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Présentation

  • : Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • Démocratie? Ou Ploutocratie?
  • : Pas d'issue aux grands défis de l'humanité (pétrole, eau, famines, biodiversité, érosion, climat...) sans changement de paradigme et TOTALE remise en question tant au niveau individuel que pluriel (mode de vie, économie, progrès…)
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Tonnes CO2/personnes/an

2 = capacité d'absorption de la terre
4 = moyenne mondiale (2 fois trop)
8 = émission moyenne d'un Européen (4 fois trop)
20 = émission moyenne d'un Américain (10 fois trop)
0,09 = émission moyenne d'un Burkinabé
0,06 = émission moyenne d'un Ethiopien

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Bon à savoir

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.


- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

 

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) atteint 6,7 fois le PIB mondial!

 

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.


- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoins en eau de 80% des Africains.


- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).


- Les pays en développement, qui subissent durement les dérèglements climatiques, ont produit moins de 20% des 350Gt (giga tonne) de CO2 accumulé dans l’atmosphère depuis 1850, alors qu’ils représentent 80% des terriens.


- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…


- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à  250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.


- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.


- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- La production, le stockage, le transport et le conditionnement d'une calorie alimentaire issue de l'agriculture conventionnelle nécessite 40 calories fossiles!


- D'autres chiffres ici

 

Archives

Citations & Livres

Aucun être humain ne vient au monde pour éviter à ses frères la peur de mourir en niant le corps par le travail et l'intellectualisation du monde. [Raoul VANHEIGEM] Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l'opportunité de s'en défaire

 

Ce que fait actuellement la logique de marché, c'est jouer sur la méfiance radicale de l'être humain à l'égard du détachement, ancrée dans l'énergie angoissée du besoin, pour pouvoir inverser l'énergie renonçante du Désir en énergie compulsive de l'envie. [Christian ARNSPERGER] Ethique de l'existence post-capitaliste

 

Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat [cité par Marie Martin-Pêcheu] Bio-économie

 

La monnaie et l’économie existent parce que l’homme n’a pas confiance en son prochain, qu'il suppose – souvent à raison - vouloir obtenir un échange gagnant. Il veut des garanties. Mais les garanties ne tiennent pas leurs promesses et se révèlent incapables d’empêcher l’injustice. [Didier LACAPELLE] Manuel d'anti-économie

 

Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ; Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. [Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî] La geste de Taliesin

 

Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre. [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin


A travers le voile de notre vision rationnelle, la lumière du Réel se brise, et la transforme en une autre vision, comme la lumière du soleil dans la pluie donne l'arc-en-ciel. L'homme, devenu conscient du soleil, comprendra l'arc-en-ciel d'une facon différente. Mais celui qui aura le courrage de tourner le dos à ce qui n'est que l'arc-en-ciel, verra le soleil lui-même. L'homme ressent en lui-même et en son monde, la promesse d'une Réalité qui, à l'origine de son développement rationnel, se cache. [Karlfried GRAF DÜRCKHEIM] 
La percée de l'être ou les étapes de la maturité


L'écologie extérieure sans écologie intérieure n'est qu'illusion. Si intérieurement, l'esprit est mu par des violences passionnelles, cela se traduira inévitablement en comportements extérieurs. Intérieur et extérieur sont interdépendants. Sans un changement intérieur de mentalité et de relation, vouloir un changement à l'extérieur est illusoire. [Denys RINPOCHE]


L'économie politique a placé sur un podium quelques-unes de nos dispositions naturelles les plus vilaines : le matérialisme, l'esprit de compétition, la gloutonnerie, la vanité, l'égoïsme, la myopie intellectuelle et la toute bête cupidité. [Hazel HENDERSON] cité par Fritjof Capra dans Sagesse des sages

Si la logique en place est si tenace, c'est peut-être que quelque chose au fond de nous même y collabore - quelque chose qui participe de l'angoisse et du déni de notre condition d'humains. Les voies de sorties, les plus pertinentes de l'économie capitaliste ne sont donc pas économiques. Elles sont existentielles. [Christian ARNSPERGER] Critique de l'existence capitaliste, Pour une étique existentielle de l'économie

Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force." [Pierre RABHI] Conscience et environnement

Comme une rivière crée les berges qui la contiennent, l'énergie en quête de vérité crée sa propre discipline sans aucune forme de contrainte; et comme la rivière trouve la mer, l'énergie trouve sa propre liberté.
[Jiddu KRISHNAMURTI]
Le sens du bonheur

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.

[GHANDI]

Richesse c'est pouvoir. C'est le pouvoir d'acheter; c'est un droit de commandement sur tout le travail d'autrui.
[HOBBES]


Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme
[RABELAIS]


Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennemi
[Jean de la FONTAINE]

Chaque fois que l'humanité est amputée d'une de ses langues, une de ses cultures, un de ses peuples, ce sont ses propres enfants qui deviennent orphelins d'une partie d'elle même.
[Patrick BERNARD] www.icrainternational.org

Les paradis fiscaux ne sont pas qu'un phénomène marginal réservé à quelques milliardaires, quelques affairistes et beaucoup de mafieux. C'est, au contraire, « une infrastructure essentielle de la finance internationale ». Christian Chavagneux & Ronen Palan


La richesse se mesure au nombre de choses que nous pouvons laisser intactes
[THOREAU]

 

28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 20:25

De plus en plus, nos concitoyens prennent conscience de la nécessité d’agir pour le climat et d'adapter  leurs logis en conséquence. Mais quel choix vont-ils faire face aux aides publiques qui sont aujourd’hui consenties ? Vont-ils chercher à maximiser les économies d'énergies où vont-ils plutôt privilégier la rentabilité financière? Cette brève analyse vous convaincra sans aoute qu’ils opteront majoritairement, hélas, pour la seconde solution..


Par Benoît Spies & Baptiste Buxant http://www.natpro.be/photovoltaique_1.html

Valériane Nr 71, mai/ juin 2008

 

Bien sûr, nous ne désespérons pas que votre décision personnelle soit finalement favorable au devenir de notre planète. Il est toutefois permis de douter de la pertinence des aides publiques actuelles en regard de la nécessité absolue de lutter contre le réchauffement climatique. Portons d’un simple exemple pour illustrer notre propos.
Investir dans les économies d’énergie


Soit donc monsieur Dupond qui dispose d’une appréciable somme d’argent. Il est prêt à l’investir dans les économies d’énergie et estime, après une première analyse, que plusieurs actions sont envisageables dans le cadre du logement dont il est l’heureux propriétaire. Il a retenu trois actions passibles


1/. l’isolation par l’extérieur d’un pignon aveugle
, un de ces pignons aveugles comme on en rencontre très sauvent. Le mur, d’une épaisseur de briques de trente—deux centimètres, a une surface de quatre-vingt mètres carrés. Le toit de monsieur Dupond est, fort heureusement, très bien isolé ses chêssis et vitrages figurent parmi les plus performants, et il dispose d’une chaudière haut rendement (HR) au gaz naturel.


2/. l’installation d’un système de panneaux solaires thermiques pour la préparation de son eau chaude sanitaire. Les voisins de monsieur Dupond, d’authentiques écologistes de la première heure, lui vantent semblable équipement depuis de longues années déjà...


3/. l’installation de panneaux solaires photovoltaïques. C’est incontestablement dans l’air du temps. S’offrir la bonne conscience du pionner, quelle volupté! Le suspense est donc entier. Amis lecteurs, à votre avis, que va faire monsieur Dupond ?


Monsieur Dupond fait ses calculs

Attention ! Sachez vous en convaincre : monsieur Dupond n’est ni un fat, ni une girouette. En citoyen parfaitement conscient des responsabilités qui lui incombent, il prend ses renseignements, compare longuement les informations et fait soigneusement ses calculs.


Voici les hypothèses sur lesquelles travaille monsieur Dupond, pour sa propriété qui est située dans le Brabant Wallon. Quelle sera, tout d’abord, la durée de vie des investissements ? Il postule raisonnablement que l’isolation du mur tiendra quarante ans, quant aux panneaux thermiques et photovoltaïques, il leur prête une durée de vie de vingt ans. Pour le chauffage au gaz, il table sur un rendement de sa chaudière de 90%, sur un prix de 7 centimes d’€ par kWh utile et sur une augmentation annuelle du prix du gaz de 6 %. Quant au prix de l’électricité, il le situe à 19 centimes d’€ par kWh, avec une augmentation annuelle de 4%. Monsieur Dupond sait aussi qu’il pourra vendre des certificats verts au tarif de 92 € par certificat ; il table sur un taux d’actualisation de 4%.


Après avoir sollicité et étudié différents devis, monsieur Dupond établit son budget d’installation :

·         pour les panneaux photovoltaïques : une puissance de 1200Wc lui coûtera 8.400 € ; les coûts d’entretien seront nuls ;

·         pour l’installation solaire thermique : quatre mètres carrés de panneaux pour une production annuelle utile de 350 kWh par mètre carré lui coûteront 6.000 € ; les coûts d’entretien seront nuls ;

·         pour l’isolation extérieure enfin – huit centimètres d’EPS et un crépi – lui reviendront à 140 € du mètre carré.


Monsieur Dupond a même évalué ses émissions de gaz carbonique : 456 kilos de CO2 par MWh d’électricité utilisée, et 251 kilos de CO2 par MWh de gaz naturel consommé…


Un tableau particulièrement édifiant

Monsieur Dupond a enfin tout analysé avec minutie ; il a tout décortiqué afin de déterminer la mesure qui sera incontestablement la plus intéressante pour lui. Il aboutit au tableau suivant… et il n’en croit pas ses yeux !

 

 

Coût  (1)

Coût   (2)

Réduction
émissions
CO2 (3)

Aides
publiques (4)

Aides publiques (5)

Temps de retour simple (6)

Rentabilité (TRI) (7)

Isolation du mur

11.200

131

85,2

23

5,9

14

8,2

Panneaux solaires thermiques

6.000

768

7,8

654

164,1

10

7,6

Panneaux photovoltaïques

8.400

856

9,8

1.558

391

3

23,7

(1) en euros / (2) en euros par tonne de CO2 évitée / (3) en tonnes / (4) en euros par tonne de CO2 évitée / (5) en euros par MWh primaire économisé / (6) en années / (7) en pourcentage

 

Alors ? Selon vous, que fera Monsieur Dupond ? Sans doute va-t-il installer des panneaux solaires photovoltaïques et se féliciter de la rentabilité de son investissement ? Cela même s’il s’agit de la mesure la moins efficace pour réaliser des économies d’énergie ! L’opération coûtera à la collectivité 1.558 euros par tonne de CO2 évitée et permettra d’épargner 9,8 tonnes de CO2 seulement sur vingt années…
 

A la lecture du tableau, on peut constater aisément qu’un euro investi dans l’isolation du mur est six fois plus efficace, d’un point de vue énergétique, que s’il est investi dans l’installation de panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques. Cependant, l’isolation du mur est franchement moins intéressante d’un point de vue financier, lorsqu’on intègre les aides publiques, que l’acquisition de panneaux solaires photovoltaïques. Cette contradiction découle du fait que des aides publiques plus importantes sont octroyées aux mesures moins efficaces. Ainsi, la mesure la plus utile énergétiquement devient-elle la moins intéressante d’un point de vue financier ! On voit, en effet, dans la sixième colonne du tableau, que l’aide publique consentie pour l’économie d’un MWh d’énergie primaire est soixante six fois plus importante pour le photovoltaïque que pour l’isolation des bâtiments. Qu’est-ce qui peut motiver pareille disparité ?


In fine
, c’est l’ensemble de la société qui est perdante car nos moyens financiers vont vers les mesures les moins efficaces. Nous savons tous, pourtant, qu’il reste peu de temps et de ressources pour tenter de créer une société offrant une qualité de vie satisfaisante malgré la raréfaction de l’énergie. Nous sommes, dès lors, en droit de nous poser des questions. Tous nos moyens et toute notre énergie ne devraient-ils pas se concentrer sur les mesures prioritaires ? A tout le moins, toutes les mesures ne devraient-elles pas être soutenues de manière équivalente et proportionnellement aux économies d’énergies qu’elles permettent ?


Les aides publiques auraient-elles d’autres objectifs ?


Peut-être l’un des objectifs secondaires de ces mesures était-il la création d’emplois, ou les retombées économiques ? Mais, hélas, la filière photovoltaïque est probablement la moins efficace de ce point de vue là aussi. Pour différentes raisons :

1. dans le cas d’une installation photovoltaïque, le coût des matériaux est largement prépondérant par rapport au coût de la main-d’œuvre. A l’opposé, le coût de l’isolation des bâtiments provient essentiellement de la main-d’œuvre nécessaire à la mise en œuvre. Et cela crée donc autant d’emplois, des emplois locaux et, principalement, peu qualifiés…


2. l’origine des équipements doit être examinée : dans le cas du photovoltaïque, ils ne sont pas produits localement. Les matériaux d’isolation, par contre, s’ils ne sont pas encore tous produits localement à ce jour, pourraient l’être facilement dans l’avenir…


3. le transport des matériaux
, plus ou moins important en fonction de leur origine, est lui aussi pénalisant pour le photovoltaïque en terme de consommation d’énergie primaire et d’émissions de CO2.


4. le développement d’une ligne de production de cellules photovoltaïque est peu probable en Wallonie vu l’intensité en capital que cela requiert et les risques financiers importants. Les modes de production sont très énergivores et nous n’avons, par ailleurs, même pas intégré ce point dans nos calculs. On considère souvent que deux ou trois années sont nécessaires avant qu’un panneau ait produit autant d’énergie qu’il en a fallu pour sa fabrication ! Il s’agit, par ailleurs, de procédés requérant peu de main-d’œuvre. De plus, pour qu’une ligne de production soit rentable, de gros volumes de production sont nécessaires. On assiste donc plutôt, dans ce domaine, à un phénomène de concentration plutôt qu’à une multiplication des sites de production.


5. concernant la réduction des coûts de production, le CSL (Centre Spatial de Liège) annonçait, lors de la conférence Edora du 26 janvier 2007, une réduction de 8% entre 2000 et 2003, et une légère augmentation des coûts de production depuis 2003. On n’observe donc pas de diminution significative des coûts à l’heure actuelle.


