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Présentation

  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
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Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

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Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 12:36

darqawi.jpgLe djihad islamique, terme que l’on traduit généralement par guerre (Cfr. Wikipédia) mais qui signifie également effort, est l’objet d’immenses malentendus, eux-mêmes amplifiés par les discours haineux de groupes islamistes extrémistes et par l’ethnocentrisme de certains Occidentaux qui sont trop contents de coller sur la religion de « l’autre » des étiquettes infâmantes.

 

Il faut se rappeler que le terroriste-type d’Al-Qaïda que l’on qualifie de djihadiste est un homme qui n’a guère reçu d’instruction religieuse sérieuse [1]. Sa connaissance du Coran est approximative. Son engagement est dû autant à la frustration qu’à la religion. Il se sert de celle-ci pour exprimer celle-là.

 

Un récit ancien offre une idée bien différente de ce que signifie en fait ce qu’on appelle « le grand djihad ». Dans un combat corps à corps avec un ennemi de l’islam, Ali, guerrier modèle, immobilise son opposant. Ce dernier lui crache au visage dans un sursaut de haine. Aussitôt, Ali lâche prise et remet son épée au fourreau. L’ennemi surpris lui demande le motif de ce geste. Ali répond que jusqu’alors il avait combattu pour la vérité (Al-Haqq), mais qu’après avoir reçu le crachat au visage, il a éprouvé un sentiment de rage. Cela l’empêche de continuer à combattre, parce qu’il ne veut pas agir poussé par la colère.

 

On peut découvrir beaucoup d’exemples semblables au comportement chevaleresque d’Ali, affirme l’Iranien Seyed Hossein Nasr[2]. Que l’on songe à l’Emir Abd el Kader s’opposant au colonialisme français en Algérie et au commandant Massoud, assassiné en Afghanistan par des extrémistes islamistes. L’histoire de ces combattants restés fidèles à leur tradition illustre un des aspects majeurs de l’éthique des sociétés traditionnelles, à savoir la noblesse de coeur. Mohammed aurait lui-même distingué le grand djihad, à savoir le travail sur soi et la lutte contre ses passions, du petit djihad, à savoir la guerre contre l’ennemi extérieur.

 

Cette insistance, au sein de l’islam, sur le travail spirituel intérieur est peu entendue aujourd’hui, l’extrémisme islamique occupant le terrain médiatique. Mais il n’a nullement disparu pour autant, pas plus qu’une grande tolérance envers toutes les religions. Déjà le grand Ibn Arabi se réjouissait des saints qu’il trouvait dans les synagogues et les églises... et il ne craignait pas de dénoncer les gens haineux qu’il trouvait dans les mosquées. Belle indépendance d’esprit[3], et attitude qui contraste avec le silence d’intellectuels musulmans d’aujourd’hui à l’égard de leurs coreligionnaires allumés qui parlent et tuent au nom de leur foi.

 

La tolérance, cependant, n’est pas morte en terre d’islam. Des intellectuels rappellent ce hadith de Mohammed utile à méditer : « L’encre des savants est plus précieuse que le sang des martyrs ». Un homme tel que cheikh Khaled Bentounès se prononce ainsi sur les diverses traditions spirituelles : « Les prophètes des religions sont comme les différents grains d’un chapelet et la spiritualité est le fil qui relie l’ensemble des grains. Tous les prophètes sont ainsi reliés les uns aux autres au-delà de leurs différences » [4]. Nous sommes loin des anathèmes véhéments envers les « infidèles » ! Quant au cheikh algérien Ahmed Tidjani, fondateur de la confrérie soufie Tidjaniya, très répandue en Afrique de l’Ouest, il affirmait « Allah aime aussi l’infidèle ... ».

 

Le grand spécialiste des traditions africaines, Amadou Hampâté Ba, rapporte que son maître spirituel Tierno Bokar disait : « Je ne m ‘enthousiasme que pour la lutte qui a pour objet de vaincre en nous nos propres défauts »[5]. Il précisait que cette lutte n’a rien à voir avec la guerre que se font les fils d’Adam au nom d’un Dieu qu’ils déclarent aimer beaucoup, mais qu’ils aiment mal puisqu’ils détruisent une partie de son oeuvre. « En Dieu, frères de toutes les religions, abaissons les frontières qui nous séparent. A bas toutes les créations artificielles qui opposent les humains les uns aux autres ». Voici des paroles sorties d’une modeste case de terre séchée au coeur du pays Dogon.

 

Il est rafraîchissant d’entendre cette voix sereine et fraternelle. Cela nous change de celle des barbus furibonds. En voici un autre écho, qui permet de deviner tout ce que renferme de beauté et d’ouverture une pensée spirituelle vraiment ancrée dans la profondeur : «Volons comme un aigle aux ailes puissantes vers l’union des coeurs, vers une religion qui ne tendra pas à l’exclusion des autres credo mais à l’union universelle des croyants libres de leur personne et moralement libérés des appétits de ce monde (...). La religion, celle que veut Jésus et qu’aime Mohamed, est celle qui, comme l’air pur, est en contact permanent avec le soleil de Vérité et de Justice, dans l'Amour du Bien et la Charité pour tous». En cela il s’inspirait directement du Coran dont un verset dit « et lorsqu’ils (les croyants) sont apostrophés par les ignorants, ils disent ‘Paix’ »[6]. Dignité, noblesse et tolérance. Voilà campées de belles qualités. Rappelons-nous qu’il s’agit d’idéaux-types, donc d’abstractions généralisatrices, et non d’une description empirique de ce que vit chaque individu du groupe concerné. La réalité concrète est hybride.

Extrait p. 150-151, DES RACINES POUR L’AVENIR, Cultures et spiritualités dans un monde en feu, Thierry VERHELST

 

Plus menace le nivellement matérialiste, plus grande est la quête des fondements. Cette quête se doit de viser la profondeur. Faute d’être fondamentale, elle risque de devenir fondamentaliste. Il faut le répéter, les courants fondamentalistes sont autant sinon davantage ancrés dans l’angoisse générée par la modernité et dans l’humiliation provoquée par l’arrogance des dominants que dans la conviction religieuse. Il faut combattre l’intolérance, et non la religion. L’économie actuelle est donc contestable non seulement parce qu’elle va à l’encontre de la justice sociale et du respect de l’environnement, mais encore parce qu’elle est à la source des deux grandes préoccupations qui agitent l’Occident aujourd’hui, le fondamentalisme et l’immigration clandestine.

Extrait p. 131, DES RACINES POUR L’AVENIR, Cultures et spiritualités dans un monde en feu, Thierry VERHELST.

 

 

Enfin, pour information, notons que le prénom Mahomet n’existe pas. Mahomet est une déformation de langage datant du Moyen-âge. Le seul et véritable prophète d’Allah est MOHAMMED. Extrait ci-dessous du livre « Vers une approche du Monde Arabe », de Jean-Jacques Schmidt, Aux éditions du Dauphin, 2000.

 

[“Mahomet”, “mahométisme” et “mahométan”] Voilà trois termes qu’il faut, une fois pour toute, bannir de votre vocabulaire. Il n’existe pas et il n’a jamais existé de “Mahomet” parmi les prénoms masculins arabes. La meilleure orthographe est Mohammed ou Mouhammad : celui qui est loué, louangé.

“Mahomet” est une déformation qui remonte au Moyen-âge chrétien et qui, hélas, persiste de nos jours. "Mahomet" est une appellation juive dérivant de « Ma houmid » qui signifie explicitement « le Non Béni » sinon « l’Exécré »

Au XVIIIième siècle, Voltaire, en particulier, a contribué à imposer cette dénomination notamment dans une pièce qu’il a intitulée : “Mahomet ou le fanatisme”, par laquelle il a dénigré l’Islam et son Prophète.

Beaucoup plus grave est l’expression : “mahométisme” par la signification qu’elle véhicule. Pourquoi grave ? Parce que l’on a tôt fait de mettre en parallèle “mahométisme” et “christianisme” en les opposant. Ainsi assimile-t-on la “croyance” dans le Christ (rendue par la terminaison “isme” (=christianisme) à la “croyance en Mahomet (=mahométisme)”. Or, il faut rappeler que si le christ est bien l’objet d’adoration et de croyance en tant que fils de Dieu, d’une essence supérieure aux autres mortels, Mohammed, lui, n’est la source d’aucune croyance, ni l’objet d’aucune adoration. Quant à “mahométan”, il laisse entendre que “Mahomet” aurait des fidèles qui l’adoreraient, comme les chrétiens adorent le Christ. Or, dans l’Islam, seul Dieu est adoré.

