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Présentation

  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
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Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

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Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 20:15

A. Avant-Propos.

Dans ce deuxième article sur FORTIS, nous allons essayer de comprendre les raisons véritables d’une telle dépréciation de son action en bourse [1] (-84,5% en dix-sept mois) alors que la crise des « subprimes » n’avait affecté ses comptes 2007 que de -2,5MD€.

Mieux, cette provision « subprimes » représente un « manque à gagner » bien plus qu’une perte puisque, grâce à l’Etat belge, FORTIS a pu annoncer un bénéfice net de 4MD€. Sans les cadeaux fiscaux en 2007, et sans une reprise de provisions antérieures « bidon », FORTIS aurait dû enregistrer un bénéfice net d’environ 1,5 milliard d’euros…

Il est donc intéressant de comprendre les raisons d’une telle incohérence apparente : pourquoi un banquier & assureur si diversifié - qui a engrangé pratiquement autant de bénéfices en 2007 (3,994MD€) qu’en 2006 (4,352MD€) et en 2005 (3,941MD€) - subit-il une dépréciation de son cours de bourse ?

F      « Le marché » soupçonne-t-il cette banque de lui avoir caché des pertes et des actifs douteux? Dans ce cas, nous avons toutes les bases d’un nouveau scandale.

F      FORTIS représente-t-il la fin d’un modèle ? Un tsunami pourrait-il « emporter » ce type de banquier – assureur européen ?  

B. Les bases d’un nouveau scandale.

Premiers responsables : la classe politique belge.

D'un côté, une Haute Finance belge majoritairement Flamande avec KREDIT BANK - CBC, FORTIS, ING... et AXA BELGIUM en quasi-monopole sur le marché belge des assurances après avoir racheté tous ses concurrents wallons, flamands et suisses. C’est ce que l’UNION EUROPEENNE appelle « la concurrence libre et non faussée » : pratiquement toute la Belgique appartient à ces quatre groupes de la bancassurance.

En face, la Région Wallonne, gouvernée par les apparatchiks socialistes, regarde passer les trains de liquidités wallonnes (les économies libres et forcées des Wallons) vers les Flandres, la Hollande, New-York, Chicago (le plus grand marché de la spéculation sur les matières premières, produits de base alimentaires et métaux de base) et Londres (autre grand marché de la spéculation sur les métaux rares et précieux).

Mieux, avec les économie des Wallons, DEXIA propose aux collectivités régionales et locales (sans le sou) de leur racheter les écoles, les hôpitaux et les équipements sociaux & sportifs pour leur faire signer des baux emphytéotiques de longue durée prévoyant des loyers à prix d’or pendant trente ans ou plus.

Ensemble, les responsables politiques wallons et flamands n’ont pas cessé de faire des cadeaux fiscaux démesurés à ces groupes financiers sans scrupules… Or, non satisfaits de leurs richesses existantes, ils sont tous partis à la conquête des pays de l’Est, de la Roumanie, de la Turquie, de la Chine et même de l’Amérique Latine…

En 2007, FORTIS a notamment racheté une grande banque polonaise, la DOMINET, et elle affichait encore (dans son rapport 2007, publié en avril 2008) une volonté de conquêtes encore plus grandes, malgré la confirmation des difficultés manifestes au niveau de sa gestion des liquidités. La Pologne ? Pour faire quoi ? Pour racheter les terres fertiles et les plus belles (et rares) entreprises polonaises… La conquête du monde ? Pour organiser le convoi de nouveaux trains de liquidités, pour organiser de nouveaux réservoirs de main d’œuvre bon marché et servile, pour posséder plus et toujours plus… Ces gens de la Haute Finance sont des malades psychiatriques : ils veulent plus, toujours plus, par cupidité, mais ils ne savent même plus ce qu’ils veulent…

Cette stratégie de la Haute Finance Belge mettra tous les Belges sur la paille: les Flamands, les Bruxellois, les Wallons (déjà mal en point) et finalement toutes les Régions européennes. FORTIS est le premier avertissement, et c’est un très gros risque pour l’avenir de la Belgique.

Deuxièmes responsables : les cabinets d’audit.

Pour l’audit et la révision des comptes (le commissariat aux comptes), on retrouve les mêmes poids lourds dans toute l’Union Européenne : KPMG et PRICEWATERHOUSE.

Pour la petite histoire, il faut se souvenir du scandale d’ENRON dont les comptes étaient révisés par le Cabinet ARTHUR ANDERSEN. L’histoire s’est très mal terminée : des erreurs de révision, des certifications douteuses, des destructions de preuves et la dissolution mondiale de ce cabinet… dont les équipes ont été récupérées essentiellement par nos deux compères. Enfin, il faut savoir qu’une entreprise (banque comprise) peut révoquer ses contrôleurs quand elle le veut : le système n’est pas sain car les rapports gênants conduiraient les contrôleurs au chômage.

Or, sans pouvoir suivre le dossier avec autant de moyens et de façon aussi régulière que ces cabinets d’audit, nous avions constaté que FORTIS avait déprécié ses actifs de -2,5MD€ (presque 4MD$) dans ses comptes 2007.  Ce signal d’alerte n’a pas été pris au sérieux par tous ces contrôleurs alors que, dans le contexte tumultueux des « subprimes », la Haute Finance (européenne et américaine) en était venue à « ignorer » le contenu réel des « produits dérivés » qu’elle détenait en portefeuille.

Mieux, pour fuir la chute des marchés immobiliers aux Etats-Unis mais aussi en Espagne, en Irlande et en France, les financiers de tous bords avaient quand même pris des positions spéculatives très élevées sur tous les marchés à terme des énergies, matières premières, produits agricoles, métaux précieux, métaux ferreux et non ferreux, spéculation contre le dollar… Durant cette année 2007, rien n’avait échappé à leur cupidité, et FORTIS avait été très active sur tous ces marchés, y compris sur « le marché des droits à polluer ». En fait, le signal des provisions « subprimes », constituées par FORTIS à fin 2007, ne représentait qu’une goutte d’eau par rapport à l’océan des risques pris par cette banque. Il y avait même un indicateur TRES CLAIR qui n’a pas échappé aux requins ennemis… mais qui a échappé aux réviseurs et aux partenaires sociaux !

Il suffisait de regarder ce que les financiers appellent « les bas de bilan » : à l’actif, le poste « Trésorerie & équivalents de trésorerie» (26,36 MD€), les « Actifs détenus à des fins de transaction » (74,80MD€) et les « Créances sur les banques » (119,94MD€) représentaient un quart du bilan du banquier - assureur (220,20 MD€ sur un total bilan de 871,18MD€).

Or, pour financer ces opérations de trésorerie, FORTIS affichait des passifs à très court terme plutôt dangereux : des « Passifs détenus à des fins de transaction » (89,59 MD€) et des « Dettes envers les banques » (193,43MD€), soit un total de 282,02MD€ ou près d’un tiers de son bilan.

Un « trou » de 60MD€ dans les bas de bilan! Il est clair que le commun des mortels connaît mieux les règles de prudence que le staff et les contrôleurs flamands de FORTIS : quand le temps est à l’orage, il ne faut surtout pas compter sur le parapluie de son voisin (endettement) et il est préférable de se mettre à l’abri, chez soi, plutôt que de se réfugier précipitamment sous le seul arbre disponible (marché monétaire) dans un environnement aussi dangereux.