6. la méthode promue pour l’installation de panneaux photovoltaïque est contre-productive. En effet, mille mètres carrés de panneaux photovoltaïques installés sur un même site seraient de 50 à 60% moins chers que placés sur une centaine de toitures différentes. Il est, par ailleurs, peu probable que les toitures où l’on installera des panneaux soient toutes très bien orientées ou sans ombrage. Et que dire du suivi et de l’entretien de milliers d'installations ?...


7. on déplorera, pour terminer, l’aspect éducationnel de la question : les importantes campagnes d’information lancées autour de ces mesures n’améliorent pas la qualité de la perception qu’ont les citoyens des priorités en matière d’énergie. L’effet est inverse ; il suffit, pour s’en rendre compte, d’entamer la discussion avec le citoyen lambda…


Que conclure ?

En dépit de toute sa bonne volonté, notre cher monsieur Dupond n’est donc pas l’exemple qu’il faut suivre. Nous pensons vous en avoir convaincus et nous espérons qu’au contraire, vous prendrez vos responsabilités en optant pour l’investissement qui maximisera les économies d’énergie. Ce choix est, par ailleurs, le seul qui soit intéressant pour la collectivité, pour notre planète et donc, en fin de compte, pour vous également. Il est important de rappeler ici combien nos moyens sont limités. Que ceux qui affirmeraient le contraire nous expliquent, dans le même temps, pourquoi tant de personnes ont du mal à se chauffer…

Nous pensons qu’il est primordial de respecter les priorités qui s’imposent à nous en matière d’investissements visant à réduire notre consommation d’énergie. Or force est de constater que les mesures prises aujourd’hui pour promouvoir l’énergie photovoltaïque ne respectent pas cette notion élémentaire des priorités. Elles détournent, au contraire, des moyens financiers qui seraient dix à vingt fois plus efficaces ailleurs.

 

Un petit mot sur nature et progrès Belgique:

Les statuts officiels nous apprennent que “l'association  Nature  & Progrès Belgique” est l'émanation autonome des adhérents belges de l'association européenne d'agriculture et d'hygiène biologique (Nature & Progrès France). Nature & progrès est particulièrement actif dans tout ce qui touche à l'alimentation et l'hygiène de vie: agriculture et élevage biologique, éco-bio-construction, santé, etc.

 

Pour ceux qui souhaitent du concret, de l'action, du local et des contacts, un abonnement à Nature & Progrès est incontournable. Nature & Progrès cherche à atteindre 7000 membres dans les meilleurs délais possibles. Le nombre de membre joue, en effet, sur le poids politique de l'association, mais aussi sur son indépendance financière. Des milliers de personnes, en Wallonie et à Bruxelles, sont sensibles à nos combats. Mais trop peu d’entre elles se sont déjà effectivement engagées à nos côtés…

A bon entendeur, salut…

www.natpro.be

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 11:35

Libre opinion de Bernard Guerrien
Texte tiré du site pseudo-sciences

SPS n° 269 octobre 2005

Bernard Guerrien est Maître de conférences à l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne.


L’économie, en tant que discipline, a de quoi laisser perplexe un observateur extérieur. D’une part, les économistes sont souvent considérés comme des charlatans qui se servent d’un langage obscur et font des prédictions douteuses, si ce n’est contradictoires ; d’autre part, ils utilisent abondamment les mathématiques - au niveau des publications académiques, seule la physique théorique fait mieux qu’eux, si on peut dire -, ce qui est généralement considéré comme typique d’une démarche rigoureuse et scientifique.


Comment expliquer cette situation étrange ? D’abord, par la complexité de l’objet de leurs réflexions qui fait qu’on ne peut trancher par l’expérimentation entre diverses théories. John Stuart Mill disait, il y a bien longtemps, que l’obstacle majeur vient de la difficulté de faire des expériences sur les phénomènes sociaux en raison de la multitude de paramètres à prendre compte et de leur mouvance permanente. La reproductibilité devient alors impossible, « parce qu’il serait impossible de reconnaître et d’enregistrer tous les faits de chaque cas » [1], et, aussi, car prisonnière de l’exigence d’un temps d’analyse très long, les conditions se créent et s’annihilent au fur et à mesure.


Il est vrai qu’en astronomie, par exemple, on ne peut pas non plus faire d’expériences. Mais « les causes qui influent sur le résultat [y] sont peu nombreuses ; elles changent peu et toujours d’après des lois connues », ce qui permet notamment de faire des prédictions. « Au contraire, les circonstances qui agissent sur la condition et la marche de la société sont innombrables et changent perpétuellement ; et quoique ces changements aient des causes et, par conséquence, des lois, la multitude des causes est telle qu’elle défie tous nos efforts de calcul. Ajoutez que l’impossibilité d’appliquer

des nombres précis à des faits de cette nature met une limite infranchissable à la possibilité de les calculer à l’avance, lors même que l’intelligence humaine serait à la hauteur de la tâche » [2].


Une démarche hypothético-déductive

Mill n’en déduit pas qu’il ne faut rien faire. Bien au contraire, il pense qu’il faut adopter ce qu’il appelle la « démarche de la physique », consistant à déduire à partir d’un petit nombre d’hypothèses simples des propriétés qui joueraient le rôle de tendances : sans faire des prédictions exactes, essayer de voir la direction du mouvement. C’est ainsi qu’il explique que c’est en décomposant chaque tendance, ses causes accessibles à l’observation et ses effets individuels sur la société, que des « tendances plus puissantes que d’autres » [3] pourraient être dégagées, donnant une direction possible à la compréhension.


Parmi les « lois de la nature humaine », il y a le penchant à assouvir ses besoins, l’intérêt personnel, qualifié d’« égoïsme » ou d’« amour de soi », dont personne ne peut nier l’existence ni l’importance. Il suffit toutefois d’observer un peu autour de soi, ou de s’observer soi-même, pour constater que ce penchant en est un parmi d’autres - bienveillance envers ses congénères, importance donnée à la famille, ou au clan, sens de l’honneur, de la justice, etc. - qui agissent souvent comme des « contre tendances » à l’égoïsme.


Les théories économiques partent donc pratiquement toutes d’un petit nombre de postulats simples - qui relèvent de l’observation, sur les comportements humains ou de certaines régularités à un niveau plus global - dont elles cherchent à déduire des conséquences, susceptibles d’être décelées, du moins en tant que tendances, dans les statistiques ou dans les expériences vécues par nos sociétés, présentes ou passées. Le problème, et les divergences entre économistes, tient au grand nombre de relations causales envisageables, et donc à leur importance relative. D’où l’existence de modèles très différents, qui peuvent apporter des lumières sur ce qui a pu se passer dans tel ou tel endroit, à telle ou telle époque, mais pas du tout dans d’autres endroits ou époques. Il y a évidemment toujours l’espoir d’« expliquer » pourquoi il en est ainsi, en invoquant des facteurs dont on n’a pas tenu compte - parce que, par exemple, ils ne sont pas quantifiables. Les économistes sont connus par le peu de fiabilité de leurs prévisions, mais aussi par leur capacité à expliquer a posteriori, par des « chocs » ou par toutes sortes d’évènements imprévus (et imprévisibles), pourquoi ils ont pu fournir de mauvaises indications.


Une profession très sollicitée

Jusque là, on peut toutefois considérer que la démarche des économistes est scientifique, puisqu’ils cherchent à expliquer certains aspects de la réalité, à établir des relations causales, ou du moins à dégager des tendances, qu’ils essaient de quantifier en utilisant les statistiques disponibles, ou qu’ils collectent. Il leur est cependant difficile d’adopter un profil bas, en reconnaissant que la théorie est sommaire, que la portée de ses modèles est vraiment très limitée et, qu’en fait, on ne sait pas grand chose. Cela d’autant plus que leur profession est très sollicitée par les pouvoirs publics, et par la société en général, qui aimeraient savoir où on en est et, surtout, ce qu’il faut faire pour résoudre tel ou tel problème (chômage, inflation, déficit extérieur, etc.).


La tentation est alors grande de « faire tourner » des modèles formés de bric et de broc, pour fournir prévisions et conseils. Pour cela, la puissance des ordinateurs aidant, des équations censées décrire des comportements de plus en plus raffinés ou tenant compte de caractéristiques sectorielles, régionales, ou tout ce que l’on veut, vont être empilées. Ce qui n’est pas sans poser des problèmes au niveau du traitement statistique (données insuffisantes au vu du nombre de variables prises en compte) et même de cohérence théorique - incompatibilité des comportements décrits par certaines équations. Le partage des variables entre « explicatives » et « expliquées  » est aussi source d’âpres débats.


À côté de ceux qui font tourner ces modèles dans les ministères, les banques, les grandes institutions internationales, il y a les théoriciens qui les inspirent - qu’on trouve surtout à l’université. Contrairement aux sciences de la nature, le théoricien est, dans le cas présent, partie prenante de la réalité qu’il veut décrire, ou comprendre. Sa vision de la société est largement influencée par la place qu’il y occupe, son vécu, ses expériences, ses relations. Il a forcément une opinion sur « ce qui va » et sur « ce qui ne va pas », et donc sur ce qu’il faut faire pour que ça aille mieux. Son opinion va donc conditionner, si ce n’est déterminer, sa réflexion et ses recherches sur ce qui est. Devant la complexité de la réalité sociale, il va choisir les points de départ - les axiomes - de sa théorie, pour en déduire des « résultats » et conclusions. En fait, très souvent, il va élaborer une théorie dans la perspective de prouver - si possible, en faussant usage des mathématiques - que ses croyances, ses opinions a priori sur ce que doit être une bonne société, sont justifiées. Et c’est évidemment à ce moment là que l’on tombe dans la pseudo-science, même si elle prend l’apparence honorable d’équations et de déductions impeccables. Prenons deux exemples significatifs.


Des modèles absurdes parés de mathématiques complexes

Une des croyances les plus ancrées chez la plupart des économistes est que le marché est efficace, au sens où il épuise toutes les occasions d’échanges mutuellement avantageux - du moins s’il n’est pas entravé par des réglementations ou par des « imperfections » comme les monopoles, ou d’autres phénomènes du genre.


Si on veut donner forme à cette croyance, on voit immédiatement qu’elle est loin d’aller de soi : chacun doit chercher des partenaires pour faire des échanges, qui ne peuvent être que partiels, puis négocier les prix auxquels ils peuvent se faire, ce qui prend du temps et des ressources sans qu’on puisse dire où cela va s’arrêter - si ça s’arrête. En fait, il existe un moyen d’éviter ce processus complexe, au résultat incertain : on suppose qu’il existe une entité centrale qui propose des prix (on évite le problème des marchandages bilatéraux), que les ménages et les entreprises font des offres et des demandes à ces prix, que l’entité centrale confronte globalement ces offres et ces demandes (afin de déceler toutes les possibilités d’échanges mutuellement avantageux), en augmentant le prix des biens dont la demande globale est supérieure à l’offre globale et en diminuant ceux des autres. Quand l’entité centrale a trouvé les prix qui égalisent les offres et les demandes globales - les « prix d’équilibre » - alors elle organise les échanges, chacun lui apportant ce qu’il offre, et emportant ce qu’il demande, à ces prix. Il est alors clair que toutes les possibilités d’échanges mutuellement avantageux seront épuisées et ce, sans coût (l’entité centrale s’occupant de tout). Le comble, les préjugés l’emportant alors sur la raison, c’est que ce modèle est présenté comme celui de la « concurrence parfaite », du marché idéal. Seuls les initiés qui peuvent décrypter ses équations savent qu’il décrit, en fait, un système ultra centralisé - qui n’a rien à voir avec l’idée qu’on se fait habituellement du marché. Pour les autres, les manuels et les ouvrages de plus ou moins large diffusion, ce modèle est présenté de façon suffisamment floue comme pour laisser croire qu’on a « démontré mathématiquement » que la concurrence est parfaite, car elle permet une « affectation optimale des ressources ». On est près de l’escroquerie intellectuelle, même si elle est plus ou moins inconsciente - telle est la force des croyances, des préjugés. Une bonne partie de la théorie économique formalisée est pourtant construite autour de ce modèle, présenté comme décrivant le marché par excellence.

 


Un autre exemple d’aberration est celui, très à la mode, des modèles dits à « agent représentatif », où la production, la consommation, l’investissement, l’emploi et d’autres caractéristiques de l’économie d’un pays sont présentées comme résultant des choix d’un individu, du genre Robinson Crusoé, qui doit notamment décider combien il produit, consomme et investit, pendant une certaine période de temps. Ces choix vont alors être comparés à ce qui s’est passé dans un pays donné (la France, par exemple) concernant le PIB, la consommation, l’investissement, le taux de chômage, le niveau des prix, pendant une période similaire.


Le « truc » consiste alors à donner aux paramètres qui caractérisent l’individu fictif - paramètres censés représenter ses goûts et les techniques dont il dispose - des valeurs telles que ses choix ressemblent le plus possible aux évolutions observées dans ce pays. Puis on dira qu’on a ainsi réussi à « simuler », si ce n’est expliquer, ce qui s’est passé dans ce pays, comme si celui-ci se comportait comme un seul individu, confronté de fait à des décisions d’ordre purement technique - ce sont d’ailleurs les techniques mathématiques du contrôle optimal qui sont utilisées pour caractériser ces décisions. Le « Prix Nobel » que se sont fabriqués les économistes a été attribué à plusieurs d’entre eux pour leur « contribution » à ce non-sens. On est en plein délire, mais comme il se pare de mathématiques compliquées, rares sont ceux qui s’en rendent compte. Parmi eux, il y a ceux qui ont bâti leur carrière sur lui, et qui préfèrent rester discrets  : personne n’aime scier la branche sur laquelle il est assis ! C’est pourquoi, malheureusement, cette farce dure depuis longtemps, et risque de durer encore longtemps.


