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Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)

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Le mythe du NUCLEAIRE

Il faut arrêter de croire que le nucléaire va nous sauver. Quelques passages d'un entretien avec Stéphane Lhomme, porte parole du réseau sortir du nucléaire. L'entretien concerne surtout la France mais peut s'appliquer à tout les pays ayant recours au nucléaire.

 

 

 

 

Bob : Avec la prévisible catastrophe écologique que représente l'utilisation grandissante du charbon comme source d'énergie (le charbon rejette encore plus de CO2 que le gaz ou même le pétrole), ne pensez-vous pas que le nucléaire, malgré le problème de la gestion de ses déchets, reste, en attendant de nouveaux développement technologiques, une solution ?


Stéphane Lhomme : Si le nucléaire pouvait permettre de se passer du charbon, ou même de réduire de façon quantifiable la consommation de charbon, on pourrait se poser la question : peut-être que ça vaut le coup d'avoir les risques de catastrophe nucléaire, les déchets radioactifs, la prolifération vers l'arme atomique, dans la mesure où cela nous permettrait de lutter contre le réchauffement climatique.


Hélas, on a bien tous les risques du nucléaire, mais cela ne permet absolument pas de réduire la consommation mondiale de charbon : (…) le nucléaire, c'est 2 % de la consommation mondiale d'énergie, une part marginale qui n'a aucune perspective de croissance. Il faut tenir compte des déclarations de M. Mandil, directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, qui, le 10 novembre 2006, a déclaré : "La tâche principale de l'industrie nucléaire dans les années à venir sera d'essayer de remplacer les centrales qui auront atteint leur fin de vie. Cela signifie qu'on aura besoin de nombreuses nouvelles centrales sans pour autant augmenter la part du nucléaire dans la production d'électricité." Ce qui veut dire que le nucléaire va rester une énergie marginale sur la planète, incapable d'empêcher le réchauffement climatique, même partiellement.

 

Alklan : On nous parle sans arrêt de sortir du nucléaire, parce que c'est polluant et dangereux. Mais quelles énergies préconisez-vous pour remplacer le nucléaire ?


Stéphane Lhomme : Par exemple, il faudrait un véritable plan Marshall de rénovation des bâtiments. On fait aujourd'hui des maisons dites "à énergie positive" qui produisent plus d'énergie qu'elles n'en consomment, et qui n'ont donc plus besoin d'être reliées au réseau gaz-électricité. Si l'on développe ces solutions à grande échelle, on pourra se passer du nucléaire tout en réduisant les émissions des gaz à effet de serre. A nouveau, la solution passe par une réduction très importante de la consommation d'énergie, principalement dans les pays riches.


On peut dire que c'est utopique, mais dans ce cas, on ne sauvera pas la planète. Par contre, on peut réduire de façon très importante notre consommation d'énergie sans pour autant aller vivre dans des grottes avec des bougies. Les maisons à énergie positive permettent de vivre tout à fait normalement (et même avec un bien-être supérieur par rapport aux habitations ordinaires). Il est anormal que l'on continue à fabriquer des bâtiments ordinaires qui laissent s'échapper la plus grande partie de leur énergie à l'extérieur.


Pour "justifier" le nucléaire, EDF a installé en France des millions de chauffages électriques et maintenant, avec le réchauffement climatique, il y a de plus en plus de climatiseurs. Donc dès qu'il fait froid ou chaud, on a des consommations extraordinaires d'électricité, dont on pourrait se passer avec des bâtiments bien conçus.


Donc la chose la plus importante est de réduire notre consommation d'énergie. Il ne faut surtout pas essayer de produire (et de gaspiller) avec les énergies renouvelables autant qu'avec les centrales nucléaires, ce serait absurde. Les énergies renouvelables doivent venir en complément d'une politique ambitieuse d'économies d'énergie. L'énergie nucléaire "sûre" ou "propre" n'existe pas. Le nucléaire est par nature injustifiable (risques, déchets, prolifération vers l'arme atomique). Il faut donc s'en passer totalement. Et ne pas se contenter d'en réduire la part.

 

Findus : Dans ce débat, par nucléaire, on sous-entend fission nucléaire. Qu'en est-il de la position des candidats concernant la fusion nucléaire ? Quelles sont leurs ambitions vis-à-vis de la recherche dans ce domaine ?

