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Présentation

  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
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Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

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Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 11:36

Guerre-democratie.jpgAlors, ça y est, les vas-t-en guerres sont partis ! Dassault va pourvoir tester ses avions Rafale en live (top cool), l’industrie de l’armement va s’en fourrer plein les fouilles, les petits Belges vont jouer dans la cours des grands alors qu’ils n’ont même pas de gouvernement, Sarko va montrer ses biscotos et son gros doigt (encore, il adore, il jubile !), France et Grande Bretagne vont pouvoir récupérer un peu de came noire... Nous voilà repartis pour une nouvelle « guerre chirurgicale » SANS victimes civiles (Si, si, vous z’en faites pas, ça marche !). Nous allons revoir ces images sombres piquées de flash et rayons lumineux sur nos écrans, suivies de discours léonins d’hommes en uniforme garni de médailles sur la précision et la haute technologie de nos frappes. Après les épisodes Vietnam, Yougoslavie, Irak, Afghanistan, enfin la suite de notre télé réalité favorite.

 

Il y a quelque temps encore, on entendait des débats radio et télé sur les bonnes armes et les mauvaises armes. Tu vois ma fille : « Un bon fusil est un fusil qui tue des méchants. Un mauvais fusil est un fusil qui tue des gentils. Voilà, c’est simple non ? ». « Ah oui, j’oubliais, tu dois savoir que ceux qui décident qui sont les gentils et les méchants, ce sont les fabricants de fusils, et eux, ils sont toujours forcément gentils ».

 

Montrer sa puissance et sa force. Diaboliser celui qu’on attaque pour faire passer la pilule. Classer l’histoire en gentils et méchants, bon et mauvais. Les répressions en Arabie Saoudite, Barheïn ou Palestine, on passe l’éponge. Par contre, ce qui se passe en Libye c’est franchement scandaleux ! « Il massacre des civils, tu te rends comptes! » En sommes nous si sûr ???

 

Je conseille vivement la lecture de quelques articles sur michel-collon.info ou sur Emceebeulogue pour nuancer un peu tout ce qu’on entend. Lire par exemple Cinq remarques sur l’intervention contre la Libye

 

Kadhafi est clairement un tyran, mais il est toutefois intéressant de noter qu’il a nationalisé son pétrole au détriment des grandes firmes pétrolières et pour un meilleur niveau de vie qu’en Tunisie ou en Egypte par exemple. N’oublions pas non plus que Ben Ali, Ben Laden, Moubarak, Saddam ou Kadhafi (pour ne citer qu’eux) étaient des grands potes de l’occident ! Aux pays des scélérats, ils faut bien d’autres scélérats pour rapporter la pitance. Non vraiment, tout n’est pas noir ou blanc. Il est important de bien comprendre les enjeux sans jamais tomber dans le piège mensonger de l’humanitaire, du soutien de la démocratie et des droits de l’homme proféré par nos politiques impériales shootées à la consommation.

 

Ca me fait penser à une phrase entendue d’un gamin de 6 ans s’adressant à sa copine: « Tu m’aimes ou je te butte ! ». Ou encore, « Il est interdit d’interdire ». Ou encore cette phrase dans le sketch des inconnus avec Jésus qui cogne tout le monde dans la foule et qui termine en disant : « Vous allez finir par vous aimer les uns les autres bordel de merde ! ».

 

 

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 12:27

onu.jpgPar Vladimir Caller sur Michel COLLON

L’élection d’Hashim Thaci au Kosovo, très contestée par ses opposants qui l’accusent d’avoir fraudé lourdement, n’a pas semblé émouvoir outre mesure Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies. Le fait que cet ancien patron de l’UCK soit soupçonné de complicité, sinon de participation directe, dans une scabreuse affaire de trafic d’organes ne paraît pas ébranler, non plus, sa haute sensibilité pour tout ce qui touche au strict respect du déroulement et des résultats des RDV électoraux. Sensibilité qui semble, néanmoins, de géométrie quelque peu variable.

Ainsi, le fait qu’en juin 2009 le Président élu du Honduras, Manuel Zelaya, ait été démis de ses fonctions par un coup d’état des militaires allergiques à son orientation progressiste n’a suscité en lui d’autre réaction que des regrets aussi pieux que peu sincères, à l’instar de ceux du Président Obama ; regrets destinés en fait à assurer que le putsch en question se stabilise en douceur. Ainsi, Manuel Zelaya peut toujours attendre de retrouver son poste.

Par contre pour les élections en Côte d’Ivoire, pays qui traîne un long et sanglant conflit armé et dont la partie Nord reste contrôlée par une des forces belligérantes, Monsieur Choi, le représentant du Secrétaire général des N U, se permet d’assumer le rôle de grand électeur « certifiant » quelques heures après les proclamations contradictoires des instances indigènes, qui fut le vainqueur du scrutin. Performance de ‘clarificateur’ si rapide que l’on est tenté de regretter qu’il n’ait pas été en poste en Floride lorsque Al Gore perdait sa compétition électorale face à G.W.Bush après d’interminables tractations, ni lors de celles d’Afghanistan qui ont vu Monsieur Karzai très laborieusement et tardivement réélu. On est donc tenté de se demander : pourquoi une telle et sélective précipitation ? Serait-ce parce que Monsieur Ouattara ancien responsable du chapitre Afrique au sein du FMI correspond mieux, à la différence de Monsieur Zelaya, au nouveau formatage de la mondialisation si chère, justement, au FMI ?

Poursuivant une claire volonté d’ingérence, autant le Secrétaire Général que le président français ordonne au président Gbagbo de déguerpir sans tarder. A quoi ce dernier, président en exercice rappelons-le, répond demandant à leurs troupes de quitter le territoire national invoquant des preuves de collaboration entre leurs contingents et les forces de la rébellion interne. Justification non indispensable, nous semble- t-il ; un sursaut de dignité face à tant d’arrogance pourrait suffire. Qu’à cela ne tienne, Ban-ki Moon et Sarkozy n’ont pas à tenir compte d’une exigence souveraine et décident de rester. Plus encore, ce dernier dans un geste inédit décide de retirer, sans la moindre concertation, sa reconnaissance à l’ambassadeur en fonction à Paris au bénéfice d’un remplaçant à venir. Le gouvernement belge fait de même.

Hélas ce ne sont pas que de simples anecdotes dignes d’une BD de circonstance. Au-delà de ces gestes nous sommes en train de vivre un véritable bouleversement des normes du droit international. Ainsi dans un cas, une présence internationale légalement mandatée est en train de se transformer en force d’occupation arbitraire. Dans l’autre, une puissance étrangère décide qui représente la diplomatie d’un pays tiers. Plus grave encore, une intervention armée est envisagée pour mettre en poste un des candidats ce qui constitue, sauf erreur, une première absolue dans l’histoire des relations internationales : l’emploi de la force pour résoudre un conflit électoral. Ainsi, des légères interrogations nous viennent à l’esprit. Pourquoi cette si sage « communauté internationale » n’a-t-elle pas imaginé des mesures semblables pour imposer le candidat Moussavi dans le contexte iranien ? Serait-il parce qu’il est moins compliqué –et surtout moins risqué- de mettre des chars en Abidjan qu’à Téheran ? Eut-il été imaginable, suivant la logique bankimounienne, que lors de la controverse Gore-Bush mentionnés ci-avant, la Côte d’Ivoire eusse réclamé l’installation de Monsieur Gore au bureau ovale de la Maison Blanche ? et ce, sous peine d’exiger l’intervention armée de, par exemple, l’Organisation des Etats Américains (OEA équivalent américain de la CEDEAO) ?

Que ce soit clair, les remarques de ce chroniqueur n’impliquent nullement de sympathie et encore moins d’adhésion politique envers Monsieur Gbagbo ; nous croyons d’ailleurs que le peuple ivoirien mérite mieux que l’alternative qui lui est proposée. Ainsi, si ce texte a un sens, c’est celui d’attirer l’attention sur ce processus qui semble imparable et qui fait que ce grand rêve de gestion équilibrée et honnête des relations internationales qui avait conduit à la création des Nations Unies est en train d’être gravement dévoyé. Et ce, avec le lamentable acquiescement et la participation active de l’Union européenne. Nous l’avions constaté, il y a peu lors du sommet de l’Otan à Lisbonne où l’ONU accepta sans sourciller le transfert progressif de certaines de ses prérogatives en faveur de l’alliance militaire. Nous le voyons maintenant dans sa douteuse gestion du dossier ivoirien. Toujours, hélas, avec le concours de ceux qui devraient, précisément, sauvegarder jalousement sa mission d’origine.

Source : Michel COLLON

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 09:25

vortex-dollars.jpgIl ne me sera bientôt plus nécessaire de parler de la problématique monétaire sur ce blog tant elle commence à essaimer un peu partout.

Dans tous les cas, j’aime beaucoup ce récent article de Bernard BAYOT du Réseau Financement Alternatif (www.financite.be)

Qu'est-ce que l'intérêt ?

En finance, l'intérêt est la rémunération d'un prêt, sous forme, généralement, d'un versement périodique de l'emprunteur au prêteur.

Pour le prêteur, cela représente le prix de sa renonciation temporaire à une consommation : il ne peut utiliser son argent puisqu'il l'a prêté. Pour l'emprunteur, c'est un coût correspondant à une consommation anticipée : il peut faire usage d'une somme d'argent, par exemple pour payer l'achat d'un bien ou d’un service, avant d'avoir acquis les ressources nécessaires pour se l’offrir.

Une épargne rémunérée par un intérêt est assimilable à un prêt, l'emprunteur étant la banque ou l'organisme bénéficiaire de cette épargne. En d'autres termes, le client qui dépose de l'argent sur un compte à la banque prête en réalité cette somme à celle-ci et reçoit donc un intérêt correspondant à ce prêt.

Comment se calcule l'intérêt ?

L'intérêt est proportionnel au capital et au temps couru. Il est calculé par application d'un pourcentage annuel, appelé le taux d'intérêt. Si quelqu'un prête pour un an une somme de 100 € avec un taux d'intérêt de 10 % l'an, il récupérera à l'issue de cette année les 100 € augmentés de 10 € d'intérêt.

Celui-ci est fixé en tenant compte, comme déjà précisé ci-dessus, de la renonciation temporaire à faire usage de la somme prêtée, mais également du risque que prend le prêteur. Ce risque est de deux ordres. D'abord le risque d'inflation, à savoir une perte du pouvoir d'achat de la monnaie, qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix. En d'autres termes, en cas d'inflation, la somme que j'ai prêtée ne me permet plus obtenir, entre le moment du prêt et celui du remboursement, qu'une quantité moindre de biens et de services. L'autre risque est lié à la probabilité de ne pas être remboursé, en tout ou en partie, par l'emprunteur.

