Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
  • Contact

Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

Rechercher

Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 08:41

evangelisation.jpgCombien de fois entend-on l’expression «malédiction» pour parler du sort d’Haïti? Comme si, à défaut de pouvoir considérer les vraies causes politiques, on préférait toujours s’en remettre à Dieu. Plus facile. Moins dangereux. Dieu, il ne rend pas de comptes, après tout. Dieu, on ne peut pas le réélire ou non après quatre ans. L’histoire récente d’Haïti est avant tout celle d’un pays dépossédé, brisé, un pays que des politiques économiques libérales ont démoli.



Ce n’est pas Dieu qui débarqua dans l’île en 1915 et l’occupa pendant vingt ans; ce sont des marines américains qui ont permis à Washington d’abolir l’article de la Constitution qui empêchait les étrangers de détenir des entreprises dans le pays. On expropria des milliers d’habitants, on créa de gigantesques plantations, on permit, grâce à une armée plus occupé à se battre contre son propre peuple qu’autre chose, à 1% de la population de posséder 50% des ressources du pays.


Ce n’est pas Dieu non plus qui appuya pendant des décennies la terrible dictature de Duvalier, plus occupé à s’enrichir qu’à construire un pays digne de ce nom. Ce sont la France et les États-Unis.


Ce n’est pas Dieu non plus qui renversa Aristide, en 2004, après que celui-ci ait de nouveau aboli l’armée (il l’avait fait dans les années 1990, mais avait été renversé par un coup d’État par la suite) et essayé de s’opposer aux privatisations et au contrôle externe du pays, mais bel et bien les États-Unis, le Canada et la France, qui le remplacèrent par un économiste néo-libéral, Gérard Latortue.


Ce n’est pas Dieu qui détruit ce pays; ce sont des Hommes de chair, des Hommes qui ont préféré s’en mettre plein les poches plutôt que de lutter contre la pauvreté, de valoriser un gouvernement central fort capable de faire appliquer des normes de logement plus strictes ou de lutter contre la déforestation responsable des pires calamités lors du passage d’ouragans.


De nombreux autres pays sont frappés par des catastrophes naturelles. Combien de fois Cuba a-t-il été touché par des ouragans aussi puissants que ceux qui ont frappé Haïti? Combien de fois le Japon a-t-il été victime de tremblements de terre aussi violents que celui qui frappé Haïti hier?


Ce n’est pas Dieu qui a détruit Haïti ; ce sont des Hommes. Ce n’est pas Dieu qui a protégé les autres pays ; ce sont des Hommes qui l’ont décidé ainsi.


Envoyer quelques dollars à Haïti, c’est bien, mais cela ne changera pas la façon dont fonctionne le système. Personne ne s’oppose à la charité, mais on ne bâtit pas une société avec celle-ci. On pourrait ensevelir Haïti sous mille milliards de millions de milliards de dollars que le problème ne se réglerait pas; Haïti, c’est la faillite d’un pays sans État central fort, corrompu jusqu’à la moelle et dépossédé de lui-même par des choix idéologiques décidés par des pays étrangers. Haïti, c’est le résultat d’une histoire catastrophique à laquelle on a ajouté la catastrophe de réformes économiques diluant le pouvoir de l’État et créant, de facto, un véritable paradis libertarien de la débrouille et du système «D» où l’absence de cohésion sociale est à l’origine des pires aberrations.

La meilleure façon d’aider les Haïtiens, ce n’est pas en leur envoyant de l’argent. C’est en réclamant la non-ingérence de chacun de nos gouvernements pour qu’enfin, une fois pour toutes, les haïtiens puissent être responsables à la fois de leur malheur ou de leur bonheur.

Pour qu’enfin, on cesse de blâmer Dieu et qu’on regarde ce que nous, les Hommes, pouvons faire pour ce pays détruit.


Et peut-être, aussi, qu’on se souvienne que nos gouvernements ont les mains tachées du sang des Haïtiens et qu’ils sont directement responsables, de par leur persistance à s’ingérer dans les affaires d’Haïti pour l’empêcher de se développer, de cette catastrophe innommable.


On peut ajouter encore ces dizaines de milliers de morts au tragique bilan du capitalisme sauvage; ils sont moins visibles que les victimes du « communisme », mais tout aussi décédés!


C’est peut-être aussi cela l’avantage d’avoir Dieu de son côté…

 

Source: Blog de Louis Prefontaine

 

 

Lire aussi : Haïti, le ventre des pauvres sous contrôle des ploutocrates (de papa Doc à bébé Doc - François à Jean-Claude DUVALIER des Satrapes à la merci de l’Etat US ou Français aussi tyranniques et destructeurs que Mobutu, Noriega ou Marcos)

Ziegler.jpg




A propos de l’arrogance et de l’hypocrisie des pays du Nord, je recommande la lecture de Jean ZIEGLER

Les nouveaux maîtres du monde, et ceux qui leur résistent

 

 

 

 

maitre_carrefours.jpg


Michel COLLON recommande :

Le maître des carrefours, Actes Sud, 2004
Pour découvrir un pan d'Histoire soigneusement caché. La cruauté impitoyable de l'Empire français, mais aussi l'extraordinaire combat des esclaves rebelles. Tout le drame d'Haïti a commencé là. Un style flamboyant à la hauteur du sujet.

 

 

Repost0
8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 11:58

Le sommet de Copenhague ne doit pas nous faire oublier le passage en vigueur, le 1er décembre 2009, du traité de Lisbonne ou traité Constitutionnel Européen. Un traité simplifié, mobilisateur et constructif ! Si par simplification on entend la mise au carreau des points de désaccords, si par mobilisation on entend vouer aux gémonies les mobilisations citoyennes et si par constructif on entend la construction d’une pensée unique, dominante et doctrinaire, alors oui, ce traité est une pure merveille.

 

Pour parler d’un sujet que je connais mieux, prenons comme exemple concret le vote Européen sur la teneur en OGM dans les produits Bio. Citoyens et parlementaires Européens s’étaient clairement exprimés contre toute présence fortuite ou accidentelle d’OGM dans les produits Bio. Au parlement, le vote était de 611 voix contre 61. Malgré cette majorité écrasante, le 12 juin 2007, le conseil des ministres de l’agriculture a malgré tout statué pour l’acceptation d’une teneur en OGM dans les produits Bio identique à celle de l’agriculture conventionnelle, à savoir 0,9% d’OGM.

 

Pourquoi ? Pression des lobbies oblige et parce que la décision finale revenait au seul conseil des Ministres ! Celui-ci n’est nullement obligé de tenir compte de l’avis des citoyens et du parlement. C’est ainsi qu’après 8 ans et demi d’un bras de fer sans relâche avec la société civile, le traité de Lisbonne est tout de même entré en vigueur début décembre 2009. C’est ainsi également que la fameuse directive Bolkestein, concernant la libéralisation des services, est gentiment transcrite sans faire couler trop d’encre. Et il en est ainsi pour des tas d’autres sujets brulants dans le domaine de l’économie, de l’énergie, de la santé, de l’alimentation…



Pour mieux comprendre la vidéo, lire Deux nouvelles personnalités à la tête de l'UE: le premier ministre belge Herman Van Rompuy premier président permanent à la tête de l’union et la Britannique Catherine Ashton (jamais élue), responsable des relations extérieures.

A décharge du traité de Lisbonne, pouvoirs et responsabilités du parlement Européen sont étendus. Aurait-on alors rejeté la présence d’OGM dans les produits Bio ?

 

Certains objecteront qu’il y aura toujours des mauvais coucheurs et qu’il faut bien confier le travail à des « experts » qui finissent par trancher. Pour ceux-là, dites vous bien que ces « experts » qu’ils soient politiques, économiques, juridiques, environnementaux ou scientifiques ne sont pas plus experts que vous et moi sur la scène du gain monétaire à court terme. C’est à vous et à nous tous de faire le point et de nous faire une idée, en notre âme et conscience, de ce qui se trame en ce bas monde. Notre grande chance réside encore dans notre liberté d’expression et dans la multiplicité et la diversité des sources d’informations. Il ne tient qu’a nous de rester éveillé en nous servant des outils à notre disposition. Tout est une question de conscience. Heureusement qu’il en existe encore. Notez que Nigel FARAGE (Cfr. vidéo) peut être sanctionné pour avoir critiqué les institutions européennes au sein du Parlement.

 

Heureusement, il existe également un moyen légal pour sortir de l’union Européenne. En effet, conformément à l’article 49A du traité désormais en vigueur : « Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union. ». Cfr. Page 41 de la version pdf du traité constitutionnel disponible ici. Si nous ne sommes pas d’accord, nous pouvons encore quitter les accords et décisions prises ou adhérer à des accords différents de ceux institués par notre belle Europe Libérale. Concernant la tolérance d’OGM dans les produits Bio, c’est d’ailleurs ce qu’a fait la région Wallonne avec Nature & Progrès, en ratifiant la « Charte de Florence » qui constitue un réseau Européen des régions sans OGM.

 

Dans Europe, il y a Europe des 27 mais il y a aussi Europe des régions et Europe des consciences. C’est en ces dernières, plus citoyennes, qu’il reste un espoir et non dans celle dont on entend le plus parler.

 

 

Si vous continuez à ignorez la population Européenne, si vous faites passer ce traiter de Lisbonne, vous allez élever et créer intolérance, extrémisme et racisme que vous dites vouloir stopper. Pour l’amour de Dieu, laissez les peuples de l’Europe s’exprimer.

[Nigel FARAGE]

 

Sans doute les enjeux institutionnels sont-ils respectables et incontournables, il est en effet essentiel d'éviter la paralysie des institutions, mais ce ne sont ni la composition de la Commission ni les procédures de vote du Conseil qui mobilisent les citoyens européens. Leurs préoccupations sont claires: ils attendent de l'Europe qu'elle améliore leur qualité de vie qui se décline en termes social, d'environnement et de santé.

