des idiots.

Que préconise-t-il ? (pour les distraits qui l'écouteraient)

"Un programme d'urgence :

1/ Remettre de l'ordre dans chaque économie nationale
2/ Renforcer la régulation européenne
3/ Mettre en place un système réglementaire global
4/ Une gouvernance internationale
5/ Des grands travaux planétaires"

Le libéral Attali fait la promotion du keynesianisme, sans le nommer !

Livre sans aucun intérêt.

 

CONCLUSION : Vive Internet !

Repost0
8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 15:39

Afin de bien comprendre le marasme dans lequel est embourbé OBAMA, il est important de bien se documenter sur quelques lois et personnages clés du monde financier et fédéral. Un petit tour sur Wikipédia devrait éclairer nos lanternes. Après quoi nous exposerons les points de vue de James ROBERTSON et Noam CHOMSKY sur la situation d’OBAMA. Nous clôturerons enfin par une petite recette de sortie de crise en 7 points et un parallélisme avec ROOSEVELT et la crise de 1929.

A) Tout d’abord les lois importantes du monde financier


1) Commençons par le fameux Glass-Steagall Act

En 1933, suite à la crise de 1929 et sous la pression de ROOSEVELT, les Etats-Unis instaurent le Glass-Steagall Act, aussi connu sous le nom "Banking Act". Acte qui consistait à séparer banque de dépôt et banque d'investissement. Battu en brèche depuis le milieu des années 1970 et largement contourné par l'ensemble de la profession bancaire, il a finalement été abrogé le 12 novembre 1999 par le Financial Services Modernization Act, dit Gramm-Leach-Bliley Act.

La Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) a été créé par le Glass-Steagall Act de 1933. Son rôle consistait essentiellement à assurer les dépôts des particuliers dans les banques et institutions d'épargne et à limiter l'effet de faillite d'une institution financière sur l'économie et le système financier.

 

2) Poursuivons par le Financial Services Modernization Act (FSMA)

Le Gramm-Leach-Bliley Act Financial Services Modernization Act de 1999 est une loi américaine votée par le Congrès, dominé par une majorité républicaine, et promulguée par l'administration Clinton le 12 novembre 1999. Elle met en place des services de banques universelles, c'est-à-dire qui assurent aussi bien les services d'une banque de dépôt que d'une banque d'investissement et qu'une compagnie d'assurance. La loi a par exemple permis la fusion de Citibank avec la compagnie d'assurances Travelers Group, afin de former le conglomérat Citigroup, l'un des plus importants groupes de services financiers au monde.

 

3) Terminons par le Commodity Futures Modernization Act (CFMA)

Le Commodity Futures Modernization Act  (CFMA) de 2000 a abrogé le Shad-Johnson jurisdictional accord qui, depuis 1982 interdisait les "single stock futures" et les "narrow based indices". Le CFMA a par ailleurs interdit toute réglementation des "credit default swaps"  offerts par les banques comme " futures contracts". Cet acte a fait jurisprudence pour la banqueroute d’Enron en 2001 et pour la crise de liquidité de septembre 2008 qui a mené à la faillite de Lehman Brothers…

B) Ensuite, les personnes clés du monde financier & gouvernemental


1) Robert RUBIN

De 1995 à 1999, Robert RUBIN est secrétaire d’Etat au Trésor sous l’administration CLINTON. Avant cela, il a passé 26 ans chez Goldman Sach. Une petite lecture de l’histoire de Goldman Sach, l'une des banques d'investissement parmi les plus anciennes et prestigieuses de la planète, est assez édifiante. Une histoire digne de Fortis dans laquelle on a vite fait d’assimiler Maurice LIPPENS à Robert RUBIN, sauf que Maurice n’est pas devenu secrétaire au Trésor Belge. Après avoir tenu ce poste gouvernemental jusqu’en juillet 1999, Robert est devenu Directeur et conseillé principal de Citigroup. Tiens donc ? Juillet 1999, c’est justement 3 mois avant l’application de la FSMA qui a permis la fusion constitutive de Citigroup. Malheureusement pour Robert, comme pour Maurice d’ailleurs, les choses ont tourné au vinaigre et il a dû donner sa démission en janvier 2009. Robert a fait une grosse boulette, il fallait qu’il parte… mais il a tout de même récolté plus de 126 millions de dollars (selon Wikipédia) pour ces bons et loyaux services durant 8 ans chez Citigroup. Un petit tour sur l’histoire de Citigroup est aussi assez intéressant.

 

2) Larry SUMMERS

Du 2 juillet 1999 au 22 janvier 2001 Larry SUMMERS succède à Robert RUBIN au poste de secrétaire d’Etat au trésor. Larry est aussi promu directeur du National Economic Council chargé de conseiller le gouvernement OBAMA sur toutes les affaires économiques y compris concernant les plans de sauvetage bancaire. Larry a également exercé le prestigieux poste de Chief Economist (le titre complet est Senior Vice President, Development Economics, and Chief Economist) à la banque mondiale jusqu’en 1993. Il est aussi l’homme de la très controversée affirmation vis-à-vis de l’expédition de déchets toxiques en Afrique: "I think the economic logic behind dumping a load of toxic waste in the lowest wage country is impeccable and we should face up to that . . . I've always thought that under-populated countries in Africa are vastly underpolluted." Larry est également un grand admirateur de Milton Friedman, figure de proue du libéralisme débridé, fondateur du NAIRU et anti-keynésien. Larry SUMMERS en a d’ailleurs fait l’éloge sous ces termes: "while Friedman made real contributions to monetary policy, his real contribution was in convincing people of the importance of allowing free markets to operate."

Mais Larry SUMMERS est surtout l’homme qui a soutenu le CFMA, cette fameuse loi qui abrogeait le Shad-Johnson jurisdictional accord et qui stipulait que ce que l’on appelle communément les dérivés négociés hors bourse, comme les swaps sur défaillance en cause dans le désastre des assurances de AIG (que Warren Buffett a déjà qualifiés d’armes de destruction financière massive), ne soient pas réglementés par le gouvernement.

 

Larry fait aussi l’objet de récentes polémiques sur ses émoluments provenant d’organismes financiers ayant fait l’objet d’aides gouvernementales.

Interrogations autour des rémunérations passées de Larry Summers, en provenance d'organismes financiers

Larry Summers a effectué quarante discours payés dont un pour la banque d'affaires Goldman Sachs pour lequel il s'est vu verser 135 000 dollars.

 

Larry Summers à reçu des millions de dollars comme directeur d’un Hedge Fund

Summers a reçu 5,2 millions de dollars (3,85 millions d'euros) du groupe D.E. Shaw. Il est apparu contre rémunération devant des institutions comme JP Morgan, Citigroup, Goldman Sachs et Lehman Brothers. Au total, Summers aurait touché 2,7 millions de dollars (2 millions d'euros) pour une quarantaine de conférences devant diverses organisations et sociétés, parmi lesquelles des banques et institutions financières.

 

3) Henry PAULSON

Du 3 juillet 2006 au 20 janvier 2009 Henry PAULSON est secrétaire d’Etat au Trésor sous l’administration BUSH. Henry PAULSON est membre du conseil des gouverneurs du FMI. Il est entré chez Goldman Sachs en 1974 où il a fini par être nommé président et directeur en 1999 suite à l’IPO de Goldman Sach pour son propre compte dans le but d’offrir des parts boursières au public. Mais la part détenue par le public ne s’éleva pour finir qu’à 12% de la banque. Vu sous cet angle, le plan PAULSON de sauvetage des banques pour 700 milliards de dollars est certainement plus compréhensible. D’autant que Goldman Sach fait partie des « Big Five » du monde bancaire et financier faisant la pluie et le beau temps au États-Unis. En 2008, à propos de la crise financière globale, le Time magazine titrait: « s’il fallait associer un visage à la débâcle financière actuelle, celui de Paulson ferait certainement partie du choix » (ndlr : traduction approximative et adaptée de la page Henry PAULSON sur le wiki anglais).

 

4) Timothy GEITHNER

9 ème président de la “Federal Reserve Bank of New-York” (qui n’a de fédéral que le nom) du 17 novembre 2003 au 26 janvier 2009, assistant de Larry SUMMERS sous l’administration CLINTON, Timothy GEITHNER est l’actuel secrétaire d’État au Trésor.

Il est maintenant temps de lire Le « terrible secret » de Tim Geithner

Extrait : « M. Geithner ne souhaite pas que le public comprenne son petit secret, soit que l’abrogation de la loi Glass-Steagall et l’adoption du CFMA en 2000 ont permis la création d’une petite poignée de banques qui allaient pratiquement monopoliser des pans importants des activités hors bilan mondiales ou l’émission des dérivés hors bourse. »

 

Confirmation des dires de l’article sur lexinter.net : L’offre de dérivés est concentrée sur un nombre très limité de teneurs de marché. Aux Etats Unis 80 % de l'activité est concentrée entre JP Morgan Chase, Citigroup et Bank of America.

 

Maintenant que nous avons fait le tour, ajoutons également, toujours d’après wikipédia, que Goldman Sachs a été le second plus important donneur au financement de la campagne électorale d’OBAMA.

C) Comment OBAMA pourrait-il s’en sortir sans se faire bouffer tout cru ?

Comme le dit si bien James ROBERTSON dans sa dernière newsletter, le problème d’OBAMA, comme pour le premier ministre Gordon BROWN, c’est qu’il est isolé de la réalité par des conseillés issus d’écoles de formation d’experts financiers conventionnels (3 des 4 secrétaires au Trésor cités ci-dessus sortent d’Harvard - ndlr) qui ne se sont jamais posé la question de savoir s’il est normal de dépendre de banques commerciales privées pour l’approvisionnement monétaire public.

 

Comme l’a également très bien exprimé Noam CHOMSKY dans un entretien oral repris sous le titre « Et après cela ? Les élections, l'économie et le monde » : « … La première question que le gouvernement va devoir affronter, c'est que faire à propos de la crise financière. Les choix d'Obama pour gérer plus ou moins cette affaire ont été Robert Rubin et Larry Summers, anciens secrétaires au Trésor sous Clinton. Ils font partie des gens substantiellement responsables de la crise. Un économiste éminent, l'un des rares économistes à avoir eu raison d'un bout à l'autre en prédisant ce qui est arrivé, Dean Baker, a fait remarquer que les avoir choisis équivalait à choisir Osama Bin Laden pour gérer la guerre contre le terrorisme. »

 

« …Le but de la publicité est de créer des consommateurs non informés qui feront des choix irrationnels. Ceux d'entre vous qui ont souffert en raison du cours de l'économie savent que les marchés sont censés s'appuyer sur des consommateurs informés opérant des choix rationnels. Mais l'industrie dépense des centaines de millions de dollars par an pour saper les marchés et pour faire en sorte, vous le savez, d'avoir des consommateurs non informés qui feront des choix irrationnels. »

 

« …Et quand ils passent à la vente d'un candidat, ils font la même chose. Ils veulent des consommateurs non informés, vous savez, des électeurs non informés qui feront des choix irrationnels reposant sur le succès d'une illusion, sur la calomnie, sur l'efficacité du langage corporel ou sur tout ce qui est censé avoir de l'importance. Ainsi, vous savez la démocratie à peu près de la même façon que vous savez les marchés. Telle est la nature d'une élection quand elle est dirigée par le monde des affaires.(…) Vous pouvez ainsi en déduire que "la marque Obama" sera tout ce qu'ils auront décidé, et non ce que la population a décidé »

 

Toute cette histoire me fait étrangement penser au pays des « portes tournantes » entre la Food and Drug Administration (FDA) et Monsanto, dénoncé par Marie-Monique ROBIN dans son enquête « le monde selon Monsanto». A propos de Monsanto, il est intéressant de noter que l’actuel ministre de l’agriculture, Tom VISLACK est un ardent défenseur des biotechnologies et notamment de Monsanto. Peut-être est-ce dû au fait que Michael TAYLOR, ancien avocat de Monsanto, faisait partie de l'équipe de transition de Barack OBAMA ? Mais je me fais certainement un film à moi tout seul. Source : Organic Consumer.

