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Présentation

  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
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Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

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Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 10:51

Le procédé par lequel les banques créent de l’argent est tellement simple que l’esprit en est dégoûté.

John Kenneth Galbraith, Économiste (1908-2006).

« Vous participez à un système machiavélique de manière plus efficace en obéissant à ses ordres et décrets. Un tel système ne mérite pas l’allégeance. L’obéissance à ce système équivaut à s’associer à l’enfer. Une personne intelligente résistera de toute son âme à ce système diabolique. »

Mahatma Gandhi.

Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquise.

Thomas Jefferson (1743-1826).

Les banquiers détiennent la Terre. Si vous souhaitez rester leurs esclaves et payer le coût de votre propre esclavagisme, alors laissez les continuer à créer de l’argent.

Sir Josiah Stamp, Directeur de la Banque d’Angleterre (1880-1941).

Il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire, car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin.

Henry Ford (1863-1947).

Le système bancaire moderne fabrique de l’argent à partir de rien. Ce processus est peut-être le tour de dextérité le plus étonnant qui fut jamais inventé. La banque fut conçue dans l’iniquité et est née dans le pêché. Les banquiers possèdent la Terre. Prenez la leur, mais laissez-leur le pouvoir de créer l’argent et en un tour de mains ils créeront assez d’argent pour la racheter. Otez-leur ce pouvoir, et toutes les grandes fortunes comme la mienne disparaîtront et ce serait bénéfique car nous aurions alors un monde meilleur et plus heureux. Mais si vous voulez continuer à être les esclaves des banques et à payer le prix de votre propre esclavage laissez donc les banquiers continuer à créer l’argent et à contrôler les crédits.

Sir Josiah Stamp, Directeur de la Banque d’Angleterre (1880-1941) (Réputé 2e fortune d’Angleterre à cette époque 1920).

Chaque fois qu’une banque accorde un prêt, un nouveau crédit bancaire est créé. Ce sont de nouveaux dépôts, de l’argent entièrement nouveau.

Graham F. Towers, Directeur de la banque du Canada de 1934 à 1955.

« Les banques créent du crédit. C’est une erreur de croire que le crédit des banques est créé dans toute mesure par le versement d’argent aux banques. Un prêt créé par la banque constitue un ajout significatif au volume d’argent de la communauté. »

Encyclopædia Britannica, 14ème Edition.

« S’il n’y avait pas de dette dans le système, il n’y aurait aucun argent. »

Marriner S. Eccles, gouverneur et président du CA de la Fed.

Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents.

Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Économiques en 1988.

Les quelques personnes qui comprennent le système (argent et crédits) seront soit tellement intéressés par les profits qu’il engendre, soit tellement dépendantes des faveurs qu’il conçoit, qu’il n’y aura aucune opposition au sein de cette classe. D’un autre côté, les personnes incapables d’appréhender l’immense avantage retiré du système par le capital porteront leur fardeau sans se plaindre et peut-être sans même remarquer que le système ne sert aucunement leurs intérêts.

Rothschild Brothers of London.

Permettez-moi d’émettre et de contrôler les ressources monétaires d’un pays et je me moque de celui qui écrit ses lois.

M.A. Rothschild (1744-1812).

« Il n’existe pas de moyen plus efficace pour prendre le contrôle d’une nation que de diriger son système de crédit (monétaire). »

M. Phillip A. Benson, Président de l’association American Bankers’ Association, 8 juin 1939.

Les banquiers Illuminati gouvernent le monde grâce à la dette qui correspond à l’argent créé à partir du néant. Ils ont besoin de gouverner le monde pour s’assurer qu’aucun pays ne faiblisse ou ne tente de les renverser. Aussi longtemps que les banques privées, au lieu des gouvernements, contrôleront la création de l’argent, la race humaine sera condamnée. Ces banquiers et leurs alliés ont tout acheté et tout le monde.

Henry Makow, Ecrivain Canadien né en 1949.

Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au magazine Time, et aux autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque quarante ans. Il aurait été pour nous impossible de développer notre projet pour le monde si nous avions été exposés aux lumières de la publicité durant ces années. Mais le monde est aujourd’hui plus sophistiqué et préparé à l’entrée dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale des siècles passés.

David Rockefeller, Commission Trilatérale, 1991.

Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. [...] L’argent n’a pas de patrie ; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain.

Napoléon Bonaparte, Empereur Français (1769-1821).

 

Celui qui contrôle le volume de la monnaie dans notre pays est maître absolu de toute l’industrie et tout le commerce... et quand vous réalisez que le système entier est très facilement contrôlé, d’une manière ou d’une autre, par une très petite élite de puissants, vous n’aurez pas besoin qu’on vous explique comment les périodes d’inflation et de déflation apparaissent.

James A. Garfield, Président des États-Unis, assassiné (1831-1881).

 

Le gouvernement devrait créer, émettre, et faire circuler toutes les devises et tous les crédits nécessaires pour satisfaire les dépenses du gouvernement et le pouvoir d’achat des consommateurs. En adoptant ces principes, les contribuables économiseraient d’immenses sommes d’argent en intérêts. Le privilège de créer et d’émettre de la monnaie n’est pas seulement la prérogative suprême du gouvernement, mais c’est aussi sa plus grande opportunité.

Abraham Lincoln, Président des États-Unis, assassiné (1809-1865).

 

Jusqu’à ce que le contrôle de l’émission de devises et de crédit soit restauré au gouvernement et reconnue comme sa responsabilité la plus flagrante et la plus sacrée, tout discours sur la souveraineté du Parlement et la démocratie est vain et futile... Une fois qu’une nation abandonne le contrôle de ses crédits, il n’importe plus qui fait ses lois... L’usure, une fois aux commandes, coule n’importe quelle nation.

William Lyon Mackenzie King, Ex-premier ministre du Canada (1874-1950).

 

« Je suis un homme des plus malheureux. J’ai inconsciemment ruiné mon pays. Une grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré dans le privé. La croissance de notre nation, en conséquence, ainsi que toutes nos activités, sont entre les mains de quelques hommes. Nous en sommes venus à être un des gouvernements les plus mal dirigés du monde civilisé un des plus contrôlés et dominés non pas par la conviction et le vote de la majorité mais par l’opinion et la force d’un petit groupe d’hommes dominants. »

Woodrow Wilson, président des Etats-Unis, 1913-1921.

 

« Ainsi notre moyen national d’échange est maintenant à la merci des transactions de prêts des banques, qui prêtent, non pas de l’argent, mais des promesses de fournir de l’argent qu’elles n’ont pas. »

Irving Fisher, économiste et auteur.

 

Le système financier est devenu la Banque centrale américaine (Federal Reserve Board). Cette banque centrale gère un système financier au moyen d’un groupe de purs profiteurs. Ce système est privé et son seul objectif consiste à réaliser les profits les plus énormes possibles en utilisant l’argent des autres. Cette loi (de la Réserve fédérale) démontre la plus grande preuve de confiance au monde. Lorsque le président signe cet acte, il légalise le gouvernement invisible par le pouvoir monétaire. Les personnes ne s’en rendent peut-être pas compte pour le moment mais le jour du jugement n’est plus qu’à quelques années, le jour du jugement de cet Acte qui représente le pire crime de tous les temps commis au nom de la loi par l’intermédiaire d’un projet de loi.

Charles A. Lindbergh (1902-1974).

 

Je n’ai jamais vu personne ayant pu, avec logique et rationalité, justifier que le gouvernement fédéral emprunte pour utiliser son propre argent... Je pense que le temps viendra où les gens demanderont que cela soit changé. Je pense que le temps viendra dans ce pays où ils viendront nous accuser, vous, moi, et toute personne liée au Congrès, d’être resté assis sans rien faire et d’avoir permis à un système aussi stupide d’être perpétué.

Wright Patman, Membre démocrate du Congrès US, de 1928 à 1976, Président du comité de la Banque et de la Monnaie de 1963 à 1975.

 

« Si le Peuple avait la moindre idée de ce que nous avons fait, il nous traînerait dans la rue et nous lyncheraient. » George H. W. Bush, Président des États-Unis, 1992.

 

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 21:53

 

Ainsi, de bancaire à souveraine, la crise deviendrait monétaire…

Et pourtant, et pourtant, les solutions existent et la gestion monétaire n’a rien de complexe ! Le principe de base est d'une simplicité déconcertante: garder un parfait équilibre entre monnaie émise et quantité de biens et services produits.

 

Trop de monnaie par rapport aux biens et services produits implique une dépréciation de la monnaie : il faut plus de pièces et billets pour acheter un bien ou service au temps t qu’au temps t-1. C’est ce qu’on appelle l’inflation.

 

Trop peu de monnaie par rapport aux biens et services produits implique une appréciation de la monnaie : il faut moins de pièces et billets pour acheter un bien ou service au temps t qu’au temps t-1. C’est ce qu’on appelle la déflation.

 

Ni l’inflation, ni la déflation ne sont bonnes pour l’économie.

 

En période de forte production de biens et services (bonne croissance du PIB) une légère inflation, parfois même de 5 à 10%, ne pose aucun problème car elle permet à l’argent de circuler et de faire tourner l’économie.

 

Toute gestion monétaire se résume à ça. En Europe, c’est le rôle de la BCE, aux Etats-Unis, la Fed. Tous les manuels d’économie précisent que les banques centrales ont pour mission d’ajuster l’approvisionnement monétaire au développement économique. Comment se fait-il que les banques centrales du monde entier n’y parviennent pas ?

 

Tout simplement parce qu’elles ne sont pas seules à créer la monnaie. Depuis une cinquantaine d’années, TOUTES les banques du monde peuvent créer de la monnaie en deux coup de cuillère à pot. Elles le font en accordant des crédits. Bien sûr, les banques sont soumises à ce que l’on appelle des règles prudentielles qui les obligent à ne pas créer plus de dix fois la quantité de monnaie (crédit) que ce qu’elles possèdent comme fond propres (dépôt de leur clients) et de monnaie centrale (BCE).

 

Nous voici donc au cœur du problème. Nous nous sommes dotés d’une super institution bancaire (banque centrale) supposée autonome, intègre et indépendante qui doit réguler la création monétaire alors qu’elle n’est pas maître des robinets qui ouvrent et ferment l’arrivée des sousous ???

 

Les banques, dans leur grande mansuétude, ont alloué plus de crédits, donc de monnaie, que l’économie n’était capable de créer de biens et services. Les banques ont donc créé et créent encore de l’inflation ! En Allemagne par exemple, entre 1992  et 2008, la masse monétaire a augmenté 8 fois plus que l’économie.