Ces risques sont plus ou moins intégrés dans le calcul du taux d'intérêt selon que celui-ci est fixe ou ajusté d'une période à l'autre selon une formule d'indexation. Dans ce cas, il peut être révisable (fixé en début de chaque période) ou variable (déterminé à la fin de chaque période). Ce choix entre un taux fixe et un taux ajusté est souvent d'application en matière de prêts hypothécaires, qui sont conclus à long terme. C'est que, bien entendu, plus le délai de remboursement est long, plus les risques augmentent.

Qui fixe l'intérêt ?

Si, en théorie, c'est le marché qui fixe le taux de l'intérêt, c'est-à-dire le jeu de l'offre et de la demande, en pratique, les banques centrales jouent un rôle déterminant, en l'occurrence la Banque centrale européenne (BCE) pour la zone euro. Celle-ci fixe un « taux de refinancement » qui est son principal « taux directeur », celui auquel elle-même prête aux banques et institutions financières. Ce taux, qui est un des principaux instruments de politique monétaire, est à 1 % depuis le mois de mai 2009.

La fixation de ce taux directeur est évidemment déterminante dans la dynamique économique : lorsque les taux d'intérêt sont élevés, les entreprises et les ménages hésitent à emprunter pour investir ou consommer, tendance qui s'inverse lorsque les taux sont bas.

Quelle différence y a-t-il entre l'intérêt et l'usure ?

On connaît l'usure d'un tissu, par exemple, qui est la détérioration de celui-ci par suite du long usage qu’on en fait. Par extension, en matière financière, l'usure correspondait au prix de l'usage de la monnaie, c'est-à-dire à « toute espèce d'intérêt que produit l'argent ». Ce n'est que, par extension, qu’on en est venu à utiliser l'usure dans son acception actuelle, à savoir un « profit qu'on retire d'un prêt au-dessus du taux légal ou habituel » 1

Comment expliquer le glissement sémantique de cette notion d'usure qui, initialement, désignait tout intérêt indépendamment du taux avant de viser l'intérêt d'un prêt consenti à un taux abusif ? Sans doute par les débats âpres et difficiles sur la justification de l'intérêt, dans son principe, et, à supposer cette justification de l’intérêt acquise, par les débats sur la fixation d’un taux convenable.

Critique morale de l'intérêt

Déjà le Deutéronome, écrit vers 630 av. J.-C., condamnait le prêt à intérêt : « Tu ne prêteras pas à intérêt à ton frère, intérêt d'argent ou intérêt de nourriture, de toute chose qui se prête à intérêt » 2. Platon (428-427 av. J.-C., 347-346 av. J.-C.) condamnait, lui aussi, le goût du profit et l'accumulation de richesses.

C'est ensuite Aristote (vers 384-322 av. J.-C.) qui a fait une distinction, qu'il jugeait fondamentale, entre l'économique et la chrématistique. Si l'économie (de oïkos, la maison, donc la communauté au sens élargi, et nomia, la règle, la norme) désigne la norme de conduite du bien-être de la communauté, ou maison au sens très élargi du terme, la chrématistique est quant à elle l'art de s'enrichir, d’acquérir des richesses. S'il admettait une chrématistique « naturelle » ou « nécessaire », liée à la nécessité de l'approvisionnement de l'oïkos, il condamnait fermement la chrématistique proprement dite ou « commerciale » qui consiste à « placer la richesse dans la possession de monnaie en abondance ». La chrématistique est, pour lui, une activité « contre nature » qui déshumanise ceux qui s'y livrent puisque, selon lui toujours, l'homme est par nature un zoon politikon, littéralement un « animal politique » (politikos, citoyen, homme public). Pour Aristote, la chrématistique commerciale substitue l’argent aux biens ; l’usure crée de l’argent à partir de l’argent ; les marchands ne produisent rien : en l'absence de règles strictes visant leurs activités et sans un contrôle de la communauté dans son ensemble, tous sont condamnables d'un point de vue politique, éthique et philosophique.

Les rabbins ont réagi à l'interdiction biblique en codifiant les choses dans le Talmud de Jérusalem au IVe siècle, et dans le Talmud de Babylone au VIe siècle. Avec, pour conséquence, de grandes innovations sur l'organisation sociale, en particulier les taux d'intérêt, l'usage des lettres de change, et les limites du profit par l’introduction de la notion de « juste prix ».

De son côté, l'Église catholique, tout au long du Moyen Âge, reprend la critique aristotélicienne contre cette pratique économique et la déclare contraire à la religion. Thomas d'Aquin (1224 ou 1225-1274), dans sa Somme théologique, affirme ainsi : « Le négoce consiste à échanger des biens. Or Aristote distingue deux sortes d'échanges. L'une est comme naturelle et nécessaire, et consiste à échanger [...] pour les nécessités de la vie ». L'autre forme, au contraire, « consiste à échanger [...] non plus pour subvenir aux nécessités de la vie, mais pour le gain. [...] Voilà pourquoi le négoce, envisagé en lui-même, a quelque chose de honteux, car il ne se rapporte pas, de soi, à une fin honnête et nécessaire. »

La Réforme protestante, par la voix de Jean Calvin en particulier, a contribué à la levée progressive de l'interdit du prêt à intérêt dans les pays européens. Sous la plume de Calvin, dans sa lettre sur l’usure, en 1545, le protestantisme justifie la légitimité de l’intérêt : le capital a un « caractère de bien immédiatement productif » et l’intérêt acquiert ainsi un caractère licite.

De son côté, le Coran prohibe également l’intérêt : « Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt » 3.

Critique politique de l'intérêt 

Karl Marx, dans des pages fameuses du Capital reprend l'analyse des conséquences sur les personnes de ce qu'il nomme, après Virgile (Énéide, III, 57), auri sacra fames (maudite soif de l’or), du nom latin donné à cette passion dévorante de l'argent pour l'argent, c'est-à-dire de la chrématistique commerciale instaurée par ceux qu'il appelle « les économistes ». En élaborant une analyse de la « métamorphose » du capital, Marx montre que le capitalisme est un système permettant avant tout de faire de l'argent pour de l'argent.

Pour Pierre-Joseph Proudhon, ce n'est parce que l'usure est immorale qu'elle doit être interdite, comme le prétend l'argumentation théologique. Loin de voir l'intérêt comme la manifestation du vice de l'usurier, il considère dans un premier temps l'intérêt comme une rémunération légitime du service rendu, des risques et de la privation qu'il implique.

Cette légitimité est toutefois limitée, dans son esprit, au crédit négocié sur le marché entre deux agents car, dans ce cas, la réalisation des promesses de paiement est incertaine et varie selon la garantie que présente le signataire. C'est donc à ces circonstances qu'il faut s'attaquer pour rendre l'intérêt du crédit illégitime. Car ce modèle n'est pas celui de Proudhon qui propose un programme de coopération financière mutuelle entre travailleurs en vue de transférer le contrôle des relations économiques depuis les capitalistes et les financiers vers les travailleurs.

C'est dans ce cadre que Proudhon entend « prouver que la gratuité du crédit est possible, facile, pratique » et que, par voie de conséquence, « l'intérêt est désormais chose nuisible et illégitime » 4. Pour y arriver, il préconise l'intervention d'une banque centrale qui offrirait toute garantie quant à ses promesses de paiement et ferait circuler la monnaie par des mécanismes essentiellement non marchands, rendant inutile, voire impossible, l'existence d'un marché monétaire 5.

Loin de condamner le crédit et l'intérêt, il entendait les traiter comme ce que nous appellerions aujourd'hui un « service public ». Son projet s'appuyait sur l'établissement d'une « banque d'échange» qui accorderait des crédits à un très faible taux d’intérêt (le taux n’étant pas nul en raison des coûts de fonctionnement), ainsi que sur la distribution de billets d’échange qui devaient circuler à la place de la monnaie basée sur l'or, qui devait être supprimée. Il créa à cet effet une banque populaire (la Banque du Peuple) au début de l'année 1849 qui, malgré l'inscription de plus de 13 000 personnes, prit fin rapidement en raison notamment de l'incarcération de Proudhon pendant trois ans pour le délit de presse d'« offense au Président de la République ».

Même si elle n'est pas exclusivement basée sur l'intérêt, force est de constater que la croissance financière de ces dernières années a été construite sur l’écrasement des coûts salariaux et des dépenses sociales. Dans tous les pays européens, la part des revenus du travail dans le produit intérieur brut (PIB) a diminué significativement depuis le début des années 80 6. À l’exception de la Belgique, le niveau actuel de la part des revenus du travail dans le PIB est inférieur à celui du début des années 60. Cette évolution négative résulte notamment d’une progression des salaires inférieure à celle de la productivité. Même un pays comme l’Irlande qui a connu un taux de croissance économique soutenu pendant plus de dix ans a vu la part de la rémunération du travail chuter et la plus forte diminution du salaire réel. Si on se limite à la rémunération des salariés, c'est-à-dire sans prendre en compte les revenus du travail des indépendants et professions libérales, la part de la rémunération des salariés dans le PIB belge a fortement chuté depuis 1981, passant de 57 % à 51 %  7.

Critique économique de l'intérêt

À côté de critiques de nature morale ou politique, s'en élèvent d'autres, qui tiennent davantage aux conséquences économiques de l'intérêt. Cette question est étroitement liée à celle de la monnaie, qu'a longuement étudiée Silvio Gesell (1862-1930), l’inventeur de la monnaie franche, une monnaie dite « fondante » car sa valeur diminue à intervalle fixe (tous les mois par exemple). Silvio Gesell développa des théories qu’il a résumées dans son livre L’Ordre économique naturel.

Ses théories se fondent sur diverses observations. Tout d’abord, la quantité de monnaie gagée par l’or ne suit pas le rythme de l’accroissement de la production et de la richesse. Et cette disproportion est la cause principale des désastres économiques. D’autre part, la monnaie est détournée de son véritable emploi pour servir surtout à la thésaurisation, ce qui provoque un ralentissement des échanges et, la quantité de denrées restant identique, cela cause la chute des prix. Contrairement aux marchandises, l’argent ne perd pas de sa valeur. Le détenteur d’argent peut alors attendre que le commerçant baisse ses prix. Quant à ce dernier, il se voit obligé de couvrir ses frais par des crédits, sur lesquels il doit payer des intérêts. Celui qui reçoit ces intérêts peut à nouveau les prêter à un autre. On se retrouve donc face à une quantité de plus en plus grande de monnaie qui est extraite du circuit économique.

Pour casser ce cercle « vertueux », Gesell propose que l’argent perde périodiquement de sa valeur, de sorte qu’il devienne inintéressant de le garder et de telle manière qu’il perde ainsi sa position dominante par rapport au travail humain.