 

D) Recette de sortie de crise en 7 points

La recette de sortie de crise est simple :

1) Remise en application de la loi Glass-Steagall (séparer banque d’investissement et banque de dépôt)

2) Annulation du Commodity Futures Modernization Act de 2000 (création de produits financiers douteux, voir "toxiques" : ABS, CDO, Hedge Funds, SIV et consorts)

3) Interdiction de la pratique des titrisations qui fini par la formation d'une usine à gaz sans fondements (actifs "toxiques" - Cfr. point 3 de l’article Petit lexique financier pour novice)

4) Taxation de toutes transactions financières à destination de paradis fiscaux

5) Traçabilité complète et transparente des produits financiers

6) Mise sous tutelle, démantèlement public et épuration des banques insolvables

7) Traduction en justice des grands gestionnaires maffieux (RUBIN, SUMMERS, PAULSON & GEITHNER) suite à leurs pratiques frauduleuses (Cfr. Entretien de William K. Black sur le Bill Moyers Journal)

 

Pour le point 6, il faut savoir que « Le gouvernement fédéral dispose depuis longtemps de lois pour faire face aux banques insolvables. La Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) met la banque sous séquestre et ses actifs et ses passifs sont triés par un audit indépendant. On évince les gestionnaires irresponsables, les actionnaires accusent des pertes et une fois épurée, la banque est finalement divisée en en plus petites unités. Lorsqu’elle est assainie, on la vend au public. Le pouvoir des cinq méga banques de faire chanter le pays en entier serait alors moins grand. » (Cfr. Le « terrible secret » de Timothy Geithner). Mais comme les responsables de la crise sont ceux qui sont aux commandes, le rôle de la FDIC s'est substantiellement modifié. En novembre 2008, la FDIC a par exemple décidé d'assurer une partie des dettes des institutions financières américaines.

 

Dans la « grande cuisine du monde États-Unis », le chef cuisinier semble être de bonne foi mais il est assisté et il a été promu chef par des fournisseurs véreux.

Si nous ne voulons pas crever de faim, il serait temps de changer de fournisseur et de recette…

L’argent comme la nourriture restent essentiels. Qu’est-ce qui nous empêche d’en produire nous même pour survivre ? Contrôlez l’argent et la nourriture et vous contrôlerez le monde… Nous devons nous réapproprier l’argent et la nourriture…

 

J’attends avec impatience une future enquête du genre « le monde selon Goldman Sach et Citigroup » ou encore « Voici comment Goldman Sach, Citigroup, JP Morgan Chase et Bank of America, les grands détenteurs des cordons de la bourse mondiale, étranglent le monde » ou encore « Monsanto - Goldman Sach, même combat ? » et pourquoi pas « RUBIN, SUMMERS, PAULSON & GEITHNER, les 4 mousquetaires de la Haute Finance Américaine ».

 

OBAMA aura-t-il assez de clairvoyance et de courage pour prendre le taureau par les cornes comme ROOSEVELT l'a fait en réponse à la crise de 1929 ?

Cfr. article L’acharnement thérapeutique peut-il nous conduire vers une Grande Dépression ? Junon MONETA sur Europe & Euro

 

 

Lire aussi :

* L'effondrement des États-Unis entraîné par la « fraude. » Geithner dissimule l'insolvabilité bancaire par Stephen C. Webster sur Mondialisation.ca

 

* Money for Nothing par Marc BRAUND sur The Guardian

Banks should be repositories for our wealth – and not be free to create money at will. We should take monetary reform seriously

 

* Entretien de William K. Black sur le Bill Moyers Journal :

William K. Black suspects that it was more than greed and incompetence that brought down the U.S. financial sector and plunged the economy in recession — it was fraud. And he would know. When it comes to financial shenanigans, William K. Black, the former senior regulator who cracked down on banks during the savings and loan crisis of the 1980s, has seen pretty much everything.

Voir aussi le documentaire d’Alex Jones « The Obama Deception ».

 

Repost0
16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 12:41

L’assureur américain AIG va verser cette année 450 millions de dollars de primes aux responsables de ses activités financières, ceux-là même qui furent à l’origine de ses pertes historiques de 99,3 milliards de dollars l’an dernier, affirme le Wall Street Journal, amplifiant les informations de plusieurs autres médias.


Ces bonus sont destinés aux cadres de la filiale londonienne AIG Financial Products, qui ont provoqué la chute, puis la nationalisation de l’ancien numéro un mondial de l’assurance, en ayant souscrit des contrats protégeant les investisseurs contre le risque de non-remboursement d’investissements à risque.


Une partie de ces primes devait être versée dès ce dimanche.

Le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a écrit au président d’AIG Edward Liddy, nommé par le gouvernement en septembre après la quasi-faillite du groupe, pour se plaindre de cette situation, ajoute le journal.


M. Liddy, tout en reconnaissant que le versement de ces primes était «de mauvais goût et difficile à recommander», a souligné qu’il lui fallait aller de l’avant pour des raisons légales.


L’intervention ministérielle a toutefois permis de réduire le montant des primes qui seront versées cette année.


Certains des bonus versés ne dépassent pas 1.000 dollars mais sept responsables d’AIG Financial Product devraient recevoir plus de 3 millions de dollars de primes, selon le New York Times.


Au total, en comptant les primes versées aux cadres des autres activités du groupe (en général, elles, rentables) au titre de 2008 et 2009, AIG devrait débourser cette année 1,2 milliard de dollars de rémunérations variables.


Les pouvoirs publics ont dû mobiliser plus de 170 milliards de dollars pour éviter une faillite du groupe, qui aurait pu avoir des répercussions en cascade sur l’ensemble de la finance mondiale.

 

(AFP)

Source: lesoir.be 


16.03.09 - 20:01 Le président américain Barack Obama a dit lundi vouloir employer tous les moyens légaux pour empêcher le géant de l'assurance AIG, sauvé de la faillite par l'Etat, de verser des centaines de millions de dollars de primes à des responsables.

 


Barack Obama a déclaré que la compagnie d'assurance était en état de "détresse financière à cause de comportements inconsidérés et de l'appât du gain". "Dans ces conditions, il est difficile de comprendre comment des traders de produits dérivés chez AIG ont pu mériter de quelconques primes, a fortiori 165 millions" en rémunérations supplémentaires, a-t-il dit.

 

"Au cours des six derniers mois, AIG a reçu du Trésor des sommes importantes. J'ai demandé au secrétaire (au Trésor Tim) Geithner de se servir de ce moyen de pression et d'employer tous les moyens légaux pour bloquer ces primes et veiller au bon usage de l'argent du contribuable américain", a-t-il dit.

 

La révélation au cours du week-end qu'AIG se disposait à verser de telles primes fait scandale aux Etats-Unis. Depuis 2008, AIG a fait l'objet de quatre plans de sauvetage successifs, entraînant la mobilisation de plus de 170 milliards de dollars de fonds publics. Le groupe a enregistré des pertes inouïes de 99,3 milliards au titre de l'année écoulée.

 

Les autorités américaines avaient défendu leur choix de sauver le groupe par le fait que sa faillite pourrait avoir des conséquences en cascade sur le reste de la finance mondiale. Le groupe avait en effet souscrit des milliers de milliards de dollars de contrats assurant le bon remboursement d'emprunts à risques. Quand le secteur immobilier s'est enfoncé dans la crise et que ces emprunts ont perdu leur valeur, ceux qui avaient souscrit un contrat auprès d'AIG se sont retournés vers lui, confrontant l'assureur à une dette insurmontable.

 

(Belga)

Source : rtbf.be

Repost0
21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 22:24

 

Un Texte de Junon MONETA www.alter-europa.com

A.    Rappel des faits.

Pratiquement partout dans le monde, les « responsables » politiques, les gouverneurs des banques centrales et les institutions internationales ont volé au secours de la Haute Finance, à savoir les banques commerciales (IFM en Europe), les banques d’affaires, les assureurs, les réassureurs et les fonds communs de placement. Ils ont recapitalisé (capitaux directs et/ou quasi-directs) ces entreprises privées de la Haute Finance avec des fonds publics pour environ 2.000 MD$ dans le monde après avoir encouragé l’empilement de risques démesurés au sein du système monétaire et financier pendant plus de trente ans.

Un seul homme s’est comporté de manière exemplaire dans ces milieux : Dominique STRAUSS-KHAN, directeur du Fonds Monétaire International. Il a toujours dit la vérité, il a toujours  défendu le point de vue des peuples oubliés, il a mis en avant le risque d’une grande dépression et d’un protectionnisme guerrier. Pour éviter le pire, il a voulu « changer les choses » en matière de gouvernance et de surveillance des pratiques financières sans obtenir les moyens d’action nécessaires. 

A contrario, tous les responsables européens (politiques, monétaires et financiers) ont nié ces problèmes jusqu’à la fin septembre 2008 mais, devant l’évidence d’une faillite pure et simple du système bancaire, les Etats de l’Euroland n’ont cessé d’apporter leur contribution réelle ou déguisée au capital des banques pour +250 MD$ (200MD€). Cela ne suffisait pas : ils ont dû garantir toutes les transactions interbancaires pour +2.000 MD$ (1.500 MD€). Depuis lors, ces monstres de la Haute Finance acceptent à nouveau de se faire confiance entre eux, et tout le monde est « rassuré ».

La confiance ? Seulement entre eux... Certes, les marchés de crédits interbancaires fonctionnent à nouveau mais la Haute Finance traîne des pieds pour acheter de nouveaux Bons d’Etat, donc pour prêter de l’argent aux Gouvernements qui les ont sauvés de la faillite… Bien entendu, les entreprises, autres que celles qu’ils contrôlent parfaitement, sont écartées du « marché des crédits et des prêts » et doivent s’adresser à leurs filiales, les Sociétés de Crédit, à des taux bien plus élevés que le taux directeur qui fait l’objet de tant de commentaires inutiles. Les dépôts de bilan, les licenciements sauvages et la misère sociale deviennent la règle, justement à cause de ces grands prédateurs qui tuent nos emplois et nos vies avec la complicité des Etats.

Mieux, les gouvernements eurolandais ont dû garantir tous les dépôts des résidents et des non-résidents pour que ceux-ci ne retirent pas leur argent du système bancaire et des systèmes d’assurance. Coût réel de l’opération si la méfiance s’emballait, uniquement à ce niveau-là? Vingt-mille milliards d’euros à fin 2007 (±25.000 MD$) et plus de vingt-trois mille milliards d’euros à fin 2008 (±29.000MD$).

Le système néolibéral est cliniquement mort depuis la fin du mois d’août 2006, début de la crise des crédits « subprime », mais les Ministres des Finances en Europe et les Secrétaires au Trésor aux Etats-Unis s’acharnent pour sauver les plus grands escrocs du système!

Toutes les interventions des pompiers incendiaires, encensés de façon outrancière par des médias aux ordres, ont produit l’effet contraire de ce qu’ils recherchaient : la méfiance vis-à-vis des banques et des assureurs a augmenté (chute vertigineuse de leur valeur boursière et hausse de l’or). En corollaire, toute l’Economie Réelle est infestée par les métastases de ce cancer monétaire, financier et finalement politique au point que les fonds publics sont partout nécessaires : dans l’automobile, dans la construction, dans les transports... En fait, le cancer est partout ! Pour la seule Zone Euro, les entreprises cotées ont perdu plus de 2.500 milliards d’euros entre la fin janvier 2007 et la fin décembre 2008, une situation qui traduit très partiellement le blocage total de l’Economie Réelle. En effet, seuls les grands groupes économiques et financiers établis en Zone Euro sont répertoriés dans ces statistiques officielles.

Malgré les résultats insolents des groupes pétroliers (de l’ordre de 150 MD$), l’impact global sera - pour la seule Zone Euro - une perte globale de 10.000 MD€ (13.000 MD$), une année complète de PIB, alors que pour l’ensemble du monde, les pertes seront probablement de 50.000 MD$. 

L’EURO PROTECTEUR? La bonne gestion de l’euro par J.C TRICHET et par tous les Hauts Fonctionnaires des banques centrales nationales? Bien au contraire, c’est un véritable désastre auquel nous assistons, et c’est toujours l’impunité totale qui protège ces « irresponsables »…

B.    Les escrocs du système doivent survivre ! En réalité, ils ne survivront pas !

Beaucoup de commentateurs n’ont toujours pas fait la différence entre les concepts de « capitalisme », de « libéralisme » et de « néolibéralisme ». Et donc, ils font tous les amalgames inimaginables entre les causes et les effets de cette Grande Crise que nous sommes en train de vivre.

D’un côté, les partis d’extrême-gauche se disent « anticapitalistes » et annoncent toujours « le Grand Soir ». D’un autre côté, Alain MINC, le bonimenteur de service, nous dit que : « Tel le Phoenix qui renaît toujours de ses cendres, le capitalisme survivra ». Enfin, les économistes médiatisés parlent du néolibéralisme comme d’un « futur capitalisme à visage humain » réglementé à l’échelle mondiale, alors que ce système est cliniquement mort depuis août 2006.