Des étudiants lucides s’interrogent

Lorsque des étudiants un peu lucides, et ayant une bonne formation mathématique, ont fait remarquer à ceux qui leur enseignent l’absurdité de leurs modèles, ils n’ont eu pour réponse que le silence, le mépris ou la remarque péremptoire : « si on ne fait pas ça, on ne fait rien ! ». Pour réagir contre un telle attitude, incompatible avec une démarche scientifique, ils se sont regroupés dans une association, le Mouvement des étudiants pour une réforme de l’enseignement de l’économie [4].


[1] John Stuart Mill, Système de Logique déductive et inductive, Mardaga Editeur, 1988, p. 459.

[2] Ibid, p. 467.

[3] Ibid, p 490.

[4] Voir le site : www.autisme-economie.org.

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 16:18

Deuxième article de NESTA publié sur agoravox: http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44666

 

Nicolas Sarkozy a demandé à deux prix Nobel d’économie de réfléchir sur de nouveaux indicateurs de richesse. Le plus connu, le PIB, serait devenu obsolète et incomplet. La science économique a mis en perspective différentes approches de la richesse et du bien-être. Deux écoles s’affrontent, deux visions du monde s’opposent... Voici la seconde présentée.

 

Nous avons vu dans un article précédent la vision néoclassique du bien-être et les implications sociétales qui en découlent. L’objectif de ce second volet est de présenter les limites d’une telle vision et de proposer une alternative crédible. Cependant, n’attendez pas ici de réponses toutes faites, cet article doit être compris, non pas comme une bonne parole parmi tant d’autre, mais comme une sorte d’étrier permettant, je l’espère, de comprendre les enjeux et offrant un éclairage le plus simple possible des théories hétérodoxes.

 

Pour débuter, cette analyse part de trois postulats fondamentaux :

 

1) La richesse n’est pas la valeur, elle vaut plus que la valeur.

 

2) Le PIB est un indicateur limité du bien-être.

 

3) La redéfinition de la richesse est nécessaire à la redéfinition de la place du travail dans nos sociétés, et à la conceptualisation du nouveau développement durable.

 

La richesse ?

Qui n’a jamais entendu parler du produit intérieur brut (PIB) ? Qui n’a jamais entendu parler de sa croissance ? Mais comment le définir ? Le PIB est la somme des valeurs ajoutées monétaires (exprimées par un prix). Par conséquent, il exclut toutes les activités extérieures à la sphère monétaire, comme le travail bénévole ou la socialisation familiale par exemple. A contrario, il prend en considération des activités économiques néfastes et peu enclin à améliorer le bien-être de tous, prenons l’exemple des activités polluantes ou des productions nuisibles. De plus, comme nous l’avons vu précédemment, à partir d’un seuil de PIB (15000€/pers/an) l’amélioration du bien-être semble décliner.

 

La conception de la richesse dépend essentiellement du système économique actuel qui centralise son objectif et ses finalités autour de la production de valeur pour le capital c’est à dire la croissance du PIB. La richesse est donc purement monétaire, telle est la conception traditionnelle. Pour comprendre cela, nous devons revenir sur un point théorique central et primordial. En effet, cette vision et définition de la richesse découle du refus des économistes néoclassiques de distinguer valeur d’usage (VU) et valeur d’échange (VE). Cette distinction apportée par Aristote, Smith, Ricardo et Marx souligne la différence entre la richesse (la VU) et la valeur (VE). En effet, la VU est l’utilité apportée par la consommation de tel ou tel produit, par l’utilité de telle ou telle activité... La valeur d’échange est la valeur qui vient grossir le capital. Pour l’analyse néoclassique, cette distinction n’existe pas, ainsi, tout ce qui vaut est richesse. On retrouve la conception de l’optimum de Pareto et de l’économie du bien-être. L’accumulation matérielle et la maximisation des revenus sont sources de valeur et donc de richesse.

 

Quelles sont les conséquences de ce postulat ? Seuls les biens et services marchands et monétaires sont utiles et permettent d’accroître le bien-être collectif et individuel. Nous comprenons maintenant pourquoi l’idée centrale de l’économie libérale est la privatisation et la place centrale du marché. L’évaluation monétaire permet des choix rationnels sur les marchés autorégulés.

 

La richesse vaut plus que la valeur.

Cependant, « le champ de la richesse ne se réduit pas à la valeur », pour reprendre l’expression de J-M Harribey. Comment illustrer cette expression ? Prenons l’exemple du lait maternel bu par le nourrisson au sein de sa mère, a-t-il une valeur d’échange? Non. A-t-il une valeur utilité? Oui, car cet acte maternel est la vie! La VU est infinie mais il n’existe aucune VE, aucun prix, aucune expression monétaire. Nous pourrions trouver une multitude d’exemple, la lumière du soleil, le rôle des vents, la socialisation, la biodiversité...

 

La vision néoclassique et libérale, qui réfute cette différence fondamentale, nie l’existence de richesses non monétaires et non marchandes. Ainsi, le PIB mesure ce qui est produit mais ne comptabilise pas les activités bénévoles, l’éducation personnelle, le travail domestique, le temps passé à écrire cet article, etc... qui permettent sans conteste d’améliorer le bien être de tous, la richesse d’une nation. La croissance du PIB correspond essentiellement à la croissance de la sphère monétaire et marchande. Car même si le PIB prend en compte les activités de services publics collectif, ils sont exprimés monétairement (mais ne sont pas vendus), la conception libérale néoclassique ne trouve aucune place pour l’activité de service publique non marchand. En effet, l’éducation, la santé pour ne citer qu’eux, doivent être privatisées car seul le marché est efficace, et la satisfaction des besoins ne peut provenir que de l’extension de la sphère marchande. L’expansion de la sphère marchande (VE) entraîne avec elle l’expansion de la richesse (VU).

 

Implications

Cette vision biaisée amène aux pires conclusions. Voici extrait des analyses d’économistes. J-L.Mingué (1977), « en faisant l’hypothèse initiale que seuls les croyants s’adonnent à la pratique religieuse, on peut percevoir le ménage comme producteur d’un bien d’investissement, d’un bien durable dont les bénéfices, à la différence de tous les autres biens, ne se réaliseront que dans l’au-delà. Ainsi, dans la fonction d’utilité du ménage, l’un des éléments, disons Z1, identifie la valeur actuelle de la consommation posthume : U=U(Z1,,,, Zm)... » [René Passet, une économie de rêve, p.82]. Toujours pour Mingué [in Passet, page 76], «pour consentir à la formation d’un ménage, [les intéressés] doivent en escompter un gain d’utilité. L’utilité obtenue dépendra de biens et services produits à l’intérieur du ménage par la combinaison des inputs acquis sur le marché et leur propre temps... de l’analyse des coûts du mariage, la dimension la plus fertile en corollaire concerne les coûts associés à la recherche du conjoint optimal...». Summer L., 1992 à la banque mondiale « le calcul du coût d’une pollution dangereuse pour la santé dépend des profits absorbés par l’accroissement de la morbidité et de la mortalité... Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable » [in René Passet, p.67].

 

La logique du slogan présidentiel « travailler plus, pour gagner plus », s’inscrit dans cette logique libérale. L’objectif derrière est l’accroissement toujours plus irrésistible de cette sphère marchande qui dans l’imaginaire enrichira le pays. Travailler toujours plus, et perdre du temps pour d’autres activités affaibli le lien social, affaibli les solidarités, détruit toute cette richesse non matérielle qui fait avancer les sociétés. Travailler plus pour le capital et moins pour soi, n’est-ce pas une forme de retour en arrière quand on sait que l’histoire de l’Humanité se comprend par la baisse du temps passé par les hommes au travail. La baisse du temps de travail pour mieux vivre est nécessaire et source de richesse pour la nation. Ne travailler que pour la satisfaction de besoins essentiels, offrir du temps libre pour l’activité non marchande et non monétaire est créateur de lien social et source de richesse collective. La baisse du temps de travail détermine une nouvelle économie, non pas celle qui tente de rationaliser le comportement humain, mais celle qui de tout temps souhaite économiser ; le travail et les ressources naturelles. Le progrès de l’Humanité ne passerait-il pas par là?

 

Ces deux visions de la richesse mettent en avant deux philosophies et modèles de développement. La société du bien être marchand et matériel, l’homme rationnel en situation de concurrence, l’économie de marché. La société qui refuse la marchandisation, qui réhabilite la production non marchande et des services publics performants, qui partage le travail. Reconsidérer la richesse est un préalable important à la redéfinition des objectifs et finalités de nos sociétés. Cette redéfinition a pour avantage d’apporter une réponse claire et précise à la logique de marchandisation puisque tout simplement la richesse n’est plus à rechercher systématiquement dans la sphère monétaire et marchande. Nous en sommes tous conscients, mais théoriser ce postulat est un préalable à la constitution d’une théorie alternative. Cette dernière fondée sur les idées suivantes ; le travail se partage, le principe de privatisation et marchandisation perd tous fondements théoriques, le concept de développement durable ne peut pas se résumer à la recherche d’une «croissance durable».

 

Pour plus d'informations:

- René Passet, L’illusion néo-libérale

- J-M Harribey, Démence sénile du capital, le développement en question

 

Par NESTA sur agoravox:

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44666

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 16:06

Deux articles publiés par NESTA sur agoravox

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44533

 

Nicolas Sarkozy a demandé à deux prix Nobel d’économie de réfléchir sur de nouveaux indicateurs de richesse. Le plus connu, le PIB, serait devenu obsolète et incomplet. La science économique a mis en perspective différentes approches de la richesse et du bien-être. Deux écoles s’affrontent, deux visions du monde s’opposent... Voici la première présentée.

 

L’économie ne peut être considérée comme une science exacte, elle est et restera une science sociale. L’histoire de la pensée économique nous enseigne l’existence de quatre paradigmes : l’école classique anglaise, l’école marxiste, l’école néoclassique et l’école keynésienne. A partir de là, nous observons deux conceptions du bien-être. Les choix économiques étant des choix de société, les fondements économiques du bien-être entraînent des choix civisationnels différents et contradictoires.

 

Conception traditionnelle : l’optimum de Pareto...

L’économie du bien-être est issue de l’école néoclassique. L’optimum de bien-être, ou de Pareto, est une situation où il est impossible d’améliorer la situation d’un individu sans modifier celle d’un autre. Deux théorèmes fondamentaux en ressortent : tout équilibre concurrentiel est un optimum de Pareto, tout optimum de Pareto est associé à un système de prix tel qu’il soit un équilibre concurrentiel. Quelles en sont les conséquences ? Une idée très simple et relayée par de nombreux politiques, intellectuels ou économistes, la recherche de l’intérêt individuel dans un environnement concurrentiel permet la réalisation de l’intérêt collectif. Nous retrouvons là derrière la fameuse main invisible et la conception de l’Homo economicus.

 

Il est important de prolonger l’analyse. La recherche de l’intérêt individuel, dans cette optique, se comprend comme la maximisation de l’utilité individuelle sous contrainte. Cette phrase barbare signifie que chaque individu est contraint par son revenu à rechercher son optimisation. Comment ? Tout simplement à partir d’une courbe d’utilité, qu’il connaît bien sûr, qui lui permet d’arbitrer ses choix. Exemple : un panier de deux biens, deux prix différents, l’individu va rechercher la combinaison la plus optimale, celle qui lui offre la consommation maximale de ces biens en fonction de son revenu. Conclusion ? Le bien-être est marchand, monétaire et purement quantitatif. Le bien-être est donc objectif, il se décide par la maximisation de l’utilité possible grâce à la concurrence pure et parfaite, libre et non faussée. Cependant, par un raisonnement à l’absurde, nous pouvons très bien affirmer qu’une situation d’inégalité frappante est un optimum. Prenons l’exemple d’une situation où un individu possède tout et l’autre rien, cette situation est un optimum de Pareto. En effet, améliorer la situation du second entraîne une modification négative du premier ! Cette société est en situation optimale, tout le monde est heureux...

 

Dans cette conception, la marchandisation du monde et de toutes les sphères d’activités (santé, éducation...) est nécessaire pour établir un système de prix et une situation de concurrence pour maximiser et optimiser l’intérêt individuel et collectif. Le marché sauvera l’homme et le rendra heureux. Ainsi, dans cette optique, le PIB devient un indicateur pertinent car il mesure l’ensemble des activités monétaires et leur accroissement nécessaire au bonheur de tous.

 

L’argent ne fait pas le bonheur, il n’y contribue pas toujours...

Un article de Ilana Löwy

(http://www.mouvements.info/spip.php?article290) présente des analyses économiques, psychologiques et sociologiques qui montrent le caractère néfaste d’une telle vision et surtout des préconisations qui en découlent. L’auteur montre qu’à partir d’un certain seuil (15 000 €/personne/an), "les ressources matérielles additionnelles n’apportent qu’un supplément modeste de bonheur". De plus, les analyses sur le bonheur subjectif montrent un résultat intéressant, à la question : "êtes-vous satisfait de la vie que vous menez sur une échelle de 1 à 10 ?" Les réponses en moyenne se situent autour de 6,6/10 entre 1975 et 2005. Ce qui correspond à un bonheur subjectif très moyen, quand on sait que le PIB/hab a augmenté de... 75 %. Une analyse qui va à l’encontre de la théorie de la maximisation. Mais ce n’est pas tout, toujours dans ces études empiriques, nous n’observons pas de corrélation entre accroissement du PIB/hab et l’amélioration du développement humain. A partir d’un seuil, l’accroissement de richesse n’entraîne plus de réduction des inégalités ou de la pauvreté. La maximisation de l’utilité individuelle n’offre pas l’intérêt collectif d’une nation. Un constat peut en découler, la disparition de corrélation à partir d’un seuil prouve que l’on peut atteindre les mêmes résultats dans ces domaines avec moins de richesse économique. Et c’est là qu’entre en compte la politique. Le développement n’est pas une question de croissance, la lutte contre la pauvreté et les inégalités non plus. De plus, terminons sur un autre constat, la corrélation entre accroissement des PIB et des émissions des gaz à effet de serre.

