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  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
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Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

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Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 11:14

 

cube verre homme

 

Le dernier livre de Christian ARNSPERGER (Ethique de l’existence post-capitaliste) fourni un formidable outil de lecture des rapports de l’homme au monde. Cet outil est en fait celui des «quatre quadrants» ou «vision intégrale» proposé par le philosophe nord-américain Ken WILBER.

 

Intérieur

Extérieur

 

CONSCIENCE

(Esprit)

 « Moi »

« CHAIR »

(Corps & Âme) 

« Cela singulier »

Individuel

CULTURE

(vision du monde)

« Nous »

SYSTEME

(mécanique du monde)

« Cela pluriel »

Collectif

Les 4 quadrants de lecture de Ken WILBER

 

Le rapport des hommes au monde peut être subdivisé en 4 parties distinctes dont les axes verticaux sont l’intériorité et l’extériorité et les axes horizontaux sont l’individualité et la collectivité. Comme nous pouvons le voir en lecture horizontale du tableau, les 4 parties sont respectivement la conscience et la « chair » pour le volet individuel et la culture et le système pour le volet collectif. En lecture verticale, et de manière caricaturale, celui qui ne privilégie que l’intérieur est un mystique, religieux, abstrait alors que celui qui ne privilégie que l’extérieur est un positiviste, cartésien, matérialiste.

 

Nombre de critiques ou d’analyses du monde parlent souvent du quadrant système, parfois du quadrant cultures mais très peu des quadrants conscience et chair. Ce qui se dégage de ce simple tableau à 4 entrées est une clé de lecture complète, holistique (« comprehensive » au sens anglo-saxon, c’est-à-dire faisant intervenir une connaissance globale, voire ontologique) de l’ensemble des rapports humains entre eux (culture), avec eux (conscience), entre les choses (système) et avec les choses (chair). Par ailleurs, outre cette lecture plane, il ne faut pas perdre de vue la lecture tridimensionnelle permettant à ce tableau de s’élever dans l’espace à mesure que le niveau de conscience collectif évolue.

 

Cette clé de lecture permet en effet de poser les bonnes questions et de trouver les bonnes réponses lorsque nous sommes confrontés à un problème. L’analyse du capitalisme à travers cette fenêtre s’avère particulièrement révélatrice. Révélatrice des origines, des boucles récursives auto-amplificatrices et de la force des blocages.

 

D’un point de vue systémique, nous pouvons en effet constater que tout mouvement contestataire s’inscrit toujours au sein de ce système et raisonne toujours à l’intérieur de ce système : revendication salariales, baisse des prix, emploi, croissance, etc. C’est le cas des mouvements contestataires altermondialistes, marxistes ou syndicaux. Le système est auto-référencé. De même, d’un point de vue culturel, tous nos actes sont posés selon le moule dominant. Pas moyen de faire autrement sans être taxé d’écolo, bobo, soixante-huitard, voir même de Cro-Magnon. Toute pensée divergente de la doxa dominante est aussitôt vue comme une dérive, une hérésie. On se sent exclu, rejeté, jugé et marginalisé. Il est alors particulièrement difficile de se tailler « une place au soleil » dans ce monde et ce système qui est le nôtre et que nous promouvons tous consciemment ou à notre insu.

 

Mais tout cela est de la diatribe bien connue. Attardons plutôt à la cause première. A cette pulsion profonde qui parvient à faire passer un régime plutôt qu’un autre à travers les siècles malgré les innombrables luttes et contestations. Grace à certains choix idéologiques, le capitalisme est en effet parvenu à bien mieux s’imposer que le communisme qui s’est quelque peu égaré sur certains points. Certains disent que le communisme est le système de l’homme tel qu’il devrait être alors que le capitalisme est le système de l’homme tel qu’il est. Quel est cet homme ? Cette fameuse « nature humaine » que d’aucuns brandissent avec force pour justifier leurs actes ou leur apathie ? Ce qui différencie fondamentalement l’homme de la nature, ce sont ces questions existentielles : Qui suis-je ? D’où vins-je ? Où vais-je ? Ces questions existentielles en soulèvent rapidement d’autres centrées sur la peur : peur de manquer (de biens mais aussi d’affection), peur du vide (affectif ou charnel), peur de souffrir, peur de mourir. La religion qui tente d’apporter des réponses à ces questions semble avoir complètement cédé la place au capitalisme. Le capitalisme est devenu notre religion séculière. Religion au sens étiologique : qui cherche les causes profondes et qui donc calme, apaise et cherche à apporter des réponses à nos peurs et angoisses existentielles. Le religieux profond, spirituel et existentiel est aujourd’hui porté aux gémonies par un capitalisme culturel qui a envahi nos vies jusque dans les moindres recoins. Stigmatisé et instrumentalisé, le religieux profond s’est institutionnalisé. L’église s’est convertie au capitalisme. A l'inverse de Marx, lorsqu'à propos des religions ou de spiritualités il parle d'opium du peuple, je pense que la force du capitalisme réside précisément dans une profonde et perverse aliénation spirituelle. Mine de rien, l’air de rien, subrepticement, la capitalisme apporte des réponses à nos angoisses les plus fortes. Alors, on consomme, on produit, on cherche à gagner plus, on s’abruti au travail, on joue des coudes avec des œillères.

 

Les 6 axiomes capitalistes

L’idéologie capitaliste tire sa source dans nos peurs les plus profondes et donc dans le culte de l’ego, dans la pensée libérale : la liberté individuelle au service du bien commun. C’est de cette pensée et de la pensée protestante que sont nés les 6 grands axiomes capitalistes :

 

1) Croissance. « Croissez et multipliez-vous ». Nécessité salutaire d’un effort collectif face à l’adversité de la Nature. Une Nature à dompter par la croissance, la production et le progrès. C’est la pensée des grands économistes classiques tels que Malthus, Ricardo et Smith. C'est également un pilier central de la pensée Marxiste.

2) Travail. « L’oisiveté est mère de tout les vices ». Pensée typiquement protestante, qui voit dans le travail un véritable accomplissement de Dieu et le salut de son âme. « Travaillez bonnes gens, et vous serez sauvés ». Du Moyen-âge à la renaissance, d’avilissant, le travail gagne ses titres de noblesses pour devenir salutaire.
C'est aussi un pilier de la pensée Marxiste.

 

3) Efficacité-Concurrence. « Produire plus pour gagner plus » sic. « Manger ou être mangé ». Nécessité de se battre pour survivre. Travailler comme une bête de somme, le plus rapidement et le plus efficacement possible, le tout afin de satisfaire aux 2 premières exigences citées ci-dessus.

 

4) Innovation« Parce que vous le valez bien ». Selon William BAUMOL(1) les 3 grands piliers du capitalisme sont la croissance, la productivité et la concurrence. Mais ces 3 piliers ont besoin d’un ingrédient supplémentaire essentiel appelé culture d’entreprenariat. La nécessité d’avoir de doux penseurs de l’école FFRIEDMAN qui voient dans l’innovation par le profit et sa maximisation le but suprême de la vie.

 

5) Propriété. « Mon, Ton, Son, Ma, Ta, Sa, Mes, Tes, Ses ». Certaines tribus primitives ne connaitraient pas l’usage des pronoms possessifs. Pour nous, occidentaux capitalistes, ils sont la justification de tous nos efforts (travail, croissance, efficacité, concurrence, productivité) et ils sont une forme d’aboutissement à nos angoisses existentielles. L’acquisition d’une propriété, de biens et de services forment une sorte coque de protection à ces angoisses.

 

6) Consommation. « The American Way of Life is Not Negotiable » sic. Le plus révélateur ici est ce fameux appel de Bush à la consommation peu de temps après les événements du 11 septembre. C’est aussi la grande crainte de la crise économique et financière. C’est à la fois le point faible et le point fort de l’économie capitaliste.

 

On constate combien ces 6 axiomes sont profondément ancrés dans des axiomes existentiels profond. Tous, touchent à la peur de manquer, de mourir, de se retrouver seul ou envahi par les autres. Notons aussi que les deux premiers axiomes à la base des autres sont aussi ceux de l’idéologie Marxiste.

 

Le cycle des 4 quadrants

Pour en revenir aux 4 quadrants, ce qui est important de noter c’est le cycle auto-validant et inter-validant de ceux-ci.

 

A la base, c’est bien-sûr la conscience qui crée et influence tout le reste. Par la suite, le reste - la culture, le système, notre âme et nos corps - influence notre conscience. La culture capitaliste technoscientifique opère comme un cercle vicieux entre ces deux pôles. Notre conscience fait partie de l’ensemble, elle est enchâssée dans le système. Elle a été phagocytée par la méga-machine de notre égo. Rare sont ceux qui parviennent à faire la part des choses entre le conditionné et le conditionnant.

 

Ces quatre quadrants utilisent donc notre conscience pour former une boucle de renforcement mutuel qui nous bloque sur un plan horizontal. Toute l’énergie utilisée à l’adaptation ou la correction du système est perdue au détriment de l’élévation du plan horizontal à des niveaux de consciences supérieurs.


Système => Culture

Le système influence la culture. La rentabilité du capital engendre des croyances, des lois et des valeurs qui créent une culture capitaliste.

 

Système, Culture => Conscience

Ce système et cette culture capitaliste touchent la conscience en inculquant l’idéologie de la gagne, du travail et de la compétition pour se faire un nom, une réputation et, à l’extrême, donner un sens à sa vie. Plongé dans son système et sa culture capitaliste, l’individu se trouve comme un poisson dans l’eau. Il s’épanouit et s’affirme mais ignore, ou feint d’ignorer, ce qui se passe plus loin et/ou plus tard.

 

Conscience, Culture => Chair

La conscience comme la culture capitaliste touchent l’âme et le corps par des états cérébraux et des mécanismes métaboliques soutenant le principe d’accumulation du capital. La malbouffe et les états de dépendance alimentaires (café, alcool, cigarette) ou autres (jeux, drogues, télé, GSM, iPod) témoignent de cet esclavagisme du corps et de l’âme à la culture et à la conscience capitaliste. Tous nos achats compulsifs démontrent cette dépendance avec éclat. Il en va de même pour nos comportements carnassiers et obsessionnels visant à gagner plus, à investir plus et à prendre des parts de marché toujours plus importantes. Ces pulsions obsessionnelles trouvent bien sûr un revers de médaille dans les multiples troubles sanitaires de notre société. Troubles qui se traduisent aussi bien au niveau somatique (digestion, boulimie, maladies cardio-vasculaires, cancers, etc.) que psychologiques (stress, anxiété, suicides). A force d’achats et de comportements compulsifs, nous ignorons non seulement les limites planétaires mais aussi nos propres limites corporelles et intellectuelles.

 

Chair, Conscience => Système, Culture

Nos cerveaux et nos corps capitalistes créent enfin des conceptions et des mécanismes institutionnels qui poussent à cette production – consommation et à cette idéologie du gain. Marchés et mécanisme de commandement se mettent alors en place pour encore et toujours la même rengaine de maximisation du capital.

