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Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)

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Pierre RABHI: « Conscience et environnement »

Pierre Rabhi, cette force tranquille, ce monument d'humilité, ce Gandhi des temps modernes, sera présent en Belgique les 4, 5 et 6 décembre 2008.


Oui bon, je m'emporte... Peut-être faut-il préciser que cet homme est à l'origine de ma prise de conscience d'un monde qui ne tourne pas si rond que ça. C'est avant tout la lecture du livre "graine de possibles", dialogue entre Pierre Rabhi et Nicolas Hulot, qui a mit le feu aux poudres.


Pierre Rabhi, une lueur d'espoir pour les mineurs de fond que nous sommes. Un homme qui a su bouder les fastes du monde moderne, qui a su faire le "grand saut" pour amorcer le divorce avec la "méga-machine économique" qui nous a tous gobés. Un homme qui prend les choses très au sérieux mais qui ne se prend jamais au sérieux. Un homme modeste donc mais aussi courageux, d'une grande sensibilité et d'une profonde intelligence. Un homme qui a su interpréter et transmettre le message de Krisnamurti, un autre grand sage pour qui arrogance, ambition et avidité, ferment de notre société occidentale, sont les démons à vaincre pour une société plus juste et plus vraie.


Ce grand et insignifiant personnage, sera présent en Belgique les 4, 5 et 6 décembre en Belgique.

 

Date

Conférence

Lieu

Heure

4/12/2008

Conscience et environnement

Collège Saint Joseph à CHIMAY

20h

5/12/2008

Quel progrès pour quelle décroissance?

Auditoire Socrate 10 à Louvain-la-Neuve

20h

6/12/2008

 

De l'humus à l'humain, quelle alimentation pour demain?

Arsenal des FUNDP, Rue Bruno à Namur

18h

 

Date

Organisation

4/12/2008

Cellule des Droits de l'Homme du Collège Saint-Joseph (Chimay)

5/12/2008

Maison du développement durable de LLN

6/12/2008

Maison de l'écologie de Namur

 

Quelques extraits de son livre "Conscience et environnement"


Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force."


"Ne pouvant produire sans épuiser, détruire et polluer, le modèle dominant contient en fait les germes de sa propre destruction et nécessite d'urgence des alternatives fondées sur la dynamique du Vivant".


"Perdre sa vie en voulant la gagner n'est pas une formule gratuite, elle correspond à un fait que la crise exacerbe. Produire et surproduire pour consommer et surconsommer en générant nuisances, dissipations des ressources et déchets à l'infini ne peut constituer une logique à laquelle nos vies doivent être sacrifiées." P 66.


"Le développement selon la concept d'aujourd'hui est fortement déterminé par la déflagration technoscientifique. Cela à introduit dans l'histoire contemporaine un quiproquo, et le développement est devenu en réalité l'anti développement, le cheval de Troie d'une idéologie strictement matérialiste travestie des attributs et des proclamations morales sensés lui donner ses valeurs humanistes." P. 71


"Le développement humain est incompatible avec le mécanisme spéculatif qui submerge l'économie réelle, à laquelle seuls l'effort, la créativité humaine et la matière tangible échangeable pour répondre aux nécessités donnent son sens et ses lettres de noblesses." P. 67.


Peut-on former un être humain sans le conformer à un ordre social particulier? Il semble que non. S'agissant de notre société, la question devient encore plus cruciale, car nous constatons qu'elle est inféodée à une logique périlleuse: rupture avec la nature, seule garante de la pérennité, fondement sur l'énergie combustible limitée et génératrice de nuisance graves, une science capable du meilleur, mais dont les pires effets menacent notre avenir, une technologie asservie par nos pulsions de mort, avec pour la première fois de notre histoire la capacité de notre espèces à s'éradiquer elle-même. Le tout étant orchestré par un Veau d'or rigide et froid déambulant dans la psyché collective pour l'ensemencer de convoitises sans limites, et faisant de notre présence au monde, qui pourrait être un beau rêve, un cauchemar. P. 184.


Cependant rien, à notre avis, ne changera si les fondements de l'éducation ne changent pas. Entre les manuels scolaire d'histoire faisant implicitement l'apologie de la force à la bataille, et un monde où l'avidité, les ambitions individuelles, sont la règle, l'enfant entre en angoisse. On quitte le liquide amniotique pour plonger dans un monde "champ de bataille" où il faut se battre, gagner, être premier, dominateur, victorieux. Il suffit d'observer ses propres enfants pour se rendre compte qu'ils évoluent bien plus sous la terreur de l'échec que l'enthousiasme d'apprendre, et c'est là une défaillance que les phraséologues ou phraséocrates politico-pédago-psycho-techniciens, s'ils ne sortent du carcan de la société du productivisme efficace, ne corrigeront jamais. P. 219


Dans le désenchantement grandissant du monde, être heureux et rendre heureux en aimant et respectant toutes les manifestations de la vie, n'est-ce pas l'œuvre suprême de l'intelligence? P. 90.

 

Malheureusement, à un tel niveau, comme pour Hulot, Al Gore et bien d'autres, la cohérence des actes finissent par poser question… Pierre Rabhi prend l'avion et la voiture, se déplace un peu partout et s'éclaire a l'électricité nucléaire… Il s'est, lui aussi, fait gober par la "méga-machine". Pierre Rabhi n'est-il pas, bien malgré lui, lui aussi, instrumentalisé par les forces "invisibles" du marché et du capital?

 

C'est pour la bonne cause? Est-on obligé d'hurler avec les loups pour infléchir le mouvement? Probablement…

 

Dans l'immense salle économique rythmée par la course au profit, il semble impossible de rompre le pas sans se faire marginaliser. C'est sous cette chape économique rigide qu'il semble y avoir incohérence entre nécessité impérieuse d'agir à grande échelle et fondement intrinsèque du message. Un calcul arithmétique classique est-il bien à propos pour mesurer le réel apport sociétal ou écologique du militantisme et actions de Pierre Rabhi? Bien à propos, tant cet apport est subjectif et hautement libérateur.

 

Comment mesurer en effet, la fierté et l'autonomie retrouvée du Touareg Malien ou du paysan Marocain, Burkinabé ou Sénégalais? Comment mesurer le gain de sourire de ces paysans? Comment mesurer la suppression de flux migratoires vers des bidonvilles déjà surpeuplés? Comment mesurer la baisse de la pratique de la culture sur brulis? Comment mesurer une baisse du taux de maladie et de mortalité suite à la sensibilisation et à la reconquête de savoirs perdus? Comment mesurer l'éveil des consciences suite à ses paroles et ses actes? Comment mesurer tous ces petits plus sociaux et écologiques comparé au calcul inique et réducteur de consommation électrique ou d'émissions de CO2, domages collatéraux inévitables aujourd'hui, tant l'action pour un sobre et local regain d'autonomie est urgente et impérieuse si nous ne voulons pas perdre nos vies et le peu d'humanisme qu'il nous reste.
 

Voir aussi

Mouvement pour la Terre et l'Humanisme

www.terre-humanisme.org

www.colibris-lemouvement.org

 

Blog de Pierre Rabhi

www.pierrerabhi.org/blog/

 

 

 

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