 

Mais cette inflation ne se traduit pas par une dépréciation de la monnaie car elle est injectée dans l’économie spéculative et dans les paradis fiscaux. Une économie casino qui ne représente en rien l’économie réelle. Selon Bernard Lietaer, 98% des échanges monétaires journaliers dans le monde servent l’économie casino ! 95% de la monnaie en circulation est scripturale (électronique) et facilement créée par les banques. Seuls 5% représentent l’argent liquide qui relève de la compétence de la banque centrale (pièces, billets et monnaie centrale scripturale).

 

Tout cet argent accordé à la légère circule donc ailleurs que là où il devrait être. Raison pour laquelle, certains économistes et politiques actuels (Roubibi, Krugman, Pinsole, Marine Le Pen) préconisent d’arrêter de monétiser pour le système et de monétiser directement pour les Etats, les citoyens, l’économie réelle. En voilà une bonne idée ? C’est vrai au fond, pourquoi devrions-nous faire tourner la planche à billet pour un puits sans fond plutôt que pour nous?

 

Le hic, c’est que dans ce cas (monétisation directe de la dette des Etats), il n’y aura plus stockage dans l’économie casino mais injection directe dans l’économie réelle et on risque fort de déprécier la monnaie! Sauf gestion très fine et délicate, on risque vite d’entrer dans une spirale zimbabwéenne, zaïroise, argentine ou la symbolique hyperinflation de la république de Weimar.

 

Dans la gestion actuelle de notre monnaie, créée, en fin de compte, par monsieur tout le monde, nous sommes donc face à un sérieux dilemme : soit on monétise pour les riches et l’économie casino mais ça ne résout pas la crise, soit on monétise pour les pauvres et l’économie réelle mais ça dévalue la monnaie ! Une autre alternative, plus simple et qui fait toujours recette, c’est de taxer encore plus les pauvres pour tenter de rééquilibrer les déficits mais ça ne résout pas la crise non plus…

 

Et donc, plutôt que de revoir notre copie, on persiste et signe dans la taxation et la monétisation. Plus fort encore, on trouve l’idée tellement géniale, qu’on va la graver en lettre d’or sur les tables de nos constitutions ! « Nous, peuples de l’Europe, admettons qu’il est juste et bon de taxer les pauvres et d’enrichir les riches ». Un mal nécessaire. Un aléa moral.

 

Stop, stop, stop ! Ne pourrait-on pas nous arrêter 30 secondes et réfléchir ? Quel est le problème ? N’est-ce pas la création monétaire par le crédit sans couverture directe en banque ? N’est-ce pas le simple fait de prendre nos rêves pour des réalités ? 

 

Pourquoi ne pas interdire cette pratique et dire aux banques que désormais elles ne pourront accorder de crédit qu’en fonction de leurs fonds propres et/ou de la monnaie centrale qu’elles possèdent en caisse ? Pourquoi ne pas effacer les ardoises des dettes illégitimes et revenir progressivement à la normale ?

 

Notre système bancaire, économique et monétaire est outrageusement bancal parce que nous prenons nos désirs pour des réalités. Autrefois, il fallait économiser ou posséder l’argent dans les banques pour pouvoir investir.

 

La solution est donc triviale :

1)     Le "Monétatif", un nouveau pouvoir qui viendrait s’ajouter à l’exécutif, au législatif et au judiciaire (également évoqué par James RBERTSON et le sociétalisme), qui règlerait l’émission monétaire par:

2)     Le "Vollgeld", un nouveau conceptde création monétaire qui assurerait un contrôle optimum de l’économie puisque piloté en fonction de la croissance économique.

 

Le Monétatif, sous contrôle citoyen, détiendrait le monopole de la création monétaire par le biais du Vollegeld et ne serait plus uniquement, comme aujourd’hui, responsable de l’argent liquide (billets et pièces de monnaie), mais également de l’agent scriptural qui est aujourd’hui en grande partie créé et mis en circulation par les banques d’affaires.

 

Le défi se situe bien sûr dans l’élaboration pratique et juridique d’un pouvoir Monétatif sous contrôle démocratique ! Le MES c’est exactement le contraire tout en gardant les dés pipés, de l’octroi du crédit par les banques, qui permettent de fausser le jeu à tous les coups : pile, je gagne, face, je gagne. Tout cela sous prétexte qu’on à pas d’autre choix ???

 

Eh bien, fort heureusement, en Suisse, il existe ENFIN une initiative digne de ce nom qui prône un changement des dés et des règles du jeu ! L’association «Modernisation monétaire» (MOMO) créée récemment se compose en partie de membres de l’«Initiative pour un ordre économique naturel Suisse» (INWO).

 

+++

 

L’INWO débat depuis un certain temps d’une initiative populaire sur une réforme du système monétaire. La création de l’association «Modernisation monétaire» a élargi considérablement le cercle des personnes favorables à cette réforme, notamment à des politiques appartenant à l’UDC et au PLR.
L’association possède un conseil scientifique dont font partie Philippe Mastronardi, professeur à l’Université de Saint-Gall, Joseph Huber, professeur à l’Université de Halle, Hans-Christoph Binswanger, professeur émérite de l’Université de Saint-Gall, Peter Hablützel, Peter Ulrich, professeur émérite, et Heinrich Bortis, professeur. Dans son livre intitulé «Das Geldwesen in öffentliche Hand», Joseph Huber a défini le cadre théorique du débat. Que veulent les initiateurs? Ils ont organisé en mai 2011 à Winterthur un congrès sur le thème «Schweizer Vollgeldreform» et présenté un projet provisoire de texte d’initiative. Nous allons maintenant présenter les grandes lignes du projet.

Lire la suite : Pour une modernisation de la monnaie: le «monétatif» Une initiative demande une réforme monétaire, par Werner Wüthrich

 


Des mouvements analogues existent également en Allemagne (d’où vient d’ailleurs le terme de «monétatif»), en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis notamment. Les réunions ont montré que les membres de l’association viennent d’horizons politiques très divers. Certains se situent plutôt à gauche ou du côté de l’écologie et d’autres adhèrent plutôt aux idées de l’UDC ou du PLR, mais ils estiment tous qu’il faut agir. On ne peut pas se contenter d’être les spectateurs d’une mauvaise pièce de théâtre, de s’énerver à propos de la situation insupportable et d’attendre qu’elle empire. Que faire? En tant que citoyens suisses, nous avons l’instrument de l’initiative et pouvons aller de l’avant, mais les citoyens des autres pays peuvent aussi faire quelque chose.

Lire la suite : Le «monétatif», une révolution monétaire Une initiative populaire demande l’instauration du Vollgeld, par Werner Wüthrich, docteur ès sciences politiques, Zurich

 

 

Binswanger: «Il s’agit fondamentalement de trouver une solution intermédiaire entre l’ancien système de l’étalon-or, dans lequel la création de monnaie était limitée par la convertibilité en or de la monnaie de papier et donc par le volume d’or disponible, et le système monétaire actuel qui permet une création illimitée de papier-monnaie et de monnaie scripturale. Revenir à la convertibilité en or – comme certains le proposent – limiterait excessivement la création de monnaie. Inversement, l’actuel système monétaire dans lequel les banques d’affaires ne doivent disposer que d’une petite fraction de la monnaie scripturale en monnaie de la banque centrale ne permet pas de subordonner la création de monnaie à des objectifs d’économie générale.» Alors que faire? Binswanger envisage deux possibilités:


1.    De l’argent couvert à 100% par la banque centrale
«Je propose de revenir à une ancienne idée de l’économiste américain Irvin Fisher qui voulait que chaque crédit accordé par une banque soit couvert à 100% par de l’argent de la banque centrale. Cela empêcherait les banques d’affaires de créer de l’argent de manière illimitée dans le seul but de réaliser des profits. Le capitalisme serait moins instable et moins vulnérable.» On pourrait adopter cette solution sans modifier la Constitution, dans le cadre des lois existantes. En Suisse, les réserves minimales sont fixées dans la Loi sur la Banque nationale.

2.    Introduction du «Vollgeld»
La proposition va plus loin. Une banque d’affaires qui veut accorder des crédits doit tout d’abord se procurer cet argent auprès de la Banque nationale sous forme d’argent liquide et non de monnaie scripturale. Ainsi, les banques d’affaires n’auraient plus la possibilité de créer elles-mêmes de l’argent en accordant des crédits. Les initiateurs du Congrès appellent cette nouvelle forme d’argent «­Vollgeld». Une telle réforme nécessiterait une modification de la Constitution. L’actuel article 99 stipule que seule la Confédération a «le droit de battre monnaie et d’émettre des billets de banque». Il faudrait donc ajouter l’argent scriptural et préciser qu’il relève exclusivement de la compétence de la Banque centrale.

Lire la suite : «Les crises financières et écologiques ne peuvent pas être maîtrisées sans réforme financière et monétaire» par Werner Wüthrich (excellent article !) 

 

 

Et enfin : Les citoyens ont leur mot à dire à propos des questions monétaires fondamentales par Werner Wüthrich

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 12:22

http://www.greenbooks.co.uk/content/28/2628"Nul n’est prophète en son pays" dit-on, trêve de LIETAER donc et place à James ROBERTSON qui vient de publier un nouveau livre.


The book looks at how our present money system frustrates the well-meaning efforts of active citizens, NGOs and governments to deal with our present ills and problems – including worldwide poverty, environmental destruction, social injustice, economic inefficiency and political unrest and violence.


It shows clearly how our money system operates and how it could be reformed so that it acts for the benefit of people and society rather than the opposite, and describes the obstacles that currently prevent that reform.

The world’s financial experts and leaders in politics, government and business, and most mainstream academic and media commentators, have demonstrated that they are not yet able or willing to diagnose and treat the profound and pervasive problems that are directly caused by the money system.


Therefore it is necessary for independent-minded citizens to take the initiative now – and urgently – to get the reform of the money system on to mainstream agendas worldwide.

 

A Feature of the Book to Note 

The primary aim of the book is to enable concerned people to consider how each of us can help to bring about a comprehensive modernisation of the world's money system.

But the book can also serve an important secondary purpose. Together with the entries in Appendix 2, the references in the footnotes to the main texts will provide material for courses on adapting the money system to a survivable future. We can usefully draw the attention of interested teachers in schools, universities, business schools, and other educational institutions to that opportunity.

