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Citations & Livres

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles.
[Christian ARNSPERGER]
Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force."

[Pierre RABHI]
Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI] Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.
[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]

Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]

Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD]
www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan

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Mercredi 14 mai 2008

"La domination qu'exercent les moines du Tibet est absolue. C'est l'exemple type de la dictature cléricale". Heinrich Harrer, "Sept ans d'aventure au Tibet".


"Jamais n'a existé un pouvoir théocratique aussi puissant et aussi riche dans le monde. C'était incomparable avec ce qui se passait chez nous au Moyen-Âge où les monastères devaient se faire une petite place à l'ombre des châteaux forts." Elisabeth Martens, 20 ans au Tibet.


"Les violences qui ont eu lieu à Lhassa le 14 mars 2008 ont été perpétrées par des groupes de manifestants tibétains. Les agressions visaient les Chinois (les Han) et les Hui, majoritairement des Musulmans. Des personnes ont été incendiées vives, d'autres ont été battues à mort, déchiquetées au couteau ou lapidées." Témoignages concordants des étrangers présents sur place.


"Le Tibet devient stratégiquement et idéologiquement important. Puisque l'indépendance du Tibet peut servir la lutte contre le communisme, il est de notre intérêt de le reconnaître comme indépendant (…) Toutefois, ce n'est pas le Tibet qui nous intéresse, c'est l'attitude que nous devons adopter vis-à-vis de la Chine" rapport de l'Office des Affaires Etrangères des Etats-Unis en avril 49.


Quelques faits

La rébellion armée, qui démarre du monastère de Litang, s'étend par vagues jusqu'à Lhassa, où a eu lieu la plus importante, celle qui a été écrasée par l'Armée rouge en 1959. Suite à cet événement, il était de grande importance pour les Etats-Unis d'amener l'opinion publique à croire qu'il s'agissait d'un génocide, c'est pourquoi le chiffre de 1,2 million de morts a été avancé par les autorités du Bouddhisme tibétain en exil. Plusieurs études démographiques ont démontré par la suite que ce chiffre a été inventé de toute pièce.


En outre, le Tibet n'a jamais été reconnu comme "pays indépendant". Au 13ème siècle, le Tibet est annexé à la Chine par les Mongols, et au 18ème les Mandchous ont divisé leur empire chinois en 18 provinces, dont la province tibétaine. Fin du 19ème, l'empire britannique envahit le Tibet et y installe ses comptoirs de commerce.

Cela se passe sous le règne du 13ème Dalaï Lama, qui voit dans l'occupation anglaise du Tibet une opportunité pour revendiquer l'indépendance. Il se base pour cela sur ce qu'il a appelé le "Grand Tibet" : un territoire qui équivaut à cinq fois la France, quasi le tiers de la Chine, et qui correspond plus ou moins (parce qu'il n'y avait pas de cartes à l'époque) à ce qu'était le Tibet à la fin de la dynastie des Tubo, au 9ème siècle. C'est comme si maintenant on revendiquait l'empire de Charlemagne!


Et la "répression chinoise" alors?

La pratique religieuse est loin d'être réprimée. Il faudrait être vraiment de mauvaise foi pour prétendre le contraire! Ou bien, il faut n'avoir jamais été au Tibet. Dans l'enseignement, le bilinguisme est obligatoire et pratiqué dans toutes les écoles que nous avons visitées (primaires, secondaires et supérieures) ; des instituts de tibétologie ont été ouvert à l'intention des jeunes tibétains (ou autres) qui désirent approfondir l'étude de la culture tibétaine : y sont donnés des cours de langue, de médecine, de théologie, de musique et danse, de pratiques artisanales, etc.


Que dit le droit international? "Chaque pays a le droit d'utiliser la force contre des mouvements d'indépendance qui vise à la division du dit pays". Imaginez le foin que cela ferait en France si le mouvement séparatiste corse se mettait à incendier des passants français en plein Ajjacio!


Ce qui est interdit et sévèrement puni est toute tentative de "séparatisme", ou de division de la Chine. Cela peut être des actes qui paraissent anodins chez nous, comme porter le drapeau tibétain en rue (drapeau qui a été inventé en 59, lors de l'exil, et qui a donc une couleur politique), ou distribuer des tracts en rue, ou distribuer la photo du Dalaï Lama (qui est une effigie politique), ou organiser des manifestations, etc. Pour ce genre d'actions, il y a très rapidement (trop rapidement sans doute?) arrestation, et parfois emprisonnement. La Chine est drastique à ce sujet parce qu'elle sait que le soutien à ce mouvement pour l'indépendance du Tibet est énorme, que ce soutien vient de l'Occident et vise la division de la Chine. Le contentieux ne concerne pas tant les six millions de Tibétains de Chine face à la Chine, mais c'est un contentieux qui oppose la Chine à l'Occident et qui s'exprime par le malaise économique que connaît actuellement le Tibet.


Qu'on dise chez nous que la Chine est "répressive", d'accord dans une certaine mesure, mais expliquez-moi comment il se fait alors que proportionnellement elle compte cinq fois moins de prisonniers qu'aux Etats-Unis? Qu'on dise chez nous que la Chine est "totalitaire" : d'accord pour dire qu'elle reste communiste, mais est-ce automatiquement synonyme de "totalitaire"? D'ailleurs, ce qui nous gêne, ce n'est pas tant qu'elle soit communiste, mais c'est qu'elle protège son "territoire économique" : ni les Etats-Unis ni l'Union Européenne ne peuvent y faire ce qu'ils veulent à leur propre guise, et cela ne plaît pas du tout aux multinationales. Les investissements étrangers en Chine ne dépassent pas 3% : ce n'est pas un beau cadeau pour nos multinationales!


Pourquoi un tel sentiment pro-Tibétain en occident, notamment dans les médias?