En Suède, la banque coopérative JAK pratique, depuis 1970, un système de prêts et d’épargne sans taux d’intérêt. Elle avance trois arguments pour justifier ce choix. Un argument moral : il n'est pas légitime de gagner de l’argent avec de l’argent lorsqu'il n'y a ni travail presté, ni prise de risques. Un argument d'équité : dans une économie basée sur l’intérêt, l’argent est transféré de ceux qui en ont le moins à ceux qui en ont le plus et, de cette façon, les actifs se concentrent entre les mains de quelques-uns. Enfin un argument économique : depuis que notre système monétaire moderne se base sur des dettes et que pratiquement tout l’argent est sous forme de dettes qui doivent être remboursées avec des intérêts, nous avons un système d’argent qui croît exponentiellement et qui va forcément un jour atteindre son point de rupture.

Pour éviter l'intérêt, JAK pratique le « prêt-épargne équilibré » : le montant mensuel à rembourser pour le prêt doit s'accompagner d'un montant identique d’épargne. Cette épargne peut être constituée avant de solliciter le prêt ou concomitamment à celui-ci et devra être maintenue aussi longtemps que le prêt n'aura pas été totalement remboursé, dans certains cas trois mois plus tard. À noter toutefois que l’administration et les coûts de développement sont couverts par les cotisations d’adhésion annuelle et les frais des prêts (environ 2,5 %).

Conclusions

Est-il juste de créer de l’argent à partir de l’argent et d'attiser de la sorte l'appât du gain ? Quels transferts financiers des travailleurs aux capitalistes sont-ils induits par l'intérêt ? La croissance induite par l'intérêt ne va-t-elle pas mener le système à son point de rupture ?

Autant de questions qui suscitent réflexion et débat autour de ce qui constitue pourtant un axe central de la finance contemporaine. Pour autant doivent-elles être évacuées au nom du réalisme économique ou d'une sorte de fatalité ? La récente crise économique nous a assez montré le risque que présentent l'un et l'autre pour que nous soyons vigilants. Et que nous vérifiions si intérêt s’accorde bien avec intérêt général.


Bernard Bayot
Novembre 2010

 

 

1Littré, 1863.

2Deutéronome (23-19). Le verset suivant (23-20) ajoute cependant une restriction importante : « Tu pourras tirer un intérêt de l'étranger, mais tu n'en tireras point de ton frère, afin que l'Éternel, ton Dieu, te bénisse dans tout ce que tu entreprendras au pays dont tu vas entrer en possession. » L'interdiction du prêt à intérêt figure également dans l'Exode (22-24), le Lévitique (25,35-37) et dans le Livre d’Ezéchiel (18,8 ; 13,7 ; 22,12).

3Verset 275 de la deuxième sourate.

4P.-J. Proudhon, Intérêt et principal, Paris, Garnier, 1850, p. 69.

5« Le Crédit, quel intérêt ? », dans Actes des colloques de la Société P.-J. Proudhon, Paris, 1er décembre 2001. — Paris : Société Pierre-Joseph Proudhon, 2002. — 180 p. : ill. ; 21 cm. — (Les Cahiers de la Société P.-J. Proudhon).

6Direction Générale de l’Emploi et des Affaires sociales de la Commission européenne, L'Emploi en Europe 2007, COM(2007) 733 final, 23.10.2007 .

7Robert Plasman , Michael Rusinek , François Rycx et, Ilan Tojerow , La structure des salaires en Belgique, document de travail , n° 08-01.RR ,Dulbea, février 2008.

 

Voir aussi sur ce blog:

Critique du taux d’intérêt sur capital

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 12:14

 

Mardi 7 décembre 2010, tous à vos terminaux et guichets bancaires pour retirer votre argent en pièces et billets ! Cet appel lancé par Eric CANTONA, les réseaux sociaux (Twitter, FaceBook, NetLog, etc.) commence à se faire entendre dans la presse traditionnelle. Par un rapide coup d’œil sur le site BANKRUN2010, on ne peut qu’enfin se réjouir d’une plus large prise de conscience de la problématique monétaire. Cette action rendrait compte de l’impossibilité pour les banques de nous fournir à tous le montant total de nos comptes en monnaie sonnante et trébuchante. Par défi ou par jeu, nous déclancherions une crise identique à celle qu’a connu l’argentine en 1999. Voir ou revoir la vidéo L’Argent d’Isaac ISITAN. 3 questions me viennent cependant à l’esprit.

 

1) Serons-nous suffisamment nombreux pour avoir un quelconque effet ?

Cette action me fait un peu penser à celle qui consistait à boycotter telle ou telle station essence. A-t-elle eu un effet ? Comme nous avons tous une bagnole et que nous devons tous nous déplacer en bagnole, nous sommes bien obligé, tôt ou tard, de faire un plein quelque part… Comme nous avons tous un compte en banque, que 95% des échanges monétaires sont électroniques et que nous serons en pleine période de fête, le grésillement des terminaux bancaire reprendra bien vite le dessus. Et puis, que faire de cet argent liquide une fois en poche ? Certains disent que pour le peu qu’ils ont, ce sera vite réglé. Soit mais pour une banque, ce qui compte, ce n’est pas tant le nombre de clients peu fortuné mais le nombre de client qui « valent leur pesant d’or » ! Ces clients là vont-ils sur Twitter ou Facebook ? Ces clients vont-ils retirer leurs billes histoire de faire capoter ce qui leur rapporte ces mêmes billes??? Le peuvent-ils? Une grande partie de cet argent est immobilisée sur des comptes offshores et sert à alimenter nombre de transactions spéculatives. Enfin, comme moindre consolation, à défaut de déstabiliser l’ensemble, si tous les honnêtes petites gens s’y mettent, avec un jour de retard, ce sera aussi Saint-Nicolas pour les cambrioleurs, voleurs et pickpockets de tous poils.

 

2) Ne serions-nous pas en train de scier la branche sur laquelle nous sommes tous assis ?

Sans alternative, ce sera vite invivable. La seule chose qu’une telle action pourrait permettre, si elle est fortement suivie, c’est une réelle prise de conscience du côté fondamentalement abscons et subjectif du système. Tout pourrait aussi bien fonctionner avec des rondelles de carottes, des kilojoules ou des gouttes d’eau. L’argent, l’or, la monnaie, les coquillages ou les cigarettes (durant la guerre 40-45) ne sont qu’une convention pour permettre l’échange. La monnaie est consubstantielle (inséparable) à l’échange au même titre que le langage à la communication. L’alphabet, le mot, la langue, son média, son intonation, son contexte véhicule un message, une idée, une provocation ou une tentative d’approche pour rompre ou tisser des liens entre deux ou plusieurs parties qui souhaitent communiquer et échanger par nature. La monnaie n’est rien d’autre. Fragile et forte à la fois, elle est le reflet d’individus qui interagissent en société. Tout est une question de confiance.

 

3) Toucherons-nous vraiment au cœur du système ?

Bien sûr que l’argent est le petit chapeau qui gère le monde. C’est le nerf de la guerre comme on dit. Une macabre symphonie qui fait valser le monde du pétrole, de l’armement, de l’industrie, du jeu, des narcotrafics, de la traite d’animaux et d’être humains, etc. Mais c’est aussi le sang qui coule dans nos veines : nos envies, nos peurs et angoisses existentielles que nous cherchons à combler par tous les moyens tout en faisant l’expérience de la vie. Allez dire aux laissés pour compte et aux pays émergents que les fastes du monde moderne ne sont que mirages pervers et destructeurs... Ils ne le croiront que lorsqu’ils l’auront expérimenté.

 

Plutôt que de retirer son argent, optez pour l'optimisme et la générosité en devenant Collibri par un versement mensuel de 5 euros: www.devenezuncolibri.org

Pour de réelles et concrètes alternatives dont la relocalisation est le leitmotiv

 

Sinon, vous pouvez aussi ouvrir un compte épargne chez TRIODOS

 

Quelques sites sur les alternatives monétaires

ALOE (alliance pour une économie plurielle et solidaire)

money.socioeco.org/fr/ (devenu ALOE)

www.appropriate-economics.org/

www.complementarycurrency.org/

www.digitalmoneyforum.com/

www.reinventingmoney.com/

grit-transversales.org/

Thetransitioner.org

Open Money

www.regiogeld.de (regio Allemagne)

transversel.apinc.org (SEL France)

brusel.be (SEL Bruxelles)

 

Voir aussi tous les articles de la section MONNAIE de ce blog

 

« N’estime l’argent ni plus ni moins qu’il ne vaut : c’est un bon serviteur et un mauvais maître. »

[Alexandre Dumas, fils]

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 14:44

http://jeanzin.fr/public/images/2010/optimisme.jpgAdmirable texte de Jean-ZIN, duquel j’ai relevé quelques passages :

 

Se persuader qu'on va à l'anéantissement est extrêmement exagéré, même s'il y avait effectivement des millions de morts, ce qui est déjà effrayant mais plus plausible quand même. Il faut en finir avec ces discours apocalyptiques de science-fiction qui nous prédisent aussi un décervelage complet, que ce soit par la consommation, la publicité, la propagande, la technologie voire, pour certains, par l'Etat providence ou l'esprit démocratique ! Il faut en finir avec ces théories du complot, de la manipulation, de la falsification complètement dépourvues de dialectique et qui nous prédisent depuis si longtemps notre complète déshumanisation.

(…)

Il faut être d'un orgueil insensé pour s'imaginer que les autres ne seraient que des moutons et des consommateurs passifs alors qu'on se croit le représentant d'une race éteinte, celle qui lutte et agit.

(…)

Les théories de l'aliénation ont largement participé à l'aveuglement des intellectuels très fiers de voir derrière les progrès de la technique et de l'alphabétisation un abêtissement général avec la perte de toute authenticité comme si le réel disparaissait sous le tapis et qu'on pouvait perdre tout sens critique.

(…)

Les Nazis et les Staliniens ont bien existé, après bien d'autres fanatiques religieux, ils n'ont pas eu le dernier mot, pas plus que les petits nazillons du management par le stress aujourd'hui. De même le travail aliénant n'est pas une nouveauté mais ce n'est pas parce qu'il y a du travail à la chaîne que tout travail nous transforme en machines. Au lieu d'une prétendue "obsolescence de l'homme", ce sont les qualités humaines qui sont de plus en plus valorisés au détriment de la simple "force de travail" laissé aux machines.