Stéphane Lhomme : Les réacteurs nucléaires actuels fonctionnent sur le principe de la fission nucléaire. La fusion nous est annoncée pour "bientôt" depuis cinquante ans. D'ailleurs, il y a 50 ans, c'était pour "dans cinquante ans". Maintenant qu'on y est, c'est "pour dans cent ans". Il est vraisemblable que ça ne marchera jamais. D'ailleurs deux Prix Nobel de physique, M. Koshiba (2002) et Pierre-Gilles de Gennes ont clairement expliqué que le projet ITER (réacteur de fusion nucléaire prévu à Cadarache, près de Marseille) n'a aucune chance d'aboutir à quoi que ce soit. Ce réacteur n'est même pas conçu pour produire de l'électricité (par contre, il va en consommer des quantités immenses). Le seul but est d'essayer de maintenir une réaction de fusion nucléaire pendant 400 secondes. Mais il est impossible de récupérer l'énergie pour en faire de l'électricité.

 

U235 : Le nucléaire c'est l'indépendance énergétique, vrai ou faux ?

Stéphane Lhomme : Faux. On l'a bien vu pour la France. Malgré 58 réacteurs nucléaires, l'atome ne couvre que 16 % de notre consommation d'énergie, et notre facture énergétique a explosé, comme pour les autres pays. De plus, tout l'uranium (le combustible des réacteurs nucléaires) est importé, principalement du Canada ou du Niger, où la France maintient une politique coloniale tout en contaminant les populations et l'environnement pour "nourrir" nos réacteurs nucléaires. Donc il n'y a pas d'indépendance énergétique avec le nucléaire.

On a pour le moment des guerres du pétrole, mais il est fort probable qu'on aille vers des guerres de l'uranium, parce que les réserves mondiales s'amenuisent, ce qui fait que de toute façon le nucléaire n'a pas plus d'avenir que le pétrole.

 

Pamela : Quelle est la position Parti communiste français sur le nucléaire ?


Stéphane Lhomme : Le Parti communiste français a toujours été et reste un fervent promoteur du nucléaire, et il continue à réclamer de nouveaux réacteurs. Cela pose un vrai problème sur le plan démocratique, vu que le PCF prétend construire une société démocratique. En effet, toutes les centrales nucléaires ont été construites à grand renfort de compagnies de CRS, de coups de matraque et de gaz lacrymogènes pour réprimer les populations qui n'en voulaient pas.

 

François C : Pourquoi condamner le nucléaire alors que l'on aura sans doute besoin de toutes les armes possibles pour lutter contre les émissions de CO2 ? D'autant que la 4e génération de réacteur est très prometteuse. Alors pourquoi se couper de ce que le progrès scientifique et technique peut nous apporter ? Ne serait-ce pas pour d'obscures justifications purement idéologiques ?

Stéphane Lhomme : Cette histoire de "4e génération" est un emballage publicitaire pour des réacteurs que l'industrie nucléaire a déjà essayé de faire fonctionner : le réacteur "de 4e génération" français est prévu pour être un réacteur à neutrons rapides, avec caloporteur sodium : c'est tout simplement la même chose que Superphénix, le surgénérateur qui n'a jamais fonctionné mais qui a englouti plus de 10 milliards d'euros pour rien. La 4e génération, c'est donc seulement le retour de Superphénix avec la perspective d'un nouveau désastre comme la première fois, ou comme l'EPR finlandais actuellement.

Si les chercheurs français souhaitent réaliser des prodiges, qu'ils les fassent dans les énergies renouvelables : le Soleil nous envoie à chaque instant 4 000 fois plus d'énergie qu'on en consomme sur Terre. Il suffirait donc d'arriver à capter une toute petite partie de cette énergie pour régler la question. Malheureusement, les chercheurs du Commissariat à l'énergie atomique, qui prétendent depuis 50 ans réaliser des miracles qui n'arrivent jamais, se déclarent par contre incapables de faire progresser les énergies renouvelables. C'est curieux.

 

Le_wikibre_maqué : Pourquoi les experts n'ont-ils pas tous le même discours ?


Stéphane Lhomme : Si l'on veut bien se pencher sur les chiffres officiels, comme ceux de l'Agence internationale de l'énergie, qui est pourtant favorable au nucléaire, on voit que le nucléaire est et va rester une énergie marginale sur la planète. Ce n'est donc pas une opinion, mais un fait incontournable.

Il faut en prendre acte et ramener le nucléaire à ce qu'il est : une énergie injustifiable à cause de ses tares que nous avons déjà évoquées (risques, déchets, prolifération...). D'ailleurs, concernant le réchauffement climatique, je tiens à ajouter ceci : non seulement le nucléaire ne l'empêche pas, mais la réalité est en fait inverse : c'est le réchauffement climatique qui s'attaque au nucléaire. Pendant les canicules 2003 et 2006, le parc nucléaire français a été en très grande difficulté, il n'y avait plus assez d'eau dans les rivières (ou de l'eau trop chaude) pour pouvoir refroidir les réacteurs, qui ont dû fonctionner à basse intensité ou être arrêtés. Et la France nucléaire n'a évité le black-out qu'en important massivement et à des prix exorbitants de l'électricité de chez nos voisins (Espagne, Grande-Bretagne, Allemagne). De plus, le réchauffement climatique se manifeste aussi par des épisodes très violents, comme les tempêtes, et pendant la tempête de décembre 1999, la centrale nucléaire de Blayais, près de Bordeaux, a été très gravement inondée et a frôlé la catastrophe nucléaire.