L'opinion publique suit les médias et les médias obéissent aux intérêts économiques. Ne vit-on pas dans une dictature économique chez nous? La censure est aussi réelle ici qu'ailleurs, mais mieux camouflée. En Occident, on n'est pas enfermé en prison pour ses opinions, mais bien dans sa tête, puis dans la maladie qui en résulte. Je me demande parfois ce qui vaut mieux. Donc votre question réelle devient : "comment expliquer le sentiment pro-tibétain véhiculé par notre système économique"? Ni les Etats-Unis, ni l'Europe n'apprécient les avancées fulgurantes de la Chine sur la scène internationale. Tous les coups sont bons pour la contrecarrer : "Il faut foutre le bordel pendant les JO à Pékin!" crie Cohn-Bendit dans son discours en séance plénière à propos du comportement que l'Union Européenne doit adopter face à la Chine. Ceci, pas même une semaine après les événements qui ont enflammé le cœur de Lhassa! C'est assez monstrueux, mais cela démontre par "a+b" que le "grand monde de la diplomatie et du trust financier" n'a cure du Tibet, ce qui lui importe c'est "foutre le bordel en Chine".


Comment faire avaler cette pilule au grand public occidental, en ne perdant surtout pas l'approbation des intellectuels? Pour cela, on fait appel à Sa Sainteté qui par son sourire de neiges éternelles ferait fondre un chat devant une souris. Le Bouddhisme tibétain ne s'est-il pas habillé de ses plus beaux atours pour séduire un Occident "en vide de valeurs spirituelles"? Entré chez nous en surfant sur la vague du "retour aux sources" des années 70, il ne lui fut pas difficile de se faire passer pour le dharma, présenté à nous comme un "athéisme spirituel", une philosophie de vie, un mode d'être, une thérapie intérieure, etc., bref, tout sauf une religion.


Or, si on y regarde d'un peu plus près, le Bouddhisme du Bouddha est déjà une religion puisqu'il propose une transcendance : un au-delà des souffrances résultant de nos limites physiques et temporelles. Est-ce qu'un au-delà, ou une transcendance, n'implique pas une foi? Le Bouddhisme tibétain est encore plus une religion, puisqu'il a réintroduit des dogmes, dont le plus fameux : la réincarnation, justement celui contre lequel s'est insurgé le Bouddha en personne! La réincarnation a été remise à l'honneur par le Bouddhisme tibétain au 14ème siècle, pour pouvoir officialiser la succession de l'héritage spirituel, temporel et, surtout, matériel d'un Rinpoché (ou responsable de monastère) vers le suivant, par le système des tulkous (qui compte avec la croyance en la réincarnation). Etre responsable d'un monastère au Tibet à l'époque féodale, c'était être grand propriétaire foncier : les terres, et les biens sur ces terres, y compris les serfs, appartenaient au monastère. Cela explique pourquoi il y eut tant d'assassinats dans les rangs du haut clergé tibétain et de guerres entre les différentes écoles du Bouddhisme tibétain.


Bref, le Bouddhisme, grâce à son caractère très plastique s'est adapté aux différents environnements où il a élu domicile, que ce soit au Tibet, ou au 20ème chez nous... où Sa Sainteté le Dalaï Lama se plait à nous servir quelques louches de démocratie, avec une cuillère à soupe de Droits de l'homme, et autant de liberté d'expression, à mélanger consciencieusement à une bonne pincée de tolérance et de compassion bouddhistes, et on obtient une pâte bien lisse prête à enfourner dans les hauts fourneaux médiatiques pour en faire une succulente tarte à la crème! Que le Bouddhisme s'adapte, c'est un signe de bonne santé! Ce qui est beaucoup plus malsain, c'est un Dalaï Lama qui fait passer le Bouddhisme tibétain pour une non-religion (une philosophie) de tolérance et de compassion dénuée d'implications politiques. Là, il y a vraiment de quoi s'esclaffer (bien que ce ne soit pas une bonne blague)!


Extrait d'un entretien avec Elisabeth Martens auteur du livre "Histoire du Bouddhisme tibétain, la Compassion des Puissants", L’Harmattan 2007.


Voir aussi

* Le mythe du Tibet

* Bio branchés, BT-light ou dalaïstes convaincus : de quelle gauche s'agit-il?

* Dalaï Lama et Waffen SS

* Mon collègue revient de Chine et…

* Je ne suis pas d'accord avec le boycott des J.O. et la propagande anti-chinoise

* 5 questions à propos du soulèvement du Tibet

* Quelles issues pour la crise Chine-Tibet?

* La CIA sponsor du Dalaï Lama

* La "démocratie", la parure trompeuse du Dalaï-Lama

par Ploutopia publié dans : DEMOCRATIE
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Lundi 5 mai 2008

En Bolivie, le processus de changements pour les majorités court le risque d'être brutalement restreint. L'arrivée au pouvoir d'un président indigène (Evo Morales), élu avec un soutien sans précédent dans ce pays, et ses programmes de bénéfice populaire et de récupération des ressources naturelles, ont dû affronter dès les premiers moments les conspirations oligarchiques et l'ingérence impériale.

 

Récemment, l'escalade conspirative a atteint ses niveaux maximaux. Les actions subversives et anticonstitutionnelles avec lesquelles les groupes oligarchiques prétendent diviser la nation bolivienne, reflètent la mentalité raciste et élitiste de ces secteurs et constituent un très dangereux précédent, non seulement pour l'intégrité de ce pays, mais aussi pour celle d'autres pays de notre région.

 

 

Interview avec Evo Morales

- Où en est la refondation promise pour la Bolivie ?

Evo Morales : Elle progresse avec des hauts et des bas, avec l’opposition des milieux conservateurs, qui ne veulent pas perdre leurs privilèges. Ils n’acceptent pas que la nationalisation des hydrocarbures ait été blindée et soit garantie par de nombreux mécanismes légaux et constitutionnels ; ils n’acceptent pas que le pouvoir ait été transmis au peuple et ne soit plus le privilège de quelques familles, d’une oligarchie. Je veux dire le pouvoir économique et le pouvoir politique.


- Savez-vous s’il existe des groupes paramilitaires dans le pays ?