 

Piètre consolation sans doute pour nos idéaux, d'autant que ce n'est pas sans créer de nouvelles aliénations. En effet, la contrepartie d'une exagération des catastrophes qui nous menacent dépourvue de toute dialectique, c'est, invariablement, un monde qu'on voudrait trop idéal avec l'illusion volontariste, sans aucune dialectique non plus, que cela ne dépendrait que de nos bonnes volontés. L'expérience s'empresse de réintroduire cette dialectique par l'inévitable déception qui suit la proclamation de notre pouvoir sublimé (Yes We Can), transformant dès lors l'amour en haine quand elle ne pousse pas au suicide ceux qui avaient eu le malheur de trop y croire !

(…)

Ce qui devrait nous enthousiasmer, c'est d'entrer dans "l'ère de l'information, de l'écologie et du développement humain" qui sont absolument indissociables et ne sont pas sans promesses d'un avenir meilleur. Il n'est pas vrai que les jeunes d'aujourd'hui souffriront plus que leurs parents, c'est aujourd'hui qu'ils souffrent d'un monde vieillissant et archaïque qui ne leur laisse pas de place, mais l'avenir est à eux !

 

C'est ce qui fait qu'on vit un moment décisif sur tous les plans car c'est cette génération qui sera à la fondation des civilisations futures. Ce n'est pas dire que tout va bien, il faut le répéter. Reste, notamment, le défi climatique, plus qu'énergétique, et là, ce n'est pas gagné. Mais si c'était gagné d'avance, notre existence n'aurait aucun poids, aucun sens, aucune nécessité.

(…)

Il faudrait comprendre, en effet, notre expérience du temps comme celle du vivant qui se construit par lui-même mais en réaction à l'épreuve du réel dont il ne fait qu'épouser les formes finalement, comme les ailes de l'oiseau qui semblent sculptées par les lois de la physique. Il n'y a pas de self made man, nous sommes tous embarqués dans une aventure dont la fin n'est pas connue d'avance car elle dépend de nous et de nos errements mais ce réel sur lequel on se cogne et dont on ne peut outrepasser les limites ne se pliera pas à nos quatre volontés. On n'a pas le choix, il faudra tenir compte des contraintes écologiques et matérielles autant qu'humaines. C'est dans cet entre-deux que nous vivons, dans cet intermède dont on ne connaîtra jamais la fin.

(…)

Le fait que notre situation n'apparaît guère brillante, pourrait donc constituer une erreur de perspective par rapport aux jugements rétrospectifs sur notre époque une fois les menaces surmontées. En tout cas, on a connu bien pire dans notre longue histoire/préhistoire et on s'en est toujours sorti, pas par l'effet de la providence mais parce que les hommes agissent et que l'erreur ne peut durer toujours (au contraire d'une vérité).

(…)

Apprendre, c'est forcément abandonner d'anciennes croyances. Ce qui fait l'optimisme de la raison, ce n'est pas nos bonnes intentions supposées mais ce qu’Hegel appelle la "ruse de la raison" d'une histoire qui avance par ses mauvais côtés. La ruse de la raison, c'est que les intérêts particuliers qui font l'histoire doivent se justifier et, du fait qu'ils parlent, s'universaliser. Il faudrait y ajouter la sélection darwinienne après-coup de ce qui marche et l'élimination des systèmes insoutenables. Ce n'est pas tant qu'on vive dans le meilleur des mondes possibles, comme le déduisait un peu trop rapidement Leibniz, au grand scandale de Voltaire et de tous les candides devant les horreurs indéniables du monde. C'est plutôt que "les idées s'améliorent. Le sens des mots y participe", comme dit Lautréamont. On devient seulement un peu meilleurs avec le temps même s'il y a toujours un versant négatif et d'inévitables régressions.

 

On ne peut croire cependant qu'on nous change les hommes avec leurs petits et leurs grands côtés, ni qu'on arrive à domestiquer cette race rebelle qui tient à son désir trompeur et au monde du rêve plus qu'à la vie même. A l'opposé des délires transhumanistes comme de toute rééducation politique voulant former un homme nouveau entièrement artificiel, il faudra bien apprendre à aimer les hommes tels qu'ils sont et ne pas se la jouer. On atteint parfois le ciel mais il ne faut en attendre nulle gratitude ni assurance sur l'avenir. La fin reste un naufrage, tout est fragile, ce n'est pas un monde durable mais cette tranche d'éternité reste une comédie risible quand cela ne tourne pas à la tragédie et nous avons plus d'un tour dans notre sac. Il y aura des massacres sanglants, d'immenses dévastations, mais, dans ce désastre, il y aura des enfants innocents, des prouesses admirables, des vies qui valent la peine d'être vécues.

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 00:02

misere-pauvrete

« Quand la misère chasse la pauvreté » de Majid RAHNEMA est un livre qui remet les pendules à l’heure. C’est un livre didactique et rigoureux bourré d’exemples et de citations. Un livre qui respire l’expérience et la profondeur. En voici quelques passages :

 

Toutes les sociétés vernaculaires(*) développent en leur sein des mécanismes destinés, d'une part, à contenir l'envie et la convoitise, de l'autre, à maintenir une tension positive entre ce qui est individuellement possible de vouloir et d'avoir et ce qui est collectivement possible et raisonnable de produire. Cette tension leur a permis de développer leurs capacités productives dans des limites raisonnables, sans qu'il y ait rupture entre les besoins et les ressources. Elle a favorisé la mise en place de tout un faisceau d'équilibres de traditions, de coutumes et de croyances destinés à maintenir la cohésion sociale, par exemple en faisant en sorte qu'imperceptiblement soit contenue toute impulsion de convoitise ou qu'elle ne nuise jamais aux liens de solidarité communautaire. (p. 247)

 

Observée de l’extérieur, la niche vernaculaire présente toutes les apparences d’un monde simple, voire primitif. Elle cache pourtant, dans tous les cas, un véritable microcosme aux facettes aussi diverses que complexes. Détenteur de la sagesse, du savoir et du savoir-faire de génération d’ancêtres, ce microcosme est semblable à la cellule qui recèle tous les secrets "génétiques" lui permettant de maintenir et de régénérer en permanence ses mécanismes de défense immunitaire. Et chaque fois que la pauvreté conviviale de ses membres menace de glisser vers l’indigence et la misère, c’est la niche tout entière qui est menacée. (p. 241)

 

La société vernaculaire constitue donc un espace vivant dont toutes les composantes sont "liées" les unes aux autres – liées et reliées à un ordre cosmique créé, mais sans que la liberté de toutes les créatures en soit diminuée, cette liberté s’insérant toutefois dans le cadre de la nécessité. De ce fait, quelle que soir l’instance institutionnelle à travers laquelle les différentes communautés partagent et fortifient leur sens du sacré, un ethos commun prévaut, qui invite les uns et les autres à ne jamais défier ce qui semble relever des lois de cette nécessité. (p. 243)

 

Persuadés que la pauvreté des autres était entièrement subie, les pays du Nord n'ont pas imaginé une seule seconde qu'elle pouvait avoir une dimension semi-volontaire et qu'elle consistait, en un mode culturellement défini de gestion de ses privations. Manque de discernement, investissement intéressé des classes dirigeantes ... tout a contribué à fragiliser les fondements de la pauvreté conviviale et les institutions sur lesquelles elle s'était de tout temps appuyée pour éloigner la misère et l'indigence. Par la suite, une autre erreur de perception fit perdre de vue une autre réalité: les formes de misère dont souffraient les populations cibles étaient, pour l’essentiel dues aux politiques d'économicisation(**) et de modernisation dont elles faisaient l'objet. (p. 248)

 

La pauvreté conviviale, qui, pendant des millénaires, avait produit et soutenu constamment l’éthique de subsistance dans tous les villages de la planète a ainsi été attaquée de toutes parts par les processus d'économicisation de la vie sociale, sous prétexte qu'elle entravait la prospérité du nouveau Village planétaire. Cette érosion s'est produite là où le tissu des solidarités humaines a commencé de s'effilocher, là où les projets de développement ont réussi à faire miroiter aux populations cibles un avenir affranchi des misères traditionnelles, là enfin où les populations locales ont commencé à intérioriser des rêves fabriqués par la nouvelle société de consommation. Les idées de profit et de réussite purement individuels ont gagné du terrain, minant encore davantage les fondations sur lesquelles reposait la convivialité, et l'on a assisté à la destruction progressive des remparts que cette pauvreté avait mis longtemps à édifier. Pendant que des communautés entières ont été emportées dans la misère, quelques-uns de leurs membres - la minorité des "nouveaux riches" qui, misant sur une réussite personnelle, avait choisi de s'intégrer au nouvel ordre économique - se sont alliés aux forces mêmes qui détruisaient leurs propres racines. (p. 250)

 

 

(*) Dans l'expression "société vernaculaire", l’auteur clarifie l'utilisation du terme société. Ce mot n'est pas employé, ici, dans son sens sociologique qui oppose société et communauté, mais plutôt dans le sens que lui donne le latin: socius, "compagnon", c'est-à-dire "rapport entre des personnes qui ont quelque chose en commun". Le mot société désignait, en effet, jusqu'au XVIIe siècle "le sentiment d'amitié et d'alliance éprouvé pour autrui et le lien qui en résulte(1)". Par société vernaculaire, l'on entendra ainsi une formation humaine dont les membres sont liés par une solidarité vécue et concrète. Pour André Gorz, le lien qui unit ses membres est identique à celui qui existe au sein d'une communauté, c'est-à-dire un lien qui n'est ni juridique ni : (...) un lien institué, formalisé, institutionnellement garanti, ni non plus un lien contractuel, mais un lien vécu, existentiel, qui perd sa qualité communautaire à partir du moment où il est institutionnalisé, codifié; car à partir de ce moment il acquiert une existence objective autonomisée qui, pour se perpétuer, n'a plus besoin de l'engagement affectif, de l'adhésion vécue de tous les membres (2). Dans le contexte vernaculaire, société et communauté traduisent indifféremment le concept arabe de l'umma, et l'une et l'autre représentent ces sociétés anciennes qui, selon sir Henry Summer Maine, dans son traité Ancient Law (1861), relevaient du statut (status), par opposition à celles qui suivirent, fondées sur le contrat (contractus) (3). (p.61)

 

(**) L’adjectif économiciste a été introduit par Polanyi(4). Ce mot, traduit de l’anglais economistic, exprime la prépondérance dans le domaine de l’économie des objectifs du profits et de la production de marchandises sans égard aux considérations d’ordre social - plus précisément, le "désenchâssement" (disembedding) du plan économique par rapport au plan social qui a accompagné la fin de l' oikonomia (le mot d'origine indoeuropéenne oikonomos est composé de oikos, "maison", et nomos "règle, usage, loi") ou la production des biens pour les besoins de la maisonnée -, alors que l'adjectif économique n'a toujours indiqué que 1’utilisation par la société de l'économie en tant qu'art ou science de bien gérer la production et la consommation des biens.