Mohamed, ainsi que le Christ, sont respectés dans cette religion en tant que prophètes, des hommes comme les autres que Dieu a choisis pour transmettre Son Message à l’humanité

Source : http://www.yabiladi.com/forum/comparatif-mahometmohamed-80-1654018.html

 

www.soufisme-fr.com


Notes

[1] « Une étude américaine esquisse le profil-type du terroriste d’Al-Qaida », Le Monde, 10/8/2004, p. 3. Cette étude du prof. Marc SAGEMAN de l’université de Pennsylvanie, un ancien opérationnel de la CIA en Afghanistan, fait état d’un nouveau terroriste-type qui serait « global et nihiliste ».

[2] Seyed Hossein NASR, « Le terrorisme islamique et la profanation d’un terme sacré », article repris en traduction dans Espérance des peuples, N° 415, mai 2004.

[3] Jean MOUTAPPA, « Mais que font les intellectuels musulmans ? », Le Monde des religions, janvier-février 2006, p. 17.

[4] Entretien avec Marc DE SMEDT, Nouvelles Clés, N° 11, automne 1996. Le cheikh Khaled BENTOUNES, maître de la grande confrérie soufie Alawiya, est le descendant d’une lignée de maîtres soufis qui remonte jusqu’au prophète Mohammed. Voir www.fondationdiagonale.org

[5] Amadou Hampâté BA, Vie et enseignement de Tierno Bokar, Le sage de Bandiagara, Seuil, 1980, pp. 158 et 244.

[6] Soheib BENCHEIKH, ancien Grand Mûfti de Marseille dans un débat publié par La Libre Belgique à l’occasion de l’affaire des caricatures de Mohammet, mardi 7 février 2006, p. 31.

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 16:52

http://www.m21editions.com/pictos/couv_noetique_200.jpgLe XXème siècle marque la fin d'un cycle, celui de la "modernité" qu'avait accouché, non sans douleurs, le Moyen-Âge finissant.

La pensée classique qui avait culminé dans le scientisme et le rationalisme du XIXème siècle, reposait sur une vision du monde cartésienne : tout ce qui est et vit, au-delà des apparences chaotiques et compliquées, peut toujours se ramener à des interactions entre briques simples et immuables, selon des lois universelles et immuables.

Les sciences – et les pratiques politiques, sociales et managériales - du XXème siècle ont largement démontré qu'il n'y a rien d'immuable parce que tout évolue, qu'il n'y a rien de simple parce que tout est complexe (c'est-à-dire, précisément, non réductible à des "simples") et qu'il n'y a rien d'universel parce que tout est unique.

Cette découverte récente de l'évolutionnisme généralisé (dont la théorie du big-bang) et de la complexité généralisée (dont la mécanique quantique et les sciences de la vie) a bouleversé tous les référentiels.

De plus, le développement rapide des technologies de l'information et des télécommunications (TIC) a permis à la pensée et aux idées de se libérer des contraintes matérielles lourdes d'antan et, ce faisant, a suscité l'émergence de ce qu'après Pierre Teilhard de Chardin on peut appeler la noosphère : ce monde des idées autonomes qui, tel un arbre, s'enracine dans la sociosphère humaine commence à s'épanouir pour remettre le monde en marche et bâtir une humanité surpassée.

La noosphère, à l'instar de la biosphère qui la porte, est un vaste organisme vivant qui se construit et évolue, qui connaît des règles de sélection et des modes d'association  ceux-ci restent encore largement à explorer … Les idées germent, se propagent et prolifèrent, s'associent, se combattent et s'amalgament tout comme les organismes vivants. Elles diffèrent d'eux en ceci : elle sont immatérielles.

Ce passage de la sociosphère à la noosphère sur les passerelles de l'évolutionnisme et de la complexité, c'est précisément la Révolution Noétique. Elle inaugure l'âge noétique qui devient sous nos yeux, notamment avec les créatifs culturels, la référence de base du monde de demain. Elle induit cette "société de la connaissance et de l'information" dont on parle de plus en plus dans les médias comme dans le traité européen de Lisbonne.

La révolution noétique et l'émergence de la noosphère fournissent une vocation nouvelle, un sens nouveau, un projet colossal à notre humanité aujourd'hui encore repliée sur elle-même, aujourd'hui encore prisonnière de son hédonisme matérialiste, stérile et saccageur de vie.

Cette révolution noétique impacte toutes les dimensions de la vie et de la culture humaines.

La sociosphère était centrée sur le débat entre politique et économique. Ce débat est dépassé : l'économique et le politique deviennent singulièrement périphériques et se cantonnent à devenir l'intendance de l'humanité créatrice de sens. La carte d'identité, symbole de l'appartenance forcée à l'Etat-nation, devient un simple carte de crédit ou de membre d'un service club public local. Le travail, naguère devoir moral ou civique, ou mal nécessaire du gagne-pain, devient processus d'accomplissement personnel.

Les vraies appartenances, les vraies activités sont ailleurs.

Les valeurs masculines et viriles d'hier, celle du héros triomphant, du guerrier combattant, du compétiteur courant contre la montre pour des chimères, s'effondrent. Les valeurs féminines émergent : coopération et convergence, durée et durabilité, amour et respect, gratuité et générosité, inclusion et spiritualité.

La pensée noétique se propose de dépasser la pensée cartésienne classique, de réhabiliter les autres voies de connaissance que la seule raison raisonnante. Loin de tous les absolus et de tous les idéaux au sens platoniciens, elle expérimente d'autres pistes au mieux-vivre en meilleure harmonie avec le monde, la nature et les autres.

D'autres langages émergent peu à peu - et bien d'autres restent à inventer … - pour soutenir cette pensée large, globale, englobante et holistique : les langages symboliques et métaphoriques forgent déjà d'autres méthodologies de recherche et de création.

La pensée complexe dépasse tous les bastions de la pensée réductionniste et simpliste.

Mais que l'on ne se leurre pas : la révolution noétique, le passage de la sociosphère à la noosphère, le passage de la société industrielle capitaliste à la société de la connaissance et de l'information, ne se feront pas sans douleurs, sans résistances, sans obstacles.

Des chantiers énormes doivent être ouverts d'urgence : recherche, éducation, santé, politique, économie, éthique, écologie, consommation, infrastructures.

La sociosphère humaine si fermée, si prédatrice doit d'urgence s'ouvrir "en grand" : vers la biosphère qui la nourrit et qu'elle épuise, vers la noosphère qui la justifie et qu'elle néglige.

La révolution noétique est donc à la fois une révolution naturaliste et écologique et une révolution cognitive et créatrice.

En arrière plan de la révolution noétique, se placent deux racines qui la nourrissent.

La première est scientifique : c'est le domaine de la systémique qui étudie la complexité sous tous ses aspects et où l'on retrouve des noms comme Prigogine, Sheldrake, Laszlo, Capra, Bohm, Thom, Mandelbrot, Trinh Xuan Thuan, etc …

La seconde est métaphysique : c'est le domaine du monisme holistique qui pense l'unité foncière de ce qui existe au sein d'une métaphysique du Devenir contre les classiques métaphysiques de l'Être, et où brillent les nom d'Héraclite d'Ephèse, de Maître Eckart, de Pascal, de Nietzsche, de Bergson, de Teilhard de Chardin, ainsi que les spiritualités taoïstes, hindouiste, kabbalistique, soufie et zen.

La révolution noétique est en marche. Il ne reste que le choix entre la subir ou la promouvoir … !

http://www.noetique.eu/livres/livre-age-connaissance


Vous avez dit « Noétique » ? La Noétique (du grec ‘noûs’ : connaissance, esprit, intelligence) se concentre sur l’étude et le développement de toutes les formes de connaissance et de création qui engendrent et nourrissent la noosphère, cette ‘couche’ de savoirs et d’informations qui couvre toute la Terre de ses réseaux. Nous la définissons comme "l'ensemble des arts, sciences et techniques de création, de formalisation, de partage et de prolifération des Idées. C'est le domaine de la pensée, de la connaissance, de l'intelligence". Plus brièvement, nous dirions que c'est la science de l'intelligence c-à-d la capacité de reliance dans toutes les dimensions.

A propos de "la science", Herbert Simon utilise le terme « Sciences de l’artificiel » pour désigner les disciplines dont l’objet d’étude est créé par l’homme et non issu de la nature, à savoir : la théorie de l’information, la cybernétique, l’informatique, l’automatique, les sciences de la cognition, de la décision, etc. Ces disciplines qui n’ont pas trouvé leur place  dans la classification classique des sciences observant la nature ont été ré-intégrées dans le constructivisme. Celui-ci considérant tout objet d’étude comme construit par un sujet.

Trois sources nourrissent la démarche noétique :

  1. La source systémique pour comprendre, maîtriser et concevoir des systèmes complexes sans recourir au scalpel analytique qui détruit les interactions ;

  2. La source holistique pour tirer toutes les conséquences du principe « le tout est plus que la somme de ses parties » ;

  3. La source métalogique pour fourbir les langages et modèles capables de représenter et de traiter la complexité sans la réduire.