E.M : Je le sais, et je prévois une chose : nous avons une photographie de l’ambassadeur des États-Unis avec un paramilitaire colombien, prise récemment ici en Bolivie. Heureusement, le paramilitaire a été arrêté et se trouve en ce moment en prison. Nous avons des informations sur la présence, dans notre pays, de forces paramilitaires armées et organisées, formées par des éléments de droite et des délinquants. Lorsque la droite ne peut plus mobiliser comme elle le faisait auparavant, elle passe à l’extrême : le paramilitarisme.

- Il y a eu récemment des attentats contre un consulat vénézuélien en Bolivie, contre les maisons de certains médecins cubains, et aussi l’occupation de l’aéroport. D’où émanent ces actions, politiquement ?

E.M : Il existe une droite interne et une droite externe. L’interne vient des groupes oligarchiques, l’externe de l’ambassade des États-Unis. Avant d’être affecté en Bolivie, l’ambassadeur, Philip Goldberg, a été chef de la Mission des États-Unis au Kosovo, après avoir été le bras droit de l’ambassadeur en Bosnie, Richard Holbrooke, d’où est partie l’implosion de la Yougoslavie. [Pendant dix ans, Philip Goldberg a servi en Yougoslavie où il a contribué à provoquer les séparatismes et les guerres civiles servant les intérêts des Etats-Unis. Son expérience ressert. Et rappelons que la CIA déverse des dizaines de millions de dollars en Bolivie à travers ses ONG-paravents : NED, USAID, Freedom House...]

- Quelles sont vos relations avec le Brésil ? L’entreprise des pétroles du Brésil, Petrobras, se comporte-t-elle comme faisant partie d’un gouvernement ami ou comme une entreprise classique qui ne connaît pas d’amis ?

E.M : Il est difficile de s’entendre avec les entreprises, elles ont un seul intérêt, multiplier leur capital. Le président du Brésil essaie de résoudre les problèmes que nous avons avec ladite entreprise, et j’ai beaucoup de respect pour Lula, avec qui nous sommes en train de préparer une réunion en Bolivie, avant la fin de l’année. Je continue de considérer le camarade Lula comme un grand frère et le Brésil comme un grand pays. Nous sommes ici pour résoudre les problèmes, limiter les conditionnements et garantir les investissements.

- On a beaucoup critiqué votre chavisme, bien que critiquer Chávez soit un sport très pratiqué. Y a-t-il des divergences entre le président du Venezuela et vous ?

E.M : Nous sommes différents, mais tous les deux à la recherche de l’égalité, de la justice et de la réduction des inégalités entre les familles et les continents. Notre grande similitude est que nous avons des démocraties de libération et non soumises à l’Empire, nous sommes orientés vers la Vie et l’Humanité, non seulement en Amérique latine mais pour tous les êtres humains de la planète Terre. Nous faisons cependant partie d’un mouvement indigène, nous recherchons l’harmonie avec la Mère Terre. Le socialisme et le marxisme visent uniquement à résoudre le problème de l’être humain, non celui de la Terre. En revanche, nous devons parler de l’environnement, de comment sauver une planète malade.

- Et les agrocombustibles ?

E.M : Je ne partage pas cette idée. Il n’est pas possible que la Terre et ses produits servent les automobiles au lieu de la vie humaine.

- La coca est un sujet sur lequel on attaque souvent la Bolivie. Vous avez parlé d’industrialisation de la coca, où en est cette affaire ?

E.M : Je le dis en toute clarté : la libre culture de la coca n’est pas possible, mais il n’est pas possible non plus d’atteindre le niveau zéro de la coca. Parler de libre culture signifie produire un excédent pour le marché illégal, parler de zéro coca serait méconnaître sa qualité : parler de zéro coca revient à parler de zéro mouvement indigène. Mais la lutte contre les narcotrafiquants que mènent les États-Unis est un prétexte qui cache une lutte à caractère géopolitique. Avec la lutte contre le narcotrafic, les États -Unis créent des bases militaires. Ce que l’on prévoit pour la nouvelle Constitution, c’est que la Bolivie n’accepte pas de bases militaires sur son sol, des États -Unis ou d’autres pays. Si nous parlons de lutte réelle et effective contre le narcotrafic, alors il faudra s’occuper non seulement de l’offre mais aussi de la demande. Et la demande vient de vous, de l’Occident. Et ensuite, il faudra s’occuper également du secret bancaire. Il n’est pas possible que des États et des nations protègent le narcotrafic au moyen du secret bancaire.

- Que pensez-vous d’Ahmadinejad, avec lequel vous venez de signer un accord nucléaire ? A-t-il droit à un programme atomique ?

E.M : Les accords et les relations commerciales et diplomatiques de la Bolivie ne seront jamais orientés vers des politiques qui se proposent de supprimer des vies, nous sommes en faveur d’une culture de la vie, et jamais nous ne poursuivrons de programmes qui la menacent. Certains pays critiquent les programmes nucléaires, mais qui peut le faire ? Uniquement ceux qui ne disposent pas de telles armes. De quel droit certains pays dotés de grands arsenaux nucléaires mettent-ils en question les armes des autres ? Ou tous ou aucun. Pour nous, mieux vaut aucun. Dans les guerres, ce sont les pauvres qui perdent et les riches qui gagnent, la guerre ne sert qu’à quelques groupes pour continuer à accumuler du capital.

Extrait d'une interview avec Evo Morales: Il y a un risque de coup d'État

 

Plus d'informations
Des centaines de personnalités internationales dénoncent les plans de déstabilisation

Un sénateur bolivien explique la situation à ses amis étrangers

Contre la réforme agraire

par Ploutopia publié dans : DEMOCRATIE
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Samedi 26 avril 2008

En juillet 2008, il est question de faire voter au parlement un décret (une loi) appelé "Partenariat Public Privé" (PPP).

 

Il s'agit de financer les travaux de réfection des écoles francophones par des emprunts bancaires.


Ce type de financement, déjà pratiqué en Angleterre et au Québec est désastreux: qualité générale de l'enseignement et des infrastructures en baisse, gestion marchande des écoles et terrible hausse de la dette publique (montant, intérêt et durée pharaoniques).