L'auteur de The Livelihood of Man précise à ce sujet que le mot économique a pris deux sens totalement différents dont la confusion est la source de bien des méprises et malentendus.

Le premier - qu'il appelle son sens "substantif" - s'applique à la dépendance de l'être humain par rapport à la nature et à ses prochains pour assurer sa subsistance et satisfaire à ses besoins matériels, étant bien entendu que ces derniers ne constituent qu'une partie de ce dont il a besoin.

Le second sens - qualifié par Polanyi de "formel" - associe l'économie à la recherche de solutions au problème de la "rareté", en d’autre termes, au postulat que les ressources nécessaires à la satisfaction des besoins sont, par définition, "rares", et que la tâche de l'économie serait d'affecter ces ressources insuffisantes à la subsistance (livelihood) humaine. (p. 60)

 

En page 263 de son livre, Majid Rahnema précise cependant que dans les sociétés vernaculaires, la rareté est perçue comme l’une des facettes de la plénitude cosmique, comme une dimension de la nécessité et un ressort nécessaire à l’abondance. Créatrice de culture et de convivialité, elle contribue à l’édification de tout un système de défense immunitaire(5). De même que les raretés du désert ont été à l’origine de remarquables inventions propres à la culture des nomades, celles du Grand Nord, par exemple, ont produit les civilisations étonnantes des Inuits ou des Amérindiens. Les raretés naturelles ont donc, historiquement, beaucoup contribué à ce que les sociétés de subsistance, apprenant à tirer le meilleur parti de leurs maigres richesses, deviennent des modèles d’autosuffisance.

 

(1) Définition du Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, 1992, p. 1958.

(2) André Gorz, Misères du présent, richesse du possible, Paris, Galilée, 1997, p. 185.

(3) André Gorz, Misères du présent, op. cit., p. 186-187

(4) Karl Polanyi, The Livelihood of Man, W. Pearson éd., New York, Academic Press, 1977, p. 6 sq.

(5) Majid Rahnema, "De l’Homo oeconomicus au développement et à l’aide : histoire d’un autre sida", in Gilbert Rist, Le Nord perdu. Repères pour l’après-développement, Lausanne, Editions d’En bas, 1992, p. 122-123.

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 00:14

http://img.src.ca/2010/06/29/480x270/AFP_100629rdc_congo_mine_8.jpgEn ces temps de fausses bonnes déclarations, une petite relecture de Samir AMIN peut aider.

 

Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ont été adoptés dans une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies (intitulée « Déclaration du Millénaire») en date de septembre 2000, par acclamations. Cette innovation procédurale, dite de « consensus », tranche avec la tradition de l'ONU qui exigeait une préparation sérieuse des textes de ce genre, longuement discutés en commissions. Elle témoigne donc simplement d’un changement des rapports de force internationaux, permettant l’hégémonisme des Etats-Unis et de leurs alliés européens et japonais sur une ONU domestiquée. Ces Objectifs du Millénaire avaient d’ailleurs été rédigés par Ted Gordon, consultant connu de la CIA…

 

L'examen critique des OMD et des moyens qu'exigerait leur mise en oeuvre conduit à la conclusion que les OMD constituent une litanie de voeux pieux accompagnés de conditions qui annihilent largement la possibilité qu'ils deviennent réalité. Pire, à l'analyse des faits et des logiques sous-jacentes, ils apparaissent comme de la poudre aux yeux jetée pour faire accepter les impératifs du libéralisme au service des intérêts du capital mondialisé dominant. Les objectifs prioritaires réels sont:

1. la privatisation à outrance, destinée à ouvrir des champs nouveaux à l'expansion du capital;

2. la généralisation de l'appropriation privative du sol agraire;

3. l'ouverture du commerce et des mouvements de capitaux dans un cadre de dérégulation maximale;

4. l'interdiction de principe faite aux États de s'immiscer dans la vie économique.

 

En contrepoint, la restauration d'une marge d'autonomie des États, la reconnaissance de la légitimité de leur intervention (définition même de la démocratie), dans une perspective multipolaire, sont les conditions nécessaires incontournables pour que les objectifs sociaux proclamés par les OMD puissent être atteints.

 

Par Samir AMIN pour le CETRI, alternatives sud, volume XIII, 2006/1 : Objectifs du millénaire pour le développement.

 

Et tant que nous sommes dans les bonnes farces, en voici 2 autres aussi bonnes et croustillantes que la fameuse (fumeuse) élection d’Obama prix Nobel de la paix :

1. Yves LETERME correspondant Belge à l’ONU pour les Objectifs du millénaire pour le Développement. C’est dire si le « gouvernement » Belge se préoccupe fort de ces objectifs du millénaire ! Son objectif premier est nombriliste, une grande constante de nos jours. Et pour être encore plus ridicule que jamais, elle envoie son schtroumf favori à l’ONU.

 

2. Le Rwanda à été choisi comme exemple pour les OMD ?!

Oui, en effet, en terme purement comptable et économique, le Rwanda est un exemple : trottoirs clean, exempt de haillons, sillonnés de costars cravates, grandes vitrines commerciales, buildings à tous les coins de rues, villas somptueuses en périphérie, etc.

Sûr, le Kigali d’il y a 10 ans est méconnaissable. Méconnaissable pas seulement pour la capitale moderne et bien achalandée qu’elle est devenue mais aussi parce que les gens ne parlent plus français mais anglais (contraints et forcés). Méconnaissable aussi par l’absence de mendiants, de déchets, de bidonvilles, d'artisants, de petites échopes le long des routes. Méconnaissable enfin par le constant climat de délation et de peur qui y règne. « Le problème au Rwanda, c’est la peur » un article qui brosse une image un peu plus objective de « l’exemple Rwandais ». Article dans lequel on pourra également lire qu'une très grande partie des richesses du Rwanda sont issues de l'exploitation minière illégale dans l'Est de la RDC.

Lire aussi: CONGO, NORD-KIVU, GOMA: Chine vs USA?

 

 

J'entends la tempête. On me parle de progrès, de "réalisations", de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes.
Évidement
 


Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, des cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées.

On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer.

Moi, je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont en train de creuser à la main le port d'Abidjan. Je parle de millions d'hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse.

Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme.

On m'en donne plein la vue de tonnage de coton ou de cacao exporté, d'hectares d'oliviers ou de vignes plantés.

Moi, je parle d'économies naturelles, d'économies harmonieuses et viables, d'économies à la mesure de l'homme indigène désorganisées, de cultures vivrières détruites, de sous-alimentation installée, de développement agricole orienté selon le seul bénéfice des métropoles, de rafles de produits, de rafles de matières premières.

 

Discours d'Aimé CÉSAIRE sur la mondialisation, euh non, la colonisation...

 

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 11:43

 

Un être humain est constitué à 70% d´eau. Il lui faut refaire le plein sans cesse sinon c´est la mort au bout de 3 jours. C´est pourquoi l´eau, nourriture de base indispensable, a toujours été un bien public, géré publiquement. Jusqu´à aujourd´hui l´approvisionnement en eau dans le monde entier, est à 80% encore public. L´eau potable et l´assainissement sont toujours un monopole local. Nulle part au monde ne circulent dans les mêmes tuyaux, des eaux distinctes, de fournisseurs concurrents. Un marché est impensable. Qui privatise malgré tout ce service vital, remplace un monopole public par un monopole privé.


Pourtant c´est exactement ce qui se passe actuellement, partout dans le monde, au nom de la concurrence et du marché, lorsque des multinationales de l´eau comme Veolia et Suez, frappent à la porte de communes à court d´argent. Veolia, multinationale  née en 2003, à la suite du plus important crash financier de l´histoire en  France, celui de Vivendi Universal, - Veolia donc est présente dans au moins 69 pays sur les cinq continents et en cela le Nr.1 incontesté de la gestion privée de l´eau. En Allemagne, la multinationale française a réussi, par des participations dans les services des eaux de plus de 450 communes, à prendre la première place dans l´approvisionnement  en eau potable et le traitement des eaux usées. Les multinationales françaises annoncent tous les jours de nouvelles conquêtes. Ils promettent l´efficacité, des financements avantageux et le développement durable. Cependant, chez eux, en France, on leur fait de moins en moins confiance….


Le « modèle français »

 

C´est précisément là où Veolia et Suez fournissent l´eau de 8 citoyens sur 10, que de nombreuses communes veulent se débarrasser des deux entreprises, l´opacité, la mauvaise qualité de l´eau, une augmentation continue des prix et l´abus de leur situation de monopole, voilà les reproches qu´on leur fait. Les communes ont du mal à contrôler si les prix facturés correspondent bien au travail effectué. Est-ce que les milliards de redevances payés pour la réparation des tuyaux ont bien été utilisés à cet effet ?  L´argent de l´eau des communes françaises n´a-t-il pas financé l´expansion mondiale de Suez et de Veolia ?

À Paris, au cœur de leur  pouvoir, les géants de l´eau ont déjà une plaie dangereuse. La capitale et plus de cent communes françaises ont décidé de reprendre le contrôle de ce service vital. À la fin de cette année Veolia et Suez devront faire leurs valises à Paris. La gestion de l´eau redeviendra communale.


Un film « citoyen »

 

Le film « Water Makes Money » veut informer sur cette évolution actuelle. Il veut montrer les leçons que Paris et d´autres communes françaises ont tiré de la domination de Veolia & Co et comment elles réussissent à reprendre l´eau en régie publique. Des exemples européens et américains complètent le film qui deviendra ainsi un cas d´école pour le monde entier. «Water Makes Money » donnera du courage: l´eau aux mains des citoyens/citoyennes c´est possible !!

« Water makes money » sera un film « citoyen » financé par ceux qui veulent le voir, le montrer, qui ont besoin de cette aide pour mieux comprendre.


La constante progression de la privatisation de l´eau, indispensable à notre vie, n´est pas inévitable. Il est important de transmettre l´information, par exemple par l´image qui bouge et parle.

 

 

Les derniers films de Leslie Franke et Herdolor Lorenz « Eau : service public à vendre » et « Bahn unterm Hammer » (film sur les intentions de privatisation de la DB allemande) ont montré des milliers de fois, l´efficacité qu´un tel film peut avoir pour la prise de conscience.

Contribuez à ce que ce film fasse école.


A consulter :

LES EAUX GLACEES DU CALCUL EGOÏSTE, un site bien documenté centré sur le sujet.

 

L’Eau, bien commun public, Alternatives à la « pétrolisation » de l’eau

Disponibilité en eau dans le monde

Pour un contrat mondial de l’eau

 

« Au fil de l’eau, pourrait-on dire, l’humanité s’est établie sur terre. Du moins une grande part. Il lui reste à retrouver et à écouter cette partie d’elle-même, écrasée sous le poids du mépris que génère la loi du plus fort et celle du marché. » L’eau, un bien commun ?