[Paul LANNOYE] Les citoyens européens ont besoin d'une autre Constitution

 

On peut tromper les gens un temps ; on ne peut pas les tromper tout le temps. Agissons pour que le jour du référendum, les partisans d’un « oui de gauche » n’aient trompé qu’eux-mêmes et que triomphe un « non de gauche » qui est en fait un « oui » à l’Europe, mais à l’Europe des peuples, pas à celle des marchands et des marchés.

[Raoul Marc JENNAR] Constitution européenne : Réponses aux éléphants qui trompent énormément

 

Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire ; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho…

[Jean JAURES]

 

Pour aller plus loin :

http://www.urfig.org/constitution%20europeenne-pt.htm

 

Lire aussi :

Van Rompuy, Bilderberg & Démocratie?

Le traité des Ploutocrates

La Grippe A et la société civile : l’avènement d’un 3e pouvoir fort

 

 

Repost0
3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 10:21

Cet article est le résumé d'une conférence et d'un séminaire donné par François Houtart à Fribourg.

Séminaire : "50 ans de révolution cubaine - quelles leçons à tirer" ?




François Houtart, qui a visité Cuba une cinquantaine de fois depuis 1953, a brièvement analysé les 50 ans de la révolution socialiste cubaine, ses exploits et ses difficultés, la nécessité de se défendre face aux menaces externes et internes et de la manière exceptionnelle de survie dans les furies économiques et sociales, provoquées par l’impérialisme nord-américain et, surtout, après la débâcle du camp socialiste et l’extinction de l’URSS. Il a souligné le fait que la révolution cubaine n’a pas seulement transformé les structures sociales et politiques, mais aussi les mentalités. Il ne s’agit pas d’idéaliser la Cuba révolutionnaire, qui est ni le paradis, ni l’enfer, mais de s’étonner de la continuité du processus révolutionnaire et de s’interroger sur les défis futurs. Pour les jeunes cubains aujourd’hui, cela va de soi que la santé et l’éducation sont gratuites, qu’il y a onze fois plus de médecins et d’infirmières qu’en 1959, que la mortalité enfantine a baissé de 60 à 5,3 pour mille et que l’espérance de vie a augmenté de 19 ans. Houtart ne croit pas à une trahison de cette pensée et à un retour vers le capitalisme.


Les leçons à tirer pour arriver à un socialisme approfondi : l’importance de l’éducation populaire, les valeurs comme sa solidarité internationale (Cuba envoie plus de médecins dans le monde que l’OMS), les efforts constants de formation politique (fidèle à la pensée de José Martí) et l’importance d’un cadre de valeurs éthiques, comme la solidarité, la dignité, l’amour.

La ministre chargée d’affaires de la République Bolivarienne du Venezuela, une des 20 participantes du séminaire, a insisté à plusieurs reprises que sans l’exemple de Cuba, la révolution bolivarienne du Venezuela n’aurait pas eu lieu.

Conférence publique : "Après le capitalisme - Quelles alternatives"

Comme Samir Amin, François Houtart insiste sur le fait que la crise financière se construit sur un système qui était déjà en crise et que toutes les crises (financière, économique, alimentaire, énergétique et sociale) sont liées entre elles et liées à la même logique, la logique du système capitaliste qui est basée sur l’accumulation du capital et le profit maximum, l’exploitation du monde avec l’intérêt du capital comme moteur de l’économie et l’appât du gain comme seule fin.

La crise financière, prévisible, s’inscrit dans la logique d’une économie libéralisée, dominée par le capital financier. Il s’agit d’une crise globale. Elle n’est qu’un épiphénomène d’une crise beaucoup plus profonde. Houtart donne des exemples exhaustifs et effrayants par rapport à la crise alimentaire, climatique et énergétique, exemples puisés dans ses innombrables voyages sur les trois continents (voir version longue online de ce résumé). Il cite le rapport de M. Nicolas Stern de la Banque Mondiale qui stipule que si les choses continuent ainsi, d’ici la moitié de notre siècle, on aura entre 150 et 200 millions de migrants climatiques, et qu’il nous reste dix à quinze ans pour prendre des mesures. Après, la situation sera irréversible.


Houtart dénonce ensuite le fait que les solutions proposées ne sont pas des solutions réelles, mais des voies qui permettent aux mêmes pouvoirs économiques de dominer le secteur de l’énergie et de continuer avec un modèle qui permet de faire des gains extrêmement rapides sur les revenus du capital. Face à la consommation totalement irresponsable de l’énergie, on n’essaye pas de changer, mais on cherche à continuer avec le modèle du capitalisme pour essayer de résoudre un problème qu’il a créé lui-même ! Si l’Europe consacrerait toute sa terre arable à la production d’agrocarburants, elle ne couvrirait que 10-15% de sa consommation actuelle, ce qui ne suffirait même pas à couvrir l’augmentation de la demande dans 10 à 20 ans. Elle exige donc que les autres continents sacrifient des millions d’hectares. Houtart dénonce la destruction de millions d’hectares arables par des pesticides pour planter des palmiers, par exemple. La biodiversité disparait, on chasse des millions de petits paysans avec l’aide de l’armée et des paramilitaires. Il revient sur l’absurdité d’appeler les agrocarburants des «biocarburants», alors qu’ils n’apportent pas la « vie » (bios en grec), mais la mort (Frei Betto, théologien de la libération, les appelle les « nécrocarburants »).


Pour le capitalisme, les coûts sociaux et environnementaux n’entrent pas dans les calculs économiques. Ce sont des externalités, sauf quand ces dégâts commencent à affecter le taux de profit ! C’est donc la logique même du capital qui est à l’origine de chacune de ces crises ! Il ne suffit pas de dénoncer les abus et les excès, de dénoncer un capitalisme sauvage, comme s’il existait un capitalisme humain. Comme dans son ouvrage en 2005, Houtart réclame que nous délégitimions ce système, qu’il faut trouver des alternatives sérieuses, et pas seulement des régulations, comme par exemple vider les caisses de l’Etat pour sauver les banques !

C’est ici qu’il commence à aborder les alternatives. Pour parler d’un socialisme du XXIe siècle, François Houtart propose quatre grands axes :


1. l’utilisation renouvelable des ressources naturelles, avec leur contrôle collectif et un usage rationnel, excluant leur privatisation ;
2. la valorisation de la valeur d’usage sur la valeur d’échange, ce qui constitue le centre de la doctrine économique du socialisme et sa contradiction fondamentale avec le capitalisme
3. une démocratie généralisée, non seulement dans le champ politique, avec l’adoption d’une démocratie participative, mais aussi dans le champ économique et dans toutes les institutions (par exemple l’eau, qui a été privatisée pendant 20 ans à Paris, redevient aujourd’hui un bien public).

4. la multiculturalité. Pour construire une société nouvelle, toutes les cultures, tous les savoirs traditionnels, les diverses philosophies et religions peuvent contribuer à l’éthique nécessaire à la poursuite des objectifs. Le monopole de la culture occidentale ne peut pas continuer. C’est aussi cette culture qui a porté le système capitaliste.

Il faut (re)construire des utopies, non comme des illusions mais comme des éléments, petits et grands, qui sont réalisables concrètement, qui n’existent pas aujourd’hui, mais qui pourraient bien exister demain.


Il ne faut toutefois pas oublier l’immédiat. Des réformes sont nécessaires : 30.000 personnes meurent aujourd’hui ! Mais pas simplement des réformes pour adapter, pour rendre plus humain le système, mais dans le cadre d’une prise de conscience des acteurs pour transformer et remplacer le système actuel.


Une fois de plus, François Houtart cite l’Amérique Latine comme modèle intéressant : «C’est le seul continent où nous sommes passés des résistances aux alternatives !» (Cfr.
Vent nouveau en Amérique Latine) La marche des indigènes sur Bogota, la conscience politique de ces gens qui risquent la mort au Venezuela, en Bolivie, en Équateur, beaucoup moins au Brésil, au Paraguay. Et toujours, l’exemple de Cuba. Ces économies donnent des pistes dans les domaines culturels, économiques, etc. L’ALBA, la Banque du Sud, le Petrocaribe, etc. se traduisent en politiques concrètes. Grâce aux méthodes de Cuba appliquées en douze mois, le Venezuela a été reconnu par l’Unesco comme le seul pays du continent avec Cuba à avoir éliminé l’analphabétisme. Il est clair que nous ne sommes pas sortis du capitalisme. Certains le reprochent aux leaders du Sud. Pour François Houtart, c’est un manque de pensée dialectique : nous nous trouvons devant des réalisations nouvelles qui ne sont peut-être pas parfaites mais qui montrent que c’est possible d’avancer. Les porteurs de ce grand projet et de cette utopie sont les mouvements populaires.


Après avoir vu, analysé, jugé, il s’agit maintenant de commencer à travailler. Pourtant, Houtart nous met en garde: « Chaque petite chose doit être effectuée dans la perspective de la grande utopie, d’une transformation de la logique du système dans lequel nous sommes, sinon elle va être absorbée par le système. L’action doit se situer à court terme (par exemple avoir nationalisé l’eau à Paris), à moyen terme (par exemple la taxe Tobin ou l’abolition des paradis fiscaux, etc) et à long terme, en fonction de nos quatre grands axes. »


François Houtart, docteur en sociologie, professeur émérite de l’Université Catholique de Louvain, fondateur du Centre Tricontinental et de la revue Alternatives Sud. Prêtre marxiste, proche de la théologie de la libération, membre du comité international du Forum Social Mondial.

 

Source: Andrea Duffour pour Cuba Si


Lire aussi Communisme, Cuba, IDH & développement durable
et Le mythe du capitalisme à visage humain  

Repost0
30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 10:40

Obama a beau être charismatique, il reste à la tête d’un État impérialiste de moins en moins crédible. Extrait du dernier article de Michel Collon.

 

République bananière soumise pendant des décennies aux diktats de la United Fruit Company (bananes Chiquita), le Honduras a été dans les années 80 utilisé comme base arrière étasunienne pour soutenir la contre-révolution au Nicaragua et entretenir des guerres sales en Amérique centrale qui ont ravagé la région, notamment au Salvador.