Christian ARNSPERGER, Thierry VERHELST, Thomas d’ANSEMBOURG et Marc HALEVY seront présent le 27 février à Louvain-la-Neuve dans le cadre d’un forum sur la SIMPLICITE VOLONTAIRE organisé par TETRA asbl avec la collaboration des Amis de la Terre, ainsi que la Chaire Hoover d’éthique économique et sociale et la Maison de l’Ecologie
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 13:00

couv racines avenirDES RACINES POUR L’AVENIR, cultures et spiritualités dans un monde en feu. Rarement - pour ne pas dire jamais - il m’a été donné de lire un livre aussi abondamment et éloquemment référencé, aussi fin que rigoureux, aussi renversant que rassurant.

 

Il n’y est pas question de constats ou d’atermoiement sur l’Etat de notre monde. Il n’y est pas non plus question de solutions toutes faites ou de petits conseils simple et facile sur « le comment sauver notre monde ». En fait il n’est jamais question de comment mais de pourquoi ? Muni d’une profonde ouverture d’esprit, s’inspirant de ses multiples voyages et expériences, Thierry VERHELST cherche humblement à déceler les clés d’une Voie de sortie libératrice de ces temps de crises, de nos croyances, de nos blocages. A la croisée des chemins de la tradition et de la modernité, il nous propose une ligne médiane, verticale, appel à la Transcendance, à la non dualité et à la réincarnation de l’esprit. Un livre tout en finesse qui ne verse jamais dans l’excès. Excès de sens (religion), excès de pouvoir (politique) ou excès de raison (science).

 

Loin des clivages Nord-Sud, Riche-Pauvre, Tangible-Subtil, Profane-Sacré, Objectif et Subjectif, ce livre tente d’accorder nos violons pour une splendide symphonie à la Vie et à la quête de sens.

 

Sans prétendre à LA vérité, il me semble aujourd’hui que c’est effectivement et bel et bien de cela que manque l’humanité. La quête de sens ! Sens de la vie, de la mort, du monde, du cosmos, des choses, des rapports, etc. L’homme moderne est en « panne de sens » ! Technicien, l'homme moderne s’attèle à réparer ce qui se passe en-dehors (sauver le monde) plutôt qu’à se pencher sur ce qui se passe en-dedans. L’homme est en danger, pas la planète… Focalisé sur l’extérieur, il oublie ce qui se passe à l’intérieur.

 

« Le savoir occidental regarde au-dehors ; la sagesse orientale regarde au-dedans. Si vous regardez au-dedans comme vous regardez au-dehors, vous faites du dedans un dehors. Mais si vous regardez au-dehors comme vous regardez au-dedans, alors vous faites du dehors un dedans ». [Suzuki Daisetsu, cité par Thierry VERHELST à la page 318]

 

Aux multiples problèmes que nous rencontrons aujourd’hui mondialement, il ne faut donc pas uniquement répondre par les sciences « exactes » - et son opportuniste acolyte capitaliste - mais aussi et surtout par les sciences sociales : l’ethnologie, l’anthropologie, la sociologie, la théologie, la philosophie. Contrairement à ce que la modernité laisse entendre, il ne s’agit pas d’une tare ou d’une hérésie mais bien d’une planche de salut !

 

Après avoir abordé avec brio plusieurs thèmes ethnologiques : les cosmologies (chapitre 1), la vie en société (chapitre 2), l’économie (chapitre 3), l’humain (chapitre 4), le politique (chapitre 5), l’épistémologie (chapitre 6), la mondialisation (chapitre 7), les mutations culturelles (chapitre 8), l’auteur glisse lentement vers l’aboutissement, le message qu’il souhaite faire passer de son livre. Il aborde ainsi le thème des spiritualités renouvelées au chapitres 9 pour terminer en panache par un chapitre 10 intitulé « Antique tradition chrétienne et quête d’un avenir différent ».

 

Dans son approche culturelle, il touche aux cultures Africaines, à leur rapport aux anciens, au groupe, au temps et à l’espace. Il touche aussi à la sagesse du tao, la voie de l’équilibre en toutes choses. Il se penche également sur les apports des cultures Amérindiennes, Eurasiennes et Arabes. Il s’intéresse et compare les apports du Bouddhisme, du Chamanisme, de l’Indouisme, du Christianisme, du Judaïsme et de l’Islam. Il aborde des questions épineuses sur la religion (fanatisme), la politique (abus de pouvoir) ou notre rapport au monde et aux mots. Questions d’épistémologie, nous sommes des êtres de relation qui s’expriment par le Verbe et non des choses figées qui s’expriment par un prix. Mais dès que le Verbe se fait chair, il trahit la beauté du monde.

 

Influencé par une formation théorique rigide comme juriste et théologien mais ensemencé par une expérience de terrain multiculturelle, Thierry VERHELST a su tirer le meilleur en ne se noyant pas dans l’unité totalitaire de la tradition tout en ne se perdant pas dans le dualisme insipide de la modernité. Thierry a su se desquamer de ses enseignements théologiques réducteurs pour en tirer le plus beau, celui de la Trinité, celui de l’Amour. Ni moniste, ni dualiste, il fait l’éloge de la pensée ternaire alliant, le corps, l’âme et l’esprit en Un. Le matériel, le vécu et le Divin en Un. Une unicité ni fusionnelle, ni séparatrice. C’est ici que 1 et 1 font 3. Cette fraîcheur de vie concrète n’a été possible que par l’ouverture à la relation, au rêve, aux us et coutumes des autres. « Une vie parfois bien plus accessible aux athées ouverts qu’aux ‘croyants’ fermés », comme il le dit si bien. Juriste, Anthropologue et Théologien, on pourrait dire que Thierry lui-même incarne la Trinité dont il fait si souvent l’éloge : unir-sans-confondre, distinguer-sans-séparer.

 

Avec la mondialisation et les rencontres interculturelles de plus en plus intenses, il introduit son livre en posant la question : « Allons-nous vers de sanglants chocs de civilisations ? Ou est-il possible d’envisager des rencontres plus paisibles et plus fécondes entre les cultures et l’humanité ? ».

 

Tout le livre repose sur une conviction : les peuples ont tout à gagner par le dialogue et l’échange, tout à perdre par le jugement et le repli sur soi.

 

Il le clôture en faisant l’éloge de la tradition chrétienne des premiers siècles : « Entre le caractère trop yin des cultures traditionnelles et le côté excessivement yang de la modernité, la tradition chrétienne des premiers siècles, telle qu’exposée ici même, représente une voie médiane. Elle ouvre des pistes passionnantes pour intégrer à la fois les apports positifs de la modernité — liberté personnelle, égalité sociale, fraternité, — et de la tradition — interconnexion holistique, sens du sacré, convivialité dans la sobriété. Elle offre une voie des crêtes entre les écueils opposés des représentations trop statiques et fusionnelles propres à certaines cultures traditionnelles et les représentations trop dualistes et impatientes de la modernité.


Elle constitue à mes yeux une tradition pour demain. Elle représente pour l’Occident, et au-delà, pour un monde marqué par lui, une racine pour penser l’à-venir, Saurons-nous saisir cette chance? Ce livre est porté par l’espérance que les croyants des différentes religions ainsi que tous les autres chercheurs de sens trouveront dans les traditions et sagesses qui les inspirent des pistes précieuses pour contribuer à la quête commune d’un monde plus viable grâce à des mentalités et des comportements nouveaux dont la diversité ne sera pas un obstacle mais au contraire une richesse supplémentaire. » p. 416.

 

Thierry VERHELST, juriste de formation, né à Gand en 1942, s'est familiarisé avec l’anthropologie culturelle et la théologie orthodoxe. Œuvrant dans les ONG et la recherche, il accumula une expérience forte dans les trois continents du Sud ainsi qu’aux Etats-Unis et en Europe, et démontre que, partout, des communautés tentent de sortir des impasses actuelles pour sauvegarder la planète et défendre l’humain.
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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 14:06
Un article de Didier LACAPELLE: Incarnation
phoenix nebulaNous n'entendons pas ici par "morale" ce que le monde pense être la "morale". Il s'agit bien de la même chose, mais comprise dans son sens le plus intime : un catalogue de règles de comportements, de croyances et même de représentations qui donne sa forme à la société et au monde. La morale est formellement arbitraire, un voile sur l'essence des choses. Autrement dit la morale est le monde lui-même tel qu'il nous apparaît. La personnalité et les goûts d'un individu, qu'il tente de les ériger en valeurs ou pas, c'est-à-dire qu'il ait conscience qu'il s'agit de goûts personnels ou qu'il pense qu'il s'agisse de principes absolus auquel il adhère, sont la manifestation de la morale chez un individu.

Le rationalisme est une expression typique de ce contexte, une philosophie scandalisée par l'idée que la science s'intéresse aux faits, et convaincue que ce qui est réel est ce qu'elle décrète. C'est une pensée d'ordre psychotique. Mais si on prend la peine de s'y arrêter, la psychose n'est qu'une manifestation paroxystique des tendances naturelles de la société,  consistant, par exemple, à considérer la culture, les discours politiques et les convenances sociales comme une représentation objective du monde.