En réalité, le néolibéralisme est un très vieux système puisqu’il était déjà en vigueur en Grèce Antique (voir notre premier livre sur le site d’ALTER-EUROPA). Malgré les réflexions des plus grands philosophes de l’Occident (Socrate, Platon et Aristote) et malgré le courage d’Aristophane (auteur de pièces satiriques très populaires),  ce système a conduit la Grèce à sa disparition totale il y a vingt-trois siècles.

Il faut donc comprendre en quoi ce « système des nouvelles libertés » réunit les conditions nécessaires et suffisantes pour faire disparaître notre propre civilisation occidentale en très peu de temps, en Europe et aux Etats-Unis… Et donc, Alain MINC a raison, le capitalisme renaîtra de ses cendres… sur d’autres continents… puisque nous sommes incapables de lutter contre le pire poison de toutes les civilisations : « la cigüe de Socrate ».  

En effet, toutes les grandes civilisations (qui nous ont laissé des traces écrites) sont mortes de la même façon : la Grèce Antique « démocratique », l’Empire des grandes conquêtes romaines, et finalement toute l’Europe du Sud (Italie du Nord, Espagne et Portugal) qui a préféré les trésors du Levant, de l’Inde, de l’Amérique, de l’Asie… L’Europe du Nord a elle-même évité la sanction suprême grâce à l’Amérique de Roosevelt et à son programme post-mortem, le plan MARSHALL.

Tous ces grands foyers de civilisation ont tous connu les mêmes formes de prédation, toujours les mêmes, qui ont conduit les peuples à la MISERE, un concept développé par Aristophane pour le distinguer de la PAUVRETE. C’est finalement ARISTOTE qui a « débusqué » le concept ultime pour expliquer et pour combattre ce désastre (voir le livre I).

Pour isoler ce « nouveau système » de tous les autres « systèmes de gouvernance », il faut d’abord identifier les prédateurs, toujours les mêmes : les financiers, les grands propriétaires fonciers et immobiliers, les commerçants internationaux (multinationales peu scrupuleuses) et les grands distributeurs (Grandes et Moyennes Surfaces).

Leurs pratiques sont toujours les mêmes, elles aussi : l’affaiblissement des Etats avec la complicité des Hauts Fonctionnaires, les éternels « jamais élus, jamais responsables, jamais coupables ». Et donc, même si les passe-droits, la fausse monnaie et le pillage du Bien Public ont toujours été les moyens privilégiés pour imposer une oppression et une répression des peuples, le « système des nouvelles libertés » utilise d’autres armes bien plus destructrices. En effet, pour bien affaiblir les Etats, le néolibéralisme a privatisé la monnaie, il l’a rendue abondante, il l’a concentrée dans les mains de quelques élus (des hauts fonctionnaires devenus de puissants financiers) mais il a surtout obtenu l’ouverture inconditionnelle des frontières pour exploiter tout le potentiel des paradis fiscaux, des paradis sociaux et même des paradis judiciaires.

En créant une « pénurie de travail » sur le sol national, et donc en puisant de la main d’œuvre bon marché dans un « vaste réservoir mondial d’esclaves », contrôlé par les pires dictatures de la planète, les multinationales, inféodées à la Haute Finance, importent des produits et des services à « prix cassés » pour les revendre avec les plus grands bénéfices, et donc pour concurrencer et pour détruire les entreprises les plus « loyales ».

La recette a d’abord été appliquée timidement par le biais des sous-traitances mettant à genoux les PME-PMI nationales et régionales, puis avec les « délocalisations » dans le cadre de ce merveilleux projet de « mondialisation heureuse ». Toutes ces recettes ont fait la richesse des groupes de la grande distribution et celle des groupes d’équipement des ménages. Peu à peu, les GMS ont imposé leurs « fausses marques » à tous les secteurs : l’alimentaire, l’électroménager et tous les biens durables (équipement de la maison) avec des produits fabriqués en Europe Centrale, en Europe de l’Est, en Turquie et surtout en Chine.

Même TOTAL et les Majors du Pétrole (plus de 150 milliards de dollars de profits nets en 2008) préféraient embaucher des Portugais et des Polonais sous-payés au Royaume-Uni (avant une révolte des Anglais), et ils n’hésitent toujours pas à réquisitionner les armées des pires dictatures pour « protéger » leurs investissements dans les pays à risques.

Une autre recette pour affaiblir les Etats consiste à refuser l’harmonisation des règles sociales, des règles fiscales, des contraintes de réciprocité et d’équilibre dans les échanges extérieurs. L’Union Européenne a « institutionnalisé » et justifié cette absence de règles dans son projet de Constitution, dont le traité de Lisbonne en est la version la plus récente. L’Union Européenne veut donc une mondialisation du commerce (OMC) et de la Défense (OTAN), une liberté toujours plus grande des flux financiers entre « les gens de bonne compagnie » vers les paradis fiscaux, une concurrence sociale entre les populations et bien sûr un accès monopolisé à plus de financements privés (BCE)… Les marchés intérieurs deviennent des zones de racket organisé pour voler à toutes les populations leur droit de subsistance et leur droit à l’existence.

Les prédateurs ont gagné beaucoup d’argent avec ce système mais ils ne survivront pas, tout simplement parce que, par égoïsme et par cupidité, ils ont « oublié » la règle de base d’une Economie de Marché florissante. Le  « marché » est en effet un vaste « circuit de revenus et de dépenses » (KEYNES) qui ne peut résister très longtemps aux fuites extérieures et à l’appauvrissement continuel des acheteurs proches et plus lointains. La désertification économique? C’est loin d’être un concept vide de sens : ARISTOPHANE en avait parlé il y a vingt-quatre siècles, et c’est exactement de cette façon que le « néolibéralisme sauvage» a creusé la tombe des « ploutocrates » grecs, romains et méditerranéens : par la mort économique de leurs clients les plus proches et les plus lointains…

En fait, nos « ploutocrates modernes » sont déjà cliniquement morts mais nos gouvernements pratiquent un acharnement thérapeutique de plus en plus démesuré pour les sauver. Mieux, avec les armes qui les ont portés aux nues (marché des capitaux), ils sont en train de s’autodétruire à la vitesse « V ».

C.    Une « sortie de crise » ? Oui, une seule !

D’abord, l’objectif : nous devons « sortir de cette grande crise » et donc remettre nos populations sur le chemin de la création collective de richesses, immatérielles bien plus que matérielles.

Ensuite, les moyens : nous devons impérativement changer l’Europe et changer l’Euro pour y parvenir dans les plus brefs délais. La première condition est donc de changer le système politique, le système monétaire et le système financier en écartant tous les mandarins qui nous gouvernent.

Pour réaliser cet objectif de sortie de crise, il faut changer les élites du système. Mieux, il faut surtout changer la mentalité de nos dirigeants, les choisir en fonction de leurs capacités à exercer des fonctions d’animation, et non plus des fonctions d’oppression et de répression au service des plus grands corrupteurs. Or, avec ou sans leur consentement, il nous est possible de fixer les règles du jeu qui les maintiendront sur le rail de l’honnêteté, de l’efficacité et de l’efficience. Il suffira donc de décliner ces valeurs philosophiques partout au sein de notre Société : dans tous nos systèmes, dans toutes nos administrations, dans toutes nos organisations.

ARISTOTE a décortiqué ces valeurs, sans pouvoir les décliner au sein de la société grecque (livre I) car il fut menacé d’un procès et d’une mort semblables à ce que vécut SOCRATE. Rien n’est un hasard : ARISTOTE avait mis le doigt sur le vrai mal et sur le vrai remède. Malheureusement, il dût fuir Athènes dans la plus grande précipitation et c’est la Grèce tout entière qui sombra corps et biens dans la foulée. Un sort funeste que nous devons éviter pour notre propre Civilisation en agissant rapidement !

Merci de réagir, et surtout de faire réagir le plus grand nombre d’entre nous,

ALTER-EUROPA

Pour une Autre Europe…

Et (bien sûr) pour un Autre Euro…

JUNON MONETA
Site: www.alter-europa.com
Groupe de discussion: Europe & Euro

Repost0
14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 01:23

Pourquoi vouloir faire de Fortis un GRAND groupe? Pourquoi ne pas ravaler son orgueil et revenir au métier de base d’une banque ? Une banque centrée sur le client et le service et pas sur le profit. Une banque qui se contente de marges raisonnables et qui privilégie les communautés locales. Une banque un peu à l'image de la CGER avant privatisation et rachat par Fortis.


Dans un entretien(1) Rik VAN BEVER, ex-dirigeant du puissant syndicat CGSP de la CGER, affirme qu' « en trois ans, Fortis a récupéré en profits deux fois le prix d’achat de la CGER (3 milliards d’euros). »


Rik VAN BEVER précise également:

* Les banques privées exigent des rendements de 10 ou 15 %, la CGER se contentait de 2 ou 3 %.


* Elle ne proposait pas des produits toxiques, mais de bons produits comme les carnets d’épargne, les comptes universels (comptes à vue), les bons d’épargne, les prêts hypothécaires…


* A l’origine, la CGER n’avait pas d’agences. L’épargne populaire, par exemple, était collectée par le biais des bureaux de poste.


* La CGER accordait aussi plein de subsides aux universités, aux hôpitaux, au Fonds de la recherche contre le cancer… Idem pour le personnel, il y avait un service social, avec des médecins et des dentistes qui vous soignaient au sein même de l’entreprise. Et si vous alliez à l’hôpital, la facture était remboursée à 90 %.


Alors, pourquoi avoir privatisé cette banque???


C'est pour des raisons idéologiques que l'Europe dans un accès de puissance et de grandeur a poussé à ce genre de pratique, sous prétexte que la sécurité sociale et les finances n'y survivraient pas: « Philippe MAYSTADT(ministre des Finances PSC) disait que l’État avait besoin de l’argent de cette vente pour réduire la dette de l’État afin de respecter les normes de Maastricht pour pouvoir participer à l’euro. Freddy WILLOCKX (ministre SP) (…) a dit : on a besoin de ça pour sauver la sécu… »(1)


Le succès et la déconfiture fulgurante de Fortis et d'autres grandes banques tiennent essentiellement de l'idéologie de la mondialisation et de la croissance. Que la grenouille se fasse plus grosse que le bœuf. Et le bœuf plus gros que l’éléphant. Et l’éléphant plus gros que la baleine. Et la baleine… Jusqu'où ira-t-on?


Pourquoi ne pas, pour une fois, laisser les ambitions, les envies de grandeur et l’égoïsme au placard ?


Profitons de cette débâcle pour faire du nettoyage.


1) Virons, en même temps, REYNDERS, le management Fortis et les actifs toxiques.

2) Faisons de Fortis une BANQUE PUBLIQUE POPULAIRE.

3) Supprimons toutes les filiales douteuses et concentrons nous sur l'essentiel: le citoyen et l'économie locale.


Qu'y a-t-il de si compliqué à revenir à une CGER proche du citoyen? Puisque c'est bien le contribuable qui rattrape la sauce, pourquoi n'aurait-il pas son mot à dire lui aussi? Une assemblée des actionnaires, des patrons perfides et un gouvernement avide de pouvoir et d’ambitions, c’est bien beau tout ça, mais le citoyen qui paye ses impôts, comme dit si bien REYNDERS, lui n’est pas invité ?


La société civile, du petit ouvrier, à l’employé en passant par le petit commerçant n'ont que faire des spéculations mondiales. Ils n'ont que faire du brouhaha financier mondial. Tout ce que veulent les petites gens que nous sommes c'est assez d'argent pour nourrir, chauffer et abriter nos familles. Assez d’argent pour nous déplacer, nous soigner, scolariser nos enfants et partir en vacances de temps en temps. Ni plus, ni moins. Est-ce tant demander?


Des actifs toxiques? Tant pis pour tous ceux qui y ont cru. Tant pis pour les avares. Pour les naïfs, il faudrait tout de même traduire en justice les responsables. Il est temps de prendre un balai et de faire le ménage.