 

Exemple: un taux de 7% d'intérêts, sur une durée de 27 ans pour montant d'un milliard implique un remboursement de 2.3 milliards au terme de l'emprunt! Soit 1.3 milliards pour les banques.

 

Même si l'inflation peut réduire ce montant, c'est toujours le contribuable (vous et moi) qui paye pour un chiffre, un simple encodage électronique. Le risque? Quel risque? Même en cas de mauvaise appréciation des banques (subprime), au finish, c'est toujours l'état (la société) qui paye (idem pour les "fonds souverains").


Mais le plus impressionnant, c'est que l'état n'a légalement aucun droit de regard sur la gestion et l'allocation de crédits par les banques (article 108 du traité de Lisbonne).


De plus, un crédit bancaire privé est LéGALEMENT convertible en monnaie fiduciaire issue par le gouvernement: dollars, euros, livres, etc. Une fois accepté, plus moyen de distinguer un crédit privé d'un billet public. Il est important de savoir que les crédits bancaires (monnaie scripturale) représentent 95% de la masse monétaire mondiale, alors que les pièces et billets réellement palpables et effectivement produits avec un certain coût par le gouvernement représentent seulement 5% de la masse monétaire mondiale.


Plus d'infos sur le lien http://www.box.net/shared/8200vtbcow,  après un "click" sur le bouton "preview"


Signer la pétition NON aux Partenariats Publics Privés

 

Pour en savoir plus sur la création monétaire, notre endoctrinement et notre dépendance financière, je recommande vivement la vidéo "MONEY AS DEBT" sur le site www.gtmonnaie.be

par Ploutopia publié dans : FINANCE
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Vendredi 25 avril 2008

Il était une fois, aux États-Unis, pays de cocagne, d’aimables philanthropes accourus au chevet des pauvres (pas trop, mais assez pauvres quand même) pour leur offrir de les aider à acheter une maison. Ces bienfaiteurs prêtaient, presque sans contrepartie, de l’argent à qui en manquait. Les pauvres n’auraient qu’à rembourser tout doucement, à leur main, tout en jouissant sans délai de leurs nouveaux murs et de leur petit bout de jardin, récompense inespérée de toute une vie de labeur. Hélas, tout ça était trop beau pour être vrai. Et le généreux donateur n’était qu’un filou. Se prévalant bientôt de la signature qu’il avait obtenue du candide, il faisait observer que le prêt pour ainsi dire gratuit au début ne l’était plus du tout ensuite. Et que la signature faisait obligation au pauvre de rembourser finalement beaucoup plus qu’on ne lui avait prêté. Et cela dans de telles proportions que le pauvre, bientôt incapable de faire face à sa dette, n’avait d’autre recours que de lui céder sa maison. À lui ou à un autre, car, entre-temps, le filou avait revendu l’acte de propriété à un autre filou qui lui-même s’était empressé de le céder, contre finances, à un troisième.


Mais, quand l’acte de propriété parvint au dernier acquéreur, toute la corporation des filous ayant tenté de revendre des maisons mal acquises au même moment, il ne valait plus rien. Alors, tel est pris qui croyait prendre ? La fable des « subprimes » serait-elle donc morale ? Pas vraiment. Car si le pauvre est encore beaucoup plus pauvre, et n’a plus que ses yeux pour pleurer, le premier filou et le deuxième, eux, se sont grassement enrichis avant de s’égailler dans une nature sauvage. Et le dernier, me direz-vous ? Celui qui a acheté un titre de propriété qui ne vaut plus rien, que devient-il ? Lui aussi a perdu beaucoup d’argent. À la fois beaucoup plus que le pauvre, et beaucoup moins à l’échelle de sa fortune. Mais il appartient à la race des puissants. Et, s’il chute, chacun sait qu’il peut entraîner beaucoup de monde dans son naufrage. Tous ceux, notamment, qui ont besoin de son argent pour inventer, demain, d’autres belles et véridiques histoires comme celle des « subprimes ». Dieu merci, au pays de cocagne, il y a un gouvernement pour lui rendre justice... et son argent. Et que fait le gouvernement pour rendre son argent au dernier des filous ? Il prélève un impôt. Et qui le paye, cet impôt ? Eh bien, c’est le pauvre, bien sûr, lui et tous ses semblables. On exagère ? Pas vraiment, car si notre fable ­ parfaitement immorale ­ s’arrête là, c’est qu’elle est tout juste sur le point d’être rattrapée par la réalité. Il est de plus en plus fortement question que l’État américain cautionne ces prêts immobiliers réduits à néant. Selon un économiste, cité lundi par le Monde, cela devrait coûter « au moins 500 milliards de dollars au contribuable américain ».


Ce qui fait beaucoup de pauvres qui paieront longtemps, très longtemps, pour rembourser une dette qui n’est pas la leur et effacer une turpitude dont ils ne sont pas coupables, et dont certains ont été les premières victimes. Et si cela ne se fait pas, alors c’est tout le « système » qui s’effondrera, affamant des millions de petites gens. Les mêmes, toujours les mêmes. L’histoire est édifiante. Elle n’a qu’un défaut. Dans la réalité, ces « filous » ne sont pas vraiment des filous. On les a reconnus : ils sont courtiers, et, en bout de chaîne, banquiers. Ils ne font que leur métier. Ils ne commettent aucun délit. C’est le système tout entier qui est « filou ». Cette arnaque n’est pas une arnaque, c’est ce qu’on a coutume d’appeler le « capitalisme financier » ou le « néolibéralisme ». Les gros spéculent, les petits sont spoliés. Normal. C’est la règle d’un système sans règles. Et cette déréglementation planétaire, ce sont des politiques qui l’ont voulue. On pourrait imaginer qu’ils s’en repentent. Surtout quand ils sont ­ comment dit-on ? ­ « de gauche », et se réclament de la défense des pauvres. Mais pas du tout, ils en rajoutent au contraire.