 

Lorsqu'en août 2008, contre toute attente le président Manuel Zelaya, à peine élu, décide d'incorporer le Honduras à l'ALBA (Alternative bolivarienne pour les Amériques), il s'oppose frontalement aux visées hégémoniques étasuniennes sur le sous-continent américain et aux forces rétrogrades dans son propre pays. En effet, l'ALBA est un projet d'intégration continentale de libération qui favorise l'unité des peuples en plaçant la lutte contre la pauvreté et les injustices sociales au centre des préoccupations.

 


Le Honduras s'apprêtait ainsi à construire un projet politique alternatif tournant le dos au néolibéralisme, et mettant en place des réformes démocratiques structurelles, d'où le projet de changement constitutionnel qui devait être soumis ce dimanche 28 juin à la population.

 

L'attaque du pays le plus faible et le plus fragilisé de l'ALBA, le jour même de l'intégration de l'Équateur dans l'alliance (ce qui fait basculer le rapport de force en Amérique latine en défaveur des intérêts étasuniens) ne peut être un hasard.

 

Le putsch n'aurait pu se passer sans l'aide des services spéciaux des USA. L'armée hondurienne est liée au Commandement Sud de l'armée américaine dont les conseillers militaires jouent un rôle essentiel. Le principal aéroport militaire US de la région se trouve sur le sol hondurien, et ce en toute illégalité puisqu'aucun accord officiel n'a été signé entre les deux pays.

 

La tradition étasunienne du putsch militaire pour renverser un gouvernement qui s'oppose à leurs intérêts est bien connue des peuples latinos. Est-elle en train d'être réactivée ? En tout cas pour l'instant, le Président Barack Obama est bien timide!

 

Lire la suite sur Michel Collon.info

Repost0
2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 13:04

Le dernier rapport du Global Europe Anticipation Bulletin n'y va pas avec le dos de la cuillère. Ci-dessous, quelques extraits du bulletin 32…

Depuis Février 2006, LEAP/E2020 avait estimé que la crise systémique globale se déroulerait selon 4 grandes phases structurantes, à savoir les phases de déclenchement, d'accélération, d'impact et de décantation. Ce processus a bien décrit les évènements jusqu'à aujourd'hui. Mais notre équipe estime dorénavant que l'incapacité des dirigeants mondiaux à prendre la mesure de la crise, caractérisée notamment par leur acharnement depuis plus d'un an à en traiter les conséquences au lieu de s'attaquer radicalement à ses causes, va faire entrer la crise systémique globale dans une cinquième phase à partir du 4° trimestre 2009 : la phase dite de dislocation géopolitique mondiale. Selon LEAP/E2020, cette nouvelle phase de la crise sera ainsi façonnée par deux phénomènes majeurs organisant les évènements en deux séquences parallèles, à savoir :

A. Deux phénomènes majeurs :

1. La disparition du socle financier (Dollars + Dettes) sur l'ensemble de la planète

L'insolvabilité globale qui caractérise désormais le système financier mondial peut être représentée par une image très simple : le socle financier sur lequel reposaient depuis des décennies les banques, assurances et autres établissements financiers mondiaux, est en train de s'effondrer, à l'image d'une ville qui serait construite sur une immense anfractuosité et qui découvrirait soudain que ce qu'elle croyait être un sol solide, destiné à porter durablement les fondations des immeubles de la cité, n'est en fait qu'une mince croûte de terre sous laquelle se trouve un mélange de vide, de gaz toxique et de remblais instables. L'équivalent financier de ce mélange est bien entendu la combinaison hautement volatile de Dollars US, d'actifs libellés en Dollars et de dettes produites en particulier par les Etats- Unis, le Royaume-Uni et nombre d'économies occidentales et en développement.

 

2. La fragmentation accélérée des intérêts des principaux acteurs du système global et des grands ensembles mondiaux

Le protectionnisme est bien de retour puisque le processus de globalisation tel qu'on l'a connu ces deux dernières décennies est désormais arrêté. Les discours des dirigeants politiques mondiaux sont pathétiques dans la mesure où ils persistent à répéter leur volonté de s'opposer au retour du protectionnisme et à relancer le cycle de Doha de libéralisation du commerce ; tandis que, dans les faits, ils font tout le contraire comme le prouvent le « Buy American » d'Obama, la dévaluation compétitive de la Livre Sterling de Brown, les aides à l'industrie automobile française de Sarkozy, le plan de relance soigneusement ciblé « Allemagne » de Merkel ou la plan de stimulation de la demande interne chinoise de Hu Jintao. Les dirigeants mondiaux sont de plus en plus schizophrènes : leurs actes s'éloignent de plus en plus de leurs discours. 

B. Deux séquences parallèles :

1. La décomposition rapide de l'ensemble du système international actuel

a) La marginalisation des institutions internationales: ONU, OMC, OCDE, FMI, G7, G20

b) La chutes des nœuds stratégiques du système financier et monétaire mondial

Au niveau du système monétaire mondial, près de 70% des marchés des devises sont traités sur trois places financières, à savoir Londres, New-York et Tokyo. Toutes les trois appartiennent de facto à la zone Dollar et ont des dirigeants qui dépendent étroitement de Washington, ce qui assure que leurs interprétations des évènements et des mouvements du monde sont fondamentalement similaires. L'actuel naufrage de l'économie britannique et sa place financière met en péril le rôle prédominant de Londres. Parallèlement alors que huit des dix principales banques du marché international des devises étaient américaines ou britanniques en Mai 2008, il est remarquable que certaines aient déjà disparu du paysage, comme Lehman Brothers, ou soient en quasi-faillite (nationalisée) comme Royal Bank of Scotland ou Citi. Là encore on voit à quelle vitesse ce noeud stratégique du système financier mondial est en train de chuter sous nos yeux, contribuant à une décomposition accélérée de l'ensemble du système international de ces dernières décennies.

 

2. La dislocation stratégique de grands acteurs globaux.

En fait, selon LEAP/E2020, plus l'entité politique est importante en taille et en population, plus elle repose sur le socle « Dollar/Dettes » caractérisant le système actuel ; et plus elle est centralisée, plus elle s'avérera sensible aux formidables tensions générées par la crise systémique globale.

 

a) Les États-Unis

* De la Chine, L'Inde et la Russie, les États-Unis sont bien évidemment ceux qui reposent intégralement sur le socle « Dollar/Dettes ». C'est même ce qui a alimenté leur puissance et leur richesse ces dernières décennies.

* Les tensions socio-ethniques sont immenses avec dorénavant une forte composante hispanique liée aux narcotrafiquants qui gangrènent la frontière sud du pays. Les intérêts économiques des différentes régions divergent de plus en plus face à la crise : par exemple, les problèmes de la Californie en quasi-faillite ne sont pas du tout les mêmes que ceux des États dont l'industrie automobile s'effondre ; et ils sont encore différents de ceux de la Floride. Le Texas n'a pas les mêmes problèmes que New-York ; et ainsi de suite…

*Enfin, le quasi-monopole de Washington et de l'état fédéral dans la réponse à la crise impose l'utilisation de dispositifs très centralisés, standardisés et donc incapables de prendre en compte les situations très variables d'un État à l'autre. Ce simple fait porte déjà l'assurance d'une faible efficacité des mesures mises en place, comme on le constate d'ailleurs depuis plus d'un an.

b) L'Union Européenne

* L'UE est beaucoup moins dépendante du socle « Dollar/Dette » que les Etats-Unis par exemple. Seuls certains États membres comme le Royaume-Uni en particulier, et quelques autres identifiés dans les GEAB précédents, sont très sensibles à ce facteur. Mais le coeur de la zone Euro n'est que très peu affecté.

* L'UE, et surtout la zone Euro, est en effet très sensible au facteur de grande diversité de ses composantes. Si les États européens étaient aussi peu indépendants que les États fédérés américains, ce serait l'assurance d'une explosion généralisée de l'UE.

* Le fonctionnement de l'UE est extrêmement polycentrique, et non pas centralisé. Les États ont d'immense marge de manoeuvre. La BCE fournit un cadre monétaire cohérent. Les fonds structurels européens assurent une cohésion de long terme. Et ce système polycentrique sait, il l'a montré depuis plus de 50 ans, se montrer imaginatif quand la situation l'exige, notamment car il se sait fragile et une pure création de la volonté de ses peuples et de ses dirigeants.

 

Et l'Allemagne, poids lourd de la zone Euro et de l'UE, fera tout pour empêcher que l'Union européenne et la zone Euro cessent d’être les débouchés privilégiés de son industrie, au moment où ses marchés mondiaux s'effondrent ou risquent de se fermer.

 

Pour conclure, si on ajoute l'impact de la phase de dislocation sur la Russie et la Chine, il va être très intéressant de savoir si cette crise systémique globale va voir survivre le nouveau modèle d'intégration régionale de type UE, ou au contraire renforcer le modèle impérial de type Etats-Unis, Chine et Russie. Pour notre équipe, en fonction des facteurs identifiés précédemment, cette crise systémique globale pourrait bien être le dernier avatar des crises qui depuis cent ans se succèdent en faisant tomber les empires les uns après les autres. Simple question d'adaptation à l'environnement socio-économique du siècle à venir ! Sans oublier la crise climatique comme l'illustrent les cartes ci-dessous.


 

 

Production agricole par pays en 2007 (en USD) - Source MarketSkeptics, 01/2009



 

 

Pays affectés par des sécheresses (2007) - en marron foncé, sécheresse normale / en marron clair, sécheresse grave / en rouge, sécheresse historique - Source MarketSkeptics

 

C. Recommandations: comment se préparer à la phase de dislocation géopolitique?

 

Ainsi que nous venons de l'anticiper dans ce GEAB N°32, la phase 5 de la crise systémique globale affectera de manières diverse les différents pays et même, au sein d'une même entité politique, ses différentes régions. Cependant, il est possible d'élaborer un certain nombre de recommandations générales destinées à éviter de se retrouver piégé au beau milieu du processus de dislocation géopolitique mondial. Pour cela il est important d'évaluer 3 facteurs majeurs qui déterminent la gravité de la dislocation socio-économique et politique de votre pays ou région.

