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Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)

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Incarnation

Un article de Didier LACAPELLE: Incarnation
phoenix nebulaNous n'entendons pas ici par "morale" ce que le monde pense être la "morale". Il s'agit bien de la même chose, mais comprise dans son sens le plus intime : un catalogue de règles de comportements, de croyances et même de représentations qui donne sa forme à la société et au monde. La morale est formellement arbitraire, un voile sur l'essence des choses. Autrement dit la morale est le monde lui-même tel qu'il nous apparaît. La personnalité et les goûts d'un individu, qu'il tente de les ériger en valeurs ou pas, c'est-à-dire qu'il ait conscience qu'il s'agit de goûts personnels ou qu'il pense qu'il s'agisse de principes absolus auquel il adhère, sont la manifestation de la morale chez un individu.

Le rationalisme est une expression typique de ce contexte, une philosophie scandalisée par l'idée que la science s'intéresse aux faits, et convaincue que ce qui est réel est ce qu'elle décrète. C'est une pensée d'ordre psychotique. Mais si on prend la peine de s'y arrêter, la psychose n'est qu'une manifestation paroxystique des tendances naturelles de la société,  consistant, par exemple, à considérer la culture, les discours politiques et les convenances sociales comme une représentation objective du monde.

Mais n'est-il pas vrai que "tout ce qui existe est le reflet d'une pensée" ? En ce cas, n'est-il pas aussi vrai que tout ce que l'on pense est réel ? Mais c'est que nous ne sommes pas tout seuls à penser ! Il faut une certaine puissance à la pensée pour que celle-ci se manifeste. C'est alors qu'elle devient une égrégore.
Et c'est ainsi que des choses objectivement sans existence peuvent malgré tout se manifester de manière très puissante. Ainsi la valeur en économie, ou le clivage politique entre la droite et la gauche. Ainsi ces mythes sociaux, si puissants qu'ils sont au fondement des civilisations, se construisent de la même façon dont on dit que la matière est créée dans la Genèse : par le Verbe.
Dans ce monde-ci, l'expérience que nous faisons du monde est très fortement déterminée par la conscience qu'on en a. Nous prenons nos désirs pour des réalités, et nous créons ce faisant ces réalités.

Dès que le Verbe se manifeste dans le monde, et dès ce moment il chute, il se retrouve caractérisé par la dualité. C'est ainsi que toute idée contient en même temps son contraire. La paix ne s'obtient que par la guerre, et la guerre a pour finalité la paix. Il en est ainsi de la valeur. D'un côté, elle est dimensionnée (sous la forme de monnaie notamment) et est une limite artificielle à la consommation. De l'autre, elle seule permet de faire en sorte que l'homme fasse autant d'efforts. Elle est le "mana", le pouvoir qui permet d'agir dans le monde. Elle est ainsi absolument inventée, et pourtant on ne peut pas faire grand'chose sans. Faites payer une méthode pour gagner de l'argent 1000 euros la brochure, tout le monde veut l'acheter. Mettez un "Manuel d'antiéconomie" sous forme de pdf gratuit, personne ne le lira.

Le monde est un monde de magiciens et les magiciens sont ces gens qui prennent  leurs désirs pour des réalités. Cela ne définit pas des individus particulièrement malins; les sorciers de village ne sont forts que parce qu'ils ne doutent pas du résultat de leurs actions. Ce ne sont pas des scientifiques. Mais les grandes égrégores collectives portées par les masses, les journalistes ou les économistes, et les égrégores particulières des sorciers de village sont inventées de la même manière.

La question qui se pose est "Que pouvons-nous faire de mieux ?". L'éveillé a un problème : il voit les choses de manière plus objective. Son manque d'une foi aveugle fait de lui un mauvais magicien. Il doit donc se dédoubler. Etre à la fois un magicien convaincu de la puissance de sa magie, et un scientifique qui sait par quels mécanismes il y est parvenu.
Ce point possède une similitude avec le comportement de l'éveillé dans le monde. Il doit savoir que le monde est inventé, mais aussi y participer totalement comme support de sa propre expérience. Faire comme s'il croyait à l'économie, aux représentations politiques, à la morale commune, faute de quoi il devra se contenter d'une vie contemplative. Il devra faire des choix arbitraires, conformes à ses goûts : être de droite ou de gauche, conservateur ou progressiste, etc., choisir une morale parmi d'autres. Mais à la différence des autres, il sera conscient du caractère arbitraire de ce choix. Nous ne pouvons pas échapper à la subjectivité  des actes dans ce monde. C'est ce qu'on appelle "séparer le point de vue de Dieu de son propre point de vue".
Il n'est d'ailleurs pas interdit de choisir une vie contemplative, qui est un choix comme un autre, à condition qu'il ne soit pas imposé par un blocage. C'est le cas du sujet éveillé qui refuse de faire "comme si" parce que la nature du monde telle qu'il la perçoit le révolte.

Ceci est aussi la conséquence d'un enseignement trop intellectualisé. Là où le sorcier de village ne fait appel qu'à sa foi et à ses émotions, qui sont son propre corps astral, l'apprenti en spiritualité est sommé de rechercher la vérité au fond des choses, de développer son discernement. Mais ce n'est pas là le seul travail requis. La connaissance du monde s'acquière plus facilement en faisant l'expérience de ce monde. Le sujet doit alors libérer ses émotions, sa créativité, sa subjectivité et interagir avec la création. Il maîtrise ses émotions au lieu de les retenir. Il contrôle le coeur avec le cerveau, et le cerveau avec le coeur.

A l'inverse, il ne faut pas ressentir d'injonction d'interagir à tout prix (Expérimente !) Chacun fait l'expérience du monde de la manière qui lui est naturellement la plus appropriée. Se forcer à copier tel ou tel "maître" amène toujours des souffrances inutiles. On voit cela chez les sujets lucifériens qui pensent qu'il y a quelque chose de précis à accomplir pour démontrer leur "supériorité". Superficiellement, ces sujets sont encore plus semblables au sujet ordinaire que les apprentis qui adoptent en conscience la morale commune. Parce que s'ils ne sont pas attachés aux résultats de leurs actes (à ce que la droite gagne les élections par exemple), ils attachent une énorme importance au choix d'un acte plutôt qu'un autre. Or la seule chose qui importe en la matière est de mettre toute leur intention dans leurs actes et de les mettre en oeuvre de manière impeccable.

Il faut encore distinguer deux choses. Le sujet délibérément subjectif choisit de ressentir certaines émotions mais il les ressent réellement. C'est différent de faire semblant de ressentir des émotions. Celui qui décide de ses émotions est un mage, doté d'une "essence" émotionnelle ou corps astral, celui qui feint les émotions est un psychopathe, et n'a qu'une "personnalité" factice. Chez les hommes ordinaires, personnalité et essence cohabitent, et il faut savoir reconnaître les vraies émotions de celles qui sont imposées par le moule de la morale.
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