En bref, dans un contexte de méfiance généralisée et de guerre des liquidités, cette situation n’était pas saine, et il fallait examiner de très près la « qualité » des actifs à très court terme de FORTIS parmi lesquels il devait y avoir des achats & ventes à découvert ainsi que des call & put warrants très risqués.

Troisièmes responsables : la BNB et la BCE.

Par ailleurs, la BANQUE NATIONALE DE BELGIQUE et la BANQUE CENTRALE EUROPENNE avaient tous les moyens et toute l’autorité nécessaire pour « auditer » (elles aussi) la qualité des actifs et des passifs à très court terme de toutes les grandes banques commerciales. Elles n’ont rien fait !

Quatrièmes responsables : les syndicats.

Tout le monde attendait les comptes du premier semestre 2008, et ceux-ci ont révélé les faiblesses et les risques qui se trouvaient déjà dans la crèche de Noël et dans les cadeaux empoisonnés du Nouvel An 2007.

Or, les syndicats sont régulièrement informés des évolutions économiques et financières dans le cadre de diverses réunions de Conseils d’Entreprise [2], au niveau local, national et européen. Ils n’ont rien vu, eux non plus. Et pourtant, ils reçoivent et ils peuvent recevoir des sommes importantes pour faire analyser les comptes par des spécialistes, et même pour contrôler les contrôleurs.

C’est ce qu’ils font quand il y a des situations de blocage sur les conditions de travail et de rémunération… mais ils préfèrent utiliser leurs officines ou les copains - coquins pour faire ces analyses… Et, bien sûr, les analyses comptables ne suffisent pas car il faut une bonne connaissance des « marchés » et des « Lois du Marché » pour détecter les pratiques douteuses.

Les syndicats de FORTIS ont regardé passer les trains, eux aussi, car ils ont validé à deux reprises (fin 2006 et fin 2007) l’immense escroquerie fiscale des « intérêts notionnels » (Cfr. Notes 2 et 3 de l'article Belgique, pays de grosses légumes)… au nom des intérêts mal compris des salariés de leur groupe. Puis, ils ont négligé l’analyse de comptes de FORTIS BANQUE Belgique à fin 2007. Et le 24/09/2008, ils viennent encore de rater le wagon en restant passifs devant les comptes semestriels.

Or, que disaient ces comptes ? Ils disaient que les profits - avant opérations de désinvestissement - étaient excellents : 1,6 MD€ pour le 1° semestre 2008 (SI-2008) contre 0,8MD€ pour le 1° semestre 2007 (SI-2007). Par contre, ils annonçaient de nouvelles provisions (pertes non réalisées mais très probables) à hauteur de -4,77MD€, écriture qui n’a donné lieu à aucune demande d’explications particulières de la part des syndicats. Une partie de ces provisions trouverait réponse dans le poste GOODWILL à hauteur de -4,63MD€ : FORTIS admet donc avoir surpayé ses acquisitions récentes (ABN-AMRO, DOMINET et autres) en provisionnant près de 5MD€ sans avoir totalement bouclé leur financement… Bigre !

Par contre, une autre écriture méritait des demandes d’explications très sérieuses de la part des syndicats : FORTIS fait apparaître un risque opérationnel de 15.868 millions d’euros ou 15,87 MD€ sur ses activités bancaires (contre un risque nul à fin 2007)…  tout en réduisant considérablement le chiffrage total de ses « risques sur crédits » (-33MD€) et de ses « risques sur marché » (-10MD€). Mystère !

Cinquièmes responsables : les Administrations Fiscales.

Tout cela est « un peu léger » car, derrière tous ces chiffrages, l’application des fameux « intérêts notionnels » (Cfr. Notes 2 et 3 de l'article Belgique, pays de grosses légumes) mériterait un audit des bases de calcul utilisées par FORTIS. En effet, c’est le montant du capital social – en valeur marché – qui semble avoir été utilisé pour les déductions fiscales et 2006 et 2007, et celui-ci a fondu comme neige au soleil… Comme ces règles fiscales sont « curieuses », nous sommes curieux de voir ce que va en dire « le fisc » belge? FORTIS va-t-il enfin payer des arriérés d’impôts à l’Etat belge au moment où sa trésorerie vacille ? Ou bien, va-t-il se séparer d’une partie de ses bons actifs à hauteur de 10 à 15 MD€ pour payer une partie de ses dettes aux citoyens belges ? Les syndicats vont-ils continuer à encourager les fraudes fiscales légalisées ? L’Etat belge va-t-il cesser enfin d’obéir aux ordres de ces lobbyings suicidaires ? Une histoire belge à suivre…

Dans la série : « Les Impôts ? Ce n’est pas pour nous, mais pour les autres ! », il est indispensable de reprendre toutes les provisions techniques d’assurance que personne n’a auditées depuis plus de trente ans dans aucun pays de l’Union Européenne. Or, pour information, ces réserves techniques d’assurances (vie et non - vie) représentaient un montant total de 5 .333,4 MD€ à fin 2007 au sein de la seule Zone Euro : des réserves qui ont échappé à toute forme de taxation et d’imposition. Et là, ce n’est plus tout à fait une histoire belge !     

C. FORTIS : la fin d’un « modèle » ?

FORTIS s’est vu au-dessus de toutes les lois en cueillant les étoiles à pleines brassées grâce aux spéculations, exactement ce que faisaient toutes les banques d’affaires de New-York. Ce groupe a tout simplement « oublié » qu’il vaut mieux enrichir une multitude de petits clients plutôt que de créer un désert… en enrichissant quelques nouveaux riches sans patrie. Aucune de ces banques n’a résisté : BEAR STEARNS, LEHMAN BROTHERS, MERRILL LYNCH… Même GOLDMAN SACHS et MORGAN STANLEY ont changé de statut pour « coller » au métier de base des banquiers. Les assureurs, eux aussi, sont condamnés à revenir à leur métier de base en enrichissant leurs clients plutôt qu’en spéculant et en détruisant leurs droits essentiels. AIG, ALLIANZ et AXA ont tiré sur toutes les ficelles pour acquérir une puissance phénoménale en moins de quarante ans. A quoi cela leur sert-il ? A préparer leur prochaine disparition, tout simplement !     

D. Conclusion.

FORTIS, prochaine et dernière victime d’un tsunami financier ? Pas sûr mais le rouleau compresseur se dirige bien vers nos côtes Zéro-Landaises avec l’apparence d’une vague sans danger !  

Merci de réagir, et surtout de faire réagir le plus grand nombre d’entre nous,              

ALTER-EUROPA

Pour une Autre Europe…

Et (bien sûr) pour un Autre Euro…

JUNON MONETA
Le texte au format PDF est disponible ICI


1.      De 35,56€ le 11/04/2007 à 5,20€ le 25/09/2008 = -84,5% en 17 mois.

2.      En France, ce sont les Comités d’Etablissement, Comité d’Entreprise et Comité Central d’Entreprise.

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 20:03

linkA. Avant-Propos.

FORTIS est un dossier intéressant à plusieurs niveaux.

Premièrement, c’est un groupe transnational qui exerce (avec succès) les quatre métiers principaux des « nouveaux » banquiers européens : banque de détail (retail banking), gestion de patrimoine (asset management), banque d’affaires (merchant & private banking) et assurance (insurance).