Selon LEAP/E2020, ces trois facteurs sont:

1. Le degré de dangerosité physique directe de la dislocation géopolitique dans votre pays/région

Si votre pays ou région est une zone où circulent massivement des armes à feu (parmi les grands pays, seuls les États-Unis sont dans ce cas), alors, le meilleur moyen de faire face à la dislocation stratégique est de quitter votre région ou votre pays si cela vous est possible, pour vous installer dans une région ou un pays moins dangereux physiquement.

2. Le degré de dépendance de votre région/localité vis-à-vis d'approvisionnements extérieurs

Si votre pays/région est particulièrement dépendant de l'extérieur pour son alimentation en énergie, nourriture, eau,… alors il est essentiel de faire des réserves ou bien de penser à partir s'installer dans une région moins dépendante.

3. La durée probable d'éventuelle dislocation des principaux services publics et/ou privés

Dans de nombreux pays ou régions, la dislocation des services publics sera passagère - de l'ordre de quelques jours à quelques semaines. En s'y préparant bien et en s'appuyant sur les liens de voisinage ou familiaux, cette période sera aisément surmontée. En revanche si vous estimez que dans votre pays ou région, la dislocation risque de se greffer sur un effondrement du pouvoir central, ou au moins du pouvoir régional, alors il est essentiel soit de se préparer à quitter provisoirement votre région, soit à organiser une alternative collective d'ampleur avec les membres de votre communauté.

 

Donc, de la violence, oui certainement, mais aussi une opportunité en or pour se recentrer sur l'essentiel, le local et la solidarité. C'est dans l'adversité que l'homme se montre sous son vrai jour: "impulsif et reptilien" vs "réfléchi et humain"…

 

Et le bulletin termine par:

Enfin, évitez plus que jamais l'ensemble des instruments financiers proposés par les banques. Outre le risque de les voir bloqués lors de la phase 5 de la crise, les baisses continues de taux d'intérêts par les banques centrales constituent une mise en coupe réglée des épargnants. Restez liquide au maximum pour pouvoir bouger immédiatement si nécessaire.

Repost0
8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 01:32

1) Préambule: comprendre pour agir

Palestine---Territoire-perdu-depuis-1946.jpg

Depuis bien avant la seconde guerre mondiale (1940-1945) des juifs reviennent en Palestine (dates?) et ceci grâce à l'achat de terrains aux autochtones ou aux gros propriétaires terriens étrangers.


En 1947, avant le plan de partage de l'ONU, ces surfaces représentent 7 % de la superficie de la Palestine.


L'ONU adopte la résolution 181 selon laquelle un territoire est accordé aux juifs et un plan de partage est conçu, attribuant 55 % du territoire aux futurs états d'Israël.


Le partage tient compte des possessions antérieures en essayant de les remembrer, ce qui démembre les territoires palestiniens. L'entièreté de la "pointe" (désert du Néguev) est attribuée aux israéliens.


Le principe selon lequel on attribue "une terre sans peuple à un peuple sans terre" est complètement faux, dès la création de leur état, les israéliens procèdent l'extermination de villages palestiniens, la déportation de 800.000 Palestiniens et la destruction de 470 de leurs villages.


Lors des deux guerres de 1948 et en 1967, Israël annexe des territoires palestiniens, contrairement aux résolutions de l'ONU, et dispose actuellement, sans compter les colonies (illégales), 78 % du territoire de la "Palestine historique". Ce territoire est délimité par la fameuse "ligne verte". La proportion revendiquée aujourd'hui par la Palestine est de 22%. Elle est prête à accepter le gain illégitime d'Israël de 23 % (78-55) réalisé entre 1947 et 1967.
 

Sur la dernière carte, on voit l'effet de l'empiètement continuel des colonies et du mur d'enfermement des populations palestiniennes qui n'ont plus accès à leurs terres ni à leurs puits. Bientôt, les seuls espaces disponibles pour les palestiniens seront de véritable enclos, les privant des ressources de survie élémentaires.


En Israël, la communauté ethnique est mentionnée sur les cartes d'identité. Les palestiniens de nationalité israélienne n'ont pas les mêmes droit que les juifs israéliens. A titre d'exemple, les Arabes représentent près de 20% de la population d'Israël, aucune université arabe n'existe en Israël.
 


Pour en savoir plus, consultez cet excellent DIAPORAMA puis tentez de répondre à ce questionnaire sur le conflit israélo-palestinien (pas plus de 5 minutes et très instructif).

2) Démocratie mensonge, le cas palestinien

Comment rester confiant en notre modèle de société présenté comme exemplaire, quand il gaspille en un peu plus d'un siècle au profit de quelques privilégiés, ses réserves millénaires ? Comment rester serein quand tout indique que le rythme imposé à la planète nous précipite vers l'abîme ? Comment concilier les contradictions de plus en plus évidentes entre une minorité de nantis qui osent (presque) tout se permettre, et une majorité de démunis qui s'enfoncent jour après jour dans une pauvreté endémique dont on sait qu'elle n'est ni le fruit du hasard, ni inéluctable, mais qu'elle résulte au contraire d'une scandaleuse et injuste redistribution des richesses ? 


Il semble que nous soyons de plus en plus nombreux à nous interroger, confrontés à l'information quotidienne qui nous ressasse la dégradation évidente de notre environnement tant politique que social, économique, professionnel, écologique, culturel, moral… et confirmant par ailleurs, pour ceux qui en doutaient encore, que tout paraît bien être lié.


Alors que la « globalisation » — comme seule loi du marché — est prônée par les plus nantis comme LA solution à tous nos problèmes, le désarroi et le questionnement qui en résulte semblent gagner de plus en plus d'individus. Des citoyens, fragilisés, se sentent dépassés, écrasés par le projet de société qui leur est imposé.


Malgré leurs beaux discours, éloquemment adaptés aux circonstances, les classes dirigeantes ne s'embarrassent plus guère de principes ni de déontologie. Seul ce qui sert leurs intérêts prévaut. L'idéal qui au départ animait parfois les plus dévoués a tôt fait de céder sa place aux calculs égoïstes et aux plans de carrière. Ces élites — ou qui se croient telles — ne sont plus au service de la collectivité, mais strictement au leur et à celui de leurs partenaires financiers. Leur ambition n'est jamais satisfaite. Qu'ils s'autoproclament de gauche ou de droite, les problèmes du citoyen ne les intéressent qu'occasionnellement, à quelques semaines des élections. Tout occupés par leur ascension personnelle, ils n'ont d'yeux, d'oreilles et d'agenda que pour ceux qui pourraient y contribuer, ceux qui ont le pouvoir de l'argent et de l'influence. Et tout est bon pour y parvenir… La Palestine l'illustre fort bien. Depuis toujours, tous les principes « démocratiques » y sont bafoués par l'occupant israélien. Cela n'empêche pas les autorités de nos États occidentaux, pourtant chantres des Droits de l'homme, de continuer de commercer avec Israël dont le lobbying politique parfaitement organisé démontre la force de ses réseaux d'influence patiemment tissés.


En-dehors de déclarations et de discours élimés jusqu'à la trame, aucun de nos politiciens suffisants n'a manifesté assez de courage ni d'éthique que pour oser prendre des mesures qui auraient signifié à l'occupant israélien qu'il avait, depuis longtemps, dépassé toute limite.
Quoi de surprenant pour le citoyen qui observe les mœurs de ces princes ? Dans le meilleur des cas, l'engagement de nos valeureux « démocrates » se résume depuis longue date à quelques déclarations consternantes, allant de « la vive préoccupation » des uns à la « demande de retenue » des autres… Point barre.


L'asymétrie évidente et incontestable qui prévaut dans l'affrontement israélo-palestinien – l'une des plus puissantes armées au monde dotée d'une force aérienne supérieure à celle de l'Angleterre et d'un feu nucléaire peut-être aussi important, face à des gamins et leurs cailloux – révèle immédiatement que l'argument de la traque au « terrorisme » n'est qu'un grossier mensonge servant d'excuse pour dissimuler d'autres mobiles, beaucoup plus sordides et probablement plus rentables. Mais, profitant du manque de courage d'une diplomatie internationale de plus en plus aliénée au grand capital et muselée par les Etats-Unis, le gouvernement israélien – et d'autres avec lui – entretient les amalgames médiatiques et poursuit l'écrasement de la population de tout un pays, jusqu'à son éradication même, s'il le pouvait.


Il faut aller en territoire palestinien pour voir dans quelles conditions la population est asphyxiée, laminée par l'oppression militaire qui s'y déploie avec un zèle plus qu'équivoque, au service d'une infâme idéologie coloniale… Il faut prendre le temps de rencontrer les acteurs israéliens du Camp de la Paix, dont par exemple l'AIC (Alternative Information Center) qui travaille à la réconciliation entre Arabes et Israéliens ; ou Ta'ayush (Ensemble) oeuvrant sur base commune judéo-arabe ; ou ICADH (comité israélien contre les démolitions de maisons) ; ou les Refuzniks (soldats qui refusent de prester leur service militaire dans les Territoires occupés) lorsqu'ils viennent témoigner… et écouter la description des atrocités commises par l'armée à l'encontre des civils palestiniens, pour ne plus avoir de doutes quant aux motivations qui animent les responsables de l'état major israélien.


Il faut être très clair quant aux conditions qui existent dans les villes et les villages palestiniens : on n'y vit plus, on tente d'y survivre, vaille que vaille, on s'y exténue, on y est affamé et on y est écrasé, massacré même ! Par une balle dans le dos, en fuyant une soldatesque névrosée, ivre de son impunité. Par une bombe, pendant son sommeil. Par l'interdiction de passer un check point pour gagner d'urgence un hôpital voisin. Par un bulldozer, sous sa maison. Ou par un missile, sur une plage…


La deuxième Intifada (mot arabe signifiant réveil de soi, réaction, soulèvement) se poursuit tant bien que mal. Réponse de la population palestinienne à son écrasement par l'envahisseur israélien, celui-ci redoublant souvent d'ingéniosité dans la morbidité de techniques dont certains de ses artisans sont devenus « experts ». Au point que l'armée américaine embourbée dans son infâme guerre en Irak, a fait appel aux conseillers israéliens, « spécialistes » en guérilla urbaine.