 

James Robertson  

www.jamesrobertson.com

www.neweconomics.org (The New Economic Foundation)

 

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 12:06

Comme d’hab, l’Etat vole au secours des banques qui faisaient «travailler» l’argent des épargnants. Ensuite, via des agences de notations, ces mêmes épargnants s’en prennent aux Etats. Loyal ? Loyauté est un mot banni du dictionnaire des nouvelles libertés. Un dictionnaire qui se résume à 3x3 lettres : «ego est roi». Partant d’une bonne intention, la libre expression des libertés individuelles, les nouvelles libertés ont érigés en loi le principe selon lequel «la satisfaction des besoins individuels contribue à la satisfaction des besoins collectifs». Tellement pratique et ingénieux qu’on a jugé bon l'inscrire dans la déclaration universelle des droits de l’homme. Mais les mutiples aides des Etats aux banques ces dernières années prouvent exactement le contraire. Le collectif paye l’individu. Tellement puissant et vulgarisé à toutes les sauces, qu'on finit par trouver ça normal.  «Privatisation des bénéfices, socialisation des pertes» figurera bientôt dans la déclaration des droits de l'homme. Bien-sûr, tout ça tiendra jusqu’au jour où une trop large majorité aura compris et en aura marre de payer pour une minorité. C’est ce qui s’est passé la veille de 1789 en réponse à l’absolutisme monarchique de la société française… Alors, à quand la prochaine révolution en réponse à l’absolutisme égotique de la société monde? Le serpent qui se mord la queue?


Mais pour commencer, tâchons déjà de comprendre et réformer notre système monétaire fondé sur ces 3x3 lettres.

 

 

Aléa moral – Alea jacta est

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 11:01

http://www.yvesmichel.org/editions/wp-content/uploads/2011/05/AU-COEUR-DE-LA-MONNAIE-cOUV-DEFw.jpg

 

« Le changement climatique, le chômage et le vieillissement de la population ne peuvent être résolus avec le système monétaire en place. C'est au centre de notre tabou monétaire que nous trouverons, ou non, les forces indispensables au changement de paradigme. » Bernard Lietaer

 

Déjà abordé dans l’article démocratiser la monnaie, comme pour la fée électricité et pour tous les domaines, trop de concentration est mortifère pour la société. Société entendu étymologiquement comme compagnon ou associé, ce qui ne s’applique pas à la poignée de ceux qui sont à la tête de cette concentration : « Tout pour nous-même, rien pour les autres » comme disait si bien Adam Smith père fondateur du système néolibéral. Philosophe avant tout, Smith avait parfaitement explicité la logique primaire du néolibéralisme.

 

Sortir de la boîte (Thinking out of the box), nous dit Bernard. C’est aussi ce que nous dit Susan Georges dans son ouvrage «La pensée enchaînée» (Hijacking America). C’est la clé de la philosophie. Pour ne pas finir dans un bain de sang, nous devons sortir de nos paradigmes et archétypes ou plus précisément ici, du paradigme mondial de la pensée néolibérale, insufflé par Hayek mais déjà clairement théorisé par Smith en 1776 et largement pressenti par Aristophane et Platon, 400 ans avant JC.

 

Plus de 200 crises économiques depuis l’instauration des systèmes monétaires centraux ! Ne serait-il pas temps de penser autrement ? C’est ce que Bernard Lietard nous propose dans ce dernier ouvrage «Au cœur de la monnaie» paru chez Yves Michel fin août 2011.

 

Comme je ne l’ai pas encore lu, je reprends ici la description qu’en a faite Christian Arnsperger dans son dernier article paru sur son blog.

 

Expert de la chose financière, Bernard Lietaer nous convie à un passionnant voyage de vingt-huit mille ans jalonné par des archétypes, de la préhistoire à Wall Street. Il aborde notamment ceux de la Grande Déesse, de la féminité, de l’argent Yin. La mise en lumière de la dimension émotionnelle de la monnaie nous renvoie aux tréfonds de notre psyché. Il s’agit de guérir nos blessures face à l’argent pour le remettre à sa place de serviteur, au lieu de maître. Pouvons-nous encore éviter les immenses dégâts et le chaos dans lequel nous plongera un effondrement de l’ordre établi il y a six ou sept cents ans? C’est ce que pense cet expert de niveau mondial sur les questions monétaires, et grand humaniste, dans cet ouvrage surprenant.

 

Alors que la situation du système monétaire global de la planète semble devenir ingérable, ce travail de recherche, très bien documenté, ouvre des opportunités exceptionnelles pour trouver des réponses innovantes hors du cadre de la pensée unique. L’auteur tire de ce voyage des enseignements très actuels pour éclairer les choix monétaires du XXIe siècle.

 

La crise systémique, économique, géopolitique, énergétique et alimentaire qui a pris une nouvelle tournure avec les émeutes au proche et moyen Orient, ainsi qu’avec l’accident de Fukushima, demande d’urgence bien plus que des mesures correctives. Or, selon l’auteur, c’est au centre de notre tabou monétaire que nous trouverons, ou non, les forces indispensables au changement de paradigme. C’est bien le monopole de cette monnaie « yang », et non pas une perversité humaine, qui nous pousse irrémédiablement au court-terme et à l’épuisement des ressources. Et ce sont bien les ombres de nos archétypes qui nous aveuglent et nous empêchent de remettre en question ce tabou moderne.

 

Bernard Lietaer a derrière lui trente ans d’expériences professionnelles: haut fonctionnaire de banque centrale et directeur général de fonds monétaires ; consultant auprès de firmes multinationales, mais aussi de pays en développement ; professeur de finance internationale à l’Université de Louvain, avant de devenir le plus haut dirigeant en charge des services d’organisation et d’informatique de la Banque Centrale de Belgique. Son premier projet, en cette fonction, a été de dessiner et d’implanter le système de la monnaie unique européenne. Pour l’autre côté du miroir, il a aidé des pays en développement d’Amérique latine à améliorer la solidité et l’attractivité de leurs monnaies.

 

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 09:25

vortex-dollars.jpgIl ne me sera bientôt plus nécessaire de parler de la problématique monétaire sur ce blog tant elle commence à essaimer un peu partout.

Dans tous les cas, j’aime beaucoup ce récent article de Bernard BAYOT du Réseau Financement Alternatif (www.financite.be)

Qu'est-ce que l'intérêt ?

En finance, l'intérêt est la rémunération d'un prêt, sous forme, généralement, d'un versement périodique de l'emprunteur au prêteur.

Pour le prêteur, cela représente le prix de sa renonciation temporaire à une consommation : il ne peut utiliser son argent puisqu'il l'a prêté. Pour l'emprunteur, c'est un coût correspondant à une consommation anticipée : il peut faire usage d'une somme d'argent, par exemple pour payer l'achat d'un bien ou d’un service, avant d'avoir acquis les ressources nécessaires pour se l’offrir.

Une épargne rémunérée par un intérêt est assimilable à un prêt, l'emprunteur étant la banque ou l'organisme bénéficiaire de cette épargne. En d'autres termes, le client qui dépose de l'argent sur un compte à la banque prête en réalité cette somme à celle-ci et reçoit donc un intérêt correspondant à ce prêt.

Comment se calcule l'intérêt ?

L'intérêt est proportionnel au capital et au temps couru. Il est calculé par application d'un pourcentage annuel, appelé le taux d'intérêt. Si quelqu'un prête pour un an une somme de 100 € avec un taux d'intérêt de 10 % l'an, il récupérera à l'issue de cette année les 100 € augmentés de 10 € d'intérêt.

Celui-ci est fixé en tenant compte, comme déjà précisé ci-dessus, de la renonciation temporaire à faire usage de la somme prêtée, mais également du risque que prend le prêteur. Ce risque est de deux ordres. D'abord le risque d'inflation, à savoir une perte du pouvoir d'achat de la monnaie, qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix. En d'autres termes, en cas d'inflation, la somme que j'ai prêtée ne me permet plus obtenir, entre le moment du prêt et celui du remboursement, qu'une quantité moindre de biens et de services. L'autre risque est lié à la probabilité de ne pas être remboursé, en tout ou en partie, par l'emprunteur.

Ces risques sont plus ou moins intégrés dans le calcul du taux d'intérêt selon que celui-ci est fixe ou ajusté d'une période à l'autre selon une formule d'indexation. Dans ce cas, il peut être révisable (fixé en début de chaque période) ou variable (déterminé à la fin de chaque période). Ce choix entre un taux fixe et un taux ajusté est souvent d'application en matière de prêts hypothécaires, qui sont conclus à long terme. C'est que, bien entendu, plus le délai de remboursement est long, plus les risques augmentent.

Qui fixe l'intérêt ?

Si, en théorie, c'est le marché qui fixe le taux de l'intérêt, c'est-à-dire le jeu de l'offre et de la demande, en pratique, les banques centrales jouent un rôle déterminant, en l'occurrence la Banque centrale européenne (BCE) pour la zone euro. Celle-ci fixe un « taux de refinancement » qui est son principal « taux directeur », celui auquel elle-même prête aux banques et institutions financières. Ce taux, qui est un des principaux instruments de politique monétaire, est à 1 % depuis le mois de mai 2009.

La fixation de ce taux directeur est évidemment déterminante dans la dynamique économique : lorsque les taux d'intérêt sont élevés, les entreprises et les ménages hésitent à emprunter pour investir ou consommer, tendance qui s'inverse lorsque les taux sont bas.

Quelle différence y a-t-il entre l'intérêt et l'usure ?

On connaît l'usure d'un tissu, par exemple, qui est la détérioration de celui-ci par suite du long usage qu’on en fait. Par extension, en matière financière, l'usure correspondait au prix de l'usage de la monnaie, c'est-à-dire à « toute espèce d'intérêt que produit l'argent ». Ce n'est que, par extension, qu’on en est venu à utiliser l'usure dans son acception actuelle, à savoir un « profit qu'on retire d'un prêt au-dessus du taux légal ou habituel » 1

Comment expliquer le glissement sémantique de cette notion d'usure qui, initialement, désignait tout intérêt indépendamment du taux avant de viser l'intérêt d'un prêt consenti à un taux abusif ? Sans doute par les débats âpres et difficiles sur la justification de l'intérêt, dans son principe, et, à supposer cette justification de l’intérêt acquise, par les débats sur la fixation d’un taux convenable.

Critique morale de l'intérêt

Déjà le Deutéronome, écrit vers 630 av. J.-C., condamnait le prêt à intérêt : « Tu ne prêteras pas à intérêt à ton frère, intérêt d'argent ou intérêt de nourriture, de toute chose qui se prête à intérêt » 2. Platon (428-427 av. J.-C., 347-346 av. J.-C.) condamnait, lui aussi, le goût du profit et l'accumulation de richesses.

C'est ensuite Aristote (vers 384-322 av. J.-C.) qui a fait une distinction, qu'il jugeait fondamentale, entre l'économique et la chrématistique. Si l'économie (de oïkos, la maison, donc la communauté au sens élargi, et nomia, la règle, la norme) désigne la norme de conduite du bien-être de la communauté, ou maison au sens très élargi du terme, la chrématistique est quant à elle l'art de s'enrichir, d’acquérir des richesses. S'il admettait une chrématistique « naturelle » ou « nécessaire », liée à la nécessité de l'approvisionnement de l'oïkos, il condamnait fermement la chrématistique proprement dite ou « commerciale » qui consiste à « placer la richesse dans la possession de monnaie en abondance ». La chrématistique est, pour lui, une activité « contre nature » qui déshumanise ceux qui s'y livrent puisque, selon lui toujours, l'homme est par nature un zoon politikon, littéralement un « animal politique » (politikos, citoyen, homme public). Pour Aristote, la chrématistique commerciale substitue l’argent aux biens ; l’usure crée de l’argent à partir de l’argent ; les marchands ne produisent rien : en l'absence de règles strictes visant leurs activités et sans un contrôle de la communauté dans son ensemble, tous sont condamnables d'un point de vue politique, éthique et philosophique.