Deuxièmement, FORTIS a perdu ±50% de sa valeur (capitalisation boursière) entre le 31/12/2007 et le 31/08/2008 et ±70% depuis le 1/1/2007. Il est donc intéressant de se poser la question : quel est l’impact véritable des « subprimes » pour l’avenir de ce « bancassureur » qui se présente volontiers comme un « modèle » de très haute performance ?

Troisièmement, FORTIS est un groupe nombriliste qui se moque éperdument de la richesse nationale créée dans les régions où il a puisé et où il puise encore ses ressources. Autrement dit, FORTIS est pour nos Régions, pour nos emplois et pour notre avenir, « LE » modèle par excellence de l’autodestruction de notre Société et même de notre Civilisation.  

Nous allons donc consacrer quelques articles à ce « modèle » de la bancassurance en espérant que les syndicats, les clients et les actionnaires de FORTIS réagiront.

En effet, nous sommes persuadés que les révolutions n’ont aucun avenir. C’est donc grâce à une prise de conscience collective, à l’intérieur et à l’extérieur des organisations concernées, que nous pourrons modifier les comportements les plus destructeurs et combattre les vanités les plus imbéciles.

En clair, nous DEVONS unir nos forces : « Pour une Autre Europe… Et (bien sur) pour un Autre Euro… ».

Si nous ne réagissons pas tous ensemble, c’est un désert que nous offrirons à nos enfants (livre I).            

B. Histoire brève d’un « grand succès ».

FORTIS tire sa puissance d’une privatisation en 1987 de la Caisse Générale d’Epargne et de Retraite (CGER), le pilier des grandes victoires sociales belges entre 1850 et 1921. Merci à la Wallonie et à la Région de Bruxelles qui ont créé cette base financière que les Flandres ont « pompée » dès la fin de la seconde guerre mondiale. Les pompages financiers des régions francophones par la nouvelle CGER finiront au Luxembourg grâce au rachat d’une banque luxembourgeoise minuscule, l’U.C.L, devenue FORTIS BANK LUXEMBOURG : « bank », avec un « k » puisque tout le staff est désormais flamand.

Puis, les succès s’accumulent : en 1995, la CGER achète la SOCIETE NATIONALE DE CREDIT A L’INDUSTRIE qui a joué un rôle capital dans l’histoire du miracle économique et industriel belge. Dans la foulée, toujours en 1995, CGER et SNCI disparaissent au profit de FORTIS qui a trouvé l’argent nécessaire dans la manne des défiscalisations luxembourgeoises et dans celle des subventions de l’Etat belge pour la reconstruction du tissu industriel, de la flotte flamande à partir des années 1950, puis pour le développement de ANVERS. Une « bonne gestion flamande » dans une optique déjà extrémiste (flamingante)…

En 1993, FORTIS rachète la moitié des activités de CGER Assurances et met la main sur le pactole des retraites et assurances belges. En 1997, il met un terme définitif à la CGER et à son slogan très social : « Pauvre homme en sa maison est roi » en prenant le contrôle absolu (74,9%) de cette GRANDE INSTITUTION BELGE.

FORTIS (mot latin signifiant « fort » et « courageux ») devient de plus en plus « fortiche » car le nouveau groupe construit sa maison dans les paradis fiscaux (où il est roi), avec la fierté de la grande conquête flamande : en 1998, il achète la GENERALE DE BANQUE et ses filiales néerlandaises (GENERALE BANK NL, VSB, MEESPIERSON). Ainsi donc, la grande Générale de Belgique - qui a pillé l’Afrique et appauvri la Wallonie - s’est torpillée elle-même à cause de la suffisance de ses dirigeants.    

En 2007, les « petites » Flandres partent à la conquête des grands Bataves : FORTIS reprend l’essentiel des activités bancaires de ABN – AMRO, un pilier de la Haute Finance néerlandaise, avec ses filiales en Indonésie et en Asie du Sud-Est (essentiellement). En prenant le tiers des actifs de ABN – AMRO aux côtés de la RBS (Royal Bank of Scotland) et de la SANTANDER, FORTIS gère maintenant dix millions de clients, avec 2.500 agences bancaires et 85.000 collaborateurs. Du même coup, le groupe conforte sa position de grande banque patrimoniale, gérant 500MD€ d’actifs, et se met à l’affût de toutes les opportunités affairistes en animant 145 Business Centers en Europe.

Cinq cents milliards d’euros ? C’est le chiffre officiel, c’est énorme, mais le total des actifs est bien supérieur : 871 MD€ à fin 2007. Pour faire quoi ? Pour prêter ±350 MD€ à ses clients et pour spéculer avec le reste (500 MD€) sur tous les marchés internationaux. Or, FORTIS trouve cet argent auprès de sa clientèle privée (500 MD€), en s’endettant auprès des autres banques (200 MD€), en constituant des réserves techniques d’assurance et autres provisions colossales (100 MD€), et donc en payant très peu d’impôts… Pour 2007, FORTIS vient même d’obtenir des avantages fiscaux « sympathiques » par le biais des fameux « intérêts notionnels ». Grâce à l’Etat belge, il peut annoncer un bénéfice de 4MD€, au lieu de 3MD€ : merci à la Belgique pour ce joli cadeau de UN MILLIARD D’EUROS.

C. Conclusion.

Pour réaliser les performances à deux chiffres sur ces marchés, FORTIS a ouvert de nouveaux Business Centers en Turquie, en Chine et en Asie, au Brésil et partout dans le monde ; puis, il a racheté une grande banque polonaise, la DOMINET (2007) ; puis il a ouvert son capital aux Chinois dans l’espoir de conquérir la Chine… Quels merveilleux projets pour nos populations et pour la gestion de nos économies, libres et forcées !

En bref, FORTIS, c’est une cupidité, une volonté de puissance et un esprit de domination sans bornes! Ses dirigeants « oublient » toutes les règles de prudence et de création de richesses sur du long terme, et ils se comportent de la même façon que les dirigeants de la GENERALE DE BANQUE : sûrs d’eux-mêmes, sûrs de leur puissance, « sûrs de leurs certitudes », sûrs de leurs « grandes valeurs flamandes ». C’est ce que nous allons constater au fil de nos articles.

Merci de réagir, et surtout de faire réagir le plus grand nombre d’entre nous,              

ALTER-EUROPA

Pour une Autre Europe…

Et (bien sûr) pour un Autre Euro…

JUNON MONETA
Le texte au format PDF est téléchargeable ICI

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 22:34

Réponse de Junon MONETA à la question "FAUT-IL SAUVER LES BANQUES?"


Seul le dernier développement et la conclusion font partie de ce billet.
Le texte complet (aspect répétitif des crises) au format pdf est téléchargeable ici. L'original se trouve sur le groupe de discussion "Europe & Euro". N.B.: quelques ajouts de ma part en petits caractères.

Il est temps de sortir d'une production cyclique de crises propre à un système fondé sur la logique d'accumulation et de rémunération du capital.


Depuis deux décennies, le cours de la finance mondiale n’est qu’une longue suite de crises : 1987, krach boursier ; 1990, crise immobilière aux Etats-Unis, en Europe et au Japon ; 1994, krach obligataire américain ; 1997 et 1998, crise financière internationale ; 2000-2002, krach internet ; 2007-2008 enfin, crise immobilière et peut-être crise financière globale. Cfr.
Spéculation et crises, ça suffit!


OUI, il faut sauver les banques ! Mais il faut surtout sauver notre CIVILISATION.
 


Et donc, il faut SANCTIONNER les grands prédateurs et mettre un terme aux pratiques de Haute Corruption.


