Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
Oups, le premier ministre Belge (Yves Leterme) vient de donner sa démission. De toute manière, Guy Verhofstadt, Yves Leterme, Didier Reynders ou un autre, peu importe, ça ne changera absolument rien à la tendance Belge et mondiale: l'application rigoureuse et inébranlable d'une politique néolibérale formatée comme un beau complet veston cravate d'un consultant du FMI… Alors, levée de rideau sur la "noble Belgique".
Il y a désormais 72.000 millionnaires en dollars en Belgique. Indépendamment de l'effet dollars, cela fait une progression de 5% en un an. [Le soir, 25 juin 2008]
Les centres CPAS (sécurité sociale) accueillent de plus en plus souvent des chômeurs, des pensionnés et même des salariés qui ne s'en sortent plus et demandent une intervention du CPAS pour payer un loyer, une facture d'hôpital, une livraison de mazout, un facture d'eau. (...) Des gens se mettent au lit à 20 ou 21 heures pour économiser du chauffage et de l'électricité. (...) Des familles remplissent le réservoir de leur voiture par 10 ou 15 litres et se mordent les doigts d'habiter une maison éloignée du centre du village. [Le Soir, 5-6 juillet 2008]
Les avoirs financiers déclarés des Belges en 2006 représentent 250% du PIB [1], soit le total le plus important d'Europe par tête d'habitant!
Nous devrions êtres les habitants les plus aisés d'Europe. Et pourtant, 15% des Belges (un sur sept) vit en-dessous du seuil de pauvreté (850 euros/mois).
Pourquoi? A cause de l'inégalité dans la répartition des revenus et dans la politique fiscale Belge. Une politique qui SURTAXE le travail (services) et les produits de consommation (TVA) et qui SOUSTAXE le capital, l'énergie et les technologies. Le système fiscal Belge contribue à la concentration des richesses. Il n'est ni égalitaire ni distributif.
=> 10% des ménages Belges possèdent 50% des actifs financiers.
=> 1% des plus fortunés (65.000) en détient 25%.
Page 18 du document PENSER AUTREMENT
JOSEPH MEYER www.vivant-ostbelgien.org
Des milliers d'exilés français et hollandais fortunés viennent chercher en Belgique divers privilèges fiscaux:
* secret bancaire (La Belgique est la seule avec l'Autriche et le Luxembourg à défendre le secret bancaire au sein de l'Europe de 15)
* exemption fiscale sur les gains boursiers
* pas d'impôt sur la fortune
* pas de taxation sur les actifs financiers (Un quart du patrimoine financier belge serait à l’étranger)
* pas de taxation équitable (incluant les revenus financiers). La réforme de l'impôt des personnes physiques (IPP) a notamment conduit à supprimer les taux d'imposition des tranches de revenu les plus élevés. Les taux de 55% et de 52,5% ont été supprimés, pour plafonner les prélèvements à 50%.
Pourquoi payer l'impôt, si tous (notamment les revenus financiers) n'y contribuent pas à la juste hauteur de leurs moyens? La réaction des contribuables allemands face au scandale du Liechtenstein, ce n'est pas autre chose.
Lorsque les libéraux soutiennent la déduction fiscale des frais de garde d'enfants, cela paraît une bonne chose. Mais en réalité, ils empêchent les pouvoirs publics de développer eux même ou de subsidier des places d'accueil pour les enfants (puisqu'en accordant des réductions d'impôts, ils réduisent les moyens publics). Ils encouragent dans le même temps les parents à s'adresser à des services privés non subsidiés en faisant prendre en charge par la collectivité (y compris les familles qui sont exclues de ces services par manque de moyens financiers) une part importante des coûts qu'ils auront à supporter! [Revue Contrastes pp. 3] Voir aussi accords PPP en Belgique
L'impôt n'est pas méchant ou destructeur, contrairement à ce que les libéraux essayent de faire passer comme message. L'impôt est nécessaire! Il est le prix de la civilisation et le fruit de nos solidarités. Il permet de redistribuer la richesse au sein de nos sociétés, de réduire la pauvreté par le financement des allocations sociales et d’investir dans un développement durable via, par exemple, de véritables services publics. Sans impôt et cotisations, nous ne pourrions jamais soutenir la Sécurité sociale, assurer l’accès à la santé, à l’enseignement, au logement, à la culture, à la recherche, aux transports et aux infrastructures nécessaires à l’ensemble des citoyens. [FSB - La Belgique, paradis fiscal pour la finance]
Malheureusement l'impôt n'est pas JUSTE! Il continue à taxer le travail tout en faisant preuve de grandes largesses pour le capital.