Ces mêmes « spécialistes » qui ont mis au point une technique imparable d'invasion des maisons particulières, passant de l'une à l'autre par les murs mitoyens qu'ils dynamitent. Plus besoin de risquer la vie des troupes en passant par les ruelles. Ceux-là surgissent dans votre salon par la béance d'une explosion et, après avoir tout démoli, passent à la maison suivante, par le même procédé. La Palestine fournit à ces brutes un laboratoire de premier ordre, particulièrement en ce qui concerne la Bande de Gaza. Toutes les techniques de négation de l'individu y sont testées, tant au niveau physique qu'au niveau psychologique, passant de l'usage d'armements interdits par les Conventions internationales – comme les munitions à l'uranium appauvri ou au phosphore – pourtant dénoncé par plusieurs rapports officiels, au détournement des taxes diverses revenant aux Palestiniens. Sans parler des privations de nourriture, d'eau, d'électricité, de mobilité, ainsi que le recours aux tortures en tous genres qui y sont devenues d'une banalité confondante. Ni de l'utilisation d'enfants comme boucliers humains. Ni des emprisonnements arbitraires de mineurs. Ni de l'odieux Mur de séparation, qui a fini par convaincre l'envahisseur américain qu'il était LA solution dans son embourbement à Bagdad…


« Barbare », vous avez dit « barbare » ?


Extraits de LA DEMOCRATIE MENSONGE – Daniel Vanhove – Coll. Oser Dire – Ed. Marco Pietteur.

En cette fin d'année, disponible à editionsaden@skynet.be et à Bruxelles, à la Librairie Internationale, Tropismes, Libris, UOPC…



Plus d'infos sur www.alternativenews.org ; www.michelcollon.info ; www.info-palestine.net ; www.paixactive.org ; www.france-palestine.org ; www.association-belgo-palestinienne.be ; www.lapaixmaintenant.org ; www.icahd.org



Voir plus particulièrement:

Cibles : une école, un hôpital, une clinique, une usine de yaourt, trois bureaux de changes... par Salma AHMED, professeur de français, Gaza.

Gaza : hallucination par Alain RIOUX, association hope www.hope-espoir-hoop.com, Belgique.

Le véritable but du carnage à Gaza par Ilan PAPPE, chaire du département histoire de l’université d’Exeter, Israël.

 

A voir aussi: BON ANNIVERSAIRE!

 

 

Manifestation Nationale

 

Dimanche 11 janvier à 14h

Bruxelles - Gare du Midi

 

Stop aux massacres à Gaza ! Le silence tue !

Stop à l’embargo contre les Palestiniens

Stop à la violence contre tous les civils

Stop à l’impunité 

Suspension des accords UE-Israël

 

 

Premières organisations signataires : 11.11.11, Aardewerk, ACW-Wereld solidariteit,  Alliance for Freedom and Dignity, Artistes contre le Mur, Association Belgo-Palestinienne, Association Culturelle Joseph Jacquemotte,  Belagir asbl,  Broederlijk Delen, CADTM,  CNAPD, CNCD–11.11.11, COCAB, CODIP, Collectif Présence Musulmane Belgique, Comité Surveillance Otan, Comité Verviers Palestine, Communauté Palestinienne de Belgique, ECOLO, Fraternité asbl,  Federatie van Marokkaanse Verenigingen, FGTB-ABVV, FOS – Socialistische Solidariteit, Friends of the Earth Vlaanderen & Brussel, Gents Actieplatform Palestina, Génération Palestine, Groen!, Groupe Palestine–Santé, Initiatief Cuba Socialista,  Intal, Institutions et Associations musulmanes de Belgique, Jeunes FGTB, KP,LCR, La clef asbl, LeCoTo, LEF, Ligue Islamique Interculturelle de Bruxelles, LSP-PSL, MIR–IRG, Mosquées de Belgique, Mouvement Chrétien pour la Paix (MCP), Mouvement Citoyen Palestine, Mouvement ouvrier Chrétien (MOC), Nouvelles Perspectives asbl,  Oxfam Solidariteit-Solidarité, Oxfam Wereldwinkels, Oxfam Magasins du Monde, Parti Socialiste, Pax Christi Vlaanderen, PC Wallonie-Bruxelles, Présence et Action Culturelles, PJPO Ittre, PJPO Brabant Wallon, PVDA-PTB, SAP, Service civil international, Solidarité mondiale, Solidarité Socialiste, t Uilekot, Une Autre Gauche, Union liégeoise pour le défense de la paix, Vlaams Palestina Komitee , Vrede vzw,  Werkplaats voor Theologie en Maatschappij,  Vrouwen in ’t Zwart,  …

 

Contact presse :

Association Belgo-Palestinienne (FR) 02/223.07.56 abp.eccp@skynet.be

Vrede vzw (NL) 09/233.46.88 vrede@vrede.be

 

________________________

Association Belgo-Palestinienne

9, quai du Commerce

1000 Bruxelles

tel: 02 223 07 56

fax: 02 250 12 63

abp.eccp@skynet.be

www.association-belgo-palestinienne.be

Repost0
7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 11:57

Les événements actuels dans l'ouest du Congo méritent une attention toute particulière, d'un part à cause du drame humanitaire qui s'y déroule depuis des années, d'autre part à cause de l'hypocrisie occidentale.

 

Quelques extraits d'articles...



Chaque jour, dans l’est du Congo, sept à dix avions, chargés chacun de deux tonnes de cassitérite, vont de Mubi a Goma, d’où le minerai est passé illégalement par-delà la frontière rwandaise. Le trafic d’or, de diamant, de cuivre et de cobalt ne connait pas non plus de ralentissement. Telles sont les conclusions du dernier rapport du groupe d’experts des Nations-Unies. L’état congolais ne touche presque rien des profits générés par cette contrebande. Mais il semble que très peu de choses aient été entreprises pour combattre le pillage prolongé des ressources minières congolaises. Les mineurs – il y en a plusieurs dizaines de milliers – en restent les principales victimes.

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-03-04%2008:47:27&log=invites

 

En ces temps de difficultés croissantes au gavage de la boulimique bête occidentale, de telles richesses font l'objet de sérieuses convoitises. Éducation catholique et règles de bienséance obligent, ce même occident ne peut s'empêcher la promotion de vertus éthiques et humanistes. Fort bien! Mais comme cela est bien peu compatible avec l'alimentation et l'histoire occidentale, cela engendre inévitablement un subtil jeu de double langage. D'autant plus subtil et nauséabond que son histoire est tachée de pratiques aussi barbares que celles qu'il dénonce avec autant de véhémence que d'hypocrisie.

 

Depuis la guerre d’agression menée par le Rwanda et l’Ouganda (1998 – 2003), ces pays continuent d’entretenir des milices sur le territoire congolais. Nkunda, général pro-Rwanda, est l’un des chefs de milices les plus connus. La semaine dernière, l’armée congolaise a apporté des preuves de la participation des soldats rwandais aux combats. Des preuves qui ont directement été niées par l’Occident. Nos médias présentaient cette violence comme une «culture de la violence» qu’auraient développée les Congolais. Tout le débat portait dès lors sur la question de savoir pourquoi l’Europe n’intervient pas pour arrêter ces Congolais «assassins et violeurs».

Lors de son intervention à la commission parlementaire ce mercredi 22 octobre, Dirk Vandermaelen (sp.a) a admis sans détours que le conflit avait effectivement des causes plus profondes. «Nous savons tous que les États-Unis et la Chine mènent une bataille géostratégique. Nous savons tous que les matières premières sont le point faible de la Chine. Nous savons tous que la Chine cherche à s’approvisionner en Afrique. Je crains pour ce qui est de l’est du Congo qu’on assiste à un clash entre la Chine et les États-Unis, un clash réglé par personnes interposées, à savoir le Congo de Kabila et le Rwanda de Kagame», a-t-il déclaré.

Ce qui est surprenant c’est que pour le reste Vandermaelen s’est principalement exprimé sur ses soupçons quant à des livraisons d’armes chinoises au profit de l’armée congolaise. Il a même exigé que l’on intensifie la pression sur le gouvernement Kabila et que l’on impose un embargo sur les armes à destination de Kinshasa. Cependant, Vandermaelen n’a pas soufflé mot de l’agression du Rwanda ou du rôle joué par les États-Unis dans la région.

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-10-30%2015:48:37&log=invites

 

L’ONU et les États-Unis mettent en effet beaucoup de bonne volonté à ne pas voir ce qu’ils ont devant les yeux. La très officielle «Voice of America» a encore informé le monde aujourd’hui que les Américains considéraient qu’on ne leur avait donné «aucune preuve (1) de l’implication du Rwanda» dans les troubles de l’Est. VoA précisait que Peter Clottey, à Washington, tenait ces informations de leur correspondant à Kinshasa, Jack Kahora. (C’est fort bien d’utiliser des Africains comme correspondants en Afrique, mais pourquoi aller les chercher précisément, dans la Région des Grands Lacs?)

Il ne faudrait quand même pas demander à la Communauté Internationale d’aller trop loin dans l’invraisemblance. On peut ne pas voir une puce. Il est plus difficile de prétendre, sans rire, qu’on ne voit pas un éléphant. Entretemps, la MONUC a reconnu l’existence d’au moins un éléphant : des tirs de chars et de canons rwandais, depuis le Rwanda, sur les troupes congolaises défendant Goma.

 

(1) Pourquoi, au lieu d’ergoter sur la signification des accessoires militaires trouvés à Rumangabo, ne demandent-ils pas aux Rwandais de pouvoir visiter leurs mines de cotant, de cassitérite ou de wolfram, puisque le Rwanda exporte ces minerais, alors qu’il ne les produit pas!