La seule sanction qui fasse mal, c’est celle qui fait mal au portefeuille ! La nationalisation de toutes ces banques et de tous ces assureurs en faillite ou au bord de la faillite serait la vraie sanction pour les actionnaires cupides… qui perdraient tout leur capital.


Elle devrait aussi conduire les dirigeants et les principaux responsables en Justice… pour des réparations sévères qui les priveraient de leur patrimoine personnel.


Au lieu de cela, on apprend que les patrons de ces groupes en faillite sont partis avec des millions de dollars d’indemnités, non taxables et non imposables : Charles PRINCE, patron de CITIGROUP, a empoché (officiellement) 40 millions de dollars et Stan O’NEAL, patron de MERRILL LYNCH, est parti avec une indemnité de 145 millions de dollars.
   

Pour les autres (la majorité) voici ce que l'on peut lire dans l'article Qui va payer la crise à Wall Street? rédigé par Fred GOLDSTEIN le 17 septembre

Un ménage américain sur 416 a reçu un avis de saisie en août. Pour la seule Californie, il y a eu 101.714 dossiers, soit 40 pour cent de plus que le mois précédent et 75 pour cent de plus qu’en août de l’an dernier.


les emprunteurs afro-américains ont perdu entre 71 et 92 milliards de dollars en raison de prêts contractés ces huit dernières années. Les chiffres pour la population latino-américaine, qui sont un peu plus élevés que ceux de la population afro-américaine, indiquent des pertes gravitant entre 75 et 98 milliards de dollars.

… Plus de 84.000 travailleurs ont perdu leur emploi en août, ce qui porte le total de l’année à 605.000. Plus de 2 millions de personnes se sont ajoutées aux sans-emploi ces douze derniers mois, portant le total officiel à 9,4 millions de sans-emploi. Le chômage à long terme est lui aussi à la hausse.

Le chômage des travailleurs noirs à atteint 10,6 pour cent et est dû surtout aux pertes d’emplois parmi les femmes noires. Le chômage parmi les mères célibataires et les jeunes est lui aussi à la hausse. Et ces chiffres du gouvernement n’incluent pas les millions de travailleurs découragés qui ont renoncé à chercher un emploi.

En pleine crise du crédit, on a annoncé que la production industrielle, la base de l’emploi et du revenu, avait connu en août la pire chute depuis trois ans. Il y a eu une baisse de 1,1 pour cent dans la production des usines, des mines et des services. La production automobile a chuté de 12 pour cent, un record pour la décennie écoulée.

Une chose est certaine, au vu de la crise actuelle: Ni la classe capitaliste, qui détient tout la richesse productive, ni le gouvernement capitaliste, qui supervise le système, n’ont le contrôle de la situation économique ou financière.


Il faut aussi sanctionner tous les patrons des BANQUES CENTRALES et tous les Hauts Fonctionnaires des Finances qui ont encouragé ces pratiques mafieuses. Car, en termes plus clairs pour le commun des mortels, la BCE ainsi que toutes les banques centrales de l’Union Européenne (et des autres pays) se comportent comme des faussaires : elles créent de la fausse monnaie qu’elles accordent à une bande de mafieux…
 

 

Ceux-ci en profitent pour acheter les plus beaux patrimoines (corporels et incorporels) et pour s’attribuer les plus beaux revenus en échappant à toutes les règles sociales, fiscales et judiciaires… avec la complicité des Hauts Fonctionnaires, des ministres et des premiers ministres.  


Ces groupes mafieux sont maintenant propriétaires des plus belles entreprises, des biens les plus rares et les plus précieux, des biens et des services collectifs les plus indispensables, ceux-là même qui ont été construits avec l’argent et avec le travail de nos parents (et avec le nôtre) depuis plusieurs générations…


Quand il ne reste plus rien d’autre qu’un désert, quand les citoyens se rendent compte que leur argent ne vaut plus rien parce que les caisses sont vides et parce que les richesses collectives ont disparu, la Haute Finance et tous ces groupes mafieux sont déjà partis vivre ailleurs, dans d’autres Eldorados…


Voilà le processus de disparition des très grandes civilisations : la Grèce et Rome l’ont expérimenté, avant nous et à leurs dépens. C’est cela que nous expliquons dans notre livre I : « Le néolibéralisme ? Un très vieux système… Pourquoi (faut-il) le combattre ? ».


CONCLUSION

Fausse monnaie, haute corruption, injustices permanentes et IMPUNITE TOTALE, voilà les quatre venins de notre Société et de toute Civilisation.


Deux responsabilités notoires et deux réformes indispensables : le système de gestion de la monnaie (par les Banques Centrales dans notre système actuel) et le système de la Justice !


Il nous faut un Traité Constitutionnel en trois pages pour : rappeler et définir les droits essentiels des citoyens (Besoin de Subsistance et Besoin d’Existence) ; interdire l’exercice du Pouvoir par des non - élus à quelque niveau que ce soit ; limiter les mandats (durée et nombre) ; préciser l’exercice des contre-pouvoirs ; résorber et interdire l’endettement structurel des Etats.    


Cela signifie : aucun passe-droits d’aucune nature ; des associations financées par les Pouvoirs Publics (financements au nombre d’adhérents) pour acter en Justice contre tous les abus des dirigeants ; suppression des prescriptions et des classements des plaintes sans suite pour vices de forme (généralement introduits sciemment) ; introduction dans le Code Pénal de définitions précises de ce qu’est un salaire, un profit, une rente, un dividende, un super-profit, un enrichissement sans cause, une direction participative, une direction abusive, un abus de pouvoir…   


Vaste programme pour « sauver notre Civilisation »…


Merci de réagir, et surtout de faire réagir le plus grand nombre d’entre nous,              

ALTER-EUROPA

Pour une Autre Europe…

Et (bien sûr) pour un Autre Euro…

JUNON MONETA

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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 00:45

Pour les banques c'est déjà décidé. 700 milliards de dollars ont été avancés par l'administration Bush pour sauver les banques. "Un plan massif car le problème est massif" à annoncé GW Bush ce samedi 20 septembre. La Terre qui se réchauffe, par contre, ce n'est pas un problème massif...


Pour les manchots, en revanche, c'est une autre paire de manche. Le WWF tente de mettre en œuvre un plan de sauvetage dénommé "Antartica 2018" pour préserver la dernière réserve inviolée… pour sauver ce qu'il reste à sauver… Alors le WWF fait un appel aux dons aux petits particuliers que nous sommes, en précisant bien que ce dont est fiscalement déductible à partir de 30 euros. Fiscalement déductible, ce sera déjà ça en moins qui servira à  renflouer des banques irresponsables!
 

Quand J. Stiglitz, prix Nobel d'économie, parle de socialisation des pertes, ce n'est pas autre chose: c'est la mutuelle, la caisse d'épargne, les fonds de pensions de tous les citoyens qui volent aux secours des banques! Citoyens qui sont obligés d'emprunter aux banques avec intérêts pour vivre, se déplacer, s'abriter... Tout le monde rembourse, même les plus pauvres, même ceux qui se retrouvent à la rue suite à la crise. Tout le monde? Non pas tous, les riches, les patrons de grands groupes ou de grandes multinationales ont des déductions fiscales exorbitantes. Certains ne payent que 1% à 2% d'impôts contre 50% pour le particulier (Cfr.

Belgique, pays de grosses légumes).