 

La boucle est bouclée.boucle4quadrant_wilber.jpg

 

Pour en sortir, il faut être conscient du piège et de nos interactions avec celui-ci. Il faut ensuite tenter de se dégager de cette logique par des pratiques de « méditation » et par des expérimentations collectives de nouveaux modes de vie, de nouvelles façons ou manières d'ÊTRE au monde. D’un point de vue concret, le travail sur soi est la Voie. Simplicité, frugalité, décroissance, autocritique et spiritualité (sens de la vie) sont les clés de sortie du labyrinthe capitaliste. Relocalisation et démocratisation (travail, ecologie, monnaie) tombent alors sous le sens. C'est ça le changement de paradigme. C'est ça le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas.

 

 

C’est ce que Christian ARNSPERGER appelle le « militantisme existentiel » ou encore « l’acceptation critique ». Être bien conscient que nous faisons partie intégrante d’une culture, d’un système et d’une conscience capitaliste dont nous sommes responsables et dont il est essentiel de sortir si nous ne voulons pas éteindre la flamme (de Vie, de Conscience, de Divin). Cependant, et de manière assez magistrale, se voulant à elle-même, poussée jusque dans ses derniers retranchements, cette flamme est capable du pire comme du meilleur.

 

Intrigué par le socialisme soviétique qu’il voyait user de violence, de manipulation et de mensonge, Gandhi se disait partisan d’un socialisme « pur comme le cristal » requérant par conséquent le courage de méthodes « d’une pureté cristalline (…) car les moyens impurs dénigrent le but et mènent la cause à sa ruine ».(2) La sociale démocratie verte n’est-elle pas le pâle reflet du socialisme soviétique ?

 

Note :

(1) William J. BAUMOL, cité par Christian ARNSPERGER p. 67. The Free-Market Innovation Machine: Analyzing the Growth Miracle of Capitalism, Princeton, Princeton University Press, 2002.

(2) Thierry VERHELST, Des Racines pour l’Avenir, L’Harmattan, 2008.

 

http://www.pac-bruxelles.be/images/stories/confrence_de_Paul_Aris_15_juin.jpg

 

Plus d'informations sur: www.pac-bruxelles.be

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Published by Ploutopia - dans EVEIL
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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 12:10

escargot-copie-1.jpg

- Dans l’atlantique, 2 à 3 millions de litres quotidien de pétrole se déversent et se déverseront jusqu’en août dans l’océan atlantique et sur un des écosystèmes les plus riches des Etats-Unis.

- Dans le monde, des abeilles (80% de la pollinisation des végétaux) et des vers de terres (fertilité des sols) disparaissent par milliers.

- En Indonésie, des orangs-outangs se retrouvent nu comme des vers face à des tronçonneuses qui font de la place aux monocultures de palmier à huile (agrocarburant et alimentation industrielle).

- Au pôle Nord, des ours polaires malingres pataugent en cherchant désespérément une plaque de glace pour pouvoir marcher en bon plantigrade.

- En Chine, des employés de Foxconn (le plus important sous-traitant d’appareils électroniques au monde) se suicident.

- En France, ce sont les employés de France Télécom et de Renault qui se suicident.

- En Belgique, Carrefour et Opel restructurent et licencient.

- A Haïti, après les effets d’annonce, les déclarations de soutient et les œuvres de charités, Monsanto fait dans l’humanitaire.

- En Afrique, la Banque Mondiale favorise l’accaparement des terres.

- Dans le monde, la course à la compétition et à la croissance économique laisse des milliers de gens sans toit, sans terres et sans nourriture. Salaires et conditions de travail sont chaque jour bradés et revu à la baisse. Délocalisation, productivisme et expropriation poussent les gens à aller s’installer dans des mégapoles et bidonvilles insalubres et stressant où l’insécurité règne à tous les coins de rues.

- Aux Etats-Unis, des personnes sont expropriées faute de n’avoir pu rembourser un emprunt bancal.

- En Europe et dans le monde, le racisme, l’islamophobie et la xénophobie sont de plus en plus médiatisés et instrumentalisés pour un électoralisme de bas étage.

- En Europe, une grogne populaire grandit suite à l’annonce d’une cure d’austérité sur l’ensemble de la zone Euro et plus particulièrement en Grèce.

- En Europe, le taux de chômage officiel est au plus haut depuis la création de la zone Euro.

 

Et pendant ce temps, en Belgique, nos politiciens ergotent et font les beaux. Et bientôt ces mêmes politiciens devront assurer la présidence de l’Union Européenne !?

 

Elle est pas belle la vie ? Elle est pas belle notre démocratie représentative ?

 

MAIS

 

- Dans le monde, les banques sont en bénéfice et les actifs financiers sont en hausse.

 

DONC TOUT VA BIEN !

 

Mais le 13 juin 2010, l’ensemble des citoyens belges est appelé à voter. A voter pour des représentants qu’ils jugent indignes et inconséquents. A voter pour une démocratie dite représentative. Beaucoup sont dans l’expectative et ne savent absolument pas pour qui voter. On le serait à moins, vu l’état de délabrement de nos démocraties et l’état actuel d’organisation et de fonctionnement des scrutins : peu ou pas de couverture médiatique pour les petits parti, course à l’audimat et à l’arrivisme,  principe de tête de liste, sélection de candidat populaires (joueur de foot, ex-animateur télé) pour récolter des voix pour le parti, coalitions diverses et en tout genre, etc. Autant de manipulations qui ont pour unique fondement la particratie par la négation du vote censé refléter la volonté populaire. Non, messieurs les politiciens, le peuple n’est pas con, il est juste mal informé. Mal informé par qui ? Par vous-même qui courbez l’échine devant la puissance des lobbies économiques mondiaux qui nous gavent de pub et de produits aussi inutiles que débilitants.

 

Beaucoup de nos concitoyens pensent même ne pas voter ! Ce serait là une erreur incommensurable. Le vote est l’essence de la démocratie. Ne pas voter c’est accepter la puissance des lobbies et l’aveuglement des politiques. Tous les grands changements, toutes les grandes révolutions sont issues de la base. Et pour cause, tant qu’une grande partie de cette base n’est pas spoliée par les apparatchiks au pouvoir (économique, politique ou religieux) tout semble aller pour le mieux. Mais aujourd’hui, grâce à Internet, grâce à une certaine prise de conscience collective, la mondialisation n'est plus aussi heureuse qu'il n'y parait. Il est temps de nous éveiller, de nous soulever et de dire NON !

 

Comment dire NON dans l’état actuel de fonctionnement et de représentation politique ? Il faut dire non par un vote de contestation. Il faut donc...

1) Aller voter.

2) Ne pas faire un vote blanc.

3) Ne pas voter tête de liste (parti), voter pour des personnes.

4) Voter pour un petit parti.

5) Voter un petit parti mais pas n’importe lequel.

 

Ne pas voter pour le Parti Populaire de Madrikamen car il s’inscrit très clairement dans la même logique opportuniste de parti et dans le gain pour le gain. « Votez pour moi, c’est moi le plus beau, c’est moi le plus fort ! » Non ! La démocratie ce n’est pas cela. C’est autre chose qu’il faut encore inventer. Autre chose de plus en plus accessible et réalisable notamment avec les technologies Internet et l’organisation de consultations populaires.

 

Voter pour le Rassemblement Wallonie France ne résoudra en rien le problème de fond qui ronge nos sociétés. Nous serons alors le Xième département d'une république bananière avec un président qui dit tout et son contraire, l’archétype même du politicien narcissique prêt à tout pour qu'on parle de lui.

 

Voter Vivant qui, à mon sens touche le fond du problème et propose des solutions particulièrement innovantes. Malheureusement trop innovant et trop original Vivant s'est dilué dans la particratie (voir Wikipédia).

 

Non, pour un bon et réel coup de vote contestataire, PTB pourrait être un bon choix. Comme tous les autres, il s’inscrit aussi dans la logique de parti, il joue des coudes et finira probablement par ne plus écouter ceux qu’il prétend défendre (les travailleurs) MAIS il aura le mérite de shooter dans la fourmilière! De plus, c’est le seul parti qui propose un programme clair de financement avec notamment une taxation (faible) des hauts patrimoines et la nationalisation des banques. C’est aussi un parti uni qui possède encore son homologue en Flandre. Comme le disait un intervenant ce matin à la radio : « c’est la scission des partis qui a entraîné la scission de la Belgique, pas l’inverse. ».

 

Mais il existe aussi le Front des gauches créé il y a peu, témoignant d'une grande volonté et d'un formidable travail de cohésion et d'union face au rouleau compresseur de la droite. PTB n'a pas voulu s'asscier à ce Front, déjà la course à l'arrivisme!

 

Pour moi, il faut donc voter à gauche toute et, par la même occasion, affirmer que nous ne voulons plus de particratie et de consumérisme !

 

C’est donc avec force et conviction que je relaye ici la proposition du Mouvement Politique des Objecteurs de Croissance (MPOC). Un mouvement, pas un parti (ne figurera donc pas sur un bulletin de vote), qui souhaite initier une nouvelle ère dans laquelle la démocratie et la croissance économique (telle que définie actuellement) seraient au cœur du débat pour une perpétuelle et humble remise en question.

 

Les propos du MOPC me semblent néanmoins à ajuster avec le fait que cette crise institutionnelle Belge est tout sauf secondaire. Elle pose la question du vivre ensemble, base de la démocratie. Les récentes déclarations de Geert Bourgeois (ministre flamand des affaires intérieures) ou d’Annemie Turtelboom (ministre fédérale des affaires intérieures ! Eh oui, c’est la Belgique) ne font que confirmer le sentiment général anti-démocratique et séparatiste. Ceci, alors même que la Belgique prétend au poste de présidence de l’Union. Alors même que l’ex-premier ministre Belge, Herman VAN ROMPUY fraîchement « élu » président du conseil de l’Europe est à l’origine des velléités séparatistes de la Flandre. Alors même que la Belgique et l’Europe condamnent l’action Israélienne sans même se renseigner un peu sur les tenants et aboutissants de toute l’histoire. Oui, nous vivons des temps historiques.

 

Bref, voici donc la proposition du MPOC: http://www.objecteursdecroissance.be/action/index.htm

Élection du 13 juin 2010

Alors que la crise généralisée s'aggrave rapidement, les élections anticipées du 13 juin prochain consécutives à la bisbrouille des partis sur BHV tombent très mal et posent de nombreuses questions.

À travers deux lettres à envoyer au Président de la Chambre et au Président de votre bureau de vote, le Mouvement politique des objecteurs de croissance vous propose d'exprimer un point de vue qui consiste à souligner que cette élection anticipée résulte d'un problème de représentation politique sérieux et que, loin d'y remédier, elle ne peut que le renforcer. Ces élections anticipées constituent une mascarade politique.

Pour plus de précisions sur la position du Mouvement à ce sujet, lire la Position du mpOC sur les élections anticipées du 13 juin 2010.

Lettre au Président de la Chambre

Lettre modèle (document RTF, pour tout traitement de texte)

Après l'avoir modifiée à votre guise et signée (les parties en rouge sont à remplacer par vos données personnelles), vous pouvez la transmettre à l'intéressé par courrier postal ou électronique. Pourquoi au Président de la Chambre ? Il est le porte-parole du Parlement et il conserve ce titre jusqu'à la nomination du prochain Président de la Chambre. L'article 5 du règlement de la Chambre prévoit en outre que « Le président donne connaissance à la Chambre des messages, lettres et autres envois qui la concernent, à l'exception des écrits anonymes », ce qui en fait la personne toute désignée pour recevoir l'expression citoyenne et en faire état au prochain Parlement.