Mais n'est-il pas vrai que "tout ce qui existe est le reflet d'une pensée" ? En ce cas, n'est-il pas aussi vrai que tout ce que l'on pense est réel ? Mais c'est que nous ne sommes pas tout seuls à penser ! Il faut une certaine puissance à la pensée pour que celle-ci se manifeste. C'est alors qu'elle devient une égrégore.
Et c'est ainsi que des choses objectivement sans existence peuvent malgré tout se manifester de manière très puissante. Ainsi la valeur en économie, ou le clivage politique entre la droite et la gauche. Ainsi ces mythes sociaux, si puissants qu'ils sont au fondement des civilisations, se construisent de la même façon dont on dit que la matière est créée dans la Genèse : par le Verbe.
Dans ce monde-ci, l'expérience que nous faisons du monde est très fortement déterminée par la conscience qu'on en a. Nous prenons nos désirs pour des réalités, et nous créons ce faisant ces réalités.

Dès que le Verbe se manifeste dans le monde, et dès ce moment il chute, il se retrouve caractérisé par la dualité. C'est ainsi que toute idée contient en même temps son contraire. La paix ne s'obtient que par la guerre, et la guerre a pour finalité la paix. Il en est ainsi de la valeur. D'un côté, elle est dimensionnée (sous la forme de monnaie notamment) et est une limite artificielle à la consommation. De l'autre, elle seule permet de faire en sorte que l'homme fasse autant d'efforts. Elle est le "mana", le pouvoir qui permet d'agir dans le monde. Elle est ainsi absolument inventée, et pourtant on ne peut pas faire grand'chose sans. Faites payer une méthode pour gagner de l'argent 1000 euros la brochure, tout le monde veut l'acheter. Mettez un "Manuel d'antiéconomie" sous forme de pdf gratuit, personne ne le lira.

Le monde est un monde de magiciens et les magiciens sont ces gens qui prennent  leurs désirs pour des réalités. Cela ne définit pas des individus particulièrement malins; les sorciers de village ne sont forts que parce qu'ils ne doutent pas du résultat de leurs actions. Ce ne sont pas des scientifiques. Mais les grandes égrégores collectives portées par les masses, les journalistes ou les économistes, et les égrégores particulières des sorciers de village sont inventées de la même manière.

La question qui se pose est "Que pouvons-nous faire de mieux ?". L'éveillé a un problème : il voit les choses de manière plus objective. Son manque d'une foi aveugle fait de lui un mauvais magicien. Il doit donc se dédoubler. Etre à la fois un magicien convaincu de la puissance de sa magie, et un scientifique qui sait par quels mécanismes il y est parvenu.
Ce point possède une similitude avec le comportement de l'éveillé dans le monde. Il doit savoir que le monde est inventé, mais aussi y participer totalement comme support de sa propre expérience. Faire comme s'il croyait à l'économie, aux représentations politiques, à la morale commune, faute de quoi il devra se contenter d'une vie contemplative. Il devra faire des choix arbitraires, conformes à ses goûts : être de droite ou de gauche, conservateur ou progressiste, etc., choisir une morale parmi d'autres. Mais à la différence des autres, il sera conscient du caractère arbitraire de ce choix. Nous ne pouvons pas échapper à la subjectivité  des actes dans ce monde. C'est ce qu'on appelle "séparer le point de vue de Dieu de son propre point de vue".
Il n'est d'ailleurs pas interdit de choisir une vie contemplative, qui est un choix comme un autre, à condition qu'il ne soit pas imposé par un blocage. C'est le cas du sujet éveillé qui refuse de faire "comme si" parce que la nature du monde telle qu'il la perçoit le révolte.

Ceci est aussi la conséquence d'un enseignement trop intellectualisé. Là où le sorcier de village ne fait appel qu'à sa foi et à ses émotions, qui sont son propre corps astral, l'apprenti en spiritualité est sommé de rechercher la vérité au fond des choses, de développer son discernement. Mais ce n'est pas là le seul travail requis. La connaissance du monde s'acquière plus facilement en faisant l'expérience de ce monde. Le sujet doit alors libérer ses émotions, sa créativité, sa subjectivité et interagir avec la création. Il maîtrise ses émotions au lieu de les retenir. Il contrôle le coeur avec le cerveau, et le cerveau avec le coeur.

A l'inverse, il ne faut pas ressentir d'injonction d'interagir à tout prix (Expérimente !) Chacun fait l'expérience du monde de la manière qui lui est naturellement la plus appropriée. Se forcer à copier tel ou tel "maître" amène toujours des souffrances inutiles. On voit cela chez les sujets lucifériens qui pensent qu'il y a quelque chose de précis à accomplir pour démontrer leur "supériorité". Superficiellement, ces sujets sont encore plus semblables au sujet ordinaire que les apprentis qui adoptent en conscience la morale commune. Parce que s'ils ne sont pas attachés aux résultats de leurs actes (à ce que la droite gagne les élections par exemple), ils attachent une énorme importance au choix d'un acte plutôt qu'un autre. Or la seule chose qui importe en la matière est de mettre toute leur intention dans leurs actes et de les mettre en oeuvre de manière impeccable.

Il faut encore distinguer deux choses. Le sujet délibérément subjectif choisit de ressentir certaines émotions mais il les ressent réellement. C'est différent de faire semblant de ressentir des émotions. Celui qui décide de ses émotions est un mage, doté d'une "essence" émotionnelle ou corps astral, celui qui feint les émotions est un psychopathe, et n'a qu'une "personnalité" factice. Chez les hommes ordinaires, personnalité et essence cohabitent, et il faut savoir reconnaître les vraies émotions de celles qui sont imposées par le moule de la morale.
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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 13:42

http://www.thebookedition.com/miniature.php?pic=images/couv-products-15326.png&w_max=140&h_max=120Le manuel d’anti-économie de Didier LACAPELLE mérite vraiment lecture !

Il y est question de la valeur bien sûr, mais aussi d'inflation, de monnaie, de PIB, de pénurie artificielle, de formation des prix, de croissance, de théories capitaliste, socialiste, marxiste, de redistribution, etc.

 

Toutes les théories économiques ont en commun la recherche de l'origine de valeur des choses, la certitude que quelle que soit cette origine, la valeur qu'elle procure aux choses est pleinement objective, et la conviction qu'il est possible, utile et important de la mesurer.

 

Or la valeur est tout ce qu'il y a de plus subjectif. Un indien d’Amazonie n'à que faire d'un yacht de luxe. Rothschild n’à que faire d'une sarbacane.

Comme preuve plus tangible à cette subjectivité, citons par exemple les travaux de la commission Stieglitz s’attelant à redéfinir nos indicateurs de richesse. Faire entrer dans la sphère marchande tout ce qui ne s’y trouve pas encore. Prouver qu’une croissance infinie est effectivement possible dans un monde fini. Tout cela, par excès de nominalisme et manque de confiance…

 

Si le capitalisme est une convention, toute comptabilité formelle de l’échange est également une convention, même les comptabilités qui recourent à la création de monnaie alternative comme au sein des Systèmes d’échange locaux.

 

Une telle comptabilité est-elle souhaitable ?

 

Toute comptabilité se justifie comme étant la recherche de l'équité dans l'échange. Le capitalisme a cette prétention d’équité : le résultat est-il pour autant équitable ?

 

Il y a eu renversement : puisqu'il y avait comptabilité, c'est donc qu'elle était équitable, et donc que l'exploitation était équitable. Toute comptabilité risque donc de nous mener à la même naturalisation de l'exploitation.

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant.

Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice.

 

On ne risque donc pas de faire pire en se passant de comptabilité.

 

Le site de Didier LACAPELLE, Ecotheurgie nouvellement nommé Theognosis mérite aussi beaucoup d’attention. Il bouleverse notre vision objective et carrée des choses. Il n'est pas seulement un site subversif et critique de l'économie, des dogmes sociétaux ou de bienséance, c'est aussi un site à l'envers ou plutôt allant vers... Moins de biens plus de liens? Une conscience universelle? Un militantisme existentiel?

 

Lire par exemple :

L'univers comme morale

Egrégores

Petits trucs pour argumenter contre l'économie

Des préjugés et Des préjugés(2)

Les mots et les choses

Les mots nous font perdre de vue les choses parce qu'on ne sait plus les regarder avec le coeur.

 

Brève histoire du capitalisme et Brève histoire du capitalisme (2)

Deux des principes essentiels au capitalisme sont la limitation de la liberté d’entreprendre et la limitation des échanges.

 

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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 21:25

Un magnifique article d’Olivier Clerc : www.olivierclerc.com


J’observe avec intérêt, comme des millions de gens, le combat international qui se livre actuellement autour de la grippe A et de son vaccin, opposant d’un côté les pouvoirs politiques et pharmaceutiques, et de l’autre les citoyens de nombreux pays du monde.