Les caisses de l'Etat sont vides? Il semblerait que ce ne soit pas pour tout le monde. Après "plus blanc que blanc" dénoncé par Coluche, il y a "plus vide que vide"… A quand la fin du dogme de la "main invisible" (le marché) qui, finalement, vient toujours pleurer chez papa et maman (l'État)???


700 milliards, c'est 3000 fois le budget annuel du WWF.
 

700 milliards, c'est pratiquement 2 fois le PIB de la Belgique.

700 milliards, c'est 5% du coût total des ambitieux et hypocrites Objectifs du Millénaire pour le Développement à atteindre pour 2015: réduire de moitié la pauvreté dans le monde, réduire de 2/3 le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, assurer un environnement durable, etc. Bien sûr l'autre moitié de pauvres et le tiers restant des enfants, ça ne fait pas partie du programme.


700 milliards, c'est plus qu'un pourcent du PIB mondial évalué dans le rapport Stern pour réduire les émissions de gaz à effets de serre.


Question de priorité…

Banques ou manchots? Il faut choisir… En col blanc, du vol légalisé d'un côté, la chronique d'une mort annoncée de l'autre. Manchots, nous n'en sommes pas loin tant notre autonomie et notre esprit critique sont atteints par les chimères du monde moderne. Aisance, boulimie de crédit et hyperconsommation nous aveuglent et nous asservissent pour le meilleur (à très court terme) et surtout, pour le pire (à moyen terme).

Les banques qui étouffent le monde avec leurs intérêts et leurs magouilles financières sont graciées et rengraissées.


Pourquoi?


Parce qu'elles sont totalement acquises aux grands lobbies économiques et financiers. Et parce qu'elles tiennent les cordons de la bourse. Privilège que nous leur avons cédé progressivement un peu partout dans le monde et pour la première fois en 1694 avec la naissance de la banque d'Angleterre


Pour la petite histoire: "Saisissant l’occasion d’un besoin d’argent de leur souverain, un groupe de banquiers anglais, en échange d'une avance, obtint de Guillaume III qu'il leur cède le droit régalien de battre monnaie (les autres droits régaliens étant le droit de lever une armée, de rendre la justice, de faire la guerre ou de signer un traité de paix). C'était un privilège ahurissant puisqu'il s'agit de la création de la monnaie nationale ! Mais c'est ainsi qu'est née la Banque d’Angleterre en 1694". [Attac 78 Nord: Incursion dans un domaine trop réservé - pp 6.]

 

Et pour terminer deux citations qui en disent long  (du texte Money As Debt)


"Celui qui contrôle le volume de la monnaie dans notre pays est maître absolu de toute l'industrie et tout le commerce... et quand vous réalisez que le système entier est très facilement contrôlé, d'une manière ou d'une autre, par une très petite élite de puissants, vous n'aurez pas besoin qu'on vous explique comment les périodes d'inflation et de déflation apparaissent."

-- James A. Garfield [1831-1881], président des Etats-Unis, assassiné


"Le gouvernement devrait créer, émettre, et faire circuler toutes les devises et tous les crédits nécessaires pour satisfaire les dépenses du gouvernement et le pouvoir d'achat des consommateurs. En adoptant ces principes, les contribuables économiseraient d'immenses sommes d'argent en intérêts. Le privilège de créer et d'émettre de la monnaie n'est pas seulement la prérogative suprême du gouvernement, mais c'est aussi sa plus grande opportunité."

-- Abraham Lincoln [1809-1865], président des Etats-Unis, assassiné


Pour aller plus loin, une petite visite sur le site GTMONNAIE.be s'impose.

 

Le NON au traité de Lisbonne c'est notamment à cause du plein pouvoir donné aux banques sans auncun droit de regard des Etats-Membres.

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 11:23

Quelques extraits d'un article de Martine Bulard sur le blog du monde diplomatique: Freddie Mac, Fannie Mae, la Chine et les contribuables américains


On savait que les fonds souverains Chinois étaient allés prêter main forte à plusieurs établissements financiers américains, dont la banque d’affaire Morgan Stanley (5 milliards de dollars) ou Blackstone (3 milliards
lire « Des “fonds souverains” au chevet des multinationales », par Ibrahim Warde, Le Monde diplomatique, mai 2008)... « Faut-il accepter que les communistes ou les terroristes deviennent propriétaires des banques ? », s’interroge Jim Cramer, analyste vedette de la chaîne financière câblée CNBC. Et le tonitruant commentateur de répondre : « N’importe qui ferait l’affaire, car nous sommes désespérés ». Voir aussi sur ce site: La brute au secours du truand


Ce que l’on sait moins, c’est que le gouvernement de M.George W. Bush lui a enlevé une belle épine financière du pied en nationalisant les deux géants du refinancement des crédits hypothécaires, Fannie Mae et Freddie Mac. En effet, parmi les débiteurs de ces agences, figurait la Chine, à hauteur de 395,9 milliards de dollars
pas une bagatelle. Or, le renflouement des deux sœurs lui garantit ses fonds : les contribuables américains paieront. Pékin a donc dû pousser un « ouf » de soulagement.


Soyons juste, Pékin n’est pas le seul bénéficiaire de la manne publique américaine : on trouve également le Japon, engagé à hauteur de 228,2 millions de dollars ; la Russie, pour 75,3 milliards; la Corée du Sud, pour 63 milliards ; Taïwan, pour 54,9 milliards (lire «
Stocks Soar on Takeover Plan for Freddie and Fannie », The New York Times, 9 septembre 2008).


On peut également noter, dans le sillage du quotidien Les Echos, que certains financiers se remplissent les coffres-forts au passage : « John Paulson, qui n’a aucun lien de parenté avec le secrétaire au Trésor américain, a empoché personnellement 3,7 milliards de dollars en pariant sur l’éclatement de la bulle immobilière. Les encours des fonds de cet ancien banquier de Bear Stearns sont ainsi passés de 7 à 28 milliards de dollars cette année. De même, Greenlight Capital a longtemps parié sur la chute du cours de Lehman Brothers. Les investisseurs institutionnels plus classiques comme Pimco adoptent parfois des stratégies similaires. Son gérant vedette, Bill Gross, a dégagé 1,7 milliard de dollars de plus-values en misant sur le sauvetage de Freddie Mac et de Fannie Mae par Washington. » (« 
Neuf questions sur une crise complexe qui n’en finit pas », Les Echos, 16 septembre). Les familles pauvres, elles, vont se retrouver à la rue…

 

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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 11:09

Par Christian LAMBERT (ce n'est pas moi), samedi 13 septembre 2008 sur le groupe de discussion "Europe & Euro".

Bien qu’ayant beaucoup lu dans ma vie, et je l’espère un peu appris, la lecture des deux ouvrages de Junon MONETA a, comme il le sait, constitué pour moi un vrai choc, car je n’avais rien lu de tel jusqu’ici. [Est-il bien nécessaire d'ajouter que j'ai moi même (Ploutopia) été particulièrement touché et influencé par ces deux chefs d'oeuvres, puisqu'ils sont à l'origine de ce site.]

 


 


















J’en étais auparavant déjà largement convaincu mais - après avoir lu ces deux remarquables ouvrages (cf. alter-europa.com)

et à la lumière aussi de la crise financière en cours – j’en suis maintenant plus certain que jamais: il nous faut impérativement et de toute urgence changer le logiciel de fonctionnement du monde, sans quoi l’Histoire de notre espèce telle qu’elle s’écrit sous nos yeux ne sera bientôt que la chronique d’un désastre annoncé.