 

Toujours dans l’article de Löwy, trois études sont présentées, une économique, une psychologique et une médicale, les conclusions sont sans appel. Layard, économiste britannique, montre que l’accroissement des PIB a entraîné une augmentation dans les statistiques des consultations psychologiques, des prescriptions de psychotropes, des suicides et de l’alcoolémie. Sa conclusion est simple, les sociétés individualistes, productivistes et égoïstes ne peuvent concilier efficacité économique et accroissement du bien-être. En effet, l’augmentation de la flexibilité du marché et du travail déstabilise les liens sociaux et détruit l’élément socialisateur de la famille. De plus, la vie sociale est dénaturée.

 

Deuxième étude, celle de Sennett. Le sociologue étudie les conséquences de l’économie de marché sur la vie des hommes. La société flexible et globalisée modifie les valeurs et les remplace. Les sociétés modernes passent d’une éthique fondée sur l’acquisition d’un savoir-faire et la satisfaction du travail bien fait à celles de l’éthique de la valorisation individuelle et du mérite. Cette évolution affaibli les liens entre l’homme et le travail. Ainsi, l’individu perd confiance et se sent inutile dans la société, il en devient déconnecté à cause de l’insécurité de l’emploi et de la fragmentation des expériences.

 

Dernière étude qui vient contester la recherche du bonheur purement matériel et des évolutions sociétales qui vont avec. Wilkinson est médecin, il part d’un constat simple, les personnes vivant dans des sociétés industrialisées et inégalitaires ont plus de problèmes de santé que ceux qui vivent dans des sociétés égalitaires. Et cela se montre par les fortes variations des taux de mortalité précoces (avant 60 ans). Ce médecin a étudié la situation entre les Etats-Unis et les pays nordiques, malgré un PIB supérieur, les Américains ont une santé plus précaire et mauvaise que celle des pays scandinaves. Et pour ne pas fausser l’étude, il exclut les Américains n’ayant pas d’assurance maladie et vivant sous le seuil de pauvreté. Ainsi, les sociétés inégalitaires affaiblissent le lien social, le degré de confiance envers les autres et surtout le niveau d’entraide et du sentiment de sécurité. Les individus ressentent de façon plus complexe et dangereuse la précarité de l’emploi, par exemple.

 

Redéfinir le bonheur ? Est-ce possible ?

La conception du bien-être en économie peut paraître illusoire et quelque peu bizarre. Ne pensons-nous pas être différents devant le bonheur, ce dernier n’est-il pas subjectif ? Au-delà de ces questions, les théories du bien-être, version libérale et néoclassique, s’inscrivent dans la logique d’équilibre général. L’économie de marché est centralisée, elle fonctionne grâce à ses marchés autorégulateurs. Il est nécessaire de considérer le bonheur de telle façon qu’il puisse s’intégrer dans une logique de société de marché. Mais cette conception légitimise toutes les privatisations et la marchandisation de toutes les sphères de la société. A l’heure des contradictions entre efficacité économique et performance écologique, ne doit-on pas redéfinir, non pas le bonheur ou le bien-être, mais les moyens d’arriver à une société qui concilie environnement, social et économie ? Le développement durable passe par une réflexion sur la richesse, la valeur et le bien-être pour sortir de la logique actuelle qui n’a pour conséquence qu’inégalité, pauvreté et affaiblissement du lien social. La société individualiste se rend compte de ses limites. Une réflexion que je me permettrai d’essayer dans un futur article...

 

Par Nesta sur Agoravox http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44533

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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 01:58

Pierre Rabhi, cette force tranquille, ce monument d'humilité, ce Gandhi des temps modernes, sera présent en Belgique les 4, 5 et 6 décembre 2008.


Oui bon, je m'emporte... Peut-être faut-il préciser que cet homme est à l'origine de ma prise de conscience d'un monde qui ne tourne pas si rond que ça. C'est avant tout la lecture du livre "graine de possibles", dialogue entre Pierre Rabhi et Nicolas Hulot, qui a mit le feu aux poudres.


Pierre Rabhi, une lueur d'espoir pour les mineurs de fond que nous sommes. Un homme qui a su bouder les fastes du monde moderne, qui a su faire le "grand saut" pour amorcer le divorce avec la "méga-machine économique" qui nous a tous gobés. Un homme qui prend les choses très au sérieux mais qui ne se prend jamais au sérieux. Un homme modeste donc mais aussi courageux, d'une grande sensibilité et d'une profonde intelligence. Un homme qui a su interpréter et transmettre le message de Krisnamurti, un autre grand sage pour qui arrogance, ambition et avidité, ferment de notre société occidentale, sont les démons à vaincre pour une société plus juste et plus vraie.


Ce grand et insignifiant personnage, sera présent en Belgique les 4, 5 et 6 décembre en Belgique.

 

Date

Conférence

Lieu

Heure

4/12/2008

Conscience et environnement

Collège Saint Joseph à CHIMAY

20h

5/12/2008

Quel progrès pour quelle décroissance?

Auditoire Socrate 10 à Louvain-la-Neuve

20h

6/12/2008

 

De l'humus à l'humain, quelle alimentation pour demain?

Arsenal des FUNDP, Rue Bruno à Namur

18h

 

Date

Organisation

4/12/2008

Cellule des Droits de l'Homme du Collège Saint-Joseph (Chimay)

5/12/2008

Maison du développement durable de LLN

6/12/2008

Maison de l'écologie de Namur

 

Quelques extraits de son livre "Conscience et environnement"


Notre siècle de rationalité matérialiste, de pesanteur minérale, de substances toxiques largement répandues, d'une science presque totalement asservie au profit, a porté atteinte au monde sensible qui constitue l'enveloppe vivante et vitale de notre planète. Il semble que ce ne soit qu'à l'aune du sacré que nous pourrions mesurer l'ampleur de notre responsabilité. "J'entends par sacré ce sentiment humble où la gratitude, la connaissance, l'émerveillement, le respect et le mystère s'allient pour inspirer nos actes, les éclairer et faire de nous des être très présents au monde, mais affranchis des vanités et des arrogances qui révèlent bien davantage nos angoisses et nos faiblesses que notre force."


"Ne pouvant produire sans épuiser, détruire et polluer, le modèle dominant contient en fait les germes de sa propre destruction et nécessite d'urgence des alternatives fondées sur la dynamique du Vivant".


"Perdre sa vie en voulant la gagner n'est pas une formule gratuite, elle correspond à un fait que la crise exacerbe. Produire et surproduire pour consommer et surconsommer en générant nuisances, dissipations des ressources et déchets à l'infini ne peut constituer une logique à laquelle nos vies doivent être sacrifiées." P 66.


"Le développement selon la concept d'aujourd'hui est fortement déterminé par la déflagration technoscientifique. Cela à introduit dans l'histoire contemporaine un quiproquo, et le développement est devenu en réalité l'anti développement, le cheval de Troie d'une idéologie strictement matérialiste travestie des attributs et des proclamations morales sensés lui donner ses valeurs humanistes." P. 71


"Le développement humain est incompatible avec le mécanisme spéculatif qui submerge l'économie réelle, à laquelle seuls l'effort, la créativité humaine et la matière tangible échangeable pour répondre aux nécessités donnent son sens et ses lettres de noblesses." P. 67.


Peut-on former un être humain sans le conformer à un ordre social particulier? Il semble que non. S'agissant de notre société, la question devient encore plus cruciale, car nous constatons qu'elle est inféodée à une logique périlleuse: rupture avec la nature, seule garante de la pérennité, fondement sur l'énergie combustible limitée et génératrice de nuisance graves, une science capable du meilleur, mais dont les pires effets menacent notre avenir, une technologie asservie par nos pulsions de mort, avec pour la première fois de notre histoire la capacité de notre espèces à s'éradiquer elle-même. Le tout étant orchestré par un Veau d'or rigide et froid déambulant dans la psyché collective pour l'ensemencer de convoitises sans limites, et faisant de notre présence au monde, qui pourrait être un beau rêve, un cauchemar. P. 184.


Cependant rien, à notre avis, ne changera si les fondements de l'éducation ne changent pas. Entre les manuels scolaire d'histoire faisant implicitement l'apologie de la force à la bataille, et un monde où l'avidité, les ambitions individuelles, sont la règle, l'enfant entre en angoisse. On quitte le liquide amniotique pour plonger dans un monde "champ de bataille" où il faut se battre, gagner, être premier, dominateur, victorieux. Il suffit d'observer ses propres enfants pour se rendre compte qu'ils évoluent bien plus sous la terreur de l'échec que l'enthousiasme d'apprendre, et c'est là une défaillance que les phraséologues ou phraséocrates politico-pédago-psycho-techniciens, s'ils ne sortent du carcan de la société du productivisme efficace, ne corrigeront jamais. P. 219


Dans le désenchantement grandissant du monde, être heureux et rendre heureux en aimant et respectant toutes les manifestations de la vie, n'est-ce pas l'œuvre suprême de l'intelligence? P. 90.

 

Malheureusement, à un tel niveau, comme pour Hulot, Al Gore et bien d'autres, la cohérence des actes finissent par poser question… Pierre Rabhi prend l'avion et la voiture, se déplace un peu partout et s'éclaire a l'électricité nucléaire… Il s'est, lui aussi, fait gober par la "méga-machine". Pierre Rabhi n'est-il pas, bien malgré lui, lui aussi, instrumentalisé par les forces "invisibles" du marché et du capital?

 

C'est pour la bonne cause? Est-on obligé d'hurler avec les loups pour infléchir le mouvement? Probablement…

 

Dans l'immense salle économique rythmée par la course au profit, il semble impossible de rompre le pas sans se faire marginaliser. C'est sous cette chape économique rigide qu'il semble y avoir incohérence entre nécessité impérieuse d'agir à grande échelle et fondement intrinsèque du message. Un calcul arithmétique classique est-il bien à propos pour mesurer le réel apport sociétal ou écologique du militantisme et actions de Pierre Rabhi? Bien à propos, tant cet apport est subjectif et hautement libérateur.

 

Comment mesurer en effet, la fierté et l'autonomie retrouvée du Touareg Malien ou du paysan Marocain, Burkinabé ou Sénégalais? Comment mesurer le gain de sourire de ces paysans? Comment mesurer la suppression de flux migratoires vers des bidonvilles déjà surpeuplés? Comment mesurer la baisse de la pratique de la culture sur brulis? Comment mesurer une baisse du taux de maladie et de mortalité suite à la sensibilisation et à la reconquête de savoirs perdus? Comment mesurer l'éveil des consciences suite à ses paroles et ses actes? Comment mesurer tous ces petits plus sociaux et écologiques comparé au calcul inique et réducteur de consommation électrique ou d'émissions de CO2, domages collatéraux inévitables aujourd'hui, tant l'action pour un sobre et local regain d'autonomie est urgente et impérieuse si nous ne voulons pas perdre nos vies et le peu d'humanisme qu'il nous reste.
 

Voir aussi

Mouvement pour la Terre et l'Humanisme

www.terre-humanisme.org

www.colibris-lemouvement.org

 

Blog de Pierre Rabhi

www.pierrerabhi.org/blog/

 

 

 

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 00:30

 

Bien sûr on peut aisément taxer cette vidéo de démagogique. Mais qu'est-ce qui est démagogique? Le fait que l'on bombarde l'ex-Yougoslavie des jours durant avec emploi d'uranium appauvri? Que l'on attaque l'Irak ou l'Afghanistan sous des prétextes dignes de films policiers à grande distribution? Que l'on affame plus de la moitié de la population mondiale sous l'auspice sournois de la lutte contre la pauvreté et la faim? Que l'on déboise des milliers d'hectares de forêts tropicales pour reboiser "écologique" et faire rouler nos caisses (Cfr. article compenser CO2…)? Nous vivons une époque où la désinformation est aussi puissante que l'information. Ce blog n'est d'ailleurs qu'un vulgaire son de cloche de plus dans la quête de l'ineffable vérité.

Faire passer un message sans emportements et passions est extrêmement difficile. La raison même qui nous pousse à parler et agir est souvent mue par la passion et la révolte. Idéalement, pour un résultat durable et efficace, la révolte devrait se faire empathie puis amour. C'est, de loin, le chemin le plus sûr et le plus noble. La haine engendre la haine. La haine déforme la vérité, la haine est celle qui sert de terreau à l'adversaire. Mais allez donc expliquer cela aux paysans Indiens, Pheul ou Mexicains ruinés par les chimères du monde agrochimique et les vertus supposées de leur usage (nourriture, opulance, richesses).

Comme pour le film documentaire Nos enfants nous accuseront on objectera sans doute une certaine partialité, un manque de rigueur, l'occultation intentionnelle de certains fait comme la détection actuelle plus rapide et aisée de cancers par exemple… La critique du documentaire dans un article du Monde du 11 novembre sonne d'ailleurs assez juste tout en concluant objectivement: Nos enfants nous accuseront est en revanche intéressant par la manière dont, à travers les discussions entre le maire et ses administrés ou entre les agriculteurs bio et les conventionnels, il pose la question de la faisabilité d'une autre logique que celle du marché, du productivisme et de la vision à court terme.

Pas évident de faire passer un message! Je reprendrai ici les propos d'ECOSOPHIA sur le blog de RAFFA: Les "pro-industriels" ne manqueront pas de relever les inexactitudes, les omissions, le "sentimentalisme" pour dire que la conclusion du film est inexacte et mensongère (ce qui est faux!). Il est déjà difficile de convaincre le plus grand nombre lorsque les arguments sont exposés valablement .... Les individus qui restent à convaincre n'iront pas le voir (le film), ils n'en ont certainement pas entendu parler d'ailleurs. Par contre, les industriels feront le nécessaire pour que les "inexactitudes" du film soient indiquées au plus grand nombre et médiatisées."

Mais revenons à notre Codex… Qui dit vrai? Oublions même les allusions au Nazisme ou le regrettable plan simiesque de Sarkosy, et focalisons nous sur l'essentiel: les principes et les bases du codex. Tentons de nous faire notre propre opinion en allant lire les textes officiels du codex sur le site du codex et sur le site de la FAO. En voici quelques passages…

"Si tous les pays harmonisaient leurs législations alimentaires et adoptaient des normes approuvées à l'échelle internationale, ces questions (santé des consommateurs) trouveraient une solution naturelle. Grâce à l'harmonisation, ils prévoyaient une réduction des obstacles au commerce et la libéralisation des échanges entre les pays, dont tireraient profit les agriculteurs et leurs familles et qui aideraient à atténuer la faim et la pauvreté." Dans Le Codex et le commerce international des denrées alimentaires. Quel est LE BUT REEL? La santé ou le commerce et le profit???