 

« En repensant aux eaux qui ont coulé dans les villes, nous pouvons mesurer combien elles sont importantes pour les rêves. C’est seulement là où les rêves se sont reflétés dans les eaux des communaux que les cités ont pu se tisser de leur propre matière. Seules les eaux animées de nymphes et de remémorations ont le pouvoir de fondre ensemble la face archétypale et la face historique des rêves. H20 est d’une autre sorte. H20 est un liquide qui a été dépouillé à la fois de son message cosmique et de son genius loci. Elle est opaque aux rêves. L’eau de la ville a dévoyé les communaux du rêve. ». Ivan Illich, mai 1984. H2O et les eaux de l’oubli

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 13:31

http://emmapom.com/blog/wp-content/uploads/2011/06/optimum-Lietaer.jpgLes réponses pour changer la donne doivent aller dans le sens opposé à la tendance actuelle : concentration, uniformisation et spécialisation. Féru d’efficacité et de rentabilité, « homo-economicus » concentre, fusionne, agrège. C’est ainsi que collusion, oligopoles et accords tacites prennent bien plus le pas sur la prétendue « concurrence libre et non faussée »

 

 

Diversification et relocalisation se feront au détriment d'une certaine rentabilité unilatérale. Elles se feront au détriment de la sacro-sainte croissance mais seront salutaires. Elles s’inscrivent dans le vaste et difficile programme d’émancipation de l’homme, dans le respect et l'écoute de soi, de l'autre, des autres, de la terre et du cosmos. Graines de consciences, elles sont à la base du 5ème « pouvoir ». Un pouvoir exercé par tous et pour tous. Indicible et transcendantal, Internet est aujourd’hui son média, une certaine conscience universelle est sa voie. Cela tout en nuance, humblement et par tâtonnement puisque bien et mal sont abstrait et que l'un n'existerait pas sans l'autre.


 Résilience vs Efficacité

Comme le démontre Bernard LIETAER s’inspirant des travaux de Robert ULANOWICZ sur l’étude des écosystèmes et leur résilience(1), un système est d’autant plus stable et durable qu’il respecte un parfait équilibre entre diversité et efficacité. Une affirmation basée sur l’étude des écosystèmes mais qui est généralisable à tout type de système : énergétique, biologique, mécanique, économique ou monétaire. Depuis plus de 30 ans dans les systèmes monétaires, Bernard LIETAER recommande donc la mise en place d’un panel de monnaies complémentaires(2) pour éviter le risque de concentration et pour une efficacité maximale. Bernard dit des monnaies conventionnelles qu’elles sont beaucoup trop Yang (masculines) et qu’il faudrait des monnaies plus Ying (féminines) pour contrecarrer cette indéfectible tendance machiste d’efficacité et de domination du monde. Efficacité toute relative selon le point de vue : Nord-Sud, Occident-Orient, Masculin-Féminin, Tradition-Modernité. Bernard LIETAER et Patrick VIVERET sont à l’origine du SOL, une expérimentation de monnaie complémentaire financée entre autre par l’Union Européenne.  Présent déjà dans 8 régions françaises, le projet SOL a débuté en 2005. Avec la crise, il fait de plus en plus d’émules… Qu’attendent les médias et eurocrates pour en parler avec autant de verve et passion que le port du voile, la pratique du foot ou les excentricités du monde people ?

 

Alternatives Economiques: Face à la crise, des monnaies régionales - Bernard LIETAER

 

Politique vs Economique

Si le politique ne se réapproprie pas la monnaie, il restera toujours la chose de l’économique ou, plus précisément, des marchés et des grands détenteurs de capitaux. Car il ne faut pas confondre économie et capitalisme ! L’économie de (ou avec) marché n’est pas indissociable du capitalisme. C’est ce que la pensée néolibérale dominante essaye de nous bourrer dans le crâne. « Ceux qui veulent confondre économie de marché et capitalisme sont ceux qui trouvent évident (le plus souvent sans même y avoir réfléchi) que la terre, la monnaie et le travail sont des marchandises qui peuvent donner lieu à des transactions marchandes » nous dit Christian ARNSPERGER sur son blog(3). Le troc, le don et le contre don ou les échanges en coquillages, plumes ou cigarettes n’impliquent pas forcément accumulation du capital.

 

La monnaie, vecteur d’échange, ne peut en aucun cas être au service de ses plus grands détenteurs au détriment du bien commun. L’intérêt monétaire n’est-il pas une forme d’impôt obligatoire du créancier (privé) sur le débiteur ? Selon une étude réalisée en Allemagne, l’ensemble des prix hors taxe des biens et services échangés sur le marché sont en moyenne majoré de 30 à 40% d’intérêts à rembourser aux créanciers, aux détenteurs de capitaux(4). Si la monnaie était publique, les Etats n’auraient pas à s’endetter auprès des banques. Les Etats n’auraient pas à se financer par l’impôt aux contribuables (public) pour rembourser des intérêts aux capitalistes (privé)(5). La monnaie doit être publique et démocratique (gérée par tous et pour tous) par essence.

 

Main visible ou invisible ?

Quant à savoir s’il faut confier la monnaie à des banquiers mandatés par une caste avide de profits ou des politiques avides de pouvoir, AJ HOLBECQ et P DERUDDER répondent en page 38 de leur livre Les 10 plus gros mensonges sur l’économie : « Il semble bien que dans ce cas, ce soit bonnet blanc et blanc bonnet. Mais il n’en demeure pas moins que l’argent, doit être considéré comme le sang du corps de l’humanité dont la gouvernance ne doit relever que de la tête et non de l’un de ses organes. Le destin des peuples devrait être conditionné par ses choix politiques, au sens noble du terme, et non dicté par le commerce ou la finance. La question ne devrait même pas se poser ! Pourtant, c’est bien ce dernier cas de figure qui préside actuellement, de sorte que la marge de manœuvre de nos gouvernements est restreinte à ce que leur autorisent ceux qui tiennent les cordons de la bourse. »(6)

 

L’insidieuse crainte ploutocrate du risque de défaillance du politique pourrait trouver réponse dans la proposition de réforme monétaire de James ROBERTSON consistant à faire du pouvoir monétaire la quatrième branche de séparation des pouvoirs - fondement de l’Etat de droit - aux côtés de l’exécutif, du législatif et du judiciaire(7).

 

Par le Haut ou par le Bas ?

Pour « dé-concentrer » ou démocratiser la monnaie il existe deux voies possibles : par le haut, la voie institutionnelle et politique ; ou par le bas, la voie citoyenne et engagée. Comme le précise Bernard LIETAER, rien n’empêche d’emprunter les deux voies en même temps. Le cas du SOL comme voie de sortie par le haut est un bon exemple mais celui de la Grèce prouve que l’Europe reste prisonnière de ses dogmes et de son traité de ploutocratie(8). L’explosion de Système d’Echanges Locaux (SEL), sorte de troc moderne multilatéral grâce à un système comptable, un peu partout en Europe est un bon exemple de voie de sortie par le bas. Un autre exemple qui fera probablement partie de notre quotidien d’ici peu est l’arrivée des monnaies libres ou open money promues par Jean-François NOUBEL et Michael LINTON(9). Grace à Internet, tout un chacun pourrait être en mesure de créer sa propre monnaie pour réaliser tel ou tel échange selon telle ou telle modalité, convention, conception.

 

"Le Futur de l'Argent" - Conférence à Mexico - Jean-François NOUBEL

 

Ce foisonnement d’initiatives monétaires, n’est-il pas un gage de démocratie ? Il n’y a pas si longtemps, nous prenions pour fou ceux qui disaient que bientôt tout le monde serait en mesure de publier quelque chose qui serait lu par des milliers de gens. Aujourd’hui, les blogs, sites personnels, réseaux d’échanges et de communication sont légions. Bien-sûr ils sont souvent inféodés au pouvoir de l’argent comme le démontrait l’article sur la concentration des médias traditionnels mais il n’en reste pas moins qu’Internet est aujourd’hui la seule source d’information qui permette un semblant de transparence démocratique.

 

Démocratiser la monnaie

Ainsi l’avènement des monnaies libres permettrait de s’affranchir de la chape monétaire ploutocrate (Euro, Yuan, Dollar, Rouble). Les monnaies libres type NOUBEL(10) et les monnaies régionales type LIETAER(11) sont en quelque sorte, un pari démocratique(12). Selon l’esprit et l’organisation des personnes qui supportent ces monnaies, certaines disparaitront, d’autres prendront de l’ampleur. Si l’esprit est le profit, on tendra vers un système type « capitaliste », si l’esprit est l’éthique, le durable, le souci des autres et du prochain, on tendra vers un système qui se voudra plus distributif et égalitaire. Le problème actuel c’est que le système et les règles en vigueur ne permettent aucune marge de manœuvre. Comme le dit Jean-François NOUBEL, « si vous faites jouer les 10 plus grands sage de la planète au Monopoly, il y aura toujours un gagnant et un perdant ».

 

L’option de sortie par le bas à la LIETAER – NOUBEL n’a rien de farfelu puisqu’en Suisse une monnaie business appelée WIR existe depuis 1934, en Allemagne le Chiemgauer existe depuis 2003 et bien d’autres monnaies régionales prennent cours. En Suède, la banque JAK existe depuis 1970, elle prête de l’argent en réclamant des intérêts nuls ou dérisoires. Constatons que deux de ces initiatives les plus souvent citées (WIR et JAK) sont nées dans deux pays qui ne font pas partie de la zone Euro. Au Royaume-Uni le parti travailliste projette la création d’une véritable banque postale à l’image de la KiwiBank en Nouvelle Zélande(13). En Belgique, certains proposent la création d’une FritiBank également à l’image de la KiwiBank. En Italie il y a le SCEC et la banca del tempo. Un peu partout en Europe et ailleurs il y a les SEL (Système d’Echange Local) ou LETS (Local Exchange and Trade System), etc. etc. Bref, de plus en plus de monnaies alternatives qui tentent de combler les défaillances du système officiel dominant : chômage, crise, inflation, spéculation, concentration.
 

Chiemgauer.jpgDe par le monde, il y aurait pas moins de 5000 expériences de monnaies alternatives / plurielles / locales / régionales / complémentaires / sociales : le Saber au Brésil, le Trueque en Argentine, l’Ithaca-Hours aux Etats-Unis, les LETS au Canada et les WAT, Fureai Kippu, Dandan, Yufu au Japon. Le Japon est le maître incontesté en la matière puisqu’il connait la crise depuis 1990. Voir aussi la carte mondiale des Systèmes d’Echange Locaux.