Le Président de la Chambre est actuellement Patrick Dewael (Open VLD), son adresse : Patrick Dewael, Président de la Chambre des représentants, Chambre des représentants, 1008 Bruxelles (patrick.dewael@dekamer.be).

Lettre au Président du bureau de vote

Lettre modèle (document RTF, pour tout traitement de texte)

Après l'avoir modifié à votre guise et signé, nous vous invitons à remettre ce document au Président de votre bureau de vote et à lui demander d'en mentionner la réception dans le journal de bord du bureau. Si vous décidez de ne pas aller voter, pour ne pas rester muet face à un évènement qui vous déplaît, transmettez tout de même votre opinion au président du bureau de vote !

Suivi et soutien de l'action

Pour le bon suivi de l'action, merci de nous indiquer si vous y participez en nous le signalant par mail à l'adresse : 13juin@objecteursdecroissance.be. Vous pouvez également nous faire parvenir une copie papier des lettres que vous aurez envoyées aux personnes précitées à l'adresse du Mouvement politique des objecteurs de croissance : mpOC, rue Basse-Marcelle 26, 5000 Namur.

Nous vous invitons également à faire suivre ces propositions de lettres dans vos réseaux, de sorte que l'action puisse être reprise par toute personne intéressée.

 

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 21:50

FRIOT-retraites.gifLes retraites, on en parle beaucoup pour le moment (surtout en France alors qu’en 2007, Sarkozy disait que leur financement était assuré jusqu’à l’horizon 2020). Beaucoup pensent que c’est un réel problème. Et si nous écoutions Bernard FRIOT qui vient de publier un livre intitulé « L’enjeu des retraites » aux éditions La dispute?

 

La démonstration de la nocivité de l’accumulation financière, qui n’a entraîné aucune croissance de l’investissement mais contribué fortement à la bulle spéculative, n’empêche pas les réformateurs de continuer à préconiser l’épargne retraite avec deux arguments.

1) Le premier est « l’équité intergénérationnelle » : les droits à pensions que se constitue la génération aujourd’hui au travail seront une charge excessive pour la génération future (Non ! Par contre, les droits institutionnels à créer du crédit à rembourser avec intérêts que constitue la génération aujourd’hui seront une charge excessive pour la génération future! Ndlr). Il faut donc que chaque génération, au moins partiellement, finance ses propres pensions par de l’épargne qui sera liquidée lors de son entrée en retraite.

2) D’autant plus que – second argument – le travail va manquer relativement aux besoins à satisfaire (on reconnaît là la rhétorique du « problème démographique »), et nous serons heureux lorsque viendra la disette d’avoir épargné des fonds que nous pourrons alors liquider pour compenser le déficit en travail.

Ces deux arguments sont faux.

(…)

Le raisonnement selon lequel le recul de la part des actifs occupés rendra impossible le financement des retraites en répartition est aussi absurde que si l’on avait prédit au début du 20ème siècle la famine pour la France du 21ème parce que la part des paysans allait se réduire à moins de 3% de la population. Depuis plus de soixante ans, nos régimes de pension par socialisation du salaire nous montrent que nous avons assumé sans aucun problème une croissance du poids des pensions dans le PIB très supérieure à sa croissance future. Au cours des cinquante dernières années, les pensions sont passées de 5% à 12% du PIB (en France), alors qu’au cours des cinquante prochaines, elles devraient passer de 12% à 20% si l’on supprimer les réformes menées depuis 1987 : le poids de pensions a été multiplié par 2,4 de 1950 à 2000, il devrait l’être par 1,7 seulement d’ici 2050. A moins de fonder les calculs sur une perspective de stagnation du PIB ce qu’aucun des réformateurs ne fait, cette décélération (alors que le discours du choc démographique suppose une accélération fantasmée) signifie évidemment une plus grande facilité demain à absorber la hausse du poids des pensions, alors même qu’elle l’a été sans difficulté jusqu’ici. Cette facilité s’explique simplement : le PIB doublant de volume tous les quarante à cinquante ans, la progression plus rapide d’un de ses éléments s’accompagne de la progression, et non pas de la régression, de la richesse disponible pour les autres composantes. Dans un PIB qui augmente, il n’y a pas besoin de déshabiller les actifs pour habiller les retraités.

(…)

La monnaie déposée pour l’épargne sert à acheter des titres financiers qui n’ont en eux-mêmes aucune valeur. Mais - et c’est l’origine de la croyance dans leur capacité à congeler de la valeur - ils sont des titres de propriété dotés de droits à valoir sur la monnaie en circulation le jour où ils seront liquidés. Si la monnaie ne préexiste pas à cette transformation des titres en monnaie, les titres ne valent rien. Or c’est le travail courant (ici et maintenant. Ndlr) qui rend possible cette création de monnaie préalable à la liquidation des titres. Autrement dit, à supposer que les retraites soient assurées par l’épargne des fonds de pensions, la vente de titres nécessaire à la transformation de l’épargne en pensions en 2040 sera fonction de la monnaie dont disposeront alors les actifs désireux de les acheter pour se constituer eux-mêmes des droits. Cette monnaie sera l’équivalent de ce qu’ils auront produit par leur travail de l’année 2040. Dans ce cas, l’épargne ne sert à rien puisque les actifs auraient pu affecter à un régime en répartition cette monnaie utilisée pour acheter des titres (pourquoi capitaliser pour demain - mode égoïste - alors que nous pourrions socialiser pour aujourd’hui - mode solidaire?! Ndlr). Qu’on soit en répartition ou en capitalisation, c’est toujours le travail de l’année qui produit la richesse correspondant à la monnaie qui finance les pensions de l’année (ce n’est pas notre épargne qui s’occupera de nous en 2040 mais bien le travail et le temps des infirmières, des kinés, des restaurateurs et des proches en 2040 ! Ndlr). L’épargne ne peut donc en aucun cas être un substitut du travail, ni permettre à chaque génération de financer ses pensions.

 

La promotion de l’épargne repose en réalité sur deux choses.

1) D’une part, la propriété de titres (capitalisation) permet de ponctionner de la monnaie sur le travail du monde entier, alors que la répartition est réduite à l’espace national des règles politiques du droit du travail : magie du raisonnement impérial.

2) D’autre part, comme le rendement des titres est, hors les situations de crise financière aigüe,  supérieur au taux de croissance, la rente progresse plus vite que les salaires et donc que les cotisations pour la retraite, qui progressent moins vite que le taux de croissance: faire valoir, en faveur de la capitalisation, qu’il est plus rentable d’épargner que de cotiser, c’est avouer très ingénument que toute épargne retraite est un vol sur le travail d’autrui, et qu’il est infiniment plus rentable d’avoir un portefeuille de titres que de travailler.

 

Promouvoir la propriété d’usage suppose de s’attaquer à la propriété lucrative, dont la pension comme salaire continué montre l’inutilité. La propriété lucrative est défendue par les réformateurs au nom de l’investissement, qui suppose, disent-ils, des investisseurs. Or qu'est-ce qu'un investisseur? Le discours courant, soigneusement entretenu par le discours savant, dit qu’il apporte un indispensable capital. Rien n’est plus faux. Un investisseur n'apporte rien. Un investisseur qui « apporte » par exemple un million d'euros pour une entreprise n’a pas un million d'euros en billets dans une valise, pas plus que les titres dont il est porteur ne sont dotés, par une curieuse métaphysique, d’une quelconque valeur : ce sont des titres de propriété lucrative qui vont lui donner le droit de ponctionner un million sur la valeur attribuée au travail d’aujourd'hui. Un investisseur est un parasite qui a le droit de ponctionner une partie de la valeur de la production contemporaine pour transformer les producteurs ainsi expropriés en forces de travail et les contraindre à produire les marchandises qu’il a décidé de produire, bref à travailler sous le joug de la valeur travail. Un investisseur nous vole et nous aliène dans la même opération.

 

Dans l’expérience réussie de la cotisation vieillesse (tout le monde cotise aujourd’hui pour les personnes âgées d’aujourd’hui, Ndlr), on a la démonstration à grande échelle de l’intérêt qu’il y a à se passer d’investisseurs financiers. Cette cotisation est la façon d’assurer sans épargne des engagements massifs et de long terme, comparables à l’investissement. Sur le modèle de la cotisation sociale, on peut parfaitement financer sans épargne l’investissement. S’il est possible de financer la pension au plus grand bénéfice des régimes et des pensionnés sans aucune logique d'épargne et de prêts, il est possible de financer l'investissement de la même façon en affectant une cotisation économique au salaire (de l'ordre de 35 % du salaire brut), prélevée sur la valeur ajoutée comme les cotisations sociales ou le salaire direct. Cette cotisation serait collectée par des caisses d’investissement qui financeraient sans taux d'intérêt, puisqu'il n'y aurait pas d'accumulation privée du capital. Accumulation financière, crédit bancaire, prêt à intérêt, bourse, toutes ces institutions peuvent être remplacées en transposant pour le financement de l'investissement l'expérience de la cotisation sociale, ce qui est évident puisque tout investissement est financé sur la production courante. La cotisation sociale a débarrassé notre quotidien individuel des usuriers, la cotisation économique débarrassera notre quotidien collectif de la bourse et des banquiers.

 

Bernard FRIOT insiste enfin sur la qualification et la nécessité d’une vision forte du salaire comme institution proprement politique.

 

La qualification (et donc le salaire qui va avec) est un attribut de la personne, elle ne peut pas lui être retirée et elle ne peut que progresser au cours de la vie. La qualification et donc notre salaire ne doivent plus dépendre des décisions d’employeurs sur le marché du travail mais doit faire partie d’un droit institutionnel politique inaliénable au même titre que le droit de vote.

 

Je conseille de lire l’ensemble du document introductif (15 pages) de son livre.

 

Si seulement nos grands conseillers et économistes pouvaient s’inspirer de personnes comme Bernard FRIOT, Claude BELAN ou Michael ALBERT. Evidement cela implique un tour de force qui replacerait le politique à la place qui lui revient. Un politique fort et uni qui ne croit pas ou plus en une gestion optimale des marchés (des oligopoles) en aliénants ses droits et ses devoirs. C’est la grande faiblesse de l’Euro. Un Euro qui s’est vendu corps et âme aux forces obscures et égotiques d’une finance mondialisée.

 

Pas d’amalgames. Pas ou moins de croyances dogmatiques. Pas d’inversions. Juste des hommes qui cherchent humblement (ils essayent) des alternatives au TINA de Thatcher. Allez voir du côté d’ALOE, PARECON ou Appropriate Economics et pourquoi ne pas dépasser ses préjugés pour aller voir aussi du côté du M-PEP ou du Carré-Rouge ?

 

N’écoutez pas ce qui se dit.

Ce n’est pas la fin du monde, c’est juste la fin d’un monde…

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 00:03

 

http://img.over-blog.com/310x500/2/62/13/53/EXPOVACCIN-2/COMPLOT-MONDIAL-SANTE.jpgLa fameuse campagne de vaccination contre la pandémie de grippe H1N1 n’a pas fini de faire parler d’elle. Du moins dans les médias alternatifs.

 

* Grippe H1N1: la France exprime sa solidarité avec l'OMS (entre crapules!!!)

* Baxter admet avoir transmit des souches du virus H1N1 (contre lequel ils conçoivent des vaccins) à des sous-contractant.