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-11-05%2005:43:10&log=invites

 

Tony Blair, l'ancien 1er ministre britannique est le conseiller spécial du dictateur rwandais Paul Kagamé qui se permet encore de narguer les congolais lorsqu'aujourd'hui encore, il essaie piteusement de tromper l'opinion et de convaincre les naïfs qu'il n'a rien à voir avec l'agression rwandaise en RDCongo! Raison pour laquelle le matraquage de la fausse "nationalité congolaise" du criminel rwandais Nkunda (Kundabatware) s'est fait en vue de faire passer ce conflit comme congolo-congolais pour occulter l'implication de Paul Kagamé!

http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=2&newsid=150620&Actualiteit=selected

 

Après les cinq millions de morts, les Congolais sont victimes d’un autre massacre. Des sources concordantes nous apprenons que les troupes du CNDP de Laurent Nkunda, sont entrain de massacrer la population civile à Kiwanja, dans la province du Nord-Kivu. C’est le PARECO-FAP qui l’a annoncé hier jeudi à la Rtg@, en disant que plusieurs jeunes ont même été brûlés vifs. La nouvelle a été confirmée par des sources indépendantes. Un confrère de Bbc qui s’est rendu sur le terrain a rapporté les faits. La Monuc atteste le massacre même si on ne se met pas encore sur le nombre des victimes. Et d’après M. Sendugu Museveni, président du groupe Maï-Maï, les témoins de ce carnage qui ont réussi à s’échapper parlent d’une boucherie humaine.

http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=1&newsid=150666&Actualiteit=selected

 

Repost0
2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 14:35

Par Carlos Noriega, Pagina 12

Les aborigènes ont rompu l’alliance conservatrice à Lima et ont obtenu l’abrogation des lois qui facilitaient la privatisation de leurs terres ancestrales au profit d’exploitations minières.

La révolte des communautés natives de l’Amazonie péruvienne contre le gouvernement d’Alan Garcia s’est terminée par la victoire des indigènes. Ce fut un triomphe inespéré qui casse la tradition historique de la prééminence du pouvoir central sur les groupes indigènes. Après deux semaines de protestations et une prise de routes, entreprises hydroélectriques, stations pétrolières et de puits de gaz, 65 ethnies natives de la forêt péruvienne qui regroupent 350 mille personnes, sont parvenus à faire céder le pouvoir. Vendredi, le Congrès a abrogé à une ample majorité de 66 voix contre 29 deux lois qui facilitaient la vente des terres communales des indigènes et dont la promulgation a provoqué le soulèvement indigène dans la forêt amazonienne.

Les natifs ont dénoncé qu’avec ces lois le gouvernement essaie de promouvoir la vente de leurs terres aux compagnies pétrolières transnationales et d’exploitation du bois. Le gouvernement avait promulgué ces lois comme partie du Traité de Libre Echange (TLC) avec les Etats-Unis et a tout essayé pour leur défense. Il a parié sur la répression pour abattre la révolte indigène, a déclaré l’état d’urgence et a appelé les Forces Armées, mais les indigènes se sont fermement maintenus sur le pied de guerre avec leurs lances, arcs et flèches. Dans le Congrès, le parti de gouvernement s’est retrouvé seul. Il a perdu le soutien de ses alliés de la droite et du fujimorisme, qui ont voté en faveur de la dérogation des deux lois. Cela constitue le plus grand échec politique de Garcia des deux années de sa gestion et il survient au moment où sa popularité atteint seulement 20 pour cent.

La marche arrière du Congrès a déclenché la colère de Garcia et de son gouvernement, mais a décomprimé une crise sociale qui menaçait de s’aggraver et d’avoir une fin violente. Tandis qu’à Lima, les fonctionnaires du gouvernement n’arrivaient toujours pas à digérer leur échec et répondaient en déchargeant leur frustration en attaquant furieusement les opposants des lois abrogées, dans les villages et zones de la forêt amazonienne des fêtes massives ont éclaté. La nouvelle de la décision du Congrès a fait éclater l’euphorie parmi les indigènes, qui s’étaient rassemblé sur les places des principaux lieux habités pour attendre le vote. À peine connue la nouvelle, avec leurs visages peints, ils ont commencé à danser et à agiter leurs lances et flèches en signe de victoire. "C’est une grande nouvelle pour nous. C’est une nouvelle aube. Pour la première fois dans l’histoire, nous faisons grève et obtenons une victoire", a signalé Wrays Perez, apu (leader) de l’ethni aguaruna qui a célébré la victoire avec des milliers d’indigènes sur la place centrale de Bagua, l’un des épicentres de la protestation. A Lima, Alberto Pizango, président de l’Association Interethnique de Développement de la Forêt Péruvienne (Aidesep), qui a pris la tête de la protestation indigène, vétu avec le vêtement typique de sa communauté native était présent au Congrès pour suivre le débat et le vote auprès d’une délégation de dirigeants natifs. "C’est une décision historique. A gagné la raison et non des lois qui attentaient contre les peuples indigènes et la société nationale", a dit Pizango, tandis qu’il se retirait souriant et victorieux du Parlement.

A l’autre bord de cette guerre pour les terres indigènes, le président Garcia a qualifié la décision du Congrès de "recul historique". Avant le vote du Congrès, Garcia avait essayé de faire pression sur les parlementaires en exigeant la ratification des lois de la discorde et en accusant les congressistes qui avaient déjà annoncé leur vote pour la dérogation de "céder au chantage par peur". Mais ses pressions n’ont pas pu changer le cours des choses au Congrès. Vendredi a été une mauvaise journée pour le président péruvien. Tandis que le Congrès débattait la dérogation des lois pour lesquelles il avait décidé de tout jouer et que son échec était déjà annoncé, Garcia a été reçu par des sifflets et des pierres à Chiclayo, ville de la côte nord du Pérou, où il s’était rendu pour inaugurer des infrastructures routières. Garcia a du abandonner Chiclayo sans pouvoir inaugurer les oeuvres. La protestation de Chiclayo n’a rien eu à voir avec les terres des indigènes, mais avec la revendication d’augmentation de salaires des employés publics du secteur de la santé et représente l’étendue du mécontentement social contre le gouvernement.

Mais le président péruvien n’a pas été le seul qui a essayé de changer l’histoire d’un vote qui depuis deux jours était déjà annoncé défavorable pour le gouvernement. La Confédération d’Institutions Patronales Privées (Confiep), le pricipal syndicat des entrepreneurs, a émis avant le vote du Parlement un communiqué en exigeant du Congrès la ratification des lois controversées sous l’argument que leur dérogation "enfoncera le pays dans l’anarchie". Mais au final, le pouvoir politique et le pouvoir économique ont perdu en face des indigènes qui ont défendu leurs terres avec leurs lances, arcs et flèches. Un fait qui n’avait jamais été vu auparavant dans l’histoire du Pérou.

Article tiré du site Altermonde-sans-frontières

Repost0
14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 01:04

 

Au milieu du XIXème siècle, l'Irlande sous domination britannique a testé en vraie grandeur les principes libéraux énoncé par Adam Smith, Jeremy Bentham et Thomas Malthus. Bilan: 1,5 million de morts et 2,5 millions d'émigrés.

 

Le vendredi 13 juin 2008, cette même Irlande rejette le projet de constitution Européen, qui n'est rien d'autre qu'une liturgie du libéralisme dans le droit sillon des Etats-Unis.

 

Pour bien comprendre ce qui s'est passé au milieu du XIXème siècle, je vous conseille la lecture d'un article d'Ibrahim Warde datant de juin 1996: Quand le libre-échange affamait l’Irlande. Voici ce que vous pourrez notamment y lire: "En août 1847, en pleine « année noire» («Black 47»), au cours de laquelle 18,5 % de la population irlandaise vont périr, Lord Clarendon, représentant du gouvernement en Irlande, résume le dilemme de ce dernier en s’adressant au premier ministre : «Nous serons critiqués quoi qu’il arrive : si nous les laissons vivre, les économistes nous critiqueront ; si nous les laissons mourir, les philanthropes nous critiqueront. Quel camp choisissez-vous ?» Pour sa part, Sir George Gray, ministre de l’intérieur, déclare : «Il se pourrait que le gouvernement soit blâmé parce qu’il laisse les gens mourir, mais nous serons critiqués beaucoup plus sévèrement si nous avançons des fonds publics.»".

 

"Dans l’histoire de la libéralisation des échanges commerciaux, la famine irlandaise est généralement réduite à une parenthèse, dans la mesure où elle fut le prétexte qui obligea les derniers récalcitrants à accepter l’abolition des droits de douane."

 

Aujourd'hui, c'est une famine mondiale qui se profile. Autre temps, mêmes dogmes, autre échelle!

 

"Nous sommes convaincus que les réformes contenues dans le traité de Lisbonne sont nécessaires pour rendre l'Europe plus démocratique et plus efficace et qu'elles lui permettront de répondre aux défis auxquels sont confrontés ses citoyens". Voilà le message des "représentants" des 18 Etats-Membres signataires...

 

Quelle hypocrisie! Le smog libéral est tel qu'ils ne savent plus ce démocratie signifie. Dans démocratie il y a dêmos pour le "peuple" et krátos pour le "pouvoir", "la souveraineté". Ca signifie donc, la "souveraineté du peuple".

 

Où est "la démocratie" alors que le traité soi-disant modifié à été ratifié en douce par 18 Etats-Membres le 13 décembre 2007 en fin d'année et préparatif de fête et sans grand bruit médiatique? Après signature des ploutocrates convaincu, le paquet fumant est prêt pour les hésitants. Après tant de travail et de signatures, un refus passera facilement pour anti-constructif et malvenu...

 

Et pourtant, que ce soit sur le fond comme sur la forme, ce traité constitutionnel Européen est désespérément complexe, honteux et hypocrite. C'est un traité pour la ploutocratie (TRAITE DES PLOUTOCRATES) et non pour la démocratie. 