C’est ainsi que le tout récent
traité de Lisbonne (celui qui n’a même pas été soumis au suffrage du peuple) confirme le système et l’institutionnalise en Europe. Voyez cet article 56, qui interdit toute entrave à la circulation des capitaux et prive les politiques de tout moyen d’action. En nous associant à la pétition d’économistes européens qui en demandent l’abrogation, nous n’avons certes pas l’illusion d’endiguer comme par magie la crise qui nous menace. Mais nous voulons au moins marquer un coup d’arrêt et commencer à rendre à la politique son pouvoir sur cette finance si imaginative quand il s’agit de capter pour elle toutes les richesses du monde.


[Un article de Denis SIEFFERT sur Politis.fr
]

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Groupe de Travail sur la Monnaie


Les Faux Monnayeurs   

 


par Ploutopia publié dans : FINANCE
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Jeudi 24 avril 2008

L'appât du gain et une législation ultra permissive ont laissé libre cours à la fantaisie financière des banquiers pour le plus grand bonheur des spéculateurs. C'est ainsi que toute l'économie mondiale est aujourd'hui menacée, c'est-à-dire en fin de compte ceux qui vivent de leur travail.

 

 

L'objectif de cette pétition est de porter sur la place publique la question centrale de l'arraisonnement de la finance libéralisée: crise des crédits immobiliers (subprime); crise alimentaire; dégradation des conditions salariales; dégradation de l'environnement; crises bancaires et financières; scandale des paradis fiscaux.

 

Des économistes et des sociologues français, allemand, britanniques, suisses et autres, auteurs de publications de haut vol, ont initié ce mouvement et cette pétition. Ils connaissent les ficelles du système. Aujourd'hui, la coupe est pleine, ils se mobilisent pour dénoncer cette dramatique comédie mondialisée dans laquelle nous baignons depuis trop longtemps. Ils disent STOP: stop à la spéculation, à l’asservissement des sociétés à la finance, à la marchandisation du monde, à la privatisation des profits et à la collectivisation des pertes. Ils commencent par exiger l’abrogation de l’article 56 du traité de Lisbonne qui interdit toute restriction aux mouvements des capitaux. Ils poursuivront par l'exigence de la mise sous contrôle public du système bancaire. Finalement, l'objectif global consiste en une attaque de la pensée néolibérale en son cœur (autorégulation des marchés, non classification des capitaux, neutralité de la monnaie, spéculations abusives).

 

Ils ont besoin de toi, de vous, de nous tous, pour tenter de remettre à leur place ceux qui contrôlent l'information et détiennent les leviers du pouvoir.

Plus d'informations:

Groupe de Travail sur la Monnaie


Les Faux Monnayeurs 

par Ploutopia publié dans : FINANCE
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Lundi 10 mars 2008
L'ancien Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz est devenu, en travaillant en équipe avec l'économiste Linda Bilmes, le spécialiste du décompte du coût réel de la guerre en Irak. Les deux auteurs viennent de publier The Three Trillion Dollar War, livre qui analyse le coût réel de cette guerre dans toutes ses implications et toutes ses dimensions.

 


Les chiffres cités sont considérables, soit 3.000 milliards de dollars pour les Etats-Unis et autant estimés pour le reste du monde, en premier lieu les Britanniques et, évidemment, les Irakiens eux-mêmes. On rappelle à titre de comparaison que le budget annuel de la guerre en Irak pour le Pentagone est estimé de 400 à 800 milliards de dollars.

 

Pour cette guerre, les Etats-Unis dépensent 16 milliards de dollars par mois, soit l'équivalent du budget annuel de l'ONU. Joseph Stiglitz et Linda Bilmes indiquent que les 3 000 milliards de dollars auraient pu financer la construction de 8 millions de logements, 15 millions de professeurs, les soins de 530 millions d'enfants, des bourses d'études pour 43 millions d'étudiants, offrir une couverture sociale pour cinquante ans aux Américains.

 

Le livre analyse l'ensemble des postes de dépenses, en comprenant tous les soins donnés aux nombreux blessés de la guerre, et d'autres éléments mal connus parce que cachés, que les auteurs ont pu obtenir uniquement en s'appuyant sur leur notoriété. Il montre également les mensonges permanents de l'administration, ceci dès le début de la guerre. Le vice-président estimait alors qu'elle pouvait être payée très vite par les bénéfices provenant de la vente du pétrole irakien.

 

Les auteurs font apparaître un autre phénomène, particulièrement significatif de la réalité de la crise politique aux Etats-Unis. Les 3 trillions de dollars qui manquent au budget correspondent en gros aux coûts estimés de la crise du subprime et autres manques à gagner en chaîne. Cette crise économique aurait pu être évitée si l'argent public consacré à la guerre avait été dès le début utilisé pour favoriser l'investissement productif civil. Mais aujourd'hui, l'Amérique devra faire face à un "découvert" de 6 trillions de dollars. Qui paiera? Aussi robuste que soit son économie, ce ne seront pas les épargnes internes. Faudra-t-il faire appel aux fonds souverains des pays du Golfe? Ce serait une bien mauvaise nouvelle pour l'indépendance américaine au regard de la lutte que mène par ailleurs le pays contre les fondamentalistes islamiques. Curieusement, note Joseph Stiglitz, les candidats à l'élection présidentielle n'envisagent aucune solution sérieuse, ni pour arrêter la saignée de la guerre qui va s'amplifier encore, ni pour rendre l'économie plus résiliente. La perspective d'un effondrement du dollar et avec lui l'extinction des dettes paraît à certains la seule porte de sortie. Mais les plaies, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde, seraient immenses.  

 

Tout ceci conduit à s'interroger (vieille interrogation il est vrai). Comment un pays supposé gérer de façon intelligente, sinon scientifique, peut-il se laisser entraîner dans de tels pièges? Aveuglement, incompétence? Nous répondrions pour notre part volonté délibérée du lobby militaro-industriel. Ces trillions de dollars sont allés dans les poches de quelques uns, n'est-ce pas?