Ce combat me semble crucial et emblématique à plus d’un titre.


Divers auteurs, dont Nicanor Perlas (La société civile : le 3e pouvoir), ont en effet souligné l’importance d’une répartition triangulaire du pouvoir qui, en plus du politique et de l’économique, ferait intervenir la société civile. Chacun peut voir tous les jours ce que devient le monde quand il est seulement livré au pouvoir et à l’argent, et aux alliances immanquables qui se tissent entre les deux. Il est devenu impératif qu’au-delà des seuls processus démocratiques, dont chacun connaît les faiblesses, les citoyens puissent aussi massivement exprimer et défendre leurs revendications, quand celles et ceux qu’ils ont élus ne représentent plus leurs opinions, leurs idées, leurs valeurs.


Depuis le Sommet de la Terre de Rio, en 1992, auquel assistaient des milliers d’ONG venues du monde entier, réunies dans un sommet parallèle (le Forum Global), depuis aussi l’avènement d’Internet, on assiste à une évolution et un développement formidables de la société civile. Celle-ci présente plusieurs particularités spécifiques.


D’abord, une ramification phénoménale, comme on peut le voir dans le cas de la grippe : des informations, des messages, des pétitions, des vidéos et articles, ont été propagés de toutes parts, avec une grande diversité d’opinions, d’éclairages, de sources. Immanquablement, on a pu voir des infos très folkloriques, certaines carrément paranoïaques, d’autres mal ou pas étayées, mais loin de m’en offusquer, je vois plutôt là le signe de quelque chose de riche, multiforme, non régimenté, duquel finit quand même par se dégager un fond commun qui – on le voit aujourd’hui – peut réussir à s’imposer. Face à la pensée unique, face à la concentration des pouvoirs économiques, médiatiques et politiques, un tel réseau vivant, un tel maillage polymorphe se révèle être une force et prévient toute prise de pouvoir par une personne, une association, une ONG.  


Ensuite, une forme de désintéressement, puisque contrairement aux pouvoirs économiques et politiques, les membres de la société civile qui s’engagent pour une cause n’ont le plus souvent rien à en attendre personnellement. Ils ne sont pas rémunérés pour cela, ils n’en tirent ni pouvoir, ni argent. Tout le contraire : ils dépensent souvent beaucoup de temps et d’énergie pour défendre une cause collective, et prennent parfois des risques personnels importants. Même si des dérives sont toujours possibles (et existent), dans l’ensemble ce désintéressement – associé au maillage multiforme évoqué ci-dessus – prévient la corruption et la récupération des acteurs civils. Dans le cas de la grippe A, je connais de nombreuses personnes qui depuis des mois n’économisent pas leur temps, leur énergie et leurs moyens pour contrer la désinformation massive à laquelle nous avons eu droit initialement, et dont les recherches ont pu ensuite être relayées par des millions de gens.


Enfin, la société civile est de plus en plus la garante d’une certaine conscience collective, là où au contraire tant de décisions politiques et de productions de l’économie n’ont servi qu’à favoriser l’inconscience, l’abrutissement et l’irresponsabilité à tous les niveaux. Dans les modèles de répartition triangulaire des pouvoirs, la société civile est d’ailleurs traditionnellement associée à ce qui est culturel (au sens large) et spirituel (au sens non religieux du terme). A travers la société civile, l’humanité semble en voie d’acquérir une conscience collective, ce dont il y a tout lieu de se réjouir, tant c’est devenu impératif face aux défis qui nous attendent.


Face à cette manipulation massive des pouvoirs politiques et économiques qu’est l’affaire de la grippe A, la société civile s’est galvanisée, mobilisée, renforcée : elle a réagi avec de plus en plus de force, de solidarité, de richesse et d’élan.


L’enjeu, aujourd’hui, dépasse donc largement la seule grippe A.
Ce qui est véritablement en jeu, à travers cette bataille éminemment symbolique, c’est la prise par la société civile de la place qui lui revient, une bonne fois pour toutes. Si la situation se retournait (en imaginant que les pouvoirs publics recourent à la force, p. ex.), si cette bataille était perdue, ce serait désastreux non seulement pour notre santé à tous, évidemment, mais en raison du symbole fort que représente actuellement ce combat. A travers cette lutte bien précise, en effet, la société civile est en train de prouver qu’elle est désormais incontournable, qu’elle représente bel et bien ce 3e pouvoir avec lequel les deux autres devront à l’avenir devoir systématiquement compter. Pas seulement en matière de santé, mais aussi d’écologie, de social, d’éducation, et ainsi de suite.


Les tentatives classiques dérisoires auxquelles on assiste çà et là, ces derniers jours, de vouloir mettre la lutte anti-vaccin de la grippe A sur le dos d’une ou de secte(s), dans l’espoir de jouer une fois de plus la carte de la peur et de manipuler l’opinion, montrent bien à quel point le politique et l’économique sont à court d’arguments valables pour contrer ce formidable mouvement de la société civile.


Il est donc important que la dite société civile ne baisse pas la garde trop tôt, sur ce sujet de la grippe : l’histoire et l’expérience ont montré que lorsque de tels intérêts sont en jeu, on peut s’attendre à tout.


Ce serait un joli retournement des choses, au final, si cette campagne mondiale autour de la grippe provoquait dans la société civile un tel sursaut immunitaire contre le virus de la désinformation et le cancer des intérêts privés qu’elle soit à l’avenir prête à livrer de nombreux autres combats de même importance collective !


Olivier Clerc 
www.olivierclerc.com


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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 11:09
Quelques extraits du livre Le temps du changement de Fritjof Capra (Monaco, éditions Le Rocher, 1983). L'auteur est un physicien américain, auteur de Le Tao de la physique et de Sagesse des Sages. Il a participé au Colloque de Cordoue en 1979 sur "Science et Conscience".

 

p. 47 ; "Entre 1500 et 1700, se produisit un bouleversement spectaculaire dans la manière dont les gens se représenteraient l'univers et dans leur mode de pensée. La nouvelle mentalité et la nouvelle perception du cosmos fournirent à notre civilisation occidentale les éléments caractéristiques de notre ère moderne."

 

p. 48 ; "La perspective médiévale se modifia radicalement aux XVIème et XVIIème siècles et fit place à une vision du monde considéré comme une machine. Le "monde-machine" devint la métaphore dominante de l'ère moderne. Cette évolution résulta des changements révolutionnaires intervenus en physique et en astronomie, culminant dans l'oeuvre de Copernic, de Galilée et de Newton. La science du XVIIème siècle reposait sur la nouvelle méthode d'investigation défendue avec force par Francis Bacon ; celle-ci impliquait la description mathématique de la nature et le raisonnement analytique dû au génie de Descartes. Conscients du rôle primordial joué par la science dans l'avènement de ces transformations fondamentales les historiens ont baptisé cette époque : Ère de la Révolution Scientifique."

 

p. 49 ; "Alors que Galilée imaginait des expériences ingénieuses en Italie, en Angleterre, Francis Bacon énonçait explicitement la méthode empirique de la science. Il fut le premier à formuler une théorie claire de la procédure inductive -faire des expériences et en tirer des conclusions générales à tester par de nouvelles expériences- et son influence fut considérable, tant il défendait avec acharnement de la nouvelle méthode. Il attaquait vigoureusement les écoles de pensées traditionnelles et développa une véritable passion pour l'expérimentation scientifique.

L'"esprit baconien" bouleversa profondément la nature et l'objectif de la quête scientifique. Depuis les Anciens, les buts de la science avaient été la sagesse, la compréhension de l'ordre naturel et la vie en harmonie avec celui-ci. La science était pratiquée "pour la gloire de Dieu" ou, comme le disent les Chinois, pour "suivre l'ordre naturel", "suivre le cours du Tao". Ces buts étaient de nature yin, ou intégrants ; l'attitude des scientifiques était fondamentalement écologique, pour employer un terme actuel. Au XVIIème siècle, cette attitude laissa place à son opposé polaire ; du yin on passa au yang, de l'intégration à l'affirmation."

 

"Notre obsession de l'expansion a déséquilibré l'économie, les institutions et même l'environnement naturel. On peut parler d'une croissance cancéreuse des villes comme des technologies, dues à un chaos conceptuel hérité d'une vision mécaniste du monde (...) La nouvelle vision de la réalité, qui ouvrira le passage vers une ère solaire, repose sur une approche holistique des phénomènes, c'est-à-dire globale et non fractionnée. Nous sommes condamnés à changer de mode de pensée, de façon de vivre et, par conséquent, de société. Mais ce changement se fera-t-il avec nous ou sans nous ? Sera-t-il évolutionnaire ou révolutionnaire ? (...) Penser globalement, agir localement est une clé majeure de cette vision systémique."

 


Autres lectures si vous avez le temps:

 

La science est-elle corrompue ?

 

Quand l’industrie pharmaceutique soigne… ses médicaments

 

Un petit tour sur le site phramacritique est également très instructif.