Les rabbins ont réagi à l'interdiction biblique en codifiant les choses dans le Talmud de Jérusalem au IVe siècle, et dans le Talmud de Babylone au VIe siècle. Avec, pour conséquence, de grandes innovations sur l'organisation sociale, en particulier les taux d'intérêt, l'usage des lettres de change, et les limites du profit par l’introduction de la notion de « juste prix ».

De son côté, l'Église catholique, tout au long du Moyen Âge, reprend la critique aristotélicienne contre cette pratique économique et la déclare contraire à la religion. Thomas d'Aquin (1224 ou 1225-1274), dans sa Somme théologique, affirme ainsi : « Le négoce consiste à échanger des biens. Or Aristote distingue deux sortes d'échanges. L'une est comme naturelle et nécessaire, et consiste à échanger [...] pour les nécessités de la vie ». L'autre forme, au contraire, « consiste à échanger [...] non plus pour subvenir aux nécessités de la vie, mais pour le gain. [...] Voilà pourquoi le négoce, envisagé en lui-même, a quelque chose de honteux, car il ne se rapporte pas, de soi, à une fin honnête et nécessaire. »

La Réforme protestante, par la voix de Jean Calvin en particulier, a contribué à la levée progressive de l'interdit du prêt à intérêt dans les pays européens. Sous la plume de Calvin, dans sa lettre sur l’usure, en 1545, le protestantisme justifie la légitimité de l’intérêt : le capital a un « caractère de bien immédiatement productif » et l’intérêt acquiert ainsi un caractère licite.

De son côté, le Coran prohibe également l’intérêt : « Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt » 3.

Critique politique de l'intérêt 

Karl Marx, dans des pages fameuses du Capital reprend l'analyse des conséquences sur les personnes de ce qu'il nomme, après Virgile (Énéide, III, 57), auri sacra fames (maudite soif de l’or), du nom latin donné à cette passion dévorante de l'argent pour l'argent, c'est-à-dire de la chrématistique commerciale instaurée par ceux qu'il appelle « les économistes ». En élaborant une analyse de la « métamorphose » du capital, Marx montre que le capitalisme est un système permettant avant tout de faire de l'argent pour de l'argent.

Pour Pierre-Joseph Proudhon, ce n'est parce que l'usure est immorale qu'elle doit être interdite, comme le prétend l'argumentation théologique. Loin de voir l'intérêt comme la manifestation du vice de l'usurier, il considère dans un premier temps l'intérêt comme une rémunération légitime du service rendu, des risques et de la privation qu'il implique.

Cette légitimité est toutefois limitée, dans son esprit, au crédit négocié sur le marché entre deux agents car, dans ce cas, la réalisation des promesses de paiement est incertaine et varie selon la garantie que présente le signataire. C'est donc à ces circonstances qu'il faut s'attaquer pour rendre l'intérêt du crédit illégitime. Car ce modèle n'est pas celui de Proudhon qui propose un programme de coopération financière mutuelle entre travailleurs en vue de transférer le contrôle des relations économiques depuis les capitalistes et les financiers vers les travailleurs.

C'est dans ce cadre que Proudhon entend « prouver que la gratuité du crédit est possible, facile, pratique » et que, par voie de conséquence, « l'intérêt est désormais chose nuisible et illégitime » 4. Pour y arriver, il préconise l'intervention d'une banque centrale qui offrirait toute garantie quant à ses promesses de paiement et ferait circuler la monnaie par des mécanismes essentiellement non marchands, rendant inutile, voire impossible, l'existence d'un marché monétaire 5.

Loin de condamner le crédit et l'intérêt, il entendait les traiter comme ce que nous appellerions aujourd'hui un « service public ». Son projet s'appuyait sur l'établissement d'une « banque d'échange» qui accorderait des crédits à un très faible taux d’intérêt (le taux n’étant pas nul en raison des coûts de fonctionnement), ainsi que sur la distribution de billets d’échange qui devaient circuler à la place de la monnaie basée sur l'or, qui devait être supprimée. Il créa à cet effet une banque populaire (la Banque du Peuple) au début de l'année 1849 qui, malgré l'inscription de plus de 13 000 personnes, prit fin rapidement en raison notamment de l'incarcération de Proudhon pendant trois ans pour le délit de presse d'« offense au Président de la République ».

Même si elle n'est pas exclusivement basée sur l'intérêt, force est de constater que la croissance financière de ces dernières années a été construite sur l’écrasement des coûts salariaux et des dépenses sociales. Dans tous les pays européens, la part des revenus du travail dans le produit intérieur brut (PIB) a diminué significativement depuis le début des années 80 6. À l’exception de la Belgique, le niveau actuel de la part des revenus du travail dans le PIB est inférieur à celui du début des années 60. Cette évolution négative résulte notamment d’une progression des salaires inférieure à celle de la productivité. Même un pays comme l’Irlande qui a connu un taux de croissance économique soutenu pendant plus de dix ans a vu la part de la rémunération du travail chuter et la plus forte diminution du salaire réel. Si on se limite à la rémunération des salariés, c'est-à-dire sans prendre en compte les revenus du travail des indépendants et professions libérales, la part de la rémunération des salariés dans le PIB belge a fortement chuté depuis 1981, passant de 57 % à 51 %  7.

Critique économique de l'intérêt

À côté de critiques de nature morale ou politique, s'en élèvent d'autres, qui tiennent davantage aux conséquences économiques de l'intérêt. Cette question est étroitement liée à celle de la monnaie, qu'a longuement étudiée Silvio Gesell (1862-1930), l’inventeur de la monnaie franche, une monnaie dite « fondante » car sa valeur diminue à intervalle fixe (tous les mois par exemple). Silvio Gesell développa des théories qu’il a résumées dans son livre L’Ordre économique naturel.

Ses théories se fondent sur diverses observations. Tout d’abord, la quantité de monnaie gagée par l’or ne suit pas le rythme de l’accroissement de la production et de la richesse. Et cette disproportion est la cause principale des désastres économiques. D’autre part, la monnaie est détournée de son véritable emploi pour servir surtout à la thésaurisation, ce qui provoque un ralentissement des échanges et, la quantité de denrées restant identique, cela cause la chute des prix. Contrairement aux marchandises, l’argent ne perd pas de sa valeur. Le détenteur d’argent peut alors attendre que le commerçant baisse ses prix. Quant à ce dernier, il se voit obligé de couvrir ses frais par des crédits, sur lesquels il doit payer des intérêts. Celui qui reçoit ces intérêts peut à nouveau les prêter à un autre. On se retrouve donc face à une quantité de plus en plus grande de monnaie qui est extraite du circuit économique.

Pour casser ce cercle « vertueux », Gesell propose que l’argent perde périodiquement de sa valeur, de sorte qu’il devienne inintéressant de le garder et de telle manière qu’il perde ainsi sa position dominante par rapport au travail humain.

En Suède, la banque coopérative JAK pratique, depuis 1970, un système de prêts et d’épargne sans taux d’intérêt. Elle avance trois arguments pour justifier ce choix. Un argument moral : il n'est pas légitime de gagner de l’argent avec de l’argent lorsqu'il n'y a ni travail presté, ni prise de risques. Un argument d'équité : dans une économie basée sur l’intérêt, l’argent est transféré de ceux qui en ont le moins à ceux qui en ont le plus et, de cette façon, les actifs se concentrent entre les mains de quelques-uns. Enfin un argument économique : depuis que notre système monétaire moderne se base sur des dettes et que pratiquement tout l’argent est sous forme de dettes qui doivent être remboursées avec des intérêts, nous avons un système d’argent qui croît exponentiellement et qui va forcément un jour atteindre son point de rupture.

Pour éviter l'intérêt, JAK pratique le « prêt-épargne équilibré » : le montant mensuel à rembourser pour le prêt doit s'accompagner d'un montant identique d’épargne. Cette épargne peut être constituée avant de solliciter le prêt ou concomitamment à celui-ci et devra être maintenue aussi longtemps que le prêt n'aura pas été totalement remboursé, dans certains cas trois mois plus tard. À noter toutefois que l’administration et les coûts de développement sont couverts par les cotisations d’adhésion annuelle et les frais des prêts (environ 2,5 %).

Conclusions

Est-il juste de créer de l’argent à partir de l’argent et d'attiser de la sorte l'appât du gain ? Quels transferts financiers des travailleurs aux capitalistes sont-ils induits par l'intérêt ? La croissance induite par l'intérêt ne va-t-elle pas mener le système à son point de rupture ?

Autant de questions qui suscitent réflexion et débat autour de ce qui constitue pourtant un axe central de la finance contemporaine. Pour autant doivent-elles être évacuées au nom du réalisme économique ou d'une sorte de fatalité ? La récente crise économique nous a assez montré le risque que présentent l'un et l'autre pour que nous soyons vigilants. Et que nous vérifiions si intérêt s’accorde bien avec intérêt général.


Bernard Bayot
Novembre 2010

 

 

1Littré, 1863.

2Deutéronome (23-19). Le verset suivant (23-20) ajoute cependant une restriction importante : « Tu pourras tirer un intérêt de l'étranger, mais tu n'en tireras point de ton frère, afin que l'Éternel, ton Dieu, te bénisse dans tout ce que tu entreprendras au pays dont tu vas entrer en possession. » L'interdiction du prêt à intérêt figure également dans l'Exode (22-24), le Lévitique (25,35-37) et dans le Livre d’Ezéchiel (18,8 ; 13,7 ; 22,12).

3Verset 275 de la deuxième sourate.

4P.-J. Proudhon, Intérêt et principal, Paris, Garnier, 1850, p. 69.

5« Le Crédit, quel intérêt ? », dans Actes des colloques de la Société P.-J. Proudhon, Paris, 1er décembre 2001. — Paris : Société Pierre-Joseph Proudhon, 2002. — 180 p. : ill. ; 21 cm. — (Les Cahiers de la Société P.-J. Proudhon).

6Direction Générale de l’Emploi et des Affaires sociales de la Commission européenne, L'Emploi en Europe 2007, COM(2007) 733 final, 23.10.2007 .