Créons une banque populaire proche du citoyen un peu à l'image de la Kiwi banque en Nouvelle Zélande dont Marco VAN HEES parle dans un article titré
Créons une banque publique, sur le modèle de la kiwibank


Nous pourrions aussi nous inspirer du modèle Triodos ou Credal qui ne financent que des projets éthiques, solidaires et/ou écologiques et qui ne font pas appel au marché interbancaire. Rien ne nous empêche de mettre notre épargne en commun pour financer des projets locaux auxquels nous croyons et que nous souhaiterions voire se développer. Ce genre d'initiative existe déjà à Ottignies sous le nom des ECUS BALADEURS.


Pour la Belgique, signalons deux sites:
www.rfa.be (Réseau financement alternatif) et www.financite.be qui compilent une information abondante et pratique sur les placements éthique et solidaires.


Nous pourrions aussi nous inspirer des banques coopératives comme
la NEF et le crédit coopératif en France. Alternative Bank Schweiz en Suisse. Banca Etica en Italie. Fiare en Espagne.


Bien sûr, les banques populaires, caisse d'épargnes et crédit mutualistes existent depuis longtemps. Rien de nouveau sous le soleil. Ces banques restent des banques qui fonctionnent dans et avec le système. Des banques avec obligation de résultats, de rentabilité et taux d'intérêts. Ce n'est donc jamais que du capitalisme aménagé qui ne change rien à l’idée de base. C'est néanmoins un premier pas dans la bonne direction: favoriser l'éthique, le solidaire, l'environnement et le local avant tout.


Il faudrait cependant aller beaucoup plus loin en revoyant tous les fondements de notre économie et de notre système bancaire et monétaire. Ce sera l'objet du prochain article.

 

Notes

(1) « Les banques privées ont démontré l’utilité d’une banque publique »

 

Repost0
23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 11:35

Libre opinion de Bernard Guerrien
Texte tiré du site pseudo-sciences

SPS n° 269 octobre 2005

Bernard Guerrien est Maître de conférences à l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne.


L’économie, en tant que discipline, a de quoi laisser perplexe un observateur extérieur. D’une part, les économistes sont souvent considérés comme des charlatans qui se servent d’un langage obscur et font des prédictions douteuses, si ce n’est contradictoires ; d’autre part, ils utilisent abondamment les mathématiques - au niveau des publications académiques, seule la physique théorique fait mieux qu’eux, si on peut dire -, ce qui est généralement considéré comme typique d’une démarche rigoureuse et scientifique.


Comment expliquer cette situation étrange ? D’abord, par la complexité de l’objet de leurs réflexions qui fait qu’on ne peut trancher par l’expérimentation entre diverses théories. John Stuart Mill disait, il y a bien longtemps, que l’obstacle majeur vient de la difficulté de faire des expériences sur les phénomènes sociaux en raison de la multitude de paramètres à prendre compte et de leur mouvance permanente. La reproductibilité devient alors impossible, « parce qu’il serait impossible de reconnaître et d’enregistrer tous les faits de chaque cas » [1], et, aussi, car prisonnière de l’exigence d’un temps d’analyse très long, les conditions se créent et s’annihilent au fur et à mesure.


Il est vrai qu’en astronomie, par exemple, on ne peut pas non plus faire d’expériences. Mais « les causes qui influent sur le résultat [y] sont peu nombreuses ; elles changent peu et toujours d’après des lois connues », ce qui permet notamment de faire des prédictions. « Au contraire, les circonstances qui agissent sur la condition et la marche de la société sont innombrables et changent perpétuellement ; et quoique ces changements aient des causes et, par conséquence, des lois, la multitude des causes est telle qu’elle défie tous nos efforts de calcul. Ajoutez que l’impossibilité d’appliquer

des nombres précis à des faits de cette nature met une limite infranchissable à la possibilité de les calculer à l’avance, lors même que l’intelligence humaine serait à la hauteur de la tâche » [2].


Une démarche hypothético-déductive

Mill n’en déduit pas qu’il ne faut rien faire. Bien au contraire, il pense qu’il faut adopter ce qu’il appelle la « démarche de la physique », consistant à déduire à partir d’un petit nombre d’hypothèses simples des propriétés qui joueraient le rôle de tendances : sans faire des prédictions exactes, essayer de voir la direction du mouvement. C’est ainsi qu’il explique que c’est en décomposant chaque tendance, ses causes accessibles à l’observation et ses effets individuels sur la société, que des « tendances plus puissantes que d’autres » [3] pourraient être dégagées, donnant une direction possible à la compréhension.


Parmi les « lois de la nature humaine », il y a le penchant à assouvir ses besoins, l’intérêt personnel, qualifié d’« égoïsme » ou d’« amour de soi », dont personne ne peut nier l’existence ni l’importance. Il suffit toutefois d’observer un peu autour de soi, ou de s’observer soi-même, pour constater que ce penchant en est un parmi d’autres - bienveillance envers ses congénères, importance donnée à la famille, ou au clan, sens de l’honneur, de la justice, etc. - qui agissent souvent comme des « contre tendances » à l’égoïsme.


Les théories économiques partent donc pratiquement toutes d’un petit nombre de postulats simples - qui relèvent de l’observation, sur les comportements humains ou de certaines régularités à un niveau plus global - dont elles cherchent à déduire des conséquences, susceptibles d’être décelées, du moins en tant que tendances, dans les statistiques ou dans les expériences vécues par nos sociétés, présentes ou passées. Le problème, et les divergences entre économistes, tient au grand nombre de relations causales envisageables, et donc à leur importance relative. D’où l’existence de modèles très différents, qui peuvent apporter des lumières sur ce qui a pu se passer dans tel ou tel endroit, à telle ou telle époque, mais pas du tout dans d’autres endroits ou époques. Il y a évidemment toujours l’espoir d’« expliquer » pourquoi il en est ainsi, en invoquant des facteurs dont on n’a pas tenu compte - parce que, par exemple, ils ne sont pas quantifiables. Les économistes sont connus par le peu de fiabilité de leurs prévisions, mais aussi par leur capacité à expliquer a posteriori, par des « chocs » ou par toutes sortes d’évènements imprévus (et imprévisibles), pourquoi ils ont pu fournir de mauvaises indications.


Une profession très sollicitée

Jusque là, on peut toutefois considérer que la démarche des économistes est scientifique, puisqu’ils cherchent à expliquer certains aspects de la réalité, à établir des relations causales, ou du moins à dégager des tendances, qu’ils essaient de quantifier en utilisant les statistiques disponibles, ou qu’ils collectent. Il leur est cependant difficile d’adopter un profil bas, en reconnaissant que la théorie est sommaire, que la portée de ses modèles est vraiment très limitée et, qu’en fait, on ne sait pas grand chose. Cela d’autant plus que leur profession est très sollicitée par les pouvoirs publics, et par la société en général, qui aimeraient savoir où on en est et, surtout, ce qu’il faut faire pour résoudre tel ou tel problème (chômage, inflation, déficit extérieur, etc.).


La tentation est alors grande de « faire tourner » des modèles formés de bric et de broc, pour fournir prévisions et conseils. Pour cela, la puissance des ordinateurs aidant, des équations censées décrire des comportements de plus en plus raffinés ou tenant compte de caractéristiques sectorielles, régionales, ou tout ce que l’on veut, vont être empilées. Ce qui n’est pas sans poser des problèmes au niveau du traitement statistique (données insuffisantes au vu du nombre de variables prises en compte) et même de cohérence théorique - incompatibilité des comportements décrits par certaines équations. Le partage des variables entre « explicatives » et « expliquées  » est aussi source d’âpres débats.


À côté de ceux qui font tourner ces modèles dans les ministères, les banques, les grandes institutions internationales, il y a les théoriciens qui les inspirent - qu’on trouve surtout à l’université. Contrairement aux sciences de la nature, le théoricien est, dans le cas présent, partie prenante de la réalité qu’il veut décrire, ou comprendre. Sa vision de la société est largement influencée par la place qu’il y occupe, son vécu, ses expériences, ses relations. Il a forcément une opinion sur « ce qui va » et sur « ce qui ne va pas », et donc sur ce qu’il faut faire pour que ça aille mieux. Son opinion va donc conditionner, si ce n’est déterminer, sa réflexion et ses recherches sur ce qui est. Devant la complexité de la réalité sociale, il va choisir les points de départ - les axiomes - de sa théorie, pour en déduire des « résultats » et conclusions. En fait, très souvent, il va élaborer une théorie dans la perspective de prouver - si possible, en faussant usage des mathématiques - que ses croyances, ses opinions a priori sur ce que doit être une bonne société, sont justifiées. Et c’est évidemment à ce moment là que l’on tombe dans la pseudo-science, même si elle prend l’apparence honorable d’équations et de déductions impeccables. Prenons deux exemples significatifs.


Des modèles absurdes parés de mathématiques complexes

Une des croyances les plus ancrées chez la plupart des économistes est que le marché est efficace, au sens où il épuise toutes les occasions d’échanges mutuellement avantageux - du moins s’il n’est pas entravé par des réglementations ou par des « imperfections » comme les monopoles, ou d’autres phénomènes du genre.


Si on veut donner forme à cette croyance, on voit immédiatement qu’elle est loin d’aller de soi : chacun doit chercher des partenaires pour faire des échanges, qui ne peuvent être que partiels, puis négocier les prix auxquels ils peuvent se faire, ce qui prend du temps et des ressources sans qu’on puisse dire où cela va s’arrêter - si ça s’arrête. En fait, il existe un moyen d’éviter ce processus complexe, au résultat incertain : on suppose qu’il existe une entité centrale qui propose des prix (on évite le problème des marchandages bilatéraux), que les ménages et les entreprises font des offres et des demandes à ces prix, que l’entité centrale confronte globalement ces offres et ces demandes (afin de déceler toutes les possibilités d’échanges mutuellement avantageux), en augmentant le prix des biens dont la demande globale est supérieure à l’offre globale et en diminuant ceux des autres. Quand l’entité centrale a trouvé les prix qui égalisent les offres et les demandes globales - les « prix d’équilibre » - alors elle organise les échanges, chacun lui apportant ce qu’il offre, et emportant ce qu’il demande, à ces prix. Il est alors clair que toutes les possibilités d’échanges mutuellement avantageux seront épuisées et ce, sans coût (l’entité centrale s’occupant de tout). Le comble, les préjugés l’emportant alors sur la raison, c’est que ce modèle est présenté comme celui de la « concurrence parfaite », du marché idéal. Seuls les initiés qui peuvent décrypter ses équations savent qu’il décrit, en fait, un système ultra centralisé - qui n’a rien à voir avec l’idée qu’on se fait habituellement du marché. Pour les autres, les manuels et les ouvrages de plus ou moins large diffusion, ce modèle est présenté de façon suffisamment floue comme pour laisser croire qu’on a « démontré mathématiquement » que la concurrence est parfaite, car elle permet une « affectation optimale des ressources ». On est près de l’escroquerie intellectuelle, même si elle est plus ou moins inconsciente - telle est la force des croyances, des préjugés. Une bonne partie de la théorie économique formalisée est pourtant construite autour de ce modèle, présenté comme décrivant le marché par excellence.

 


Un autre exemple d’aberration est celui, très à la mode, des modèles dits à « agent représentatif », où la production, la consommation, l’investissement, l’emploi et d’autres caractéristiques de l’économie d’un pays sont présentées comme résultant des choix d’un individu, du genre Robinson Crusoé, qui doit notamment décider combien il produit, consomme et investit, pendant une certaine période de temps. Ces choix vont alors être comparés à ce qui s’est passé dans un pays donné (la France, par exemple) concernant le PIB, la consommation, l’investissement, le taux de chômage, le niveau des prix, pendant une période similaire.


Le « truc » consiste alors à donner aux paramètres qui caractérisent l’individu fictif - paramètres censés représenter ses goûts et les techniques dont il dispose - des valeurs telles que ses choix ressemblent le plus possible aux évolutions observées dans ce pays. Puis on dira qu’on a ainsi réussi à « simuler », si ce n’est expliquer, ce qui s’est passé dans ce pays, comme si celui-ci se comportait comme un seul individu, confronté de fait à des décisions d’ordre purement technique - ce sont d’ailleurs les techniques mathématiques du contrôle optimal qui sont utilisées pour caractériser ces décisions. Le « Prix Nobel » que se sont fabriqués les économistes a été attribué à plusieurs d’entre eux pour leur « contribution » à ce non-sens. On est en plein délire, mais comme il se pare de mathématiques compliquées, rares sont ceux qui s’en rendent compte. Parmi eux, il y a ceux qui ont bâti leur carrière sur lui, et qui préfèrent rester discrets  : personne n’aime scier la branche sur laquelle il est assis ! C’est pourquoi, malheureusement, cette farce dure depuis longtemps, et risque de durer encore longtemps.