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 12:57

Quelques extraits d'un chat du soir.be avec Christian ARNSPERGER. Pour agrémenter l'article, voici un clip bien rythmé de sensibilisation au changement climatique…

 

 

 

 

Question: Correction des prix via une fiscalité qui prend en compte les coûts environnementaux et sociaux.

Christian ARNSPERGER: oui, évidemment, mais c'est tout de même ne rien vouloir changer au fond de nous et demander seulement (comme des rats de labo) qu'on nous envoie des électrochocs plus vifs afin de nous "forcer" à changer de comportement. Je ne dis pas que c'est sans intérêt, et sûrement à court terme ça vaut la peine. Mais je crois que si l'humain occidental veut mieux déployer les potentiels profonds qui sommeillent en lui, il lui faut plus que du béhaviorisme! C'est pour ça que j'en appelle à une autocritique radicale (moi-même y compris) pour que nous réalisions à quel point nous sommes empêtrés dans le système et à quel point il nous "arrange"...

 

Question: Couleur politique & croissance = emploi

Christian ARNSPERGER: Je suis du "bord politique" que vous imaginez: plutôt écolo (en pensée plus qu'en actes comme bien nombreux d'entre nous), de gauche en tout cas et hyper-intéressé par des idées politiques qui feraient autre chose que ronronner toujours sur les mêmes thèmes: profits nécessaires car croissance nécessaire car l'emploi en dépend, etc. etc. NE VOUS LAISSEZ PAS DIRE QUE LA CROISSANCE CREERA DE L'EMPLOI. On vous ment: si la productivité s'accroit à cause des normes de compétitivité mondiales, eh bien toute la croissance de la production sera absorbée par ces gains de productivité, et aucun travailleur supplémentaire ne sera embauché. Le lien entre croissance et emploi est bien plus ténu et complexe que ce que nos décideurs en campagne électorale veulent bien nous faire croire!

 

Question: Au bout du compte, qu'est-ce qu'on emporte "là haut"?

Christian ARNSPERGER: Au bout du compte, qu'est-ce qu'on emporte "là haut"? En effet, la fragilité, la vieillesse et la mort seront notre lot à tous. Comment, alors, accepter de dépendre d'un système économique qui fonctionne sur le DENI de la mort? Lisez si possible mon bouquin "Critique de l'existence capitaliste", où je dis que toute la formidable dynamique du capitalisme repose sur l'angoisse du "jamais assez", sur la peur et sur le refus de se montrer solidaires. Un capitalisme égalitaire est impensable. La croissance a besoin d'inégalité (c'est ce que les économistes appellent les "incitants"), et notre fameuse finance basée sur l'intérêt à rembourser et sur la dette, a besoin de croissance! C'est un cercle vicieux. On fait comme si le monde allait toujours durer, comme si chacun allait être immortel, comme si un système de santé hyper coûteux et privatisé allait permettre de nous soigner de tous nos maux...

Personnellement, je ne suis pas du tout convaincu par une telle apologie du système.

 

Question: Rôle du politique

Christian ARNSPERGER: Dans le bouquin que je viens de terminer ("Ethique de l'existence post-capitaliste" - à paraître!), je dis clairement que ce n'est PAS des hautes sphères qu'il faut attendre une mobilisation.

Normal, elles sont dépendantes du système et ce serait injuste de trop le leur reprocher, après tout. Non, on a les dirigeants qu'on mérite: c'est à la MOUVANCE CITOYENNE dans son ensemble, avec l'aide modeste et juste de certains "intellectuels", de créer une vague, une lame de fond tellement puissante que les politiques ne pourront que s'y rendre attentifs! Or, créer cette vague, c'est d'abord devoir NOUS AUTOCRITIQUER nous-mêmes. Les consommateurs, les investisseurs, les constructeurs, les demandeurs de crédits -- c'est NOUS.

Soit on veut un accès plus égal pour tous à ces choses, et alors on reste dans le système et on essaie de forcer les gens à payer des impôts, des cotisations, etc. malgré leur mauvaise humeur; soit on pense qu'un autre système plus solidaire et plus égalitaire est possible sans contrainte, et alors on milite au plan citoyen pour que les mentalités changent à fond.

 

Question: Économie sociale

Christian ARNSPERGER: Pour l'économie sociale, je crois que si elle a si peu d'audience encore, c'est parce que les acteurs et promoteurs de cette économie sociale sont trop peu "radicaux"!

Quand on a besoin des subsides de la Région ou du fédéral ou que sais-je pour faire vivre son entreprise ou son association, on a souvent peur de dire des choses qu'on pense mais qui froisseraient les bailleurs de fonds. C'est pour ça que je pense que l'économie sociale doit s'élargir et faire place à de vraies COMMUNAUTES de vie alternatives, subsidiées si possible, mais profondément indépendantes et prêtes à se passer des fonds publics si nécessaire.

Je connais d'admirables jeunes gens, dont certains étudiants, qui réfléchissent aujourd'hui là-dessus et sont prêts à s'engager dans des projets de vie risqués, p. ex. dans des écovillages ou dans des groupes alternatifs.

Ce sont EUX les VRAIS "ENTREPRENEURS" de demain. Je le pense sincèrement: demain, il nous faudra être des "entrepreneurs d'existence" et pas seulement des faiseurs de fric qui arrivent à s'endetter auprès de Fortis pour vendre des bagnoles...

 

Question: M. Arnsperger, j'ai l'impression que vos propositions ne concernent actuellement qu'une avant-garde ou - osons ce mot devenu péjoratif - une élite. Tout le monde ne place pas des valeurs spirituelles au-dessus du confort matériel. C'est beaucoup trop astreignant pour une majorité d'entre nous qui, soit se sentent parfaitement bien dans le système actuel, soit se contentent de le dénoncer verbalement sans rien entreprendre de concret. Ceci étant, une minorité active peut ouvrir la voie vers autre chose - mais à très long terme j'en ai peur.

 

Christian ARNSPERGER: Est-ce que je suis élitiste? Oui, d'une certaine façon. Mais l'élite, franchement et sans aucune démagogie, c'est nous tous.

Ce n'est pas une question de capacités ou de "QI", mais de compréhension toute simple des absurdités de ce monde et de ce système. Des gens sans "éducation" comprennent parfois mieux les choses, et sont plus spontanément SPIRITUELS, C'EST-A-DIRE REALISTES.

Je crois qu'être élitiste, en ce sens, est une nécessité absolue. Il faut arrêter de céder au discours libéral "aplatissant" qui nous dit que tout ce que la masse ne veut pas est condamnable, voire dangereux.

C'est une démagogie de droite qui me semble tout aussi absurde que l'ancienne ou actuelle démagogie de gauche.

 


Quelques sites intéressants échangés au cours de ce chat:
www.ecopower.be

www.entreprendreautrement.be

www.transitiontowns.org

 


Article intéressant de Michel CORNU sur le site contrepoint philosophique à propos du livre de Christian ARENSPERGER, Critique de l'existence capitaliste. Pour une éthique existentielle de l'économie

 

Références Bibliographiques :

Christian Arnsperger, Critique de l'existence capitaliste: Pour une éthique existentielle de l'économie, Editions du Cerf, 2005.

Christian Arnsperger, "Le 'social' dans l'économie sociale: Pour une nouvelle radicalisation", Revue Nouvelle, n°1-2, janvier-février 2007.

Christian Arnsperger, "The Social entrepreneurship movement: New hopes or old illusions?", conférence présentée à Buenos Aires, septembre 2008.

Christian Arnsperger, Ethique de l'existence post-capitaliste: Pour un militantisme existentiel, à paraître aux Editions du Cerf en 2009.

 

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:34

Quelques extraits du deuxième bulletin Sortir de l'Économie

 

Extrait p 4.

On connaissait déjà le contenu des dialogues entre les derniers des musiciens sur le pont du Titanic économique, sur le mode du «Comment allez-vous, madame Economie ? Très bien, le prix de la conscience est déjà fortement à la hausse» : la marchandisation des pollutions par l’écocapitalisme cherchant à s’acheter une bonne conscience en compensant les émissions polluantes des pays du Nord par des transferts technologiques en vue des futures «non-émissions» des pays du Sud, se porte en effet à merveille. On voit aussi apparaître l’idée d'«un marché de crédits biodiversité», comme il existe un marché de crédits carbone pour lutter contre le réchauffement. L’idée serait de payer des «projets de compensation» pour des dommages infligés à un environnement par la construction d’infrastructures (autoroutes, étalement urbain, etc.), selon «une grille fixant le prix d’un hectare de prairie, de forêt ou de zone humide». Cette «grille» fixant la valeur de chaque habitat-type existe déjà aux Etats-Unis, où par exemple la destruction d’un hectare d’habitat à crevettes d’eau douce vous coûtera 290.000 euros. L’ingénierie et la marchandisation environnementale tournent donc à plein régime.