* Enquête parlementaire sur les liens entre experts, labos et politiques dans la gestion de la grippe A H1N1?

 

En Belgique, c’est le collectif Initiative Citoyenne (noyau de 3 femmes) qui s’est mobilisé.

 

Aujourd’hui, ce collectif a besoin de nous pour lancer une nouvelle action en justice et dénoncer le contrat qui lie le gouvernement Belge à la firme pharmaceutique GSK (publié sur 3 pages dans le journal Le Soir du 5 mai 2010). Un contrat qui fait penser à la crise économique et financière que les grecs subissent de plein fouet (dont les fondements démocratiques sont allègrement contournées) : privatiser les bénéfices et socialiser les pertes, au détail près que dans le cas du présent contrat il s’agit non seulement de socialiser les pertes financières mais aussi les pertes humaines (intrinsèquement impossible, puisque tout l'or du monde ne vaut pas la vie d'un seul insecte).

 

L’ensemble du contrat entre GSK et l’Etat Belge est téléchargeable ici. Point besoin de recherches approfondies comme dans l’inimitable traité de Lisbonne aussi tarabiscoté qu’inconsistant, ici tout est noir sur blanc dès la table des matières : un rapide coup d’œil aux points 12 et 14 des pages 22 et 23 donne une très bonne idée de ce que GSK appelle Limitation de responsabilités. Grosso modo ça se résume en « tout pour vous, rien pour nous » ou encore « c’est nous qui merdons mais c’est vous qui payez les pots cassés ». Exactement ce qui se passe en ce moment avec la crise financière et tout le reste dans les années à venir si nous continuons à gober la bouche ouverte le vent médiatique dominant.

 

Que faire pour aider initiative citoyenne? AVANT LE 28 MAI 2010 (reste 3 jours)!


Prendre un bic et une feuille (ou sur votre PC copié-collé) et écrire :

 
Je soussigné(e)………………………………………résidant à………………………………………………………(rue et numéro)……………………………(code postal & localité)

confirme par la présente mon souhait de figurer parmi les signataires de la future plainte pénale relative à l’affaire de la grippe A/H1N1. J’ai conscience que cette plainte restera fidèle en tous points à la philosophie du collectif Initiative Citoyenne. Je précise que la signature du présent document ainsi que tous les éventuels coups de mains ou dons à Initiative Citoyenne sont volontaires et ne résultent nullement de pressions financières, physiques ou morales. Je joins à ce document, une photocopie recto-verso de ma carte d’identité.


Date : / / Signature :

--------------------------------------------------------------------------

Le tout à envoyer à :
Muriel Desclée
22rue de Gesves
5340 Faulx-Les-Tombes

Ps : la copie de carte d’identité c'est uniquement pour se prémunir contre toute plainte en retour contre l'usage de faux et faux en signatures…

 

 

N'ayez pas peur. Les collègues de Josey Aimes avaient aussi peur...

 

Mais à un tel niveau, la justice peut-elle quelque chose ? Ne fait-elle pas aussi partie du système (Cfr. l'affaire Fortis et bien d'autres)? Ce n’est pas Erin Brockovich, ni Monsanto contre un groupe de citoyens, il s’agit d’un cartel pharmaco-financier contre la population mondiale et pour la première fois de manière aussi évidente contre la population occidentale. Concernant le tiers-monde, c’est monnaie courante mais ça ne nous a jamais mobilisé. Trop loin. Trop peu concerné. Trop décentré… Le film The Constant Gardener n’est pourtant pas loin de la réalité. Heureusement, depuis peu, mondialisation carnassière oblige, le centre nombriliste occidental commence à être touché : Twin Towers, H1N1, crise économico-financière. Haro sur le baudet ! Que se passe-t-il ? Tout semblait si bien tourner ? Eh oui, le hic c’est que toute cette richesse apparente (iPod, bagnole, home cinéma) se fait toujours au détriment d’autres (les hommes, la terre, la vie) ailleurs (espace et temps) sur la planète.

 

Ce genre de cartel existe aujourd’hui dans tous les domaines : santé, alimentation, textile, cosmétique, matières premières (or, cuivre, uranium, pétrole, coton, hevea, bois), armes, drogue, etc. Rien à voir donc avec la noble et liturgique « concurrence libre et non faussée » (Cfr. DOGME6). Ces cartels sont aussi puissants qu’aveugles car mu par un seul et unique objectif qui consiste à accumuler le plus possible d’un concept abstrait nommé monnaie, argent ou pognon auquel on a donné tous les pouvoirs, même celui de faire des petits tout seul!

 

Pour en revenir à l’aspect sanitaire, une certaine Claire Séverac à mené sa petite enquête. A l’image de Marie-Monique Robin concernant Monsanto, Claire s’est attelée à démystifier cette campagne phobique de vaccination. Claire, une femme, comme Marie-Monique, comme Erin Brockovich, comme Josey Aimes, comme Vandana Shiva (alimentation), comme Wangari Maathai (forêts), comme Rima E Laibo (codex Alimentarius). Toujours des femmes. Souvent des femmes. Les femmes gardiennes de la maison, de l’oikos et du nomos le droit, la culture. Des femmes plus sensibles qui ont compris que le monde est régi par des forces trop Yang, trop dominatrices, trop masculines. Les hommes eux s’intéressent à notre chère monnaie patriarcale : Patrick Artus, Jean-Marie Harribey, Frédéric Lordon.

 

 

Tout le texte ci-dessous est tiré du lien http://artdevivresain.over-blog.com/article-veulent-ils-vraiment-notre-peau-50735615.html

 

"Le déclencheur ça a été ce qui se passait sur la grippe H1N1 j'ai trouvé que là, ils nous prenaient vraiment pour des imbéciles et que ce n'était pas supportable. Mais il ne suffit pas de crier, il faut aussi chercher les preuves. Donc je me suis embarquée dans quelque chose que je croyais relativement simple et, en fait, c'est une pelotte d'intrigues, c'est un vrai polar. C'est une pelotte d'intrigues de gens qui touchent, d'experts qui sont achetés, de politiques qui ferment les yeux, de multinationales qui font leurs choux gras sur notre crédulité. Et donc quand on rentre là-dedans, c'est un truc incroyable. Donc, voilà, j'ai mis des mois et des mois à essayer de démêler une partie de l'écheveau." 

 

"Personnellement, j'ai trouvé la réponse qui fait que j'ai commencé, à mesure que j'écrivais ce livre, à changer complètement de vie. Parce que ce sont des prises de conscience qui font très mal mais ce sont des évidences, parce que j'ai recherché tous les documents, les documents du Sénat, les documents de la Commission européenne, les communiqués des laboratoires, les procès intentés par Monsanto et  par les agrochimistes. J'ai retrouvé les documents originaux. Donc, effectivement, quand tu as les preuves sous le nez... Au début, quand on commence les recherches, l'on se dit "ce n'est pas possible", "j'hallucine", "je suis folle", "je n'ai pas compris", "c'est trop gros!"."

 

"Il y a aussi beaucoup de gens, sur le net, qui parlent de complot et qui vont très, très loin. Je ne peux pas aller aussi loin, je ne sais pas s'il y a vraiment une vélléité d'eugénisme et de tuer une partie de la population mondiale parce qu'on est trop nombreux, ça c'est des thèses qui vont très loin. Je ne sais pas si c'est vrai, je n'ai aucune preuve là-dessus."

 

"Ce que je sais, c'est qu'ils se foutent royalement de ce qui peut nous arriver à partir du moment où ils remplissent leurs caisses, ça c'est clair".

 

"Ce qui fait que nous, lorsque l'on est "citoyen normal", l'on ne comprend pas très bien pourquoi telle décision, pourquoi on nous pousse à la vaccination, pourquoi quand on sait qu'un médicament est mauvais ou qu'un pesticide est cancérigène, il continue à être vendu. On apprend des tas de trucs complètement aberrants. Le purin d'orties est interdit en France. On peut avoir une amende et même de la prison si on fait du purin d'orties, alors que c'est un truc naturel, et, par contre, les pesticides sont autorisés. Les OGM, ils ont fait passer une loi avant, qui est l'"équivalence en substances", qui fait que l'on n'a pas besoin d'étiqueter quelque chose quand il comprend un OGM, mais, par contre, si un agriculteur ou un éleveur dit que son lait ne contient pas d'hormones, ou que sa semence ne contient pas d'OGM, il se fait attaquer, parce qu'on n'a pas le droit. C'est assez bizarre!"

 

"Toutes les lois sont faites pour protéger les multinationales et pas les citoyens. [...] Oui, j'ai fini par reprendre le terme de complot,  parce que je pense qu'il y a REELLEMENT un complot, parce que, comme on le dit dans l'armée américaine, "une fois, c'est un hasard, deux fois c'est une coïncidence, trois fois c'est UN COMPLOT". Quand tu fais trois fois la même connerie, c'est plus une connerie, c'est voulu, sinon tu ne la refais pas. Au bout du bouquin, l'on ne peut pas dire autrement,  au bout de l'enquête, on ne peut pas dire autre chose que: SI CE N’EST PAS UN COMPLOT, C’EST UNE BANDE ORGANISEE, PIRE QUE LA MAFIA, qui organise tout de A à Z, pour se faire du fric, à grande échelle.

 

"Je l'ai appelé sciemment le "complot" à la fin, en sachant vraiment ce qui m'attendait, parce qu'effectivement les médias préfèrent rejeter en bloc la "théorie du complot", parce que c'est confortable de ne pas avoir à enquêter et de ne pas avoir à se poser des questions.

 

Et puis, il y a quand même aussi beaucoup de journalistes, qui sont mouillés. Ce n'est pas la majorité, mais, enfin, tu les vois très rapidement quand tu fais une enquête."

 

"D'abord, ça ne se passe pas que dans les médicaments ou que dans la médecine, c'est la même chose avec les pesticides, la même chose avec l'élevage... Enfin, c’est le même plan appliqué PARTOUT. C'est à dire: "on n'en a rien à foutre de détruire les écosystèmes, on n'en a rien à foutre de détruire la nourriture, la santé... De toute façon, plus ils détruisent, plus on est clients de leurs substances."

 

C'est un livre qui raconte simplement ce qui se passe en s'appuyant sur des preuves irréfutables, parce qu'elles sont à la portée de tout le monde, sur Internet ou en allant fouiller sur les sites des organisations et des institutions de santé."

 

"Il faut commencer à dire: NON! Non, on n'achetera pas de produits contenant des pesticides, Non on n'achètera pas des produits qui ont trois fois plus que nécessaire de sel ou de sucre. [..]

 

Ne pas se laisser avoir par leur campagne, en laquelle ils viennent, la main sur le cœur, nous dire: "il faut absolument vous faire vacciner". En plus, c'est dégueulasse, parce que souvent  ils disent "si ce n'est pas pour vous, faites leur pour protéger vos proches. Quelle est la mère qui n'a pas envie de protéger son enfant? Donc, c'est quand même limite quoi! Quand on regarde, en plus, ce qu'il y a dans les vaccins, etc., etc., etc...