Des étudiants lucides s’interrogent

Lorsque des étudiants un peu lucides, et ayant une bonne formation mathématique, ont fait remarquer à ceux qui leur enseignent l’absurdité de leurs modèles, ils n’ont eu pour réponse que le silence, le mépris ou la remarque péremptoire : « si on ne fait pas ça, on ne fait rien ! ». Pour réagir contre un telle attitude, incompatible avec une démarche scientifique, ils se sont regroupés dans une association, le Mouvement des étudiants pour une réforme de l’enseignement de l’économie [4].


[1] John Stuart Mill, Système de Logique déductive et inductive, Mardaga Editeur, 1988, p. 459.

[2] Ibid, p. 467.

[3] Ibid, p 490.

[4] Voir le site : www.autisme-economie.org.

Repost0
17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 10:31

Extraits de l’introduction

« Quand le bégaiement de la finance libéralisée est à ce point bruyant, la compulsion de répétition à ce point visible, et que reviennent sans cesse, sous des formes à peine modifiées, les mêmes catastrophes de l’instabilité et de l’incurie financières réunies, il ne reste plus aux amis des marchés que les arguments du quiétisme philosophique, puis celui de l’histoire longue, bref le registre de la sagesse - mais surtout à l’usage des autres. Avec le fatalisme équanime et distingué de ceux qui n’ont jamais eu à souffrir de la fatalité, l’hebdomadaire The Economist, tout entier acquis à la cause des marchés, décline le registre du « c’est ainsi » : « la crise est le prix de l’innovation » (1), « les financiers ont découvert qu’ils avaient créé des risques qu’ils sont incapables de maîtriser. Ça n’est pas une raison pour condamner globalement le système : il est bien trop utile » (2) , et tout cela dit avec un impeccable flegme - en fait celui de qui n’a jamais eu à payer les pots cassés. « Comme le reconnaît M. Paulson, une meilleure régulation ne nous évitera pas une explosion tous les cinq ou dix ans. À ce moment-là se feront de nouveau entendre des clameurs de changement (3) » - il faut donc que les victimes du credit crunch, entreprises conduites au dépôt de bilan faute de renouvellement de leurs crédits et salariés laissés sur le carreau, apprennent un peu à devenir philosophes et à enfin acquiescer au cycle des saisons financières, qu’on ne changera pas davantage que celui des révolutions cosmiques. Dans sa profonde sagesse The Economist fait preuve d’indulgence par anticipation : il y aura inévitablement « des clameurs », mais n’est-ce pas le prix - bénin - à payer de s’adresser à la foule immature et braillarde ?

Frédéric LORDON donnera une conférence en compagnie d'Etienne de Callatay (économiste à la Banque Degroof) à 19h30 le 20 novembre à 4000 Liège,  aux HEC, Rue Louvrex, 14: http://www.local.attac.org/liege/pdf/Affiche_finance03_nov2008.pdf

Révisionnisme historique

Il y a peut-être pire que la morgue des satisfaits : leur révisionnisme historique. The Economist, encore lui, invite à peser les conséquences d’un geste régulateur inconsidéré à l’aune de l’histoire : on ne saurait aller « contre cinq siècles de booms et d’effondrements financiers » (4) ; oui « un système financier sophistiqué et innovant est susceptible de crises destructrices, mais un système étroitement régulé condamne l’économie à la croissance lente » (5). On passera sur le barbarisme historiographique qui consiste à faire croire que nous vivrions dans « le capitalisme financiarisé » depuis cinq siècles - même s’il y a sans doute quelque chose de vrai dans la référence lointaine : à défaut d’avoir jamais pris le degré d’organisation en système financier qui est le leur actuellement, les mécanismes spéculatifs ont fait connaître de longue date leurs nuisances. Il y aurait donc une lecture exactement inverse à faire de cette histoire longue, non pas la lecture fataliste du « c’est ainsi », mais la lecture avertie, et en fait simplement conséquente, consistant à ne pas vouloir laisser se réinstaller, qui plus est à une échelle élargie, des mécanismes dont la désastreuse instabilité a été si souvent avérée. À qui n’aurait pas été affligé des oeillères de la théorie dominante, il aurait été facile de relire des auteurs - Keynes, Kindleberger ou Minsky - dont la lucidité analytique, instruite des débâcles du tournant du XXe siècle, a montré de quelles catastrophes la finance de marché était capable, et surtout quels en étaient les mécanismes les plus généraux, transportés à l’identique dans le temps. La déréglementation financière du milieu des années 1980 restera au total comme un cas d’école de l’ignorance crasse des enseignements de l’histoire et de la théorie économique la plus éclairée. Du jour où elle a été lancée, et sans nul besoin d’avoir à se figurer les futures trouvailles de l’ « innovation financière », un observateur qui n’aurait pas été complètement intoxiqué par la doctrine « de l’efficience et de l’autorégulation des marchés » aurait pu génériquement annoncer les désastres à venir. Est-il fortuit qu’à peine vieille de deux ans, la déréglementation nous ait fait renouer en 1987 avec un « octobre noir » de Wall Street, pareil à celui de 1929 et ressorti tel quel des congélateurs de l’histoire ou, plus fort encore, que la crise des subprimes nous gratifie avec Northern Rock d’une panique bancaire que le Royaume-Uni n’avait pas connue depuis… 1 866 ? ! Il n’y a hélas rien de nouveau sous le soleil des marchés libéralisés - pas même l’amnésie de ceux qui, en toute inconscience, leur rouvrent la porte à intervalles réguliers.

Mais dans l’histoire revue et corrigée par The Economist, l’alternative de « la sophistication performante » et de « la régulation à croissance faible » ne laisse pas moins rêveur. L’hebdomadaire libéral a visiblement oublié que la déréglementation financière aura été corrélée dans bon nombre de pays industrialisés avec une croissance très médiocre. En tout cas beaucoup plus faible que celle des années 1945-1975, réalisée dans une configuration du capitalisme qui avait eu la prudence de laisser la finance enfermée à double tour ! On attend toujours du système « sophistiqué » la croissance à 5 % et le plein-emploi du système « régulé » et « archaïque ». Ceux qui ne peuvent recevoir ce genre de référence sans y voir aussitôt le projet passéiste d’un retour à l’ « âge d’or » sont incapables de comprendre qu’on puisse en faire un usage simplement logique - mais fatal. Car il suffit d’un seul contre-exemple pour détruire une généralité. On comprend mieux qu’ils veuillent tant chasser la période du contre-exemple fordien de leur souvenir puisqu’elle est une de ces taches indélébiles de l’histoire qui ruine sans appel la proposition générale du capitalisme financiarisé comme forme universelle et universellement supérieure de l’organisation économique. Le déni révisionniste est alors tout ce qui leur reste, à l’image d’un Alan Greenspan (6) qui n’hésite pas à soutenir que « la régulation, la supposée solution à la crise d’aujourd’hui, n’a jamais été capable d’éliminer les crises de l’histoire » (7). Alan Greenspan sait-il que la régulation est précisément ce qui nous a permis de traverser les années 1945-1985 sans une seule crise financière ? Ou feint-il seulement de l’oublier ?

N’est-il pas pourtant grand temps de se décider à mettre un terme à l’éternel retour de la crise financière ? Si « les choses peuvent être défaites à condition qu’on sache comment elles ont été faites », il n’y a guère d’autre solution que d’abandonner les évocations grandioses et fallacieuses de « l’histoire » pour ouvrir la boîte noire de la finance. C’est une chose en effet que de constater l’éternel retour de la crise financière, de percevoir l’invariance de ses formes sous la diversité de ses contenus, c’en est une autre d’identifier ses mécanismes fondamentaux et les forces qui la réengendrent continûment. Un paradoxe s’ajoutant à l’autre, il serait presque tentant de se laisser guider par les amis de la finance dont certains, visiblement à leur corps défendant, font état d’un sens du jugement d’une très grande sûreté, mais négativement, c’est-à-dire dans l’erreur.

L’instabilité financière

En d’autres termes, pour identifier sans se tromper ce qui est essentiellement vicié dans la finance de marché, il suffit de lire ce qui est le plus célébré par ses idéologues. Éric Le Boucher, dans le journal le Monde : « L’hyperfinance est à la fois fondamentalement bonne et fondamentalement mauvaise. Fondamentalement bonne, (elle) l’est parce qu’elle est fondée sur la compétition et sur l’innovation. Fondamentalement mauvaise, elle l’est parce qu’elle repose sur le mimétisme et l’aventurisme. » (8) Comme souvent, la dialectique sonne le temps des compromis, c’est-à-dire des révisions déchirantes, ou plutôt des révisions déniées, mises en phrases autocontradictoires. En application du principe de lecture inversée, il faut reconnaître à Éric Le Boucher de pointer avec une parfaite sûreté le coeur de l’instabilité financière : la concurrence et l’innovation ! Caractéristique de la pensée sens dessus dessous, les raisons du « fondamentalement bon » sont en fait celles du « fondamentalement mauvais », et les mots lâchés au titre du « fondamentalement mauvais » sont de parfaites illustrations de ceux qui parlent du « fondamentalement bon » (lequel révèle du coup sa nature fondamentalement mauvaise !) : le mimétisme est le produit direct de la concurrence, et l’aventurisme celui de l’innovation financière. Il s’en déduit trois thèses pour remettre sur ses pieds ce qui marchait sur la tête.

Thèse 1. La concurrence (alliée à la cupidité) est la force par excellence de l’aveuglement au risque et de l’emballement collectif. Le propre de la finance de marché dans la configuration présente de ses structures est que toutes les incitations y sont vicieuses ! Lâchés dans un univers qui offre des opportunités de profit sans équivalent avec le reste de l’économie réelle, et soumis à une concurrence intense qui les poussent à ce que ces profits très hauts le soient toujours davantage, les opérateurs de la finance, banques et investisseurs, sont magnétisés par l’idée du rendement au point d’en oublier son corrélat : le risque. Comme dans le secteur des médias, le secteur de la finance montre assez, contrairement aux idées reçues de l’idéologie compétitive, combien la concurrence tend à produire de l’homogène et non de la diversité. Si quelque part s’amorce une dynamique de profitabilité spéculative - un jour les actions dotcom, le lendemain les dérivés de crédit -, la concurrence, qui exige de ne pas se laisser distancer, pousse irrésistiblement les opérateurs à la rejoindre. Avec la puissante propriété de se donner raison à eux-mêmes puisque l’afflux d’investisseurs, donc de liquidités, dans ces marchés en fait monter les prix, donc les plus-values, donc les profits - et chacun de conclure « rationnellement » que le nouveau lieu du rendement a été correctement identifié. Le mécanisme d’auto-confirmation est même plus puissant encore, puisque la dynamique du prix des actifs nourrie par les forces de la concurrence mimétique s’établit pour un temps dans un régime de croissance intense et stable - et le risque semble en effet s’évanouir ! L’acharnement à poursuivre le rendement sans réserve s’en trouve décuplé. Et décuplée également l’accumulation silencieuse de risques, évidemment voués tôt ou tard à faire retour, mais sur le mode le moins contrôlé de la panique. Tous les mécanismes concurrentiels, à tous les étages de la structure financière, soutiennent ces ralliements aveugles et convainquent jusqu’aux opérateurs les plus « conservateurs » d’abandonner leurs anciennes prudences pour rejoindre l’euphorie générale.

Magie de l’innovation

Thèse 2. L’ « innovation » soutient le déni imaginaire des risques… et leur accumulation réelle. La titrisation a ainsi convaincu la communauté financière qu’elle avait enfin trouvé la martingale ultime en matière de risques de crédit. Telle est d’ailleurs la promesse générique des produits dérivés : tout peut être couvert, il n’est pas de risque pour lequel n’existe un produit spécifique permettant de s’en défaire ou de s’en protéger. Enhardis par cette assurance fallacieuse, qui n’a pour garantie que les propriétés magiques du mot « innovation », les opérateurs ont alors consenti à porter des volumes de risque parfaitement déraisonnables et dont ils n’avaient en fait aucune maîtrise.

