Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
Un Texte de Junon MONETA www.alter-europa.com
Pratiquement partout dans le monde, les « responsables » politiques, les gouverneurs des banques centrales et les institutions internationales ont volé au secours de la Haute Finance, à savoir les banques commerciales (IFM en Europe), les banques d’affaires, les assureurs, les réassureurs et les fonds communs de placement. Ils ont recapitalisé (capitaux directs et/ou quasi-directs) ces entreprises privées de la Haute Finance avec des fonds publics pour environ 2.000 MD$ dans le monde après avoir encouragé l’empilement de risques démesurés au sein du système monétaire et financier pendant plus de trente ans.
Un seul homme s’est comporté de manière exemplaire dans ces milieux : Dominique STRAUSS-KHAN, directeur du Fonds Monétaire International. Il a toujours dit la vérité, il a toujours défendu le point de vue des peuples oubliés, il a mis en avant le risque d’une grande dépression et d’un protectionnisme guerrier. Pour éviter le pire, il a voulu « changer les choses » en matière de gouvernance et de surveillance des pratiques financières sans obtenir les moyens d’action nécessaires.
A contrario, tous les responsables européens (politiques, monétaires et financiers) ont nié ces problèmes jusqu’à la fin septembre 2008 mais, devant l’évidence d’une faillite pure et simple du système bancaire, les Etats de l’Euroland n’ont cessé d’apporter leur contribution réelle ou déguisée au capital des banques pour +250 MD$ (200MD€). Cela ne suffisait pas : ils ont dû garantir toutes les transactions interbancaires pour +2.000 MD$ (1.500 MD€). Depuis lors, ces monstres de la Haute Finance acceptent à nouveau de se faire confiance entre eux, et tout le monde est « rassuré ».
La confiance ? Seulement entre eux... Certes, les marchés de crédits interbancaires fonctionnent à nouveau mais la Haute Finance traîne des pieds pour acheter de nouveaux Bons d’Etat, donc pour prêter de l’argent aux Gouvernements qui les ont sauvés de la faillite… Bien entendu, les entreprises, autres que celles qu’ils contrôlent parfaitement, sont écartées du « marché des crédits et des prêts » et doivent s’adresser à leurs filiales, les Sociétés de Crédit, à des taux bien plus élevés que le taux directeur qui fait l’objet de tant de commentaires inutiles. Les dépôts de bilan, les licenciements sauvages et la misère sociale deviennent la règle, justement à cause de ces grands prédateurs qui tuent nos emplois et nos vies avec la complicité des Etats.
Mieux, les gouvernements eurolandais ont dû garantir tous les dépôts des résidents et des non-résidents pour que ceux-ci ne retirent pas leur argent du système bancaire et des systèmes d’assurance. Coût réel de l’opération si la méfiance s’emballait, uniquement à ce niveau-là? Vingt-mille milliards d’euros à fin 2007 (±25.000 MD$) et plus de vingt-trois mille milliards d’euros à fin 2008 (±29.000MD$).
Le système néolibéral est cliniquement mort depuis la fin du mois d’août 2006, début de la crise des crédits « subprime », mais les Ministres des Finances en Europe et les Secrétaires au Trésor aux Etats-Unis s’acharnent pour sauver les plus grands escrocs du système!
Toutes les interventions des pompiers incendiaires, encensés de façon outrancière par des médias aux ordres, ont produit l’effet contraire de ce qu’ils recherchaient : la méfiance vis-à-vis des banques et des assureurs a augmenté (chute vertigineuse de leur valeur boursière et hausse de l’or). En corollaire, toute l’Economie Réelle est infestée par les métastases de ce cancer monétaire, financier et finalement politique au point que les fonds publics sont partout nécessaires : dans l’automobile, dans la construction, dans les transports... En fait, le cancer est partout ! Pour la seule Zone Euro, les entreprises cotées ont perdu plus de 2.500 milliards d’euros entre la fin janvier 2007 et la fin décembre 2008, une situation qui traduit très partiellement le blocage total de l’Economie Réelle. En effet, seuls les grands groupes économiques et financiers établis en Zone Euro sont répertoriés dans ces statistiques officielles.
Malgré les résultats insolents des groupes pétroliers (de l’ordre de 150 MD$), l’impact global sera - pour la seule Zone Euro - une perte globale de 10.000 MD€ (13.000 MD$), une année complète de PIB, alors que pour l’ensemble du monde, les pertes seront probablement de 50.000 MD$.
