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  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
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Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

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Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 12:07

La pratique du taux d’intérêt monétaire est un sujet particulièrement épineux qui a déjà fait couler beaucoup d’ancre et de sang. Pour tenter de comprendre, nous allons commencer par les arguments du POUR de Thomas d’AQUIN et de Frédéric BASTIAT, poursuivre par les arguments du CONTRE d’Helmut CREUTZ et Bernard LIETAER et terminer par une brève conclusion.

A. POUR : Thomas d’AQUIN & Frédéric BASTIAT

A.1. Thomas d’AQUIN (1225-1274)

Petit extrait du cours de Fabrice MAZEROLLE « Histoire des faits et idées économiques ».

Abordé initialement par ARISTOTE et PLATON, Thomas d’AQUIN (1225-1274) s’interroge sur la légitimité du taux d’intérêt. Sa pratique est en effet assez contraire aux préceptes de l’église (et des autres religions monothéistes) qui condamnait l’usure. Mais l’église elle-même avait parfois besoin d’argent et elle était prête à payer des intérêts pour obtenir des usuriers les sommes dont elle avait besoin. Thomas d’AQUIN a donc développé l'argument suivant: « si quelqu'un prête de l'argent, il se prive de la somme qu'il prête, il a donc droit à une compensation ». Donc, il peut stipuler un dédommagement dans le contrat de prêt. Il doit cependant s’agir d‘une juste compensation et dans ce cas, on l’appellera un taux d’intérêt. Longtemps après Thomas D‘AQUIN, d'autres arguments ont été avancés pour justifier le prêt à intérêt. Les principaux d‘entre eux sont:

 

 L'argument du risque : celui qui prête de l'argent prend le risque de ne pas être remboursé. Donc il a droit à ce titre d'exiger une prime de risque, à condition qu'elle ne soit pas excessive.

 

L'argument du manque à gagner : celui qui prête de l'argent se prive de la possibilité d‘utiliser cet argent de façon productive (par exemple en l‘investissant dans l‘achat d‘un troupeau de bestiaux). Donc il aurait droit à ce titre d'exiger une compensation pour ce manque à gagner.

 

Donc petit à petit, les esprits allaient admettre la notion d'intérêt et de profit et le capitalisme et l'économie de marché allaient pouvoir se développer.

 

La gestion du risque c’est le rôle premier des banques. Pour tout prêt d’argent, les banques prennent des garanties et sont supposées supporter le risque. Dans la finance, tout est une question de gestion du risque. Plus vous prenez des risques plus vous pouvez gagner ou perdre, moins vous prenez de risques, moins vous pouvez gagner ou perdre. Mais comme on peut le constater aujourd’hui via les subprimes, titrisation et artifices financiers, il est possible de vendre le risque. Ce risque est en plus vendu en prétendant qu’il est sans risque !

 

Reprenons ici, le premier principe de Frédéric LORDON dans son livre « Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières ». Le contrôle des risques est une chimère. La carence des modèles devrait être maintenant suffisamment évidente pour qu’il ne soit plus question de laisser les opérateurs prendre des positions risquées en se berçant de l’idée que leur évaluation est parfaitement maîtrisée. Si la finance quantitative n’est pas accidentellement mais essentiellement incapable de donner les indications qu’on attend d’elle, il faut en tirer la conclusion qui s’impose : les prises de risques ne pouvant être réellement appréciées, il faut en limiter a priori, et sévèrement, la formation.

 

Ainsi, il est impératif de reprendre le contrôle (au niveau institutionnel mais aussi personnel) sur nos élans insatiables d’égoïsme primaire :

- assurer une traçabilité des produits financiers

- interdire les titrisations

- taxer toutes les transactions à destination de paradis fiscaux

- séparer les banques d’affaires et de dépôts (Glass-Steagall Act)

- ne permettre qu’une session boursière par semaine afin de minimiser les spéculations et effets d’annonces.

 

Bien sûr, cela ne se fera pas sans grincement de dents. L’atteinte aux libertés individuelles et à la libre expression sera forcément invoquée. Gouvernés par l’argent, les obstacles sont légion. Il ne faut cependant jamais oublier que l’économie peut parfaitement fonctionner sans finance débridée avec une nouvelle politique monétaire bien menée.