L’incertitude radicale du marché

Thèse 3. La mesure du risque - exante est impossible. Pour toute la sophistication que lui prête une mythologie sociale savamment entretenue, à base de salles de marchés pareilles à des centres de contrôle de la NASA, de modèles mathématiques et d’analystes surdiplômés, la finance n’a strictement rien vu venir de la crise. Cette incapacité n’est pas une imperfection transitoire qui serait vouée à se résorber du fait des progrès de la science financière. C’est une carence essentielle, ontologique, qui tient à l’indétermination profonde des mouvements collectifs sur les marchés en phases critiques et à l’incertitude radicale - non probabilisable, c’est-à-dire insusceptible d’être appréhendée par les modèles probabilistes - qui en résulte. Cet état de fait indique l’insurmontable limite sur laquelle butent, et buteront toujours, les procédés actuels de la supervision financière. Ceux-ci en effet reposent entièrement sur l’hypothèse -fausse- qu’une mesure du risque ex ante et complète, c’est-à-dire résistante à un déclenchement de crise, est possible. Or elle ne l’est pas. C’est pourquoi les modèles de risques, qui peuvent être fiables quand les marchés fonctionnent « normalement », sont irrémédiablement dépassés au voisinage des points critiques et, non seulement incapables d’indiquer leur localisation, ils le sont plus encore de prévoir ce qui suit de leur franchissement.

Les marges des banques

Du renversement de cette hypothèse de la contrôlabilité ex ante des risques financiers résulte, on s’en doute, une vision du problème de la régulation prudentielle radicalement altérée. Car dans son schéma actuel, celle-ci laisse les banques s’exposer en pensant que les conséquences de l’exposition sont correctement évaluées. S’il n’en est rien, si cette évaluation n’est pas robuste à un changement de régime des marchés, comme celui qui survient quand la hausse est brutalement interrompue et que le marché se retourne, alors les marges des banques, et pas seulement les leurs, en matière d’exposition doivent être considérablement restreintes, et cela d’autant plus que les forces de la concurrence aussi bien que les fantasmes entretenus par « l’innovation » ne cessent de pousser à des prises de risque toujours plus importantes. Est-il possible de donner forme plus concrète à ce principe général ? Oui, pourvu qu’on ait d’abord fait l’analyse des mécanismes détaillés que la crise présente a au moins eu pour avantage d’avoir généreusement mis à nu, et qu’on sache alors exactement où poser les verrous. Contrairement à ce que répète le fatalisme intéressé des défenseurs de la finance libéralisée, ceux-ci existent. Il suffit de les pousser.

Extraits du chapitre V : « Tout changer. Six principes et dix propositions »

Quelques principes

Principe 1. Le contrôle des risques est une chimère. La carence des modèles devrait être maintenant suffisamment évidente pour qu’il ne soit plus question de laisser les opérateurs prendre des positions risquées en se berçant de l’idée que leur évaluation est parfaitement maîtrisée. Si la finance quantitative n’est pas accidentellement mais essentiellement incapable de donner les indications qu’on attend d’elle, il faut en tirer la conclusion qui s’impose : les prises de risques ne pouvant être réellement appréciées, il faut en limiter a priori, et sévèrement, la formation.

Principe 2. Quand une bulle est formée, il est trop tard. Elle crèvera nécessairement, avec l’éventualité d’armer tous les mécanismes du risque systémique - c’est-à-dire de la prise d’otage des pouvoirs publics sommés de venir socialiser les pertes sous peine de risquer un collapsus majeur. Le schéma de re-réglementation de la finance doit donc poursuivre l’exigeant objectif stratégique d’empêcher la formation des bulles.

Principe 3. Le dogme du marché mondial unifié (level playing field) ne peut mener qu’au minimum minimorum de la régulation. L’incapacité des accords de Bâle à empêcher quelque crise que ce soit en est la tragique démonstration. Rétablir des zones financières à régulation adéquate, sans attendre que les plus intéressés à la déréglementation ne finissent par s’y rendre, exige donc de leur aménager des protections, c’est-à-dire de recloisonner le marché financier mondial.

Principe 4. L’Europe est une zone d’activité financière autosuffisante. Elle peut parfaitement adopter unilatéralement un degré supérieur de réglementation financière sans risquer la désertion des capitaux, ou sans que les capitaux extra-européens partis lui manquent. L’abrogation de l’article 56 (re-numéroté 63) du traité européen consolidé est donc un préalable à toute re-réglementation financière sur une base européenne. Cfr. http://www.stop-finance.org/

Quelques propositions

1. Soumettre les traders à des bonus négatifs : lorsque les paris risqués de la bulle, qui ont fait leurs bonus positifs, se retourneront, ils auront à rembourser. Ils se partageaient une partie des profits, ils se partageront désormais la même fraction des pertes.

2. Interdire la titrisation. La titrisation est cette opération qui a permis aux banques de revendre sous forme de titres les crédits qu’elles accordaient, donc de s’en défaire aussitôt, et par suite de se désintéresser complètement de la qualité des emprunteurs, donc de faire croître le volume des risques crédits - comme les subprimes.

3. Une politique monétaire antispéculative à taux d’intérêt dédoublés : un taux en direction des financements de l’économie réelle, fixé aussi bas que possible, un taux réservé au financement des opérations de marché, à élever à des niveaux meurtriers pour priver la spéculation de liquidités. »

NOTES
(1) « Fixing finance », The Economist, 5 avril 2008.

(2) « Wall Street’s crisis », The Economist, 22 mars 2008.

(3) « Will it fly ? », The Economist, 5 avril 2008.

(4) « The regulators are coming », The Economist, 29 mars 2008.

(5) « Fixing finance », The Economist, 5 avril 2008.

(6) Président de la Réserve fédérale étasunienne de 1987 à 2006.

(7) « Repel the calls to contain competitive markets », Financial Times, 4 août 2008.

(8) Éric Le Boucher, « L’hyper-finance en reconstruction », le Monde, 19 avril 2008. Les intertitres sont de la rédaction.

Tiré de l'article du 25 septembre paru dans l'Humanité.

Repost0
4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 09:42

Bretton Woods II, le nouveau leitmotiv du G8 et "associés" qu'il n'est décidément plus possible d'ignorer. Nombres d'articles foisonnent sur le Net et ailleurs pour vanter les mérites de la mobilisation Européenne et Transatlantique face à la crise financière. Les articles ne manquent pas d'envolées lyriques et d'éloges sur la solidarité occidentale ou la force de mobilisation des gouvernements concernés. Climat, emploi ou biodiversité sont certainement moins sexy que la crise financière aux yeux d'Eurocrates élevés à la grosse louche de l'orthodoxie néolibérale.

 

Les démonstrations d’activisme sont évidentes mais elles sont bien plus une démonstration de recours obligatoire que de solidarité ! Les États Européens se mobilisent parce qu’ils n’ont pas le choix ! C’est pourtant eux qui ont fermé les yeux et qui ont laissé filer la haute finance à un ballet de fantaisies aussi cyniques que dangereuses.

 

Reprenons ici un passage d'un article (1a) paru dans le Monde: "N’est-ce pas là un parfait exemple de ce que la théorie économique appelle le "risque moral" ? Ce dernier se définit comme "le risque que quelqu’un agisse de manière immorale parce qu’il se sait protégé par les assurances, les lois ou d’autres institutions contre les préjudices que son comportement pourrait sinon engendrer". Autrement dit, si je suis assuré contre les incendies, je prendrai moins de précautions contre le feu (ou, à l’extrême, je mettrai même le feu aux bâtiments que j’ai assurés mais qui génèrent des pertes). La même chose vaut pour les grandes banques : ne sont-elles pas protégées contre les grosses pertes tout en étant capables de conserver leurs profits ?"

 

- Sinon, comment expliquer le revirement du discours du président Sarkozy ?

 


- Sinon, comment expliquer que l'État, représentant la société, est obligé d’emprunter et de rembourser avec intérêt à des banques représentant des intérêts privés ?
DOGME 4 & DOGME 5

 

- Sinon, comment expliquer de telles dérives au nom d’un libéralisme prétendument "autorégulé" ? Cfr. DOGME 1 & DOGME 6.

 

Tant de vies, de travail et de ressources naturelles sacrifiées sur l’autel de la cupidité et de l’individualisme humain est inadmissible et mériterait une traduction en justice de nos "haut" responsables politiques qui n’ont de haut que l’arrogance, l’hypocrisie et l’obscurantisme dont se fardent la grande majorité de leurs discours.

 

A quand une véritable réforme Économique, Monétaire, Judiciaire et Électorale ? Intégration de la valeur d’usage dans nos indicateurs de richesses. Suppression des paradis fiscaux. Suppression des produits dérivés de la Haute Finance. Législation stricte et répressive en matière de lutte à la fraude fiscale et monétaire. Instauration d’un système électoral juste pour une véritable démocratie et non une démocratie de façade complice de la ploutocratie (Agrocarburants, Plan Colombie, Tibet, Tchad, Nigeria, Irak, Base militaire US en Tchécoslovaquie, OGM, privatisation de l’eau, etc.). Les sites www.michelcollon.info, www.congoforum.be et www.liberterre.fr sont assez bien fourni en faits d’hypocrisie occidentale.

 

Bretton Woods II ne changera rien à la donne sans totale remise en question tant au niveau individuel qu’au niveau institutionnel avec une refonte totale de notre conception de la richesse, de notre système de rémunération, de notre système électoral et de notre système judiciaire.

 

Trois exemples pour illustrer cette nécessité de réguler et de sérieusement légiférer en la matière.

 

(1) Selon le Sunday Herald, la Royal Bank of Scotland, un des "joyaux" de l’économie écossaise, détient une participation importante dans au moins 128 entreprises situées dans des paradis fiscaux, d’après son bilan annuel (62 aux îles Caïman, 29 à Jersey, 11 à Guernesey, 7 dans les îles Vierge et 4 aux  Bahamas, entre autres). Certaines sont réputées en sommeil mais d’autres sont bien actives. Et l'article du Sunday Herald de conclure: "Il semble tout à fait déplacé que des banques financées par le contribuable s’arrangent pour ne pas payer d’impôts et aident leurs clients à faire de même. Il est temps que nos banques retrouvent leur honnêteté. La condition pour que nous continuions à payer pour sauver des institutions financières, c’est qu’elles acceptent de payer leurs impôts comme tout le monde."

 

(2) Selon Test Achat, Fortis compte 410 filiales ou sociétés-filles dans les paradis fiscaux aux îles Caïman, Bahamas, Barhein, Costa-Rica, Panama, Hong Kong, Singapour, Luxembourg, Suisse, Jersey, Guernsey… Soit un nombre près de 10 fois supérieur aux autres grandes banques de leur échantillon. Dexia 49, KBC groep 33 et ING 16.

 

(3) Des innocents perdent leurs emplois, leurs maisons, leurs pensions ou leurs investissements. Pendant ce temps, à chaque faillite bancaire, des directeurs bien payés ont peu d'idée de la valeur des avoirs de leur société, de leurs dettes, des coûts, des bénéfices et de la réelle santé financière. Tout cela est accompagné d'un grand silence, celui des bureaux d'audits, chargés de superviser les bilans des sociétés… Ils ont récolté de grosses sommes pour ce travail et dispensé des bulletins de santé financière complètement "clean". Ainsi Dexia a été auditionné par Price Waterhouse Coopers et Mazars et Guérard qui lui ont décerné en 2007 un parfait bulletin de santé (page 221). Les auditeurs ont reçu 1, 5 millions d'euros pour leur travail, dont 1,4 millions pour un travail de conseil. Fortis avait reçu un bulletin identique de parfaite santé des cabinets KPMG et Price Waterhouse Coopers. Ces sociétés avaient reçu 37 millions d'euros pour ce travail (page 126), dont 11 millions d'euros pour conseil.

 

 

Au service de qui est l’Europe ? Du peuple ? Ou de la Haute Finance ? La république soviétique socialiste n’a-t-elle pas cédé la place à une république Européenne capitaliste ? De la botte du parti à la botte de la haute finance, où est la différence ?

 


Notes

(1a) Lutte des classes à Wall Street, par Slavoj Zizek, LeMonde 9/10/2008 http://mobile.lemonde.fr/opinions/article/2008/10/09/lutte-des-classes-a-wall-street-par-slavoj-zizek_1104997_3232.html

 

(1) http://www.sundayherald.com/news/heraldnews/display.var.2463296.0.wish_you_were_here.php

 

(2) http://www.test-achats.be/consommation-ethique/ethique-des-banques-l-argent-n-a-pas-d-odeur-s506983.htm

 

(3) Kairos Europe (Wallonie-Bruxelles), courrier 22 d'octobre 2008, page 7.