 

Mais la marchandisation des pollutions n’est pas seulement à l’oeuvre dans les cénacles du G8, elle est aussi à l’oeuvre dans les rangs de la militance écologiste et des économistes en chef de l'altermondialisme. Car finalement le boycott des «grandes surfaces» et de certaines «marques» pour mieux privilégier quelques formes de «commerce éthique» pour lequel on encouragera la consommation, n’est qu’un «nouveau» mode d’action qui cache une croyance naïve en la possibilité d’un capitalisme à visage humain, quand il ne fait pas de la consommation une forme d’action politique : «Acheter, c’est voter!», ce qui est le summum finalement de l’esprit marchand voulant faire jouer la concurrence, «si vous n’aimez pas les pollutions, vous achèterez» et autre «j’achète, donc je pense». Non seulement l’«alternative» repose simplement sur l’idée de faire toujours jouer la concurrence, mais on marchandise aussi les mutilations incommensurables à la vie infligées par les nuisances écologiques ainsi que la simple décence de conditions de travail, par un autre calcul des prix de toujours la même mise en équivalence universelle. Et de plus en plus d’argent s’éloigne alors des sentiers battus pour s’en aller irriguer les circuits économiques «alternatifs» d’une supposée économie à visage humain. La consomm’action n’est que l’avant-garde de la mutation éco-capitaliste. Mais partout le fluide du fric s’insinue par les moindres fissures qui s’entrouvrent à la longue dans le Rideau de fer de nos vies.

 

(…)

Extrait p 8.

L’écologie des alternatifs est finalement l’avant-garde de l’écologie machinique de demain qui taxe, qui réglemente, qui sur-organise, qui fait décroître, partout la lutte contre les nuisances écologiques passent par leur mise en valeur, et comme toujours, «l’extension accélérée du marché oblige à y inclure, donc à tarifer ce qui lui échappe encore. Car dans la mesure où certains biens essentiels dont nul ne se préoccupe restent gratuits, ils sont exploités sans mesure. Pas besoin de se gêner puisqu’ils ne coûtent rien. C’est ainsi que la clarté des rivières, le silence des villes, l’azur de la Méditerranée, menacés de disparition, manqueront un beau jour à l’industrie elle-même. Il devient donc urgent d’en faire le décompte et d’en fixer la valeur, et la seule qui soit reconnue de tous [par nos écologistes machiniques comme alternatifs] est celle qui s’exprime en francs. Il va falloir déterminer les coûts, les indemnités à payer aux particuliers, à l’Etat et aux industriels eux-mêmes. C’est d’autant plus urgent que ce qui était donné par la nature doit être désormais fabriqué à grands frais. Demain les produits les plus chers seront l’air, l’eau, la mer ou les plages épurées, recomposées à force de raffinements scientifiques et chimiques. La fabrication des éléments ou paysages qu’on avait autrefois pour rien sera sans doute l’industrie la plus puissante, donc celle qui procure les plus gros profits ».

  


Note sur les noix de lavage et leur « commerce équitable » (p 5.)
« On a vu arriver sur les marchés européens, depuis quelques années, un nouveau “ produit miracle ” : les noix de lavage venues des Indes qu’on utilise aussi bien en lessive qu’en savon ou shampoing… De quoi s’agit-il ? De noix produites par des « arbres à savon » (Sapindus Mukorossi), actuellement sauvages, dans certains états des Indes (l’Imachal Pradesh par exemple). Azimuts-Artisans du Népal, entreprise bien connue du commerce équitable, nous précise qu’un “ collecteur ” achète les noix aux paysans, après cueillette manuelle, pour les revendre à un grossiste qui va permettre de fournir la demande locale (en incorporant ces noix à des lessives chimiques). Que les habitants de ces états disposent ainsi d’un produit de lavage accessible, relativement écologique, fort bien. Qu’on développe cette activité économique pour fournir un marché européen (qui ne demande pas tant !) pose certains problèmes éthiques, économiques et sociaux autant qu’écologiques. En effet, les conséquences économiques, sociales humanitaires locales, à très court terme sont parfaitement prévisibles :
- développement pour l’exportation d’une ressource vivrière sauvage
- mise en culture, sans nécessité locale ni régionale
- tendance à la monoculture d’exportation (type quinoa, café, thé, sucre…) et déséquilibre régional
- déperdition des ressources similaires dans les pays importateurs (le saponaire en Europe, par exemple)
- effet pervers d’une “ mode ”, d’une “ tendance ” : d’autant plus que ces noix de lavage ont un résultat sensiblement éloigné de nos lessives européennes produites localement et sans danger pour l’environnement… Quand les bobo en auront assez des noix de lavage que restera-t-il aux Indiens de l’Himalaya… ?

L’importation en Europe de ces noix de lavage (avec l’aberration écologique que constitue son transport) relève très exactement de la fausse “ bonne ” idée qu’on peut assimiler à du néo-colonialisme ».

Patrice de Bonneval,
Faites vos cosmétiques et vos shampoings, éditions de l’Encyclopédie d’utovie, 2006, p. 40-41.

 

Extrait p. 6 à propos du "minimum vital".

Le capitalisme n’est pas né de lui-même, mais du travail. C’est le salaire qui a déterminé le profit. Le salaire porte en lui un renoncement tel au droit de consommation, que je trouve absolument utopique vouloir l’utiliser à l’agencement de l’égalité économique. Le salaire qui a fondé l’asservissement de l’homme ne saurait, en toute honnêteté, participer à sa libération.
[Gaston BRITEL], La foire aux ânes ou de l’abolition du salariat, éditions Le Coquelicot, 2007, p. 40-41 et p. 27.

 

Extrait p. 20

(…) se rapportant donc à une mesure d’équivalence générale et universelle, c’est-à-dire à l’argent, ce qui est reconnu n’est en rien ce travail à chaque fois particulier, il n’est qu’un travail quelconque, universel et général, c’est le « travail social nécessaire » d’un individu abstrait de toutes individualités, particularités et situations (grand, fort, peu costaud, timide, malheureux, mal réveillé, etc.) à effectuer cette dépense de force vivante : c’est un « travail mort » ou abstrait qui est seulement reconnu car général puisque sans rapport avec le vécu (voir ci-dessous « Aliénation idéologique ou aliénation réelle ? »). La valeur des marchandises échangées devant s’équivaloir pour permettre l’acte achat/vente, les travaux contenus dans chacune de ces marchandises doivent aussi être équivalents.

 

Encart p. 19


Aliénation idéologique ou réelle ?
« Le travail abstrait n’est pas une généralisation mentale, mais une réalité sociale, une abstraction qui devient réalité. Nous avons vu que, si toutes les marchandises doivent être échangeables entre elles, le travail contenu dans les marchandises doivent également être immédiatement échangeable. Il peut l’être seulement s’il est égal dans toutes les marchandises, s’il s’agit toujours du même travail. Le travail contenu dans une marchandise doit être égal au travail contenu dans toutes les autres marchandises. Dans la mesure où ils se représentent dans la valeur, tous les travaux valent seulement comme ‘‘ dépenses de la force humaine de travail ’’. Leur contenu concret est effacé, ils se valent tous. Ce n’est pas une opération purement mentale : en effet, leur valeur se représente dans une forme matérielle, la valeur d’échange, qui dans les conditions plus évoluées prend la forme d’une quantité déterminée d’argent. L’argent représente quelque chose d’abstrait – la valeur -, et il le représente en tant qu’abstrait. Une somme d’argent peut représenter n’importe quelle valeur d’usage, n’importe quel travail concret. Là où la circulation des biens est médiatisée par l’argent, l’abstraction est devenue bien réelle. On peut ainsi parler d’une ‘‘ abstraction réelle ’’. L’abstraction de toute qualité sensible, de toutes les valeurs d’usage, n’est pas un résumé mental, comme lorsqu’on fait abstraction des genres différents d’animaux pour parler de ‘‘ l’animal ’’ qui pourtant n’existe pas en tant que tel ».
A. Jappe, Les Aventures de la marchandise, p. 44-45.

On sait pourtant que la compréhension nominaliste du fétichisme, conçu comme simple superstructure de «dispositifs» idéologiques, linguistiques, imaginaires, épistémologiques, etc. – et que par exemple J.-C. Michéa va rechercher jusque dans l’ «anthropologie pessimiste» de la philosophie politique du XVIIe siècle -, reste la perspective de l’ensemble des critiques actuelles de l’économie, de la «reconnaissance» d’Axel Honneth (La réification. Petit traité de théorie critique, Gallimard, 2007), en passant par Baudrillard et sa «syntaxe poétique» ou la «décolonisation de l’imaginaire» de S. Latouche, sans parler de ceux qui imaginent qu’il suffirait d’une simple critique de l’économisme pour l’équilibrer avec des paramètres écologiques, politiques ou sociaux, ou d’un rebond de la conscience et de la morale pour que la « baudruche économique » se dégonfle. Ce n'est pas parce qu’on change notre représentation du monde, que le monde change pour autant : ce n’est pas la conscience, l’imaginaire, etc., qui sont colonisés par une vision utilitariste des rapports humains ; c’est bien parce que l’échangisme marchand et son travail abstrait ont partout concrètement colonisé la possibilité même de la vie, que le monde n’est plus celui des représentations renversées, mais celui de la réalité renversée.