 

Totem : Pensez-vous qu'EDF et Areva développent vraiment les énergies renouvelables? Si oui pourquoi? Est-ce une question d'économie? D'environnement? D'image?

Stéphane Lhomme : Il est vrai que ces entreprises, de même que les pétroliers comme Total, investissent dans les énergies renouvelables, tout simplement parce qu'il y a de l'argent à y gagner. Mais si l'on continue à surconsommer et à gaspiller l'énergie, on aura le pétrole, le gaz, le charbon, le nucléaire et les énergies renouvelables, et la planète sera tout aussi condamnée qu'actuellement.

C'est pour cela que nous répétons que le développement des énergies renouvelables n'a de sens que dans le cadre de la mise en place d'une société sobre qui permettrait à la fois de sortir du nucléaire et de réduire de façon importante notre consommation de pétrole, de gaz et de charbon. Cela peut sembler utopique, mais c'est ça ou la fin de la planète.

 

Pour terminer, deux infos supplémentaires

1) Stéphane Lhomme a été placé en garde à vue et interrogé pendant 9h le 25 mars 2008 par la Direction de la Surveillance du Territoire (DTS) pour «compromission du secret de la défense nationale». Il est accusé d'avoir divulgué une info d'un document hautement confidentiel stipulant que le réacteur EPR n'était pas conçu pour résister à un crash suicide réalisé par un avion de ligne. Affirmation contraire aux dires d'EDF, Areva et les autorités françaises. Il risque cinq années d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Nous vivons une période où informer sur les dangers potentiels d'une technique ou d'une technologie sont passibles d'emprisonnement. Lire Soutien à Stéphane Lhomme et le compte rendu de la journée de Stéphane à la DTS.

 

2) Le réseau "Sortir du nucléaire" éprouve de grosses difficultés financière en ce moment. Aider une telle initiative citoyenne est, à mon avis, de bien meilleure augure qu'un financement à un projet de compensation de CO2 à vocation capitaliste comme il en est fait mention dans un article de ce blog: Compenser nos émissions de CO2 en plantant des arbres

 

La parole à Philippe Brousse, directeur du Réseau "Sortir du nucléaire":

 
Autant vous le dire sans détour : les finances du Réseau "Sortir du nucléaire" sont actuellement au plus bas.
 
Nous avons donc besoin d'une aide rapide et massive de votre part. 
 
Votre don, même minime (10 ou 15 euros), nous apportera un soutien crucial.
 
Depuis 10 ans, le Réseau "Sortir du nucléaire" réalise un énorme travail quotidien pour informer, alerter, rassembler, agir et proposer des solutions concrètes. L'actualité de ces derniers mois (accident nucléaire au Tricastin...) montre à quel point une vigilance citoyenne est indispensable.
 
Association libre et indépendante, le Réseau Sortir du nucléaire refuse les subventions publiques et toutes les contributions financières des entreprises. Nous ne comptons que sur les dons de milliers de citoyen-ne-s ...c'est-à-dire VOUS ! Donnez-nous les moyens de poursuivre nos actions !
 
Votre don est déductible à 66 % de vos impôts. Ainsi, un don de 50 euros ne vous coûtera en réalité que 17 euros après déduction fiscale. Vous recevrez un reçu fiscal.
 
Pour vous remercier chaleureusement de votre soutien, vous serez abonné automatiquement (sauf avis contraire de votre part) à notre revue trimestrielle "Sortir du nucléaire" quel que soit le montant de votre don. Si vous êtes déjà abonné, nous prolongerons votre abonnement pendant un an. 
 
 C'est maintenant que nous avons besoin de vous :
 1/ Faites un don en ligne: 
http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/don-en-ligne.html
 2/ Envoyez nous un chèque à l'ordre de "Sortir du nucléaire" à :
 Réseau "Sortir du nucléaire" - 9, rue Dumenge - 69317 Lyon Cedex 04
 
Pensez à vos cadeaux de fin d'année en achetant un livre, DVD, CD, jeu, autocollant, ... dans notre boutique en ligne : 
http://boutique.sortirdunucleaire.org/
 
Mille mercis pour votre aide.
 
Amicales salutations,
 

Philippe Brousse
Directeur du Réseau "Sortir du nucléaire"
9, rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04
Tel. 04 78 28 29 22

http://www.sortirdunucleaire.fr

 

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