Repost0
12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 22:20

Dans ce billet 3 documents et 3 concepts pour tenter de comprendre la crise financière. Pour terminer, un débat sur l'interdiction des produits dérivés du monde financier et une proposition innovante de Frédéric LORDON pour pallier au dilemme de la politique monétaire sur le taux d'intérêt.

 

3 documents

1. Comment pousse la monnaie?

La figure ci-dessous (issue du Power Point Comment pousse la monnaie ?) donne une idée simplifiée du principe de multiplication du crédit. Pour une explication complète, lire La création monétaire pour les nuls.

 

 

 

2. Les_Subprimes_pour_les_nuls.pdf

Les banques n'assument plus le risque, elles le cherchent et le vendent.

Voir aussi article de ce blog Petit lexique financier pour novice

 

3. L'argent en tant que dette…

Money_as_Debt.pdf, texte du film "Money as Debt" de Paul Grigon.
Site officiel pour commander la vidéo www.moneyasdebt.net


La dette des gouvernements, corporations,... a pris des proportions astronomiques. D'où vient cet argent? Comment peut-il y avoir autant d'argent à prêter. La réponse est...qu'il n'y en a pas, l'argent est une dette. Sans dette il n'y aurait pas d'argent.


Ci-dessous, 2 extraits du texte "money as debt". Lire, page 4 et 5 si vous n'avez pas beaucoup de temps.


Les banques ne peuvent employer ce système monétaire qu'avec la coopération active du gouvernement.
Tout d'abord les gouvernements font passer des lois instituant l'usage de la monnaie fiduciaire nationale, deuxièmement ils autorisent que les crédits privés bancaires soient convertis en devises gouvernementales, troisièmement les tribunaux font respecter les dettes... Et finalement les gouvernements font passer des régulations pour protéger le fonctionnement du système monétaire et sa crédibilité auprès du public, sans rien faire pour l'informer de la provenance réelle de l'argent.

 

Dans la vie réelle, un prêt signifie que le prêteur doit avoir quelque chose à prêter. Si tu as besoin d'un marteau, le fait que je te prête une promesse de fournir un marteau que je n'ai pas ne sera pas d'une grande utilité. Mais dans le monde artificiel de l'argent, la promesse d'une banque de payer de l'argent qu'elle n'a pas est reconnue comme monnaie, et nous l'acceptons telle quelle.
 

3 CONCEPTS: effet de levier, titrisation & rehausseur de crédits

La multiplication du crédit tiens en deux grands concepts, l'effet de levier et la titrisation. Il y a bien aussi les "rehausseurs de crédits" mais ils sont plus des acteurs qui aident à l'amplification du phénomène. Dans l'effet de levier il y a l'effet de levier d'endettement avec le principe de la réserve fractionnaire du système bancaire et l'effet de levier de marché "organisé" et libre.

 

Pratiquement tous les points ci-dessous (texte en Italique) sont issus de l'excellent texte Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières

 

A. EFFET DE LEVIER

L'effet de levier est en général défini comme la capacité de prendre une position sans disposer préalablement en propre de la totalité des fonds.

 

A.1. Effet de levier d'endettement

Il s'agit du recours à de forts taux d’endettement comme démultiplicateur de la rentabilité brute. Les agents prennent alors des positions qui peuvent excéder considérablement leurs capitaux propres, situation extrêmement dangereuse lorsque les paris spéculatifs tournent mal.

 

Concernant les banques, la principale contrainte consiste en un respect d'un certain ratio d'endettement par rapport au montant réellement en caisse (monnaie centrale et monnaie fiduciaire). Ce ratio était le ratio de Cook et il était fixé à 8% pour toutes les banques et tous les crédits accordés. Depuis les accords de Bâle II, ce ratio est variable - bien souvent en dessous de 8% - c'est le ratio McDonough. Le calcul de ce ratio "McDonough" occupe une bonne partie des projets d'une banque. Sur wikipédia, vous pourrez lire à propos du ratio de McDonough qu'il est plus fin que le ratio Cooke auquel il succède car il prend en compte le risque plus ou moins élevé des différents prêts accordés. Ah bon??? A l'évidence, ce ratio, comme dirait Frédéric LORDON, a eu quelques absences?!

 

Il est inutile de souligner la gravité des conséquences lorsque les agents en question sont des banques, à plus forte raison des banques de dépôt… Bien loin des aimables bluettes de certains manuels d’économie financière qui nous laissent croire que la valeur usuelle des leviers tourne entre 2 et 5, on rappellera que la banque Bear Stearns était leviérisée à 35 et le Hedge Fund Carlyle Capital Group à 32… avant de faire faillite l’un et l’autre. Dans le cas de Bear Stearns, la régulation prudentielle et ses ratios de capital (Cooke ou McDonough) ont eu à l’évidence quelques absences. C’est pourquoi il faut reconstruire des ratios réglementaires limitant strictement les effets de levier d’endettement (on verra ci-dessous qu’il est aussi une autre sorte d’effet de levier – à combattre tout autant, et pour les mêmes raisons de fond). On dira que telle était bien en un sens l’intention du ratio de capital lui-même en définissant les engagements risqués comme multiple des capitaux propres. Force est cependant de constater qu’en cette matière, l’échec aura été à peu près complet.

 

Les transactions de produits dérivés se distribuent en deux grandes catégories : transactions sur des marchés dits organisés ou bien sur des marchés de gré-à-gré (ou encore OTC, pour Over The Counter).

 

A.2. Effet de levier sur marché "organisé"

Toutes les transactions sur les marchés organisés passent par l’intermédiaire d’une chambre de compensation qui est la contrepartie commune de tous les intervenants : la chambre de compensation est l’acheteur de tous les vendeurs et le vendeur de tous les acheteurs. La chambre de compensation impose à tous les intervenants des avances de fond qu’on appelle dépôt de marge. Ce dépôt de marge est une sorte de coussin de sécurité dont l’épaisseur est beaucoup moins grande que les positions elles-mêmes puisqu’il n’est destiné qu’à enregistrer les variations de prix et à solder les éventuelles moins-values.

 

La grande caractéristique des transactions sur dérivés (quel que soit le marché) est en effet la suivante : portant sur des promesses de vendre ou d’acheter, donc d’encaisser ou de payer, à une certaine échéance, elles ne nécessitent pas en principe de mise de fond immédiate au moment où elles sont conclues. Les opérateurs s’y engagent donc en quelque sorte à découvert, au sens où ils ne sont tenus à aucun apport de fonds propres (et même de fonds tout court !) au moment de la passation du contrat. (…) L'obligation de mise de fond préalable est tellement maigre qu'un apport de 1000 dollars permet de prendre une position de 375.000 dollars sur le marché des futures de l’indice S&P500.

 

Ce levier lié à l’organisation particulière des marchés dérivés vient donc se superposer au levier d’endettement proprement dit (voir proposition 3) – un opérateur pourrait en effet très bien avoir emprunté 900 des 1000 dollars requis pour le dépôt de marge et s’être engagé sur les 375.000 dollars de futures avec… juste 100 dollars en poche !

On ne s’étonnera donc pas que Bear Stearns avec 8 milliards de dollars de capitaux propres se soit retrouvé engagée, tous produits dérivés confondus, à hauteur de… 13.400 milliards de dollars ! (…) 13.400 milliards de dollars de risque de contrepartie que faisait peser Bear Stearns sur la communauté financière internationale, puisque en cas de faillite, il y aurait eu pour 13.400 milliards de dollars de transactions non réglées…

 

A.3. Effet de levier sur marché de gré à gré (ou OTC pour Over The Counter)

Comme si ce n'était pas assez, nous voici en No Mans Land…

Par opposition aux marchés organisés, les produits dérivés s’échangent également sur des marchés dits de gré-à-gré (ou OTC, Over the Counter) qui, comme leur nom l’indique, consistent en la simple mise en relation bilatérale des contractants sans intermédiation d’une place (chambre de compensation). Pour le coup, sur l’OTC il n’y a aucun organisme médiateur qui vienne exiger une mise de fonds préalable, fût-elle aussi minime que les dépôts de marge. Il n’y a donc rien qui vienne limiter les positions que peuvent prendre les opérateurs à découvert de fonds propres. Le levier théorique y est par conséquent… infini !

Ces marchés et leurs produits – on pense en particulier aux Credit Default Swaps (CDS) qui sont libres de tout financement préalable (et pour cette raison dits unfunded). Ces marchés et leurs produits sont donc au principe d’une accumulation invraisemblable de risques sans contrepartie.

 

B. TITRISATION

La titrisation permet aux banques de se défaire de leurs crédits aussitôt qu’accordés, et de les vendre sous la forme de créances négociables sur des marchés ad hoc. On se demande rétrospectivement comment il est possible de s’étonner que cet instrument de défausse systématique du risque de crédit ait conduit à un effondrement de la sélectivité des prêts – jusqu’à faire surgir la catégorie des prêts subprimes.

 

L’instrument de la titrisation est particulièrement dangereux car il a la propriété de soustraire le comportement bancaire d’émission de crédits, donc de risques, à toute régulation prudentielle. En effet les banques sont normalement limitées dans leur politique de crédit par les règles prudentielles qui les contraignent à réserver du capital propre à hauteur de 8% du total de leurs encours risqués. Mais les crédits titrisés sortent immédiatement du bilan des banques puisqu’ils sont formellement cédés à des entités juridiques distinctes, les Special Purpose Vehicles (SPV) – dont les fameux CDO (Collateralized Debt Obligations) ont été l’un des représentants les plus en vue lors de la crise du crédit. Par conséquent, des risques-crédit sont émis, et même en quantité gigantesque, mais en échappant à toute provision prudentielle de capitaux propres puisque la banque s’en débarrasse dans l’instant – du point de vue de la supervision, tout se passe comme si ces crédits n’avaient simplement pas été accordés…

 

C. REHAUSSEUR DE CREDIT

Ils s’appellent "monoliners", "monoline" ou "réhausseurs de credit", ce sont les bonimenteurs de service. Ce sont eux qui ont permis aux banques de "transformer le plomb en or". Voir article Les monoliners, un autre maillon faible du système…. Le rehausseur de crédit attribue des notes aux différents crédits qu'il reçoit en prenant bien soin de ne pas communiquer l'origine et la nature des crédits reçus. S'ils étaient intègres et honnêtes nous n'en serions pas là…

 

DÉBAT SUR L'INTERDICTION DES PRODUITS DÉRIVÉS

Avant d'entamer le débat, qu'entend-on exactement par "produits dérivés"? Je reprends ici la définition fournie par Junon MONETA dans son livre II (la gestion désastreuse de l'Euro) ainsi que sa comparaison au concept mathématique de "dérivée première et seconde" que j'ai trouvé très parlant.

 

Les "produits dérivés" sont appelés comme tels parce qu'ils fonctionnent comme des "outils d'assemblage" de produits financiers existants, désignés par le terme de "sous-jacents": monnaies, marchés monétaires, actions, obligations, bons d'Etat, cotation des matières premières, créances… Or, les techniques d'assemblage sont finalement assez simples et peu nombreuses: avances de placements en devises, contrats de change à terme, swaps de devises ou de taux, arbitrage de cours, des prix et des taux, et répartition des risques entre plusieurs intervenants (les Fonds Communs de Créances, opérant un peu comme les Sociétés de Réassurances).

 

Dans le concept "d'économie monétaire dérivée" le terme "dérivée" signifie bien "dérive" sur le plan philosophique et moral. Par ailleurs, il est assimilable au concept mathématique de "dérivée première", et même de "dérivée seconde". En effet, la quantité de liquidités (sous la "haute surveillance" des banques centrales) a non seulement augmenté la vitesse de circulation des règlements (dérivée première) mais elle a aussi augmenté leur accélération (quand la vitesse est déjà importante) sont toutes les deux des causes majeures d'accidents graves. Dans ce cas, elles provoquent même des accidents mortels à l'échelle des régions et des nations.

Cette fois, les risques sont partout, et les liquidités tueuses n'arrêtent pas de tuer (livre I). Les Américains inventent les "marchés de risques": on ne vend plus des biens et des services réels, mais des risques. Et ces risques sont de plus en plus importants puisque les liquidités sont de plus en plus importantes et de plus en plus concentrées.

 

Interdire les produits dérivés?

Concernant ces dérives financières avec leurs multiples produits dérivés, Frédéric LORDON, dans son article Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières, propose l'interdiction pure et simple de ceux-ci.