 

L’argument du manque à gagner, me semble légitime s’il est circonscrit dans le temps et s’il reste accompagné d’un débat ouvert entre prêteur et emprunteur.

A.2. Frédéric BASTIAT (1801 - 1850)

Un autre débat sur la pratique du taux d’intérêt qui vaut le détour est celui sur la gratuité du crédit entre PJ PROUDHON et F BASTIAT du 22 octobre 1849 au 7 mars 1850.

 

D’après moi, la méprise principale de BASTIAT se situe dans son postulat du service pour de l’argent prêté. C’est un postulat qui ne vaut que si l’on considère l’argent comme une chose tangible immuable à vocation universelle et au dessus de tout le reste. On constate aujourd’hui l’ampleur des dégâts de ce postulat (Cfr. Article « principe d’équivalence universel »). Il faut le dire et le répéter, l’argent est une convention propre aux sociétés humaines ! Lui conférer une convertibilité universelle avec possibilité d’acheter tout ce qui peut s’entendre, se voir ou s’imaginer, n’est-ce pas déjà un pouvoir divin? Et en sus de ce pouvoir nous lui conférons une possibilité d’auto-accroissement et d’auto-valorisation par le truchement du taux d’intérêt !?

 

Pour tenter de comprendre, la lettre deux de BASTIAT datée du 12 novembre 1849 est assez explicite : « Ainsi, nous étions d'accord tout à l'heure sur ce point, que l'emprunteur doit quelque chose en sus de la simple restitution. Accordons-nous maintenant sur cet autre point, que ce quelque chose est susceptible d'être évalué, et par conséquent d'être acquitté, selon la convenance des contractants, sous une des formes quelconques que peut affecter la valeur.

La conséquence qui s'ensuit, c'est que, à l'échéance, le prêteur doit recouvrer:

1° La valeur intégrale prêtée;

2° La valeur du service rendu par le prêt. »

 

BASTIAT précède cette déduction d’un paragraphe qu’il convient de ne pas manquer : « Je suis cordonnier. Mon métier doit me faire vivre; mais pour l'exercer, il faut que je sois logé, et je n'ai pas de maison. D'un autre côté, vous avez consacré votre travail à en bâtir une; mais vous ne savez pas faire vos souliers ni ne voulez aller pieds nus. Nous pouvons nous arranger: vous me logerez, je vous chausserai. Je profiterai de votre travail comme vous du mien; nous nous rendrons réciproquement service. Le tout est d'arriver à une juste évaluation, à une parfaite équivalence, et je n'y vois d'autre moyen que le libre débat»

 

Cette dernière phrase est essentielle : « Le tout est d'arriver à une juste évaluation, à une parfaite équivalence, et je n'y vois d'autre moyen que le libre débat ». Le libre débat est en fait opposé au « principe d’équivalence universel ». Le cœur du problème réside justement dans le fait qu’il n’y a plus débat ! L’accord simple et démocratique entre deux parties est occulté par l’acceptation tacite d’un principe suprême auquel il est impossible de déroger. L’argent est devenu une autorité centrale, dématérialisée et omnipotente qui décide tout ! La main invisible et l’argent universel décide de l’ensemble de nos faits et gestes. Une autorité sans tête, « jamais élue, jamais responsable et jamais coupable » (Junon MONETA dans « Le Néolibéralisme ? Un très vieux système, pourquoi faut-il le combattre ? »).