 

Voir aussi

Expovaccins

Pharmacritique

Info Michel Dogna

Votre Sante

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 01:23

 

http://cyberechos.creteil.iufm.fr/cyber5/histoire/hisport/louis14.jpg

La constitution fictive d’un fond de garantie de 500 milliards d’euros (les 250 supplémentaires viennent du FMI) aurait pu être une bonne parade si et seulement si les Etats Membres de la Zone Euro avaient coupé le cordon mafieux qui les relie aux banques et au monde financier. Malheureusement, cela fait un bon bout de temps qu’une majorité d’Etats ne se financent plus seuls mais doivent passer par un pouvoir bancaire, dit indépendant et intègre, pour obtenir un prêt. Comme le prétendent les tenants de l’indépendance bancaire, on ne badine pas avec l’argent, seules des personnes bien avisées peuvent le gérer. On constate le résultat aujourd’hui.

 

Un Etat se finance donc en émettant des obligations d’Etat ou bons du trésor sur un marché dit primaire accessible à tout investisseur qui souhaite faire un placement d’Etat. C’est donc bien des opérateurs privés (Gates, Sorros, Slim ou tout consortium ou montage financier privé) qui prêtent de l’argent aux Etats (le peuple, le public). Cela ne poserait absolument aucun problème si cet argent était prêté gratuitement. Mais il n’en est rien, les Etats (le peuple) doivent payer une dîme (un intérêt) aux seigneurs financiers. Nous sommes encore sous un régime féodal qui croit encore dans l’équivalent Or et qui fait payer la monnaie. Une monnaie qui n’est qu’un vulgaire symbole communément admis par une communauté. Un symbole qu’il faut payer à ceux qui le possèdent pour pouvoir échanger ??? Voilà où en est l’humanité « développée » du XXIème siècle.

 

Tout bon d’Etat refusé sur le marché primaire, se retrouve sur le marché secondaire ou marché d’occasion. Les bons d’Etats, comme tout le reste (matière première, nourriture, monnaie), font partie du marché, ils sont jaugés, évalués et font l’objet d’offres et de demandes. Les bons d’Etats sont cotés par des agences de notation. Les chemins de fer, les écoles, les hôpitaux, nos maisons font partie du marché et du bon vouloir de la finance.

 

C’est ici qu’intervient notre brave et honnête Papandreou qui, comme tout bon politicien, a critiqué son prédécesseur en dénonçant ses pratiques comptables douteuses. Malheureusement pour lui, ces pratiques étaient tacites et permettaient à la Grèce de faire partie de l’Euro. C’est alors que la cote des bons d’Etat grecs est revue à la baisse par les agences de notation: de solides elles passent à moyennes puis carrément pourries. Une dégradation en tout point similaire à celle des subprimes trois ans plus tôt. La seule différence entre la crise des subprimes et la crise grecque est le fait qu’il s’agit d’individus ciblés dans la première et d’un peuple dans la seconde. Mais dans les deux cas, il y a défaut de payement de la présumée vache à lait et les prêteurs s’en trouvent bien désargentés. C’est la crise !

 

La crise pour qui ? Les prêteurs ou les emprunteurs ? Les prêteurs n’ont-ils pas prêté leur argent en connaissance de cause ? (Pas toujours dans le cas des subprimes mais les magouilleurs de première ligne sont bien au courant). Les prêteurs ignorent-ils que quand les taux d’intérêts sont élevés, cela cache quelque chose ? Si vous prêtez attention à la grille de cotation des agences de notation vous remarquerez que plus la cote est basse, plus le risque est élevé et plus le taux d’intérêt réclamé lors d’un prêt est élevé. Si le risque se matérialise, si l’emprunteur fait effectivement défaut, qui du prêteur ou de l’emprunteur doit payer les pots cassés? Conscient du risque, le prêteur devrait assumer une partie des pertes. Idéalement la moitié. Eh bien, depuis la crise des suprimes en 2007, toutes les mesures adoptées couvrent le prêteur et coulent l’emprunteur. Il y a bien sûr de belles et tonitruantes déclarations d’intentions mais dans les faits, rien ne change. En cœur, nos oligarques Européen reprennent et appliquent toujours l’indémodable maxime de Colbert (argentier de Louis XIV) : « Sire, taxons les pauvres, ils sont plus nombreux ».

 

Alors aujourd’hui, de deux choses l’une :

* Soit on continue sur cette voie en saignant l’emprunteur (le peuple) en lui imposant une cure d’austérité draconienne. On sacque dans les services publics (enseignement, pension, santé, conditions de travail), on baisse les salaires, on augmente les impôts tout en le poussant incidieusement à la consommation ?! (il faut de la croissance)

 

* Soit on accepte de revoir nos fondamentaux tout en taxant les plus gros patrimoines pour rééquilibrer la balance budgétaire des Etats.

 

La raison pour laquelle nos Etats ont toujours soutenu le prêteur (le capitaliste) au détriment de l’emprunteur (le peuple) tient essentiellement du dogme et d’un puissant rapport de force.

 

La fameuse indépendance bancaire aux mains du marché tient du dogme. Merci FRIEDMAN.

Le fameux « Too Big To Fail » ou « aléa moral » tient du rapport de force. Merci PAULSON.

 

L’Europe creuse le même sillon que les Etats-Unis…

Dans la course à la bêtise humaine, qui du dollar ou de l’euro l'emportera ?

 

Pour terminer, le discours de MIRABEAU devant l’assemblée constituante en 1789.

 

" Il faut le combler, ce gouffre effroyable. Eh bien ! Voici la liste des propriétaires français. Choisissez parmi les plus riches, afin de sacrifier moins de citoyens ; mais choisissez ; car ne faut-il pas qu’un petit nombre périsse pour sauver la masse du peuple ? Allons, ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. Ramenez l’ordre dans vos finances, la paix et la prospérité dans le royaume (...). Vous reculez d’horreur... Hommes inconséquents ! Hommes pusillanimes ! Et ne voyez-vous pas qu’en décrétant la banqueroute, vous vous souillez d’un acte mille fois plus criminel ? (...) Croyez-vous que les milliers, les millions d’hommes qui perdront en un instant, par l’explosion terrible ou par ses contrecoups, tout ce qui faisait la consolation de leur vie, et peut-être leur unique moyen de la sustenter, vous laisseront paisiblement jouir de votre crime ? Contemplateurs stoïques des maux incalculables que cette catastrophe vomira sur la France, impassibles égoïstes, êtes-vous bien sûrs que tant d’hommes sans pain vous laisseront tranquillement savourer les mets dont vous n’avez voulu diminuer ni le nombre ni la délicatesse ? Non : vous périrez."

 

Discours toujours d’actualité ? Sommes-nous aux portes d’un 1789 Européen et Américain ?

Dixit Noam CHOMSKY aux Etats-Unis «La situation actuelle est très similaire à l’Allemagne de Weimar».

 

Autres articles intéressants :

Rassurer les marchés financiers et les spéculateurs ou les démanteler ?

Une occasion manquée (sur www.robin-woodard.eu et pas Paul JORION)

750 Milliards : chroniques d’une fin non annoncée

Sauver les banques jusqu’à quand ? (Frédéric LORDON)

Sauver les banques ou notre civilisation? (Junon MONETA, article datant de 2008. Aujourd’hui rien n’a changé, nous avons déjà perdu 2 ans à grand coup de rigueur budgétaire et de destruction du bien commun et des grands acquis sociaux !)

 

Je ne mentionne pas Paul JORION car il pratique une politique de censure anti-démocratique sur son blog. De plus lorsqu'il reprend un article, il mentionne bien qu'il s'agit d'un billet invité mais il ne précise jamais sa source initiale. Un moyen simple et efficace pour attirer du monde et qui en fait un des blogs les plus fréquentés de la blogosphère... Trop concentré, trop peu démocratique, trop «Too big to fail»... J'ai cependant repris le titre de ce billet du titre d'un commentaire d'un certain zébu publié le 12 mai 2010 à 9h54 et que je remercie.

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 00:05

Ce week-end, les pays membres de l'Union européenne ont décidé d'un plan d'aide d'un montant colossal de 750 milliards d'euros. La Banque centrale européenne fait également un geste en acceptant d'intervenir pour soulager le marché de la dette en zone euro.

L'UE s'accorde sur une aide financière de 750 milliards d'euros

 

ministre-économie

 7 pantins (de la Haute Finance) décident du sort de l'Europe


Après les déclarations tonitruantes du gnome français et de sa copine allemande qui disent vouloir couper court aux spéculations, les valeurs bancaires et de l’assurance s’envolent , Le Bel 20 signe sa 4e plus forte hausse: +9,4%, Les pertes de la semaine dernière presque effacées , Les marchés enthousiastes sur le plan anti-crise européen

 

Et Miss Lagarde (ministre de l'Economie en France) très fière de nous annoncer :

« Il y a une détermination à construire un nouvel édifice, à réinventer le modèle européen »

 

£ Alors que nos Etats castrés se font déjà dévorer tout cru par une Haute Finance sans scrupules, ils n’ont rien trouvé de mieux que de leurs offrir l’ensemble des Etats de la zone Euro comme garantie.

 

$ Alors que les marchés s’en prennent aux Etats, nos Eurocrates nous font croire à la défense en empruntant à ces mêmes marchés !

 

€ Alors que l’Europe se fait attaquer à l’arme lourde par une mafia financière, elle ne trouve rien de mieux que de lui demander de se calmer en lui offrant la bombe atomique.

 

Mieux que le Christ : « si quelqu’un te frappe avec une batte de baseball, offre lui un canon »

 

Après la faillite des banques, des assureurs puis des Etats, on prépare celle d’un continent ! La démesure et les inégalités vont atteindre des sommets.

Gates, Buffet, Slim, Sorros, Mittal à droite et le reste (6,7 milliards d’individus) à gauche...

Lire : Polarisation des richesses

 

Le plus affligeant, c’est qu’une bonne partie de la gauche souhaite aller vers la droite et raisonne comme la droite (travailler plus pour gagner plus, moins d’impôts, combattre l’inflation, des banques indépendantes, de la croissance svp !)

 

Affligeant, désolant, hallucinant…

 

Alors qu’il serait si simple de couper les ailes de ces charognards financiers.

 

£ Séparer les banques de dépôt, des banques d’affaires et des banques de crédit à long terme et à moyen terme => réinstaurer le Glass-Steagall act.

Lire : Mettre les banques au pas et redonner le la

 

$ Interdire la pratique d’artifices financiers tels que les subprimes, titrisations et effets de leviers

Lire : Subprime, Titrisation, Effet de Levier: 3 ingrédients des dérives de la finance

Quand la Belgique dit « aider » la Grèce, elle ne fait qu’emprunter à 3,5% pour prêter à 5%. Elle « aide » donc en se mettant 1,5% en poche. Idem pour les banques ou tout prêteur sur gage qui emprunte bas pour prêter haut et/ou emprunte long pour prêter court et/ou alloue des crédits risqués pour les revendre en prétendant qu’ils sont sans risques. Toute notre économie est fondée sur le crédit.

Lire : Emprunter pour manger

 

¥  Fermer la bourse. Puisque ce que les actionnaires extorquent aux entreprises (en dividendes et en rachat d’actions) finit par l’emporter sur ce qu’ils leur apportent, de sorte que ce n’est plus la Bourse qui finance les entreprises mais les entreprises qui financent la Bourse.  

 

£ Mettre en place une sérieuse réforme monétaire selon les modalités proposées par James ROBERTSON en usant par exemple du principe de la politique simultanée proposée par John BUNZL.