"La Commission examine déjà l'application des biotechnologies au traitement des aliments et à la production de matières alimentaires brutes et se penche continuellement sur de nouveaux concepts et systèmes visant à assurer l'innocuité des aliments et la protection des consommateurs contre les risques sanitaires. Ce type de sujet donne une idée de l'orientation que les activités de la Commission pourraient prendre à l'avenir." Dans le Codex et l'avenir. Quel est le BUT REEL? La santé ou l'application de notre toute puissante technoscience occidentale totalement asservie aux vils intérêts pécuniaire?

"Quoi qu'il arrive au cours des prochaines années, on peut affirmer sans risque que la contribution du Codex Alimentarius à l'amélioration du bien-être de l'humanité est l'une des plus belles et des plus remarquables réalisations du XXe siècle." Dans le Codex et l'avenir. J'ai de TRES sérieux doutes! J'ai en mémoire quelques discours rutilants de noblesse et de pureté d'une histoire pas si ancienne et qui s'est terminé par un autre type d'hyperbole plutôt macabre!

Ainsi donc, pour les partisans du codex le maître mot réside dans l'UNIFORMISATION.

Mais l'uniformisation et la standardisation, d'autant plus dans le domaine alimentaire et sanitaire, n'est-ce pas hypothéquer nos chances de survie et d'adaptation face à l'adversité de la vie? Ne faisons-nous pas encore partie de la Nature et de ses aléas?

 

Moins de diversité signifie moins de résilience, une capacité moindre à rebondir en cas d'imprévu, en cas de coup dur. Un peu comme nos monocultures d'OGM SUPER-productives mais qui ne font pas long feu au moindre stress hydrique ou à la moindre attaque de nuisibles.

Ou encore comme le déclin de la noblesse à cause de problèmes de consanguinité.

 

Les êtres vivants et nos organismes concentrent des milliards de bactéries et organismes divers qui permettent la Vie et la résistance aux maladies! C'est la BIODIVERSITE et la MULTIPLICITE qui est salvatrice et pas l'inverse!

Raison pour laquelle, l'industrialisation et la mondialisation, par leur organisation structurelle et fonctionnement actuel, sont fondamentalement antinomique à l'essence même de la Vie. Une Vie qui résulte non seulement d'essais - erreurs sur la diversité mais aussi d'une part de divin ou de sacré. Ce petit quelque chose que nous ne comprenons toujours pas et que nous détruisons dès que nous tentons de l'étudier de manière scientifique.

 

D'autres sites

http://www.noslibertes.org/dotclear/index.php?post/2008/07/20/126/Le-Codex-Alimentarius

http://www.onnouscachetout.com/themes/alimentation/codex-alimentarius.php

http://www.lespacearcenciel.com/resistance-sur-le-fameux-codex-alimentarius.html

http://www.nous-les-dieux.org/Codex_Alimentarius

 

 

 
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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 23:49

Il faut arrêter de croire que le nucléaire va nous sauver. Quelques passages d'un entretien avec Stéphane Lhomme, porte parole du réseau sortir du nucléaire. L'entretien concerne surtout la France mais peut s'appliquer à tout les pays ayant recours au nucléaire.

 

 

 

 

Bob : Avec la prévisible catastrophe écologique que représente l'utilisation grandissante du charbon comme source d'énergie (le charbon rejette encore plus de CO2 que le gaz ou même le pétrole), ne pensez-vous pas que le nucléaire, malgré le problème de la gestion de ses déchets, reste, en attendant de nouveaux développement technologiques, une solution ?


Stéphane Lhomme : Si le nucléaire pouvait permettre de se passer du charbon, ou même de réduire de façon quantifiable la consommation de charbon, on pourrait se poser la question : peut-être que ça vaut le coup d'avoir les risques de catastrophe nucléaire, les déchets radioactifs, la prolifération vers l'arme atomique, dans la mesure où cela nous permettrait de lutter contre le réchauffement climatique.


Hélas, on a bien tous les risques du nucléaire, mais cela ne permet absolument pas de réduire la consommation mondiale de charbon : (…) le nucléaire, c'est 2 % de la consommation mondiale d'énergie, une part marginale qui n'a aucune perspective de croissance. Il faut tenir compte des déclarations de M. Mandil, directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, qui, le 10 novembre 2006, a déclaré : "La tâche principale de l'industrie nucléaire dans les années à venir sera d'essayer de remplacer les centrales qui auront atteint leur fin de vie. Cela signifie qu'on aura besoin de nombreuses nouvelles centrales sans pour autant augmenter la part du nucléaire dans la production d'électricité." Ce qui veut dire que le nucléaire va rester une énergie marginale sur la planète, incapable d'empêcher le réchauffement climatique, même partiellement.

 

Alklan : On nous parle sans arrêt de sortir du nucléaire, parce que c'est polluant et dangereux. Mais quelles énergies préconisez-vous pour remplacer le nucléaire ?


Stéphane Lhomme : Par exemple, il faudrait un véritable plan Marshall de rénovation des bâtiments. On fait aujourd'hui des maisons dites "à énergie positive" qui produisent plus d'énergie qu'elles n'en consomment, et qui n'ont donc plus besoin d'être reliées au réseau gaz-électricité. Si l'on développe ces solutions à grande échelle, on pourra se passer du nucléaire tout en réduisant les émissions des gaz à effet de serre. A nouveau, la solution passe par une réduction très importante de la consommation d'énergie, principalement dans les pays riches.


On peut dire que c'est utopique, mais dans ce cas, on ne sauvera pas la planète. Par contre, on peut réduire de façon très importante notre consommation d'énergie sans pour autant aller vivre dans des grottes avec des bougies. Les maisons à énergie positive permettent de vivre tout à fait normalement (et même avec un bien-être supérieur par rapport aux habitations ordinaires). Il est anormal que l'on continue à fabriquer des bâtiments ordinaires qui laissent s'échapper la plus grande partie de leur énergie à l'extérieur.


Pour "justifier" le nucléaire, EDF a installé en France des millions de chauffages électriques et maintenant, avec le réchauffement climatique, il y a de plus en plus de climatiseurs. Donc dès qu'il fait froid ou chaud, on a des consommations extraordinaires d'électricité, dont on pourrait se passer avec des bâtiments bien conçus.


Donc la chose la plus importante est de réduire notre consommation d'énergie. Il ne faut surtout pas essayer de produire (et de gaspiller) avec les énergies renouvelables autant qu'avec les centrales nucléaires, ce serait absurde. Les énergies renouvelables doivent venir en complément d'une politique ambitieuse d'économies d'énergie. L'énergie nucléaire "sûre" ou "propre" n'existe pas. Le nucléaire est par nature injustifiable (risques, déchets, prolifération vers l'arme atomique). Il faut donc s'en passer totalement. Et ne pas se contenter d'en réduire la part.

 

Findus : Dans ce débat, par nucléaire, on sous-entend fission nucléaire. Qu'en est-il de la position des candidats concernant la fusion nucléaire ? Quelles sont leurs ambitions vis-à-vis de la recherche dans ce domaine ?

Stéphane Lhomme : Les réacteurs nucléaires actuels fonctionnent sur le principe de la fission nucléaire. La fusion nous est annoncée pour "bientôt" depuis cinquante ans. D'ailleurs, il y a 50 ans, c'était pour "dans cinquante ans". Maintenant qu'on y est, c'est "pour dans cent ans". Il est vraisemblable que ça ne marchera jamais. D'ailleurs deux Prix Nobel de physique, M. Koshiba (2002) et Pierre-Gilles de Gennes ont clairement expliqué que le projet ITER (réacteur de fusion nucléaire prévu à Cadarache, près de Marseille) n'a aucune chance d'aboutir à quoi que ce soit. Ce réacteur n'est même pas conçu pour produire de l'électricité (par contre, il va en consommer des quantités immenses). Le seul but est d'essayer de maintenir une réaction de fusion nucléaire pendant 400 secondes. Mais il est impossible de récupérer l'énergie pour en faire de l'électricité.

 

U235 : Le nucléaire c'est l'indépendance énergétique, vrai ou faux ?

Stéphane Lhomme : Faux. On l'a bien vu pour la France. Malgré 58 réacteurs nucléaires, l'atome ne couvre que 16 % de notre consommation d'énergie, et notre facture énergétique a explosé, comme pour les autres pays. De plus, tout l'uranium (le combustible des réacteurs nucléaires) est importé, principalement du Canada ou du Niger, où la France maintient une politique coloniale tout en contaminant les populations et l'environnement pour "nourrir" nos réacteurs nucléaires. Donc il n'y a pas d'indépendance énergétique avec le nucléaire.

On a pour le moment des guerres du pétrole, mais il est fort probable qu'on aille vers des guerres de l'uranium, parce que les réserves mondiales s'amenuisent, ce qui fait que de toute façon le nucléaire n'a pas plus d'avenir que le pétrole.

 

Pamela : Quelle est la position Parti communiste français sur le nucléaire ?


Stéphane Lhomme : Le Parti communiste français a toujours été et reste un fervent promoteur du nucléaire, et il continue à réclamer de nouveaux réacteurs. Cela pose un vrai problème sur le plan démocratique, vu que le PCF prétend construire une société démocratique. En effet, toutes les centrales nucléaires ont été construites à grand renfort de compagnies de CRS, de coups de matraque et de gaz lacrymogènes pour réprimer les populations qui n'en voulaient pas.

 

François C : Pourquoi condamner le nucléaire alors que l'on aura sans doute besoin de toutes les armes possibles pour lutter contre les émissions de CO2 ? D'autant que la 4e génération de réacteur est très prometteuse. Alors pourquoi se couper de ce que le progrès scientifique et technique peut nous apporter ? Ne serait-ce pas pour d'obscures justifications purement idéologiques ?

Stéphane Lhomme : Cette histoire de "4e génération" est un emballage publicitaire pour des réacteurs que l'industrie nucléaire a déjà essayé de faire fonctionner : le réacteur "de 4e génération" français est prévu pour être un réacteur à neutrons rapides, avec caloporteur sodium : c'est tout simplement la même chose que Superphénix, le surgénérateur qui n'a jamais fonctionné mais qui a englouti plus de 10 milliards d'euros pour rien. La 4e génération, c'est donc seulement le retour de Superphénix avec la perspective d'un nouveau désastre comme la première fois, ou comme l'EPR finlandais actuellement.

Si les chercheurs français souhaitent réaliser des prodiges, qu'ils les fassent dans les énergies renouvelables : le Soleil nous envoie à chaque instant 4 000 fois plus d'énergie qu'on en consomme sur Terre. Il suffirait donc d'arriver à capter une toute petite partie de cette énergie pour régler la question. Malheureusement, les chercheurs du Commissariat à l'énergie atomique, qui prétendent depuis 50 ans réaliser des miracles qui n'arrivent jamais, se déclarent par contre incapables de faire progresser les énergies renouvelables. C'est curieux.

 

Le_wikibre_maqué : Pourquoi les experts n'ont-ils pas tous le même discours ?


Stéphane Lhomme : Si l'on veut bien se pencher sur les chiffres officiels, comme ceux de l'Agence internationale de l'énergie, qui est pourtant favorable au nucléaire, on voit que le nucléaire est et va rester une énergie marginale sur la planète. Ce n'est donc pas une opinion, mais un fait incontournable.

Il faut en prendre acte et ramener le nucléaire à ce qu'il est : une énergie injustifiable à cause de ses tares que nous avons déjà évoquées (risques, déchets, prolifération...). D'ailleurs, concernant le réchauffement climatique, je tiens à ajouter ceci : non seulement le nucléaire ne l'empêche pas, mais la réalité est en fait inverse : c'est le réchauffement climatique qui s'attaque au nucléaire. Pendant les canicules 2003 et 2006, le parc nucléaire français a été en très grande difficulté, il n'y avait plus assez d'eau dans les rivières (ou de l'eau trop chaude) pour pouvoir refroidir les réacteurs, qui ont dû fonctionner à basse intensité ou être arrêtés. Et la France nucléaire n'a évité le black-out qu'en important massivement et à des prix exorbitants de l'électricité de chez nos voisins (Espagne, Grande-Bretagne, Allemagne). De plus, le réchauffement climatique se manifeste aussi par des épisodes très violents, comme les tempêtes, et pendant la tempête de décembre 1999, la centrale nucléaire de Blayais, près de Bordeaux, a été très gravement inondée et a frôlé la catastrophe nucléaire.

 

Totem : Pensez-vous qu'EDF et Areva développent vraiment les énergies renouvelables? Si oui pourquoi? Est-ce une question d'économie? D'environnement? D'image?

Stéphane Lhomme : Il est vrai que ces entreprises, de même que les pétroliers comme Total, investissent dans les énergies renouvelables, tout simplement parce qu'il y a de l'argent à y gagner. Mais si l'on continue à surconsommer et à gaspiller l'énergie, on aura le pétrole, le gaz, le charbon, le nucléaire et les énergies renouvelables, et la planète sera tout aussi condamnée qu'actuellement.

C'est pour cela que nous répétons que le développement des énergies renouvelables n'a de sens que dans le cadre de la mise en place d'une société sobre qui permettrait à la fois de sortir du nucléaire et de réduire de façon importante notre consommation de pétrole, de gaz et de charbon. Cela peut sembler utopique, mais c'est ça ou la fin de la planète.

 

Pour terminer, deux infos supplémentaires

1) Stéphane Lhomme a été placé en garde à vue et interrogé pendant 9h le 25 mars 2008 par la Direction de la Surveillance du Territoire (DTS) pour «compromission du secret de la défense nationale». Il est accusé d'avoir divulgué une info d'un document hautement confidentiel stipulant que le réacteur EPR n'était pas conçu pour résister à un crash suicide réalisé par un avion de ligne. Affirmation contraire aux dires d'EDF, Areva et les autorités françaises. Il risque cinq années d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Nous vivons une période où informer sur les dangers potentiels d'une technique ou d'une technologie sont passibles d'emprisonnement. Lire Soutien à Stéphane Lhomme et le compte rendu de la journée de Stéphane à la DTS.