 

Ajoutons encore ce passage de la lettre 12 de BASTIAT

Mais, pour être compris, j'ai besoin, au risque de me répéter, d'établir quelques notions fondamentales sur le crédit. Le Temps est précieux. Time is money, disent les Anglais. Le temps, c'est l'étoffe dont la vie est faite, dit le Bonhomme Richard.
C'est de cette vérité incontestable que se déduit la notion et la pratique de l'intérêt.
Car faire crédit, c'est accorder du temps. Sacrifier du temps à autrui, c'est lui sacrifier une chose précieuse, et il n'est pas possible de soutenir qu'en affaires un tel sacrifice doive être gratuit.
A dit à B: Consacrez cette semaine à faire pour moi un chapeau; je l'emploierai à faire pour vous des souliers. — Souliers et chapeau se valent, répond B, j'accepte.
Un instant après, B s'étant ravisé dit à A: J'ai réfléchi que le temps m'est précieux; je désire me consacrer à moi-même cette semaine et les suivantes; ainsi, faites-moi les souliers tout de suite, je vous ferai le chapeau dans un an. — J'y consens, répond A, mais, dans un an, vous me donnerez une semaine et deux heures.
Je le demande à tout homme de bonne foi, A fait-il acte de piraterie en plaçant une nouvelle condition à son profit à côté d'une nouvelle condition à sa charge?
Ce fait primitif contient en germe toute la théorie du crédit.
Je sais que, dans la société, les transactions ne sont pas aussi simples que celle que je viens de décrire, mais elles sont identiques par leur essence.

 

Pour BASTIAT, lettre 14, l'intérêt est légitime, utile, indestructible, de même essence que toute autre rémunération, profit ou salaire; — la juste récompense d'un sacrifice de temps et de travail, volontairement allouée à celui qui fait le sacrifice par celui qui en profite; — en d'autres termes, que le prêt est une des variétés de la vente.

B. CONTRE : Helmut CREUTZ & Bernard LIETAER

Beaucoup pensent que seuls ceux qui empruntent payent des intérêts. Or, à lire les analyses pointues d’Helmut CREUTZ, il apparait qu’il n’en est rien. Tout le monde, quel qu’il soit, à tous les échelons de la production et de la consommation paye des intérêts. Pour être en mesure de rembourser leurs emprunts chaque agent économique (Etat, Individus, Entreprises) est obligé de majorer son prix d’un certain pourcentage. D’après une étude réalisée en Allemagne, il semblerait que ce pourcentage s’élève en moyenne à 30-40%. « En Allemagne, les intérêts représentent 12% du coût des déchets, 38% dans le prix de l’eau et 77% dans les prix de location des logements publics. L'intérêt bancaire représenterait en moyenne 30 à 40% du prix des produits hors taxes» [1].

 

Par ailleurs, si tout le monde sans exception paye effectivement des intérêts on peut penser que le système est juste et normal. Ici encore, CREUTZ nous démontre le contraire par une autre étude réalisée en Allemagne. Si on répartit la population allemande en dix groupes, on constate que chaque groupe reçoit et paie des intérêts. Par contre, 10% de la population reçoivent la quasi-totalité des intérêts, alors que 80% de la population paient deux fois plus d’intérêts qu’ils n’en reçoiventLa somme redistribuée aux détenteurs de plus 500.000€ de patrimoine représente un milliard d’euros par jour [1].

 

[1] [Helmut CREUTZ] cité par [Margrit KENNEDY] dans Pourquoi avons-nous besoin d'innovations monétaires? Trois erreurs courantes, trois conséquences probables, trois solutions possibles

 

L'un des avantages de l'intérêt monétaire c'est qu'il génère d'importants revenus pour ceux qui créent la monnaie. L'inconvénient, et qui n'est pas des moindres, c'est que les intérêts sont à l'origine d'un transfert de la valeur des emprunteurs vers les possédants: les intérêts contribuent d'une manière certaine à la concentration du capital. De fait, l'économie d'intérêts a tendance à favoriser l'investissement sur l'argent lui-même. En outre, l'économie d'intérêt met l'accent sur les gains à court terme. Une monnaie sans intérêt présente l'avantage de faire circuler la monnaie. Ce genre de monnaie favorise les gains à long terme, puisqu'une bonne circulation de la monnaie garantit des gains importants qui peuvent être consacrés à l'investissement.
[Bernard LIETAER], Monnaies régionales, p. 137

 

Comme on peut le constater, la pratique du taux d’intérêt n’est pas forcément juste et légitime. Dans notre système monétaire, l’argent appelle l’argent : ce sont toujours les plus riches, les plus gros détenteurs de capitaux, qui peuvent s’en mettre plein les poches pendant que d’autres travaillent. En réalité la pratique du taux d’intérêt réalise un transfert constant des richesses du travail vers le capital.