   

€ Organiser et faciliter la mise en place de monnaies alternatives telles que proposées par Bernard LIETAER ou Margrit KENNEDY. Des monnaies Business to Business pour sauver les petites entreprises et les PME. Des monnaies complémentaires pour permettre aux gens de faire valoir des savoir-faire et des services non reconnu par le système totalitaire actuel. Des monnaies sociales pour recréer des liens et de l’échange.

 

Tout cela existe depuis belle lurette. Tout cela se trouve sur les bureaux de nos décideurs. Mais ils n’en font rien.

 

Formatés par les plus hautes écoles, embourbés dans l’égo et fiers de dominer, ils professent sous hypnose du son caverneux de la pompe à Phynance

 

En fait ils sont issus de la pompe. Ce sont des enfants de la pompe. Chaque jour apporte son lot de délit d’initié. Un jour shérif, un jour gangster.

 

£ Nous l’avons constaté pour le virus H1N1 où certains responsables de l’OMS alarmiste faisaient partie des grandes firmes pharmaceutiques produisant le vaccin antigrippe.

 

$ Marie-Monique ROBIN l’a très bien mit en évidence pour Monsanto et la Food & Drug Administration censée légiférer et réglementer sur les questions de sécurité environnementale et de risque sanitaire.

 

Et nous le constatons aujourd’hui clairement entre le secteur bancaire et celui de l’Etat supposé le réglementer. Hier administrateur d’un grand groupe ou membre du conseil des gouverneurs d’une banque, demain ministre de l’économie et des finances. Hier directeur de Goldman Sach, demain secrétaire d’Etat au trésor des Etats-Unis.

Lire : OBAMA au pays des « portes tournantes » de la Haute Finance Américaine

 

Enfin, heureusement que tout ça n’est que du pipeau.

 

Et à propos de démesure, une petite (re)lecture de cette page (Argent et Intérêts) peut s’avérer utile.

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 16:31

A Christian ARNSPERGER,

 

logo_livre_rodolphe.jpegLa réception d’une invitation par l’association Philosophie & Management à une séance publique de clôture sur le thème «Qu’avons-nous appris? Que faire lundi matin ?» le jeudi 6 mai me laissa particulièrement perplexe : « comment concilier Management et Philosophie dans le paradigme actuel ? Ne sommes-nous pas en plein oxymore si bien dénoncé par Serge LATOUCHE ? ». La philosophie elle-même n’est-elle pas influencée par les courants de pensée, les aléas et grandes croyances du moment (Malthusianisme, Maccarthysme, Marxisme, etc) ?

 

Ce qui m’a poussé à m’inscrire à cette séance de clôture est cette phrase figurant sur la page d'inscription à cette séance publique: « livre qui a guidé notre cycle de séminaires et conférences cette année ». Le livre en question étant le formidable, magistral et atrocement lucide «Ethique de l’existence post-capitaliste» de Christian ARNSPERGER.

 

Ma réflexion fût la suivante : «Si Christian ARNSPERGER participe à ce genre de rencontre et si c’est effectivement ce livre qui a guidé les multiples séminaires de Philosophie et Management, ça doit peut-être valoir la peine d’y aller».

 

Car en fin de compte, n’est-ce pas Christian qui m’a fait découvrir Marc FLEURBAEY en citant son livre à de multiples reprises dans le sien (Ethique de…) et dont le titre « Capitalisme ou démocratie ? » est assez proche de celui de ce blog.


Tout d’abord, il s’agit de soustraire le travail humain au marché. Le travail salarié est une injustice structurelle qui précipite quotidiennement des centaines de millions de personnes de par le monde dans des tâches sans autonomie, dictées par les porte-parole des détenteurs de capitaux. La gauche ne peut pas accepter l’aliénation salariale. La seule solution est de promouvoir la démocratie d’entreprise et, à terme, de voir disparaître les entreprises qui ne seraient pas détenues et dirigées par les travailleurs. Marc FLEURBAEY, Capitalisme ou démocratie ? Cité par Christian ARNSPERGER, Ethique de l’existence post-capitaliste.

 

Je me demandais donc ce que Christian pouvait bien faire dans ces milieux huppés qui commencent seulement à percevoir que quelque chose ne tourne pas rond et qui cherchent à comprendre… Selon moi, il s’agissait pour lui de ne négliger aucune piste et leviers potentiels d’actions.

 

"La seule solution est de promouvoir la démocratie d’entreprise et, à terme, de voir disparaître les entreprises qui ne seraient pas détenues et dirigées par les travailleurs". Marc FLEURBAEY, Capitalisme ou démocratie ? Cité par Christian ARNSPERGER, Ethique de l’existence post-capitaliste.

 

Christian a essayé et là, à l’image de ses éloges pour l’organisation et la démarche du groupe Philosophie & Management (que j’approuve également) j’aimerais lui faire les mêmes éloges et les mêmes félicitations. Bravo ! Chapeau ! Respect !

 

Car vous n’avez pas fait ce que tous nos politiciens et conseillés de haut vol (Jacques ATTALI) maîtrisent à merveille à savoir l’électoralisme de bas étage, ou le corporatisme narcissique.

 

Comme vous avez si bien conclu cette séance de clôture, en reprenant la remarque d’un des derniers intervenants, ce débat était décevant, insipide et peu constructif.

 

Il valait cependant la peine d’y assister jusqu’à la fin, ne fusse que pour être au fait de l’état de la pensée dans ce milieu mais aussi et surtout pour vous entendre le conclure de la manière la plus régulière, sobre et puissante qui soit : « Eh bien… Malheureusement…J’ai bien peur que rien ne changera lundi, ni mardi, ni mercredi, ni jeudi… j’ose cependant espérer que les voix et consciences des plus jeunes parviendront à faire entendre raison à tout ce qui a été dit dans cette salle et plus particulièrement par mes 2 voisins de table ! »

 

Parmi les propos du haut dignitaire BCG (Bruno Van Lierde, assis à votre gauche), j’ai retenu : « une entreprise n’est pas au service de la société, elle est au service de son client (…) Nous cherchons à satisfaire les besoins de nos clients». Il n’a évidement pas précisé que dans notre économie d’abondance (offre supérieure à la demande), l’entreprise se doit de consacrer une large part de son budget à la création des besoins souvent après commercialisation (la publicité est le deuxième budget mondial après l’armement). Et pour votre voisin de droite (Charles de Liedekerke), j’ai retenu : «ce qui compte pour une entreprise, c’est de réaliser ses objectifs, de rétribuer ses dirigeants et actionnaires et de gérer son budget de manière optimale (productive)».

 

Comme tous les grands pingouins margoulins présents au forum économique mondial de Davos, ils étaient bien sûr d’accord avec toutes les belles idées résumées par le cycle de conférences de Philosophie & Management. « Plus de limites, bien sûr ! Plus de liens, évidemment ! La finalité, toujours !  La transition, mais elle est au cœur même de l’entreprise ! ». Où est le problème finalement ? Ils étaient donc d’accord MAIS dans les limites du « capitalistiquement » admissible. D’accord selon leurs critères, leur système de valeur, leur mode de pensée… Un mode de pensée centré sur la maximisation du capital que vous dénoncez pourtant si bien dans votre livre et sur votre blog TRANSITION ECONOMIQUE.

 

Les deux intervenants disaient être d’accord sur une nécessaire réglementation financière, d’adopter des monnaies complémentaires ou une charte plus éthique. Mais tout cela dans le même cadre et paradigme capitaliste au service du profit et non de l’homme. Aucun ne pensait en terme sociétal, en terme de rétribution égalitaire ou de gestion décentralisée…

 

Maintenant qu’il est au pied du mur, le monde du management commence à s’inquiéter des externalités (dommages environnementaux) et des terribles dérives financières qui menacent l’entreprenariat. S’il reste capitaliste, il ne tentera jamais de corriger les internalités (dommages sociaux - Cfr. texte principal du blog de Christian ARNSPERGER) car elles sont la raison d’être du capitalisme. La pratique officielle d’un outil comme le NAIRU n’en est-elle pas la plus belle représentation ?

 

Mais les Managers ne sont pas plus à blâmer que les Syndicats qui se sont tant et largement mobilisés pour Copenhague et absolument pas pour la Grèce ! Il y a bien quelques déclarations de rage et de haine comme moi sur ce blog mais aucune manifestation. Cette absence de solidarité est symptomatique et révélatrice de la cause structurelle et systémique de la crise des crises que nous vivons. Copenhague ou la révolte du peuple grec, c’est LE MÊME COMBAT !

 

L’absence de mobilisation solidaire face à l’injustice grecque est affligeante. C’est toute une nation qui est mise sous tutelle d’un monopole bancaire et financier carnassier. S’il n’en était pas ainsi dans la manière de traiter l’homme, il n’en serait clairement pas ainsi dans la manière de traiter la nature. Les deux comme le cosmos ne font qu’un.

 

Ce n’est donc pas encore de ces hommes là (Les grands Managers) qu’il faut attendre un réel changement. Certains managers de cette trempe existent mais ils ne faisaient, à l’évidence, pas partie de vos interlocuteurs. Surtout ne vous découragez pas ! La route est longue, les impasses, trappes et sournoiseries, nombreuses ! Même au sein des mieux intentionnés d’entre nous. « L’enfer est pavé de bonnes intentions ».

 

Mais encore une fois, bravo et merci. Merci pour votre engagement, votre force de parole et surtout vos convictions qui ne se maquillent pas en fonction de la couleur de votre auditoire !

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 12:10

Capital et travailAvec les règles en vigueur dans une économie capitaliste, accroissement du bénéfice par la compétitivité, tous les acteurs économiques se doivent de fonctionner selon la même logique : « bouffer ou se faire bouffer ». Ces règles prévalent sur toutes les autres et s’appliquent, en ultime recours, aux Etats souverains et aux grands acquis sociaux de ces derniers siècles. Pour qu’un Etat soit compétitif, il se doit de maintenir une balance courante en équilibre : des entrées en capitaux, biens et services en équilibre avec des sorties en capitaux, biens et services. Dans cette équation économique, les leviers d’actions des Etats sont l’impôt, les taxes à l’import export et le taux de change de sa monnaie. Leviers d’actions qui, rappelons le, possèdent comme unique source d’inspiration ou force motrice, la productivité compétitive pour le capital : produire plus, mieux et moins cher par rapport aux concurrents.

 

En rapportant cette équation aux pays de l’Eurozone, le taux de change comme levier d’action saute. Un Etat ne peut plus dévaluer sa monnaie pour faire face à son déficit budgétaire. Une balance courante déficitaire (endettement supérieur à la production de richesses (PIB)) pour un Etat de l’Eurozone laisse comme seul échappatoire les variables taxes et impôts. Dans une économie capitaliste, l’Etat ignore totalement ou feint d’ignorer qu’il n’est plus souverain depuis le temps où il a cédé sa monnaie à la gestion froide du capital (1) - par définition non ou très peu taxable. Ce que l’Europe appelle « rigueur budgétaire » ou que le FMI appelle « plan d’ajustement structurel » n’est autre qu’un « pressage de la force de travail au bénéfice du capital ». C’est kif-kif bourricot. C’est ce qui se passe en Grèce aujourd’hui et c’est ce qui se passera en Espagne demain. Le cas de l’Espagne est même plus grave vu son très haut taux d’endettement immobilier. Un immobilier non exportable, non compétitif et hautement spéculatif ! (2). Le cas de l’Espagne est assez comparable à celui des Etats-Unis, présence politique et monétaire mondiale en moins…

 

Mais revenons à la Grèce. Contrairement à ce qui est maintes fois répété, les Grecs ne sont pas plus fainéant que d’autres. L’idéologie anglo-saxonne et libérale va même jusqu’à parler de pays Culb-Med sous le vocable PIGS (Portugal, Ireland, Greece & Spain). Pourtant, depuis la création de l’euro, la hausse de productivité horaire du travail a été deux fois plus élevée qu’en Allemagne. La moyenne annuelle de travail horaire grec est la plus forte d’Europe (100 heures par année en plus que l’Allemagne). Le problème réside dans la fixation du taux nominal des salaires et des prix (3).