Scientifiques, philosophes, intellectuels, artistes, responsables associatifs, simples citoyens, engagés ou pas dans des causes grandes ou petites, ils sont en effet de plus en plus nombreux aujourd’hui, dans tous les milieux et à tous les échelons de l’échelle sociale, en France et ailleurs, qui s’inquiètent, pour eux mais surtout pour les générations futures, des conséquences tragiques et des perspectives toujours plus sombres que génère, à un rythme s’accélérant sans cesse depuis une vingtaine d’années, ce « néolibéralisme », toujours plus sauvage et toujours plus prédateur, qui préside aux destinées du monde.


Il est grand temps que cela finisse et que soient enfin mises en œuvre des réponses adaptées aux crises planétaires grandissantes et gravissimes auxquelles nous sommes déjà et allons être confrontés de manière croissante en ce début de 21ème siècle, à l’évidence celui de tous les dangers pour notre survie.


Mais quel modèle de développement, quels principes, quels projets, quels acteurs, quels moyens, quelles institutions ? Ce ne sont là que quelques unes des questions basiques que je me pose naïvement, avec beaucoup d’autres, désorientés comme moi par l’évolution régressive du monde et profondément choqués par le retour de la pauvreté, sinon de la misère, sous des latitudes dont on la croyait pourtant bannie après des décennies de progrès social.

Conscient bien sûr de l’extrême complexité des choses, complexité encore accrue par la mondialisation, le vulgum pécus que je suis se demande donc comment s’y prendre, et surtout par où commencer ? C’est là tous le sens de ma question : faut-il sauver les banques ?

Cette question n’intéresse pas seulement les gens du milieu - je veux dire celui des banques – puisque la revue « philosophie magazine » la pose elle même dans son numéro de mai 2008, en se demandant  « Et si, en sauvant les banques de la faillite, les institutions publiques encourageaient en réalité les comportements à risque, à l’origine de la crise ? ».  Tout en indiquant que tel est l’enjeu moral du débat opposant partisans et adversaires de l’interventionnisme en économie, la revue ne tranche pas sur le sujet. Elle rappelle toutefois qu’ « en accordant aux puissants  (en l’espèce via des subventions publiques et/ou des renationalisations au profit des banques directement à l’origine de la crise dite des "subprimes") ce qu’ils refusent aux petits (les victimes du système jetées à la rue), les pouvoirs publics s’immiscent dans le marché dont ils vantent l’autorégulation». Et d’ajouter : « Un deux poids deux mesures difficile à défendre et qui consiste, selon la formule, à privatiser les gains et à nationaliser les pertes ».

Tout est dit !

Tout ? Enfin pas tout à fait, et c’est la raison pour laquelle je souhaite en savoir plus sur cette question majeure, en interrogeant Junon MONETA. Sa connaissance hors du commun des choses de la monnaie depuis les Grecs, et même avant eux, et sa maîtrise à l’identique des méthodes et des pratiques (maffieuses ?) de la haute finance internationale (c’est à dire de ceux qui en fin de compte sont nos vrais gouvernants) ne peut qu’ajouter de la matière à notre réflexion et de l’écho à nos révoltes.

C’est pourquoi je la lui pose : FAUT-IL SAUVER LES BANQUES ?

Bientôt, réponse à la question sur le groupe de discussion "Europe & Euro" d'Alter-Europa:
pour une autre Europe et (bien sûr) pour un autre euro. Réponse qui sera probablement retranscrite ci-dessous ou en commentaire...


Voir aussi sur ce site:

La brute au secours du truand

Petit lexique financier pour novice

Petite fable immorale

Spéculation et crises: ça suffit!

Subprime: l'étincelle d'un gigantesque brasier financier

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 11:51

Cette semaine, du 21 au 26 juillet 2008, se tiendra la réunion informelle du cycle de Doha dirigée par le grand maître et chef matérialiste actuel Pascal Lamy, directeur général de l'OMC. Sur les 135 membres, seuls 35 ministres du commerce ont été invités à cette informelle et exclusive phase de négociation avec sa farandole de textes tous aussi injustes qu'inégalitaires comme base de discussion.


Dans OMC, Organisation Mondiale du Commerce, tout est dit: les pays occidentaux Organisent le Monde selon leurs critères et conception du Commerce. Ici encore, le smog néolibéral est tel que les grands dirigeants des pays "développés" semblent avoir oublié ce que Mondial signifie. Pour les pays développés, le monde c'est nous! Le monde est commerce et marché. "Ouvrez vos frontières bonnes gens, ouvrez vous à la bonne parole, à notre vision juste et noble du monde. En agissant de la sorte vous sauverez vos familles et votre pays de la misère et de la faim. Faites donc ce que nous préconisons et vous connaitrez joie, bonheur et abondance comme nous."
 
 


Abondance matérielle certainement! Mais a quel au prix!

* Au prix de vies, de sueur et de sang partout dans le monde.

* Au prix d'une funeste vampirisation matérielle et immatérielle mondiale.

* Au prix d'une sérieuse pénurie éthique, culturelle et spirituelle!


La majorité des propositions des 3 principaux sujets de discussion du cycle de Doha - agriculture, NAMA et service - sont conçus pour protéger et promouvoir les intérêts des pays riches et des corporations transnationales.


Les négociations de l’OMC se sont converties en une lutte des pays développés pour ouvrir les marchés des pays en développement en faveur de leurs grandes entreprises. Les subventions agricoles du Nord, dont les principaux bénéficiaires sont les firmes agro-alimentaires des Etats-Unis et de l’Europe, non seulement vont se perpétuer, mais vont en augmentant, comme on peut le voir avec la Loi Agricole américaine “Farm Bill 2008” [1]. Les pays en développement abaisseront les droits de douane des produits agricoles tandis que les subventions réelles [2] des Etats-Unis et de l’Union Européenne à leurs produits agricoles ne diminueront pas.


En ce qui concerne le volet des produits industriels des négociations de l’OMC, le but recherché est d’assurer que les pays en développement réalisent des coupes de leurs droits de douane de 40% à 60%, tandis que les pays développés diminueront en moyenne leurs droits de douane de 25% à 33%. [Cfr lettre d'Evo Morales]


Doha EST LE PROBLEME, PAS LA SOLUTION. Libéraliser plus avant et forcer l'ouverture des marchés rendront les pays pauvres encore plus pauvres et vulnérables... Ils seront non seulement vulnérables à la crise des prix alimentaires mais aussi à la crise financière. Si les textes actuels sont acceptés et que le cycle est conclu, le sort des pays en de développement en sera fortement aggravé.


Nous, représentants d'organisations paysannes, femmes, migrants, travailleurs, pauvres urbains et ruraux, pêcheurs, gens ordinaires, mouvements sociaux et organisation sociales civiles de l'Est et du Sud Est de l'Asie en appelons au rejet du cycle de Doha.


A la spécification géographique "Est et Sud Est de l'Asie" du magnifique texte Doha is the problem, NOT the solution on peut aisément substituer "tous les pauvres et déshérité du monde".
 


A l'aube du XXIème siècle et son chapelet de crises aussi multiples que mondiales, il est GRAND temps d'y voir clair et de mettre un terme à la racine du mal: l'hypocrite tragicomédie de la "mondialisation heureuse" et l'expression soi-disant naturelle de son "libre commerce".