1% de la population belge détient, à elle seule, pratiquement les 2/3 du PIB belge. A côté de cela, un belge sur 7 vit en dessous du seuil de pauvreté. Qu'à cela ne tienne, en Belgique, on a toujours taxé le travail et la consommation (TVA). Pourquoi changer? Dans la conjoncture actuelle, cette inégalité relève d'une prouesse digne du maintient d'un château de carte en pleine tempête. Gloire au puissant mur de notre ministre des finances (Didier Reynders) qui, contre vent et marrée parvient à refouler et amadouer la grogne sociale, chaque jour un peu plus tenace. Chapeau aussi pour ce coup de génie des intérêts notionnels [2] suite à l'interdiction Européenne des centres de coordination (sorte de banque d'entreprises aux privilèges fiscaux pharaoniques [3]).
Avec une telle politique fiscale - promotion flagrante du capital au détriment du travail - la maxime ad hoc n'est pas "Trop d'impôt tue l'impôt" mais bien "Trop d'impôt tue l'emploi".
[1] PIB Belgique en 2006 ~ 300 milliards euros
http://www.interex.fr/fr/fiches-pays/belgique/indicateurs-economiques
Avoirs financiers déclarés des Belges ~ 750 milliards d'euros
http://users.skynet.be/gresea/DH_fiscalitebelge_aout06.html
[2] Dans la comptabilité d'une entreprise, il y a les fonds propres. En gros, cela comprend le capital (l'argent injecté par les actionnaires) et tous les bénéfices accumulés par la société depuis qu'elle existe, à l'exclusion de ce qui a été reversé aux actionnaires. Pour l'exercice 2007, le gouvernement a fixé à 3,422% le pourcentage des intérêts notionnels. Une société qui a des fons propres pour 100 millions d'euros pourra donc déduire 3,422 millions de sa base imposable. Admettons qu'elle réalise un bénéfice de 5 millions d'euros, elle ne sera imposée que sur 1,578 millions. Et encore moins si elle peut revendiquer d'autres déductions fiscales. Si cette même société réalise un bénéfice inférieur à 3,422 millions, par exemple 2 millions d'euros, elle ne payera pas un cent d'impôt. Mieux, elle pourra déduire 1,422 millions (la différence entre 3,422 et 2 millions) du bénéfice de l'année suivante. Ou des 6 années qui suivent. Comme les grandes entreprises sont les mieux fournies en fond propres, elles sont les principales bénéficiaires de la mesure. [Extrait du livre "Didier Reynders, l'homme qui parle à l'oreille des riches", Marco Van Hees, pp 53]
[3] Selon les informations du Top 100.000 de Trends-Tendances (le ministère des finances refuse de fournir la liste des centres de coordination) on recense 207 centres de coordination. L'impôt total de ces 207 centres s'élève à 73 millions d'euros contre 5,36 milliards d'euros de bénéfices. Cela représente un taux d'imposition moyen de… 1,36%. Certains centres de coordination ne payent même que 0,01 ou 0,03%. Si les 207 centres de coordination avaient été taxés au taux normal de l'impôt des sociétés, qui était en 2002 de 40,17%, ils auraient payé au fisc 2,15 milliards d'euros. Par rapport aux 73 millions effectivement payés, cela fait une fraude légale de 2,08 milliards d'euros. [Extrait du livre "Didier Reynders, l'homme qui parle à l'oreille des riches", Marco Van Hees, pp 46]
SOURCES
Débat fiscalité
Forum Social de Belgique
GRESEA asbl
RJF: Action contre la spéculation financière et la justice fiscale
FAN: Financieel Actie Netwerk
Vive l'impôt juste
Cliquez ici pour en apprendre d'avantage sur les accointances de Didier Reynders avec le gratin Belge. Alors? Toujours envie d'avoir Didier comme premier??? Notez qu'avec lui, la Flandre aura du fil à retordre en voulant s'approprier la manne Bruxelloise (BHV), quitte à scinder la Belgique en régions riches et régions pauvres.