 

Sur la forme

Le principal auteur de la Constitution : "Une dernière trouvaille consiste à vouloir conserver une partie des innovations du Traité constitutionnel, et à les camoufler en les faisant éclater en plusieurs textes. Les dispositions les plus innovantes feraient l'objet de simples amendements aux traités de Maastricht et de Nice. Les améliorations techniques seraient regroupées dans un Traité devenu incolore et indolore. L'ensemble de ces textes serait adressé aux Parlements, qui se prononceraient par des votes séparés. Ainsi l'opinion publique serait-elle conduite à adopter, sans le savoir, les dispositions que l'on n'ose pas lui présenter "en direct !" Valéry Giscard d'Estaing, Le Monde, 14 juin 2007

Le principal auteur de la Constitution "Ce texte est en fait, le retour d'une grande partie de la substance du Traité Constitutionnel" Valéry Giscard d'Estaing, The Daily Telegraph, 27 juin 2007

Le Parlement européen "se félicite (...) que le mandat préserve en grande partie la substance du traité constitutionnel" Article 8 de la résolution adoptée par le Parlement européen le 11 juillet 2007 – Rapport Leinen A6-0279/2007

La Commission européenne "C'est essentiellement la même proposition que l'ancienne Constitution" Margot Wallstrom, Commissaire européen, Svenska Dagbladet, 26 juin 2007

Plus d'informations dans le bulletin de janvier 2008 du site www.societal.org

 

Sur le fond

Ce serait vraiment trop long à énumérer mais vous pouvez consulter le traité sur le site www.traite-de-lisbonne.fr

Je ne vais citer ici que l'article 56 et 108 sur la libre circulation des capitaux et sur le pouvoir des banques, mais il y aurait des tonnes de choses à dire sur la libre circulation des travailleurs, les politiques relatives à l'asile et à l'immigration ("directive retour") ou celles relatives à l'agriculture (PAC) et la pêche…

 

L'article 56

1. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les Etats membres et entre les Etats membres et les pays tiers sont interdites.
2. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux paiements entre les Etats membres et entre les Etats membres et les pays tiers sont interdites.

 

L'article 108

Dans l’exercice des pouvoirs et dans l’accomplissement des missions et des devoirs qui leur ont été conférés par les traités et les statuts du SEBC et de la BCE, ni la BCE, ni une banque centrale nationale, ni un membre quelconque de leurs organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions, organes ou organismes de l’Union, des gouvernements des Etats membres ou de tout autre organisme. Les institutions, organes ou organismes de l’Union ainsi que les gouvernements des Etats membres s’engagent à respecter ce principe et à ne pas chercher à influencer les membres des organes de décision de la Banque centrale européenne ou des banques centrales nationales dans l’accomplissement de leurs missions.

 

En d'autre terme, l'article 56 est une ode à la libre circulation des capitaux spéculateurs et destructeurs. Aujourd’hui, seul 2 % des transactions financières mondiales concernent l’échange réel de biens et de services ; 98 % des transferts d’argent ont lieu à des fins spéculatives (Margrit Kennedy). Et l'article 108 donne pleins pouvoir aux banques. Le tout parfaitement cadenassé sans aucun moyen d'action ou de correction des Etats, du peuple, du politique. Comment ne pas frémir à la lecture de ces deux articles suite à la crise du "subprime" qui secoue encore l'économie mondiale?

 

Les tenants de l'autonomie bancaire augureront que la liberté d'émission par des Etats ou le politique pratiquée par le passé eut des résultats hyper-inflationnistes (Voir Monnaie et inflation: Question Réponses). Ah, voilà le spectre inflationniste qui vient nous hanter, comme un revenant. Mais l'inflation, Messieurs les monétaristes et les libéraux, ce n'est que l'addition de toutes les variables que les économistes ont oublié de mettre dans leurs modèles.

 

Vu le caractère vital d'une monnaie pour une société (DOGME4 et DOGME5) il est essentiel que sa gouvernance revienne au politique et non à une bande de banquiers avides. L'argent est le sang du corps de l'humanité et son contrôle ne devrait relever que de la tête (politique) et non de l'un de ses organes (banque)! Car en ce cas, même si la tête n'en fait qu'à sa tête, guidé par un idéal humaniste et démocratique, il sera toujours possible de changer pour une tête plus sage et plus représentative de nos vertus et non de nos vices.

 

Ce NON au traité de Lisbonne ne va rien changer dans les faits puisque la grande majorité des articles existent déjà dans les autres traités et qu'ils sont déjà indéboulonnables (l'article 108 du traité de Lisbonne par exemple n'est qu'une transcription de l'article 104 du traité de Maastricht: www.fauxmonnayeurs.org).

 

Cependant, d'une manière moins spectaculaire que les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, ce NON est une victoire hautement symbolique pour l'Europe et la démocratie!

 

Petit à petit, le citoyen Européen prend conscience que la construction Européenne n'est qu'un subtil miroir d'une Amérique pro-libérale, terriblement énergivore, polluante et profondément meurtrie par la perte de ses acquis sociaux.

 

Pour conclure, j'aimerais reprendre un passage d'un texte d'Attac sur le traité constitutionnel.

Le document de la Convention institutionnalise la concurrence comme voie essentielle d’allocation des ressources. Pour marteler ce dogme, il rappelle à quatre reprises que la politique économique est conduite VERS UN TRAITÉ CONSTITUTIONNEL EUROPÉEN "conformément au respect du principe d’une économie de marché où la concurrence est libre". Toutes les autres politiques sont subordonnées à ce principe.

 

Un autre article sur Agoravox: Merci aux Irlandais qui ont dit non à l’« Europe des élites » ?

Repost0
14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 02:06

"La domination qu'exercent les moines du Tibet est absolue. C'est l'exemple type de la dictature cléricale". Heinrich Harrer, "Sept ans d'aventure au Tibet".


"Jamais n'a existé un pouvoir théocratique aussi puissant et aussi riche dans le monde. C'était incomparable avec ce qui se passait chez nous au Moyen-Âge où les monastères devaient se faire une petite place à l'ombre des châteaux forts." Elisabeth Martens, 20 ans au Tibet.


"Les violences qui ont eu lieu à Lhassa le 14 mars 2008 ont été perpétrées par des groupes de manifestants tibétains. Les agressions visaient les Chinois (les Han) et les Hui, majoritairement des Musulmans. Des personnes ont été incendiées vives, d'autres ont été battues à mort, déchiquetées au couteau ou lapidées." Témoignages concordants des étrangers présents sur place.


"Le Tibet devient stratégiquement et idéologiquement important. Puisque l'indépendance du Tibet peut servir la lutte contre le communisme, il est de notre intérêt de le reconnaître comme indépendant (…) Toutefois, ce n'est pas le Tibet qui nous intéresse, c'est l'attitude que nous devons adopter vis-à-vis de la Chine" rapport de l'Office des Affaires Etrangères des Etats-Unis en avril 49.


Quelques faits

La rébellion armée, qui démarre du monastère de Litang, s'étend par vagues jusqu'à Lhassa, où a eu lieu la plus importante, celle qui a été écrasée par l'Armée rouge en 1959. Suite à cet événement, il était de grande importance pour les Etats-Unis d'amener l'opinion publique à croire qu'il s'agissait d'un génocide, c'est pourquoi le chiffre de 1,2 million de morts a été avancé par les autorités du Bouddhisme tibétain en exil. Plusieurs études démographiques ont démontré par la suite que ce chiffre a été inventé de toute pièce.


En outre, le Tibet n'a jamais été reconnu comme "pays indépendant". Au 13ème siècle, le Tibet est annexé à la Chine par les Mongols, et au 18ème les Mandchous ont divisé leur empire chinois en 18 provinces, dont la province tibétaine. Fin du 19ème, l'empire britannique envahit le Tibet et y installe ses comptoirs de commerce.

Cela se passe sous le règne du 13ème Dalaï Lama, qui voit dans l'occupation anglaise du Tibet une opportunité pour revendiquer l'indépendance. Il se base pour cela sur ce qu'il a appelé le "Grand Tibet" : un territoire qui équivaut à cinq fois la France, quasi le tiers de la Chine, et qui correspond plus ou moins (parce qu'il n'y avait pas de cartes à l'époque) à ce qu'était le Tibet à la fin de la dynastie des Tubo, au 9ème siècle. C'est comme si maintenant on revendiquait l'empire de Charlemagne!


Et la "répression chinoise" alors?

La pratique religieuse est loin d'être réprimée. Il faudrait être vraiment de mauvaise foi pour prétendre le contraire! Ou bien, il faut n'avoir jamais été au Tibet. Dans l'enseignement, le bilinguisme est obligatoire et pratiqué dans toutes les écoles que nous avons visitées (primaires, secondaires et supérieures) ; des instituts de tibétologie ont été ouvert à l'intention des jeunes tibétains (ou autres) qui désirent approfondir l'étude de la culture tibétaine : y sont donnés des cours de langue, de médecine, de théologie, de musique et danse, de pratiques artisanales, etc.


Que dit le droit international? "Chaque pays a le droit d'utiliser la force contre des mouvements d'indépendance qui vise à la division du dit pays". Imaginez le foin que cela ferait en France si le mouvement séparatiste corse se mettait à incendier des passants français en plein Ajjacio!


Ce qui est interdit et sévèrement puni est toute tentative de "séparatisme", ou de division de la Chine. Cela peut être des actes qui paraissent anodins chez nous, comme porter le drapeau tibétain en rue (drapeau qui a été inventé en 59, lors de l'exil, et qui a donc une couleur politique), ou distribuer des tracts en rue, ou distribuer la photo du Dalaï Lama (qui est une effigie politique), ou organiser des manifestations, etc. Pour ce genre d'actions, il y a très rapidement (trop rapidement sans doute?) arrestation, et parfois emprisonnement. La Chine est drastique à ce sujet parce qu'elle sait que le soutien à ce mouvement pour l'indépendance du Tibet est énorme, que ce soutien vient de l'Occident et vise la division de la Chine. Le contentieux ne concerne pas tant les six millions de Tibétains de Chine face à la Chine, mais c'est un contentieux qui oppose la Chine à l'Occident et qui s'exprime par le malaise économique que connaît actuellement le Tibet.