 

JPB. 28/02/08

Plus d'informations:

http://www.timesonline.co.uk/tol/comment/columnists/guest_contributors/article3419840.ece

 

http://www.democracynow.org/2008/2/29/exclusive_the_three_trillion_dollar_war

 

 

par Ploutopia publié dans : FINANCE
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Jeudi 6 mars 2008

Après avoir subi des siècles de colonisation, de spoliations territoriales, d'exploitation, de traite, de génocide, les peuples du tiers-monde et plus particulièrement les plus vulnérables d'entre eux, les populations autochtones et tribales, sont confrontés depuis quelques décennies à un mal peut être encore plus insidieux et mortel, le développement.

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Au sud, plus particulièrement au sein des communautés autochtones, le développement s'est brutalement abattu sur des sociétés dont les acquis collectifs, transmis depuis des centaines de générations, le plus souvent oralement, avaient permis non seulement une vie certes élémentaire (quoique), mais également l'épanouissement et une certaine évolution. En effet, loin d'être caractérisées par un immobilisme (une idée hélas bien ancrée en occident, même parmi les spécialistes!), ces communautés avaient progressé à leur rythme (notamment au contact des sociétés voisines), selon une ligne d'évolution propre, originale, respectueuse de l'autre et de l'environnement. Beaucoup de ces sociétés possédaient (et possèdent encore pour certaines d'entre elles des structures sociales et politiques, une culture, des traditions, des techniques, un art, un imaginaire mais également des structures de production et d'échange constituant une économie domestique restant enchâssée dans le reste du corps social. Il faut cependant reconnaître que ces sociétés peuvent hélas être parfois le lieu d'une exploitation de l'homme par l'homme, ces faits allant bien entendu à l'encontre de l'organisation de ces groupes où prime l'intérêt commun.

 

Au sein de ces sociétés traditionnelles, la terre et l'homme sont au centre de la vie sociale. L'Homme appartient à la terre, la mère de tous, il doit la gérer au plus juste dans un souci constant de transmettre aux générations suivantes une terre viable et non dégradée (très souvent leurs mythes se fondent sur l'idée de la circulation et de la transformation des êtres spirituels, animaux et humains, dans un système d'interdépendances dont le maintien est indispensable à la survie de la société humaine comme de la nature qui les entoure). L'agriculture, la chasse, la cueillette et ‘élevage sont par essence des actes sociaux, respectueux des écosystèmes les aborigènes d'Australie organisaient se- on des rotations très précises leurs cueillettes et leurs chasses respectant les rythmes de reproduction les éleveurs nomades Touareg et Peul, afin d'éviter la surexploitation d'un environnement fragile, se déplacent inlassablement au rythme des saisons, etc. Ici la terre n'est pas synonyme d'appropriation privée, elle est partagée, gérée en commun selon des modes stricts d'usufruit souvent séculaires. Le primat du collectif (société holiste) sur l'individuel rejoint le primat des sphères sociale et culturelle sur la sphère économique: l'économique reste à sa place, c'est-à-dire soumis aux dictats des sphères qui lui sont supérieures et qui dictent leurs lois. Cela ne veut pas dire que ces sociétés ne produisent pas, ne consomment pas, n'échangent pas, elles le font, mais selon des règles différentes de la logique économique occidentale : ainsi la valeur d'usage prime sur la valeur d'échange, s'échange lui-même est symbolique- et non-marchand, fondé sur le jeu du don et du contre don désigné par certains spécialistes sous e noble terme de réciprocité, et en fin de compte, ce qui domine, c'est l'intérêt commun, la survie du groupe, un certain bonheur collectif et non l'appât du gain, le profit individuel, le bien matériel, pour résumer, l'avoir sur l'être.

 

C'est sur ces peuples autochtones, ces populations et  ces tribus du bord du monde, déjà fortement ébranlés par une histoire marquée par la conquête territoriale, la soumission, l'exploitation, la colonisation, l'ethnocide, que s'est abattu, il y a quelques décennies, le rouleau compresseur du développement le choc fut frontal, déstructurant, déculturant, instaurant le vide, le néant et précipitant la disparition de nombreuses sociétés autochtones.

 

Les conséquences du développement pour les peuples autochtones

Le système économique international, par l'intermédiaire des grands projets de développement soutenus par les structures financières internationales et, de manière plus insidieuse, nombre de petits programmes (qui partent d'un bon sentiment certes mais qui ne sont bien souvent que le fer de lance de l'entreprise développementiste) exproprient les peuples autochtones de leurs territoires ancestraux, pillent leurs sous- sols, détruisent les rapports qu'ils entretiennent avec la nature, leurs ancêtres, leurs dieux, le cosmos. Cette vaste et efficace entreprise de dépossession concerne également les relations sociales, le domaine culturel et symbolique, les savoirs ancestraux, les rapports au temps, à l'espace, à la vie.

 

Devant une telle déferlante de puissance, les peuples autochtones sont réduits au rang de spectateurs de ces multiples spoliations déforestation massive, pêche industrielle, agriculture intensive, exploitations minières, immersion ou enfouissement de déchets toxiques, barrages hydroélectriques, etc.

 

Pressions territoriales

Les zones de vie de bon nombre de peuples autochtones sont devenues des zones d'aménagement, des pôles de développement, aux ressources végétales, minières et énergétiques convoitées par les entreprises nationales et surtout transnationales. Une seconde colonisation est en marche elle a débuté sous les caméras de courageux témoins[1] lors de la pacification d'une partie de l'Amazonie en vue de son percement par une route, la célèbre transamazonienne, à des fins de prospection des sols et des sous-sols.

 

L'exemple du bassin amazonien est le plus connu mais nombre d'autres territoires plus petits, dans les autres forêts tropicales ou équatoriales, dans les espaces désertiques, dans les savanes africaines ou au sein de régions montagneuses peu accessibles, ont subi et subissent encore cette véritable ruée vers la terre et ses richesses que l'on exploite, que l'on surexploite, que l'on transforme rapidement en vrai désert.