7Robert Plasman , Michael Rusinek , François Rycx et, Ilan Tojerow , La structure des salaires en Belgique, document de travail , n° 08-01.RR ,Dulbea, février 2008.

 

Voir aussi sur ce blog:

Critique du taux d’intérêt sur capital

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 12:14

 

Mardi 7 décembre 2010, tous à vos terminaux et guichets bancaires pour retirer votre argent en pièces et billets ! Cet appel lancé par Eric CANTONA, les réseaux sociaux (Twitter, FaceBook, NetLog, etc.) commence à se faire entendre dans la presse traditionnelle. Par un rapide coup d’œil sur le site BANKRUN2010, on ne peut qu’enfin se réjouir d’une plus large prise de conscience de la problématique monétaire. Cette action rendrait compte de l’impossibilité pour les banques de nous fournir à tous le montant total de nos comptes en monnaie sonnante et trébuchante. Par défi ou par jeu, nous déclancherions une crise identique à celle qu’a connu l’argentine en 1999. Voir ou revoir la vidéo L’Argent d’Isaac ISITAN. 3 questions me viennent cependant à l’esprit.

 

1) Serons-nous suffisamment nombreux pour avoir un quelconque effet ?

Cette action me fait un peu penser à celle qui consistait à boycotter telle ou telle station essence. A-t-elle eu un effet ? Comme nous avons tous une bagnole et que nous devons tous nous déplacer en bagnole, nous sommes bien obligé, tôt ou tard, de faire un plein quelque part… Comme nous avons tous un compte en banque, que 95% des échanges monétaires sont électroniques et que nous serons en pleine période de fête, le grésillement des terminaux bancaire reprendra bien vite le dessus. Et puis, que faire de cet argent liquide une fois en poche ? Certains disent que pour le peu qu’ils ont, ce sera vite réglé. Soit mais pour une banque, ce qui compte, ce n’est pas tant le nombre de clients peu fortuné mais le nombre de client qui « valent leur pesant d’or » ! Ces clients là vont-ils sur Twitter ou Facebook ? Ces clients vont-ils retirer leurs billes histoire de faire capoter ce qui leur rapporte ces mêmes billes??? Le peuvent-ils? Une grande partie de cet argent est immobilisée sur des comptes offshores et sert à alimenter nombre de transactions spéculatives. Enfin, comme moindre consolation, à défaut de déstabiliser l’ensemble, si tous les honnêtes petites gens s’y mettent, avec un jour de retard, ce sera aussi Saint-Nicolas pour les cambrioleurs, voleurs et pickpockets de tous poils.

 

2) Ne serions-nous pas en train de scier la branche sur laquelle nous sommes tous assis ?

Sans alternative, ce sera vite invivable. La seule chose qu’une telle action pourrait permettre, si elle est fortement suivie, c’est une réelle prise de conscience du côté fondamentalement abscons et subjectif du système. Tout pourrait aussi bien fonctionner avec des rondelles de carottes, des kilojoules ou des gouttes d’eau. L’argent, l’or, la monnaie, les coquillages ou les cigarettes (durant la guerre 40-45) ne sont qu’une convention pour permettre l’échange. La monnaie est consubstantielle (inséparable) à l’échange au même titre que le langage à la communication. L’alphabet, le mot, la langue, son média, son intonation, son contexte véhicule un message, une idée, une provocation ou une tentative d’approche pour rompre ou tisser des liens entre deux ou plusieurs parties qui souhaitent communiquer et échanger par nature. La monnaie n’est rien d’autre. Fragile et forte à la fois, elle est le reflet d’individus qui interagissent en société. Tout est une question de confiance.

 

3) Toucherons-nous vraiment au cœur du système ?

Bien sûr que l’argent est le petit chapeau qui gère le monde. C’est le nerf de la guerre comme on dit. Une macabre symphonie qui fait valser le monde du pétrole, de l’armement, de l’industrie, du jeu, des narcotrafics, de la traite d’animaux et d’être humains, etc. Mais c’est aussi le sang qui coule dans nos veines : nos envies, nos peurs et angoisses existentielles que nous cherchons à combler par tous les moyens tout en faisant l’expérience de la vie. Allez dire aux laissés pour compte et aux pays émergents que les fastes du monde moderne ne sont que mirages pervers et destructeurs... Ils ne le croiront que lorsqu’ils l’auront expérimenté.

 

Plutôt que de retirer son argent, optez pour l'optimisme et la générosité en devenant Collibri par un versement mensuel de 5 euros: www.devenezuncolibri.org

Pour de réelles et concrètes alternatives dont la relocalisation est le leitmotiv

 

Sinon, vous pouvez aussi ouvrir un compte épargne chez TRIODOS

 

Quelques sites sur les alternatives monétaires

ALOE (alliance pour une économie plurielle et solidaire)

money.socioeco.org/fr/ (devenu ALOE)

www.appropriate-economics.org/

www.complementarycurrency.org/

www.digitalmoneyforum.com/

www.reinventingmoney.com/

grit-transversales.org/

Thetransitioner.org

Open Money

www.regiogeld.de (regio Allemagne)

transversel.apinc.org (SEL France)

brusel.be (SEL Bruxelles)

 

Voir aussi tous les articles de la section MONNAIE de ce blog

 

« N’estime l’argent ni plus ni moins qu’il ne vaut : c’est un bon serviteur et un mauvais maître. »

[Alexandre Dumas, fils]

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 13:31

http://emmapom.com/blog/wp-content/uploads/2011/06/optimum-Lietaer.jpgLes réponses pour changer la donne doivent aller dans le sens opposé à la tendance actuelle : concentration, uniformisation et spécialisation. Féru d’efficacité et de rentabilité, « homo-economicus » concentre, fusionne, agrège. C’est ainsi que collusion, oligopoles et accords tacites prennent bien plus le pas sur la prétendue « concurrence libre et non faussée »

 

 

Diversification et relocalisation se feront au détriment d'une certaine rentabilité unilatérale. Elles se feront au détriment de la sacro-sainte croissance mais seront salutaires. Elles s’inscrivent dans le vaste et difficile programme d’émancipation de l’homme, dans le respect et l'écoute de soi, de l'autre, des autres, de la terre et du cosmos. Graines de consciences, elles sont à la base du 5ème « pouvoir ». Un pouvoir exercé par tous et pour tous. Indicible et transcendantal, Internet est aujourd’hui son média, une certaine conscience universelle est sa voie. Cela tout en nuance, humblement et par tâtonnement puisque bien et mal sont abstrait et que l'un n'existerait pas sans l'autre.


 Résilience vs Efficacité

Comme le démontre Bernard LIETAER s’inspirant des travaux de Robert ULANOWICZ sur l’étude des écosystèmes et leur résilience(1), un système est d’autant plus stable et durable qu’il respecte un parfait équilibre entre diversité et efficacité. Une affirmation basée sur l’étude des écosystèmes mais qui est généralisable à tout type de système : énergétique, biologique, mécanique, économique ou monétaire. Depuis plus de 30 ans dans les systèmes monétaires, Bernard LIETAER recommande donc la mise en place d’un panel de monnaies complémentaires(2) pour éviter le risque de concentration et pour une efficacité maximale. Bernard dit des monnaies conventionnelles qu’elles sont beaucoup trop Yang (masculines) et qu’il faudrait des monnaies plus Ying (féminines) pour contrecarrer cette indéfectible tendance machiste d’efficacité et de domination du monde. Efficacité toute relative selon le point de vue : Nord-Sud, Occident-Orient, Masculin-Féminin, Tradition-Modernité. Bernard LIETAER et Patrick VIVERET sont à l’origine du SOL, une expérimentation de monnaie complémentaire financée entre autre par l’Union Européenne.  Présent déjà dans 8 régions françaises, le projet SOL a débuté en 2005. Avec la crise, il fait de plus en plus d’émules… Qu’attendent les médias et eurocrates pour en parler avec autant de verve et passion que le port du voile, la pratique du foot ou les excentricités du monde people ?

 

Alternatives Economiques: Face à la crise, des monnaies régionales - Bernard LIETAER

 

Politique vs Economique

Si le politique ne se réapproprie pas la monnaie, il restera toujours la chose de l’économique ou, plus précisément, des marchés et des grands détenteurs de capitaux. Car il ne faut pas confondre économie et capitalisme ! L’économie de (ou avec) marché n’est pas indissociable du capitalisme. C’est ce que la pensée néolibérale dominante essaye de nous bourrer dans le crâne. « Ceux qui veulent confondre économie de marché et capitalisme sont ceux qui trouvent évident (le plus souvent sans même y avoir réfléchi) que la terre, la monnaie et le travail sont des marchandises qui peuvent donner lieu à des transactions marchandes » nous dit Christian ARNSPERGER sur son blog(3). Le troc, le don et le contre don ou les échanges en coquillages, plumes ou cigarettes n’impliquent pas forcément accumulation du capital.

 

La monnaie, vecteur d’échange, ne peut en aucun cas être au service de ses plus grands détenteurs au détriment du bien commun. L’intérêt monétaire n’est-il pas une forme d’impôt obligatoire du créancier (privé) sur le débiteur ? Selon une étude réalisée en Allemagne, l’ensemble des prix hors taxe des biens et services échangés sur le marché sont en moyenne majoré de 30 à 40% d’intérêts à rembourser aux créanciers, aux détenteurs de capitaux(4). Si la monnaie était publique, les Etats n’auraient pas à s’endetter auprès des banques. Les Etats n’auraient pas à se financer par l’impôt aux contribuables (public) pour rembourser des intérêts aux capitalistes (privé)(5). La monnaie doit être publique et démocratique (gérée par tous et pour tous) par essence.

 

Main visible ou invisible ?

Quant à savoir s’il faut confier la monnaie à des banquiers mandatés par une caste avide de profits ou des politiques avides de pouvoir, AJ HOLBECQ et P DERUDDER répondent en page 38 de leur livre Les 10 plus gros mensonges sur l’économie : « Il semble bien que dans ce cas, ce soit bonnet blanc et blanc bonnet. Mais il n’en demeure pas moins que l’argent, doit être considéré comme le sang du corps de l’humanité dont la gouvernance ne doit relever que de la tête et non de l’un de ses organes. Le destin des peuples devrait être conditionné par ses choix politiques, au sens noble du terme, et non dicté par le commerce ou la finance. La question ne devrait même pas se poser ! Pourtant, c’est bien ce dernier cas de figure qui préside actuellement, de sorte que la marge de manœuvre de nos gouvernements est restreinte à ce que leur autorisent ceux qui tiennent les cordons de la bourse. »(6)

 

L’insidieuse crainte ploutocrate du risque de défaillance du politique pourrait trouver réponse dans la proposition de réforme monétaire de James ROBERTSON consistant à faire du pouvoir monétaire la quatrième branche de séparation des pouvoirs - fondement de l’Etat de droit - aux côtés de l’exécutif, du législatif et du judiciaire(7).