 

La productivité ne concerne pas seulement le temps de travail presté mais aussi les salaires et les prix à la consommation. Salaires et prix qui sont bien plus fixés par des accords oligopolistiques que par la fameuse libre et saine concurrence (4). Cette tendance est par ailleurs exacerbée par une politique germanique de modération draconienne des salaires via notamment la mise en place de bourse d’emploi - salaire en ligne permettant aux entreprises de recruter ceux qui sont prêt à travailler à la plus faible rémunération. Raison pour laquelle l’Allemagne a tant freiné et maugréé pour l’octroi d’une aide au peuple Grec qui a pu bénéficier d’une meilleure présence syndicale et donc de salaires plus décents mais malheureusement au détriment d’une politique budgétaire peu orthodoxe, pour ne pas dire capitaliste.

 

A cause de grandes différences dans la fixation des salaires, le coût unitaire de travail Grec à grimpé de 30% depuis le début de l’Union Monétaire - l’augmentation en Italie, Espagne, Portugal et Irlande étaient même plus élevée - alors qu’en Allemagne, il n’a augmenté que de 8%. La fixation monopolistique des prix est tout aussi critique car elle permet aux entreprises de faire l’impasse sur les salaires tout en jouant sur les délocalisations, les montages fiscaux et financiers (5). De telles divergences de prix et salaires ne peuvent être viables au sein d’une union monétaire dans laquelle les ajustements sur taux de change ne sont plus possibles (3).

 

Dans une économie globalisée où le capital est institutionnellement déclaré libre comme le vent(6), il ne faut pas s’étonner de le voir aller et venir comme celui-ci. Le capital n’à que faire des salaires, des hommes où de la planète. Son autocroissance est sa seule et unique préoccupation. A l’image du vent, le capital se déplace des zones de hautes pressions aux zones de basses pressions de protection fiscale, sociale et environnementale. Ainsi, tant que la conjoncture est à l’euphorie et à l’allocation de crédits, il afflue, mais dès que le soufflé retombe, il se retire sans gratitude et sans états d’âmes. Il se cherche alors une nouvelle place au soleil dans de merveilleux petits paradis fiscaux (7) tout en dénonçant vertement les orgies auxquelles il vient tout juste de participer.

 

Les caisses de l’Etat (les contributions du peuple pour recevoir un service public décent) sont effectivement vides mais celles des grands capitalistes de ce monde sont pleines ! Plus que pleines ! Elles débordent. Le top 1000 des milliardaires de la planète a vu sa fortune augmenter de 30 % l’année dernière. La fortune de Lakshmi Mittal a doublé en 1 an. En Belgique, les actifs financiers sont passés de 710 milliards à 715 milliards de fin 2007 à fin 2009 (8). Les banques sont sorties de la crise, elles enregistrent des bénéfices plantureux et allouent déjà des bonus faramineux à leurs traders.

 

Comment ne pas faire le rapprochement avec la crise Grecque et celles des Etats ? Les richesses existent, elles sont dans les poches d’une petite poignée d’individus dont le nombre n’atteint même pas le nombre d’enfants mourant de faim par jour !

 

Est-il si difficile de comprendre que le citoyen se fait saigner à blanc par le principe de rémunération du capital ? Il suffit de lire Helmut CREUTZ (Allemand) ou même George SOROS (spéculateur de haut vol) pour comprendre. N’est-ce pas George SOROS lui-même qui a un jour dit « la Haute Finance est une arme de destruction massive » ?

 

La crise c’est bon pour les rentiers ! Tout ce qui est injecté à grand renfort de restrictions budgétaires et de raclement de la masse laborieuse se précipite illico dans les poches du grand Capital ! Raison pour laquelle ce n’est pas le dogme inflationniste qui menace mais la déflation. La crise que nous connaissons est une crise structurelle. Il faut casser la camisole de force pour ne pas boire la tasse. Passer par une dislocation géopolitique mondiale est aujourd’hui salutaire.

 

Adieu nos institutions ploutocrates globalisée (ONU, OTAN, UE, OMS, OMC, Codex, OIT, FMI, etc.), bonjour la solidarité humaine et locale retrouvée. Ce n’est pas le chaos mais un passage obligé, une nouvelle naissance. Il est temps que la chenille se transforme en papillon. Oui, entre les deux il y a la chrysalide, pas franchement marrant mais il faudra passer pas là (émeutes, révoltes et peut-être du sang).

 

« La faillite d'un pays ne peut exister ailleurs que dans la tête des financiers.

Une fois la monnaie réduite à néant, c'est tout ce qui reste qui fait la valeur d'un pays. »

Junon MONETA (9).

 

 

Notes

(1) www.public-debt.org & www.public-debt.org/soutien.php?a=go

(2) Le risque des Euro-divergences : le cas exemplaire de l’Espagne, par Martin Wolf

(3) Open letter to European policymakers: The Greek crisis is a European crisis and needs European solutions

(4) DOGME 6: «Libre expression de la concurrence»

(5) Les astuces fiscales d’Electrabel

(6) Article 56 du traité de Lisbonne. Cfr. Article Un NON venant de l'IRLANDE un VENDREDI 13, quel symbole!

(7) Les paradis fiscaux, pierre angulaire du système. Les entreprises du CAC40 (qui ne sont donc que 40) possèdent 1470 filiales dans les paradis fiscaux. 50% des flux financier mondiaux annuels transitent par des paradis fiscaux.

(8) Les Belges un peu plus riches qu'avant la crise

(9) Junon MONETA : La faillite de la Grèce ou celle de l'Europe?

 

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 00:26

SortirdelaCrise sPetit extrait (en Italique) d'un article du GRESEA asbl sur les prétendus et médiatiques efforts de régulation du secteur bancaire et financier par le comité de Bâle, suivi d'une réflexion sur la fourberie égotique du politique.


Dès le 19ème siècle, à la suite de quelques retentissantes banqueroutes, les pouvoirs publics nationaux ont voulu inciter les banques à la prudence en matière de politique de prêt. En France, les règles de prudence imposaient aux banques d'affecter 80% des dépôts à vue à des actifs que la Banque de France acceptait de réescompter, c'est-à-dire de prendre en dépôt moyennant le versement d'avances aux banques privées. Moins dirigistes, les autorités britanniques laissaient les banquiers libres de leurs choix en matière de politiques d'investissement mais fixaient des plafonds drastiques en matière de liquidité.


Ainsi, dans les années cinquante et soixante, les banques anglaises devaient conserver un ratio de liquidité de 30%. Aujourd'hui, les banques anglaises se contentent d'une couverture par leurs fonds propres de l'ordre de 1%: 1 euro en poche permet d'octroyer 100 euros de crédits (Wall Street Journal, 22 février 2008).


En 1988, le travail d'homogénéisation des règles prudentielles va aboutir dans le cadre des accords dits de Bâle I. L'idée est de garantir la solvabilité des banques par des ratios de fonds propres (les ratios Cooke). Les ratios de base imposaient la couverture des crédits à raison de 8% de fonds propres pour les catégories d'emprunteurs les plus risqués (entreprises privées, banques hors OCDE, Etats et collectivités locales hors OCDE). Pour les Etats de l'OCDE, aucune couverture par les fonds propres n'était imposée. Pour les autres catégories d'emprunteurs, la couverture devait équivaloir à 1,6% des fonds propres. Comme on peut le constater, les règles que le Comité de Bâle a substituées aux vieux usages prudentiels nationaux laissaient davantage la bride sur le cou aux établissements financiers.


A l'origine, les autres actifs n'étaient pas concernés. A partir de 1996, toutefois, les établissements de crédit dont le portefeuille de négociation (jouer sur le court et long terme avec les taux d’intérêts) excédait 5% du bilan ont été soumis à des obligations de fonds propres complémentaires du ratio Cooke de solvabilité. Cette obligation de couverture par des fonds propres sera évaluée par les seules institutions financières sur base de modèles internes. L'ère de la liberté, de la créativité et de l'autorégulation des marchés venait de sonner. Le Comité de Bâle n'allait pas s'arrêter en si bon chemin.


A partir de 2007, la dérégulation avance encore d'un pas. Les ratios Cooke sont remplacés par les ratios Mac Donough. On signalera la conservation en principe de la norme de 8% de fonds propres maximum pour les catégories d'actifs les plus risqués. Changement majeur. Vingt ans auparavant, le Comité de Bâle définissait sans aucune espèce d'ambiguïté la politique de risque en fonction de l'identité de l'emprunteur. Bâle II va balayer tout cela en accordant une importance accrue aux agences de notation. Par exemple, sous le régime des accords Bâle I, accorder un prêt à une entreprise (par exemple, de crédits hypothécaires) nécessitait une couverture en fonds propres de l'ordre de 8% dans tous les cas. Avec Bâle II, si cette entreprise est cotée AAA (soit la meilleure note), la banque ne devra plus réunir que 1,6% de fonds propres pour couvrir ces actifs.


Qui paie les agences de notation? Les banques elles-mêmes, pardi! Au total, on peut estimer qu'avec le temps, la politique d'évaluation du risque et de financement des actifs a été, lentement mais sûrement, privatisée.


Privatisée au point de prévoir la possibilité d'une évaluation intégrale du risque par les banques elles-mêmes. Cette procédure dite IRB a été adoptée par l'ensemble des grands établissements bancaires de la planète. Le système de notation interne envisage cinq types distincts de portefeuilles : les entreprises, les dettes souveraines, les banques, les actions, les particuliers. Pour chacun de ces portefeuilles, un système de notation interne est mis en œuvre à partir de bases de données couvrant 5 à 7 années d'observation selon les portefeuilles. La grande faiblesse de ce système réside dans le fait que l'hypothèse d'une crise financière majeure est, dès le départ, exclue du modèle retenu pour évaluer le comportement des actifs.

Si l'on ajoute à cette mauvaise évaluation du risque de crédit, le fait que les agences nationales de contrôle des banques ne disposaient pas du personnel nécessaire pour encadrer la mise en œuvre de l'IRB par leurs champions bancaires, on obtient là un cocktail détonnant dont nous payons aujourd'hui la facture.


40% des transactions en Europe sont effectuées hors bilan ! (l’Echo, 12 janvier 2010).

Pour Bâle II, silence radio complet. A la place, Bâle nous propose toute une série de formules, de statistiques et de ratios tous aussi tarabiscotés les uns que les autres (que la société informatique privée SAS de statistique de haut niveau et d’aide à la décision, lorgne avec convoitise). Le comité de Bâle nous noie dans les chiffres et les tournures de phrases pour que tout le monde sache qu’il fait un travail de pro que le minable citoyen n’est pas en mesure de comprendre. A défaut de comprendre, le minable citoyen Grec subit. Jusqu’à quand ? Faut-il rappeler que la guerre 40-45 et ses atrocités, n’étaient pas sans rapport avec la crise de 29 ?