 

Pour illustrer l’importance et la force de ces initiatives, voici une brève explication du Fureai Kippu au Japon. « Au Japon les "Fureai Kippu" apportent un début de réponse à la crise du vieillissement démographique. Leur principe ? Un jeune fait des courses, prépare la cuisine et fait prendre son bain à une personne âgée à la motricité réduite. Pour ce service, ce jeune perçoit des "tickets de soin" ou Fureai Kippu, qu’il dépose sur un compte. S’il tombe malade, il peut utiliser ces tickets pour payer une aide à domicile. Il peut aussi faire un transfert électronique sur le compte de sa mère, à l’autre bout du pays, afin que celle-ci puisse s’offrir une aide à domicile. L’intérêt : les personnes âgées peuvent demeurer chez elles, plutôt que vivre dans des maisons de retraite déprimantes et qui plombent les finances publiques »(14)

 

Les 3 grandes caractéristiques des monnaies sociales(15)

Ces monnaies alternatives, se distinguent des monnaies officielles par 3 principales caractéristiques.

1) Elles sont ancrées dans le local de manière à privilégier les transactions locales et l’usage local de revenus tirés d’une production ou d’un service local. La monnaie est ainsi représentative d’un terroir, d’une communauté, d’une spécificité territoriale ou communautaire. Ainsi ancrée, elle est aussi un gage de transparence et d’investissement démocratique. Chaque membre de la communauté est potentiellement responsable de la monnaie et de son usage. Il en est responsable dans son fonctionnement interne et dans ses applications externes. Ces monnaies sont donc un formidable outil d’expérimentation démocratique par une forme d’obligation communautaire d’investissement et de responsabilité vis-à-vis de la société civile.

2) L’objectif premier est de dynamiser les échanges. Elles refusent l’accumulation fondement du capitalisme et de nos pulsions les plus profondes. Elles sont donc intrinsèquement conçues pour empêcher la thésaurisation, la concentration ou la conservation de richesses. L’argent n’est donc plus rémunéré quand on le stocke mais il perd de sa valeur. C’est la cas des monnaies fondantes remise au goût du jour par Silvio GESSEL(16) et que nous aborderons un peu plus bas.

3) Elles cherchent à transformer les pratiques et représentations de l’échange. C’est en cela que ces monnaies méritent bien plus le nom de monnaies sociales que tout autre nom. Ces monnaies sociales affectent en effet le statut des échangistes et la relation entre eux. Elles affectent aussi les règles marchandes. Pour le statut, le concept clé à retenir est celui de « prosommateur » ou l’individu, à la fois producteur et consommateur, est responsabilisé et peut valoriser une certaine vocation escamotée par le statut de salarié. La relation entre échangistes cherche à aller au-delà du vulgaire calcul propre à l’échange. La monnaie se veut ici promotrice de liens interpersonnels, de contacts. Concernant les règles marchandes il y a volonté de s’éloigner de la stricte logique marchande en tentant par exemple des modalités de fixation des prix dépourvues du principe d’économie d’échelle, des avantages comparatifs et d’agrégation (effet Pareto).

 

http://www.chateau-saintmesmin.fr/attachments/Image/A_frappe_de_monnaie.jpg

 

Une monnaie non marchande

Pour que la monnaie reste socialement admise comme norme extérieure, elle ne pourra également jamais être considérée comme un bien marchand(17). Seul un système purement comptable de crédit mutuel dans lequel le solde global des comptes des adhérents est toujours nul permet d’éviter la marchandisation de l’argent. Dans le cas des SEL ou de tout système fondé sur une comptabilité pure, seul l’échange provoque un flux comptable d’un compte vers un autre (compte crédité quand on « donne », débité quand on « reçoit »). Il n’y a pas d’intérêts, crédit et débit vont de pair, ils sont gratuits et automatiques dès qu’il y a échange. La monnaie ne préexiste donc pas à l’échange mais lui est consubstantielle (inséparable) (15). Inflation et accumulation capitaliste de richesses (argent qui travaille à notre place) sont étrangères à ce type de fonctionnement. Ce système de comptabilité pure n’est-il pas un bon catalyseur d’égalité, de partage et de démocratie ? Avec les progrès des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) rien - hormis la force du pouvoir en place, la peur et l’endoctrinement monétaire - ne s’oppose à la mise en place d’un tel système comptable à échelle locale, régionale ou même nationale et internationale. Le seul argument réfractaire recevable serait celui des contraintes matérielles ou éthiques. Existe-t-il suffisamment de ressources et d’énergies pour étendre l’usage des TIC au monde entier ? Cette volonté ne serait-elle pas l’exemple paroxystique d’un orgueil totalitaire technoscientifique à la mode occidentale ? Enfin, rien ne garantit les possibles dérives dans le domaine technologique. Sans réel travail personnel d’autocritique et technique de contrôle communautaire, un petit malin pourra toujours trouver le moyen de s’allouer du crédit sans débit chez un tiers au nez et à la barbe de la communauté… C’est justement ici que se situe tout l’enjeu des monnaies sociales : trouver des techniques d’autocontrôle, de transparence et de gouvernance tournante de manière à permettre l’expression saine et harmonieuse du principe démocratique. Les monnaies (re)trouveraient alors leur titre de noblesse en (ré)intégrant la sphère démocratique(18).

 

Une monnaie fondante

Si la monnaie est matériellement émise, le remède actuellement connu pour contrecarrer l’inhérent effet Pareto est celui des monnaies fondantes. Partant du principe que l’argent doit circuler plutôt qu’être stocké, Silvio GESSEL inverse la vapeur en proposant la suppression de la rémunération de l’argent immobilisé et la mise en place d’une taxe à la circulation. Il s’agit en quelque sorte d’un intérêt négatif. Cet intérêt négatif prend la forme de timbres payant (taxe à la circulation) à apposer régulièrement au verso des billets pour éviter qu’ils ne perdent leur valeur. Comme une sorte de chaise musicale, tout le monde fait tourner le billet aussi vite que possible en espérant que la musique (le temps qui passe) ne s’arrête pas (fin du mois par exemple) au moment où l’on s’en sert. Sans quoi, la personne détentrice du billet se verra dans l’obligation de payer la taxe en y apposant un timbre dont la valeur peut osciller entre 2 et 5% de la valeur du billet.

 

Une fois un billet taxé un certain nombre de fois (12 fois après 1 an si taxation mensuelle) il est alors retiré de la circulation et d’autres billets sont alors émis au prorata des besoins économiques parfaitement quantifiable par une comptabilité régionale ou nationale.

 

L’argent stocké en bon père de famille en vue d’un investissement futur ne sera pas frappé d’un intérêt négatif mais ne sera pas rémunéré non plus comme c’est le cas aujourd’hui. La somme restera figée et pourra éventuellement perdre un peu de sa valeur suite à une inflation « naturelle » - pression démographique, raréfaction des ressources, offre peu réactive (de plus en plus rare de nos jours sauf dans le cas de l’immobilier par exemple) - et pas une inflation gonflée artificiellement par l’exigence de rentabilité sur capital. Il faut en effet rappeler que l’intérêt bancaire consomme chaque année près de 40% du PIB national. Cette ponction annelle contribue largement à l’inflation au seul bénéfice des capitalistes, des rentiers, des détenteurs de fonds.

Ceci dit, une érosion lente de ce à quoi nous attachons de la valeur n’est-elle pas dans l’ordre des choses ? Même les pyramides, les grandes œuvres d’art ou l’or se dégradent dans le temps, alors pourquoi pas la monnaie, vecteur de nos échanges et communément admise comme équivalent universel ? Cette non dégradation monétaire est tout à fait symptomatique d’un humain désemparé face à la mort, à la perte et à l’évanescent.

 

La pratique du taux d’intérêt négatif ou « demurrage » existait déjà au Moyen-âge et permettait la réalisation d’édifices nécessitant souvent plus d’une génération pour les construire. Ce genre de vision à long terme est totalement incompatible avec une monnaie à intérêt positif qui privilégie la thésaurisation et la fuite de capitaux au détriment de l’investissement local.

 

Sortir de l’économie

Ces détails techniques d’aboutissement d’une telle monnaie dépendent avant tout du degré de conscience de ceux qui l’utilisent. Une telle monnaie n’est qu’un pari, un succédané de confiance dans la vie et les autres… In fine, elle ne devrait même plus être nécessaire. Nous sortirions, enfin, de l’économie…

 

Nous sommes bien conscients que c’est l’homme qui est à l’origine du système aussi abouti qu’aliénant et destructeur que nous connaissons aujourd’hui. Le dire, ne signifie pas uniquement que la nature humaine est mauvaise mais qu’elle est aussi capable d’introspection et de dépassement. C’est, à mon sens, la caractéristique principale du genre humain… Monnaie et économie font partie de l’apprentissage.

 

Réapproprions nous la monnaie et tâchons de la gérer collectivement tout en restant parfaitement lucide et critique sur les causes profondes du bourbier actuel. C’est ce que Christian ARNSPERGER appelle, « le militantisme existentiel »(19) : l’observance d’une vigilance/réflexion/méditation de tout instant déjouant les tentaculaires appropriations capitalistes aussi bien individuelles que collectives. Ne passons pas simplement d’un capitalisme gris à un capitalisme vert ou « social ». Ce dernier n’est qu’un avatar plus destructeur que le premier puisque affublé de vertus « socio éco environnementaliste ». La logique interne ne change pas (profit individuel), seule l’application externe change (grand projet "verts": fermes verticales, éco-buildings, OGM, Nucléaire, nanotechnologies, etc.).

 

« Une pute d’apparat, une grue en drap d’argent,

dont la traîne est portée,

et l’âme traînée dans la fange »

THOREAU, La désobéissance civile, p.17

 


(4) Helmut CREUTZ cité par Margrit KENNEDY, If money rules the world

– who rules money ?, p2

(5) André Jacques HOLBECQ, Philippe DERUDDER, La Dette Publique, Appel à mobilisation citoyenne, www.public-debt.org 

(6) André Jacques HOLBECQ, Philippe DERUDDER, Les 10 plus gros mensonges sur l’économie, p38.

(9) Terra economica N°40 - 09/12/2004 - Par ici, la monnaie !, www.selidaire.org

(14) Terra economica N°40 - 09/12/2004 - Par ici, la monnaie !, www.selidaire.org

(17) AGLIETTA, ORLEAN, Qu’est-ce que la richesse ?

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 21:14

http://jeanzin.fr/public/images/2010/.desir_s.jpgLe blog de Jean ZIN. Un autre blog haut de gamme à lire et à découvrir… quand vous avez l’esprit clair et du temps !