 

Cette première forme de pression, qui a pour cible les terres et les ressources des peuples autochtones et qui correspond à la perte des terres et des ressources vitales, a entraîné la disparition de nombre de communautés autochtones et constitue le principal facteur d'ethnocide dont ces peuples sont victimes. En effet, pour ces populations, la terre n'est pas un facteur de production ou une ressource productive quelconque. La terre, c'est avant tout l'habitat, le socle de l'autonomie et de l'autosuffisance, la base de l'organisation sociale et spirituelle chargée de mythes et de croyances, elle est l'élément central des représentations sociales et cosmologiques. Ainsi, la terre n'est pas vue au travers du prisme de l'économie, détachée du corps social, elle est la mère de chacun, que l'on respecte, que l'on vénère, que l'on transmet en l'état aux générations futures. La perte de la terre au nom du développement, c'est en définitive pour les peuples autochtones l'impossibilité de survivre en tant que communautés distinctes.

 

Pressions économiques

L'autre danger qui menace les communautés autochtones, ce sont es pressions économiques, conséquence de la mise en pratique de l'orthodoxie économique à travers des pratiques de développement qui peuvent se décliner sous diverses formes, du capitalisme privé au socialisme étatique en passant par es sous-produits s'y rattachant. Cela signifie que les formes d'organisation économique antérieures sont condamnées à disparaître ou à devenir de nouveaux sous-produits. Ainsi, l'économie domestique des peuples autochtones, fondée sur ‘artisanat, les communautés rurales, l'utilisation raisonnable des fruits de la nature dont le but est la satisfaction des besoins matériels de la communauté, sans souci de surplus, de profits, de concurrence, se trouve balayée par une autre économie dont les lois s'imposent rapidement à l'ensemble du corps social.

 

La monétarisation de l'économie entraîne de nouveaux besoins de consommation, introduit de nouveaux biens venant se substituer à la consommation traditionnelle et substitue aux anciennes occupations peu "lucratives", le travail salarié qui va décider d'autres habitudes de consommation et ainsi de suite l'économicisation de la société est en marche... et semble être irréversible. Une fois la brèche ouverte, d'autres croyances (le mimétisme, la standardisation, le consumérisme) partent à l'assaut de modes de vie condamnés.

 

Économiquement, l'occident agit comme un véritable prédateur des sociétés traditionnelles, de façon directe (le pillage) ou indirecte (l'échange inégal, les transferts de plus value et de profit, la dépendance, etc.). C'est, comme le précise Serge Latouche, la logique du dominer pour prendre[2]. Mais, selon lui, une autre logique encore plus pernicieuse que cette dernière est à l'œuvre, c'est la logique du donner pour dominer ou plus simplement le piège du don c'est en donnant que l'occident acquiert le pouvoir et le prestige qui engendrent la véritable déstructuration culturelle. Les sociétés peuvent se défendre contre la violence et le pillage. Si elles ne sont pas détruites, elles peuvent résister et sont peu enclines à abdiquer leur identité culturelle en faveur de celle de l'agresseur. En revanche, tout les prédispose à se présenter désarmées et sans défense devant le don. On ne refuse pas la médecine qui sauve la vie, le pain qui soulage la misère, l'objet inconnu et magique qui séduit et dont on peut retirer du prestige dans sa propre culture [3] .

 

On le sait, le don est la base de la vie sociale des sociétés traditionnelles, il est au centre des alliances au sein du groupe, il permet de se lier aux autres membres de la société, il est, selon le principe de réciprocité, toujours suivi d'un contre-don qui va appeler un nouveau don, parcours cyclique sans cesse renouvelé. Le don de l'occident est d'une tout autre nature, c'est un don à sens unique, sans voie de retour c'est-à-dire sans contre-don ; l'occident donne sans rien accepter en retour, il n'attend rien de l'autre. Ce don-là marque la supériorité du donateur en même temps qu'engendre l'asphyxie du receveur. En effet, le principe de réciprocité, au centre des rapports sociaux et de représentations symboliques ne fonctionne plus que dans un sens, c'est-à-dire à vide : ne pouvant qu'accepter, ne pouvant rien donner, offrir en échange, les sociétés tournent à vide. Face à ce vide introduit en partie par le piège du don, ces sociétés ne vont plus se considérer à travers leurs mythes fondateurs autrefois si puissants, mais à travers le regard de l'autre ; elles vont ainsi se découvrir bien rapidement non pas primitives mais ridicules, non pas pauvres mais misérables. Face au tout économique de l'occident, ces sociétés de refus de l'économie[4] (prééminente), "anti-économiques" par essence pourrait-on dire, apparaissent bien dénuées face à un monde en voie d'économicisation accélérée. Sur ce terrain-là, elles sont bel et bien vaincues, ethnocidées.

 

Pressions culturelles

Du danger économique aux pressions culturelles.., il n'y a qu'un pas tant les deux notions sont liées. En effet, en mettant l'économie au centre de tout au sein de la société, les autres sphères apparaissent atrophiées, soumises aux dictats d'un paradigme que l'on peu considérer avant tout comme anti-culturel. L'intrusion de cette autre économie par les chemins divers que nous venons de présenter s'apparente à un véritable séisme sociétal du point de vue des comportements sociaux, culturels, religieux, psychologiques.

 

Ainsi, et pour ne prendre qu'un exemple parmi tan d'autres, les quelques dizaines de milliers de rescapé du peuple Aborigène d'Australie, le plus vieux peuple du monde pour certains, vivent (à quelques exception près) soit au sein de réserves dans les zones semi-désertiques de l'intérieur, soit dans de misérables banlieues urbaines. Les uns ne subsistent que gràce au; maigres subsides des autorités et une culture folklorisée, les autres, assimilés au mode de vie des blancs constituent un sous-prolétariat: les uns comme les autres connaissent la délinquance, l'alcoolisme, la désocialisation, le suicide, conséquences de la culture du vide, de la perte d'identité véhiculée par des siècles d'ethnocides multiples.