L’EURO PROTECTEUR? La bonne gestion de l’euro par J.C TRICHET et par tous les Hauts Fonctionnaires des banques centrales nationales? Bien au contraire, c’est un véritable désastre auquel nous assistons, et c’est toujours l’impunité totale qui protège ces « irresponsables »…
Beaucoup de commentateurs n’ont toujours pas fait la différence entre les concepts de « capitalisme », de « libéralisme » et de « néolibéralisme ». Et donc, ils font tous les amalgames inimaginables entre les causes et les effets de cette Grande Crise que nous sommes en train de vivre.
D’un côté, les partis d’extrême-gauche se disent « anticapitalistes » et annoncent toujours « le Grand Soir ». D’un autre côté, Alain MINC, le bonimenteur de service, nous dit que : « Tel le Phoenix qui renaît toujours de ses cendres, le capitalisme survivra ». Enfin, les économistes médiatisés parlent du néolibéralisme comme d’un « futur capitalisme à visage humain » réglementé à l’échelle mondiale, alors que ce système est cliniquement mort depuis août 2006.
En réalité, le néolibéralisme est un très vieux système puisqu’il était déjà en vigueur en Grèce Antique (voir notre premier livre sur le site d’ALTER-EUROPA). Malgré les réflexions des plus grands philosophes de l’Occident (Socrate, Platon et Aristote) et malgré le courage d’Aristophane (auteur de pièces satiriques très populaires), ce système a conduit la Grèce à sa disparition totale il y a vingt-trois siècles.
Il faut donc comprendre en quoi ce « système des nouvelles libertés » réunit les conditions nécessaires et suffisantes pour faire disparaître notre propre civilisation occidentale en très peu de temps, en Europe et aux Etats-Unis… Et donc, Alain MINC a raison, le capitalisme renaîtra de ses cendres… sur d’autres continents… puisque nous sommes incapables de lutter contre le pire poison de toutes les civilisations : « la cigüe de Socrate ».
En effet, toutes les grandes civilisations (qui nous ont laissé des traces écrites) sont mortes de la même façon : la Grèce Antique « démocratique », l’Empire des grandes conquêtes romaines, et finalement toute l’Europe du Sud (Italie du Nord, Espagne et Portugal) qui a préféré les trésors du Levant, de l’Inde, de l’Amérique, de l’Asie… L’Europe du Nord a elle-même évité la sanction suprême grâce à l’Amérique de Roosevelt et à son programme post-mortem, le plan MARSHALL.
Tous ces grands foyers de civilisation ont tous connu les mêmes formes de prédation, toujours les mêmes, qui ont conduit les peuples à la MISERE, un concept développé par Aristophane pour le distinguer de la PAUVRETE. C’est finalement ARISTOTE qui a « débusqué » le concept ultime pour expliquer et pour combattre ce désastre (voir le livre I).
Pour isoler ce « nouveau système » de tous les autres « systèmes de gouvernance », il faut d’abord identifier les prédateurs, toujours les mêmes : les financiers, les grands propriétaires fonciers et immobiliers, les commerçants internationaux (multinationales peu scrupuleuses) et les grands distributeurs (Grandes et Moyennes Surfaces).
Leurs pratiques sont toujours les mêmes, elles aussi : l’affaiblissement des Etats avec la complicité des Hauts Fonctionnaires, les éternels « jamais élus, jamais responsables, jamais coupables ». Et donc, même si les passe-droits, la fausse monnaie et le pillage du Bien Public ont toujours été les moyens privilégiés pour imposer une oppression et une répression des peuples, le « système des nouvelles libertés » utilise d’autres armes bien plus destructrices. En effet, pour bien affaiblir les Etats, le néolibéralisme a privatisé la monnaie, il l’a rendue abondante, il l’a concentrée dans les mains de quelques élus (des hauts fonctionnaires devenus de puissants financiers) mais il a surtout obtenu l’ouverture inconditionnelle des frontières pour exploiter tout le potentiel des paradis fiscaux, des paradis sociaux et même des paradis judiciaires.
En créant une « pénurie de travail » sur le sol national, et donc en puisant de la main d’œuvre bon marché dans un « vaste réservoir mondial d’esclaves », contrôlé par les pires dictatures de la planète, les multinationales, inféodées à la Haute Finance, importent des produits et des services à « prix cassés » pour les revendre avec les plus grands bénéfices, et donc pour concurrencer et pour détruire les entreprises les plus « loyales ».