[1] Le “Farm Bill 2008” a été approuvé le 22 mai 2008 par le Congrès des Etats-unis. Il autorise à réaliser des dépenses qui incluent des subventions à l’agriculture jusqu’à 307 milliards de dollars en 5 ans. De cela, approximativement 208 milliards de dollars pourront être dépensés en programmes alimentaires.


[2] Le texte actuel concernant l’agriculture propose de baisser les subventions des Etats-Unis dans une fourchette variant entre 13 et 16.4 milliards de dollars par an. Pourtant, les subventions réelles qu’appliquent actuellement les Etats-Unis, sont approximativement de 7 milliards par an. Proposition qui permettrait donc un doublement des aides!? Pour sa part l’Union Européenne propose dans le cadre des négociations de l’OMC la réforme de sa Politique Agricole Commune (PAC) qu’elle a réalisée en 2003, sans proposer de plus grandes ouvertures.


Source:
Doha is the problem, NOT the solution (Asie)
lettre d'Evo Morales (Amérique du Sud)


Voir aussi:

Mondialisation et Démocratie

Occidentalisation du monde

Autochtones et développement

 

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 12:35

 

Jean Ziegler est l'ancien rapporteur de l'ONU sur le droit à l'alimentation. Il est aujourd'hui membre du Comité consultatif du conseil des droits de l'homme des Nations unies et auteur du livre L'Empire de la honte (édition Livre de poche).



Le sommet de la FAO à Rome sur la crise alimentaire mondiale s'est clôturé, jeudi 5 juin. Que faut-il retenir de ce congrès ?

Jean Ziegler : C'est un échec total, c'est extraordinairement décevant, et très inquiétant pour l'avenir des Nations Unies. Le sommet est assez unique dans l'histoire de cette organisation : plus de 50 chefs d'État et de gouvernement se sont réunis pour discuter de solutions concrètes à apporter à l'effroyable massacre quotidien de la faim, qui s'aggrave encore avec l'explosion des prix mondiaux des matières premières agricoles depuis cinq ou six mois. Mais le résultat de cette conférence est totalement scandaleux: l'intérêt privé s'est imposé, au lieu de l'intérêt collectif. Les décisions prises à Rome risquent d'aggraver la faim dans le monde, au lieu de la combattre.


Quels engagements des membres de la FAO auriez-vous souhaité ?

Je souhaitais trois décisions.

1) Tout d'abord, l'interdiction totale de brûler de la nourriture pour en faire des biocarburants.

2) Ensuite, retirer de la Bourse la fixation des prix des aliments de base, et instaurer un système où le pays producteur négocie directement avec le pays consommateur pour exclure le gain spéculatif.

3) Troisièmement, que les institutions de Bretton Woods, notamment le Fonds monétaire international, donnent la priorité absolue dans les pays les plus pauvres aux investissements dans l'agriculture vivrière, familiale et de subsistance.

La déclaration finale du sommet, difficilement adoptée jeudi soir, engage les pays membres de la FAO à réduire de moitié le nombre de personnes qui ont faim d'ici à 2015. Est-ce un objectif crédible?

Non, c'est de l'hypocrisie la plus totale. D'ailleurs, ce but est celui du millénaire. C'est en septembre 2000, au seuil du nouveau millénaire, que Kofi Annan, secrétaire général des Nations Unies à l'époque, avait réuni les pays membres des Nations Unies à New York et avait fixé neufs buts du millénaire pour éradiquer la misère, la faim, etc. Le premier, qui a été adopté, était déjà de réduire de moitié les affamés d'ici 2015. Mais entre 2000 et 2008, la faim n'a pas reculé, elle a massivement augmenté. Selon la FAO, il y avait l'année dernière 854 millions de personnes gravement et en permanence sous-alimentées. Sans compter les 6 millions d'enfants morts de faim. Et il y pourrait y avoir 100 millions de personnes de plus à tomber dans la sous-alimentation grave et permanente à partir de maintenant à cause de l'explosion des prix.


Qui sont, selon vous, les responsables de cet "échec" du sommet de Rome ?

Il y en a trois principaux.

1) D'une part, les Etats-Unis et leurs alliés canadiens et australiens qui ont saboté le sommet en faisant pratiquement la politique de la chaise vide.

2) D'autre part, les grandes sociétés multinationales. Dix sociétes multinationales contrôlent actuellement 80 % du commerce mondial des aliments de base mais elles ne sont pas la Croix rouge et ne sont pas en charge de l'intérêt collectif.

3) Troisième responsable, et je le dis avec beaucoup d'inquiétude, c'est le secrétaire général des Nations Unies, qui est chargé de faire des propositions. Or, il ne fait que d'une façon très insuffisante.

 

 


Propos recueillis par Laura Marzouk dans LEMONDE.FR | 06.06.08 |

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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 12:09

Les temps changent. Quand le FMI (Safeguarding Financial Stability), la banque mondiale ou la FAO (L’agriculture biologique face au défi de la sécurité alimentaire) publient ou recommandent des rapports sur la nécessité d'autosuffisance alimentaire, de régulation honnête des marchés ou de politiques protectionnistes, ça fait beaucoup de bien! C'est tout le contraire de ce qu'ils préconisent depuis des décennies et c'est heureux. Il est grand temps en effet que les grandes institutions de ce monde comprennent, comme Warren Buffet l'a déjà dit, que "la Haute Finance libéralisée est une arme de destruction massive". Venant de l'homme le plus "riche" de la planète, n'est-ce pas à prendre au sérieux?

Georges Soros (vidéo article précédent) et Warren Buffet  savent comment ils ont bâti leurs richesses…
Avec du flair, du bluff et de l'audace certes, mais aussi et surtout grâce à un système d'exploitation du nombre et de la Nature au profit de quelques-uns. Système rendu possible par escroquerie et bourrage de crâne mais aussi par une très nette tendance à l'individualisme de masse.

La faim et le désert frappent à la porte... Tôt ou tard, la réalité nous rappellera à l'ordre. A quand un gel des spéculations sur les denrées alimentaires? A quand un démantèlement des paradis fiscaux? A quand un moratoire sur les OGM et les agro-carburants? A quand une remise en question du dogme de la croissance? A quand une monnaie juste pour une répartition égalitaire des richesses, les vraies: le temps et le travail des gens?

 

Ci-dessous, un article d'Alain Faujas sur un rapport de la commission Croissance et développement.

***

 

La publication du rapport de la commission Croissance et développement, jeudi 22 mai, sonne la fin du tout-libéralisme en vogue depuis la fin du XXe siècle en matière de politiques de développement économique. Elle annonce un nouveau consensus pour une mondialisation moins sauvage.
 

 

La commission Croissance et le développement, financée par l'Australie, la Suède, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Fondation William et Flora Hewlett et le groupe Banque mondiale, est composée de 21 membres dont:

Dr Boediono, gouverneur de la banque centrale d'Indonésie ;

Kemal Dervis, administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ;

Alejandro Foxley, ministre des affaires étrangères du Chili ;

Goh Chok Tong, président de l'autorité monétaire de Singapour ;

Han Duck-Soo, ancien premier ministre de Corée ;

Danuta Hübner, commissaire européen à la politique régionale ;

Pedro-Pablo Kuczynski, ancien premier ministre du Pérou ;

Trevor Manuel, ministre des finances d'Afrique du Sud ;

Ngozi N. Okonjo-Iweala, directrice générale de la Banque mondiale ;

Robert Rubin, président de Citigroup ;

Robert SOLOW, Prix Nobel, MIT ;

Michael Spence, Prix Nobel, Stanford ;

Ernesto Zedillo, ancien président du Mexique ;

Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque de Chine.