 

2) Le réseau "Sortir du nucléaire" éprouve de grosses difficultés financière en ce moment. Aider une telle initiative citoyenne est, à mon avis, de bien meilleure augure qu'un financement à un projet de compensation de CO2 à vocation capitaliste comme il en est fait mention dans un article de ce blog: Compenser nos émissions de CO2 en plantant des arbres

 

La parole à Philippe Brousse, directeur du Réseau "Sortir du nucléaire":

 
Autant vous le dire sans détour : les finances du Réseau "Sortir du nucléaire" sont actuellement au plus bas.
 
Nous avons donc besoin d'une aide rapide et massive de votre part. 
 
Votre don, même minime (10 ou 15 euros), nous apportera un soutien crucial.
 
Depuis 10 ans, le Réseau "Sortir du nucléaire" réalise un énorme travail quotidien pour informer, alerter, rassembler, agir et proposer des solutions concrètes. L'actualité de ces derniers mois (accident nucléaire au Tricastin...) montre à quel point une vigilance citoyenne est indispensable.
 
Association libre et indépendante, le Réseau Sortir du nucléaire refuse les subventions publiques et toutes les contributions financières des entreprises. Nous ne comptons que sur les dons de milliers de citoyen-ne-s ...c'est-à-dire VOUS ! Donnez-nous les moyens de poursuivre nos actions !
 
Votre don est déductible à 66 % de vos impôts. Ainsi, un don de 50 euros ne vous coûtera en réalité que 17 euros après déduction fiscale. Vous recevrez un reçu fiscal.
 
Pour vous remercier chaleureusement de votre soutien, vous serez abonné automatiquement (sauf avis contraire de votre part) à notre revue trimestrielle "Sortir du nucléaire" quel que soit le montant de votre don. Si vous êtes déjà abonné, nous prolongerons votre abonnement pendant un an. 
 
 C'est maintenant que nous avons besoin de vous :
 1/ Faites un don en ligne: 
http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/don-en-ligne.html
 2/ Envoyez nous un chèque à l'ordre de "Sortir du nucléaire" à :
 Réseau "Sortir du nucléaire" - 9, rue Dumenge - 69317 Lyon Cedex 04
 
Pensez à vos cadeaux de fin d'année en achetant un livre, DVD, CD, jeu, autocollant, ... dans notre boutique en ligne : 
http://boutique.sortirdunucleaire.org/
 
Mille mercis pour votre aide.
 
Amicales salutations,
 

Philippe Brousse
Directeur du Réseau "Sortir du nucléaire"
9, rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04
Tel. 04 78 28 29 22

http://www.sortirdunucleaire.fr

 

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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 10:31

Extraits de l’introduction

« Quand le bégaiement de la finance libéralisée est à ce point bruyant, la compulsion de répétition à ce point visible, et que reviennent sans cesse, sous des formes à peine modifiées, les mêmes catastrophes de l’instabilité et de l’incurie financières réunies, il ne reste plus aux amis des marchés que les arguments du quiétisme philosophique, puis celui de l’histoire longue, bref le registre de la sagesse - mais surtout à l’usage des autres. Avec le fatalisme équanime et distingué de ceux qui n’ont jamais eu à souffrir de la fatalité, l’hebdomadaire The Economist, tout entier acquis à la cause des marchés, décline le registre du « c’est ainsi » : « la crise est le prix de l’innovation » (1), « les financiers ont découvert qu’ils avaient créé des risques qu’ils sont incapables de maîtriser. Ça n’est pas une raison pour condamner globalement le système : il est bien trop utile » (2) , et tout cela dit avec un impeccable flegme - en fait celui de qui n’a jamais eu à payer les pots cassés. « Comme le reconnaît M. Paulson, une meilleure régulation ne nous évitera pas une explosion tous les cinq ou dix ans. À ce moment-là se feront de nouveau entendre des clameurs de changement (3) » - il faut donc que les victimes du credit crunch, entreprises conduites au dépôt de bilan faute de renouvellement de leurs crédits et salariés laissés sur le carreau, apprennent un peu à devenir philosophes et à enfin acquiescer au cycle des saisons financières, qu’on ne changera pas davantage que celui des révolutions cosmiques. Dans sa profonde sagesse The Economist fait preuve d’indulgence par anticipation : il y aura inévitablement « des clameurs », mais n’est-ce pas le prix - bénin - à payer de s’adresser à la foule immature et braillarde ?

Frédéric LORDON donnera une conférence en compagnie d'Etienne de Callatay (économiste à la Banque Degroof) à 19h30 le 20 novembre à 4000 Liège,  aux HEC, Rue Louvrex, 14: http://www.local.attac.org/liege/pdf/Affiche_finance03_nov2008.pdf

Révisionnisme historique

Il y a peut-être pire que la morgue des satisfaits : leur révisionnisme historique. The Economist, encore lui, invite à peser les conséquences d’un geste régulateur inconsidéré à l’aune de l’histoire : on ne saurait aller « contre cinq siècles de booms et d’effondrements financiers » (4) ; oui « un système financier sophistiqué et innovant est susceptible de crises destructrices, mais un système étroitement régulé condamne l’économie à la croissance lente » (5). On passera sur le barbarisme historiographique qui consiste à faire croire que nous vivrions dans « le capitalisme financiarisé » depuis cinq siècles - même s’il y a sans doute quelque chose de vrai dans la référence lointaine : à défaut d’avoir jamais pris le degré d’organisation en système financier qui est le leur actuellement, les mécanismes spéculatifs ont fait connaître de longue date leurs nuisances. Il y aurait donc une lecture exactement inverse à faire de cette histoire longue, non pas la lecture fataliste du « c’est ainsi », mais la lecture avertie, et en fait simplement conséquente, consistant à ne pas vouloir laisser se réinstaller, qui plus est à une échelle élargie, des mécanismes dont la désastreuse instabilité a été si souvent avérée. À qui n’aurait pas été affligé des oeillères de la théorie dominante, il aurait été facile de relire des auteurs - Keynes, Kindleberger ou Minsky - dont la lucidité analytique, instruite des débâcles du tournant du XXe siècle, a montré de quelles catastrophes la finance de marché était capable, et surtout quels en étaient les mécanismes les plus généraux, transportés à l’identique dans le temps. La déréglementation financière du milieu des années 1980 restera au total comme un cas d’école de l’ignorance crasse des enseignements de l’histoire et de la théorie économique la plus éclairée. Du jour où elle a été lancée, et sans nul besoin d’avoir à se figurer les futures trouvailles de l’ « innovation financière », un observateur qui n’aurait pas été complètement intoxiqué par la doctrine « de l’efficience et de l’autorégulation des marchés » aurait pu génériquement annoncer les désastres à venir. Est-il fortuit qu’à peine vieille de deux ans, la déréglementation nous ait fait renouer en 1987 avec un « octobre noir » de Wall Street, pareil à celui de 1929 et ressorti tel quel des congélateurs de l’histoire ou, plus fort encore, que la crise des subprimes nous gratifie avec Northern Rock d’une panique bancaire que le Royaume-Uni n’avait pas connue depuis… 1 866 ? ! Il n’y a hélas rien de nouveau sous le soleil des marchés libéralisés - pas même l’amnésie de ceux qui, en toute inconscience, leur rouvrent la porte à intervalles réguliers.

Mais dans l’histoire revue et corrigée par The Economist, l’alternative de « la sophistication performante » et de « la régulation à croissance faible » ne laisse pas moins rêveur. L’hebdomadaire libéral a visiblement oublié que la déréglementation financière aura été corrélée dans bon nombre de pays industrialisés avec une croissance très médiocre. En tout cas beaucoup plus faible que celle des années 1945-1975, réalisée dans une configuration du capitalisme qui avait eu la prudence de laisser la finance enfermée à double tour ! On attend toujours du système « sophistiqué » la croissance à 5 % et le plein-emploi du système « régulé » et « archaïque ». Ceux qui ne peuvent recevoir ce genre de référence sans y voir aussitôt le projet passéiste d’un retour à l’ « âge d’or » sont incapables de comprendre qu’on puisse en faire un usage simplement logique - mais fatal. Car il suffit d’un seul contre-exemple pour détruire une généralité. On comprend mieux qu’ils veuillent tant chasser la période du contre-exemple fordien de leur souvenir puisqu’elle est une de ces taches indélébiles de l’histoire qui ruine sans appel la proposition générale du capitalisme financiarisé comme forme universelle et universellement supérieure de l’organisation économique. Le déni révisionniste est alors tout ce qui leur reste, à l’image d’un Alan Greenspan (6) qui n’hésite pas à soutenir que « la régulation, la supposée solution à la crise d’aujourd’hui, n’a jamais été capable d’éliminer les crises de l’histoire » (7). Alan Greenspan sait-il que la régulation est précisément ce qui nous a permis de traverser les années 1945-1985 sans une seule crise financière ? Ou feint-il seulement de l’oublier ?

N’est-il pas pourtant grand temps de se décider à mettre un terme à l’éternel retour de la crise financière ? Si « les choses peuvent être défaites à condition qu’on sache comment elles ont été faites », il n’y a guère d’autre solution que d’abandonner les évocations grandioses et fallacieuses de « l’histoire » pour ouvrir la boîte noire de la finance. C’est une chose en effet que de constater l’éternel retour de la crise financière, de percevoir l’invariance de ses formes sous la diversité de ses contenus, c’en est une autre d’identifier ses mécanismes fondamentaux et les forces qui la réengendrent continûment. Un paradoxe s’ajoutant à l’autre, il serait presque tentant de se laisser guider par les amis de la finance dont certains, visiblement à leur corps défendant, font état d’un sens du jugement d’une très grande sûreté, mais négativement, c’est-à-dire dans l’erreur.

L’instabilité financière

En d’autres termes, pour identifier sans se tromper ce qui est essentiellement vicié dans la finance de marché, il suffit de lire ce qui est le plus célébré par ses idéologues. Éric Le Boucher, dans le journal le Monde : « L’hyperfinance est à la fois fondamentalement bonne et fondamentalement mauvaise. Fondamentalement bonne, (elle) l’est parce qu’elle est fondée sur la compétition et sur l’innovation. Fondamentalement mauvaise, elle l’est parce qu’elle repose sur le mimétisme et l’aventurisme. » (8) Comme souvent, la dialectique sonne le temps des compromis, c’est-à-dire des révisions déchirantes, ou plutôt des révisions déniées, mises en phrases autocontradictoires. En application du principe de lecture inversée, il faut reconnaître à Éric Le Boucher de pointer avec une parfaite sûreté le coeur de l’instabilité financière : la concurrence et l’innovation ! Caractéristique de la pensée sens dessus dessous, les raisons du « fondamentalement bon » sont en fait celles du « fondamentalement mauvais », et les mots lâchés au titre du « fondamentalement mauvais » sont de parfaites illustrations de ceux qui parlent du « fondamentalement bon » (lequel révèle du coup sa nature fondamentalement mauvaise !) : le mimétisme est le produit direct de la concurrence, et l’aventurisme celui de l’innovation financière. Il s’en déduit trois thèses pour remettre sur ses pieds ce qui marchait sur la tête.

Thèse 1. La concurrence (alliée à la cupidité) est la force par excellence de l’aveuglement au risque et de l’emballement collectif. Le propre de la finance de marché dans la configuration présente de ses structures est que toutes les incitations y sont vicieuses ! Lâchés dans un univers qui offre des opportunités de profit sans équivalent avec le reste de l’économie réelle, et soumis à une concurrence intense qui les poussent à ce que ces profits très hauts le soient toujours davantage, les opérateurs de la finance, banques et investisseurs, sont magnétisés par l’idée du rendement au point d’en oublier son corrélat : le risque. Comme dans le secteur des médias, le secteur de la finance montre assez, contrairement aux idées reçues de l’idéologie compétitive, combien la concurrence tend à produire de l’homogène et non de la diversité. Si quelque part s’amorce une dynamique de profitabilité spéculative - un jour les actions dotcom, le lendemain les dérivés de crédit -, la concurrence, qui exige de ne pas se laisser distancer, pousse irrésistiblement les opérateurs à la rejoindre. Avec la puissante propriété de se donner raison à eux-mêmes puisque l’afflux d’investisseurs, donc de liquidités, dans ces marchés en fait monter les prix, donc les plus-values, donc les profits - et chacun de conclure « rationnellement » que le nouveau lieu du rendement a été correctement identifié. Le mécanisme d’auto-confirmation est même plus puissant encore, puisque la dynamique du prix des actifs nourrie par les forces de la concurrence mimétique s’établit pour un temps dans un régime de croissance intense et stable - et le risque semble en effet s’évanouir ! L’acharnement à poursuivre le rendement sans réserve s’en trouve décuplé. Et décuplée également l’accumulation silencieuse de risques, évidemment voués tôt ou tard à faire retour, mais sur le mode le moins contrôlé de la panique. Tous les mécanismes concurrentiels, à tous les étages de la structure financière, soutiennent ces ralliements aveugles et convainquent jusqu’aux opérateurs les plus « conservateurs » d’abandonner leurs anciennes prudences pour rejoindre l’euphorie générale.

Magie de l’innovation

Thèse 2. L’ « innovation » soutient le déni imaginaire des risques… et leur accumulation réelle. La titrisation a ainsi convaincu la communauté financière qu’elle avait enfin trouvé la martingale ultime en matière de risques de crédit. Telle est d’ailleurs la promesse générique des produits dérivés : tout peut être couvert, il n’est pas de risque pour lequel n’existe un produit spécifique permettant de s’en défaire ou de s’en protéger. Enhardis par cette assurance fallacieuse, qui n’a pour garantie que les propriétés magiques du mot « innovation », les opérateurs ont alors consenti à porter des volumes de risque parfaitement déraisonnables et dont ils n’avaient en fait aucune maîtrise.