 

Coincé entre le marteau d’une grogne citoyenne grandissante et l’enclume d’un pouvoir monétaire privatisé, le politique pourra pleinement jouer son rôle d’anguille louvoyante qui lui sied si bien. Un rôle porté aux nues par une société qui est parvenue à faire de l’égo un culte, une doctrine, une religion. Un rôle médiateur à connotation monétaire, un rôle fédérateur à consonance d’oseille, un rôle pacificateur au doux bruit du froissement de billets « sans odeurs ».

 

Un rôle tellement bien joué qu’il pourra nous faire avaler une couleuvre sans qu’on s’en rende compte, sauf une fois à la rue. Un rôle de maître de la négociation qui vous montrera du blanc en vous disant que c’est en fait du gris clair foncé qui tend vers le noir. Un rôle certainement mieux joué par Obama que Bush Jr.

 

Un rôle obligatoire en Belgique, « pays » de l’oseille, du compromis et du TOP 10 des paradis fiscaux et où la densité de ministres par tête d’habitant et par hectare est la plus élevée au monde.

 

Un rôle que le flegmatique et fourbe ministre des finances Belge (Didier REYNDERS) sait si bien jouer qu’il pourrait même être chef d’escadrille de la classe politique la plus douée. Didier REYNDERS pacificateur et négociateur, récemment désigné urgentiste de la crise belge 2010. Il faut dire qu’il a un beau palmarès à son actif. C’est tout de même l’homme qui a su sauver la face de l’économie Belge en donnant les plus beaux morceaux de FORTIS (ex-CEGER Caisse Générale d’Epargne et de Retraite – banque publique) à son pote Baudouin PROT (BNP Paris-Bas) sans même mouiller son beau costume. Présent et discret quand il faut, il n’est pas du genre à oublier d’éteindre un micro quand il rentre dans sa voiture…

Didier REYNDERS, c’est aussi l’homme des intérêts notionnels. Didier REYNDERS, c’est également l’homme qui après 3 ans, n’a toujours pas publié la liste des entreprises concernées par une loi qui interdit le financement de mines antipersonnel, de bombes à sous-munitions et des armes à uranium appauvri. Cette loi est une grande première au niveau mondial mais elle reste théorique tant que cette liste n’est pas publiée.

 

 

Ah, c’est sûr, en voilà un qui mérite bien plus que la légion d’honneur, un prix Nobel de la paix ou un parachute doré. En voilà un qui mérite certainement un des plus beaux prix que le grand Capital serait prêt à lui décerner. Des actions Fortis ?

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 21:55

En Italique, extrait du livre de Thierry VERHELST, Des racines pour l’avenir, Harmattan, 2008, p 262 à 264

CROCODILE GRENOUILLELe monde est à la fois global et tribal. Il y a sur notre planète devenue petite un mélange explosif de proximité et de distance. Le fanatisme religieux, les nationalismes exacerbés, les enfermements identitaires envahissent nos journaux télévisés avec leur cortège terrifiant d'explosions et de cadavres. Le ressentiment et la colère mobilisent une part de l'humanité irritée par l'impérialisme méprisant des puissants et par leur discours ronflants sur les bienfaits de la mondialisation et l'inéluctabilité de l'occidentalisation du monde. La consommation ostentatoire des uns rend insupportables le manque ou la misère des autres. Il y a dans notre « village global» trop d'humiliation et d'injustices pour qu'il soit en paix.


Le plus visible, c'est donc la violence et la haine. Ou alors, le discours pessimiste et belliqueux sur l'inévitable choc des civilisations. Samuel Huntington, dont le livre (Le choc des civilisations)fit fureur aux Etats-­Unis, considère que le refus de certains peuples de s'occidentaliser constitue une menace qui nous achemine vers de nouvelles guerres mondiales. Celles-ci ne seront plus idéologiques mais culturelles, dit-il. Si le 19ème siècle fut caractérisé par l'affrontement des nationalismes, le 20ème par celui des idéologies capitalistes, communistes et fascistes, le 21ème  siècle serait celui des guerres entre cultures et entre religions. Dans ce scénario, l'Occident est tenu de se prémunir contre les pays et les groupes qui savent se servir de la technologie et de certains apports de l'Occident tout en refusant de s'occidentaliser. Il en résulte un affrontement inéluctable: «the West versus the rest» (l'Occident contre le reste du monde). C'est pourquoi Huntington recommande aux Etats-Unis de se préparer à deux conflits armés simultanés, l'un avec le monde musulman, l'autre avec les pays de tradition confucianiste tels que la Chine. Le discours sur le choc des civilisations se nourrit de la peur et d'une vision exclusivement négative des cultures et des religions. Hélas, cette théorie réductrice s'est vue promue à l'état de prophétie après les attentats terroristes du 11 septembre. Cette analyse tombe dans le piège que nous tendent tous les «Ben Laden» du monde qui veulent soulever les hommes, culture contre culture, religion contre religion.

 

Et à ce petit jeu, Etats-Unis et pays impérialistes ne sont pas innocents. Lire

L’islamophobie comme fondement de légitimité à l’impérialisme et au colonialisme de l’Occident

ou encore

L’islamophobie : un fond de commerce électoral fructueux

 

L’Etat US déchu de sa prérogative d’exploitation du monde sous prétexte de lutte contre le bloc communiste se devait de trouver un nouvel alibi pour conserver sa puissance. Bigot, il fit rapidement du « pain béni » de la séculaire confrontation entre catholiques et musulmans. A grand renfort de médias, de coup de pub, de vidéos caricaturales sur le net et de machination diabolique (11 septembre), il est parvenu à faire du « Muslim » le sombre méchant barbu à combattre de toutes ses forces. Pour que l’Amérique glorieuse et scintillante puisse poursuivre sa divine quête d’évangélisation et de pacification du monde. Comme dans la critique caricaturale de « bioman » faite par les Inconnus en leur temps, les blancs clair sont les gentils et les marrons foncé sont les méchants. Puisqu’il n’est moralement pas admissible d’incriminer directement les musulmans, ils ont même baptisé les méchants « Al Quaida » ou « Ben Laden ». Même les méchants « salafistes » ne sont que la conséquence de choix stratégiques occidentaux ayant fait d’une secte, considérée comme hérétique par l’orthodoxie sunnite, les gardiens des lieux saints musulmans et les bénéficiaires des richesses en hydrocarbures de la péninsule arabique. Sans ingérence extérieure, la secte wahhabite aurait été une minorité parmi d’autres, évoluant entre désert et marais de Bassorah (commentaire François-Ferdinand  à la suite de la publication de l’article du djihad islamique sur agoravox)

 

 

Pour reprendre l’idée d’un commentaire (François-Ferdinand) suite à la publication de l’article du djihad islamique sur agoravox, la stigmatisation des différences joue comme un double effet d’ostracisation (rejet occidental) et de communautarisation (acceptation islamique radicale) qui amplifie la rupture. Une rupture qui joue aussi bien en faveur des tenants d’une globalisation ultralibérale ou ceux d’une globalisation islamique ou pétro-monarchiques du Golfe. L’islamisme radical, évoluant comme un poisson dans l’eau, sert autant les intérêts des islamistes que ceux de la stratégie US. Le monde musulman et les masses musulmanes n’étant plus que des spectateurs et souvent des victimes.


Un partage façon Yalta : à nous le gouvernement des esprits musulmans, à vous celui du Monde ?  Les uns rêvent d’une société de clones qui se reflètent. Les autres d’une société de soumis qui se surveillent. 

 

Quand on observe le monde au-delà des apparences tapageuses et des oppositions binaires, on s'aperçoit que la situation actuelle n'est pas à réduire à un ensemble de menaces. Malgré les défis immenses qui sont les nôtres aujourd'hui, ou justement à cause d'eux, il faut faire le pari d'une mondialisation positive. Une mondialisation donc différente de celle qui se présente à nous avec son bruit et son fracas. A force de prévoir le pire, on finit par s'affranchir de tout engagement. Les jeux d'esprit en forme de scénario catastrophe ne doivent pas occuper tout notre horizon mental, car cela est débilitant. L'inquiétude n'ôte pas la peine d'aujourd'hui et de plus, elle entrave la force de demain. Antonio Gramsci, un leader marxiste qui fut un penseur original disait à ce propos qu'il faut allier au pessimisme de l'intelligence l'optimisme de la volonté. Je (Thierry VERHELST) préférerais pour ma part faire preuve non pas d'optimisme - ce qui est un trait de caractère sympathique mais un peu léger face aux terribles défis de ce monde -, mais d'espérance. L'espérance est une vertu, une force qui s'alimente aussi dans l'invisible. Mon espérance est tirée d'une foi en l'être humain. Celui-ci porte en soi plus grand que lui. Cette espérance se fonde notamment sur les longues années d'expérience professionnelle en contact avec des communautés dans les pays du Sud et dans ceux du Nord de la planète, dont ces pages (Des Racines pour l’Avenir) se sont faites l'écho. J'ai observé des communautés vibrantes de vie et de créativité. L'espérance se fonde aussi sur le fait que chacun sent bien que la mondialisation-laminoir n'est pas durable. Cette moderne Babel est près de l'effondrement, comme sont en train de s'effondrer les anciennes valeurs héritées d'une modernité qui tourne mal. Là réside la chance d'une évolution positive. Elle est liée au métissage interculturel.

 

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Epuisement des ressources

Dates d'épuisement des richesses exploitables de notre planète au rythme actuel de consommation (1)

2021 : fin de l'argent
2025 : fin de l'or et du zinc
2028 : fin de l'étain
2030 : fin du plomb
2039 : fin du cuivre
2040 : fin de l'uranium
2048 : fin du nickel
2050 : fin du pétrole
2064 : fin du platine
2072 : fin du gaz naturel
2087 : fin du fer
2120 : fin du cobalt
2139 : fin de l'aluminium
2158 : fin du charbon

Notre planète n'est pas infinie. On le sait. Ses ressources sont limitées et ne peuvent satisfaire ad vitam eternam les exigences voraces de milliards d'êtres humains.

Nous devons anticiper la pénurie proche des matières premières en vivant tout simplement autrement. Sinon des guerres terribles risquent d'éclater dans un futur proche à la surface de tout le globe pour l'accaparement des gisements restants, atomisant les villes et faisant un carnage parmi les populations. Cela en moins d'une petite génération!

Si nous voulons éviter le pire, retroussons nos manches! Une nouvelle civilisation reste à inventer, ici et maintenant, plus propre, plus économe, plus respectueuse et dont l'objectif premier soit réellement le bonheur de tous et non le profit égocentrique de quelques uns au détriment de tous les autres.

Voir échéancier des ressources exploitables sur le site Terre sacrée.
(1) D'après Science et Vie hors série N° 243, construire un monde durable, de Juin 2008. http://www.mondedurable.science-et-vie.com 

Freemen

Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que :
• le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique
• s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de «croissance».



Au delà, comme le nom “Freemen” l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut sur son blog. L’ensemble de ces contenus doit petit à petit former une nouvelle “chaîne”, un nouveau “journal”, chacun parlant de politique, mais aussi, d’art, de ciné, de tout.

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