 

Argument de Paul JORION suite à un débat sur l'article de Frédéric LORDON

Paul JORION avance qu'une interdiction aussi brutale n'est pas possible d'une part à cause du caractère mondial de la Finance et d'autre part à cause de certains effets "bénéfiques" des produits dérivés.

 

Pour le caractère mondial, il y a lieu de se poser la question de savoir si l'Europe peut être autosuffisante financièrement? Pour Frédéric LORDON, l'Europe ou plutôt "la Zone Européenne Financière (ZEF) n'a aucun besoin d'être inondée de capitaux extérieurs, elle en recèle suffisamment elle-même, ni encore moins que des institutions financières privées aillent chercher l'aventure au dehors, sauf à importer les aberrations de marchés qui resteront le propre des Zones Non Régulées (ZNR)". Cfr. principe 4 et proposition 9 de Frédéric LORDON. Par ailleurs, LORDON nous rappelle que les produits dérivés et la titrisation, deux des plus toxiques "innovations" financières, n'existaient pas avant les années 80. Jusqu'au début des années 90, les banques… ont fait leur métier de banquier: elles ont accordé des crédits, puis les ont conservés sur leurs livres jusqu’à l’échéance ; et il faudrait une certaine audace pour affirmer qu’elles s’en sont mal portées. Nous nous proposons de leur faire faire ce minime saut en arrière et de renoncer à nous convaincre que rien ne serait plus possible si on les privait de l’outil de la titrisation… (Cfr. Proposition 2).

 

Pour les effets bénéfiques de certains produits dérivés, Paul JORION cite le cas de ventes à terme qui permettent aux céréaliers de se prémunir contre la fluctuation des prix. Il dit encore qu'interdire les produits dérivés serait malvenu puisqu’ils favorisent des stratégies de couverture qui réduisent les risques accompagnant les variations de prix. Notons cependant que les fluctuations de prix du marché sont aussi liées aux pratiques de ventes à terme et de produits dérivés, un peu comme les taux d'intérêts bancaires sont aussi responsable de l'inflation. Tout cela pour le plus grand bien du Capital au détriment du Travail. Paul JORION précise donc qu'il est préférable de "faire dans la nuance" tout en ajoutant par la suite que cela peut vouloir dire "mettre des emplâtres sur des jambes de bois" et de proposer le résultat d'une longue et très intéressantes discussion lancée sur son blog: "une refonte totale du système avec l'écriture d'une constitution économique et un projet de réforme de la monnaie (beaucoup d'intervenants de qualité)" comme le propose d'ailleurs LORDON.

 

Toujours à propos de ces fameux effets bénéfiques des produits dérivés, voici la contre argumentation d'un certain Bernard, que je trouve tout à fait pertinente:

 

(…) le concept même de "marché à terme" est pour moi dangereux dans son essence, car il introduit une distorsion, au moins monétaire, dans l’espace-temps, en introduisant un effet de cliquet (de garantie) pour le céréalier par exemple qui en est une bonne illustration.

Cet effet de garantie a deux types d’inconvénients:

 

Dans le monde réel:

- il est généralement biaisé car issu d’un rapport de forces global qui contredit l’"atomisation" des producteurs condition nécessaire à la théorie de la libre concurrence.

- il déconnecte le céréalier de la réalité

- il est dissymétrique par rapport aux consommateurs qui le subissent et n’ont pas d’assurance donnée par le marché pour ceux qui doivent acheter du pain pour subsister.

 

Dans le monde financier:

- il génère la spéculation en même temps qu’il protège contre elle puisqu’il permet de dégager un profit sur toutes les positions qui ont pu être dégagées dans des conditions avantageuses.

Et cette monnaie a la possibilité de se matérialiser dans des actifs qui ne sont pas tous virtuels! Et ceci est tout simplement la “particularité bizarre” qui a l’air de vous surprendre. Et attention au contresens, l’effet est plutôt de faire crever de faim s’ils tournent bien !!!

 

Pour terminer, la proposition 8 de l'article Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières de Frédéric LORDON a retenu toute mon attention car elle fait mention d'une politique monÉtaire dÉdoublÉe. Voir aussi article Comment protéger l'économie réelle.

 

Si la spéculation se nourrit de flux de liquidités, dont le crédit représente une bonne part, il est clair que la politique monétaire lâche est une signalée contribution aux bulles financières. A contrario, il suffirait de relever les taux d’intérêt pour priver les marchés d’une part significative de leur carburant… mais au risque, évidemment d’étouffer l’économie réelle en même temps que l’économie spéculative ! On ne sortira pas de ce dilemme qui tient à l’existence d’un seul instrument – le taux d’intérêt – pour une multiplicité d’objectifs contradictoires – l’activité productive d’un côté, la stabilité financière de l’autre – sans… démultiplier les instruments. C’est précisément à cette fin qu’a déjà été avancée la proposition d’une politique monétaire dédoublée, munie d’un taux d’intérêt pour refinancer les banques à hauteur de leurs concours à l’économie réelle, et d’un autre taux d’intérêt pour les refinancer à hauteur de leurs concours à la sphère financière. Ainsi devient possible d’élever le taux d’intérêt « spéculatif » à des niveaux meurtriers, tout en maintenant le taux d’intérêt « productif » à des niveaux maximisant la croissance et l’emploi.

 

Ce dédoublement du taux d'intérêt me fait penser à un projet de monnaie complémentaire qui existe depuis plus de 20ans mais qui ne perce pas faute d'engagement politique et citoyen. Ce projet de monnaie complémentaire, c'est LE ROBIN! Si le double taux d'intérêt de Frédéric LORDON sert à départager l'économie réelle de l'économie spéculative. Le Robin de Jean-Marc FLAMANT servirait à départager, sans prétention ni suffisance, le coté égoïste et le côté altruiste de l'homme. Le Robin est une nouvelle monnaie complémentaire à l'euro. Une monnaie sans intérêts au profit de l'humanisme et de l'écologie. Parce qu'il ne semble pas possible ni souhaitable de changer de système du jour au lendemain et parce que l'Europe se targue de vertus humanistes et écologiques, pourquoi n'adopterait-elle pas une monnaie complémentaire au service de ces vertus? Le principe du Robin c'est de dédoubler notre monnaie d'une réelle face humaniste plutôt qu'une seule et même face égoïste de thésaurisation et de capitalisation… Lire Le robin : PROJET DE SOCIÉTÉ À DOUBLE VALEUR DE RÉFÉRENCE pour creuser la question…

 

J'ose espérer qu'après avoir sauvé le système financier, nos gouvernements prendront les mesures, sanctions et réformes nécessaire de ce fameux système financier ET de son acolyte, le système bancaire et monétaire. Et tant qu'à faire, rêvons un peu, que nos gouvernements se penchent sérieusement (comme au Japon) sur l'adoption d'une monnaie complémentaire qui ferait beaucoup de bien "social et écologique" à l'économie réelle.

 

Des réformes économiques et financières s'inspirant largement des propositions du mouvement ATTAC dont Dominique PLIHON, Jean-Marie HARRIBEY et Frédéric LORDON sont les principaux porteurs en France...

L’abrogation de l’article 56 (renuméroté 63) du Traité européen consolidé est un préalable à toute reréglementation financière sur une base européenne. Tel est l’objectif défendu par le mouvement « Stop Finance » (
www.stop-finance.org). Voir également l'excellent article de Jean-Marie HARRIBEY Deux petits articles de traité et puis plus rien?

 

Dominique PLIHON (président du conseil scientifique d'Attac) donnera une conférence Jeudi 23 Octobre 2008 en compagnie d'Eric TOUSSAINT (président du CADTM). Conférence organisée par Attac Liège, qui se donnera à l'Art.23 à 19h30, Place Emile Dupont, 1 à 4000 Liège.

Repost0

Liens

A lire

1) Manuel d’anti-économie

2) Transition écologique & économique

3) Le retour du puritanisme au travail

4) Le désir comme désir de l’Autre

5) La Décroissance, l’Argent et Moi

6) Argent, Richesse, Valeur

 

Vie Pratique, Autonomie

AUTARCIES

ECOCLASH (voir Liens)

TERRA MATER

HABITER-AUTREMENT

ECO-BIO.INFO

EAU-tarcie (H20)

RAFFA : le grand ménage

 

Transition > POST-CAPITALISME

Villes en transition

Transition Monétaire

Transition Politique (Politique Simultanée)

Transition Culture

Eco-villages

Créatifs Culturels

Simplicité Volontaire

Demarche.org

Decroissance.org

REVOLUTION LENTE

 

Belgique

RESPIRE asbl

GRAPPE asbl

TETRA asbl

FINANCITE

Se changer soi

Amis de la Terre

Objecteurs de croissance

Nature et Progrès

Nature & Progrès Bruxelles

Ligue des optimistes

CETRI

CADTM

Confluence

Habitat Groupé

Classes de Terre

Ca passe par ma Commune

Groupe de Travail sur la Monnaie

Frère Albert

Maisondd.be (dd humain)

 

France

Plus Conscient 

Pièces et Main d’Œuvre

Dialogue en Humanité

Blog monde diplomatique

On peut le faire

Réseau éco-villages

Sentinelles de la république

 

Blog France

Jean ZIN

Pierre RABHI

Frédéric LORDON

Emceebeulogue

Fortune

 

Favoris

THEOGNOSIS (n'existe plus)

Sortir de l'Economie

INVENTIN

DONDE VAMOS

ECOPHILOPAT

NOS LIBERTES

INVENTERRE

MIIRASLIMAKE

MONOLECTE


Economie

Economistes Atterrés

ECONOSPHERES

Bioéconomie.net

SOCIETAL.org

the New Economic Foundation

 

Management

Mortel Management

 

Politique - Société

Politique Simultanée

Mouvement CiTerrien (MCT)

Alliance21 (monde responsable, pluriel et solidaire)

 

Alliance for a New Humanity


Monnaie (concept)

monnaie.wikispaces.com

www.bioeconomie.net

SystemeMonetaire.be

CreationMonetaire.info

MonnaieFondante.canalblog.com

GTMonnaie.be

Alter-Europa.com

Club-Robin.org

Sel-Terre.info

 

Monnaie (alternative)

Monnaies Locales Complémentaires

ALOE (alliance pour une économie plurielle et solidaire)

money.socioeco.org/fr/ (devenu ALOE)

www.appropriate-economics.org/

www.complementarycurrency.org/

www.digitalmoneyforum.com/

www.reinventingmoney.com/

grit-transversales.org/

Thetransitioner.org

Open Money

www.regiogeld.de (regio Allemagne)

transversel.apinc.org (SEL France)

brusel.be (SEL Bruxelles)

 

 

Climat

Manicore (Jancovici)

 

Pic Pétrole

Oleocene

 

Santé

Pharmacritique

Info Michel Dogna

Votre Sante

 

Planète

Terre Sacrée

LiberTerre.fr

Terre & Humanisme

 

Agriculture – Nature

Semences Paysannes

Kokopelli

Cheminfaisant2005.net

BRF - Bois Raméal Fragmenté

Permaculture

Masanobu Fukuoka

Plantes sauvages

 

Conscience

Alliance21

Fondation Diagonale

Trilogies

LeTransmuteur.net

Nous-les-dieux

Sens de la Vie

Zone7.net

Pas ça !

 

Manipulations

Le pouvoir mondial

SYTI.net

Prise de conscience.org

Les mots ont un sens

 

Info

MichelCollon.info

Mondialisation.ca

Grain (Agriculture)

ContreInfo

News Of Tomorrow

Monde Diplomatique

Decroissance.info

Futur Quantique

Le Grand Soir

 

TLAXCALA

Global Research

AlterInfo

RISAL (Am. Latine)

Congo Forum (Afrique)

Medium4You (Belgique)

Agoravox (France)

Marianne2.fr (France)

Rue89 (France)

 

Livres

Ecophilopat

Syti

Inventin (pdf)

Nous-les-Dieux (pdf)

Ecosociété

 

Editions

La plume de feu (Aude)

Yves MICHEL

Souffle d’Or

Charles Léopold Mayer

Aden

Syllepse

du Cerf

Ecosociété

La découverte

Le Relié

Sang de la Terre

Alter-Europa.com

Penser Librement.com

 

Autres liens

Contre la pensée unique

Freemen

Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que :
• le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
• s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».



Au delà, comme le nom “Freemen” l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut sur son blog. L’ensemble de ces contenus doit petit à petit former une nouvelle “chaîne”, un nouveau “journal”, chacun parlant de politique, mais aussi, d’art, de ciné, de tout.

153 blogs freemen