 

Par le Haut ou par le Bas ?

Pour « dé-concentrer » ou démocratiser la monnaie il existe deux voies possibles : par le haut, la voie institutionnelle et politique ; ou par le bas, la voie citoyenne et engagée. Comme le précise Bernard LIETAER, rien n’empêche d’emprunter les deux voies en même temps. Le cas du SOL comme voie de sortie par le haut est un bon exemple mais celui de la Grèce prouve que l’Europe reste prisonnière de ses dogmes et de son traité de ploutocratie(8). L’explosion de Système d’Echanges Locaux (SEL), sorte de troc moderne multilatéral grâce à un système comptable, un peu partout en Europe est un bon exemple de voie de sortie par le bas. Un autre exemple qui fera probablement partie de notre quotidien d’ici peu est l’arrivée des monnaies libres ou open money promues par Jean-François NOUBEL et Michael LINTON(9). Grace à Internet, tout un chacun pourrait être en mesure de créer sa propre monnaie pour réaliser tel ou tel échange selon telle ou telle modalité, convention, conception.

 

"Le Futur de l'Argent" - Conférence à Mexico - Jean-François NOUBEL

 

Ce foisonnement d’initiatives monétaires, n’est-il pas un gage de démocratie ? Il n’y a pas si longtemps, nous prenions pour fou ceux qui disaient que bientôt tout le monde serait en mesure de publier quelque chose qui serait lu par des milliers de gens. Aujourd’hui, les blogs, sites personnels, réseaux d’échanges et de communication sont légions. Bien-sûr ils sont souvent inféodés au pouvoir de l’argent comme le démontrait l’article sur la concentration des médias traditionnels mais il n’en reste pas moins qu’Internet est aujourd’hui la seule source d’information qui permette un semblant de transparence démocratique.

 

Démocratiser la monnaie

Ainsi l’avènement des monnaies libres permettrait de s’affranchir de la chape monétaire ploutocrate (Euro, Yuan, Dollar, Rouble). Les monnaies libres type NOUBEL(10) et les monnaies régionales type LIETAER(11) sont en quelque sorte, un pari démocratique(12). Selon l’esprit et l’organisation des personnes qui supportent ces monnaies, certaines disparaitront, d’autres prendront de l’ampleur. Si l’esprit est le profit, on tendra vers un système type « capitaliste », si l’esprit est l’éthique, le durable, le souci des autres et du prochain, on tendra vers un système qui se voudra plus distributif et égalitaire. Le problème actuel c’est que le système et les règles en vigueur ne permettent aucune marge de manœuvre. Comme le dit Jean-François NOUBEL, « si vous faites jouer les 10 plus grands sage de la planète au Monopoly, il y aura toujours un gagnant et un perdant ».

 

L’option de sortie par le bas à la LIETAER – NOUBEL n’a rien de farfelu puisqu’en Suisse une monnaie business appelée WIR existe depuis 1934, en Allemagne le Chiemgauer existe depuis 2003 et bien d’autres monnaies régionales prennent cours. En Suède, la banque JAK existe depuis 1970, elle prête de l’argent en réclamant des intérêts nuls ou dérisoires. Constatons que deux de ces initiatives les plus souvent citées (WIR et JAK) sont nées dans deux pays qui ne font pas partie de la zone Euro. Au Royaume-Uni le parti travailliste projette la création d’une véritable banque postale à l’image de la KiwiBank en Nouvelle Zélande(13). En Belgique, certains proposent la création d’une FritiBank également à l’image de la KiwiBank. En Italie il y a le SCEC et la banca del tempo. Un peu partout en Europe et ailleurs il y a les SEL (Système d’Echange Local) ou LETS (Local Exchange and Trade System), etc. etc. Bref, de plus en plus de monnaies alternatives qui tentent de combler les défaillances du système officiel dominant : chômage, crise, inflation, spéculation, concentration.
 

Chiemgauer.jpgDe par le monde, il y aurait pas moins de 5000 expériences de monnaies alternatives / plurielles / locales / régionales / complémentaires / sociales : le Saber au Brésil, le Trueque en Argentine, l’Ithaca-Hours aux Etats-Unis, les LETS au Canada et les WAT, Fureai Kippu, Dandan, Yufu au Japon. Le Japon est le maître incontesté en la matière puisqu’il connait la crise depuis 1990. Voir aussi la carte mondiale des Systèmes d’Echange Locaux.

 

Pour illustrer l’importance et la force de ces initiatives, voici une brève explication du Fureai Kippu au Japon. « Au Japon les "Fureai Kippu" apportent un début de réponse à la crise du vieillissement démographique. Leur principe ? Un jeune fait des courses, prépare la cuisine et fait prendre son bain à une personne âgée à la motricité réduite. Pour ce service, ce jeune perçoit des "tickets de soin" ou Fureai Kippu, qu’il dépose sur un compte. S’il tombe malade, il peut utiliser ces tickets pour payer une aide à domicile. Il peut aussi faire un transfert électronique sur le compte de sa mère, à l’autre bout du pays, afin que celle-ci puisse s’offrir une aide à domicile. L’intérêt : les personnes âgées peuvent demeurer chez elles, plutôt que vivre dans des maisons de retraite déprimantes et qui plombent les finances publiques »(14)

 

Les 3 grandes caractéristiques des monnaies sociales(15)

Ces monnaies alternatives, se distinguent des monnaies officielles par 3 principales caractéristiques.

1) Elles sont ancrées dans le local de manière à privilégier les transactions locales et l’usage local de revenus tirés d’une production ou d’un service local. La monnaie est ainsi représentative d’un terroir, d’une communauté, d’une spécificité territoriale ou communautaire. Ainsi ancrée, elle est aussi un gage de transparence et d’investissement démocratique. Chaque membre de la communauté est potentiellement responsable de la monnaie et de son usage. Il en est responsable dans son fonctionnement interne et dans ses applications externes. Ces monnaies sont donc un formidable outil d’expérimentation démocratique par une forme d’obligation communautaire d’investissement et de responsabilité vis-à-vis de la société civile.

2) L’objectif premier est de dynamiser les échanges. Elles refusent l’accumulation fondement du capitalisme et de nos pulsions les plus profondes. Elles sont donc intrinsèquement conçues pour empêcher la thésaurisation, la concentration ou la conservation de richesses. L’argent n’est donc plus rémunéré quand on le stocke mais il perd de sa valeur. C’est la cas des monnaies fondantes remise au goût du jour par Silvio GESSEL(16) et que nous aborderons un peu plus bas.

3) Elles cherchent à transformer les pratiques et représentations de l’échange. C’est en cela que ces monnaies méritent bien plus le nom de monnaies sociales que tout autre nom. Ces monnaies sociales affectent en effet le statut des échangistes et la relation entre eux. Elles affectent aussi les règles marchandes. Pour le statut, le concept clé à retenir est celui de « prosommateur » ou l’individu, à la fois producteur et consommateur, est responsabilisé et peut valoriser une certaine vocation escamotée par le statut de salarié. La relation entre échangistes cherche à aller au-delà du vulgaire calcul propre à l’échange. La monnaie se veut ici promotrice de liens interpersonnels, de contacts. Concernant les règles marchandes il y a volonté de s’éloigner de la stricte logique marchande en tentant par exemple des modalités de fixation des prix dépourvues du principe d’économie d’échelle, des avantages comparatifs et d’agrégation (effet Pareto).

 

http://www.chateau-saintmesmin.fr/attachments/Image/A_frappe_de_monnaie.jpg

 

Une monnaie non marchande

Pour que la monnaie reste socialement admise comme norme extérieure, elle ne pourra également jamais être considérée comme un bien marchand(17). Seul un système purement comptable de crédit mutuel dans lequel le solde global des comptes des adhérents est toujours nul permet d’éviter la marchandisation de l’argent. Dans le cas des SEL ou de tout système fondé sur une comptabilité pure, seul l’échange provoque un flux comptable d’un compte vers un autre (compte crédité quand on « donne », débité quand on « reçoit »). Il n’y a pas d’intérêts, crédit et débit vont de pair, ils sont gratuits et automatiques dès qu’il y a échange. La monnaie ne préexiste donc pas à l’échange mais lui est consubstantielle (inséparable) (15). Inflation et accumulation capitaliste de richesses (argent qui travaille à notre place) sont étrangères à ce type de fonctionnement. Ce système de comptabilité pure n’est-il pas un bon catalyseur d’égalité, de partage et de démocratie ? Avec les progrès des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) rien - hormis la force du pouvoir en place, la peur et l’endoctrinement monétaire - ne s’oppose à la mise en place d’un tel système comptable à échelle locale, régionale ou même nationale et internationale. Le seul argument réfractaire recevable serait celui des contraintes matérielles ou éthiques. Existe-t-il suffisamment de ressources et d’énergies pour étendre l’usage des TIC au monde entier ? Cette volonté ne serait-elle pas l’exemple paroxystique d’un orgueil totalitaire technoscientifique à la mode occidentale ? Enfin, rien ne garantit les possibles dérives dans le domaine technologique. Sans réel travail personnel d’autocritique et technique de contrôle communautaire, un petit malin pourra toujours trouver le moyen de s’allouer du crédit sans débit chez un tiers au nez et à la barbe de la communauté… C’est justement ici que se situe tout l’enjeu des monnaies sociales : trouver des techniques d’autocontrôle, de transparence et de gouvernance tournante de manière à permettre l’expression saine et harmonieuse du principe démocratique. Les monnaies (re)trouveraient alors leur titre de noblesse en (ré)intégrant la sphère démocratique(18).

 

Une monnaie fondante

Si la monnaie est matériellement émise, le remède actuellement connu pour contrecarrer l’inhérent effet Pareto est celui des monnaies fondantes. Partant du principe que l’argent doit circuler plutôt qu’être stocké, Silvio GESSEL inverse la vapeur en proposant la suppression de la rémunération de l’argent immobilisé et la mise en place d’une taxe à la circulation. Il s’agit en quelque sorte d’un intérêt négatif. Cet intérêt négatif prend la forme de timbres payant (taxe à la circulation) à apposer régulièrement au verso des billets pour éviter qu’ils ne perdent leur valeur. Comme une sorte de chaise musicale, tout le monde fait tourner le billet aussi vite que possible en espérant que la musique (le temps qui passe) ne s’arrête pas (fin du mois par exemple) au moment où l’on s’en sert. Sans quoi, la personne détentrice du billet se verra dans l’obligation de payer la taxe en y apposant un timbre dont la valeur peut osciller entre 2 et 5% de la valeur du billet.

 

Une fois un billet taxé un certain nombre de fois (12 fois après 1 an si taxation mensuelle) il est alors retiré de la circulation et d’autres billets sont alors émis au prorata des besoins économiques parfaitement quantifiable par une comptabilité régionale ou nationale.