 

Un prix comprend donc non seulement les salaires, l’amortissement des outils de production, les matières premières, les taxes (TVA, impôts) mais aussi l’intérêt. La TVA est une taxe publique pour le bien public (école, hôpitaux, transports). L’intérêt est une taxe privée pour le bien privé (George SOROS, John D. ROCKEFELLER, Albert Frère, Lakshmi MITTAL).

 

Imaginez-vous que quelqu’un retire régulièrement, chaque mois, quelques centaines de dollars ou d’euros de votre porte-monnaie. Vous iriez certainement porter plainte. Vous en feriez vraisemblablement de même si, à chaque fois que vous achetez quelque chose, quelqu’un encaissait une certaine fraction du prix d’achat, à la façon des mafiosi. Eh bien, ce qui vous paraît inimaginable est précisément ce qui se pratique chez nous. Chaque jour, à chaque achat, et de plus en plus.
[Helmut CREUTZ], Le syndrome de la monnaie, p. 105

C. CONCLUSION

A la base, la taux d'intérêt semble être justifié par la pratique d'un travail antérieur. Les exemples de BASTIAT en attestent assez bien, notamment celui de l’échange de chapeaux et de souliers dont il était question ci-dessus ou encore celui de l’organisation des hommes primitifs au début de sa 14ème lettre. BASTIAT termine son exemple en disant : « Depuis, les relations sociales se sont bien compliquées. Le capital a pris mille formes diverses: les transactions ont été facilitées par l'introduction de la monnaie, des promesses écrites, etc., etc.; mais à travers toutes ces complications, il est deux faits qui sont restés et resteront éternellement vrais, savoir:

 

1o Chaque fois qu'un travail antérieur et un travail actuel s'associent dans l'œuvre de la production, le produit se partage entre eux, selon certaines proportions.

 

2o Plus le capital est abondant, plus sa part proportionnelle dans le produit est réduite. Et comme les capitaux, en augmentant, augmentent la facilité d'en créer d'autres, il s'ensuit que la condition de l'emprunteur s'améliore sans cesse. »

 

Que ne faut-il pas entendre? Ainsi l’homme démiurge se serait affranchi du temps qui passe ? Chimère ultime d’un égo surdimensionné se traduisant par un inéluctable creusement d’inégalités sociales et par la dégradation d’un environnement avec lequel nous ne sommes plus du tout en équilibre.

 

Il est par ailleurs essentiel de bien distinguer le capital commercial du capital spéculatif qui n’existait pas en 1850. Capital spéculatif qui ne reflète en rien un travail antérieur ! Alors que le PIB mondial (consommation des Etats) est estimé à 50 mille milliards de dollars, et l’ensemble du commerce mondial à 10 mille milliards, les produits dérivés (qui servent essentiellement de couverture aux dettes et crédits entre banques) ont atteint l’équivalent de 500 mille milliards de dollars. Respectivement 10% et 2% de cette somme astronomique suffisait à financer la consommation et le commerce de l’ensemble de la planète ; tout le reste est utilisé pour des stratagèmes qui consistent à faire de l’argent avec de l’argent.

 

Avant de clore, il me semble important de ne pas trop diaboliser les banques, comme les chinois ou les américains d’ailleurs ! Les banques, comme les agriculteurs et comme nous tous, sommes victimes du système. Nous sommes tous victimes d’un système avide et égoïste, traduction directe de notre Moi profond qui prend ses rêves pour la réalité. Coincées dans la logique du système, les banques, poussées par les exigences croissantes de rentabilité financière des grands détenteurs de capitaux, n’ont eu d’autre choix que de se prostituer en vendant le risque qu’elles étaient censées supporter. Alléchées par l’appât du gain, les banques sont devenues des traders fous. Elles et tout le système ne privilégie que le rendement sur capital sans distinction aucune du type de capital. Propre ou sale, légitime ou non, peu importe, tout est bon pour faire du profit.