L’incertitude radicale du marché

Thèse 3. La mesure du risque - exante est impossible. Pour toute la sophistication que lui prête une mythologie sociale savamment entretenue, à base de salles de marchés pareilles à des centres de contrôle de la NASA, de modèles mathématiques et d’analystes surdiplômés, la finance n’a strictement rien vu venir de la crise. Cette incapacité n’est pas une imperfection transitoire qui serait vouée à se résorber du fait des progrès de la science financière. C’est une carence essentielle, ontologique, qui tient à l’indétermination profonde des mouvements collectifs sur les marchés en phases critiques et à l’incertitude radicale - non probabilisable, c’est-à-dire insusceptible d’être appréhendée par les modèles probabilistes - qui en résulte. Cet état de fait indique l’insurmontable limite sur laquelle butent, et buteront toujours, les procédés actuels de la supervision financière. Ceux-ci en effet reposent entièrement sur l’hypothèse -fausse- qu’une mesure du risque ex ante et complète, c’est-à-dire résistante à un déclenchement de crise, est possible. Or elle ne l’est pas. C’est pourquoi les modèles de risques, qui peuvent être fiables quand les marchés fonctionnent « normalement », sont irrémédiablement dépassés au voisinage des points critiques et, non seulement incapables d’indiquer leur localisation, ils le sont plus encore de prévoir ce qui suit de leur franchissement.

Les marges des banques

Du renversement de cette hypothèse de la contrôlabilité ex ante des risques financiers résulte, on s’en doute, une vision du problème de la régulation prudentielle radicalement altérée. Car dans son schéma actuel, celle-ci laisse les banques s’exposer en pensant que les conséquences de l’exposition sont correctement évaluées. S’il n’en est rien, si cette évaluation n’est pas robuste à un changement de régime des marchés, comme celui qui survient quand la hausse est brutalement interrompue et que le marché se retourne, alors les marges des banques, et pas seulement les leurs, en matière d’exposition doivent être considérablement restreintes, et cela d’autant plus que les forces de la concurrence aussi bien que les fantasmes entretenus par « l’innovation » ne cessent de pousser à des prises de risque toujours plus importantes. Est-il possible de donner forme plus concrète à ce principe général ? Oui, pourvu qu’on ait d’abord fait l’analyse des mécanismes détaillés que la crise présente a au moins eu pour avantage d’avoir généreusement mis à nu, et qu’on sache alors exactement où poser les verrous. Contrairement à ce que répète le fatalisme intéressé des défenseurs de la finance libéralisée, ceux-ci existent. Il suffit de les pousser.

Extraits du chapitre V : « Tout changer. Six principes et dix propositions »

Quelques principes

Principe 1. Le contrôle des risques est une chimère. La carence des modèles devrait être maintenant suffisamment évidente pour qu’il ne soit plus question de laisser les opérateurs prendre des positions risquées en se berçant de l’idée que leur évaluation est parfaitement maîtrisée. Si la finance quantitative n’est pas accidentellement mais essentiellement incapable de donner les indications qu’on attend d’elle, il faut en tirer la conclusion qui s’impose : les prises de risques ne pouvant être réellement appréciées, il faut en limiter a priori, et sévèrement, la formation.

Principe 2. Quand une bulle est formée, il est trop tard. Elle crèvera nécessairement, avec l’éventualité d’armer tous les mécanismes du risque systémique - c’est-à-dire de la prise d’otage des pouvoirs publics sommés de venir socialiser les pertes sous peine de risquer un collapsus majeur. Le schéma de re-réglementation de la finance doit donc poursuivre l’exigeant objectif stratégique d’empêcher la formation des bulles.

Principe 3. Le dogme du marché mondial unifié (level playing field) ne peut mener qu’au minimum minimorum de la régulation. L’incapacité des accords de Bâle à empêcher quelque crise que ce soit en est la tragique démonstration. Rétablir des zones financières à régulation adéquate, sans attendre que les plus intéressés à la déréglementation ne finissent par s’y rendre, exige donc de leur aménager des protections, c’est-à-dire de recloisonner le marché financier mondial.

Principe 4. L’Europe est une zone d’activité financière autosuffisante. Elle peut parfaitement adopter unilatéralement un degré supérieur de réglementation financière sans risquer la désertion des capitaux, ou sans que les capitaux extra-européens partis lui manquent. L’abrogation de l’article 56 (re-numéroté 63) du traité européen consolidé est donc un préalable à toute re-réglementation financière sur une base européenne. Cfr. http://www.stop-finance.org/

Quelques propositions

1. Soumettre les traders à des bonus négatifs : lorsque les paris risqués de la bulle, qui ont fait leurs bonus positifs, se retourneront, ils auront à rembourser. Ils se partageaient une partie des profits, ils se partageront désormais la même fraction des pertes.

2. Interdire la titrisation. La titrisation est cette opération qui a permis aux banques de revendre sous forme de titres les crédits qu’elles accordaient, donc de s’en défaire aussitôt, et par suite de se désintéresser complètement de la qualité des emprunteurs, donc de faire croître le volume des risques crédits - comme les subprimes.

3. Une politique monétaire antispéculative à taux d’intérêt dédoublés : un taux en direction des financements de l’économie réelle, fixé aussi bas que possible, un taux réservé au financement des opérations de marché, à élever à des niveaux meurtriers pour priver la spéculation de liquidités. »

NOTES
(1) « Fixing finance », The Economist, 5 avril 2008.

(2) « Wall Street’s crisis », The Economist, 22 mars 2008.

(3) « Will it fly ? », The Economist, 5 avril 2008.

(4) « The regulators are coming », The Economist, 29 mars 2008.

(5) « Fixing finance », The Economist, 5 avril 2008.

(6) Président de la Réserve fédérale étasunienne de 1987 à 2006.

(7) « Repel the calls to contain competitive markets », Financial Times, 4 août 2008.

(8) Éric Le Boucher, « L’hyper-finance en reconstruction », le Monde, 19 avril 2008. Les intertitres sont de la rédaction.

Tiré de l'article du 25 septembre paru dans l'Humanité.

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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 11:23

15 ans de règne du roi Albert II… Et il y a 100 ans, il ne s'est pas passé quelque chose par hasard? Un article d'Alain Braulio.

 

Un centenaire très discret.

 

Les jubilés, ça sert à quoi ?

 

Chaque année apporte son lot de commémorations diverses. Ça fait oeuvre utile contre l'ennui (parce qu'on ne repotasse pas spontanément une tranche d'histoire), c'est du chou gras facile pour la presse. On connaît même les jubilés de jubilés, célébrant l'anniversaire d'une célébration ou l'érection d'un monument, lui-même commémoratif.

Ainsi de l'expo 58. Que voilà bien un événement digne de figurer au palmarès des jubilés les plus plébiscités !

Pensez : l'expo 58, c'était le plein essor du baby-boom, porté par la vague d'enchantement de l'après-guerre ; c'était la religion de la science et du progrès, qui faisait des émules et prosélytes jusque dans les couches les plus modestes de la population. Ce progrès symbolisé par l'atomium, monument qui depuis rivalise avec le Manneken-Pis pour figurer Bruxelles sur les cartes postales.

 

Je ne vous parlerai pas de 1958. Mais qui a remarqué l'absence au palmarès d'une autre date, pourtant remarquable ? Pas n'importe quoi ; un événement on ne peut plus important pour la place de la Belgique dans l'échiquier international, et bien présent dans nos livres d'histoire. Qui plus est, un centenaire s'il vous plaît !

On devine ? Bon, inutile de tourner autour du pot : 1908, cessation de la propriété privée du roi Léopold II (1878-1908, soit 30 ans) que fut l’État Indépendant du Congo (EIC) à son pays, le Royaume de Belgique.

 

En cette année 2008, sauf erreur de ma part, silence radio, télé, journaux.

Curieux, interpellant, vous avez dit bizarre ?

 

À vrai dire, ne s'en étonneront que les naïfs et les ignorants.

 On trouvera même que ce communiqué est un pétard mouillé, qu’en outre en 1908 l'accession de la Belgique au rang de puissance coloniale était déjà un fait, par le biais des investisseurs et contractants de Sa Majesté Léo II.

Mais il y a à cette discrétion une montagne de « bonnes raisons ». Évoquer le souvenir du second roi des Belges en proférant de pieux mensonges, passe encore en classes de primaire... Devant une frange de l'opinion publique aguerrie, consciente que le règne de SM (Sa Mégalo) Léopold II fut entaché de certaines pages sombres (j'euphémise un max), cela risquerait de susciter l'envie d'ergoter sur la face cachée des colonies.

À toutes fins utiles, pour qui ignorerait ces « détails » : la conquête du Congo, menée pour le compte du roi à titre privé, s'est faite au moyen de traités léonins qui n'avaient rien à envier à ceux émis par les plus roublards des conquérants des Amériques (territoires ET main-d'oeuvre concédés par des chefs de tribus contre verroteries et bouts d'étoffes, persuasion obtenue par la menace ou l'illusionnisme assistés par la technologie, etc. !). L’ «oeuvre civilisatrice» de Léopold au Congo, ce fut une exploitation effrénée de ressources telles l'ivoire et le caoutchouc, à l'aide d'une main-d'oeuvre forcée sous un régime de terreur (torture, mutilations, enlèvements…), dont le bilan humain avoisine les 10 millions de morts.

On n'appelle pas ça un génocide : « il n'y avait pas de volonté délibérée d'annihiler un groupe ethnique particulier. Les hommes de Léopold cherchaient simplement de la main-d'oeuvre, comme l'avaient fait pendant des siècles les marchands d'esclaves qui écumaient l'Afrique. Si la recherche et l'utilisation de cette main-d'oeuvre faisaient des millions de victimes, c'était une considération accessoire. »*

C'est une campagne anti-esclavagiste courageuse et de longue haleine, menée principalement par Edmund Dene Morel qui a conduit à la cessation du Congo par Léopold à la Belgique... et qui dans son objectif d'émancipation a échoué car sous l'administration belge, de même que dans toutes les autres possessions des puissances occidentales, les procédés de la colonisation n'ont été « adoucis » que dans le souci de ce qu'on appellerait de nos jours « la bonne gestion des ressources humaines ». Avec à l'adresse de l'opinion publique au sein des métropoles, l'image d'Épinal du missionnaire pour appliquer le vernis humanitaire.

Passons sur ce qu'il est convenu d'appeler la décolonisation, et l'implication de la Belgique dans l'  «épisode Mobutu» (à part égale avec l'ami américain, un peu plus, un peu moins ?)

Les relations avec le Congo étant encore chaudes, et brûlante la nécessité de tenir tête à la concurrence internationale (les Chinois ! ouh les vilains !), toutes les parties en place ont sans doute quelque intérêt à éviter le sujet.

Et c'est tout à fait fortuit, n'est-ce pas, si encore de nos jours perdurent le saccage écologique et la spoliation des ressources, au prix du maintien en esclavage (appelez autrement la condition de mineur ou d'enfant soldat) d'une population importante. Et d'un conflit qualifié de « guerre civile » par les médias, qui n'était rien d'autre qu'une nouvelle foire d'empoigne pour le contrôle des ressources minières, impliquant Rwanda, Burundi, Ouganda et «d'autres puissances étrangères». Conflit qui a exterminé 4 millions de personnes, près de 5 millions 1/2 si on inclut ses conséquences depuis le « cessez-le-feu » en 2003. Observons au passage un dixième anniversaire -- début de cette guerre -- qui se montre tout aussi discret que l'événement dont nous parlons. Cette discrétion trahirait-elle une certaine mauvaise conscience ? Il y aurait de quoi, avouons le…

 

Mon propos n'est pas ici de bousculer la dynastie, ni de balancer un pavé dans la vitrine de la Belgique unitaire. Vitrine passablement souillée ces derniers temps ; elle n'en reste pas moins blindée.

Alors, me demanderez-vous, où veux-je en venir ?

Rappel d'une évidence : l'histoire (comme bien d'autres matières) ne devrait pas être abandonnée aux spécialistes ou aux propagandistes de tous crins. La falsification de l'histoire est au nombre des manipulations qui de tout temps, sous tous les régimes, ont contribué puissamment au maintien du statu quo politico-économique.

Je suis en outre convaincu qu'il en est de la mémoire des peuples comme des relations entre personnes : il ne peut y avoir de véritable pardon sans un repentir réciproque. Et de façon élémentaire, le repentir commence avec la reconnaissance des faits.

L'histoire -- la vraie -- devrait revenir de droit à ceux qui lui donnent sa substance : les peuples, les gens, ceux qui la vivent, la subissent. Si vous pensez comme moi que l'emballement du système (la machine) atteint ou dépasse largement certains seuils critiques (c’est le moins qu’on puisse dire), vous admettrez qu'il y a urgence à éclairer certaines lanternes**. Et engager ou poursuivre le dialogue avec ceux (de toutes origines et toutes conditions, même parmi les nantis ; notion on ne peut plus flexible : en regard d'une certaine pauvreté, j'en suis...) qui continuent d'être séduits par les sirènes néolibérales.

 

Ce billet est donc un appel au débat, au questionnement,  adressé aux média mais également aux enseignants, membres d'associations, intervenants culturels et éducatifs..., prêts à remettre en question les fondements de la supériorité économique occidentale. Proposition qui pourrait s'articuler autour de variations sur « le rôle joué par l'histoire dans la distribution du pouvoir à l'échelle du globe  » ou : « quels équilibres le système colonial a-t-il rompu, et avec quelles incidences jusqu'à aujourd'hui ? »

En mettant en jeu la problématique des sans-papiers, on apporte un début de réponse à la question. Nos régions ont connu l'exode rural de masse dès les débuts de l'ère industrielle. La mondialisation est l'expression ultime de cette idéologie qui a promulgué la liquidation de la paysannerie et de l'artisanat, et la maximisation du profit sous l'égide de l'exploitation mécanisée. Les gains de productivité, confisqués par le capital, ont produit des millions de réfugiés économiques mis en concurrence avec des travailleurs toujours plus pressurés.