 

L’argent stocké en bon père de famille en vue d’un investissement futur ne sera pas frappé d’un intérêt négatif mais ne sera pas rémunéré non plus comme c’est le cas aujourd’hui. La somme restera figée et pourra éventuellement perdre un peu de sa valeur suite à une inflation « naturelle » - pression démographique, raréfaction des ressources, offre peu réactive (de plus en plus rare de nos jours sauf dans le cas de l’immobilier par exemple) - et pas une inflation gonflée artificiellement par l’exigence de rentabilité sur capital. Il faut en effet rappeler que l’intérêt bancaire consomme chaque année près de 40% du PIB national. Cette ponction annelle contribue largement à l’inflation au seul bénéfice des capitalistes, des rentiers, des détenteurs de fonds.

Ceci dit, une érosion lente de ce à quoi nous attachons de la valeur n’est-elle pas dans l’ordre des choses ? Même les pyramides, les grandes œuvres d’art ou l’or se dégradent dans le temps, alors pourquoi pas la monnaie, vecteur de nos échanges et communément admise comme équivalent universel ? Cette non dégradation monétaire est tout à fait symptomatique d’un humain désemparé face à la mort, à la perte et à l’évanescent.

 

La pratique du taux d’intérêt négatif ou « demurrage » existait déjà au Moyen-âge et permettait la réalisation d’édifices nécessitant souvent plus d’une génération pour les construire. Ce genre de vision à long terme est totalement incompatible avec une monnaie à intérêt positif qui privilégie la thésaurisation et la fuite de capitaux au détriment de l’investissement local.

 

Sortir de l’économie

Ces détails techniques d’aboutissement d’une telle monnaie dépendent avant tout du degré de conscience de ceux qui l’utilisent. Une telle monnaie n’est qu’un pari, un succédané de confiance dans la vie et les autres… In fine, elle ne devrait même plus être nécessaire. Nous sortirions, enfin, de l’économie…

 

Nous sommes bien conscients que c’est l’homme qui est à l’origine du système aussi abouti qu’aliénant et destructeur que nous connaissons aujourd’hui. Le dire, ne signifie pas uniquement que la nature humaine est mauvaise mais qu’elle est aussi capable d’introspection et de dépassement. C’est, à mon sens, la caractéristique principale du genre humain… Monnaie et économie font partie de l’apprentissage.

 

Réapproprions nous la monnaie et tâchons de la gérer collectivement tout en restant parfaitement lucide et critique sur les causes profondes du bourbier actuel. C’est ce que Christian ARNSPERGER appelle, « le militantisme existentiel »(19) : l’observance d’une vigilance/réflexion/méditation de tout instant déjouant les tentaculaires appropriations capitalistes aussi bien individuelles que collectives. Ne passons pas simplement d’un capitalisme gris à un capitalisme vert ou « social ». Ce dernier n’est qu’un avatar plus destructeur que le premier puisque affublé de vertus « socio éco environnementaliste ». La logique interne ne change pas (profit individuel), seule l’application externe change (grand projet "verts": fermes verticales, éco-buildings, OGM, Nucléaire, nanotechnologies, etc.).

 

« Une pute d’apparat, une grue en drap d’argent,

dont la traîne est portée,

et l’âme traînée dans la fange »

THOREAU, La désobéissance civile, p.17

 


(4) Helmut CREUTZ cité par Margrit KENNEDY, If money rules the world

– who rules money ?, p2

(5) André Jacques HOLBECQ, Philippe DERUDDER, La Dette Publique, Appel à mobilisation citoyenne, www.public-debt.org 

(6) André Jacques HOLBECQ, Philippe DERUDDER, Les 10 plus gros mensonges sur l’économie, p38.

(9) Terra economica N°40 - 09/12/2004 - Par ici, la monnaie !, www.selidaire.org

(14) Terra economica N°40 - 09/12/2004 - Par ici, la monnaie !, www.selidaire.org

(17) AGLIETTA, ORLEAN, Qu’est-ce que la richesse ?

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 11:42

 

http://cdekeyser.com/data/image/billet_balance_1.jpg

 

Tous les hommes naissent libre et égaux en dignité et en droit…

 

Et pourtant, l'Europe institutionnelle contredit cette déclaration tous les jours…

 

 

Que se passe-t-il quand un Etat de la zone euro lance un emprunt sur les marchés internationaux ?


 

 

Prenons un exemple concret : un Etat de la zone euro lance un emprunt à 10 ans.

 

Mercredi 23 juin 2010 :

* Si l’Allemagne avait lancé un emprunt à 10 ans, elle aurait dû verser un taux d’intérêt de 2,65 %.

2,65 % d’intérêt pour un emprunt, ce n’est vraiment pas cher.

Comparons les 2,65 % de l’Allemagne avec les taux d’intérêt des Etats d’Europe du sud et avec l’Irlande :

* Si l’Espagne avait lancé un emprunt à 10 ans, elle aurait dû verser un taux d’intérêt de 4,54 %.

* Si l’Irlande avait lancé un emprunt à 10 ans, elle aurait dû verser un taux d’intérêt de 5,46 %

* Si le Portugal avait lancé un emprunt à 10 ans, il aurait dû verser un taux d’intérêt de 5,72 %.

* Si la Grèce avait lancé un emprunt à 10 ans, elle aurait dû verser un taux d’intérêt de 10,37 %.

Conclusion : aujourd’hui, dans les faits, il y a deux zones euros.

Conclusion numéro 2 : aujourd’hui, les deux zones euros s’éloignent l’une de l’autre de plus en plus vite.

Commentaire posté par BA suite au dernier article de Frédéric LORDON.

Cela confirme ce qui est repris dans Argent et Intérêts

 

« le taux d'intérêt appliqué varie selon les agents économiques: de 0 à 4% pour les banques et les États (0% droits de tirage spéciaux), de 2 à 20 % pour les États et les grandes entreprises et de 4 à 250% pour les petites entreprises, les pauvres et les particuliers.

 

Cette différenciation de taux d'intérêt réalise un transfert permanent de "richesses" de la base (travail) au sommet (capital) selon l'actuelle hiérarchisation pyramidale de la société fondée sur le principe de l'argent roi (individualisme & compétition). »

 

Cette faille se creuse de jour en jour, le taux d’intérêt des pays du sud et des pauvres augmente régulièrement. Et aujourd’hui la Grèce aurait opté pour la mise en vente de certaines de ses îles. Au Etats-Unis suite au désastre au large des côtes du Mexique certains préconisent la privatisation des eaux océaniques ! Par force ou par dogmatisme, la privatisation capitaliste s’insinue partout. Cette logique peut aller très loin. Il faudra bientôt payer pour respirer. En vacance sur une île grecque au service irréprochable, un splendide complet costard-cravate thermorégulé vous apostrophera, l’air hautain et la mine pitbull, et demandera: « Sorry Sir, did you pay to breath in this zone ??? »

 

Contrairement à la vidéo ci-dessous, le but n’est pas d’incriminer les banques ou les riches mais le système, la culture, les croyances. Tant que l’imaginaire collectif rêvera d’argent qui doit faire des petits tout seul, nous n’y arriverons pas.

 

Les banques créent en effet l'argent nécessaire aux emprunts (argent-dette créé sur base de demande de création ou d'obtention de biens et services monnayables) mais elles ne créent pas l'argent nécessaire au remboursement des intérêts de ces mêmes emprunts. D’un point de vue global, puisque l’argent des intérêts n’existe pas dans la masse monétaire existante, d’autres agents économiques sont bien obligés de contracter d'autres emprunts pour venir combler le manque de liquidités nécessaire au remboursement d’intérêts. A cause de l'absence d'argent nécessaire aux remboursements des intérêts, les emprunts appellent les emprunts et la dette de tous les agents, sauf les plus riches, ne fait qu'augmenter. Le montant d’argent dû aux banques excédera toujours le montant d’argent disponible en circulation. C’est une des raisons pour laquelle l’économie subit toujours une certaine inflation. Si nous parvenions à correctement corréler l’approvisionnement monétaire à l’approvisionnement en biens et services à l’économie, il n’y aurait pas d’inflation en dehors de problèmes conjoncturels et de lenteur d’adaptation de la demande. Cfr. Argent et Intérêts
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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 21:29

socrate.jpg

Ce qui se passe en Grèce aujourd’hui est symptomatique d’un système monétaire pour lequel les Etats n’ont plus droit au chapitre. Bloqués par une dynamique budgétaire asphyxiante, les Etats se voient contraints de pactiser avec les magouilleurs en col blanc. Le manque structurel de capitaux et les règles d’intégration Européenne ont obligé les Grecs à falsifier leurs comptes sous l’aiguillon intéressé de Wall Street et de politiciens véreux (1).

 

 

Pour unifier l’Europe sous la bannière d’une devise unique, on avait créé l’euro avec un péché originel : certains pays – notamment l’Italie et la Grèce – étaient entrés dans la zone euro avec des déficits supérieurs à ceux qu’autorise le traité qui avait créé la devise. Au lieu d’augmenter les impôts ou de réduire leurs dépenses, ces pays ont réduit artificiellement leurs déficits en recourant à des produits dérivés. (1)

 

Dans le monde de la finance et de la ploutocratie axé sur la gagne, tout n’est plus qu’une question de jeu comptable. On fait passer des recettes pour des dépenses, des crédits pour des débits, des emprunts pour des prêts, etc. Al Capone ne « valait rien » sans son comptable. C’est toujours le cas de nos jours sauf que la contrebande et la comptabilité se sont développées de manière exponentielle dans tous les sens du terme : taille, étendue, diversité et complexité. Subprimes, titrisation, société écran, comptes offshore, trafic en tout genre (bois, animaux, enfants, organes, drogue, arme) et ce, sur l’ensemble du globe et impliquant des milliers d’intermédiaires, ne sont que quelques exemples de l’ingéniosité de l’homme dans sa quête d’infini mal placé.

 

Dès 2000 les Ministres européens des finances ont débattu avec âpreté pour savoir s’il fallait ou non rendre publique l’utilisation des produits dérivés  par la comptabilité créative (en clair, l’art de trafiquer les comptes en toute légalité - ndlr). La réponse a été négative (1).

 

Par ministres des finances entendez : Lagarde, Reynders ou Steinbrück que nos médias financiers s’acharnent à encenser régulièrement (2).

 

«Les politiciens voudraient faire avancer les choses et dès qu’une banque leur donne les moyens de repousser un problème à plus tard, ils tombent dans le panneau», a déclaré Gikas A. Hardouvelis, économiste et ex-fonctionnaire du gouvernement, qui a contribué à la rédaction du dernier rapport sur les pratiques comptables grecques (1).