La recette a d’abord été appliquée timidement par le biais des sous-traitances mettant à genoux les PME-PMI nationales et régionales, puis avec les « délocalisations » dans le cadre de ce merveilleux projet de « mondialisation heureuse ». Toutes ces recettes ont fait la richesse des groupes de la grande distribution et celle des groupes d’équipement des ménages. Peu à peu, les GMS ont imposé leurs « fausses marques » à tous les secteurs : l’alimentaire, l’électroménager et tous les biens durables (équipement de la maison) avec des produits fabriqués en Europe Centrale, en Europe de l’Est, en Turquie et surtout en Chine.
Même TOTAL et les Majors du Pétrole (plus de 150 milliards de dollars de profits nets en 2008) préféraient embaucher des Portugais et des Polonais sous-payés au Royaume-Uni (avant une révolte des Anglais), et ils n’hésitent toujours pas à réquisitionner les armées des pires dictatures pour « protéger » leurs investissements dans les pays à risques.
Une autre recette pour affaiblir les Etats consiste à refuser l’harmonisation des règles sociales, des règles fiscales, des contraintes de réciprocité et d’équilibre dans les échanges extérieurs. L’Union Européenne a « institutionnalisé » et justifié cette absence de règles dans son projet de Constitution, dont le traité de Lisbonne en est la version la plus récente. L’Union Européenne veut donc une mondialisation du commerce (OMC) et de la Défense (OTAN), une liberté toujours plus grande des flux financiers entre « les gens de bonne compagnie » vers les paradis fiscaux, une concurrence sociale entre les populations et bien sûr un accès monopolisé à plus de financements privés (BCE)… Les marchés intérieurs deviennent des zones de racket organisé pour voler à toutes les populations leur droit de subsistance et leur droit à l’existence.
Les prédateurs ont gagné beaucoup d’argent avec ce système mais ils ne survivront pas, tout simplement parce que, par égoïsme et par cupidité, ils ont « oublié » la règle de base d’une Economie de Marché florissante. Le « marché » est en effet un vaste « circuit de revenus et de dépenses » (KEYNES) qui ne peut résister très longtemps aux fuites extérieures et à l’appauvrissement continuel des acheteurs proches et plus lointains. La désertification économique? C’est loin d’être un concept vide de sens : ARISTOPHANE en avait parlé il y a vingt-quatre siècles, et c’est exactement de cette façon que le « néolibéralisme sauvage» a creusé la tombe des « ploutocrates » grecs, romains et méditerranéens : par la mort économique de leurs clients les plus proches et les plus lointains…
En fait, nos « ploutocrates modernes » sont déjà cliniquement morts mais nos gouvernements pratiquent un acharnement thérapeutique de plus en plus démesuré pour les sauver. Mieux, avec les armes qui les ont portés aux nues (marché des capitaux), ils sont en train de s’autodétruire à la vitesse « V ».
D’abord, l’objectif : nous devons « sortir de cette grande crise » et donc remettre nos populations sur le chemin de la création collective de richesses, immatérielles bien plus que matérielles.
Ensuite, les moyens : nous devons impérativement changer l’Europe et changer l’Euro pour y parvenir dans les plus brefs délais. La première condition est donc de changer le système politique, le système monétaire et le système financier en écartant tous les mandarins qui nous gouvernent.
Pour réaliser cet objectif de sortie de crise, il faut changer les élites du système. Mieux, il faut surtout changer la mentalité de nos dirigeants, les choisir en fonction de leurs capacités à exercer des fonctions d’animation, et non plus des fonctions d’oppression et de répression au service des plus grands corrupteurs. Or, avec ou sans leur consentement, il nous est possible de fixer les règles du jeu qui les maintiendront sur le rail de l’honnêteté, de l’efficacité et de l’efficience. Il suffira donc de décliner ces valeurs philosophiques partout au sein de notre Société : dans tous nos systèmes, dans toutes nos administrations, dans toutes nos organisations.
ARISTOTE a décortiqué ces valeurs, sans pouvoir les décliner au sein de la société grecque (livre I) car il fut menacé d’un procès et d’une mort semblables à ce que vécut SOCRATE. Rien n’est un hasard : ARISTOTE avait mis le doigt sur le vrai mal et sur le vrai remède. Malheureusement, il dût fuir Athènes dans la plus grande précipitation et c’est la Grèce tout entière qui sombra corps et biens dans la foulée. Un sort funeste que nous devons éviter pour notre propre Civilisation en agissant rapidement !
Merci de réagir, et surtout de faire réagir le plus grand nombre d’entre nous,
ALTER-EUROPA
Pour une Autre Europe…
Et (bien sûr) pour un Autre Euro…
JUNON MONETA
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