N'est-il pas temps de démonter les sophismes que l'amnésie et les idées reçues rendent crédible ? (Au nombre desquels ces poncifs de l'idéologie néolibérale que sont « le marché a des vertus auto-régulatrices » ou « la croissance profite à tout le monde »). N'est-il pas temps de questionner la légitimité de cette trop fameuse «dette du tiers-monde» en remboursement d'une aide au développement et d'investissements qui servent surtout les intérêts des multinationales et de leurs rentiers, et de quelques satrapes locaux ?

 

Vaste programme, s'il en est. Il est cependant possible de centrer la proposition sur quelques thèmes, ou l'adresser en particulier aux milieux issus des différentes vagues d'immigration. Je pense par exemple à l'immigration turque : nos parlementaires et faiseurs d'opinion ont beau jeu de brandir leur vertu et pointer du doigt l'État turc dans son obstination à réfuter le génocide des Arméniens, les massacres de Bulgares, le nettoyage ethnique des Kurdes, etc. Révisionnisme inacceptable, certes. Mais qui sommes-nous « petits Belges » (petit pays cependant dans le top 20 -- 12e si mon souvenir est bon -- des puissances économiques et financières mondiales), ou Français (avec la França-frique) pour donner des leçons de droits de l'homme, en restant oublieux des dessous de notre passé glorieux ?

 

Alain Braulio.

 

*J'accueillerai volontiers quelque avis éclairé, quelques pistes, pour « continuer de ne pas mourir idiot ». Mais épargnez-vous la peine de me conseiller « les fantômes du roi Léopold » de Adam Hochschild ; les citations en italique en sont extraites, de même que la plupart des données auxquelles  je me réfère. Livre qui a sa parution en 1998 a essuyé un feu de critiques, d'accusations d'exagération et sensationnalisme émanant de milieux conservateurs, ou inspirés (dissonance cognitive) par « une histoire du Congo à l'eau de rose qui était la norme habituelle pendant des décennies ». Mais celles-ci font peu de poids devant les nombreux témoignages et ouvrages de référence, cités dans une impressionnante bibliographie. Lecture passionnante de bout en bout. ( ÉditeurTallendier, coll.Texto)

 

** « Les aristocrates à la lanterne ». Certes, et il y en a de nos jours, des aristos. Non seulement de ceux qui se revendiquent du sang bleu, mais au sens large d'élite au pouvoir : tout ce que la bourgeoisie et les classes moyennes comptent de parvenus ou d'héritiers, dirigeants et cadres dans le public ou le privé, homme de lettres et de médias, artistes, bobos... (Autre débat, bien sûr, mais qui ne manquerait pas d'intérêt : qui sont de nos jours les aristos ?)

A la lanterne ! Mais comme nous ne sommes plus des barbares, non plus pour les y pendre mais en éclairer certaines pages d'histoire, d'autres pans de la vérité, débarrassés de la censure inspirée par la bienséance, le réalisme politique, les intérêts nationaux ou particuliers…

Cette histoire, ces vérités, à l'heure de la révolution ce sera au tour des petites gens de les leur délivrer.

 

Pour une véritable chronologie et histoire de la République Démocratique du Congo, lire

Il y a 100 ans (18 octobre 1908 - 18 octobre 2008), l’État Indépendant du Congo devint Congo Belge

 

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 11:12

Pour commencer, un petit extrait de l'article La menace d’une guerre nucléaire augmente d'Edward S. Herman et David Peterson

 

Michael McGwire a récemment souligné le fait que, des deux plus grandes menaces qui pèsent actuellement sur la planète, une guerre nucléaire et le réchauffement climatique, la première pouvait aisément être éliminée et à peu de frais – en fait, son élimination dégagerait même d’importantes ressources pour l’assistance aux populations de la planète et l’amélioration de leurs conditions de vie. La lutte contre le réchauffement reviendrait en revanche très cher. Mais éliminer la menace d’une guerre nucléaire, et démilitariser dans la foulée, serait contraire aux intérêts du Pentagone, de l’ensemble du complexe militaro-industriel et des intérêts particuliers qui profitent et prospèrent grâce à la guerre permanente. A l’heure actuelle, ce sont précisément ces intérêts particuliers qui donnent les ordres (le plan Paulson a notamment été accepté suite à des pressions d'occupation militaire des États US qui étaient contre).  Quant à savoir si les revers de la crise financière et de la guerre permanente finiront par changer la donne et nous permettre d’évoluer vers un ordre mondial décent et rationnel, ça reste à voir…

 

Ensuite, un extrait de l'excellent article de Noam CHOMSKY de juin 2007: le monde nous appartient


Pour une éventuelle prochaine guerre, à qui le tour ? L'Iran ? Il y a eu des menaces très crédibles de la part des Etats-Unis et d'Israël – un allié U.S. notoire – concernant une attaque sur l'Iran. Il se trouve qu'il y a un machin qu’on appelle Charte des Nations Unies, dont l’article 2 définit comme un crime "la menace ou le recours à la force dans les affaires internationales." "La menace ou le recours à la force…"


Et ça dérange quelqu'un ? Non, parce que nous (Les Etats-Unis - CHOMSKY), nous sommes au-dessus des lois, par définition… ou plus exactement, nos menaces et nos recours à la force n’ont rien d’international. Elles sont toujours locales, puisque le monde nous appartient. Donc, tout va bien ! Donc on peut bien menacer de bombarder l'Iran. On va le faire, on ne va pas le faire… Ça, c’est la grande question en ce moment… Quant à savoir si c’est légitime… Savoir si ce serait une erreur ou pas, là, oui c’est sujet à polémique, mais vous entendez quelqu'un dire que ce serait illégitime ? Au Congrès, par exemple, les Démocrates refusent de voter un amendement imposant à l’exécutif de rendre compte au Congrès de son intention de bombarder l'Iran – de rendre compte, d’informer... Même ça, c’est rejeté d’office !


Le monde entier est atterré devant cette éventualité ! Ce serait monstrueux... Un éminent spécialiste britannique de l’histoire militaire, Correlli Barnett, a récemment écrit que si les Etats-Unis attaquaient effectivement – ou si Israël le faisait – ce serait la troisième guerre mondiale… L’agression de l'Irak a été suffisamment épouvantable. Outre qu’elle a dévasté l’Irak, le Haut Commissariat aux Réfugiés [des Nations Unies] a estimé le nombre de personnes déplacées, ils arrivent à près de 4,2 millions au total. Plus de 2 millions ont fui le pays, 2 autres millions ont fui leur région sans pouvoir quitter le pays. Ça, c’est en plus du nombre de morts qui, si on se fonde sur les dernières études tourne vraisemblablement autour d’un million.


Les services de renseignement US, d'autres agences de renseignement et divers experts indépendants, avaient prévenu qu'une attaque contre l'Irak augmenterait probablement la menace terroriste et le risque de prolifération nucléaire. Mais ils ont bien plus augmenté ce qu’on avait imaginé. Des spécialistes renommés en matière de terrorisme, comme Peter Bergen et Paul Cruickshank, estiment (principalement sur la base de statistiques gouvernementales) que ce qu'ils appellent "l'effet irakien" a multiplié le risque de terrorisme par sept, ce qui n’est pas rien... Ça vous donne une idée de la priorité accordée par nos dirigeants à la protection de la population. Elle est plutôt basse…


Donc quel serait cet "effet Iran" ? Mais, il est incalculable ! Ce pourrait être la troisième guerre mondiale… Très probablement une augmentation massive du terrorisme et qui sait quoi d’autre... Même dans les pays frontaliers de l'Iran et où on n'aime pas spécialement l'Iran, comme le Pakistan, l'Arabie Saoudite ou la Turquie, même là, une très large majorité de la population préférerait voir l’Iran doté de l'arme nucléaire à une intervention militaire US quelle qu’elle soit, et ils ont raison ! Une intervention militaire serait dévastatrice ! Ce qui ne veut pas dire qu’on ne va pas le faire... Chez nous, il n'y a littéralement aucune discussion sur la légitimité d'une telle action. Encore une fois, si l’on part du principe que tout ce que nous faisons est légitime, ça risque simplement de coûter trop cher…


Est-ce qu’il reste quand même une solution à la crise iranienne ? Il y a quelques solutions plausibles, oui... On peut imaginer un accord autorisant l'Iran à disposer d'énergie nucléaire – au même titre que tous les signataires du traité de non-prolifération – mais sans disposer d'armes nucléaires. Ça aurait d’ailleurs l’avantage d’appeler à la création d'une zone dénucléarisée au Proche-Orient. Ça inclurait l'Iran, Israël – qui a des centaines de têtes nucléaires –
et toutes les forces américaines ou britanniques déployées dans la région. On pourrait même envisager que les Etats-Unis et d'autres puissances nucléaires respectent l’obligation légale qu’ils ont – au regard d’une décision unanime de la Cour Internationale de Justice – de procéder à l'élimination totale de leur arsenal nucléaire en gage de bonne foi. [ndt : Tout ce paragraphe (« On peut imaginer un accord… ») énumère simplement les principes de base du Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP) dont l’Iran et les USA sont signataires mais qu’Israël a toujours refusé de signer.]


Est-ce que c’est faisable ? Dans l’absolu oui, c'est faisable… en supposant que les structures sociales aux Etats-Unis et en l'Iran deviennent réellement démocratiques… parce que justement ce que je viens de dire à propos de l'opinion publique est vrai pour l’immense majorité de la population, en Iran comme aux Etats-Unis. Sur tout ce que je viens d’évoquer, mais littéralement tout le monde est d’accord ! Alors oui, il serait parfaitement possible de régler le problème si ces deux pays fonctionnaient d’une manière réellement démocratique, c'est-à-dire si l'opinion publique y avait la moindre influence sur les politiques gouvernementales. Le problème aux Etats-Unis, c’est l’incapacité de nos dirigeants à adhérer à quoi que ce soit qui ait l’aval de l'écrasante majorité de la population et à en faire une politique gouvernementale. Bien sûr, on peut le faire… Les paysans en Bolivie arrivent à le faire… c’est clair que nous, ici, on pourrait le faire aussi…


Qu’est-ce qu’on peut faire pour faire de l'Iran un pays plus démocratique ? Peut-être pas directement mais indirectement on peut... On peut accorder plus d'attention aux dissidents et aux réformateurs iraniens, qui luttent courageusement pour que la société iranienne devienne plus démocratique. Et on sait parfaitement le message qu’ils essayent de faire passer, ils sont suffisamment clairs là-dessus. Ils supplient les Etats-Unis de retirer leurs menaces contre l'IranPlus nous menaçons l'Iran, plus nous apportons de l’eau au moulin des branches les plus réactionnaires et les plus fanatiques du gouvernement. Les menacer c’est abonder dans leur sens... Et c'est exactement ce qui se passe! Comme on pouvait s’y attendre, les menaces ont entraîné une vague de répression.


A présent les Américains se disent scandalisés par la répression – et il y a de quoi s’indigner – mais nous devrions reconnaître que cette répression est la conséquence directe et prévisible de dispositions dont le gouvernement U.S. ne démord pas. Lorsqu’on prend des mesures dont les effets sont parfaitement prévisibles, condamner ces effets c’est vraiment le comble de l'hypocrisie.

 

Et enfin, encore l'article d'Edward S. Herman et David Peterson sur La menace d’une guerre nucléaire.

 

L’Establishment considère généralement les Démocrates comme moins crédibles que les Républicains en matière de guerre. On les tient pour frileux sur les questions de « sécurité nationale ». De fait, leurs politiciens et futurs responsables politiques sont toujours prêts à faire les lèches bottes pour prouver qu’ils n’ont pas peur des bombes. Pour Hillary Clinton comme pour Barack Obama, concernant l’idée que l’Iran puisse un jour, à l’avenir, se défendre par lui-même et l’effroyable menace d’une telle perspective, toutes les options étaient « sur la table ». Comme ses électeurs traînaient les pieds pour l’Irak, Obama a compensé en promettant une escalade des violences en Afghanistan, voire au Pakistan. Il a même choisi Joe Biden comme futur vice-président pour son « expérience » (il a montré cent fois qu’il pouvait avoir tort), et sa pugnacité notoire en politique étrangère.


Si Biden proclamait récemment être « sioniste », en fait il n’est littéralement pas un seul politicien Démocrate qui ne se soit produit devant l’AIPAC pour prêter allégeance à l’État d’Israël. Cette constante génuflexion et la dépendance financière des Démocrates à l’égard de l’argent des organisations sionistes, ont été un facteur supplémentaire de cette dégradation morale ; un facteur qui a littéralement évacué toute opposition politique au nettoyage ethnique de la Palestine par Israël, comme à la guerre contre le Liban en 2006. Comme les dirigeants israéliens réclamaient l’invasion de l’Irak et qu’ils sont de fervents défenseurs d’une guerre contre l’Iran, le Parti Démocrate a soutenu la guerre contre l’Irak, a traîné les pieds pour le désengagement – même après le vote anti-guerre de 2006 – et a diabolisé l’Iran, non sans prendre part aux préparatifs d’une guerre contre ce pays.

 

Pour conclure,

Obama est certainement mieux que Bush, ce n'est pas difficile!

Il y a cependant lieu de rester particulièrement vigilant. Sous un label d'ange gardien, Obama ne changera pas la politique impérialiste et interventionniste US. Un État US, persuadé que le monde lui appartient, qui intervient partout pour promouvoir la "paix et le progrès". Un peu comme Mandela, un héros noir dans un pays pratiquant un apartheid pur et dur, qui n'a pu s'empêcher de promouvoir la "paix" au Congo et ailleurs en Afrique... Avec quels résultats?

 

Reste que l'État US est exsangue et que les attentes en matière de POLITIQUE INTERIEURE sont énormes! Obama sera-t-il en mesure de tenir tête aux exigences d'une élite pourrie gâtée (dont la Fed)? Obama sera-t-il en mesure de rester clairvoyant en se cantonnant, avant tout, aux tâches ménagères dans sa propre maison?

 

Rares, voire inexistantes, sont les interventions extérieures dépourvues d'intérêts économiques. Les guerres ne servent pas les peuples ou les Nations mais les multinationales!

 

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