 

 

Autrement dit, nos Ministres (Lagarde, Reynders, Steinbrück, etc.) et Politiciens (Barroso, Trichet, Van Rompuy)  sont de mèche ! Et ils se permettent aujourd’hui de critiquer la Grèce pour sa « mauvaise gestion » ?

 

Ce qu’ils n’avoueront jamais, c'est que cette « mauvaise gestion » est la leur, la nôtre et celle d’un système corrompu jusqu’à la moelle. Cette « mauvaise gestion » fait partie intrinsèque du système.

 

Cette « mauvaise gestion » est devenue, à l’instar des paradis fiscaux (3), une réalité structurelle de système. Plus moyen de s’en passer sans que tout le château de carte ne s’écroule. C’est d’ailleurs la crainte de voir la Grèce claquer la porte aux créanciers (elle doit tout de même 300 milliards de dollars un peu partout dans le monde) qui pousse les Eurocrates à « l’aider ».

 

« Aider » en proposant un achat de terres(4) comme cela se fait déjà pour les pays du sud(5)!

« Aider » en mettant la Grèce sous tutelle du FMI et des rapaces de la finance(6)!

« Aider » en imposant une cure d’austérité draconienne à une population qui n’a rien demandé(7)! Cure d’austérité qui rassure évidement l’Europe et les marchés(8). Le peuple trinque et le capital souffle…

 

Alors, tant qu’à faire, autant que les Grecs rompent tout de suite avec l’euro plutôt que de se saigner à blanc dans la douleur sous le sourire cynique des vampires de la Haute Finance. Ils rejoindront alors les rangs de la Bolivie, du Nicaragua et du Venezuela qui ont eu le cran d’envoyer bouler le FMI et ses foutus plans d’ajustement structurels et programmes d’austérité(9). L’euro a toujours prétendu être la monnaie du peuple mais ne l’a jamais été. L’euro a été créé et conçu par et pour la ploutocratie, jamais pour la démocratie. Les statistiques monétaires européennes (indice des prix, taux bancaires, inflation, endettement) ont toujours été manipulées(10).

 

Le choix Grec se résume en effet précisément à ceci : le peuple ou l’euro ?(11)

 

Fascinant et pitoyable est le parallélisme entre les événements de la Grèce Actuelle et ceux de la Grèce Antique en moins 400 avant J.-C. sous Socrate, Platon et Aristophane le poète (12). A lire ces grands philosophes et poètes on ne peut que s’étonner de la force et de l’acuité de leurs analyses tout en s’attristant du contraire pour l’humanité qui piétine depuis 2400 ans !

 

platonPlaton n’ignorait pas que la Grèce avait expérimenté toutes les formes du pouvoir unique et absolu (monarchie et tyrannie), mais aussi les formes les plus diverses du pouvoir oligarchique : l’aristocratie s’appuyant sur la simple possession des terres (à Thèbes mais aussi à Athènes avec les « eupatridès » et leur main mise sur le sénat) ; la gérontocratie censée valider l’expérience et la sagesse des anciens (Sparte) ; la polyarchie militaire dominant régulièrement la vie des cités grecques; et même une certaine forme de théocratie avec les prêtres de Delphes qui n’hésitaient pas à lancer des guerres sacrées contre les cités coupables de sacrilèges quand les offrandes n’étaient pas suffisantes. Dans ce contexte, la démocratie était apparue comme le degré de perfection absolue de la vie dans la Cité, et donc comme la fin de la barbarie politique (guerres fratricides, dépravation des élites et misère du peuple) (12).

 

Mais grâce aux pièces satiriques d’Aristophane (et à qui l’on doit le nom de ploutocratie), Platon découvrait de nouveaux mécanismes: la ploutocratie était, et serait dorénavant, une nouvelle forme de pouvoir, liée à l'utilisation de la monnaie; elle pourrait se développer au sein de toutes les démocraties; elle menacerait la survie même des peuples victimes. En clair, la cause était désespérée à tous les niveaux, et c'est exactement ce sentiment que dégagent les écrits de Platon, notamment quand il fait appel à la grâce divine (12).

 

Dans sa lettre où il met en accusation les assassins de Socrate, Platon termine par cette célèbre phrase : « Donc, les maux ne cesseront pas pour les humains avant que la race des purs et authentiques philosophes n’arrive au pouvoir ou que les chefs de cités, par une grâce divine, ne se mettent à véritablement philosopher » (12).

 

Pour mémoire, la démocratie athénienne à été instaurée par Clisthène en 507 avant notre ère, et Socrate a été condamné à boire la ciguë en -399 avant J.-C. (12).

 

Depuis lors, l'Histoire a largement donné raison au poète: d'une part, la ploutocratie supplante systématiquement la démocratie, en tout temps et en tout lieu; d'autre part, l'humain n'a pas changé, ni individuellement (il est toujours matérialiste et âpre aux gains) ni collectivement (le peuple est un tas de graisse, et il suffit de payer quelques gens du peuple pour obtenir le droit de tout faire) (12).

 

Le peuple Grec a toutes les raisons de se révolter (13).

 

Que la Grèce se révolte pour détrôner une élite qui hurle encore avec les loups, ne serait qu’un juste retour des choses. Les grecs devraient se révolter contre les abus de la ploutocratie comme les français l’ont fait il y a deux siècles envers les abus de la monarchie. Que les Grecs fassent leur « révolution hellénique », tous les peuples opprimés et malmenés de la planète seront derrière eux. Que la Grèce retrouve son autonomie monétaire en créant une monnaie publique nationale. Qu’elle prouve que nous ne sommes pas des moutons, des numéros ou des citrons à presser jusqu’à la mort.

 

AristophanePeut-on imaginer dénouement plus symbolique? Que la Grèce, berceau des civilisations, devienne un exemple pour toutes les Nations en posant la première pierre d’un nécessaire et salutaire changement systémique. Après le choc sur les deux tours du WTC au cœur de l’idéologie dominante, le peuple Grec porterait le deuxième uppercut au cœur des premiers désirs d’hégémonie.

 

Ce ne serait certainement pas tout, loin s’en faut, à commencer par une sérieuse analyse introspective. Mais ce serait déjà un bon début.

 

Depuis que les Etats ont cédés leur droit régalien de battre monnaie à des banquiers centraux répondant à des intérêts privés, ils sont devenus la vache à lait des grands créanciers (politiciens complices compris) de ce monde (14). Capone, c’est du pipi de chat à côté de ce qui se passe aujourd’hui (15).


Aujourd’hui la faillite de la Grèce, demain, celle de l’Espagne, puis viendra celle du Portugal, de l’Italie, de la Grande-Bretagne…(16) A qui le tour ? Et nous devrions tout accepter la bouche en cœur alors que toutes les richesses, fruit du sang des hommes et de la terre, se planquent dans des paradis fiscaux et magouilles financières ?

 

« Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’une nation, et je n’aurai pas à m’occuper de ceux qui font ses lois

– Meyer Anselm Rothschild, banquier.

 

A consulter:

www.public-debt.org

La dette publique, une affaire rentable, André Jacques HOLBECQ, Philippe DERUDDER

Tax Heaven, how globalisation Really Works, Christian CHAVAGNEUX

 

Notes :

(1) Wall Street a aidé la Grèce à dissimuler ses dettes et a attisé la crise européenne.

Source : New York Times – International Herald Tribune du 14 février 2010.

Traduction : Horizons et débats

(2) Après Christine Lagarde (France) et Peer Steinbrück (Allemagne), le Belge Didier Reynders est considéré par le Financial Times comme le meilleur ministre des Finances en Europe. Alors que Reynders est probablement le pire de la bande! FORTIS, voici pourquoi REYNDERS doit démissionner

(3) Les paradis fiscaux, pierre angulaire du système. Les entreprises du CAC40 (qui ne sont donc que 40) possèdent 1470 filiales dans les paradis fiscaux. 50% des flux financier mondiaux annuels transitent par des paradis fiscaux.

(4) L’Allemagne s’apprête-t-elle à entreprendre une conquête territoriale en Grèce ?

(5) Pays pauvres à vendre

(6) En Grèce comme ailleurs, l'alibi de la dette?, Gabriel COLLETIS

(7) La Grèce annonce un plan d'austérité de 4,8 milliards d'euros

(8) La cure d’austérité grecque rassure l’Europe et les marchés

(9) Le CIRDI en ligne de mire : la Bolivie, le Venezuela et le Nicaragua claquent la porte

(10) La gestion (désastreuse) de l’Euro + Faut-il sauver les banques ?

(11) La Grèce entre le peuple et l’euro

(12) Le néolibéralisme ? Un très vieux système… Pourquoi faut-il le combattre ?, Alter-Europa, Junon MONETA, p 3-6.

(13) Grèce: quatre raisons de refuser l'austérité, Gabriel COLLETIS

(14) Auto-multiplication cancéreuse des actifs financiers, Helmut CREUTZ

(15) Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial

(16) La spéculation attaque notre R(UE)

 

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Contre la pensée unique

Epuisement des ressources

Dates d'épuisement des richesses exploitables de notre planète au rythme actuel de consommation (1)

2021 : fin de l'argent
2025 : fin de l'or et du zinc
2028 : fin de l'étain
2030 : fin du plomb
2039 : fin du cuivre
2040 : fin de l'uranium
2048 : fin du nickel
2050 : fin du pétrole
2064 : fin du platine
2072 : fin du gaz naturel
2087 : fin du fer
2120 : fin du cobalt
2139 : fin de l'aluminium
2158 : fin du charbon

Notre planète n'est pas infinie. On le sait. Ses ressources sont limitées et ne peuvent satisfaire ad vitam eternam les exigences voraces de milliards d'êtres humains.

Nous devons anticiper la pénurie proche des matières premières en vivant tout simplement autrement. Sinon des guerres terribles risquent d'éclater dans un futur proche à la surface de tout le globe pour l'accaparement des gisements restants, atomisant les villes et faisant un carnage parmi les populations. Cela en moins d'une petite génération!

Si nous voulons éviter le pire, retroussons nos manches! Une nouvelle civilisation reste à inventer, ici et maintenant, plus propre, plus économe, plus respectueuse et dont l'objectif premier soit réellement le bonheur de tous et non le profit égocentrique de quelques uns au détriment de tous les autres.

Voir échéancier des ressources exploitables sur le site Terre sacrée.
(1) D'après Science et Vie hors série N° 243, construire un monde durable, de Juin 2008. http://www.mondedurable.science-et-vie.com 

Freemen

Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que :
• le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
• s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».



Au delà, comme le nom “Freemen” l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut sur son blog. L’ensemble de ces contenus doit petit à petit former une nouvelle “chaîne”, un nouveau “journal”, chacun parlant de politique, mais aussi, d’art, de ciné, de tout.

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