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Published by Ploutopia - dans MONNAIE
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commentaires

Tzecoatl 05/07/2009 12:00

Bonjour Ploutopia,

Merci pour votre réponse.
Quand à vos interrogations concernant le rôle de création monétaire de la part des banques, une source bancaire fiable, devrait suffire à lever vos doutes :
"Alors que les banques européennes génèrent habituellement 4800 euros à partir de 1000 euros de monnaie banque centrale, leur capacité de création monétaire est tombée à 3500 euros depuis Lehman."
source : http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=46590

Par ailleurs, c'est écrit noir sur blanc dans tout les manuels d'économie de cycle lycéen ES.

Les doutes de Paul Jorion viennent de sa pratique bancaire aux US, où 50% de la monnaie est permanente, contre 8% en eurozone, je suppose. Ainsi que le fait que les statuts bancaires US sont différents, je n'irais d'ailleurs pas m'aventurer sur le terrain américain que je maitrise mal.

Mais après 3 ans d'incursion dans le domaine monétaire européen, et avoir retourné la question dans tout les sens, je ne peux que m'incliner face à l'analyse et critique de Holbecq et Derudder.

Par ailleurs, je trouve regrettable que Jorion fasse patiner ce débat, débat qui mérite nettement mieux que cela, tellement les enjeux dont il est question sont énormes. Et essentiellement galvaudés par les notions friedmaniennes de "voile sur les échanges" et "neutralité" qui à priori ne servent qu'à endormir toute réflexion critique sur les enjeux colossaux qui se jouent autour de la monnaie.

Ploutopia 09/07/2009 10:56



Merci beaucoup pour ce document que j'ai immédiatement transmis au groupe monnaie www.gtmonnaie.be


Si cela vous intéresse voici un assez récent document de Holbecq et Derudder http://www.societal.org/monnaie/creationmonnaiepourlesnuls.pdf qui à le mérité d’étayer la question en commençant par le
commencement...


N’hésiter pas à intervenir sur ce blog quand vous le souhaitez et à me transmettre des articles...



Tzecoatl 29/06/2009 16:45

L'argumentaire de Bastiat est devenu sans valeur quand les banques ont procédé à la création monétaire ex-nihilo (et ce bien avant son raisonnement). On ne se passe pas d'une chose que l'on crée de nulle part. En fait on n'a rien (sauf un privilège) et on le loue. Ca ne vous rappelle rien ?

Le seul argument en faveur de l'intérêt que je connaisse vient de Frédéric Lordon, à savoir qu'il limite la création monétaire.

Mais ces intérêts étant non monétisés, ils permettent aux banques de spolier les biens d'autrui (cf mes articles sur Avox).

Ploutopia 29/06/2009 23:17



Merci pour ce commentaire éloquent ! Je fais partie d’un groupe de travail sur la monnaie
(www.gtmonnaie.be) et nous nous interrogeons toujours sur la véracité de la création monétaire ex-nihilo. Si vous le souhaitez, vous pouvez vous joindre à
nous. Nous avons également u forum de discussion : http://drupal.gtmonnaie.be/forum.


 


Ceux qui sont pour citent souvent Philippe Derudder et André-Jacques Hollebecq (www.societal.org). Ceux qui sont contre citent souvent Paul Jorion et (http://www.pauljorion.com/blog/).Helmut Creautz
(www.lesyndromedelamonnaie.fr)
Les 2 documents phares des 2 points de vue sont :


POUR : http://www.societal.org/monnaie/creationmonnaiepourlesnuls.pdf


CONTRE: http://www.lesyndromedelamonnaie.fr/mediapool/67/670611/data/MonetaryGrowth_.pdf



Une question hautement dialectique qui fait débat depuis presque 2 ans sur le blog de Paul Jorion. Qu'entend-t-on réellement par monnaie ? semble être la question principale :
monnaie centrale ? Scripturale ? Pièces et billets ? Reste également l'histoire de la poule et l'œuf qui, de la monnaie ou de la richesse est apparu en premier? http://www.pauljorion.com/blog/?p=545


C’est un long débat qui a toujours ses détracteurs et défenseurs dans lequel je ne souhaite pas entrer
tant il m’a déjà couté du temps et de l’énergie.