Petit extrait du formidable article Le désir plus que la vie

 

Si la réalisation de la philosophie peut avoir un sens, ce ne peut être de nous promettre un monde idéal, celui dont parlent les religions (le Ciel sur la Terre), sans plus de désirs ni de folies. La philosophie n'est pas là pour raconter des sornettes mais, tout au contraire, pour nous dépouiller de nos préjugés et de nos illusions afin de nous ouvrir à l'histoire, au devenir, à l'inconnu. C'est bien en politique et en démocratie que le précepte "connais-toi toi-même" est si important. Il faudrait tout de même tenir compte de l'anthropologie la plus sommaire pour ne pas vouloir nous forger un homme nouveau trop unilatéral, que ce soit l'homo oeconomicus ou l'homo sovieticus ou l'homo numericus, le cyborg, etc. Il faudrait tenir compte un peu plus de la sociologie, de la psychologie, de la psychanalyse, de notre rationalité limitée, de notre diversité, de nos contradictions et de l'indécidable pour ne pas nous idéaliser dangereusement ni nous figer dans une identité factice mais prendre la mesure des difficultés à surmonter pour une démocratie qui ne soit pas du semblant.


Depuis son origine, la philosophie a partie liée avec la démocratie et la dénonciation de la démagogie qui est sa pathologie, le règne de la communication et du verbiage des sophistes. La philosophie et les sciences se sont constituées par le rejet du dogmatisme (étatique) comme du scepticisme (libéral), ce qui en fait des savoirs en progrès, savoir qui connaît sa propre ignorance sans vouloir s'en satisfaire. De même, politiquement, la voie est étroite, entre activisme et renoncement, enthousiasme imbécile et dépression mortifère. Si l'on ne veut pas servir à rien, il faut se situer dans le courant pour s'y opposer ou le dévier en fonction des forces en présence. Il ne s'agit certainement pas de réaliser nos désirs en politique (surtout pas le désir d'être président ou ministre!) mais de réduire les inégalités, combattre les injustices, conquérir de nouvelles libertés, continuer le combat de nos pères. Il s'agit de se situer dans une "tradition révolutionnaire", au nom de la raison et de l'amour de la vérité plus que de nos désirs les plus fous, afin de participer à l'histoire en train de se faire. Il n'y a qu'une seule voie pour cela, la voix publique, celle du récit collectif qui doit rendre compte des faits, des droits effectifs plus que des valeurs.


Il est crucial de bien comprendre quelle est notre marge de manoeuvre pour ne pas être réduits à l'impuissance par des ambitions délirantes un peu trop répandues comme de vouloir changer les gens (ce qui pour beaucoup est le seul objectif politique qui vaille). On attribue un peu facilement les malheurs du temps à la force des puissants, si ce n'est à leur méchanceté. On suppose des complots ou quelque force obscure. Le retournement qu'il faut opérer, c'est de considérer que notre faiblesse vient surtout de n'avoir rien d'autre à y opposer de consistant, du moins d'être incapables de nous entendre sur les solutions. Il ne sert à rien de vouloir mobiliser les désirs ou changer notre imaginaire. Notre désir ici n'a pas son mot à dire quand on doit construire un projet collectif. C'est le caractère irréaliste, inadapté ou catégoriel des revendications qui les déconsidère, pas la propagande ennemi. Notamment, en rester au quantitatif, c'est donner le pouvoir à la finance qui sur ce plan est imbattable. Ceux qui s'imaginent que la solution est évidente et connue de tous sont obligés de croire que ce sont les médias qui nous tiennent en leur pouvoir pour nous empêcher de voir la réalité mais c'est plus grave car la contestation elle-même est complétement en dehors de la réalité. En fait, malgré la foi des militants, ce qui ne se réalisera pas, c'est presque toujours ce qui n'est pas possible ou du moins pas durable mais qui souvent n'est pas si désirable que ça non plus, bien qu'ils en soient si persuadés. Il faut faire avec une réalité complexe et multiple. Ce sont nos finalités qu'il faut adapter précisément à la situation, à la richesse des possibles. On n'a que faire de fantaisies arbitraires ni de grands principes. La question politique est avant tout cognitive face à la rupture anthropologique de l'ère de l'information, de l'écologie et du développement humain. S'il y avait vraiment une alternative crédible et l'union des travailleurs, ces puissances souveraines qui nous semblent si invincibles ne tiendraient pas un instant, mais pour cela il faudrait au préalable en rabattre un peu sur nos prétentions trop idéales, pour obtenir beaucoup plus pratiquement !


L'analyse des potentialités effectives ne va pas de soi, c'est l'objet du débat politique mais qui exige de toutes façons un travail d'enquête et d'information sur les conditions concrètes des pratiques concernées. On ne peut se payer de mots, parler de valeurs, d'idées, d'absolus. C'est justement à cause de l'irrationalité du désir et de nos penchants pour l'utopie qu'il faudrait exclure du débat public tout ce qui vise une perfection qui n'a plus rien d'humaine. Aristote n'a pas été au bout de son opposition à Platon sur ce point mais c'est incontestablement l'idée d'un Bien suprême qui est contradictoire avec ce que nous sommes, avec la vie elle-même qui n'est pas sans la mort qui l'accompagne, avec l'histoire qui avance par son mauvais côté, avec l'information et l'évolution qui ne sont concevables hors d'un monde incertain. Le seul bien, c'est l'activité elle-même et donc le désir. Non seulement la vérité n'est pas donnée et doit être conquise sur l'erreur et les préjugés, non seulement elle ne peut éliminer toute illusion, mais elle reste toujours incertaine, provisoire, imparfaite, in-finie, à suivre. Il faudra bien l'admettre pour regarder la réalité en face et reprendre l'initiative. D'une certaine façon, les libéraux, eux, l'ont bien compris, sauf qu'ils ont tort de prétendre qu'on ne saurait rien, sous prétexte qu'on ne sait pas tout, et que, dès lors, on ne pourrait rien faire que s'occuper de ses petits intérêts, comme si l'amour n'existait pas et la simple solidarité humaine, comme si nous n'avions pas en charge notre destin commun, comme si le langage et le sens n'étaient pas communs tout comme les techniques, le système de production, l'espace public, etc.


On peut dire que l'amour, invoqué un peu lourdement par d'autres, manifeste ouvertement pourtant toutes nos contradictions, non pas l'amour rêvé et bienveillant mais l'amour réel ou plutôt leur opposition même. Vouloir que tout le monde s'aime, comme on le répète un peu béatement, c'est à l'évidence contradictoire. Qui donc serait prêt à se satisfaire d'un amour de principe ? Pire, c'est bien souvent l'amour la cause de l'égoïsme et de l'agressivité, quand il ne tourne pas à la haine. Plus généralement, les relations humaines sont inadéquates. Alors qu'on vise son désir, il n'y a pas moyen de ne pas être pris pour objet par l'autre, lui appartenir de quelque façon, subir sa pression. La domination est dans le langage qui nous poursuit de ses injonctions. Le malentendu est la règle. Cela n'empêche pas l'amour, sinon nous ne serions pas là, mais tout cela ne tient ordinairement que par convention. Comme disait Lacan, ce qui fait tenir les relations humaines, ce n'est pas d'y penser. On ne peut toujours s'en abstenir, hélas, question de sensibilité plus ou moins maladive...


Lire aussi:

Retour sur les religions

 

Relocalisation mode d’emploi

 

La nature et la vie

 

Dès lors qu'on vise son désir, il n'y a pas moyen de ne pas être pris pour objet par l'autre

Lire le texte Le désir comme désir de l'Autre également référencé dans les liens A lire de ce blog.

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Liens

A lire

1) Manuel d’anti-économie

2) Transition écologique & économique

3) Le retour du puritanisme au travail

4) Le désir comme désir de l’Autre

5) La Décroissance, l’Argent et Moi

6) Argent, Richesse, Valeur

 

Vie Pratique, Autonomie

AUTARCIES

ECOCLASH (voir Liens)

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EAU-tarcie (H20)

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Mouvement CiTerrien (MCT)

Alliance21 (monde responsable, pluriel et solidaire)

 

Alliance for a New Humanity


Monnaie (concept)

monnaie.wikispaces.com

www.bioeconomie.net

SystemeMonetaire.be

CreationMonetaire.info

MonnaieFondante.canalblog.com

GTMonnaie.be

Alter-Europa.com

Club-Robin.org

Sel-Terre.info

 

Monnaie (alternative)

Monnaies Locales Complémentaires

ALOE (alliance pour une économie plurielle et solidaire)

money.socioeco.org/fr/ (devenu ALOE)

www.appropriate-economics.org/

www.complementarycurrency.org/

www.digitalmoneyforum.com/

www.reinventingmoney.com/

grit-transversales.org/

Thetransitioner.org

Open Money

www.regiogeld.de (regio Allemagne)

transversel.apinc.org (SEL France)

brusel.be (SEL Bruxelles)

 

 

Climat

Manicore (Jancovici)

 

Pic Pétrole

Oleocene

 

Santé

Pharmacritique

Info Michel Dogna

Votre Sante

 

Planète

Terre Sacrée

LiberTerre.fr

Terre & Humanisme

 

Agriculture – Nature

Semences Paysannes

Kokopelli

Cheminfaisant2005.net

BRF - Bois Raméal Fragmenté

Permaculture

Masanobu Fukuoka

Plantes sauvages

 

Conscience

Alliance21

Fondation Diagonale

Trilogies

LeTransmuteur.net

Nous-les-dieux

Sens de la Vie

Zone7.net

Pas ça !

 

Manipulations

Le pouvoir mondial

SYTI.net

Prise de conscience.org

Les mots ont un sens

 

Info

MichelCollon.info

Mondialisation.ca

Grain (Agriculture)

ContreInfo

News Of Tomorrow

Monde Diplomatique

Decroissance.info

Futur Quantique

Le Grand Soir

 

TLAXCALA

Global Research

AlterInfo

RISAL (Am. Latine)

Congo Forum (Afrique)

Medium4You (Belgique)

Agoravox (France)

Marianne2.fr (France)

Rue89 (France)

 

Livres

Ecophilopat

Syti

Inventin (pdf)

Nous-les-Dieux (pdf)

Ecosociété

 

Editions

La plume de feu (Aude)

Yves MICHEL

Souffle d’Or

Charles Léopold Mayer

Aden

Syllepse

du Cerf

Ecosociété

La découverte

Le Relié

Sang de la Terre

Alter-Europa.com

Penser Librement.com

 

Autres liens

Contre la pensée unique

Freemen

Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que :
• le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
• s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».



Au delà, comme le nom “Freemen” l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut sur son blog. L’ensemble de ces contenus doit petit à petit former une nouvelle “chaîne”, un nouveau “journal”, chacun parlant de politique, mais aussi, d’art, de ciné, de tout.

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