 

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin

 

Avant de clore et afin de répondre à tout commentaire, il me semble utile d'ajouter ce petit extrait de la page 3 du deuxième bulletin Sortir de l'Economie

 

Mais quelle que soit la difficulté à respirer librement dans l’étouffoir de la cocotte minute planétaire qui ne cesse de monter en pression à chaque flambée du pétrole et des matières premières, nous n’avons pas besoin d’attendre d’être sortis de ce monde-là pour commencer à le critiquer sur ces bases, et au-delà des polémiques, ouvrir des débats politiques sur la nature des «compromis alternatifs» proposés et que nous devons passer - on est bien d’accord - avec lui. La rencontre chaotique de ce que nous pensons et ce que nous faisons est à ce prix là, et ce n’est avec le sentiment d’aucun plaisir que nous pouvons critiquer ici des amis, là des personnes respectables et des alternatives dans lesquelles nous avons été ou sommes encore, impliqués. Il s’agit donc en restant constructif et pour ouvrir d’autres champs de lutte possibles, de mettre à jour les insuffisances, les limites mais aussi les possibilités, d’une critique passée et d’un autre faisceau de critiques qui a su ces dernières années se donner une certaine publicité – dans tous les sens du terme.

 

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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 01:58

Pierre Rabhi, cette force tranquille, ce monument d'humilité, ce Gandhi des temps modernes, sera présent en Belgique les 4, 5 et 6 décembre 2008.


Oui bon, je m'emporte... Peut-être faut-il préciser que cet homme est à l'origine de ma prise de conscience d'un monde qui ne tourne pas si rond que ça. C'est avant tout la lecture du livre "graine de possibles", dialogue entre Pierre Rabhi et Nicolas Hulot, qui a mit le feu aux poudres.


Pierre Rabhi, une lueur d'espoir pour les mineurs de fond que nous sommes. Un homme qui a su bouder les fastes du monde moderne, qui a su faire le "grand saut" pour amorcer le divorce avec la "méga-machine économique" qui nous a tous gobés. Un homme qui prend les choses très au sérieux mais qui ne se prend jamais au sérieux. Un homme modeste donc mais aussi courageux, d'une grande sensibilité et d'une profonde intelligence. Un homme qui a su interpréter et transmettre le message de Krisnamurti, un autre grand sage pour qui arrogance, ambition et avidité, ferment de notre société occidentale, sont les démons à vaincre pour une société plus juste et plus vraie.


Ce grand et insignifiant personnage, sera présent en Belgique les 4, 5 et 6 décembre en Belgique.

 

Date

Conférence

Lieu

Heure

4/12/2008

Conscience et environnement

Collège Saint Joseph à CHIMAY

20h

5/12/2008

Quel progrès pour quelle décroissance?

Auditoire Socrate 10 à Louvain-la-Neuve

20h

6/12/2008

 

De l'humus à l'humain, quelle alimentation pour demain?

Arsenal des FUNDP, Rue Bruno à Namur

18h

 

Date

Organisation

4/12/2008

Cellule des Droits de l'Homme du Collège Saint-Joseph (Chimay)

5/12/2008

Maison du développement durable de LLN

6/12/2008

Maison de l'écologie de Namur

 

Quelques extraits de son livre "Conscience et environnement"


Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force."


"Ne pouvant produire sans épuiser, détruire et polluer, le modèle dominant contient en fait les germes de sa propre destruction et nécessite d'urgence des alternatives fondées sur la dynamique du Vivant".


"Perdre sa vie en voulant la gagner n'est pas une formule gratuite, elle correspond à un fait que la crise exacerbe. Produire et surproduire pour consommer et surconsommer en générant nuisances, dissipations des ressources et déchets à l'infini ne peut constituer une logique à laquelle nos vies doivent être sacrifiées." P 66.


"Le développement selon la concept d'aujourd'hui est fortement déterminé par la déflagration technoscientifique. Cela à introduit dans l'histoire contemporaine un quiproquo, et le développement est devenu en réalité l'anti développement, le cheval de Troie d'une idéologie strictement matérialiste travestie des attributs et des proclamations morales sensés lui donner ses valeurs humanistes." P. 71


"Le développement humain est incompatible avec le mécanisme spéculatif qui submerge l'économie réelle, à laquelle seuls l'effort, la créativité humaine et la matière tangible échangeable pour répondre aux nécessités donnent son sens et ses lettres de noblesses." P. 67.


Peut-on former un être humain sans le conformer à un ordre social particulier? Il semble que non. S'agissant de notre société, la question devient encore plus cruciale, car nous constatons qu'elle est inféodée à une logique périlleuse: rupture avec la nature, seule garante de la pérennité, fondement sur l'énergie combustible limitée et génératrice de nuisance graves, une science capable du meilleur, mais dont les pires effets menacent notre avenir, une technologie asservie par nos pulsions de mort, avec pour la première fois de notre histoire la capacité de notre espèces à s'éradiquer elle-même. Le tout étant orchestré par un Veau d'or rigide et froid déambulant dans la psyché collective pour l'ensemencer de convoitises sans limites, et faisant de notre présence au monde, qui pourrait être un beau rêve, un cauchemar. P. 184.


Cependant rien, à notre avis, ne changera si les fondements de l'éducation ne changent pas. Entre les manuels scolaire d'histoire faisant implicitement l'apologie de la force à la bataille, et un monde où l'avidité, les ambitions individuelles, sont la règle, l'enfant entre en angoisse. On quitte le liquide amniotique pour plonger dans un monde "champ de bataille" où il faut se battre, gagner, être premier, dominateur, victorieux. Il suffit d'observer ses propres enfants pour se rendre compte qu'ils évoluent bien plus sous la terreur de l'échec que l'enthousiasme d'apprendre, et c'est là une défaillance que les phraséologues ou phraséocrates politico-pédago-psycho-techniciens, s'ils ne sortent du carcan de la société du productivisme efficace, ne corrigeront jamais. P. 219


Dans le désenchantement grandissant du monde, être heureux et rendre heureux en aimant et respectant toutes les manifestations de la vie, n'est-ce pas l'œuvre suprême de l'intelligence? P. 90.

 

Malheureusement, à un tel niveau, comme pour Hulot, Al Gore et bien d'autres, la cohérence des actes finissent par poser question… Pierre Rabhi prend l'avion et la voiture, se déplace un peu partout et s'éclaire a l'électricité nucléaire… Il s'est, lui aussi, fait gober par la "méga-machine". Pierre Rabhi n'est-il pas, bien malgré lui, lui aussi, instrumentalisé par les forces "invisibles" du marché et du capital?

 

C'est pour la bonne cause? Est-on obligé d'hurler avec les loups pour infléchir le mouvement? Probablement…

 

Dans l'immense salle économique rythmée par la course au profit, il semble impossible de rompre le pas sans se faire marginaliser. C'est sous cette chape économique rigide qu'il semble y avoir incohérence entre nécessité impérieuse d'agir à grande échelle et fondement intrinsèque du message. Un calcul arithmétique classique est-il bien à propos pour mesurer le réel apport sociétal ou écologique du militantisme et actions de Pierre Rabhi? Bien à propos, tant cet apport est subjectif et hautement libérateur.

 

Comment mesurer en effet, la fierté et l'autonomie retrouvée du Touareg Malien ou du paysan Marocain, Burkinabé ou Sénégalais? Comment mesurer le gain de sourire de ces paysans? Comment mesurer la suppression de flux migratoires vers des bidonvilles déjà surpeuplés? Comment mesurer la baisse de la pratique de la culture sur brulis? Comment mesurer une baisse du taux de maladie et de mortalité suite à la sensibilisation et à la reconquête de savoirs perdus? Comment mesurer l'éveil des consciences suite à ses paroles et ses actes? Comment mesurer tous ces petits plus sociaux et écologiques comparé au calcul inique et réducteur de consommation électrique ou d'émissions de CO2, domages collatéraux inévitables aujourd'hui, tant l'action pour un sobre et local regain d'autonomie est urgente et impérieuse si nous ne voulons pas perdre nos vies et le peu d'humanisme qu'il nous reste.
 

Voir aussi

Mouvement pour la Terre et l'Humanisme

www.terre-humanisme.org

www.colibris-lemouvement.org

 

Blog de Pierre Rabhi

www.pierrerabhi.org/blog/

 

 

 

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1) Manuel d’anti-économie

2) Transition écologique & économique

3) Le retour du puritanisme au travail

4) Le désir comme désir de l’Autre

5) La Décroissance, l’Argent et Moi

6) Argent, Richesse, Valeur

 

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