 

Le développement ne doit pas simplement être considéré comme une politique économique mais comme une modification de l'ensemble des principes, non seulement économiques mais également sociaux, culturels, symboliques, sur lesquels repose une société. Le développement est devenu un culte, le mythe des temps modernes, les non-développés, les sous-développés sont en retard et doivent à tout prix réussir à prendre le train en marche. Cette course effrénée du rattrapage, cette fuite en avant vers cette modernité qu'incarne le développement est considérée bien souvent comme la seule chance de survie. Et pourtant, cette quête signifie aussi la déculturation, la perte d'identité, la perte de sens car si auparavant les déculturations étaient suivies d'acculturations réussies, aujourd'hui, le développement se pose comme la culture de l'anti-culture, la culture du vide à l'échelle universelle.

 

L'après développement

L'avenir des peuples autochtones se dessine-t-il en termes d'ethnocide programmé (très souvent entamé d'ailleurs), d'assimilation forcée, de métissage culturel, de résistance, de survivance. En ce début du 21ème siècle, il est encore possible de trouver des situations vécues par les différentes communautés autochtones des marges de ce monde qui correspondent à chacune de ces modalités d'existence, de survie.

 

Fort heureusement, nombre de peuples autochtones se distinguent encore des autres segments de la société mondialisée par le fait qu'ils ne sont pas encore développés en se sens qu'ils n'ont pas encore adhéré à la notion de profit individuel, qu'ils restent attachés à une économie de la réciprocité qui prime sur une économie marchande encore embryonnaire, que le raisonnable (disons la rationalité holistique) est préféré à la rationalité économique.

 

En se sens, ils sont dans une position de refus par rapport au développement qui frappe à leur porte, rejetant ce vaste mouvement d'atomisation des individus en agents économiques interchangeables et impersonnels. Certains sont prêts à assumer leur destin - ce qui ne veut pas dire stagner comme veut nous le faire croire la phraséologie du développement - , a entrer en contact avec la société moderne, et surtout à évoluer selon leur propre rythme, à trouver leur chemin, car comme le dit si bien Claude Levi-Strauss, il est bien certain qu'aucune période, aucune culture n'est absolument stationnaire. Tous les peuples possèdent et transforment, améliorent ou oublient des techniques suffisamment complexes pour leur permettre de dominer leur milieu. Sans quoi, ils auraient disparu depuis longtemps. La différence n'est donc jamais entre histoire cumulative et histoire non- cumulative toute histoire est cumulative, avec des différences de degrés[5].

 

Les peuples autochtones ne sont pas sans défense face à cette nouvelle épreuve. Ils parviennent à élaborer des stratégies, non sans déchirements et renonciations, qui leur permettent de se repositionner pas rapport à un environnement nouveau et fortement déstabilisateur: s'adapter sans se renier, résister pour survivre en tant que peuples distincts[6]. La route est encore longue, mais le travail politique, social, symbolique a commencé, l'ultime effort pour que l'ethnocide entamé ne se transforme pas en génocide annoncé.

Il est hélas trop tard pour certains peuples à jamais disparus, il est grand temps pour les autres.

Tiré du n°50 d'Ikewan, le journal des peuples premiers, qui a pour thème "Autochtones et développement".
www.icrainternational.org

 



[1] La pacification en Amozonie, film de Yves BILLON. Les films du village, Paris. 1971.

[2] Serge LATOUCHE. Fout-il refuser le développement ?, Paris, Ed. La découverte, 1986, page 66.

[3] Serge LATOUCHE, L’occidentalisation du monde, Paris, Ed. La Découverte, 1989, page 68

[4] Pierre CL.ASTRES, préface du livre de Marshall Sahiins, Âge o pierre, âge d’abondance, Paris, Ed. Gallimard, 1972.

[5] Claude LEVI-STRAUSS Races et histoires, Paris, Ed. Gonthier, 196l. Page 66.

[6] Pour en savoir plus sur le sujet, qui mériterait plus ample développement, on peut lire La dernière île de Joël Bonnemaison, Paris Ed. Arléa, 1986.

par www.icrainternational.org publié dans : PATERNALISME
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Jeudi 21 février 2008

La hausse des prix dont on parle beaucoup ces derniers temps est flagrante lorsque l'on compare les prix de 2000 avec ceux de 2006: +85% pour une baguette; +118% pour une laitue; +64% pour le café; +72% pour le pétrole; +183% pour le lait; +1770% pour la pomme de terre; +112% pour la confiture; +97% pour le chou vert; +66% pour le beurre…

 

Contrairement à l'idée reçue, l'euro est loin d'être le principal responsable. Il est vrai que l'euro sert bien plus le commerce international que le local. C'est une explication confortable qui arrange bien les décideurs puisqu'elle ne remet pas en cause l'idéologie dominante: la croissance à tout prix. La croissance, voilà LA vérité qui dérange.

 

Les pays en développement aspirent à la même course folle. Bien sûr on peut accuser les pauvres de n'être, en fin de compte, qu'aussi vils et vénaux que nous. Probablement, mais il ne faut pas perdre de vue que nous sommes aussi largement responsables de cette ambiance néolibérale mondiale. Nous n'avons de cesse de promouvoir l'économie marchande globale en demandant l'ouverture des marchés nationaux et locaux, en promouvant les cultures et produits d'import-export, en privatisant tout ce qui peut l'être, en limitant les budgets des biens et services publics…

 

Le monde s'occidentalise et sa population croît de manière exponentielle. Le monde est de plus en plus régit par une économie marchande (offre & demande) et par une unique ligne de conduite de profit individuel et de croissance matérielle sans borne. Mais ce même monde n'est-il pas fini, aux ressources matérielles limitées? Dans un tel contexte, n'est-il pas normal de constater une hausse des prix?

 

La course aux agro-carburants, la demande croissante des pays émergeants, la pénurie annoncée de pétrole (www.oleocene.org) et le réchauffement climatique (épidémies, sécheresses, inondations…) sont les causes réelles de la hausse des prix. Et ces causes, ne sont-elles pas le résultat de l'orthodoxie économique néolibérale fondée sur la croissance et l'ouverture des marchés?

 

Toutes les externalités négatives (dégradations sociales et environnementales) de l'économie marchande ne sont pas prises en compte