Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
Pas moyen de louper le dernier bouquin de Jacques ATTALI « La crise, et après ? ». Il fait partie des best-sellers et se retrouve bien en évidence dans toutes les librairies. Curieux, en me baladant à la Fnac, je l’ai quand même feuilleté. Seule la conclusion du livre a retenu toute mon attention :
« Profitons de cette crise pour prendre conscience de 4 vérités simples mais trop souvent oubliées et qui tiendront lieu de principales conclusions à tout ce qui précède.
1. Chacun, laissé libre de le faire, va au bout de ce qui peut servir ses intérêts même au détriment de ceux de ces propres descendants
2. L’humanité ne peut survivre que si chacun se rend compte qu’il a intérêt au mieux-être des autres.
3. Le travail, sous toutes ses formes, surtout a visée altruiste, est la seule justification de l’appropriation de richesses.
4. Le temps est la seule denrée vraiment rare ; et celui qui contribue, par son travail, à en augmenter la disponibilité et à lui conférer sa plénitude doit être particulièrement bien rémunéré.
Si cette crise peut avoir aidé chacun à mieux s’imprégner de ces évidences qui vont bien au-delà du monde de la finance, le mal aura été, une fois de plus, source de bien ; la transgression aura été à l’origine de la maitrise. Il de viendra même possible d’espérer un monde d’abondance dont les marchés seront plus qu’une des composantes efficaces et non plus les maîtres absolus.
Un monde où les seules crises seront celles de la vie privée avec ses chagrins et ses joies, ses rassurantes routines et ses glorieuses surprises. »
Pour moi, seule la conclusion du livre vaut le détour, le reste n’est qu’une fade et rapide description séquentielle des multiples événements financiers qui ont secoué notre petit monde depuis 2007. Le livre se termine par une vision technocrate d’une monnaie gérée et assistée par GSM…
Si vous souhaitez en apprendre d’avantage sur les arcanes de la finance, je suggère plutôt :
Paul JORION, L'implosion. La finance contre l'économie: ce que révèle et annonce « la crise des subprimes » (mai 2008) que je préfère au livre La crise : Des subprimes au séisme financier planétaire (octobre 2008). Le premier est plus ancien mais plus explicatif que descriptif. Notamment sur la formation des prix et la différence entre prix naturel et prix spéculatif déjà décrit par Adam SMITH.
Ou
Frédéric LORDON, Jusqu’à quand ?
Ou
Jean-Luc Gréau, La trahison des économistes. A lire absolument à en croire tous les commentaires élogieux sur amazon.fr.
L'ouvrage est bien documenté, les analyses sont menées avec rigueur et juste ce qu'il faut de polémique.
Peut et doit être lu par tout honnête homme non spécialiste qui cherche à s'y retrouver dans le maelström actuel, et surtout, qui cherche à échapper aux analyses des"économistes" de cour qui, bien que s'étant trompés sur tout, ont quand même et encore toujours raison.
L'ouvrage se termine par quelques réflexions sur "comment en sortir" qui relèvent du simple bon sens, une fois que les fantasmes de l'économie financière et de la propagande se sont volatilisés.
Et pour ATTALI, je conseille de lire l’échange sur amazon.fr entre Latour07 et P-henri Thoreux à la suite du commentaire de Latour07 pour le livre « La crise, et après ? ». Commentaire repris ci-dessous.
Qui peut un seul instant donner quelque crédit à cet apôtre du libéralisme qui dans 300 DECISIONS POUR CHANGER LA FRANCE préconisait la duplication de l'industrie financière britannique en France, faisait l'apologie des retraites par capitalisation, vouait l'Etat et toute puissance publique aux gémonies car responsables du trouble dans l'autorégulation (mythique et fausse) des marchés ?
Pas moi.
Pourtant cet imposteur sait tromper son monde.
Le voici qui part en croisade contre les menaces devenues faits de la crise financière mondiale.
Le réveil serait dur mais pas pour le schizophrène qui dans le même instant avoue ce qu'il désavoue et inversement.
Grand maître dans l'art de jeter de la poudre aux yeux, Attali se lance dans une prétendue exégèse des causes de la crise ; heureusement que personne ne l'attendait sur ce terrain bien analysé par des économistes sérieux comme Jean-Luc Gréau dans l'excellent La trahison des économistes.
Qui ne sait en effet que les Etats-Unis sont responsables de la crise actuelle par l'implosion de la bulle financière créée par un endettement massif des ménages, des entreprises, de l'Etat ?
Qui ignore le fait que la mondialisation en privilégiant des taux de rendement élevés, anormaux du capital, a abouti aux délocalisations et à la baisse continue des salaires ?
Que le pouvoir d'achat des Américains a été maintenu uniquement grâce à la dette non remboursable aujourd'hui ? Etc.
L'imposteur Attali le découvre. Il nous prend pour des idiots.
Que préconise-t-il ? (pour les distraits qui l'écouteraient)
"Un programme d'urgence :
1/ Remettre de l'ordre dans chaque économie nationale
2/ Renforcer la régulation européenne
3/ Mettre en place un système réglementaire global
4/ Une gouvernance internationale
5/ Des grands travaux planétaires"
Le libéral Attali fait la promotion du keynesianisme, sans le nommer !
Livre sans aucun intérêt.
CONCLUSION : Vive Internet !