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Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)

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Connaissez-vous « Le socialisme d’intérêt privé »

Issu du formidable document de Didier LACAPELLE (ECOTHEURGIE) : Manuel d’antiéconomie, p. 100. A lire absolument !

 

Le socialisme passe par l’appropriation collective des moyens de production. Dans sa version étatique, c’est l’Etat qui devient propriétaire. Les principes sociaux-démocrates laissent au privé la propriété des entreprises mais organisent une certaine redistribution du pouvoir d’achat en faveur des salariés pauvres et des chômeurs. Le socialisme d’intérêt privé compense les baisses de profits en transférant des ressources collectives aux entreprises. L’intervention de l’Etat ne se fait pas sur un mode d’ « appropriation collective », comme le prévoit la théorie marxiste, mais sur un mode de « subvention collective ». L’Etat se porte garant de la pérennité d’un système capitaliste lorsqu’il bute sur ses difficultés naturelles. Cela se traduit par des exonérations de charges diverses et d’impôts, des emplois subventionnés, des subventions directes, ou une couverture assurantielle automatique des pertes d’exploitation.

 

Les subventions à l’emploi sont présentées comme une mesure de soutien à l’emploi, car il est exigé que les pauvres travaillent. En termes économiques, si le coût unitaire d’une personne embauchée (salaires et charges) est supérieur au chiffre d’affaire supplémentaire généré, l’embauche de cette personne entraîne une perte d’exploitation. La subvention permet de couvrir le déficit, et même de fournir une marge à l’entreprise.

 

 On parle parfois d’ « effet d’aubaine », l’entreprise touchant parfois des aides pour un emploi qu’elle aurait créé de toute façon. Il s’agit des embauches rentables qui seraient des passagers clandestins. Le phénomène étudié ici est celui des passagers réguliers : l’entreprise génère peu ou pas de chiffre d’affaires supplémentaire et la communauté lui paye son profit.

 

Les subventions à l’installation sont un pur cadeau financier, sans lien avec l’emploi.

 

Des assurances d’Etat garantissent le chiffre d’affaires de certaines professions. Ainsi la COFACE assure gratuitement les contrats des entreprises françaises à l’étranger. Quand l’Arabie saoudite n’a pas payé des chars Leclerc après les avoir reçus, GIAT Industries a été indemnisé par l’Etat français. Des compensations automatiques ont été organisées pour la profession agricole en cas de surproduction détruite, de sous-production, de jachère, etc.

 

Des aides diverses sont versées et des exonérations d’impôts sont proposées ou accordées aux entreprises du cinéma, des jeux vidéo, de l’industrie agro-alimentaire, aux restaurateurs et aux buralistes (TVA). Les médecins bénéficient de tarifs garantis et de prises en charge collectives pour certains investissements. Des exonérations d’impôt sur les sociétés ont été proposées par le président Sarkozy pour pousser au regroupement en pôles des entreprises de technologie.

 

Il peut y avoir étatisation temporaire : l’Etat protège le capital d’une entreprise déficitaire en la rachetant. Lorsque de nouveaux produits sont développés, lorsque de nouveaux gains de productivité surviennent, l’entreprise peut redevenir excédentaire et l’Etat la restitue alors au privé. On retrouve ici un peu l’adage « socialisation des pertes, privatisation des profits ». La banque britannique Northern Rock, secouée par la crise du crédit immobilier dite crise des « subprimes », a été nationalisée en février 2008, après 5 mois de subventions massives du gouvernement. Le retour de la banque sous statut privé une fois sa situation améliorée était annoncée dès le début de l’opération. Il faut noter que c’est un retour en arrière imprévu par la théorie marxiste. Pour elle, l’Histoire a un sens et une fois le socialisme en place, on ne rebrousse pas chemin. * Pour illustrer l’ancienneté du phénomène d’abondance dans les pays dits développés, on peut observer que sans les subventions, les différents secteurs de l’économie seraient déficitaires !

 

Le secteur primaire est internationalisé et ne permet pas de réelle spécialisation. Il est très fortement concentré. Et il ne peut pas avoir recours au remplacement qualitatif des produits par le progrès technique. On ne remplace pas les bananes par des super bananes. La surproduction y est globale depuis les années 50. L’idéologie d’Etat promouvant la pratique intensive a accéléré cet état de fait. Les petits producteurs ont été éliminés, les prix se sont effondrés, le taux de profit avec. Les revenus sont devenus largement indépendants de la production et socialisés par des subventions multiples.

 

L’industrie bénéficie d’aides multiples depuis les années 80, malgré l’innovation qui rend possible les gains de productivité des machines et le renouvellement des produits.

 

Le secteur tertiaire est subventionné depuis le début parce qu'il n'existe pas vraiment de clientèle solvable, que les gains de productivité sont peu ou pas possibles et que les services produits ne sont pas améliorables. On peut améliorer une voiture, pas vraiment une assurance, comme une banane. Les emplois subventionnés sont notamment tous les services d’aide à la personne, dits de « tiers secteur ». Il s’agit également des revenus des professionnels de santé par le biais de l’assurance maladie. Il s’agit enfin de toutes les mesures sectorielles, comme celles mises en place en faveur des buralistes ou des restaurateurs.

 

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