Cette commission ne peut être suspectée d'altermondialisme : présidée par le Prix Nobel américain Michael Spence, un libéral orthodoxe, elle compte vingt et une sommités, dont un autre Prix Nobel américain, Robert Solow, d'anciens chefs de l'Etat ou premiers ministres, des ministres des finances, des représentants de l'ONU et de la Commission européenne, des gouverneurs de banques centrales, ainsi que le patron de la première banque privée du monde, Citigroup.

Créée en avril 2006 et épaulée par la Banque mondiale, la commission s'est penchée sur un phénomène qui ne s'était jamais produit avant le milieu du XXe siècle : depuis 1950, treize pays ont connu un fort taux de croissance de 7 % par an, pendant au moins vingt-cinq ans d'affilée.


Il s'agit du Botswana, du Brésil, de la Chine, de Hongkong, de l'Indonésie, du Japon, de la Corée du Sud, de la Malaisie, de Malte, d'Oman, de Singapour, de Taïwan et de la Thaïlande.

La commission Croissance et développement a étudié les recettes qui ont permis ces étonnantes success stories où voisinent la petite île de Malte et le géant chinois, un temple du libre-échange comme Singapour et une économie très dirigée telle la Malaisie.

Ils en tirent des conclusions qui vont à l'encontre du "Consensus de Washington", cette théorie adoptée par les institutions internationales et élaborée par l'économiste John Williamson à la fin des années 1980, et qui prônait la réduction des déficits, des impôts et des dépenses publiques, l'accélération des privatisations et des déréglementations.

Le rapport de la Commission est sans ambiguïté. "La principale de nos conclusions est que la croissance indispensable pour faire reculer la pauvreté et assurer un développement durable réclame un Etat fort",
commente Kemal Dervis, administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et ancien ministre des finances de Turquie.

Le rapport ne conteste pas la nécessité de la mondialisation et de l'ouverture économique et commerciale, seules capables de créer des richesses à long terme. Ni le repli sur le marché national, ni le protectionnisme ne sont efficaces à long terme. Mais "les orthodoxies ont leurs limites", prévient le rapport, qui ajoute : "S'il existait une seule doctrine de la croissance valable, nous l'aurions découverte."

Il estime que "plus l'économie croît, plus une administration publique active et pragmatique a un rôle crucial à jouer". Ce qui signifie "une planification à long terme", des fonctionnaires mieux payés pour obtenir "une administration compétente, crédible et motivée", des investissements publics dans les infrastructures, l'éducation et la santé, car "loin d'évincer l'investissement privé, ces dépenses l'attirent".

Le Consensus de Washington ignorait les conséquences sociales des politiques qu'il préconisait. A rebours, la commission Croissance et développement investit ce domaine, car elle est convaincue que l'insécurité économique fragilise le soutien des populations aux réformes nécessaires à la réussite de la mondialisation. Elle demande donc que les destructions d'emplois ne soient pas empêchées, mais qu'elles soient accompagnées par des programmes sociaux aidant les personnes à s'adapter à la nouvelle donne.

Dans le même esprit, elle conseille aux gouvernements de contenir les écarts de revenus que la croissance provoque toujours dans un premier temps et qui pourraient déclencher des troubles.

Loin des certitudes des néoconservateurs américains, qui refusent de dissocier développement et démocratie à l'occidentale, la commission se soucie peu du régime politique qui gère la croissance. Que le pouvoir appartienne à un parti unique, à plusieurs partis ou à des technocrates, l'important est que le cap de la croissance soit maintenu, selon la méthode de l'ancien secrétaire du Parti communiste chinois, Deng Xiaoping, qui conseillait de "traverser la rivière en tâtant les pierres".

Cet appel à une sorte de principe de précaution économique tranche avec la suffisance qui conduisait les équipes de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à imposer brutalement aux pays en développement l'orthodoxie budgétaire, fiscale et monétaire imaginée à Washington.

Enfin, l'environnement n'était pas au menu des travaux de la commission. Le réchauffement climatique s'est progressivement imposé, au point que Michael Spence appelle désormais les pays industrialisés à "stopper leurs subventions à l'énergie et aux biocarburants".

Le rapport invite les pays en développement à se soucier de leurs émissions de gaz à effet de serre et de la pollution de leurs eaux, sans attendre d'être plus riches, faute de quoi cette insouciance leur "coûtera extrêmement cher".

Alain Faujas

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 02:23

Chaque année, les personnalités les plus influentes de la planète se donnent rendez-vous au "World Economic Forum" organisé à Davos, une commune du canton des grisons en Suisse. Ci-dessous, une vidéo de 10 minutes du forum de 1997... Ca date mais c'est instructif. 

 

 

 

 


Créé en 1971 par Klaus Schwab, un spécialiste en stratégie industrielle, le Forum de Davos est une organisation sans légitimité qui n’a aucun pouvoir officiel...


Davos est devenu un haut lieu de rencontre de "grandes" personnalités politiques (George Bush, Angela Merkel ou Gordon Brown) et économiques (Bill Gates, Richard Branson, Daniel Vasella - PDG du groupe Novarits). En 2005 Davos a accueilli le monde des médias et people avec notamment Sharon Stone ou Brad Pitt. 2006 voit l’entrée des sportifs eux aussi membre du "gratin", "ceux d'en haut", discutant business et du sort du peuple, "ceux d'en bas".


Des photos et plus de détails sur Davos 2006


Participer au forum quand on n’est pas invité n’est pas chose aisée. Les quelques 2.000 leaders présents doivent débourser plusieurs dizaines de milliers d’euros afin de partager leurs points de vue pendant 4 jours. Cette somme reste toutefois mineure par rapport à la richesse des contacts que certains peuvent obtenir. Toutefois, il ne suffit pas de débourser son prix d’entrée pour pénétrer dans ce lieu saint. Un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros est une étape quasi obligatoire.
 



La relation entre le comportement de l'homme et sa destinée a été détruite. Et cette rupture est à l'origine de son sens de l'instabilité dans le monde moderne. Parce qu'il a été conditionné dans la croyance que rien ne dépendait de lui et que son expérience personnelle n'aura aucune influence sur le futur. L'homme est arrivé à la conclusion tragique qu'il n'a aucun rôle à jouer face à son destin. Je suis convaincu que toute tentative de restaurer l'harmonie dans ce monde ne peut que reposer sur la renaissance de la responsabilité personnelle.

[Andreï Tarkovsky]


Tous ces gens à Davos ont entendu ces propos. Il y a donc bien quelques petites cloches de conscience et de misère qui tintent au loin.

Malheureusement, pour la majorité ce n'est qu'un nouveau paramètre, une nouvelle contingence à gérer. Un nouveau grain de sable dans les engrenages d'une mécanique qu'ils jugent parfaite pour la gestion du quotidien et du destin de l'humanité.


Notons que ce forum date de 1997! Ca fait plus de 10 ans. Quand on sait les graves problèmes actuels, on ne peut qu'espérer un changement dans leurs propos. A moins d'être fou, ils devraient tout de même se rendre compte du danger, même pour eux... Font-ils le lien entre cette croyance aveugle au marché et les dégâts sociaux et environnementaux qu'elle entraine?

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