Qu'on dise chez nous que la Chine est "répressive", d'accord dans une certaine mesure, mais expliquez-moi comment il se fait alors que proportionnellement elle compte cinq fois moins de prisonniers qu'aux Etats-Unis? Qu'on dise chez nous que la Chine est "totalitaire" : d'accord pour dire qu'elle reste communiste, mais est-ce automatiquement synonyme de "totalitaire"? D'ailleurs, ce qui nous gêne, ce n'est pas tant qu'elle soit communiste, mais c'est qu'elle protège son "territoire économique" : ni les Etats-Unis ni l'Union Européenne ne peuvent y faire ce qu'ils veulent à leur propre guise, et cela ne plaît pas du tout aux multinationales. Les investissements étrangers en Chine ne dépassent pas 3% : ce n'est pas un beau cadeau pour nos multinationales!


Pourquoi un tel sentiment pro-Tibétain en occident, notamment dans les médias?

L'opinion publique suit les médias et les médias obéissent aux intérêts économiques. Ne vit-on pas dans une dictature économique chez nous? La censure est aussi réelle ici qu'ailleurs, mais mieux camouflée. En Occident, on n'est pas enfermé en prison pour ses opinions, mais bien dans sa tête, puis dans la maladie qui en résulte. Je me demande parfois ce qui vaut mieux. Donc votre question réelle devient : "comment expliquer le sentiment pro-tibétain véhiculé par notre système économique"? Ni les Etats-Unis, ni l'Europe n'apprécient les avancées fulgurantes de la Chine sur la scène internationale. Tous les coups sont bons pour la contrecarrer : "Il faut foutre le bordel pendant les JO à Pékin!" crie Cohn-Bendit dans son discours en séance plénière à propos du comportement que l'Union Européenne doit adopter face à la Chine. Ceci, pas même une semaine après les événements qui ont enflammé le cœur de Lhassa! C'est assez monstrueux, mais cela démontre par "a+b" que le "grand monde de la diplomatie et du trust financier" n'a cure du Tibet, ce qui lui importe c'est "foutre le bordel en Chine".


Comment faire avaler cette pilule au grand public occidental, en ne perdant surtout pas l'approbation des intellectuels? Pour cela, on fait appel à Sa Sainteté qui par son sourire de neiges éternelles ferait fondre un chat devant une souris. Le Bouddhisme tibétain ne s'est-il pas habillé de ses plus beaux atours pour séduire un Occident "en vide de valeurs spirituelles"? Entré chez nous en surfant sur la vague du "retour aux sources" des années 70, il ne lui fut pas difficile de se faire passer pour le dharma, présenté à nous comme un "athéisme spirituel", une philosophie de vie, un mode d'être, une thérapie intérieure, etc., bref, tout sauf une religion.


Or, si on y regarde d'un peu plus près, le Bouddhisme du Bouddha est déjà une religion puisqu'il propose une transcendance : un au-delà des souffrances résultant de nos limites physiques et temporelles. Est-ce qu'un au-delà, ou une transcendance, n'implique pas une foi? Le Bouddhisme tibétain est encore plus une religion, puisqu'il a réintroduit des dogmes, dont le plus fameux : la réincarnation, justement celui contre lequel s'est insurgé le Bouddha en personne! La réincarnation a été remise à l'honneur par le Bouddhisme tibétain au 14ème siècle, pour pouvoir officialiser la succession de l'héritage spirituel, temporel et, surtout, matériel d'un Rinpoché (ou responsable de monastère) vers le suivant, par le système des tulkous (qui compte avec la croyance en la réincarnation). Etre responsable d'un monastère au Tibet à l'époque féodale, c'était être grand propriétaire foncier : les terres, et les biens sur ces terres, y compris les serfs, appartenaient au monastère. Cela explique pourquoi il y eut tant d'assassinats dans les rangs du haut clergé tibétain et de guerres entre les différentes écoles du Bouddhisme tibétain.


Bref, le Bouddhisme, grâce à son caractère très plastique s'est adapté aux différents environnements où il a élu domicile, que ce soit au Tibet, ou au 20ème chez nous... où Sa Sainteté le Dalaï Lama se plait à nous servir quelques louches de démocratie, avec une cuillère à soupe de Droits de l'homme, et autant de liberté d'expression, à mélanger consciencieusement à une bonne pincée de tolérance et de compassion bouddhistes, et on obtient une pâte bien lisse prête à enfourner dans les hauts fourneaux médiatiques pour en faire une succulente tarte à la crème! Que le Bouddhisme s'adapte, c'est un signe de bonne santé! Ce qui est beaucoup plus malsain, c'est un Dalaï Lama qui fait passer le Bouddhisme tibétain pour une non-religion (une philosophie) de tolérance et de compassion dénuée d'implications politiques. Là, il y a vraiment de quoi s'esclaffer (bien que ce ne soit pas une bonne blague)!


Extrait d'un entretien avec Elisabeth Martens auteur du livre "Histoire du Bouddhisme tibétain, la Compassion des Puissants", L’Harmattan 2007.


Voir aussi

* Le mythe du Tibet

* Bio branchés, BT-light ou dalaïstes convaincus : de quelle gauche s'agit-il?

* Dalaï Lama et Waffen SS

* Mon collègue revient de Chine et…

* Je ne suis pas d'accord avec le boycott des J.O. et la propagande anti-chinoise

* 5 questions à propos du soulèvement du Tibet

* Quelles issues pour la crise Chine-Tibet?

* La CIA sponsor du Dalaï Lama

* La "démocratie", la parure trompeuse du Dalaï-Lama

Repost0

Liens

A lire

1) Manuel d’anti-économie

2) Transition écologique & économique

3) Le retour du puritanisme au travail

4) Le désir comme désir de l’Autre

5) La Décroissance, l’Argent et Moi

6) Argent, Richesse, Valeur

 

Vie Pratique, Autonomie

AUTARCIES

ECOCLASH (voir Liens)

TERRA MATER

HABITER-AUTREMENT

ECO-BIO.INFO

EAU-tarcie (H20)

RAFFA : le grand ménage

 

Transition > POST-CAPITALISME

Villes en transition

Transition Monétaire

Transition Politique (Politique Simultanée)

Transition Culture

Eco-villages

Créatifs Culturels

Simplicité Volontaire

Demarche.org

Decroissance.org

REVOLUTION LENTE

 

Belgique

RESPIRE asbl

GRAPPE asbl

TETRA asbl

FINANCITE

Se changer soi

Amis de la Terre

Objecteurs de croissance

Nature et Progrès

Nature & Progrès Bruxelles

Ligue des optimistes

CETRI

CADTM

Confluence

Habitat Groupé

Classes de Terre

Ca passe par ma Commune

Groupe de Travail sur la Monnaie

Frère Albert

Maisondd.be (dd humain)

 

France

Plus Conscient 

Pièces et Main d’Œuvre

Dialogue en Humanité

Blog monde diplomatique

On peut le faire

Réseau éco-villages

Sentinelles de la république

 

Blog France

Jean ZIN

Pierre RABHI

Frédéric LORDON

Emceebeulogue

Fortune

 

Favoris

THEOGNOSIS (n'existe plus)

Sortir de l'Economie

INVENTIN

DONDE VAMOS

ECOPHILOPAT

NOS LIBERTES

INVENTERRE

MIIRASLIMAKE

MONOLECTE


Economie

Economistes Atterrés

ECONOSPHERES

Bioéconomie.net

SOCIETAL.org

the New Economic Foundation

 

Management

Mortel Management

 

Politique - Société

Politique Simultanée

Mouvement CiTerrien (MCT)

Alliance21 (monde responsable, pluriel et solidaire)

 

Alliance for a New Humanity


Monnaie (concept)

monnaie.wikispaces.com

www.bioeconomie.net

SystemeMonetaire.be

CreationMonetaire.info

MonnaieFondante.canalblog.com

GTMonnaie.be

Alter-Europa.com

Club-Robin.org

Sel-Terre.info

 

Monnaie (alternative)

Monnaies Locales Complémentaires

ALOE (alliance pour une économie plurielle et solidaire)

money.socioeco.org/fr/ (devenu ALOE)

www.appropriate-economics.org/

www.complementarycurrency.org/

www.digitalmoneyforum.com/

www.reinventingmoney.com/

grit-transversales.org/

Thetransitioner.org

Open Money

www.regiogeld.de (regio Allemagne)

transversel.apinc.org (SEL France)

brusel.be (SEL Bruxelles)

 

 

Climat

Manicore (Jancovici)

 

Pic Pétrole

Oleocene

 

Santé

Pharmacritique

Info Michel Dogna

Votre Sante

 

Planète

Terre Sacrée

LiberTerre.fr

Terre & Humanisme

 

Agriculture – Nature

Semences Paysannes

Kokopelli

Cheminfaisant2005.net

BRF - Bois Raméal Fragmenté

Permaculture

Masanobu Fukuoka

Plantes sauvages

 

Conscience

Alliance21

Fondation Diagonale

Trilogies

LeTransmuteur.net

Nous-les-dieux

Sens de la Vie

Zone7.net

Pas ça !

 

Manipulations

Le pouvoir mondial

SYTI.net

Prise de conscience.org

Les mots ont un sens

 

Info

MichelCollon.info

Mondialisation.ca

Grain (Agriculture)

ContreInfo

News Of Tomorrow

Monde Diplomatique

Decroissance.info

Futur Quantique

Le Grand Soir

 

TLAXCALA

Global Research

AlterInfo

RISAL (Am. Latine)

Congo Forum (Afrique)

Medium4You (Belgique)

Agoravox (France)

Marianne2.fr (France)

Rue89 (France)

 

Livres

Ecophilopat

Syti

Inventin (pdf)

Nous-les-Dieux (pdf)

Ecosociété

 

Editions

La plume de feu (Aude)

Yves MICHEL

Souffle d’Or

Charles Léopold Mayer

Aden

Syllepse

du Cerf

Ecosociété

La découverte

Le Relié

Sang de la Terre

Alter-Europa.com

Penser Librement.com

 

Autres liens

Contre la pensée unique

Freemen

Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que :
• le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
• s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».



Au delà, comme le nom “Freemen” l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut sur son blog. L’ensemble de ces contenus doit petit à petit former une nouvelle “chaîne”, un nouveau “journal”, chacun parlant de politique, mais aussi, d’art, de ciné, de tout.

153 blogs freemen