 


Comme vous le dites très bien dans votre article L’iniquité entre univers financier et univers productif « Lorsque vous rembourserez les mensualités, il détruira le capital engagé, mais vous réclamera en sus l’intérêt, et
c’est là que ça se gâte.»


 


Le problème majeur ne proviendrait-il pas de la différenciation du taux d’intérêt selon les agents
économiques ? (Etat, banques, entreprises, particuliers, cfr. http://creationmonetaire.blogspot.com/2009/02/je-vous-fait-un-dessin.html). Le site http://creationmonetaire.blogspot.com (Stephane Laborde) vaut le détour.


 


Je conseille également le site http://monnaiefondante.canalblog.com/ (Johannes Finckh). Seule l’exigence de rentabilité sur capital et l’insolvabilité des emprunteurs impliquent une création monétaire « ex-nihilo » via les « bons du trésor ».



calcul de taux d'intérêt 14/05/2009 14:02

Pour les calculs de taux d'intérêt, vous pouvez utiliser le site de simulation financière calcul taux interet .fr

Liens

A lire

1) Manuel d’anti-économie

2) Transition écologique & économique

3) Le retour du puritanisme au travail

4) Le désir comme désir de l’Autre

5) La Décroissance, l’Argent et Moi

6) Argent, Richesse, Valeur

 

Vie Pratique, Autonomie

AUTARCIES

ECOCLASH (voir Liens)

TERRA MATER

HABITER-AUTREMENT

ECO-BIO.INFO

EAU-tarcie (H20)

RAFFA : le grand ménage

 

Transition > POST-CAPITALISME

Villes en transition

Transition Monétaire

Transition Politique (Politique Simultanée)

Transition Culture

Eco-villages

Créatifs Culturels

Simplicité Volontaire

Demarche.org

Decroissance.org

REVOLUTION LENTE

 

Belgique

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GRAPPE asbl

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Se changer soi

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Nature & Progrès Bruxelles

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CADTM

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Frère Albert

Maisondd.be (dd humain)

 

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On peut le faire

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Frédéric LORDON

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Autres liens

Contre la pensée unique

Epuisement des ressources

Dates d'épuisement des richesses exploitables de notre planète au rythme actuel de consommation (1)

2021 : fin de l'argent
2025 : fin de l'or et du zinc
2028 : fin de l'étain
2030 : fin du plomb
2039 : fin du cuivre
2040 : fin de l'uranium
2048 : fin du nickel
2050 : fin du pétrole
2064 : fin du platine
2072 : fin du gaz naturel
2087 : fin du fer
2120 : fin du cobalt
2139 : fin de l'aluminium
2158 : fin du charbon

Notre planète n'est pas infinie. On le sait. Ses ressources sont limitées et ne peuvent satisfaire ad vitam eternam les exigences voraces de milliards d'êtres humains.

Nous devons anticiper la pénurie proche des matières premières en vivant tout simplement autrement. Sinon des guerres terribles risquent d'éclater dans un futur proche à la surface de tout le globe pour l'accaparement des gisements restants, atomisant les villes et faisant un carnage parmi les populations. Cela en moins d'une petite génération!

Si nous voulons éviter le pire, retroussons nos manches! Une nouvelle civilisation reste à inventer, ici et maintenant, plus propre, plus économe, plus respectueuse et dont l'objectif premier soit réellement le bonheur de tous et non le profit égocentrique de quelques uns au détriment de tous les autres.

Voir échéancier des ressources exploitables sur le site Terre sacrée.
(1) D'après Science et Vie hors série N° 243, construire un monde durable, de Juin 2008. http://www.mondedurable.science-et-vie.com 

Freemen

Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que :
• le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
• s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».



Au delà, comme le nom “Freemen” l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut sur son blog. L’ensemble de ces contenus doit petit à petit former une nouvelle “chaîne”, un nouveau “journal”, chacun parlant de politique, mais aussi, d’art, de ciné, de tout.

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